Les élections régionales, à l'issue du premier tour, ont permis aux médias et aux analystes spécialisés de présenter, sur un plan politique et en quelque sorte technique, le tableau d'une France écartelée entre une considérable abstention et une poussée sensible de la gauche - avec l'ancrage du vote écologique et la résurgence du Front national évidemment et comme mécaniquement requinqué par le débat sur l'identité nationale. On peut étouffer une fois, pas deux, l'adversaire en reprenant ses thèmes. A la seconde, il en profite au lieu d'en pâtir. Chacun y va de son commentaire mais, quels que soient les antagonismes et les clivages, un consensus s'établit sur les leçons de ce premier tour (Le Monde, Libération, Le Parisien, Le Figaro, nouvelobs.com, Marianne 2). Celles-ci ne relèvent pas de l'objet de ce blog et elles m'entraîneraient sur un terrain risqué.
Au demeurant, je me sens beaucoup plus concerné par le phénomène de l'abstention dont le caractère massif autorise chaque citoyen que la politique passionne, à formuler ses hypothèses, ses convictions.
Comment nier que la campagne des régionales n'a pas suscité un immense intérêt, que le fait régional est très peu connu de nos concitoyens et que les polémiques périphériques ont été à la fois la cause et la conséquence d'une curiosité républicaine défaillante ? Tout naturellement, entre la nécessité de laisser croire à la validité de l'enjeu régional et la volonté d'en découdre sur le plan national, nous avons pu observer une démocratie de guingois qui à force de ne pas savoir sur quel socle danser a créé du désarroi, de l'hésitation, de l'abstention.
Peut-on aller jusqu'à qualifier cette dernière "d'insurrection civique" selon l'expression du sénateur Mélenchon qui préjuge sans doute trop rapidement le caractère homogène de cette masse ayant fui ou négligé les urnes ? On ne doit pas non plus interpréter cette désinvolture comme "une lâcheté civique" même si la réflexion d'un électeur justifiant sa participation pour avoir le droit de protester ensuite (JDD.fr) n'est pas dénuée de pertinence. Il y a aussi les "gavés" de la démocratie, les "gâtés" de la liberté qui n'ont pas ou plus l'élémentaire décence d'user d'une faculté refusée ou si chichement accordée à d'autres ailleurs.
Reste que cette abstention, pour sa part principale, interpelle profondément et qu'il ne suffit pas, pour écarter la sanction dont elle est au moins partiellement porteuse, de la percevoir comme la manifestation d'une dépression qui serait moins inquiétante, parce que plus diffuse et impalpable, pour le Pouvoir. Il me semble que le premier tour nous confronte plutôt à la nécessité d'une explication mêlant les raisons politiques classiques à un désenchantement venu de plus loin.
Avant d'approfondir cette élucidation, doit-on négliger l'incidence d'une forme accentuée de personnalisation du pouvoir présidentiel sur les échéances intermédiaires, quelle que soit leur importance relative ? Pour un certain nombre de nos concitoyens dont la vision a été conduite, depuis 2007, à se focaliser sur le président de la République qui de manière contrastée, de leur part, a suscité soutien ou hostilité, les autres élections - surtout régionales - qui sont aux antipodes d'une conception aussi manichéenne et subjective n'ont sans doute pas la moindre saveur. Pour eux, l'essentiel ne résidera jamais dans cette grisaille pourtant indispensable de la démocratie au quotidien. Nicolas Sarkozy a donné, de manière irréversible, un visage, un corps à la politique et celle-ci ne peut plus se passer d'eux.
L'indifférence à l'égard des élections régionales a laissé la critique et l'esprit libres pour d'autres dénonciations. Des frustrations, des déceptions, des oppositions ont occupé une place sans commune mesure avec ce qu'aurait imposé la stricte prise en compte du facteur régional. Combien de messages de sarkozystes déçus dans cette abstention, combien d'appels pour une autre politique, combien de rêves brisés et d'illusions perdues, combien, ce qui serait plus grave, de mépris et de rages, combien de retours vers cette période d'avant l'élection présidentielle où l'impuissance de la politique s'accordait avec la médiocre considération de l'opinion pour ceux qui en faisaient profession !
