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21 février 2010

Commentaires

Achille57

Bonjour monsieur Bilger,

J-P Treiber est-il vraiment le coupable ou bien, comme il l’a toujours affirmé, est-il un innocent que tout accable ? Sincèrement je ne saurais le dire.

Je compatis sincèrement à la douleur de Roland Giraud et de son épouse qui ne sauront sans doute jamais la vérité.

N’étant ni magistrat ni avocat et donc ignorant tout de la psychologie souvent complexe d’un criminel, je me pose toutefois une question. Est-il possible, lorsque l’on a décidé de mettre fin à ses jours, de mentir encore une dernière fois ? et dans ce cas, quel en est l’intérêt ? N’est-ce pas à ce moment ultime, alors que l’on est seul avec sa conscience, que l’on se sent porté à faire des aveux ?

Treiber viendra rejoindre la liste déjà longue des affaires criminelles jamais élucidées. Ne doutons pas que d’ici quelque temps, quand les plaies se seront refermées (mais peut-être même avant) des ouvrages, voire un film sortiront pour nous offrir une hypothèse, à défaut d’une réponse, comme ce fut le cas pour les affaires Seznec, Dominici, Bruay en Artois, du petit Gregory...

Une autre chose qui m’interpelle est cette facilité qu’ont des inculpés de condition modeste de pouvoir s’offrir les services de ténors du barreau de la dimension d’un Dupond-Moretti ou d’un Szpiner.

Mais là je sens que mon interrogation, surtout ici, sur ce blog, risque de paraître bien naïve...

DB

Cher Philippe Bilger,


Je vous lis depuis quelques temps et c'est la première intervention que j'effectue.

Il se trouve qu'elle rejoint, pour partie (à mon avis), celle de Pierre-Antoine il y a quelques heures (non pas que je considère, par ailleurs, l'interprétation de vos propos qu'il cite comme exacte).

Vous écrivez "l'inéluctabilité, dans tous les cas, d'un avenir sombre".

J'aimerais que vous précisiez votre pensée à propos de ce passage.


Cela signifie-t-il que, comme le suggère Pierre-Antoine, vous sous-entendez que JP Treiber est coupable ?

Auquel cas, qu'est-ce qui vous fait arriver à cette "suggestion" ? Expérience ? Expertise ? Ou alors, plus prosaïquement, réflexe naturel de votre charge ?


Ou bien, cela signifie-t-il que, quelle que soit l'issu de ce procès, JP Treiber, reconnu coupable, innocent ou encore relaxé, vous considériez que l'avenir de cet homme soit vraiment compliqué au regard de l'affaire à laquelle il est lié, ainsi qu'à son mode de vie (exposé à la vue de tous, qui plus est) ?

J'ai conscience que l'avenir de cet homme sera à jamais lié à cette affaire. Pour autant, la formulation que vous effectuez dénote une véritable inflexion.


A moins que quelque chose d'autre dans votre formulation "l'inéluctabilité, dans tous les cas, d'un avenir sombre" ne m'échappe ?


Bien à vous.

oursivi

"Peut-être se serait-il tu par habileté, malfaisance.."
PB

Tiens, lisant les articles du site du Monde ce soir, je me demandais combien de temps, il vous faudrait pour réagir, et je redoutais de trop bien prévoir votre réaction à la sortie de Szpiner.
Bon, elle était attendue et prévisible, n'avez pas tellement pensé contre vous-même à l'occasion. Dommage.
Dupond-Moretti est un avocat non moins méprisable que le premier vilain coco sus-nommé, les mercenaires enrobés ont toujours eu toute ma méchante ironie.

Si Treiber est innocent, je suis le fils caché de Paul VI, voire de Jean XXIII, et si les avocats ont quoique ce soit d'intéressant à nous dire dans ce genre d'affaire à la charge déjà on ne peut plus claire, c'est juste en illustrant involontairement ce besoin de croyance, ce désir de brouillard, cet appétence pour le brouillage des faits, ces choses persistantes qui semblent faire peur à tant.

Cette foi en une humanité parfaitement partagée à laquelle une éternelle cohorte de candides ont de toute façon choisi sans partage d'adhérer, est la matière inconsciente sur laquelle les avocats et ce type de faiseurs de biais d'opinion s'appuient, fort consciemment en général.

Effarant de lire les commentaires des lecteurs du Monde à ce propos. La plèbe anti justice et anti cartésianisme s'y lâche sans complexe... Sidérant d'ânerie, vertigineux d'indifférence envers les vraies victimes de ce drame.

S'y lit juste une mesure un peu précise de la bêtise ambiante, de gens qui n'ont pas même l'excuse d'avoir été sottement insultés par l'avocat des politiciens véreux.
Il suffit d'un PV, comme l'exprimait un des ploucs - trait non forcé mais défini à dessein - du village jouxtant le bois où JPT feint de jouer à Rambo, pour que l'on soit fier de soutenir ce type qui avait toutes les chances d'avoir tué deux gamines qui ne lui avaient fort probablement jamais rien fait, sauf à être homosexuelles, si j'en crois des propos lus dans le livre de son ex femme ; un PV contre deux meurtres, le poids d'une demi vie...

