La psychologie me passionne. Celle des personnes dont les ressorts intimes et les motivations représentent un champ infini. Mais aussi celle des êtres collectifs, les groupes, la société ou l'Etat.
C'est un bonheur intellectuel que de tenter de comprendre pourquoi le Pouvoir agit ou s'abstient, comment il s'égare ou réussit. Cet exercice est d'autant plus enrichissant qu'il permet de se tenir à la lisière de la politique pure et qu'il a besoin de se nourrir de tout, du dérisoire comme de l'important, de l'officieux comme de l'officiel. L'Etat ressemble à un énorme corps vivant dirigé par le président de la République. J'ai été frappé, depuis le début du mandat de Nicolas Sarkozy, par plusieurs péripéties au fort retentissement médiatique, par des polémiques qui me sont apparues singulières. J'ai même été tenté d'écrire ce billet à la première personne, imitant ainsi modestement Christine Clerc, mais il y aurait eu de l'impudence à me glisser dans la peau de notre président. C'aurait été une inadmissible intrusion. Je vais donc me contenter de la troisième personne.
Si on relève la plupart des controverses qui ont émaillé ces bientôt trois années de présidence voulue "de rupture", je suis frappé de constater à quel point elles divergent, par leur caractère, des pratiques habituelles. En effet, le plus souvent, un Pouvoir subit, endure polémiques et crises. Elles naissent presque inévitablement de l'administration politique et sociale d'un pays qui n'est pas précisément réputé pour son calme et son aptitude tranquille au changement. Pour qui regarde de près la nature des multiples conflits qui ont altéré la vie publique depuis 2007, qu'ils soient directement liés au président ou à sa mouvance immédiate, qu'ils soient personnalisés ou structurels, une remarque s'impose. Ce pouvoir n'est pas victime des polémiques, il les suscite. Là où hier l'Etat devait affronter des contentieux inévitables parce que secrétés par une République ne pouvant accepter d'être atone et aphone, j'ai l'impression que le "sarkozysme" s'est abandonné avec une forme de volupté à des polémiques à la fois évitables et inutiles. Qu'on les prenne l'une après l'autre, aucune n'est marquée du sceau de l'inéluctabilité. Toutes pouvaient être sans aucune difficulté non pas seulement tuées dans l'oeuf mais reléguées dans le virtuel. Le Fouquet's, le yacht de Bolloré, François Perol, Georges-Marc Benhamou, Frédéric Mitterrand, Philippe Courroye, Clearstream, Henri Proglio, le séjour mexicain, Jean Sarkozy, etc. L'élément commun à ces incidents qui ont occupé durablement, pour certains, l'espace public et qui ont conduit à des reculs ou à des contritions est qu'ils étaient tous prévisibles dans leurs effets et qu'ils ne résultaient pas, comme une conséquence nécessaire, de la mise en oeuvre d'un projet de fond mais des décrets d'une volonté farouchement autarcique. Le pouvoir s'amusait à se jeter délibérément dans la "gueule" de l'opinion publique. Pour l'éprouver, la narguer ou la dominer ? Pour montrer qu'il y avait un patron, et un seul ?
En ce sens, cette pratique de l'Etat, dont je me demande si elle n'est pas en train heureusement de s'infléchir, renvoie à une distinction qui me semble fondamentale, entre politique et démocratie. En effet, personne ne nie la lucidité et l'intuition politiques du président, sa maîtrise de la tactique électorale mais force est de considérer que ces qualités, ces talents ne sont pas contradictoires avec un aveuglement démocratique. La politique relève de l'art de brouiller les pistes et d'entraver les ambitions des rivaux déclarés ou potentiels. Elle concentre le titulaire de la puissance sur celle-ci et ne le rend plus assez sensible à la communauté au service de laquelle son élection l'a placé. Il y a de l'égoïsme, obligatoirement, dans la politique quand le souci démocratique représente, au contraire, une démarche qui n'a pas d'autre obsession que d'offrir aux concitoyens l'image qu'ils attendent de leur chef. Il y a évidemment de l'altruisme dans un président vraiment républicain. J'ose penser que ce hiatus perçu en plusieurs occasions exprime l'opposition entre un homme politique persuadé que tout, pour lui, était possible puisque sa référence ne se trouvait qu'en lui-même et un président désirant être choisi à chaque jour de son mandat par une sorte de pacte renouvelé. Le premier s'aime quand le second souhaite être aimé. Le premier pose sa marque là où il veut et comme il en a envie. Le second se laisse marquer et remarquer par tous ceux qui ne sont pas lui. Les polémiques que j'ai évoquées ont été suscitées, "comme pour voir", par le politique indifférent aux limites naturelles de l'adhésion civique. Le président, lui, ne peut plus se permettre de bousculer ainsi l'ordre des choses et la hiérarchie des êtres. Même le caprice, le fait du prince, la douceur impérieuse du bon plaisir finissent par lasser celui qui en jouit. Pour sortir de soi, rien de mieux que la conscience démocratique. La démocratie, c'est les autres. La récente émission du président sur TF1, avec ses réponses aux questions de onze citoyens, constitue sans doute une preuve, parmi d'autres, de cette extériorisation.
