Si j'étais policier...
J'en aurais assez. Je serais fatigué. Lassé d'entendre sans cesse les mêmes accusations, les mêmes récriminations, les mêmes injustices.
Je n'en pourrais plus d'être écartelé chaque jour entre le besoin qu'on a de moi, de l'ordre et de l'autorité que je représente et l'hostilité qu'on éprouve à l'égard de la police et de la contrainte nécessaire qu'elle doit exercer. On me veut ou on me déteste ?
J'aurais envie de dire, à ceux qui m'obligent à frôler les murs dans le quartier où j'habite, aux professionnels de l'indignation et de la société théorique, à toutes les bonnes consciences heureuses d'avoir avec mes collègues et moi des boucs émissaires idéaux, qu'ils n'ont qu'à prendre ma place, mon service et mes responsabilités. Qu'ils fassent "mon boulot" et on verra si leur angélisme ne s'imprégnera pas alors d'un peu de réalisme !
Je ne supporterais plus d'être toujours et à tout coup traité de coupable. On dirait que la police patrouille, interpelle, se bat, est frappée et outragée par plaisir. Il n'y aurait que des pacifiques partout et nous aurions tort de nous mêler de ce que notre mission implique. Moi aussi, je voudrais pouvoir bénéficier de la présomption d'innocence et sentir, en ma faveur, la grande houle systématique des droits de l'homme, des syndicats, des avocats et des humanistes patentés. Mais coupable d'entrée de jeu, je devrais encore m'estimer chanceux si on ne me renvoie pas devant le tribunal correctionnel.
Je serais dégoûté d'être abandonné en rase République par ceux qui auraient dû être nos alliés naturels, les politiques, les juges, les citoyens honnêtes, les partisans d'une société à peu près vivable où l'ordre ne serait que le moyen de la justice. Les magistrats, toutes tendances confondues, qui se croient d'une essence supérieure à la nôtre. Nous aurions les mains sales et noires et eux auraient l'esprit et la morale propres. Forcément, puisque le réel passe à travers nous et ne les atteint qu'épuré et filtré. Les politiques fluctuent à notre égard au gré de l'imprévisibilité sociale. Poussant les feux quand l'opinion publique est scandalisée par un crime. Prétendant réguler et désarmer quand des avocats protestent, quand des journalistes sont placés en garde à vue et que la démagogie ordonne de suivre, alors qu'un Etat responsable choisit ses actions et ses abstentions et n'est pas mû par un réflexe de Pavlov.
Je me révolterais devant ces incidents, parfois ces tragédies qui naissent souvent parce qu'un jeune homme, dans des cités où on a à peine le droit d'entrer, a commis un délit ou un crime et que, poursuivi légitimement par la police, il va chuter, être blessé ou malheureusement parfois mourir. Immédiatement, on va oublier la cause pour ne s'attacher qu'à la conséquence dont la charge sera exclusivement imputée à la police. Les médias montreront la famille éplorée de la victime qui nous traînera dans la boue en direct. Il faudrait accepter cela sans réagir ? Comme si le drame occultait l'équité et même le bon sens ?
Je m'éloignerais de nos meilleurs ennemis : les journalistes. Qu'on leur parle ou non, peu importe. Il y a pour eux quelque chose de plus fondamental que la bonne foi policière : le fait que la police ne peut pas être de bonne foi. Ce n'est pas vrai seulement pour les publications de gauche, voire gauchistes qui ont besoin de "se faire" la police par une sorte d'hygiène à parfum anarchiste ou vaguement révolutionnaire. Ce l'est aussi pour les journaux conservateurs ou "apolitiques", tant avec une complaisance masochiste le petit monde médiatique éprouve le besoin de crier d'une seule voix, d'écrire d'une seule plume. Ces contempteurs au quotidien ne seront pas les derniers à nous fustiger lorsque nous interviendrons avec dix secondes de retard à la fin de manifestations où eux aussi auront été pris à partie par des voyous.
Je dénoncerais ces projets de réforme qui parlent du travail des policiers sans les solliciter le moins du monde, comme si ceux-ci n'étaient pas là disponibles, légitimes pour traiter de ce qu'ils connaissent au quotidien. C'est D'ABORD eux qu'il aurait fallu écouter, comprendre et consulter sur la garde à vue.
