Que s'est-il donc passé depuis la campagne présidentielle de 2007 ? Ceux qui avaient voté pour Nicolas Sarkozy se félicitaient du fait qu'il avait enlevé ses complexes à la pensée de droite, notamment sur le plan de l'argent. Il avait fait disparaître, croyait-on, un certain nombre de pudeurs et de tabous. Avec lui, la réussite, même financière, ne serait plus honteuse, le mérite serait récompensé, le travail honoré et l'Etat de droit irréprochable.
Ce qui m'intéresse aujourd'hui, c'est le rapport à l'argent qu'entretient notre société. Force est de constater que nous sommes entrés dans une ère qui n'a plus de commune mesure avec la précédente. L'argent est devenu un roi mais maudit. On n'espère même plus qu'il puisse être réhabilité. Il n'est acceptable que s'il se fait oublier.
La crise n'y est pas pour rien même si elle n'a pas créé à elle seule ce bouleversement qui conduit à passer au crible, à soupçonner tout ce qui d'une manière ou d'une autre représente un accroissement de la richesse personnelle. Il me semble qu'elle est venue apporter une légitimité à une contestation latente qui, profitant de l'occasion, devient quotidiennement grondante. Certes, il y a toujours eu dans notre pays, aussi bien dans son esprit collectif que dans les intimités des familles, jalousie, envie et frustration mais combien de fois me suis-je étonné de la relative résignation avec laquelle l'ordre des choses, la hiérarchie des fortunes et le luxe de l'avoir étaient admis. Paradoxalement, quand le parti communiste représentait une force politique, son idéologie de l'indignation demeurait circonscrite peu ou prou aux nostalgiques de la révolution et de la lutte des classes.
Aujourd'hui que l'Histoire et les massacres ont fait perdre toute crédibilité opérationnelle au communisme (sauf pour Alain Badiou !), un étrange phénomène s'est produit qui a diffusé dans toutes les têtes la haine de l'argent, surtout la détestation du "toujours plus" dont certains profitaient innocemment, à mille lieues de supputer que ces privilèges deviendraient un jour insupportables. La passion de l'égalité a pris une forme extrême qui ne se laisse plus bercer de mots. Il n'est plus suffisant d'avoir, il ne faut pas que l'autre ait davantage sauf s'il passe sous de multiples fourches caudines qui justifieront ou non, à la fin, les avantages qui lui ont été octroyés.
Cette inquisition qui pourrait à la longue ruiner radicalement la société de confiance dont avait rêvé Alain Peyrefitte ne mérite pas d'être blâmée sans nuance. Par le contrôle vigilant qu'elle met en place, grâce au quadrillage éthique qu'elle opère, stimulée par un mélange qui brasse ensemble revendications classiques, aigreurs secrètes et puritanisme moralisateur, elle contraint à une révision déchirante des habitudes d'hier et des acquis commodes qui ne mettaient pas le monde à feu et à sang puisque, de toute éternité, leur validité n'était pas réellement discutée. On avait beau ruer dans les brancards, partis, syndicats et associations pouvaient s'agiter pour la façade, des évidences s'affichaient intangibles, d'abord celle d'un pouvoir qui n'avait pas à se justifier et de l'argent qui lui était corrélatif.
Ce qui allait de soi ne va plus de soi. Impossible de fermer la porte sur ses secrets et d'interdire aux citoyens de se mêler de ce qui les regarde, qu'ils aient l'intransigeance de l'ignorance ou la lucidité du savoir. Par exemple, Henri Proglio n'a rien pu éluder et François Pérol , dont le conseil de surveillance de la BPCE a, paraît-il, décidé de tripler le salaire (1.650.000 euros !), devra trouver un autre argument que la nature irremplaçable de son action (Mediapart). Les décrets d'autorité n'ont plus cours et les inégalités, pour exister, sont condamnées à démontrer leur nécessité. Rien de plus difficile. Qu'on ne puisse plus affirmer "c'est comme cela" pour couper court à toute curiosité démocratique constitue une chance pour demain. Que la légitimité de chaque position soit à réinventer au fil des jours est une aubaine pour la République.
Comme l'exigence pour les conseils d'administration et les conseils de surveillance de ne plus donner paresseusement des quitus, des avals et des surabondances puisqu'un regard est posé sur eux qui les surveille s'ils surveillent médiocrement, qui leur impose d'administrer comme il convient s'ils avaient la tentation d'administrer "pour la forme". Le pouvoir n'a plus la liberté de s'invoquer lui-même pour se démontrer : il doit faire mieux et plus.
