Pour Georges Frêche, Laurent Fabius aurait "une tronche pas catholique". Cette expression, qui dans la vie courante signifie qu'on se méfie de quelqu'un, qu'on n'a pas confiance, prend évidemment une autre résonance lorsqu'on l'applique à une personne de confession juive. Elle révèle chez celui qui l'a utilisée et au moment même où il l'emploie, non pas même une hostilité mais au moins une réserve au caractère antisémite indiscutable comme l'a relevé avec modération Laurent Fabius, en dépit des protestations de Georges Frêche (nouvelobs.com, Le JDD.fr, Le Figaro, Le Parisien, Le Monde).
Cet incident me semble doublement représentatif d'une tendance qui devient de plus en lourde dans notre société. Il relève de la catégorie des polémiques qui peuvent avec bonne foi être qualifiées à la fois de dérisoires et de préoccupantes. Ce n'est rien, en effet, qu'une provocation de plus et en même temps on comprend l'émoi suscité. Parce que "l'éthiquement et le politiquement corrects" vont entraîner une focalisation de plus en plus nette et indignée sur les outrances singulières, les "dérapages" particuliers et les scandales improvisés dans l'instant. Car ils se multiplieront, sortant de la bouche des mêmes personnalités qui, plutôt que de se fondre dans la masse et d'accepter la décence imposée par la morale collective, n'hésiteront pas à offenser ou à blesser avec volupté. Georges Frêche a été, est et sera l'une d'elles.
Gérard Depardieu, qui peut tout se permettre parce qu'il est adulé mais irresponsable - c'est le propre de certaines de nos gloires artistiques françaises - exprime, au-delà de son opinion personnelle, un point de vue peut-être partagé par d'autres - pas par moi, en tout cas - lorsqu'il salue son ami Frêche comme quelqu'un de "formidable" mais qui a ses abus de langage.
Georges Frêche s'est trouvé placé au centre de l'actualité, ce qui ne lui a pas déplu. Il a agité, bousculé le parti socialiste et donné un tour personnel à des "régionales" qui n'ont pas l'air de passionner les citoyens. Il doit tout de même regretter le désaveu de Dominique Strauss-Kahn qui a manifesté sa solidarité à l'ancien Premier ministre. On a rappelé aussi que Laurent Fabius était loin d'être la première cible de Georges Frêche, qu'il y avait eu les harkis, les joueurs noirs de l'équipe de France et sans doute d'autres interventions plus ou moins connues qui n'avaient pour seul but que de l'ancrer dans la certitude d'un infini amour de soi. Très fier de ses réactions, il n'y perçoit, j'en suis sûr, que la manifestation d'un être absolument lucide et totalement libre qui est lui-même. La vieillesse n'est pas qu'un naufrage, aussi, souvent, un prétexte à vanité. Il aurait volontiers apprécié une réplique judiciaire qui l'aurait constitué à son tour comme une véritable et admirable "victime". Une sorte de martyr triomphal et triomphant.
Mais l'intelligence de Laurent Fabius ne lui a pas permis d'endosser ce "beau rôle" selon lui. Puisque ce qui a suivi son détournement pervers d'une familiarité de langage a été une joute politique et un débat démocratique. Le parti socialiste s'est décidé à présenter une liste contre lui, à tort ou à raison, mais les socialistes l'ont fait. Les médias n'ont pas fait preuve de complaisance à l'égard de Georges Frêche et on peut soutenir que la République ne s'est pas trop mal tirée de cet épisode mineur mais accablant pour son auteur. En définitive, la saillie de Georges Frêche, qu'il voulait drôle, a été blâmée et condamnée par d'autres voies que la judiciaire.