Je tournerais en dérision, si j'avais le courage d'en rire, ce débat qui a été imposé à l'Etat, qu'il n'a pas du tout initié et qui sous le feu conjugué de l'humanisme européen et de la formidable pression du barreau va sans doute aboutir à une cote mal taillée tant le fait d'ouvrir une porte, sans véritable nécessité, vous condamne à des acrobaties intellectuelles (Le Monde, Le Parisien, Le Figaro, nouvelobs.com). On aboutit à ce paradoxe que, par crainte de nos réactions, on nous rend hommage tout en affirmant - comme la garde des Sceaux - qu'on ne va toucher que "le cadre légal" qui en l'occurrence est tout. Jean-Marie Bockel, lui, sent bien la difficulté ! Autrement dit, on n'a rien à nous reprocher, on exige de nous des résultats, la garde à vue offre des garanties et est adaptée à la majorité des personnes interpellées mais il convient pourtant de la modifier. Des dysfonctionnements singuliers vont être le prétexte pour une agitation législative plurielle. Que l'avocat, puisque la garde à vue est souvent efficace, souhaite y imposer sa présence, rien de plus normal, mais que le pouvoir politique lui emboîte le pas sans s'interroger... Il y aura sans doute des manifestations de policiers, banderoles et slogans à l'appui mais le processus est enclenché. A tel point que notre défenseur Brice Hortefeux, vaillant et déterminé, a été obligé d'admettre qu'il n'était pas "hostile à une réforme" mais à certaines conditions (JDD.fr). Il y a tout de même aussi des magistrats, contrairement à ce qu'on veut faire croire, qui n'applaudissent pas cette évolution prétendue inéluctable. Celle-ci semble faire perdre le sens commun à certains juges qui dispensent de peine parce que la garde à vue aurait été "indigne". Où va-t-on ? En réalité, mais il y faudrait du courage politique et de la constance professionnelle, plutôt que de modifier les règles il faudrait un contrôle vigilant et impitoyable des gardes à vue et l'exclusion des fonctionnaires de police qui les déshonorent soit par paresse - combien d'actes négligés !- soit à cause d'une violence inadmissible. Mais une telle démarche serait infiniment plus ardue et éprouvante que de faire voter une nouvelle loi ! Nous serions nombreux à approuver une telle rigueur. Elle nous dispenserait du procès global qui nous est intenté à cause de quelques-uns. Ce qui est sûr pour les policiers, c'est que les moyens de la lutte contre l'insécurité vont subtilement être infléchis, atténués mais qu'on continuera pourtant à réclamer une police réactive partout et favorisant l'émergence d'un degré zéro de délinquance, ce qui est à la fois impossible et absurde. Travailler plus et mieux avec moins, comment faire ?
Je m'opposerais à tous les donneurs de leçons. Aux vertus qu'on exige de nous, connaîtrait-on beaucoup de politiques, de magistrats, d'avocats et de journalistes dignes d'être policiers ? Je sais que parmi nous il n'y a pas que des "aigles" et qu'il est dangereux de donner du pouvoir à des médiocres. Mais là aussi qu'attend-on ? Comme dans la magistrature qui a aussi ses incompréhensibles protections, nous avons nos "brebis galeuses". Il faut s'en débarrasser. Rien cependant n'autorise qui que ce soit à se poser en face de nous comme modèle éthique. La fonction de policier est une charge, un honneur, parfois une souffrance. Auxiliaire de tranquillité publique et de démocratie, comme les magistrats et les avocats sont auxiliaires de justice. Rien de plus, rien de moins.
Si j'étais policier...
"Je me révolterais devant ces incidents, parfois ces tragédies qui naissent souvent parce qu'un jeune homme, dans des cités où on a à peine le droit d'entrer, a commis un délit ou un crime et que, poursuivi légitimement par la police, il va chuter, être blessé ou malheureusement parfois mourir."
Parce que lorsque qu'un jeune (de banlieue bien entendu, puisque ceux de la campagne ne sont pas des délinquants, c'est bien connu) vole un vélo et que "malheureusement" il meurt, vous trouvez indécent que ceux qui restent protestent ???
Mettez-vous juste une seule fois à leur place juste pour voir l'effet que ça fait d'être tabassé par les flics juste pour un délit de sale gueule.
Tant que la police continuera à recruter des types qui ne savent même pas écrire leur nom sans faire de fautes, alors il ne faudra pas s'étonner de les voir se faire traîner dans la boue.
Rédigé par : molipo polimi | 28 juillet 2010 à 11:59
Merci M. Bilger, Merci Merci Merci...
Ca fait du bien.