J'avais prévu de terminer ce billet sur le jugement du tribunal correctionnel de Paris ayant notamment relaxé Dominique de Villepin. Je m'apprêtais modestement à conseiller au président de la République partie civile d'accepter la décision puisque celle-ci avait déjà démontré que les juges au moins étaient indépendants en France - c'est un jugement argumenté et non pas "un camouflet", terme qui dissimule mal beaucoup d'allégresse médiatique - et que cette certitude mettait à bas beaucoup de faux procès qui étaient intentés à l'influence judiciaire de Nicolas Sarkozy. J'ajoute que cette attitude aurait constitué le parfait exemple, de la part du président, d'un comportement démocratique. Il aurait fait passer son ressentiment politique et la volupté toute relative de voir se poursuivre le processus judiciaire derrière la sérénité républicaine et la réserve présidentielle. Pas une fois, lors des innombrables conversations qui ont précédé ce jugement, je n'ai entendu, même parmi les adversaires résolus de Dominique de Villepin, quelqu'un ne pas souhaiter le retour de Nicolas Sarkozy dans la sphère présidentielle et donc l'abandon du combat judiciaire. A la longue, la partie civile aurait peu gagné quand l'homme public aurait tout perdu !
Nicolas Sarkozy a fait enfin se rejoindre politique et démocratie. Il n'a pas eu besoin de ma suggestion. Il l'a devancée, en acceptant la décision. Henri Leclerc, l'un des avocats de Dominique de Villepin, a salué sa sagesse. Elle est apparemment peu partagée par ses proches et je le regrette. Qu'on ne dise pas, pour minimiser la portée de son abstention, qu'une partie civile n'a pas le droit d'interjeter appel. Il a suffi d'un avocat de partie civile et du CRIF pour que le garde des Sceaux ordonne un appel contre un arrêt exemplaire dans Fofana et autres. Imaginons alors le poids du désir du président sur un parquet parisien à l'évidence pas indifférent à son écoute ! On doit créditer le président de ce qu'il fait cesser, de ce qu'il aurait pu faire continuer (nouvelobs.com, Le Parisien, Le Monde, Le Figaro, Mediapart, jdd.fr). Sur ce plan, il convient de lui rendre justice sans s'acharner contre lui, sa défaite juridique acquise.
Soudain, on respire de l'air frais.
Mais j'apprends que le Parquet a décidé de relever appel du jugement. La haine est repartie et l'atmosphère redevient lourde, étouffante. Faute politique, imprudence judiciaire, déficit démocratique.
Monsieur Bilger,
C'est, encore une fois, avec le plus grand plaisir que je vous lis. Vos analyses sont claires, justes, précises et tellement réalistes. Un seul reproche... Vous devriez vous exprimer encore plus souvent !!!
Rédigé par : agence Jean-Claude Ponson | 07 février 2010 à 19:39
@Jean-Dominique Reffait - Avatar ? | 02 février 2010 à
« Hou la, faut que je rectifie la position fissa : Edmond Stenger est avocat général ET maire de Bitche (c'est ce que je découvre sur un site qui l'insulte copieusement) »
Mettez vos pendules à l’heure!