Là réside l'extrême finesse de Laurent Fabius. Après avoir reçu une lettre sinon de repentance du moins d'atténuation de Georges Frêche, il l'a négligée, a maintenu sa position et soutenu qu'il s'agissait "d'une question de principe", refusant seulement pour ce motif de porter plainte. Parce qu'il s'est abstenu d'une réplique judiciaire, il a ouvert l'espace à une contradiction de Georges Frêche infiniment plus ouverte et plus intense. Le débat public a avantageusement remplacé le débat judiciaire. Si Laurent Fabius n'avait pas adopté cette ligne de conduite, le débat judiciaire aurait étouffé le débat public. C'est en effet une des conséquences regrettables de la judiciarisation de la pensée que de réduire la réponse à n'importe quelle polémique en l'inscrivant dans un espace où seuls deux adversaires - celui qui assigne, celui qui se défend - vont s'affronter. Nul doute, aussi, qu'une attitude moins pertinente de Laurent Fabius aurait trop vite éteint la controverse dans l'attente longue, très longue de la décision de justice.
Il faut beaucoup de courage pour résister à ce qui semble le plus facile et le plus évident.
Cher Jean Reffait
Il ne s'agit pas d'intelligence.
Je faisais allusion au pli au milieu de ses jeans qu'il arborait jeune Premier ministre. Aujourd'hui c'est son virage vers l'extrême gauche qui sonne toujours aussi faux que ses anciens efforts maladroits pour faire peuple.
Quant au fond, il suffit de se remémorer ses impôts abusifs et démagos qui n'ont jamais taxé personne, et de sa politique de privatisation à outrance plus importante que ce que la droite a imaginé dans ses rêves les plus fous...
La belle époque du sang contaminé, des écoutes. Comme dirait l'ancien adjoint qui n'est toujours pas rangé des voitures: «Je ne suis pas convaincu.»
Ahh, l'époque Mitterrand. Vous la connaissez sûrement bien mieux que moi, je n'insiste pas.
Rédigé par : Alex paulista | 13 février 2010 à 02:36
J'arrive en retard mais je ne comprends pas.
Quand on sait que deux tiers au moins des Français condamnent les propos de Georges Frêche, on va finir par croire que le troisième tiers s'est retrouvé sur ce blog.
Moi je condamne les propos mais de façon différente. Qu'il ait voulu ou non être anti-juif, je m'en moque. Je remarque seulement que ce Monsieur qui avait reçu la non opposition des socialistes se permet d'insulter ceux qui se présentent dans d'autres régions. Etrange remerciement. Au-delà des mots, le voilà qui menace de "casser la figure" d'un journaliste, mais où sommes-nous ? Jusqu'où va-t-il aller ?
C'est ça moi qui me dérange.
Rédigé par : SoDem | 12 février 2010 à 22:05
Monsieur Alex Paulista,
J'ai toujours un pli aussi impeccable que possible à mon pantalon. Personne n'en avait jusqu'ici déduit une opinion sur mes capacités intellectuelles.
Quant à ce qui motive votre appréciation quant au pli aux deux jambes de mon pantalon, je trouve déplaisant que la "tronche" de quelqu'un soit "catholique" ou non, en raison de ce qu'il estime être sa correction vestimentaire. Sully, longtemps après la mort d'Henri IV, portait chaque jour sa "fraise" (ses propres "Mémoires"). Avait-il pour autant une "tronche moins protestante" ? M. Frêche, pas plus que quiconque, n'a le droit de tout dire. Droit au sens moral, s'entend.
Jean Reffait.
Rédigé par : Jean Reffait | 11 février 2010 à 08:57
Vous en vouliez à Jamel Debbouze de souligner que la France doit assumer son vrai visage, partiellement d'origine maghrébine.
Vous rappelez ici les sorties de Frêche.
Mais alors que penser de Bussereau, membre du gouvernement, pour qui harki est synonyme au mieux d'opportuniste, au pire de traître.
Serez-vous aussi sévère ?
Ne donne-t-il pas raison à l'humoriste qui se demande quand les maghrébins seront acceptés en France ? Apparemment même ceux qui y sont restés fidèles n'en seraient pas dignes, aux yeux du secrétaire d'Etat...