"Vigilat ut quiescant" (orthographe douteuse, pardonnez-moi je n'ai pas fait de latin) : "Ils veillent pendant qu'ils dorment", voilà la vraie devise de la Police et qui résume tout finalement.
Rédigé par : Y OPJ Brigade des Mineurs et des Moeurs | 26 mai 2010 à 20:38
@ Mary Preud'homme
Les deux années d'école ne sont pas décomptées dans le niveau de recrutement car les lauréats y sont payés, et que le concours appartient pour eux au passé (au fait quel pourcentage d'échec à l'issue de ces deux années de formation professionnelle ???), il en est de même de toutes les écoles de la fonction publique, qu'il s'agisse des impôts, du trésor etc...
Désolé d'insister mais le niveau de recrutement des commissaires de police est bien bac+5, d'ailleurs c'est ce qui est inscrit dans les textes.
Quant au nombre de lauréats, j'ai envie de dire qu'heureusement qu'il y a plus de profs que de commissaires :o)))
Rédigé par : Desratés | 24 mai 2010 à 14:14
@ Desratés
De grâce, ne mettez pas sur le même plan les centaines de concours de catégorie A, ce qui risquerait d’induire en erreur beaucoup de personnes qui n'ont aucune idée de la sélectivité de certains concours. De même, ne comparez pas les IUFM qui formaient jusqu’à présent des dizaines de milliers d’enseignants, après la licence, avec l’ENSP (1) où ne sont admis qu’une poignée de candidats après le master et un concours externe (2) très sélectif (vu le nombre infime de postes ouverts chaque année) : une vingtaine l’année dernière pour les commissaires ce qui, rapporté au nombre de candidats présentés, environ 1100, ne laisse que très peu de chances de réussite.
Pour en revenir aux professeurs actuellement à bac + 3 suivis de 2 ans d’IUFM, la réforme en cours devrait certes les faire passer à bac + 5, les deux années après la licence et jusqu’au master spécial enseignement se substituant à la formation en IUFM, ce qui tout bien compté fera toujours 5 ans d’études après le bac, alors que les commissaires après le master et le concours font encore 2 ans d’études à l’ENSP.
Remarquez que je vous réponds sans le moindre désir de polémiquer, mais uniquement afin de rétablir les faits, sachant que de nombreuses personnes viennent consulter ce blog, y compris des parents et des jeunes qu’il convient d’informer honnêtement.
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(1) Ecole Nationale Supérieure de la Police - Grande Ecole située à St-Cyr au Mont d’Or qui forme les commissaires de la PN en 2 ans d’études et de stages suivis d'un mémoire.
(2) Comme dans toute l’administration, il existe d’autres modes de recrutement, concours interne, choix (parmi les commandants de police) etc…
Rédigé par : Mary Preud'homme | 22 mai 2010 à 12:33
@ M.P
Un commissaire est bien recruté au niveau master plus évidemment un concours comme pour tous les fonctionnaires et un délai de préparation au concours, comme pour tous les fonctionnaires de catégorie A, concours qu'il faut effectivement préparer, cela me paraissait suffisamment évident pour ne pas être précisé. Le diplôme d'études supérieures (master) détermine le niveau de recrutement, le concours effectue la sélection. D'après vos dires la carrière est donc encore plus gratifiante que je ne le pensais...
Quant à ce que vous estimez être le "niveau" moyen des candidats, c'est un jugement parfaitement subjectif, ce qui est votre droit, mais que rien ne vient étayer et surtout pas le pourcentage de succès... D'ailleurs la préparation au concours, qui se fait en IUFM pour les professeurs, existe de la même façon, mais personne ne songerait à l'ajouter pour faire de ce niveau un bac+6 ou je ne sais quoi. C'est bien de revendiquer, mais point trop n'en faut, d'ailleurs le point de la carrière n'est à juste raison pas évoqué dans cet article, qui traite plutôt des conditions de travail.
Les commissaires de police ont donc sur le plan de la rémunération une carrière parfaitement gratifiante, qu'ils méritent d'ailleurs pleinement, mais ils n'ont pas à se plaindre - et ne le font d'ailleurs pas.
Rédigé par : desratés | 20 mai 2010 à 21:48
A D...
Contrairement à ce que vous affirmez, un commissaire n'est pas recruté au niveau master, mais il doit passer (et réussir) un concours parmi les plus sélectifs de l'administration après le master de droit en général ou un diplôme équivalent, plus un an de prépa en IEJ, ce qui n'est pas la même chose. Et ceci pour avoir une faible chance d'être admis (taux de réussite au concours externe de l'ordre de 1,5 à 2 % sur un contingent de candidats pour l'essentiel bien au-delà de bac + 5 en droit, criminologie etc.)