Intolérable, aussi, le hiatus entre des préceptes généraux, une moralisation publique et la vulgarité de comportements somptuaires venant faire perdre toute crédibilité à ces messages apparemment généreux. Les politiques publiques appellent, pour être plausibles, des décences privées à tel point que nos milliardaires préférés - les vrais maîtres du monde, comme Bill Gates - ne suscitent l'admiration que par la manière dont sans lésiner ils offrent une part de leur fortune au monde et à ses misères.
Il y a une surprenante aventure, sur le plan intellectuel et politique. D'abord un sarkozysme ayant cherché à donner à l'argent ses lettres de noblesse, à dissiper toute mauvaise conscience chez les plus grands entrepreneurs et à libérer une société de ses frilosités stérilisantes. Puis l'Etat d'aujourd'hui, qui veut moraliser le capitalisme et a vu naître, sous son égide, une obsession de l'argent des autres, la chasse à l'ostentation, le soupçon permanent et, d'une certaine manière, un état d'esprit aux antipodes de ce que l'enthousiasme de 2007 annonçait.
Il n'empêche que ces inévitables reniements que le réel impose ne sont pas loin d'avoir fait de la société tout entière un Péguy en colère. Comment ne pas être d'accord avec Jacques Julliard, dans la pertinente analyse que lui a consacrée Eric Conan dans Marianne, quand il souligne que le problème crucial d'aujourd'hui est l'argent fou "qui sépare le commun des mortels et une nouvelle caste de privilégiés".
Mais l'argent n'a plus le droit d'être fou. Il a une odeur.
Bonjour,
Si l’on pouvait trouver un autre moyen de s’affirmer qu’en accumulant ?
Nos amis les Esquimaux eux l’ont trouvé. En effet (je l’ai lu quelque part) en cas de
conflit si l’on veut triompher de son adversaire c’est à qui jette le plus de biens !
Le riche c’est celui qui jette le plus et c’est lui le gagnant.
Il semblerait que cette coutume commence à s’installer en France et c’est Christine
Boutin qui en est l’instigatrice.
Elle jette 18 000 euros par mois ! A qui veut bien les ramasser.
J’espère que cela va faire jurisprudence !
Qui peut jeter PLUS ?
Moi qui m’insurgeais quand elle fut
« licenciée » sans préavis !
Duval Uzan
Rédigé par : Duval Uzan | 11 juin 2010 à 09:47
"Même en dormant, enrichis ta famille"
Medef
Rédigé par : Grincheux | 05 mars 2010 à 11:37
Je me trompe peut-être, mais il me semble lire en filigrane dans ce billet l’évocation d’un apport involontaire du sarkozysme. Notre président, par sa volonté brouillonne et mal ficelée de réhabiliter l’argent au sein de notre culture nationale, a réveillé la vigilance et secoué la résignation de nombreux français. Lui qui espérait rallier la masse des sceptiques et autres déçus, a réussi, par ses propres reniements, à fédérer contre lui et la méthode qui lui est désormais associée, un nombre grandissant de citoyens, éveillés (pour un temps au moins) à la chose publique, à sa scrutation, à une certaine vigilance. Ce sera, je pense, le legs involontaire de l’actuel président : de l’agacement à la saine révolte, le refus du « c’est comme ça et pas autrement » et autres « c’est la loi du marché et nous n’y pouvons rien ». A l’aiguillon de la séduction succède déjà celui, plus efficace, de la répulsion et du refus, tout aussi fédérateur, porteur d’un certain renouveau via un intérêt retrouvé pour la république.
Rédigé par : Epaminondas | 03 mars 2010 à 22:03
Le "bonheur", ce n'est pas de gagner beaucoup d'argent, c'est d'avoir un travail épanouissant... Je préfère largement gagner peu... et partir au travail le sourire aux lèvres, que de le perdre au bénéfice d'un salaire mirobolant ! Rien de plus néfaste pour la santé qu'un travail inintéressant, bien pire qu'un manque de superflu... Par ailleurs, s'il est vrai qu'il faut taxer plus les hauts revenus, je pense que c'est prioritairement pour garantir le bouclier social (qui lui, devrait être dans la Constitution, contrairement au bouclier fiscal allemand qui n'existe pas, contrairement à ce que prétend Sarkozy...), et non pour augmenter les salaires. Personnellement, je trouve qu'on vit très bien avec deux smic quand on est deux. Le problème, c'est le smic quand on est seul...