J'avance que cette abstention est certes une sanction mais parce qu'on ne pardonne pas la dépression où le désenchantement a fait tomber le pays. Rappelons-nous cette formidable campagne présidentielle où le candidat Sarkozy, Ségolène Royal et François Bayrou, chacun dans un registre différent, avaient semblé tourner la page de l'immobilité pour nous persuader qu'enfin notre pays allait se mettre ou se remettre en mouvement, en vie, en action. Ils n'étaient pas d'accord entre eux mais le terreau commun venait de l'espoir insufflé à l'esprit public. L'élection présidentielle elle-même, avec son impressionnante participation, n'avait fait que confirmer ce pressentiment d'une République où la politique enfin serait restaurée dans tous ses droits avec l'enthousiasme d'une communauté trop longtemps privée d'un fort et intense destin collectif.
Je suis persuadé que l'élection de 2007 n'était pas comme celles qui l'avaient précédée où, avec beaucoup d'attente, il y avait aussi l'intuition qu'inéluctablement il conviendrait "d'en prendre et d'en laisser", que tout ne serait pas possible et que c'était déjà beaucoup de voir quelques projets incarnés. La politique inévitablement ne pouvait être qu'une trahison de l'idéal par le réel. L'élection de Nicolas Sarkozy, à cause de sa personnalité et d'une énergie intellectuelle qui rendaient infiniment plausible une action qui ne détournerait pas de la politique mais serait une glorification de la puissance de celle-ci, en a enivré beaucoup, fait rêver d'autres. Ils étaient sûrs de ne jamais retomber dans la banalité d'un pouvoir qui ne saurait pas. Comme tous les autres. Le poison du doute et de la méfiance à nouveau inoculé, ils retombent de très haut. La croyance en la politique au pinacle hier, aujourd'hui enfuie.
Tous ces citoyens d'autant plus blessés qu'ils avaient été au faîte. D'autant plus amers qu'ils avaient été enchantés. Les pessimistes absolus sont les idéalistes absolus, a écrit Romain Rolland.
Déprime civique que cette abstention venant blesser notre démocratie au coeur. Après l'ivresse, c'est comme un pays qui dessaoule.
Il faut être Juif pour avoir la liberté d'expression en France.
Rédigé par : Dieudo | 13 janvier 2011 à 23:59
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Cher Monsieur, vous confondez la societé médiatique avec la France. Toutefois, quel livre grinçant aurait pu écrire Voltaire sur les Falashas...
Rédigé par : Savonarole | 14 janvier 2011 à 05:29
Il faut être Juif pour avoir la liberté d'expression en France.
Rédigé par : Dieudo | 13 janvier 2011 à 23:59
@Laurent Dingli
"on peut espérer que l'approche politique change enfin dans notre pays."
Je crains qu'il y ait trop d'intérêts individuels et corporatistes en jeu pour qu'une réforme touchant la collectivité soit possible.
Les propos de VP sont un effet d'annonce.
Il faut bien qu'il justifie ses indemnités de député européen en faisant une incursion dans la politique intérieure que le PS n'a pas su ou voulu (voir mon premier paragraphe) réformer quand il en avait le temps et les moyens.
Mais il est permis de rêver à un 2089... moins sanglant, plus démocratique :-)
Cordialement
Pierre-Antoine
Rédigé par : Pierre-Antoine | 05 avril 2010 à 12:53
Je lis que "Vincent Peillon, eurodéputé PS, estime que l'Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) pourrait, «pourquoi pas», être supprimé «si on trouve un système intelligent» pour réformer la fiscalité, notamment avec «des tranches supérieures d'impôt sur le revenu»" (source : 20 mn).
Enfin, un véritable débat ! Si les choses avancent ainsi en matière de retraite, après avoir évolué en matière d'environnement (malgré les échecs) ou d'autonomie des universités, on peut espérer que l'approche politique change enfin dans notre pays.