Les allusions de Frêche sur quelques harkis en particulier sont bien plus acceptables une fois remises dans leur contexte. Celles de Bussereau sont génériques, méchantes et gratuites.
En plus Frêche a un bilan et le soutien des électeurs alors que Bussereau est nommé au gouvernement et va se prendre une veste dans le Poitou.
Rédigé par : Alex paulista | 07 février 2010 à 18:06
Les propos de Frêche sont d'autant plus inadmissibles que cet individu est doté d'une culture encyclopédique, même s'il affecte de la dissimuler en "parlant peuple".
Encore un qui croit que se mettre au niveau des gens, c'est s'abaisser, c'est sortir des
"les Français, y veulent pas que",
"si y'en a qu'ça les démange",
"les 'gens' veulent une 'politique par la preuve' (formule d'une nullité abyssale), etc.
Quant à Depardieu... Il n'y a évidemment aucun rapport entre sa position et le fait qu'il soit propriétaire de nombreux vignobles (il doit en écluser la majeure partie de la production si on en croit la rumeur publique) dans la région de Frêche...
Rédigé par : benjamin | 07 février 2010 à 13:27
@ Catherine JACOB
Cécile Duflot mérite d'être laissée un peu tranquille au sujet de sa famille...
Rédigé par : Alex paulista | 06 février 2010 à 00:06
Oui Catherine. Et avez-vous lu l'article d'acrimed :
http://www.acrimed.org/article3301.html
A qui profite le crime ? Pourquoi personne ne cite la source ? Libération qui parle de propos tenus au mois de janvier... (journal ami du PS...) Tout cela me paraît pour le moins étrange, et je dois dire que le billet de Philippe m'a laissé perplexe.
Il est vrai qu'une défaite dans cette région, si nationalement la victoire est totale, ne devrait pas émouvoir Solférino. Pas plus, sûrement, que les saillies de Frêche contre cette caste qui prend ses désirs élyséens pour des réalités solférinesques...
Mais une fois de plus, on prend les gens pour des imbéciles et je crois que 2012 sera, une nouvelle fois, une boucherie pour le PS...
Bon week-end à vous.
Rédigé par : Herman | 05 février 2010 à 21:29
@Catherine Jacob
A vos supputations hypocondriaques, point de suture entre mon verbe suppurant et l'ironie.
Rédigé par : Frédéric | 05 février 2010 à 19:18
@Herman | 05 février 2010 à 00:13
J'ai écouté l'extrait et en effet ça change beaucoup de choses.
D'abord il y a la voix, le ton, l'accent, l'ambiance dans le public auxquels l'orateur est nécessairement réactif. C'est vrai que lorsqu'on se laisse porter par tout ça, il devient impossible d'y entendre autre chose qu'une petite pique, certes malicieuse, mais que le 'mais' pagnolesque, oublié dans la retranscription, rattrape fort bien, le tout s'inscrivant dans la foulée du gaspillage de CO² reproché à Cécile Duflot...!
S'agissant de cette dernière, on ajoutera que répondant à Catherine Ceylac, il me semble, lui demandant quelle serait sa réaction si ses enfants choisissaient une voie qui les conduiraient à devenir par ex. PDG d'AREVA. Elle a répondu qu'on en était pas encore là, mais qu'elle les laisseraient libres de choisir leur voie. Catherine Ceylac, toujours bien élevée n'a pas insisté mais si ça avait été moi, j'aurais probablement poussé le bouchon jusqu'à demander si, le cas échéant, elle prendrait la tête d'une éventuelle manifestation...
Rédigé par : Catherine JACOB@Herman | 05 février 2010 à 17:46
@ Pilou
Si vous le permettez, j'aimerais vous convaincre de lire "Le Juif imaginaire" d'Alain Finkielkraut paru en 1981 et que j'ai eu la chance de lire ces années-là :
"Ce livre ne raconte pas, après mille autres, l'histoire édifiante et pathétique de l'enfant né au Judaïsme sous les espèces de l'injure ou de la malédiction.