Rédigé par : Herman | 03 mars 2010 à 21:08
L'argent à une odeur, il sent le chaudron, c'est du moins ce que disent certains. J'en ai eu confirmation il y a cinq minutes par un ami qui habite Paris, rue de Courcelles. Étonnant ?
Rédigé par : yves.bouant | 03 mars 2010 à 18:58
Depuis "Astérix et le chaudron", tout le monde sait que l'argent a l'odeur de la soupe à l'oignon...
Ce n'est pas qu'il y ait des milliardaires qui me gêne, mais que des gens n'aient pas de quoi vivre avec un peu de superflu pour rendre cette vie agréable.
Rédigé par : Surcouf | 03 mars 2010 à 15:15
Cher Herman
"par ailleurs, personne ne vaut 10, 100, 1000 fois un ouvrier smicard !"
Non, mais chacun pense qu'il est 10% plus productif que son voisin...
Rédigé par : Alex paulista | 02 mars 2010 à 14:28
Vous avez sans doute raison Ludovic, mais le problème est que l'impôt n'est plus assez lourd pour ces grosses fortunes, car l'argent des riches est un pillage autorisé des pauvres, avec ou sans talent... et par ailleurs, personne ne vaut 10, 100, 1000 fois un ouvrier smicard ! D'où la nécessité d'un très gros impôt au-dessus d'un seuil jugé indécent par la majorité, et vive le saucisson, l'andouille de Guéméné, et les lentilles vinaigrées !
Rédigé par : Herman | 01 mars 2010 à 22:05
"Laissons les milliardaires où ils sont, nous pouvons tous choisir de l'être."
Vous devez avoir beaucoup d'expérience pour parler ainsi.
Une petite question me turlupine, un milliardaire, un vrai, il joue avec son argent. Un PDG de grand groupe n'est pas un milliardaire, il est un gros salaire, un joueur de foot, il vivra ce qu'il vivra. Derrière la porte, il y a pléthore de gens qui attendent, vous peut-être, mais c'est vrai on peut être un larbin du capitalisme, un godillot de la république, une star filante, mais un capitaine d'industrie comme l'ont été nos grands milliardaires, c'est une autre histoire, une toute autre histoire.
Voyez-vous Mr Jim, je pense que seul, vous n'irez pas loin, votre propos sent l'agrégat de la formation des élites jetables, je vous souhaite de me tromper, Mozart était un génie, le monde entier le savait, il est mort dans la misère, la jalousie de ses semblables l'a tué.
Des PDG, j'en ai connu, je n'ai jamais été des leurs, je préférais vivre mes envies, l'argent, je me suis battu pour ne pas en manquer, ce n'est qu'un outil au service de l'Homme, libre à vous de vous mettre au service de l'argent.
Rédigé par : yves.bouant | 01 mars 2010 à 19:52
@Jim
"Mais où donc est le problème ? Nous vivons dans un système occidental démocratique c'est-à-dire que chacun à la liberté du choix ! Choix de gagner beaucoup ou peu d'argent. Il faut du talent pour gagner de l'argent disent certains, certes mais de quelle nature est-il donc ce talent si ce n'est la compétence acquise par le travail, compétence acquise par le choix fait d'un individu, pas aux dépens des autres mais pour son propre bien (égoïste peut-être mais il en a le droit !). Où est donc le problème de ces richesses extravagantes lorsque chacun de nous peut choisir d'y accéder ?"
Vous êtes sérieux ou c'est du second degré ? Les pauvres ou même simplement les gens modestes apprécieront sans doute votre audace, s'ils sont pauvres c'est bien fait pour eux, ils n'avaient qu'à choisir d'être milliardaires.
Consternant, non ?
Rédigé par : Ludovic | 01 mars 2010 à 19:14
Cher JDR
Votre commentaire sur la montre, vous me l'ôtez du clavier... Une laisse en or est une laisse quand même.
Et sur le saucisson de Lyon, la vraie question est "pistaches or not pistaches". C'est qu'un très bon saucisson n'en a pas besoin pour être bon.
ARRHH, je suis au Brésil, vous êtes cruel. Déjà j'ai dû lutter pour trouver du bon Saint-Marcellin local. Il ne vaut pas celui de Quincieux, mais a déjà le côté coulant et acide.