Rédigé par : Laurent Dingli | 05 avril 2010 à 09:58
M. l'avocat général,
Je vous vois vous répandre dans les médias alors même que dans votre Palais de Justice, les fonctionnaires du service pénal sont en grande difficulté... Vous pourriez avoir une oreille attentive aux problèmes des personnels à deux pas de vos bureaux. C'est comme cela que l'on reconnaît les véritables "humanistes" et non ceux qui noircissent du papier ou de façon plus moderne occupent les médias.
Rédigé par : Greig Biells | 04 avril 2010 à 07:13
Rédigé par Monsieur Laurent Dingli le 03 avril 2010 à 11:49
"@ Valérie ! au secours ! help ! aiuto ! comment permettez-vous, chère, que je soliloque comme une misérable... De grâce, venez vite prêter votre plume charitable à un pauvre radoteur. Caramba !"
"...comme une miserable..." ...en parlant de vous ; ainsi donc vous vous etes feminise depuis notre dernier echange ?
ou alors est-ce un Lapsus Calami !
A moins que cette petite erreur ne soit due a un aperitif trop arrose !
Bon, de toute facon, nous avons transmis le relais (quant aux chamailleries) a deux autres commentateurs... notre tour etant passe.
Sur ce, passez une bonne fin de semaine.
Rédigé par : Valerie | 03 avril 2010 à 15:34
Très intéressant échange chez Finkie entre Minc et Julliard sur la crise, pour peu de temps encore en rediff.
http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/repliques/fiche.php?diffusion_id=81654
@ Valérie ! au secours ! help ! aiuto ! comment permettez-vous, chère, que je soliloque comme une misérable... De grâce, venez vite prêter votre plume charitable à un pauvre radoteur. Caramba !
Rédigé par : Laurent Dingli | 03 avril 2010 à 11:49
J'ajoute que plusieurs milliards ont été dépensés en matière sociale, notamment pour le RSA (9 milliards d'euros). Il faut remettre les choses en perspective. J'ignore combien ont coûté les autres mesures sociales, comme les primes accordées aux foyers les plus modestes, sans parler du plafonnement des niches fiscales, mais je vais me renseigner de ce pas...
Rédigé par : Laurent Dingli | 02 avril 2010 à 09:30
Assez piteux et consternant l'agitation de certains députés UMP autour du bouclier fiscal. Qu'on change les modalités en temps de crise de cette mesure prise par de Villepin-Chirac et accentuée par Sarkozy, pourquoi pas, même s'il y a une furieuse démagogie autour de ce dossier. Mais que ne l'ont-ils dit plus tôt, au début de la crise, au lieu d'attendre la claque électorale. Opportunistes, minables...
Quant aux socialistes, ce feu nourri leur permet habilement de détourner l'attention du vide absolu de leurs propositions. Ils ont réussi à faire croire aux "vrais gens" dont Jean Reffait avait raison de nous rappeler la nature envieuse, que les 589 millions d'euros de remboursements fiscaux empêchaient de solutionner les crises structurelles dont souffre notre pays, pays dont le déficit avoisine les 1200 milliards. Chapeau les artistes ! Glapir "cadeau aux riches ! cadeau aux riches" ! est toujours payant.
Qu'on augmente les impôts jusqu'à atteindre 100% des revenus comme c'était parfois le cas avant le plafonnement, obligeant des personnes à vendre leur patrimoine et à s'expatrier, qu'on ponctionne surtout les plus hauts revenus si cela résout les injustices sociales...
Mais est-ce le cas ? Je lis dans une célèbre encyclopédie en ligne :
"Alors que le nombre d'expatriations fiscales de redevables de l'ISF n'avait cessé d'augmenter depuis 2003, l'année 2007 a pour la première fois vu une diminution du nombre de départs (-15%) et une hausse des retours (+9%). Bien qu'il soit difficile d'établir avec certitude un lien de causalité, ce changement coïncide avec la mise en place du bouclier fiscal et validerait son utilité dans la lutte contre les départs de riches contribuables[21].