http://www.ville-bitche.fr/site/index.php
autrement dit le site de la Ville de Bitche en Moselle, capitale du Bitscherland de nos jours excentré et éloigné des nouveaux grands axes de communication, indique que l'actuel maire en est un certain Gérard HUMBERT.(DVD) 60 ans, prof de lettres retraité, président du conseil de développement du pays de Sarreguemines-Bitche-Sarralbe. Il a renversé le sortant Edmond Stenger en captant plus des deux tiers des suffrages exprimés. Photo DNA ici : http://arphotos.dna.fr/2008/N60/20080311_DNA021752.jpg
J'ai trouvé également dans le conseil municipal élu pour six ans en mars 2008, une Albertine JACOBY qui malgré son air sévère accentué par des lunettes à la monture imposante, paraît bien être une dame et non pas un émule de cette Albertine objet de «la dactylographie d’Albertine disparue retrouvée en 1986 et peut-être troisième et dernier épisode de ce « roman avec Albertine » ?»
Or donc, quand je parle de la madeleine proustienne, je ne parle pas de la suite du roman "La prisonnière", je parle de la métaphore du souvenir, en tant que trace mnésique olfactive et/ou gustative, et qui chez Proust est une icône du point de départ de la création littéraire qui se rattache également au japonisme.
Cessez donc cher JDR de vous faire des idées, vous risqueriez fort d’être très déçu au cas où, fort improbable, vous me trouveriez un jour concrètement sur votre chemin.
D’autre part, ma madeleine à moi est une petite plante ( = ce n’est pas une herbe), qui est effectivement du végétal, qui ne pousse que dans un certain type d’environnement et qui n’est pas sur la liste des substances illicites; enfin, dont j’ignore la saveur. Cessez donc de temps en temps de vous faire des films!
Ceci étant, j’ai eu effectivement affaire un jour à propos de la rédaction d’un contrat d’embauche, à un certain Gérard Humbert, mais qui n’a rien à voir avec celui-là et n’officiait pas en Moselle, et j’ai personnellement également connu un maire de Bitche, aujourd’hui décédé des suites d‘une longue maladie, qui n’était pas avocat général mais notaire. Tout cela ne fait pas de moi une Albertine JACOBY. Ne rêvons plus et acquérons un minimum de rigueur scientifique.
Ceci une fois précisé, on pourra au besoin jeter un œil sur sa très belle citadelle : http://www.citadelle-bitche.com/site/
Ses armoiries sont également très intéressantes : « http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/8f/Blason_Bitche.png » = «d’argent à une mâcle de sable, gringolée de deux têtes de serpent, celle du chef penchée à dextre, celle de la pointe s’élevant à senestre. »
Mais du temps de Stenger, les deux serpents figurent sur champ de gueules.
Le serpent d’argent symboliserait : « la discrétion et la prudence ; un travail glorieux mais difficile», et si ce serpent est une vipère: « un citoyen qui meurt pour sa patrie».
Mais bon, ici ce sont sans doute des couleuvres comme l’indique l’emploi du terme « gringolé » qui signifie non pas un avatar de gringalet mais, issu de ‘gringole‘ ( = gouttière style gargouille) nomme «toute pièce ( ici une macle ) , dont les extrémités se terminent par deux têtes de serpent, ou de couleuvres, adossées et courbées », ainsi que toutes celles qu'on fait avaler à cette pauvre contrée depuis quelque temps.
Elles sont normalement "languées", même si ça ne figure pas sur le modèle indiqué.
La macle, « du latin macula, désignerait une marque, une maille en losange ouvert» . Elle remplace ici un ancien besant (petit rond blanc). Devise propre : « Je mords derrière comme devant. » D’autre part, ce sont des armes parlantes (= plus ou moins alphabétiques, qui donc écrivent le nom )
La ressemblance avec l’anglais bitch ((sans e) et qui désigne une femme de mœurs légères (tiré de l’anglais bitch, qui signifie « chienne », et s’emploie couramment comme insulte), a aussi causé des difficultés diplomatiques. En particulier du temps où des clercs de l'étude du maire notaire faisaient partie du conseil d'administration d'une association franco-japonaise, autrement dit , vu bien sûr que chacun voyant toujours midi à sa porte imagine difficilement que les choses existent par elles-mêmes et sont parfois autres que ce qu’on en fait dans son pré carré !