Il relate un autre cheminement : le passage, jamais tout à fait accompli, de l'ostentation à la fidélité."
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 05 février 2010 à 07:43
Je vous remercie Catherine ! Voici l'adresse où vous trouverez l'extrait sonore des propos de Frêche tenus sur un mode "comique" :
http://www.montpellier-journal.fr/2010/01/freche-fabius-lenregistrement.html
Désolé que cette adresse ne soit un lien, mais je suis néophytenlien...
Rédigé par : Herman | 05 février 2010 à 00:13
Comme quoi tout arrive...
Je suis d'accord avec Monsieur Paulista.
Champagne.
Rédigé par : jpledun | 04 février 2010 à 22:19
@Pilou | 04 février 2010 à 12:14
« M.Bilger, je vous invite à lire sur Wikipedia la notice sur Laurent Fabius. »
On y trouve en effet ceci :
« Laurent Fabius est le fils d’André Fabius (décédé en 1984), antiquaire, d'une famille d'origine juive ashkénaze, et de Louise Strasburger-Mortimer, américaine. Laurent Fabius a été baptisé dans la religion catholique, en l'église Notre-Dame-de-Grâce de Passy, dans le 16ème arrondissement, ses parents s'étant convertis au catholicisme durant la guerre. »
« Lors de ses études à Sciences-Po, il est responsable de la Conférence Olivaint, organisation catholique plutôt conservatrice. »
Etant donné que dans la religion juive, c’est, à ma connaissance, la mère qui transmet la qualité de « juif », j’ai jeté un œil sur les Strasburger et les Mortimer américains:
Strasburger Name Meaning and History
Alsatian: variant of Strassburger.
Strassburger:German and Jewish (Ashkenazic): habitational name for someone from Strasbourg in Alsace or any place called Strassburg in German.
Essentiellement épandu dans le New Jersey, le Wisconsin et L’Illinois.
Mortimer : Name Meaning and History
English: transferred use of the surname, which is derived from a Norman baronial name, originally borne by the lords of Mortemer in Normandy. The placename meant “dead sea” in Old French, and probably referred to a stagnant marsh. It was not used as a given name until the 19th century.
Irish: Anglicized form of Muiriartach.(“seaman, mariner”.).
Jewish: Anglicized form of Moses.
Donc, a priori et en dehors déplus amples informations, au choix.
Pour Fabius, les Américains ne connaissent pas : « Sorry, we couldn't find a name meaning for the FABIUS last name. »
Au vu de ces informations, je me suis demandé si, usant de « pas très », l’intention de Georges Frêche n’aurait pas été de révoquer en doute l’authenticité de la conversion au catholicisme de cette famille, car généralement perçue comme simplement «juive » vu que, pendant la guerre, le choix était assez limité.
.
PB lui-même note en effet : « Cette expression, qui dans la vie courante signifie qu'on se méfie de quelqu'un, qu'on n'a pas confiance, prend évidemment une autre résonance lorsqu'on l'applique à une personne de confession juive »
Mais bon, pour que cela puisse entrer dans les intentions envisageables, il faudrait qu’il ait connu ce fait que pour ma part, je découvre. Toutefois on peut aussi dans cette hypothèse, s’en tenir simplement au sens commun de nuance familière.
Toutes ces hypothèses rendent la situation fichtrement très compliquée et proche de la masturbation intellectuelle, et je suis assez d’accord avec les méridionaux qui nous expliquent que connaissant le bonhomme, il ne faut pas chercher midi à quatorze heures et simplement accepter que l’exubérance méridionale ait selon l’expression de Savonarole, en somme rebaptisé Fabius au pastis, ce qui n’est en effet pas très catholique non plus. Maintenant, je me demande si le pastis ce n’est pas plutôt plus à l’est.
Il convient donc de replacer comme le fait Herman, la phrase dans son contexte et, d’évaluation politique et de locuteur méridional.
Quant à ceci : « Laisser croire qu'il est juif est donc de la diffamation. », je me demande si vous avez tout à fait conscience de ce qui est réellement dit par là.