La rentabilité économique de ces retours comparée au coût du bouclier fiscal (578 millions d'euros en 2008) en matière de recettes fiscales est aussi l'objet de débats (voir Expatriation fiscale)".
Eh bien, mes chers amis, si l'homme n'était pas ce qu'il est, je ne serais ni socialiste ni UMP, mais communiste et révolutionnaire. Mais voilà, je crois connaître un peu l'être humain et n'ai pas envie de nourrir trop d'illusions à son sujet. Il est d'ailleurs assez cocasse que les mêmes qui, à gauche, souhaitent une harmonisation de la taxe carbone au niveau européen, n'appliquent pas le même principe aux autres questions fiscales. La loi du marché mondialisé ne se limite pas, que je sache, aux questions d'environnement. Je sais bien que, inversement, cela a souvent été un argument dont la droite a abusé, expliquant en substance que, puisque la concurrence était une réalité mondiale, il ne fallait pas grever les entreprises de charges sociales trop importantes. Mais faut-il s'aligner sur le demi-esclavage de certains ouvriers des pays émergents ? Certes non. Donc, please, pas de démagogie, ni de droite ni de gauche (comme le dirait Pierre-Antoine : on a le droit de rêver).
Rédigé par : Laurent Dingli | 01 avril 2010 à 10:54
Sarko est l'homme qu'il nous faut, malheureusement il se heurte à ce peuple crétinisé et anesthésié par les gourous sectaires de la gauche, passés maîtres en enfumage de citoyens naïfs.
Ce que veulent les Français, en définitive,
c'est la gestion tranquille du déclin, pas de réforme, tout le monde fonctionnaire, on travaille moins et on gagne autant, et on prend l'argent aux riches.
Les Français ne sont jamais aussi heureux que dans l'immobilisme petit-bourgeois, comme lors des septennats de Mitterrand et du quinquennat Chirac.
Ce qu'il ne faut surtout pas faire, c'est essayer de changer les choses.
Il y a en France des bastions corporatistes absolument inexpugnables qui minent notre société et l'empêchent d'évoluer, mais qui dans le fond ne gênent pas grand-monde, car la plupart en profitent ou espèrent en profiter un jour.
Même de Gaulle a laissé tomber à la fin.
Nos petits Français astucieux sont plus malins que le reste du monde.
Rédigé par : sylvain | 25 mars 2010 à 16:44
Il faut laisser les régions à la gauche, ils sont plus compétents que la droite en gestion de déchetteries, dépotoirs, stations d'épuration, curages de trottoirs, de fossés et de caniveaux ; ils sont maîtres en l'art de ramassages divers : scolaires, poubelles, déjections canines...
La droite a un niveau supérieur et plus noble : pour les affaires sérieuses du pays qui demandent de hautes compétences en gestion, diplomatie, prises de risques internationales, les grandes décisions, les réformes, etc.
Si en 2012 la gauche passe, là on pourra dire que la France sera dans le caniveau.
Rédigé par : sylvain | 25 mars 2010 à 16:41
Bonjour,
Je suis abstentionniste parce que je suis très feignant le week-end après un trop-plein d'activités la semaine. C'est la raison d'ailleurs pour laquelle je ne vais plus à la messe. Dans ma ville, et ma région, tout était déjà joué : le PS serait premier, l'UMP second, le troisième EE, et le quatrième peut-être FN mais pas certain, puis tous les autres petits partis. Comme je connais bien la présidence des deux premiers partis et que je savais que dans tous les cas, le PS l'emporterait, ce qui me laissait plutôt indifférent puisque le PS déjà en place dans ma région n'a rien fait d'extraordinaire mais rien non plus de désastreux, ma fainéantise du week-end a pris le dessus. Je pense que je ne suis pas le seul et que pour beaucoup, il y a d'autres priorités que d'aller voter pour un paysage qu'on connaît déjà pour l'avoir maintes fois expérimenté sans en mourir mais sans sauter de joie. D'autres que nous se chargeront de mettre encore en place ce "bof" que nous ressentons. Lorsqu'on essaie un petit parti pour voir ce que ça pourrait bien donner s'il était aux manettes, histoire de changer un peu, ce dernier fait à peine 3 % des voix alors ça va une fois, deux fois, trois fois et on n'y va plus. On se lasse. Pour mon cas, seul un vote en semaine donnant droit à une demi-journée de congé exceptionnel avec justificatif du vote (sur carte électeur), pourrait me faire retrouver le chemin de l'urne.