Vu encore la situation ci-après et quelques soient ses conseillers municipaux, pour les habitants de Bitche, Sarko est un simple amateur : « Le pôle de l'instruction de Sarreguemines, ne verra pas le jour, ce qui ne promet pas le meilleur avenir à son tribunal de grande instance. Le conseil des prud'hommes est supprimé et, à Bitche, le greffe détaché va partir. Ici, la maternité, le pôle de chirurgie ont déjà disparu, et depuis peu l'hôpital privé est en redressement judiciaire. Des casernes désertées il y a plus de dix ans sont toujours en friche, au cœur de la ville. Que deviendra la poste, quand son plus gros client, l'armée, aura disparu ? Et la gare, déjà moribonde ? Comment la ville évitera-t-elle une hausse des impôts locaux pour faire face à ses engagements, si un tiers de sa population s'en va ? Gérard Humbert, le maire divers droite, prédit déjà que le pédiatre ira chercher ses patients ailleurs, et le dentiste d'autres dents à plomber. C'est à la télévision - puisque personne à Paris n'avait jugé bon de l'informer ? - qu'il a appris le désastre. «Est-ce à la population de supporter ce genre de plaisanteries qu'ils nous fabriquent là-haut ? On a déjà connu les dommages de guerre, je crains que ça ne recommence.»
Ça , en revanche ce n’est pas de l’évaluation fantasmagorique mais, hélas , du sérieux!
Rédigé par : Catherine JACOB@JD Reffait | 03 février 2010 à 11:02
Hou la, faut que je rectifie la position fissa : Edmond Stenger est avocat général ET maire de Bitche (c'est ce que je découvre sur un site qui l'insulte copieusement). Je croule sous la cendre, j'implore le pardon pour mes vannes, deux avocats généraux alsaciens frères de sang, personne ne peut en réchapper.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait - Avatar ? | 02 février 2010 à 20:04
@Surcouf | 01 février 2010 à 18:38
« Et je pense qu'un homme calomnié a, par nature, le droit, dans notre pays, de demander justice. Que cet homme nous plaise ou nous déplaise n'a que peu d'importance sur le fond, j'espère. Cela voudrait dire que le droit à la justice dépend de l'humeur des citoyens ou du corps judiciaire ce qui serait encore plus insupportable.
Si tel est le cas nous ne sommes plus dans un état de droit et la vengeance est possible. »
Cf. Alain-Gérard Slama- 15/01/2010 qui dans Le Figaro Magazine nous présente «Le Diable dans un bénitier, L'Art de la calomnie en France de 1650 à 1800 *» un essai de l’historien américain Robert Darnton : http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2010/01/16/01006-20100116ARTFIG00020--l-air-de-la-calomnie-.php
Par quoi l’on comprend que tout le problème vient de ce qu’il est extrêmement difficile de se défendre contre des calomniateurs de talent sans risquer de tout accréditer.
La calomnie, un art donc, qui mêle artistiquement le vrai et le faux, et un art français, ainsi qu’un métier qui semble disposer également de ses en somme « antivirus » professionnels avec par ex. http://www.alain-stevens.com/denigrement/riposte.html
Vengeance ou légitime défense?
« Le frappant est que ces libelles mobilisent un imaginaire constant, selon lequel la détention du pouvoir est inséparable de la dépravation sexuelle et de la corruption. »
note Alain-Gérard Slama à propos des fabricants et colporteurs de calomnies en tous genres qui étaient agglutinés dès le premier tiers du XVIIe siècle dans la célèbre Grub Street de Londres.
On n’en est pas encore là dans le théâtre d’ombres qui nous occupe, mais on peut tout de même noter que l’observation rejoint celle de Régis Boyer analysant l’antique magie offensive scandinave et en dégageant l’accusation de dépravation sexuelle comme son trait distinctif.
Rédigé par : Catherine JACOB@surcouf | 02 février 2010 à 20:01
Ah, voilà un beau sujet de digressions : quel est ce Stenger qui tutoie le patron ? Stenger in the night from Bitch(e) ? Une brasserie alsacienne qui fait claque à l'enseigne des cigognes ?
Stenger avocat général ? Il y a du souci à se faire considérant la haute opinion qu'il professe de l'institution ! Marin Marais n'a qu'à bien se tenir !
Moi je vote pour le copain d'école alsacien. Devenu taulier de Bitche par erreur : il avait réussi le concours de l'ENM mais un type a piqué sa place en usurpant son identité. Voilà pourquoi il y a deux Edmond Stenger (c'est Marin qui me l'a dit, on peut me croire alors...).