Disons donc au mieux: « Si Fafa a été baptisé, le présenter comme de confession juive est erroné. » Mais, bon si Fafa a été baptisé, Fabius lui paraît plutôt dans le retour aux sources. Et le retour aux sources, n’est-ce pas, ça paraît être à la mode.
Rédigé par : Catherine JACOB@Pilou | 04 février 2010 à 21:27
Rédigé par Madame Catherine JACOB@Frédéric le 04 février 2010 à 20:19
Excellent !!!
Rédigé par : Valerie | 04 février 2010 à 21:19
@Frédéric| 04 février 2010 à 16:09
"et surtout de vos suppurations à l'encontre des artistes."
Juste une question, erreur de plume ou évocation de même nature que ce que donne à penser le petit rhume de la suite (= " ex-ministre de l'identité nazionale"), autrement dit bubonique ??
Dans le second cas, faut-il comprendre que vous suppurez que "les artistes" auraient donné des pustules à notre hôte. Et que préconiseriez vous pour enrayer la pandémie avant qu'elle ne nous atteigne tous ?
Rédigé par : Catherine JACOB@Frédéric | 04 février 2010 à 20:19
Voilà bien un sujet sur lequel il va devenir difficile d'exposer un avis sans risque...
Habitué depuis l'enfance à voir mon père fréquenter des gens de toutes origines, je ne m'étais jamais vraiment posé de question sur l'importance de la race (comme quoi l'exemple !).
Aujourd'hui je compte des amis aux quatre coins du monde et je peux témoigner du fait que la sottise est judicieusement distribuée dans l'ensemble des lieux où je me suis rendu.
Il existe des spécialistes convaincus et reconnus de l'idéologie incriminée. Ils sont à combattre sans réserve.
L'interdiction de s'exprimer simplement, la volonté d'exploiter tout ce qui est exploitable, au mot près, finira sûrement par isoler plus qu'elle ne rapprochera et ce au point que l'on peut se demander si pour certains ce n'est pas un autre type de fond de commerce.
Pour l'anecdote j'ai entendu au cours d'une fête de famille un groupe d'ashkénazes s'exprimer entre eux sur le "comportement vulgaire" de la partie séfarade de la famille... Je me souviens avoir pensé que si un jour je devais "habiller" un séfarade je me ferais assister par un ashkénaze.
Alors où est la vérité ?
Ceux qui connaissent le Languedoc-Roussillon ne peuvent pas ignorer l'importance de la communauté des juifs d'Afrique du nord dans la région.
Mr Frêche, antisémite, n'aurait pas pu être maire de Montpellier et je dirai encore moins président de la région. Ses mandats électifs se succèdent depuis plus de 30 ans, c'est incompatible.
Pour être aussi franc que Prince2b qui s'exprime plus haut, je ne vote pas dans cette région et je ne suis pas socialiste, cela ne m'empêche pas de défendre un homme dont j'ai en tout cas toujours apprécié l'indépendance. Indépendance que très probablement on veut lui faire payer aujourd'hui.
L'indépendance, voilà une vraie valeur sur laquelle je n'en doute pas, vous devriez vous entendre.
Rédigé par : JL Ginoux | 04 février 2010 à 19:30
C'est bizarre ; jamais personne n'a traité mes enfants de Gascons.
Pourtant je suis du sud-ouest et les ai convertis au foie gras et autres coutumes culinaires, leur ai même appris quelques mots de dialecte occitan ...
Toutes les identités ne sont pas égales !
PS : PB a écrit «de confession juive», donc ...
Rédigé par : Pilou | 04 février 2010 à 19:11
@J.D. Reffait,
"Personne n'a eu la cruauté d'exprimer ce qu'évoquait la tronche de Frêche. Il y a, ce me semble, fort à dire sur le sujet."
Euh, affreux jojo ça vous conviendrait ?
