Je me souviens de Roger Gicquel. A la fois éditorialiste et présentateur sur TF1, il a, durant les années 1970, régné sur l'information. Sa belle voix grave n'était pas qu'une voix : elle donnait le "la" à une vision de la société et de la politique partagée entre subjectivité orientée et neutralité apparente.
Je me souviens de son propos introductif : la France a peur, au mois de février 1976, après l'assassinat du petit Philippe Bertrand par Patrick Henry (Le Figaro, Le Parisien, nouvelobs.com). Dans l'instant, l'opinion publique, saisie d'horreur devant cette tragédie criminelle, s'est sans doute sentie profondément comprise par Roger Gicquel qui avait donné la mesure qui convenait à cette catastrophe.
C'est plus tard qu'il a été critiqué et qu'on a mis en cause cette annonce paraît-il mélodramatique.
L'étonnant est qu'alors cette "peur" de la France ne représentait pas le sentiment dominant. La France n'avait pas "peur" car pas une seconde on ne pouvait imaginer que ces crimes atroces, exceptionnels étaient susceptibles de s'inscrire dans notre familiarité. Paradoxalement, l'horreur du fait l'éloignait de la vie quotidienne et on n'avait pas "peur" comme devant des agissements à la fois traumatisants et possibles. Roger Gicquel aurait dû commencer par : la France est sous le choc ou la France est indignée. L'une ou l'autre de ces expressions aurait été plus exacte mais il est sûr que cette "peur" invoquée mettait davantage d'angoisse dans les foyers. Ce n'était pas Fenêtre sur cour mais Vies sur crime.
Il me semble aussi qu'il n'y avait rien de honteux, pour cet emblématique présentateur, à assumer avec vigueur et émotion ce drame qu'on croyait unique, comme chaque tragédie qui frappe l'imagination. La criminalité, au paroxysme, n'est qu'une suite malheureusement encombrée de crimes espérés singuliers. Roger Gicquel, s'il n'était pas la voix de la France, selon la conception du président Pompidou qui désirait une télévision "officielle", avait tout de même pour mission d'incarner dans son propos le dénominateur commun aux téléspectateurs de TF1, qui était en l'occurrence une stupéfaction courroucée. Une incrédulité et une colère.
Aujourd'hui, si on veut bien admettre le droit de généraliser à partir d'une transgression capitale, j'incline à penser que la peur exagérée d'hier pourrait être invoquée. Je ne sais pas de quand date la montée des peurs individuelles, de la peur collective. De l'angoisse éprouvée par chacun devant les risques, de la méfiance à l'égard d'autrui, de la certitude que des menaces pèsent en permanence sur nos existences, de la crainte quotidiennement ressentie devant la délinquance - indirecte mais si présente à cause des médias ou directe quand elle est venue frapper en plein coeur notre tranquillité ou qu'elle rôde tout près de nous. Elle est tellement étrangère à ce qu'on est devenu, cette société de confiance dont le rêve n'a pu être cultivé qu'en dehors des temps de crise. Le principe de précaution, l'hésitation devant la moindre avancée dont les effets ne seraient pas mécaniquement garantis, la volonté absurde de suivre la criminalité à la trace en opposant une loi à chaque nouvelle déchirure, l'obsession, même pour le défendre, de faire du citoyen une victime virtuelle, l'importance donnée, dans le champ politique, aux débats sur la sécurité et sur la justice ont peu à peu composé un paysage marqué par la peur, comme une énorme verrue au milieu d'un visage.
Je ne dis pas, loin de là, que ces peurs singulières et/ou collectives sont absurdes : mille événements, la crise, les tensions de toutes sortes, les délitements au quotidien, une gouvernance de plus en plus discutée les justifient largement. Il n'empêche que pour avoir voulu démontrer que l'insécurité n'était pas une illusion mais une déplorable réalité, on s'est laissé aller à pousser trop loin la démarche contraire. Il conviendrait de tenir la balance égale entre le souci politique de la paix publique, de la sauvegarde des uns et des autres et une conception démocratique laissant de l'air, de l'espace, de la liberté à tout ce qui n'est pas sécurité et qui est l'essentiel.
La France, aujourd'hui, a peur. Roger Gicquel ne se tromperait pas en le proclamant. Mais la France, sur ce plan, a-t-elle forcément raison ?