Mais le porc, ici, est à désespérer.
Rédigé par : Alex paulista | 01 mars 2010 à 18:40
Savonarole,
Non vraiment, le problème c'est la classe, l'élégance naturelle. Et ce n'est pas avec une tranche de sauciflard qu'on en a...
Vous ne connaissez rien au saucisson de Lyon sinon vous sauriez qu'avec des lentilles tièdes légèrement vinaigrées, il constitue l'une des preuves irréfutables de l'existence de Dieu. Statut qu'il partage avec la saucisse de Morteau et l'andouille de Guéméné. La classe, c'est de délaisser une liasse de billet pour se ruer sur une bonne assiette.
Le vrai luxe en matière de montre, c'est de n'en point avoir besoin.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait@Savonarole | 01 mars 2010 à 17:08
Mais où donc est le problème ? Nous vivons dans un système occidental démocratique c'est-à-dire que chacun à la liberté du choix ! Choix de gagner beaucoup ou peu d'argent. Il faut du talent pour gagner de l'argent disent certains, certes mais de quelle nature est-il donc ce talent si ce n'est la compétence acquise par le travail, compétence acquise par le choix fait d'un individu, pas aux dépens des autres mais pour son propre bien (égoïste peut-être mais il en a le droit !). Où est donc le problème de ces richesses extravagantes lorsque chacun de nous peut choisir d'y accéder. J'entends d'ici les commentaires scandalisés de certains qui diront que nous ne sommes pas égaux devant la vie, ah non ? et qu'est-ce qui fait la différence entre les milliardaires et nous ? Étaient-ils spécialement privilégiés dans leur enfance ? En moyenne non. Les milliardaires, financiers et autres ont juste su saisir des opportunités, appliquer leurs compétences et réussir. Où donc est l'immoralité là-dedans, dans la disproportion des gains ? Mais ces gens - ils n'ont sans doute pas besoin de moi pour les défendre - ne restent pas assis sur leurs milliards à ne rien faire, ils contribuent à la vie économique en faisant vivre énormément de monde. Que l'on donne donc la direction de GDF au permanent syndical du coin, et nous verrons ce qu'il en fera, quelles seront les conséquences pour les milliers de travailleurs qui en dépendent. Le discours éternel du Caliméro "c'est trop injuste" est lassant. Nous avons tous le choix de nous lancer dans les affaires et de réussir à gagner beaucoup d'argent, et si nous ne faisons pas ce choix alors laissons au moins aux autres la liberté de le faire.Il n'y a d'inégalité que celle de l'intelligence et de la débrouillardise, alors là oui nous sommes inégaux.
Gardons notre énergie pour de vrais causes, de vrais scandales, l'illettrisme, la délinquance et le montant ridiculement bas de beaucoup de pensions de personnes qui ont trimé simplement toute leur vie pour se retrouver avec 1000 euros et moins par mois pour leurs vieux jours. Là il y a problème mais laissons les milliardaires où ils sont, nous pouvons tous choisir de l'être.
Rédigé par : jim | 01 mars 2010 à 15:45
Depuis la révolution industrielle, à mesure que l'on rationalise le travail on assiste à des phénomènes complètement irrationnels en bourse. Comme disait Alain, l'économie est une voiture parfaitement huilée entraînée par les chevaux fous de la bourse.
Cela n'est pas dû à un mépris de la classe dirigeante : Citroën était un patron attentif aux détails techniques de son entreprise, passionné de mécanique. Il respectait ses ingénieurs et pourtant ne pouvait s'empêcher de tout jouer au casino le soir venu.
C'était sa manière de mépriser l'argent.
Je crois que tout homme rêve de se payer le luxe d'être irrationnel. La raison est la dernière contingence matérielle.
Depuis le communisme, on sait que le monde est ainsi fait et que sans un terrain de jeu pour les vanités le système ne tourne pas. Le tout est de trouver le juste milieu entre imposer des règles qui garantissent les besoins fondamentaux, et avoir un terrain de jeu intéressant.
Aujourd'hui la compétition est internationale et les besoins fondamentaux relatifs aux pays. L'équilibre se fait en facturant très cher ce que seuls les plus développés sont capables de produire.
Le fait que les patrons gagnent énormément est en soi peu choquant, si les besoins de base en santé, éducation (etc.) sont garantis pour tout le monde, ce qui n'est pas tout à fait le cas en France mais déjà plus qu'ailleurs.