Rédigé par : Ludovic | 04 février 2010 à 17:48
Monsieur Frêche est "une grande gueule" : ce n'est pas nouveau, il l'a toujours été. Prendre une expression "populaire", voire "vulgaire" pour lui faire un procès en antisémitisme est tout de même aller un peu vite en besogne.
Nous sommes entrés dans un système où la parole est complètement verrouillée. Soit, dans un sens direct, un propos ne convient pas à la bien-pensance et c'est le procès en infamie assuré ; soit c'est le sens figuré qui va choquer alors que son auteur l'a manifestement utilisé au sens premier et c'est la même source d'infamie collective.
En un mot, il devient impossible d'exprimer publiquement la moindre idée sur un mode abrupt sans voir l'auteur cloué au pilori. A quand l'interdiction de la moindre réaction de colère, pointe de colère qui devra nécessairement conduire en asile (le mot n'existe plus, c'est vrai...), en hôpital psychiatrique ?
Pour le cas Frêche, à l'évidence, il s'agit de l'exploitation politicienne en interne au PS pour tenter de reprendre la main sur une fédération qui échappe à ses dirigeants nationaux. Quant à Monsieur Fabius, ancien Premier ministre, il eût été hautement souhaitable qu'il ne plaçât pas sa réaction sur un plan ethno-religieux, mais sur le seul plan qui convenait : une grossièreté prononcée à son encontre. Point final !
Rédigé par : Robert | 04 février 2010 à 16:58
Mr Bilger,
Vous condamnez perfidement M. Frêche à la vindicte, en insinuant le dépassement de la règle de trois franchie par le biais de vos supputations, et surtout de vos suppurations à l'encontre des artistes. Sachez que les propos de M. Hortefeux, ex-ministre de l'identité nazionale, n'ont manifestement provoqué le moindre courroux, ni le moindre verbiage de vos billets.
Tardivement et drapé solennellement de votre hermine, en cette saison hivernale, vous passez sous silence la chronologie des propos tenus. Il me semble qu'un certain journal, à l'approche des régionales, goulûment subventionné par l'Etat, sur ordre, n'ait réchauffé ces propos datant de décembre.
Le jugement sera prononcé par les urnes, et non de votre billet.
Pour conclure sur une touche artistique et une douce musique, et ne vous en déplaise, "les bourgeois plus ça devient vieux, plus ça devient bêtes."
Le bal des faux culs !
Rédigé par : Frédéric | 04 février 2010 à 16:09
La phrase est anodine une fois remise dans son contexte. Ce qui est énervant c'est que Frêche est un habitué du fait.
Contrairement à JDR, je trouve Fabius complètement nul. Au pouvoir, il nous a pondu des lois bancales et démagos complètement inapplicables, juste parce que le titre sonnait bien (l'imposition à 40% des plus-values issues de levées de stock-options est un bon exemple). Dans l'opposition, il nous a fait un virage opportuniste vers l'ultra gauche, ancrant solidement le PS dans le gouffre pour dix années de plus. Le problème, c'est qu'il incarne moins bien ses personnages que Depardieu: il n'a pas la tronche de l'emploi avec son pli sur le pantalon. C'est pour cela qu'il a bien fini d'avoir de l'avenir.
Malgré tout, Fabius est très intelligent. Il sait que lui et Frêche ne boxent pas dans la même catégorie: lui est un homme politique d'envergure nationale, Frêche est d'envergure régionale et gagne aussi des votes en existant brièvement par ses polémiques. Il gagne aussi à se définir en réaction avec la capitale, ce qui peut plaire dans le Languedoc.
Malgré la différence de niveau, Fabius est dans l'échec et Frêche constamment réélu...
Quant à la judéité de Fabius qui serait baptisé, le sujet est assez peu intéressant. Je trouve amusant qu'il se trouve un responsable israélite pour nous expliquer qui est antisémite ou ne l'est pas. Même quand ils se veulent apaisants ils arrivent à m'énerver ces drôles du CRIF.