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait - Avatar ? | 02 février 2010 à 19:48
M. Bruty m'a bien aidé, ce me semble...
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait@Ledun et Alex | 02 février 2010 à 19:30
@ JDR
Sur la vanne contre M. Bruty vous vous êtes surpassé, comme le fait remarquer M. Ledun.
Avec de tels arguments, la vache est allée au marais, comme disent les Brésiliens...
Rédigé par : Alex paulista | 02 février 2010 à 18:12
@Savonarole
Il faut se méfier de Google
Le Stanger de Bitch est maire, celui de ce blog est avocat général LOL
Cordialement
Pierre-Antoine
Rédigé par : Pierre-Antoine | 02 février 2010 à 15:45
A propos de :
Rédigé par: Catherine JACOB | 01 février 2010 à 18:52
(voir une paire d'escarpins en cliquant sur mon nom)
Ne cliquez pas le site sélectionné (http://www.bonprixsecure.com/fr), qui pour montrer des escarpins à talons de 8cm et plus, installe des publiciels à l'occasion de la connexion. Un publiciel (adware en anglais) est un logiciel qui affiche de la publicité lors de son utilisation. Il faut ensuite les éradiquer.
Mille excuses pour ce dérangement. J'essaierai d'être plus prudente avant de recommander la consultation d'un site. CJ
Rédigé par : Catherine JACOB=Mille excuses à tout le monde | 02 février 2010 à 08:26
Ah Bruty !
EXCELLENT !
Rédigé par : jpledun@JDR | 01 février 2010 à 23:56
Cher Surcouf
C'est vrai que le seul commanditaire identifié est JL Gergorin.
Pour autant, moi, je suis content que le stagiaire soit puni : il a commis le premier délit caractérisé de viol des secrets professionnel et bancaire.
Le reste, c'est du flou, du non-délit, du procès d'intention. On ne peut pas condamner sur ces bases, au risque de laisser dans l'impunité des instigateurs politiques éventuels.
Mais c'est toujours mieux que de faire payer notre ancien grand Ministre des Affaires Étrangères pour les seules raisons qu'il obtenait objectivement un avantage politique de la situation et qu'il osait se proposer à l'époque comme alternative à l'actuel président - pardon à la victime.
Rédigé par : Alex paulista | 01 février 2010 à 21:31
@ Edmond Stenger ? Le Maire de Bitche ?
J'ai fait des manoeuvres à Bitche lors de mon Service Militaire. L'enfer !
J'aurais bien aimé y voir JC Marin pour qu'il constate comment on nous entraînait à perdre des guerres.
Rédigé par : Savonarole | 01 février 2010 à 19:46
@Rédigé par: Savonarole | 01 février 2010 à 14:46
"Et ses escarpins ? Que pensez-vous, Mesdames, de ses escarpins ?"
Allons, allons. Vous savez bien que Carla ne porte plus d'escarpins (voir une paire d'escarpins en cliquant sur mon nom).
Rédigé par : Catherine JACOB | 01 février 2010 à 18:52
Le procès a accouché d'une souris somme toute. Seul des complices ont été punis mais je ne vois pas dans le jugement les instigateurs, ceux à qui profite le délit. Peu importe au final que cet instigateur soit Villepin ou non, il faut le trouver et le condamner. On ne calomnie pas gratuitement.
Soit l'instruction a été mal faite soit l'accusation n'a pas été à la hauteur lors du procès.
En tout état de cause, les condamnés faisant appel, je trouve normal que le procureur en fasse autant.
La balle au centre.
Car qu'on le veuille ou non, dans cette affaire Sarkozy a quand même été calomnié dans le but, me semble-t-il évident, de nuire à sa candidature élyséenne.
Et je pense qu'un homme calomnié a, par nature, le droit, dans notre pays, de demander justice. Que cet homme nous plaise ou nous déplaise n'a que peu d'importance sur le fond, j'espère. Cela voudrait dire que le droit à la justice dépend de l'humeur des citoyens ou du corps judiciaire ce qui serait encore plus insupportable.
Si tel est le cas nous ne sommes plus dans un état de droit et la vengeance est possible.
J'avais cru comprendre que la justice avait été une des raisons ayant poussé les "hommes en noir" de la révolution à passer à l'action en 1789.