Le concours externe de commissaire, qui se prépare généralement en IEJ en même temps que l'ENM n'a donc rien à voir avec le Capes et d'autant moins si l'on en juge par le niveau moyen des candidats et les chances de réussite de ces différents concours.
Quant au plan de carrière d'un commissaire de la police nationale, il ne culmine normalement pas au grade de divisionnaire, du moins pour ceux qui sont issus du concours externe, mais à celui de contrôleur général, inspecteur général et directeur des services (et par conséquent hauts fonctionnaires). A noter aussi que depuis la réforme de 2005, le grade de commissaire principal a été supprimé et que celui de divisionnaire n'est plus automatique comme vous le mentionnez. A noter également que le nombre de commissaires se réduit d'années en années et partant de là, celui de hauts fonctionnaires, si bien qu'un commissaire va le plus souvent rester au grade de divisionnaire plus de 20 ans, ce qui est aberrant et conduit un certain nombre d'entre eux (notamment les plus brillants ou les plus motivés) à intégrer la préfectorale, la magistrature ou même le privé, plutôt que de pantoufler dans le même poste jusqu'en fin de carrière.
Quant au mythe du commissaire, homme de terrain, c'est justement un mythe, car le commissaire est davantage un homme orchestre qui dirige, conçoit une stratégie, planche sur des dossiers ou des affaires, distribue les rôles et communique avec les différentes autorités qu'un homme qui court après les voyous comme on le voit à la télé.
Rédigé par : Mary Preud'homme | 20 mai 2010 à 13:47
De nos jours les agents de France Telecom se suicident pour être soumis à un rythme de travail insoutenable et des déplacements imposés, les enseignants dépriment d'être confrontés à des enfants fort mal élevés voire délinquants, les agents des finances croulent sous les réformes, les suppressions d'effectifs et une image de marque également dévalorisée. Vous êtes amené à travailler en liaison avec les policiers et donc particulièrement sensibilisé à leurs problèmes c'est compréhensible. Il ne faut cependant pas confondre je pense problème sociétal et problème catégoriel. La société actuelle prend de moins en moins en considération la dimension humaine, c'est regrettable, mais c'est aux électeurs d'en tirer les conséquences.
Quant à la dévalorisation de la carrière, c'est purement et simplement un mythe : recruté au niveau Master, un commissaire de police qui poursuit "normalement" sa carrière (commissaire divisionnaire) termine hors échelle B, ce qui n'est quand même pas mal avec d'ailleurs une retraite à l'avenant... Rien donc là que de très conforme au reste de la fonction publique, voire même de plus avantageux, car à partir de l'an prochain les professeurs seront recrutés au même niveau et je ne sache pas qu'ils puissent terminer hors échelle. Quant à la préparation des concours, si on doit l'intégrer au niveau de recrutement, on en finit plus, ce n'est pas sérieux.
Ceci étant, sur le plan relationnel il est clair que si je dois choisir entre un commissaire de police et un juge, je préfèrerai l'homme de terrain dont la préoccupation essentielle n'est pas la préservation de son ego, comme vous le soulignez en parlant d'arrogance dans votre article sur la réforme du CSM dont la démocratie exige qu'elle puisse voir le jour au plus vite.
Rédigé par : desratés | 20 mai 2010 à 10:30
La plupart des gens ignorent hélas qu'un commissaire de police qui est arrivé à son poste par concours externe après le master et un an de prépa en IEJ, auxquels s'ajoutent, en cas de succès (taux de réussite 1,5 % vu le niveau du concours jugé l'un des plus sélectif de l'administration) deux ans d'études et de formation, ledit commissaire donc fait strictement les mêmes études qu'un magistrat ou qu'un avocat, sauf que l'avocat qui se permet trop souvent de le snober est souvent quelqu'un qui a raté le concours de l'ENM ou de l'ENSP et a dû se rabattre sur la profession d'avocat à la suite d'un examen qui n'a rien à voir avec le concours d'entrée à l'école nationale de la magistrature ou à l'école nationale supérieure de la police.
Rédigé par : Mary Preud'homme | 22 avril 2010 à 19:30
Que penser de cette commandante de police qui fait placer en garde à vue, avec humiliation, fouilles répétées, menottes, prélèvement ADN, etc., trois adolescents qui avaient eu l'outrecuidance d'insulter sa fille et de lui lancer un bouchon de liège ? Cette c.... a quand même mobilisé trois véhicules de police et 12 agents dont un commandant pour ce gigantesque coup de filet.