Pour conclure, je trouve que vouloir trouver une valeur morale à l'argent est le comble de la vulgarité.
Un peu comme les nouveaux riches qui incitent leurs enfants à étudier en rétribuant les bonnes notes.
Comme si les pauvres avaient en plus besoin d'être culpabilisés.
Ça pue la Sarkozie.
Rédigé par : Alex paulista | 01 mars 2010 à 15:30
@Savonarole
Dray dans ses bottes, échangerait saucisson entier contre Rolex, se dépêcher il n'y en aura pas pour tout le monde !
Signé : l'ancien enfant de choeur, spécialisé dans les baptêmes et les mariages. Se méfier des enterrements, Brassens raconte des bêtises, aucun héritier ne m'a filé la pièce !
Le mieux c'est le mariage, si on sait y faire, on affure un max, le baptême c'est vite fait, rapport qualité prix c'est honnête, l'ennui c'est les dragées, personne n'en veut.
Rédigé par : yves.bouant | 01 mars 2010 à 13:43
Sur le dos cabossé
D'une vieille oubliée,
Dans un coin de la terre,
Un fagot de bois mort,
Versant de ses deux bords,
Hoquetait sur les pierres
Lourd, lourd est le fardeau,
Plus lourd encore à chaque pas nouveau.
Menton à fleur de pierre,
La vieille traîne misère
Et porte sa richesse,
L'hiver écrase sa morgue
Et le vent joue de l'orgue
Avec ses jambes sèches
Lourde, lourde est la misère,
Plus lourde encore sous le joug de l'hiver.
Le fagot, à chaque pas
Devient un peu plus plat
Sur le dos de la vieille,
Mais elle ne s'arrête pas,
Et reste peu de bois
A trois pas de chez elle,
Lasse, lasse était la vieille,
Plus lasse encore qu'au retour de la veille.
Par le papier huilé,
La porte dentelée,
Suinte un coin de lumière,
Et la vieille est entrée,
Elle a pour se chauffer,
Immolé sa misère,
Brûle, bois mort,
Tu es l'or de misère,
Chauffe plus fort
Ce qu'il reste de chair.
Mais il n'en restait pas lourd,
Et le feu tourna court
Aussitôt flamme claire,
Et la vieille oubliée
S'en retournait chercher
Son bois mort de misère.
Dieu, la voyant et peiner et gémir,
Tant eut pitié qu'il crut bon d'intervenir,
"Réjouis-toi, je t'inscris dans mon livre,
Va, je t'accorde encore dix ans à vivre."
Crève misère
by Georges Chelon
Tout n'est pas perdu, il paraît que Madame Sarkozy a sympathisé avec un SDF !
Rédigé par : Grincheux | 01 mars 2010 à 13:41
@Savonarole
"Non vraiment, le problème c'est la classe, l'élégance naturelle. Et ce n'est pas avec une tranche de sauciflard qu'on en a..."
Et si cher ami, c'est possible avec "Délices de Saint Agaûne" !
A condition de la déguster avec un Bordeaux et en tailleur Chanel.
http://www.bordeau-chesnel.com/gamme.php
Où va se nicher la vanité... :-)
Cordialement
Pierre-Antoine
Rédigé par : Pierre-Antoine @ Savonarole | 01 mars 2010 à 13:30
HSBC: le patron reversera son bonus
AFP
01/03/2010| Mise à jour : 09:23
Michael Geoghegan, directeur général de la banque britannique HSBC, va annoncer ce lundi qu'il prévoit de reverser à des associations caritatives son bonus 2009. Un bonus dont le montant s'élève à près de 4 millions de livres (4,4 millions d'euros).
C'est Noël ? ou mon banquier chez les dingues ?
Rédigé par : yves.bouant | 01 mars 2010 à 11:37
L'argent : Vanitas vanitatis.
A mon humble avis, plus on en parle plus on déclenche la haine.
Un peu comme la religion.
Rédigé par : mike | 01 mars 2010 à 11:16
"Mon père était chercheur d'or,
l'ennui c'est qu'il en a trouvé."
Jacques Brel (L'enfance)
Rédigé par : jpledun | 01 mars 2010 à 10:33
Le saucisson ou la Rolex, c'est un débat digne du "Balto".
Si d'emblée Nicolas Sarkozy avait choisi une Jaeger-Lecoultre, on n'en aurait jamais parlé.