Rédigé par : yannick | 24 mars 2010 à 12:35
Votre Herr Mey rejoint le :
"Ah ! si l'on m'avait aidé !" de mon cher Raymond Devos... Mais lui était très ironique en disant son sketch.
J'accepte la culture :-(
Rédigé par : jpledun@Marie | 23 mars 2010 à 00:30
L'UMP annonce sa victoire à La Réunion à 17 h 27 ; je croyais qu'il fallait attendre 20 h pour annoncer des résultats, sous peine d'amende ?
Rédigé par : Marie | 21 mars 2010 à 18:51
@jpledun,
"Comme à juste titre on me prend pour un crétin,
Comme on m'a barré la carrière de mannequin,
Comme je n'ai pas été élu roi du mambo
Et que devenir chanteur est au-dessus de mon niveau
Comme je suis fauché, malhonnête et fainéant,
Il me faut un métier lucratif et reposant
Autrement dit avec toutes ces qualités là
Je suis destiné à devenir "Homme d'Etat"...
.......
Autrefois avant les élections j'étais confus
Maintenant ma voix est à ceux qui m'offrent le plus
Et chaque fois que ma fraction manque d'appui
Ma conscience m'ordonne de changer de parti
J'ai fait mes preuves et ce, d'autant plus vite,
Que je me suis décerné l'ordre du Mérite
Je suis reçu par le Pape et on m'a anobli
On dit que les bons comptes font les bons amis
Je sais que mes chers collègues sont vraiment contents pour moi,
C'est en surveillant leurs téléphones l'impression qu'on a
Et si par miracle un jour la femme s'était trahie
J'anticipe ma retraite pour cause de maladie
Qu'y a t-il de plus beau sur terre
Que d'avoir un ministère
Et l'esprit de sacrifice
Qui permet d'accumuler des bénéfices
N'est-il plus belle tâche au monde
Satisfaction plus profonde
Que de porter ce fardeau
Sans reproches et sans impôts !
http://www.youtube.com/watch?v=1vuZ-ezwYRc&feature=related
Le Politicien
(Frederik Mey)
Merci pour votre soutien !
Je vous réserve la Culture ! :o)
Paroles tellement justes, à écouter !
Rédigé par : Marie@ Monsieur Ledun | 21 mars 2010 à 14:47
Marie, Présidente !
Rédigé par : jpledun@ Marie | 21 mars 2010 à 02:18
Insurrection ? Bien sûr !
Monsieur Dingli a raison lorsqu’il écrit : « la gauche, la droite, idem ».
Mais encore lassitude, dégoût, rejet des politiques… Ecoeurement envers ces individus au passé sulfureux… qui font la morale. Des protégés du système qui modifient jusqu’à la Constitution, les codes, la Justice : en leur faveur, pour leurs copains, au mépris du peuple.
Des politiques, d’un même camp, qui n’ont pas grandi et passent leur temps à s’envoyer des piques… Rivalités de clan… Rien n’en sort !
Politiques qui coûtent beaucoup trop à la France, qui cumulent. Et des parlementaires qui, en plus de leur mandat, continuent une activité extérieure durant la durée de celui-ci !
A quand le système scandinave pour eux ?
Par ailleurs, comme le relève très justement Ludovic, il est assez étonnant d’entendre des politiques rejeter la faute des impôts trop élevés, du chômage, de la délocalisation des industries, entreprises… sur le dos des régions… de gauche !