Devant un abus de pouvoir aussi caractérisé, cette violation des droits de l'homme et cette grave atteinte aux libertés individuelles, j'espère bien qu'elle sera révoquée. Je ne me fais pas trop d'illusions toutefois, la clique syndicale policière ne trouvant rien à redire à cette procédure.
Ce genre de pratiques policières, plus fréquentes qu'on veut bien le dire, me dégoûte et me révulse.
Rédigé par : Ludovic | 08 avril 2010 à 11:09
Bravo encore une fois pour votre lucidité et votre indépendance intellectuelle, notamment lors de votre intervention hier soir chez Morandini, pour défendre Monsieur Zemmour. Vive la liberté d'expression.
Rédigé par : Cédric | 25 mars 2010 à 07:44
Est-il prévu dans la scolarité des magistrats une période de stage dans les services de police ? Je ne parle pas que de la P.J. (qui, ça se comprend, est le contact direct dans la future carrière des futurs magistrats) mais également de la police-secours de jour et de nuit, des BAC, des CRS, des UTEQ, de la formation en école de police etc. Ne serait-il pas normal qu'un futur procureur ou un futur juge soit baigné quelques semaines ou quelques mois dans le climat des futures affaires qu'il aura à juger ? De remplacer le papier et l'encre par des images réelles, des sensations qu'un policier peut voir ou ressentir dans l'exercice de sa mission ? La peur, la colère, le désarroi, le dialogue, la négociation... ne sont pas forcément bien transmis sur un morceau de papier. Cela lui permettrait d'éviter des questions inadéquates lorsque la police et la justice travaillent ensemble (pourquoi avez-vous contrôlé cet individu ? vous faites toujours des palpations ? n'y avait-il pas d'autres moyens de réagir ? et j'en passe)
Ceci permettrait aussi aux policiers de connaître et de rendre plus accessibles les gens qui hériteront de leurs procédures et de leurs affaires.
Ceci permettrait d'expliquer aux policiers certaines décisions de justices incomprises et jugée peu représentatives du travail qu'ils ont accompli ou des risques qu'ils ont pris...
La police va dans les tribunaux et voit comment la justice fonctionne en amenant des interpellés devant les procureurs et en surveillant l'individu en question pendant son procès. Un dialogue entre policiers et magistrats doit s'installer, cela devrait permettre de sortir de cette relation pseudo hiérarchique et à sens unique qui est la nôtre actuellement.
Rédigé par : opta | 24 mars 2010 à 15:53
Monsieur Bilger, votre article est étonnant. Il est étonnant, tout d'abord, car il est très (trop) rare de voire un magistrat se soucier des petites gens en uniforme qui travaillent pour eux, sous leurs ordres et sous leur responsabilité. Pour cela je vous dis bravo. Il est également étonnant car il est criant de réalisme, les policiers sont souvent pris dans un étau à plusieurs faces : la politique, les médias, la hiérarchie, l'opinion publique, qui, pour une majorité, prennent des jours dans un bureau aseptisé pour juger une seconde d'action dans un climat tendu. La justice et la police ne travaillent pas main dans la main. Un outrage à magistrat dans un tribunal sécurisé est souvent plus puni qu'un outrage à agent dans une cité sans renforts possibles. Je termine avec une petite plaisanterie... Le ministère de l'Intérieur vous intéresse ?
Rédigé par : opta | 18 mars 2010 à 14:07
Merci de tout coeur, enfin quelqu'un qui prend
conscience de la dureté de notre métier. Un grand merci à vous.
Rédigé par : séverine | 09 mars 2010 à 18:04
clap clap clap, Mme CJ, un beau cru !
AO
Rédigé par : oursivi@CJ | 07 mars 2010 à 16:51
Merci ! Cela fait vraiment plaisir de voir que nous ne sommes pas "seuls"...
Tout est dit et très bien dit.
Rédigé par : Un policier OPJ à l'île de la Réunion | 07 mars 2010 à 15:19
@CJ & PB
Peut-être qu'il anticipe la grosse douleur que va ressentir dans quelques jours le policier qui a enquêté sur M. Viguier avec des méthodes dignes du plus noir des romans noirs...
En voilà un qui va ressentir ce que c'est que de se trouver entre la marteau et l'enclume...