Je ne comprends pas: tous mes amis juifs français ou brésiliens sont tranquilles, rigolent plutôt de ces histoires, ne sont pas en permanence polarisés par leur religion ou à nous recycler la Shoah. Même quand ils parlent d'Israël ils s'accordent à reconnaître que la situation est compliquée et que les torts sont partagés.
Au travail, ils bossent en parfaite entente avec les Libanais.
Pourquoi tous les juifs du PAF, du CRIF et de l'intelligentsia ne nous lâcheraient pas la grappe de la même manière avec leur prétendues origines ? J'ai l'impression de devenir antisémite dès que je me penche sur les médias français...
Gainsbourg me manque.
Rédigé par : Alex paulista | 04 février 2010 à 15:33
Intelligent, Laurent Fabius ? Ce serait à désespérer de tout et, bien sûr de la "méritocratie républicaine" et de ses "filières d'excellence", Sciences-Po et l'Ena s'il ne l'était pas...
Antisémite, Georges Frèche ? Nombre d'"Amis des Juifs" se portent garants qu'il ne l'est pas...
Alors, le débat est-il là ?
Observons d'abord que l'expression "pas très catholique", dans le langage courant, s'applique très généralement à des opérations ou des procédés aux limites de la "magouille"..
C'est l'exemple cité par le "Robert": "une chose pas très catholique": peu conforme à la morale, sujette à caution.
L'appliquer à un visage, à une "tronche" est donc relativement innovant.
J'y vois, personnellement, avec, bien sûr, le souci de "faire mal", une réponse aux propos cinglants et définitifs de Laurent Fabius sur LCI (ou I-Télé??) quelques jours auparavant.
Finalement, c'est une scène de corrida : le torero Fabius impassible et le taureau Frêche qui plonge dans le chiffon rouge...
Responsabilité partagée ? En tout cas, haine partagée, viscérale, entre ces deux hommes, glaciale et acérée chez Fabius, explosive chez Frêche.
Fâcheux pour la république toutes ces haines violentes sur tous les versants de l'échiquier politique..
Sans doute fâcheux pour le pays aussi.
Rédigé par : Gérard CHINETTI | 04 février 2010 à 15:31
Ce que je pense :
Georges Frêche a le droit de parler français.
Georges Frêche a le droit d’exprimer une opinion à propos de Laurent Fabius son coreligionnaire de gauche. (Je m’explique : Coreligionnaire : n, Celui, celle qui professe la même religion // Personne qui professe les mêmes opinions, les mêmes doctrines que d’autres : «Coreligionnaire politique ». ]
Georges Frêche a le droit de faire sourire dans tous les sens du terme.
Alors, qu’est-ce qui est susceptible de motiver et de justifier la polémique actuelle qui ne serait sans doute pas née telle quelle, mais aurait sans doute suscité une polémique différente dans le cas d’une qualification identique de la « tronche ».
[Attesté dès 1298 au sens de « bûche, poutre ». Du latin populaire trunca dont sont issus « tronc », « tronçon », etc. Attesté en 1596 dans le sens de « tête »- Source http://fr.wiktionary.org/wiki/tronche qui donne également (Par extension) Personne intelligente. : Ce type-là, c'est une tronche en maths.]
de par ex. Théodore Monod, le « chercheur d’absolu » et le géologue de nos jours décédé.
On se serait aussitôt récrié : « C’est faux, et c’est injurieux) »; Pourtant le géologue n’appartenait pas à l’Eglise catholique romaine mais était engagé dans la vie de son Eglise et de la Cité en tant que protestant. Or, qu’est-ce qui aurait motivé une telle réaction?
D’une part la familiarité du mot « tronche » à son propos, même si c’était une « tronche en géologie » = Quelqu’un qui sort du lot de façon remarquable par, ici ses connaissances.
D’autre part, l’emploi de ‘catholique’ visant sans contresens possible le sens ‘honnête et moral’, il eût été faux et calomnieux de laisser entendre que cette personnalité de l’univers protestant était malhonnête et amorale et qu’on en jugeait par l’apparence. En revanche, si on avait dit : Théodore Monod n’était pas catholique mais protestant. C’est là un énoncé qui n’eût paru offensant à personne, vu que c’était la vérité et que de cette vérité des faits, on ne tirait nulle conclusion désobligeante.