Alors qu'il est question de délocaliser le Parlement européen de Strasbourg qui se tient actuellement durant trois semaines sur quatre à Bruxelles ! Est-ce la faute des régions de gauche ?
Leurs commentaires sur l’abstention :
Pour Rama Yade : « nous sommes à la mi-temps... Les jeux ne sont pas faits ».
Pour Xavier Bertrand : « nous sommes à la mi-temps... Les jeux ne sont pas faits ».
Pour Valérie Létard : « nous sommes à la mi-temps... Les jeux ne sont pas faits »…
La bande à Sarkozy ne connaît-elle pas l’histoire du disque rayé ? Significatif là encore.
Xavier Bertrand a déclaré, le soir du 1er tour, que ce taux d’abstention démontrait qu’il fallait réformer les régions (et les élections évidemment !).
Nicolas Sarkozy a annoncé de son côté qu’il ferait une pause dans les réformes !
Nadine Morano a indiqué qu’il fallait réformer ce mode d’élections. Qu’un seul tour, aurait fait gagner à l’UMP des régions, mais qu’avec deux tours. Il y a un tour de trop ! C’est l’évidence ! Mais la réforme n’est-elle pas déjà en cours ?
Alors, « Lâcheté civique » ? Certainement pas.
Monsieur Jean Reffait a magnifiquement dépeint ce que bon nombre de Français ressentent. La trahison. Ne faut-il pas pour défendre la France des racines françaises ? On peut se poser la question ? Ne sommes-nous pas revenus à l’époque de Vichy, au temps où la Justice était aux ordres ? A-t-on seulement encore un seul mot à dire ?
Et là, je ne suis pas d’accord avec monsieur Ledun.
Les Français en ont assez de voir des politiques qui ne respectent pas « leurs votes » ! Les Français ont voté CONTRE la « Constitution Européenne ». A grand renfort de voix ! Sarkozy à peine installé au pouvoir, change illico la Constitution Française, pour imposer ce que les Français refusaient, devenu avec lui « traité européen », mélasse indigeste de la première rejetée. Pour qu’ils s’entendent ensuite dire que le problème des agriculteurs français n’est que la résultante du traité de Lisbonne !!! Imposé !
Nicolas Sarkozy a ainsi fait supprimer toute consultation du peuple par référendum, tant pour l’élargissement de l’Europe que pour la question de la Turquie !
On peut donc constater que la construction de l’Europe s’effectue sans les Peuples. Leur volonté n’étant pas respectée. Par ailleurs, cette Europe, contrairement à ce qui avait été annoncé, se construit sur le modèle américain. J’entends encore monsieur Fabius clamer à la veille d’élections Maastricht, il me semble : « La France ne sera pas un Etat fédéral ! ».
Quel journal français, lors du référendum sur la Constitution Européenne, a fait état du scandale Barroso ? Ce n’est que « Die Welt » qui le révéla !
http://www.jeuneafrique.com/Article/LIN12065cadeannosio0/Cadeau-empoisonne.html
Les Français ne sont pas considérés comme des gens dotés d’une intelligence et munis d’une capacité de discernement. Aussi, à chaque élection, ils ont droit à la même soupe pourtant devenue rance depuis qu’elle leur est servie ! Même avec des aulx ! Et cette langue débitée qui leur fut mitonnée, a comme un goût de bois !
Faire peur à chaque élection revient à considérer les électeurs comme des moutons de panurge ! Sont-ils si benêts ?
Ne voilà-t-il pas que se profile, pour le second tour, une fois encore, une nouvelle loi, après un fait divers qui a touché la police, sur laquelle, il n’y a pas si longtemps, on tapait encore !
Les Français furent pourtant informés au moment des débats sur la Constitution Européenne que les présidentielles de 2007 étaient les plus importantes. Ils ont voté pour un avocat qui pratique le mensonge à dose exponentielle, pendant que ses godillots chantent a capella le refrain qu’il leur a, qui leur est écrit : « Petit Sarko, basse-ton » !