D'ailleurs, son épouse a eu l'intelligence du lui offrir une Patek Philippe, dont plus personne ne parle.
Pourtant ces deux marques de montres sont beaucoup plus onéreuses qu'une Rolex.
Non vraiment, le problème c'est la classe, l'élégance naturelle. Et ce n'est pas avec une tranche de sauciflard qu'on en a...
Rédigé par : Savonarole | 01 mars 2010 à 10:16
"Connaissez-vous le tarif horaire d'une expertise ? 15 euros de l'heure, c'est à peine le tarif d'une femme de ménage donc à ce prix-là..."
Je retrouve cette phrase épouvantable qui a tant contribué par son contenu aux malheurs d'Outreau.
Les experts, sauf erreur, font acte de candidature.
La justice est une soif inextinguible de l'humanité.
A quand la liberté de choisir ses juges comme son médecin, de s'entendre dire par son procureur : "honoraires fixes, je vous vois dans 5 ans (en préventive), honoraires libres, jeudi 15h ?"
Les jurés, tarif syndical, c'est la sieste donc le maxi, honoraires libres...
Les gens du service public n'ont pas l'esprit vif comme nos politiques, si vous voyez un magistrat en Ferrari, méfiez-vous, un avocat en solex aussi !
Et une Rachida en Tati comme un Villepin en kaki, arrêtez les pétards.
"Bien sûr, l'argent n'a pas d'odeur
Mais pas d'odeur vous monte au nez
Bien sûr, on marche sur les fleurs
Mais, mais voir un ami pleurer !"
J.Brel
Rédigé par : yves.bouant | 01 mars 2010 à 09:41
@ J.-D.Reffait
Je partage votre commentaire dans son état d'esprit, jusqu'à la citation des noms ; alors il faudrait les citer tous ! Mais nous sommes le 1er mars et le printemps arrive ! Ouf ! Une pensée à ceux qui souffrent.
Rédigé par : J.A | 01 mars 2010 à 09:32
"Par exemple, Henri Proglio n'a rien pu éluder et François Pérol, dont le conseil de surveillance de la BPCE a, paraît-il, décidé de tripler le salaire (1.650.000 euros) devra trouver un autre argument que la nature irremplaçable de son action (Mediapart). Les décrets d'autorité n'ont plus cours et les inégalités, pour exister, sont condamnées à démontrer leur nécessité."
Je vais vous dire ce que m'inspire ce décret d'autorité qui s'appuie sur un prétendu talent de dirigeant irremplaçable.
Nos universités et nos grandes écoles de la République qui sont définies comme prestigieuses, celles où nous trouvons toujours, en priorité, les enfants des élites autoproclamées, sont-elles à ce point médiocres, inopérantes et inefficaces pour ne produire que des bataillons de mauvais et de piètres dirigeants avec comme conséquence pour l'Etat de devoir créer une rémunération hors réalité pour "motiver" des Proglio ou des Pérol.
Ce qui me fâche c'est la dilapidation sans fin de l'argent public dans la formation et l'entretien de ces bataillons de hauts fonctionnaires, de ces conseillers d'Etat, de ces censés dirigeants d'entreprises publiques avec comme résultat l'incapacité de nos gouvernants de nous doter de grands dirigeants d'entreprises et d'administrations.
Je suis choquée par le coût faramineux d'un système de production des élites qui ne fabrique qu'une extrême rareté de réels et sûrs talents de dirigeants, et par le si peu que les gouvernants exigent en retour des investissements opérés en matière d'élites dirigeantes.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 01 mars 2010 à 08:41
Oui M. J-D Reffait, ce serait vraiment sympa que les profiteurs, volontairement et dans un beau geste de solidarité redescendent sur notre planète, et remettent le compteur de leurs « rémunérations » á zéro.
Mais je crois qu'ils ne sont pas sympas, encore moins solidaires.
Est-ce que Sarko a la volonté de taper dans cette fourmilière-ci ? J'en doute quand même. S’il le fait, alors il sera vraiment mon champion toutes catégories.
Au passage, je m'étonne du silence édifiant des anti-sarkozystes compulsifs, sur les deux dernières nominations de membres de l’opposition á des postes importants, ainsi que de la mise en route d'aujourd'hui, d'une réforme demandée en son temps par M.Badinter (la question prioritaire de constitutionnalité (QPC)).
Je m’étonne.
Rédigé par : jpledun | 01 mars 2010 à 00:12