Or, tout est là s’agissant de la polémique actuelle :
On a conclu du propos exprimé avec un relâchement de langage condamnable (‘tronche’ au lieu d’ ‘air’ par ex.) vu son âge et son statut d’élu, par le président du conseil régional de Languedoc-Roussillon, ancien marxiste-léniniste souvent qualifié de ‘laïque œcuménique’, qu’il avait eu l’intention d’exprimer quelque chose de désobligeant à l’égard de Laurent Fabius sur un autre plan que celui de faits relatifs tant à la morale ainsi qu’à l’honnêteté, qu'à celui des faits relatifs à une confession religieuse déterminée. Autrement dit d’avoir voulu dire dans l’implicite de mots dont le sens intrinsèque n'a rien d'insultant, que la confession juive de Laurent Fabius lui donnait l’air immoral et malhonnête, ce en détournant l’emploi familier d’un adjectif également synonyme d’ « universel et généralement admis par tout le monde ».
Eut-il dit, « Laurent Fabius n’a pas l’air « Franc » », que n’aurait-on alors épilogué!
Admettons que son opinion aurait eu intérêt à s’exprimer dans la forme suivante : « Monsieur Laurent Fabius me fait l’effet de manquer de franchise. », autrement dit dans la forme de l’opinion qui, n’engageant que soi, s’exprime néanmoins dans le respect de l’adversaire quand bien même on affaire à un coreligionnaire et qu’on n’est pas soi-même de confession catholique, laissant d’autre part la familiarité de langage à d’autres dans la bouche desquelles elle porterait moins à conséquence.
Mais pour ne pas être « frech » comme on dit par ici ( voir avec : http://projetbabel.org/francique/lexique_rhenan.php3 ) sans doute eût-il fallu tourner sept fois sa langue dans sa bouche, ce qui n’est le fort de nos politiques d’aucun bord et ce dont témoigne donc également l'actuelle polémique initiés par une coterie socialiste composée de personnes qui manifestement ne sont pas des tronches... en linguistique française!
Rédigé par : Catherine JACOB | 04 février 2010 à 15:02
Une fois de plus les médias auront reproduit quelques mots sans les restituer dans leur contexte : d'où un débat de plus sans intérêt.
"Quand on veut tuer son chien..."
Rédigé par : mike | 04 février 2010 à 15:00
Franchement, on s'en moque que Fabius soit ou ne soit pas juif. Il suffit qu'il soit cru tel pour qu'un propos évoquant sa tronche pas catholique soit assimilé, de près ou de loin, à de l'antisémitisme, même si, dans le cas de cette expression, je trouve que le bouchon est poussé un peu loin sur l'antisémitisme.
Ce qui importe, c'est de savoir si un propos de tribune doit nécessairement s'apprécier dans un prétoire. Est-ce que tout ce qui nous choque doit se retrouver au tribunal ? Est-ce que ce qui traîne dans la rue doit se retrouver anobli par l'onction d'un jugement ?
Que Frêche soit ou non antisémite est sans importance également. Ce sont des propos qui sont appréciés à l'aune d'un climat général. Lorsqu'il dit cela, Frêche sait parfaitement qu'il va faire mal. Souhaitant la défaite de Fabius aux régionales, il lance un truc susceptible d'éloigner de lui des électeurs qui le croyaient ordinairement catholique. Que M. Prasquier, président du CRIF (Conseil Représentatif d'Israël en France), apporte son soutien à Frêche n'interdit pas de penser que l'intention de Frêche n'était pas de balancer un propos antisémite.
Ce qui importe c'est de ne pas tout traîner au tribunal à la première vexation. Fabius ne délègue pas sa bagarre à des inconnus institutionnels.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 04 février 2010 à 14:44