Sa politique tout démanteler. Vive le libéralisme à la Sarkozy !
Quant à l’identité nationale dont parlait monsieur Aïssa, elle n’existera plus. Ne nous a-t-on pas contraints à abandonner jusqu’à nos plaques minéralogiques pour de vulgaires plaques européennes ? Les mêmes d’ailleurs qu’en Italie ! Les informations Euronews sont déjà sous titrées en anglais. La liste est longue de ce que nous sommes contraints d’abandonner ! En quoi cela fait-il avancer l’Europe ? Sinon qu’à niveler les identités des pays respectifs pour en construire une, dans l’hypocrisie la plus totale, européenne ! Monsieur Besson a enfin avoué que nous devions envisager d’évoquer l’identité européenne. D’où l’abandon des valeurs françaises au profit de valeurs européennes !
Mais, au fait, il est où monsieur Besson ?
Après trois ans de sarkozysme, la France est minée. Elle a bon dos la mondialisation.
Ah ! Suis-je bête, c’est vrai : « C’est la faute à l’Europe ! »
Alors voter ? Bien sûr qu’il faut voter, les régionales sont mêmes très importantes. C’est bien pour cela que Sarkozy veut les réformer. L’économie n’a rien à voir. Encore une hallucination ! Ce qu’il veut c’est une France de droite pour imposer encore plus sa politique libérale… Pour avoir l'adhésion totale du Parlement puisqu'il a retiré au peuple son droit au référendum. Et il va venir le jour où il faudra s'exprimer sur un nouvel élargissement de l'Europe ! Et là, le Parlement, seul, s'exprimera !
Rédigé par : Marie | 19 mars 2010 à 18:04
Chère Véronique
Votre propos me fait penser à ces personnes, souvent des femmes ravissantes d'un style BCBG ravageur, qui ne veulent surtout pas ouvrir le capot de leur voiture et tendent la clef au garagiste pour qu'il fasse toutes les révisions en temps voulu. Elles ne regardent ni la température de l'eau, ni sa couleur, ni le niveau d'huile, ni l'usure des freins, ni les soufflets de direction. Elles montent sur les trottoirs en braquant les roues sans avoir mal pour les cardans qui se disloquent en torsion comme le genou d'un sportif sans ligament croisé...
Elles font le bonheur financier des garagistes, mais doivent changer souvent de véhicule. Le prix de la négligence.
Celui qui aime la mécanique, ça le déprime, et pas tellement pour l'argent gaspillé.
Mais comme l'indiquait Laurent Dingli, ce n'est pas le coeur du sujet.
Rédigé par : Alex paulista | 19 mars 2010 à 15:12
Alex paulista,
Je suis absolument d'accord avec vous.
Rédigé par : Laurent Dingli | 19 mars 2010 à 09:26
Laurent
Vous avez raison. Mais notre digression démontre que l'écologie est probablement le domaine où la politique reprend ses lettres de noblesse.
Il n'est pas étonnant que ce soit ce sujet qui puisse nous tirer de notre "déprime civique".
J'espère que les politiciens le comprendront et nous proposeront des programmes ambitieux sur le volet environnemental.
Rédigé par : Alex paulista | 19 mars 2010 à 06:48
@ Alex
Comment ça, je ne ferais donc rien selon vous pour... sauver la planète !
Nicolas Baverez m'a expliqué ("La taxe carbone, aberration fiscale, économique, écologique" Le Point - 17 septembre 2009) qu'à chaque fois que je mets de l'essence dans ma voiture, je contribue à hauteur de 150% aux 50 milliards d'euros de recette fiscale écologique annuelle.
Permettez-moi de penser que ma contribution ajoutée à celle de tous ceux qui utilisent un véhicule n'est pas une paille.