La psyché de ce genre d'être d'exception - dans sa malfaisance - est déjà autrement intéressante. Qu'il puisse être à la fois assez bête pour utiliser des cartes bancaires à un de ces endroits dont tous savons que des caméras vidéo les surveillent (les stations service), et dans le même temps être assez rusé et débrouillard pour échapper à une cohorte de super flics dans un petit bois, ne laisse de me surprendre.

Peut-être son instinct de survie et son discernement se sont-ils bonifiés lors de ses six années de prison, mais quand même.

Pareil pour cet usage d'un gaz de tueur de renard, mais quelle bêtise que d'aller fourrer deux corps dans son propre jardin, quel c..... quand on connaît tant les bois et les forêts... accablant !

Le plus intéressant, c'est la façon dont dérive le référentiel moral de ce genre d'individu. Tous avons de quoi nous agacer contre les autres, tous les autres, mais pour certains plus particulièrement, les flics, les juges, les centres d'impôts ou les gendarmeries. En général cela ne débouche sur rien, une envie de faire, de l'insignifiant à du très conséquent, mais qui s'évanouit au premier fait nouveau qui détourne l'individu lambda de ses desseins hors la loi, de sa colère enfantine. Mais, le temps des résolutions premières, les si fragiles pour le large commun des mortels, le sujet se persuade du bien fondé moral de sa future entreprise, déplaçant, laissant dériver son référentiel moral, et chez certains parfois jusqu'à ce qu'il trouve son point de non retour.

Qu'en est-il de sa conscience des faits, à ce type d'individu ? Car il y a bien quelqu'un qui les a gazées, ces deux filles, quelqu'un - est-ce le ou la même ? - qui les a attirées dans un vilain traquenard, celui ou ceux-là l'ont-ils oublié ou ont-ils placé le reliquat mémoriel de ces instants (à eux aussi traumatisants ?) dans une zone de leur mémoire plus guère accessible à leur conscience ?
Quand on a décalé sa morale au point de trouver défendable dans son for intérieur que d'avoir trucidé deux filles pour les déposséder d'un argent dont celle-là s'était convaincue de l'illégitimité de la possession, que reste-t-il à dire à ceux dont la conscience de celui-là comprend au sens d'anticipe encore très bien que ses raisons ne seront pas les leurs, qu'ils dénieront toute légitimité d'avoir ainsi, que reste-t-il donc d'autre, le champ de la justification étant à jamais bloqué, qu'à multiplier les fausses pistes et les postures, les enfumages dont on égare le gibier ?

Et au bout, quand on s'est fermé la porte de la compréhension des autres, ce dont on est pleinement conscient, et qu'à se remettre sous leur latitude morale on ferait de soi son pire ennemi, que reste-t-il alors que la fuite dans la mort, fuyant un jeu dont on a perverti toutes les règles et dont on a fait soi-même son ultime et intime cauchemar.

Avec, encore, dernière diablerie, cet ultime mot, ce tour de force final dans le déni, je partirai comme j'ai vécu, et peut-être jubilai-je même du fond de mon désespoir que d'avoir semer un dernier trouble, et de savoir même de l'au-delà, que tant sont comme moi, prêts à croire ou faire n'importe quoi.

AO

Jean-Dominique Reffait

Ben oui. C'est tellement évident que je me demande comment il est possible de penser et dire autre chose.
Pierre-Antoine, il y a au moins une évidence : la vérité passait en partie ou en totalité par Treiber. Etait-il coupable de tout, personne ne le saura. Mais il n'était pas innocent de tout. Il était impliqué dans cette affaire, à un degré qui ne pourra pas être déterminé.

Pierre-Antoine @ PB

@PB
"La seule certitude - elle est terrible -, c'est que le couple Giraud n'aura jamais de réponse."

En disant cela vous sous-entendez donc qu'il serait le coupable et que la recherche de la vérité ne passerait que par lui.

Je serais le père d'une des victimes, je demanderais que toutes les pistes envisageables sont menées à leur terme. Y compris celle de l'innocence de cet homme par celle de la culpabilité d'une autre personne.

Alors là oui, quand toutes les portes auront été fermées, votre phrase prendra tout son sens.

Cordialement

Pierre-Antoine

jpledun

Un espoir quand même, malgré le gâchis : s’il était innocent, le coupable court toujours et comme le coupable se fait toujours attraper...

Bon courage aux familles des deux jeunes filles.

Ludovic

Bonsoir M. Bilger,

Vous êtes là sur votre terrain et je ne puis que souscrire entièrement à vos propos.
Le suicide de J-P Treiber marque l'extinction de l'action publique. Il n'y a aura pas de procès, la vérité ne surgira plus. Une tragédie nouvelle pour les familles des victimes, on pense en particulier à Roland Giraud qui ce soir encore s'est malgré tout produit sur scène.
Personne ne saura jamais si Treiber était coupable ou innocent de ce double meurtre, et il serait indécent de vouloir ici en faire le procès posthume.
Restent la souffrance et la douleur de deux familles désormais condamnées à vivre dans une insupportable incertitude.
Je comprends bien que l'administration pénitentiaire ne pouvait pas le surveiller à chaque minute, évidemment.
Mais pourquoi diable, alors que Treiber avait à plusieurs reprises fait part de sa volonté de se suicider, n'a-t-on pas mis en oeuvre le fameux kit "anti-suicide" comprenant des couvertures indéchirables ou en papier avec lesquelles il n'aurait pu se pendre ?

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