Me serais-je trompé ?
N'aurais-je pas tout compris ?
Allez je retourne à ma cuisine.
Rédigé par : Surcouf | 01 février 2010 à 18:38
@Edmond Stenger
"Cela fait des lustres qu'elle a envahi le prétoire et chassé la justice qui sommeille en chaque procureur."
Est-ce un constat fait parmi vos relations lambrissées ou parlez-vous de votre expérience personnelle ?
Cordialement
Pierre-Antoine
Rédigé par : Pierre-Antoine | 01 février 2010 à 17:30
Il fallait ta fausse naïveté, mon cher Philippe, pour penser, un bref instant, qu'aucun appel ne serait interjeté. Cela supposait un Parquet pleinement responsable ne cherchant aucun aval (le mot est faible pour parler d'instructions reçues et pas seulement sollicitées) et un système différent de celui que tu connais et que somme toute tu as toujours accepté.
Le Parquet est en lambeaux depuis très longtemps et cela ne dérange personne.
"La politique a toujours été et sera toujours une certaine façon d'agiter les hommes avant de s'en servir" écrivait Talleyrand.
Sommes-nous en dehors de la politique ? Cela fait des lustres qu'elle a envahi le prétoire et chassé la justice qui sommeille en chaque procureur.
Rédigé par : Edmond Stenger | 01 février 2010 à 16:10
La justice en France a vite fait d'accuser.
Rédigé par : jacqueline | 01 février 2010 à 15:27
"Ah Bruty !"
Rédigé par Monsieur Jean-Dominique Reffait le 01 février 2010 à 10:33"
Ah, j'aurais pas ose cette "Ruquierade" !
Pensez que Monsieur Bruty a du deja assez souffrir pendant sa jeunesse...
Rédigé par : Valerie | 01 février 2010 à 15:03
@Véronique Raffeneau | 01 février 2010 à 09:25
"Avec, comme Madame Sarkozy, de l’ignorance et une profonde naïveté."
______________________________________
On est bien d'accord. Personnellement j'ajouterais, avec une ignorance et une naïveté d'autant plus grandes qu'elles se donnent des airs de supériorité.
Rédigé par: Catherine JACOB | 01 février 2010 à 13:30
_______________________________________
Et ses escarpins ? Que pensez-vous, Mesdames, de ses escarpins ?
Rédigé par : Savonarole | 01 février 2010 à 14:46
@Jean-Marie BRUTY | 31 janvier 2010 à 16:06
« La Justice se politise toute seule. En effet les condamnations pour un ajout sur un faux listing sont disproportionnées. Je connais des voleurs qui ont été relaxés ou simplement admonestés ! »
C’est là l’expression d’une libre opinion, qu’on soit ou non d’accord avec elle, on ne peut pas lui contester cette qualité, du moins il me semble.
« Relaxer Dominique de Villepin revient tout simplement à lui permettre de se présenter aux élections la tête haute face à Monsieur Le Président de La République. »
C’est là une analyse qui n‘engage que vous mais elle ressort des opinions librement exprimables, qu’on soit ou non d’accord avec elle, on ne pas lui contester cette qualité, du moins il me semble.
« Si ce n'est pas un acte politique, d'autant que le parquet avait réquisitionné de la prison et je l'espère avec des charges suffisantes. »
Alors là, ça commence à devenir tendancieux et en ce qui concerne l’outrage à magistrat vis-à-vis du siège que vis-à-vis du parquet.
« Je rappelle que Dominique de Villepin est présumé l'instigateur de cette calomnie. »
Depuis le 28, il ne l’est plus.
« Autrement dit le tribunal politique a condamné les lampistes pour protéger celui qui serait capable de gêner Le Président de La République. »
Vous imputez au siège une intention d’une façon telle qu’elle peut paraître cumuler trois outrages différents en une seule phrase d’une ligne et demie !!
Je serais à votre place, j’irais consulter un avocat, ne serait-ce que par simple précaution.
Avec un peu de chance il pourra plaider l’absence de vraie malice ainsi que l’absence d’intention de porter véritablement atteinte à l’honneur et à la réputation du président de la 11ème chambre et de ses deux assesseurs dans l’exercice de leurs fonctions, en arguant de la profonde naïveté de propos d'une bêtise à vrai dire assez confondante !