Et permettez-moi aussi de penser qu'il est pour le moins surprenant et décevant de lire qu'en termes de résultat concret, nos contributions collectives actuelles - je redis, 50 milliards d’euros - en vue, selon l'expression mécanique et consacrée, de "sauver la Planète", se résument à permettre, par exemple :
"des interactions riches, au plan national, notamment avec les pôles de compétitivité (une dizaine de pôles sont impliqués dans l’activité du Predit) et les collectivités territoriales, comme au plan européen."
D'accord, je grossis le trait. Mais pas tant que ça.
Je reviens à l'interrogation de Philippe au sujet de l’abstention.
Je pense qu'il ne faut pas négliger le fait que nos concitoyens ont à leur disposition des outils d'information qui les aident à se forger une opinion - forcément grossière et générale certes - au sujet de tel ou tel projet gouvernemental.
Je pense vraiment que la volonté de Nicolas Sarkozy d'instaurer une taxe supplémentaire en matière de fiscalité écologiste s'est AUSSI heurtée très simplement, dans l'esprit d'un grand nombre, à des évidences comme celles rapportées par Nicolas Baverez.
Je crois également que dans l'élection de 2007, il y avait l'espoir précisément pour l'ensemble des projets à venir du nouveau président élu, que nous en finissions avec ce type de fonctionnement et de vocabulaire - mélange caricatural de technocratie et de communication - exposés dans le post de Laurent au sujet du Predit.
Ce que le langage commun nomme usine à gaz.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 19 mars 2010 à 06:34
Alex paulista,
Ne m'en veuillez pas, mais je ne vais pas poursuivre la digression au-delà de ce commentaire, par égard pour le billet de Philippe Bilger duquel nous nous sommes déjà trop éloignés, en partie par ma faute (mais ce n'est que partie remise). Je vous mets juste un lien sur l'un des sujets que vous abordez (ferroutage).
http://www.actu-environnement.com/ae/news/ferroutage_france_italie_9570.php4
Rédigé par : Laurent Dingli | 18 mars 2010 à 20:51
Je suis content d'apprendre que les côtes près du rail d'Ouessant se sont améliorées. Avant c'était franchement dégueulasse de croiser le rail et son eau trouble, en plus du danger de frôler la poupe de super tankers de 300m sans double coque et avec seulement trois hirsutes en short qui se relayent aux commandes. Il faudrait matérialiser le rail avec des bouées qui empêchent la pollution de se répandre, au cas où. Et laisser seulement quelques passages pour le traverser.
Je ne veux pas fustiger le gouvernement sur l'écologie vu que personne n'a rien fait jusqu'à maintenant, mais mon impression est que rien ne bouge. On ne respire toujours pas Porte de Bagnolet, Jussieu et Montparnasse ne sont pas désamiantés, on fait la promotion de fausses solutions subventionnées comme la voiture électrique ou le diesel, on ne développe pas le ferroviaire ni les voitures ultra-légères ni le multi-soupapes pour cause de rentabilité, on se repose sur notre faible émission de CO2 grâce au nucléaire, on continue de se chauffer au fuel, quand les extracteurs de chaleur sont bien plus efficaces sauf en période très froide...
Malgré votre soutien fréquent à ce gouvernement, je suis surpris de vous trouver aussi satisfait de ses mesures pour l'environnement.
Rédigé par : Alex paulista | 18 mars 2010 à 19:38
Dingli-Dingli-Dingli ! Allo ? Allo ?
"La recherche-développement partenariale résiste bien à la crise" et avec "le Predit et le Fonds démonstrateurs de recherche"...
_____________________
"Laissez tomber tout ça, prenez une mappemonde !"
(De Gaulle à son Etat-Major à Londres)...
Rédigé par : Savonarole | 18 mars 2010 à 19:23
Réfléchissez un peu, Véronique. Vous est-il apparu que si les Etats-Unis étaient les premiers pollueurs de la planète, c'est, notamment, que l'essence n'y coûtait presque rien ?
Mazette ! J'abandonne !
Rédigé par : Laurent Dingli | 18 mars 2010 à 18:59