Cela aura le mérite de faire réfléchir la majorité des "bons flics" sur les méthodes employées par certains de leurs collègues.
@PB
Cher Philippe, cela ne s'appelle-t-il pas au mieux "absence de déontologie" et au pire "pression sur témoin".
Et que dire de la connaissance du dossier.
Cordialement
Pierre-Antoine
Rédigé par : Pierre-Antoine @ CJ & PB | 07 mars 2010 à 13:40
Pourquoi crier si fort via tant de majuscules ?
Rédigé par : Catherine JACOB | 07 mars 2010 à 12:13
MERCI DE SAVOIR QUE CERTAINS MAGISTRATS ONT ENCORE CETTE LUCIDITE DE LA SOCIETE ET QUE SE TROUVER ENTRE LE MARTEAU ET L'ENCLUME EST UNE POSITION INCONFORTABLE.
REMETTRE AU CENTRE DE LA SOCIETE L'INDIVIDU ET NON LES CHIFFRES DES STATISTIQUES PERMETTANT DE SERVIR AVANT TOUT L INTERET INDIVIDUEL,
REVENIR AU DROIT AU RESPECT DE LA FONCTION ET A CETTE FAMEUSE PRESOMPTION D'INNOCENCE SOUVENT MISE EN AVANT POUR LE QUIDAM MAIS JAMAIS POUR CEUX QUI SERVENT LA STABILITE SOCIALE.
Rédigé par : CARPEDIEM | 07 mars 2010 à 09:12
Mais quelle gentillesse insoupçonnée chez les gros matous ! Ayè, je vais mieux, merci à tous.
Rédigé par : Mussipont | 06 mars 2010 à 06:33
Venez ici que je vous cajole Mussipont, vous me faites fondre. Trop craquant.
Nous vous aimons Mussipont.
Nous vous respectons Mussipont.
Vraiment. Sans ironie.
Ca va mieux ?
Rédigé par : jpledun@Mussipont | 06 mars 2010 à 01:13
@ Mussipont,
Une poussée de jalousie, notre saint procureur qui sourit et pardonne saura, j'en suis sûr, panser les injustices subies par le fonctionnaire territorial, à l'approche du printemps.
Rédigé par : yves.bouant | 05 mars 2010 à 18:29
@Mussipont,
"et comme moi je ne n'ai personne pour venir me caresser, même pas un tout petit substitut de province, alors je me suis exprimé..."
Heureusement, c'est vous qui l'écrivez !!!
Rédigé par : Grincheux | 05 mars 2010 à 14:22
@jpledun : comme les "gros matous", je suis fonctionnaire (territorial pour tout vous dire). Alors, me faire traîner dans la boue, je sais ce que c'est !
@yves.bouant : je suis probablement aussi éloigné que vous du NPA, croyez-moi !
Sachez que j'ai moi aussi beaucoup de considération pour les policiers mais le présent concert de larmes et de lamentations a fini par me hérisser le poil, et comme moi je ne n'ai personne pour venir me caresser, même pas un tout petit substitut de province, alors je me suis exprimé...
Rédigé par : Mussipont | 05 mars 2010 à 13:42
M. Mussipont,
Je ne sais pas dans quel corps de métier vous exercez, mais je suis sûr que cela vous les "casserait" d'être jugé á longueur d'années pour les excès et bêtises d’un(e) collègue.
Ces "gros matous" méritent toute notre considération pour de multiples raisons.
Je ne suis pas flic, bien au contraire...
Rédigé par : jpledun@Mussipont | 05 mars 2010 à 12:42
@ aux policiers qui font bien leur boulot.
Bien sûr qu'il y a des policiers honnêtes qui font bien leur travail et ils sont nombreux, la grosse majorité... heureusement !
Mais est-ce pour autant que cela exonère les autres ? Ceux qui ont un comportement en contradiction avec la majorité ? Et qui sont couvert par le silence corporatiste ?
Votre comportement exemplaire devrait au contraire vous inciter à faire le ménage devant votre porte et inciter vos collègues qui bafouent votre déontologie à changer soit de méthode, soit de métier.
Complicité passive, vous ne connaissez pas ?
Si vous gardez le silence, ne soyez pas étonnés qu'on vous mette dans le même sac.
Mais ceci dit, bravo pour votre courage et votre sens du service public. Persévérez, oui, mais le balai à la main...
Cordialement
Pierre-Antoine
Rédigé par : Pierre-Antoine @ aux policiers qui font bien leur boulot | 05 mars 2010 à 12:11