Rédigé par : Catherine JACOB@Jean-Marie BRUTY | 01 février 2010 à 14:03
@Véronique Raffeneau | 01 février 2010 à 09:25
"Avec, comme Madame Sarkozy, de l’ignorance et une profonde naïveté."
On est bien d'accord. Personnellement j'ajouterais, avec une ignorance et une naïveté d'autant plus grandes qu'elles se donnent des airs de supériorité.
Rédigé par : Catherine JACOB | 01 février 2010 à 13:30
Ah Bruty !
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 01 février 2010 à 10:33
@ Catherine
Je vais vous dire le plus honnêtement possible ce que me suggère l'appréciation de Carla Sarkozy au sujet de l'appel interjeté par le procureur Marin.
Il y a six mois, avant l'appel précipité et forcé du GDS à propos de l'arrêt de la cour d'assises du procès Fofana contraignant la décision et la volonté du Parquet du Paris, j'aurais sans doute défendu comme Carla Sarkozy l'idée que oui, les procureurs sont des magistrats indépendants.
Avec, comme Madame Sarkozy, de l’ignorance et une profonde naïveté.
Depuis l'épisode de cet appel contre un verdict de cour d'assises à l'initiative seule et par la force du pouvoir exécutif, j'ai appris que les procureurs ne pouvaient pas se prévaloir d'une quelconque indépendance et autonomie intellectuelles vis-à-vis des exécutifs.
C'est pour cette raison que je pense que M. Marin aurait pu choisir à l'issue du jugement Clearstream de se retirer du jeu.
Les juges du procès Clearstream ont rendu un arrêt très motivé. Ils n’ont pas été convaincus par le dossier d’accusation défendu par M. Marin.
Quoi qu'on en dise aujourd'hui, les juges du siège sont, et d’une façon très dommageable, les seuls magistrats à bénéficier d’une crédibilité quant à la question de l'indépendance de la magistrature.
M. Marin pouvait faire valoir que les conditions saines d'une prise de décision sereine et indépendante n'étaient pas suffisamment réunies pour provoquer un appel dans le dossier Clearstream.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 01 février 2010 à 09:25
Monsieur Philippe Bilger, permettez-moi de n'être pas de votre avis !
Vous savez comme moi que les magistrats et Nicolas Sarkozy ne font pas très bon ménage.
Les magistrats, malheureusement largement syndiqués à gauche, voir socialo-communistes, font croire partout que ce serait Le Président qui donnerait ses ordres aux parquets par l'intermédiaire du garde des Sceaux. D'où pour eux un procès politique difficile.
La Justice se politise toute seule. En effet les condamnations pour un ajout sur un faux listing sont disproportionnées. Je connais des voleurs qui ont été relaxés ou simplement admonestés !
Relaxer Dominique de Villepin revient tout simplement à lui permettre de se présenter aux élections la tête haute face à Monsieur Le Président de La République. Si ce n'est pas un acte politique, d'autant que le parquet avait réquisitionné de la prison et je l'espère avec des charges suffisantes.
Je rappelle que Dominique de Villepin est présumé l'instigateur de cette calomnie. Autrement dit le tribunal politique a condamné les lampistes pour protéger celui qui serait capable de gêner Le Président de La République.
La Justice de notre pays n'est pas indépendante, pire, elle est actrice dans le jeu politique avec outrage aux citoyens.
Les burgauseries de notre justice outreausienne n'ont pas fini de nous surprendre.
Rédigé par : Jean-Marie BRUTY | 31 janvier 2010 à 16:06
@Véronique Raffeneau | 31 janvier 2010 à 05:21
"Tout compte fait, je pense que M. Marin est piégé dans cet épisode de l'appel.
Il est piégé par ce que lui n'est que magistrat, et que les autres, tous les autres, ne sont que des politiques."
Ma chère Véronique,
Avez-vous entendu l'épouse du président de la République expliquer à Harry Roselmack qui, lors du Journal Inattendu sur RTL, lui demandait de bien vouloir commenter les accusations formulées par Dominique de Villepin contre le président lui-même après l’appel du Parquet (propos encore cités lors du 20h), la différence entre le domaine pénal et la sphère politique ?
Rédigé par : Catherine JACOB@Véronique | 31 janvier 2010 à 14:50