Il serait bon de rappeler que si Gicquel disait "La France a peur", c'était pour justement inviter chacun à combattre ce sentiment de peur.
Rédigé par : professeurtournesol | 16 mars 2010 à 17:49
@- Jean-Yves Bouchicot
"(Sir John Gielgud dans Providence, Alain Resnais)"
Rédigé par: Jean-Yves Bouchicot | 12 mars 2010 à 07:18
_________________________________________
Citer l'immense John Gielgud sur la place du marché de Babaorum, fallait le faire ! Bravo !
Rédigé par : Savonarole | 12 mars 2010 à 08:28
Mon cher Philippe, si toutes sortes de peurs se manifestent ainsi, c'est aussi parce que nous sommes gouvernés par des gens qui nous vendent de la peur, après nous avoir vendu notre ego, l'eau que nous buvons et l'air que nous tentons de respirer. "Le Monde appartient aux marchands qui ne savent même plus ce qu'ils vendent".... Gouvernés par la Peur ?
"Je ne connaîtrai pas la peur. La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération de l'âme. J'affronterai ma peur, je me laisserai traverser par elle, je me retournerai sur son passage, et quand elle sera passée, ce qui restera, ce sera moi." Frank Herbert.
"Un bourgeois, c'est quelqu'un qui refuse de voir disparaître ou changer les valeurs sur lesquelles il s'est construit"... (Sir John Gielgud dans Providence, Alain Resnais)
Amicalement. J-Y. Bouchicot
Rédigé par : Jean-Yves Bouchicot | 12 mars 2010 à 07:18
Lorsque l'on prend le ton du docte penseur qui voit les choses de loin et de haut il faut tout de même un peu de sérieux. Ce que l'on attend habituellement d'un magistrat, surtout s'il n'est pas encore "tombé en politique" Cf. "post" citant Eva Joly.
Ainsi à propos de Roger Gicquel, qui a été un journaliste courageux à une époque où la plupart des ses collègues et quelques magistrats soulevaient la moquette en rasant le sol, il ne faut pas faire de contresens au risque de salir sa mémoire.
Il dénonçait la peine de mort et le risque du lynchage, et pour preuve on ira voir ceci sur INA.Fr :
http://www.ina.fr/economie-et-societe/justice-et-faits-divers/video/CAA87014358/plateau-roger-gicquel-la-france-a-peur.fr.html
J'ai parfois l'impression que certaines fonctions tendent à rendre leurs titulaires confits et suffisants, pas tous, non... "ils n'en mourraient pas tous, mais tous étaient touchés..." C'est juste un autre mal qui guette aujourd'hui les courtisans.
Rédigé par : Jean Monge | 11 mars 2010 à 17:30
Merci Pierre-Antoine pour vos précisions concernant les balises HTML.
Rédigé par : Achille | 11 mars 2010 à 07:40
en l'absence de toute preuve matérielle de sa culpabilité.
Cyril, 10mars 22h:32
Je ne voudrais pas passer pour le croquemitaine de service, mais il me semble que Ranucci a désigné l'endroit où les gendarmes ont retrouvé ce qui semblait être l'arme du crime...? Etait-ce suffisant pour l'envoyer à l'échafaud, probablement pas, mais son innocence n'était pas d'une folle clarté non plus.
Quant à l'abrogation de la peine de mort, qu'avais saluée en son temps, je constate que s'y attaquant sans s'attaquer vraiment aux conditions de détention, on a sauvé quelques assassins en laissant se suicider pas mal (bien plus nombreux) de plutôt braves types pas fondamentalement vicieux ni irrécupérables, juste pris dans, ou sottement séduits par, des mécaniques sociales malveillantes et nuisibles ; je ne suis pas sûr que ce faisant on ne se soit pas détourné des meilleures causes.
AO
Rédigé par : oursivi | 10 mars 2010 à 23:26
Monsieur Bilger, étant un juriste de formation et un praticien du droit, eu égard à ma profession je m'intéresse tout naturellement à l'institution judiciaire de notre république.
Je vous connais comme homme assez médiatique, éminent magistrat, je vous ai écouté, parmi d'autres, tout récemment sur France Culture débattre sur le projet de suppression du juge d'instruction.
C'est ainsi que je m'intéresse à votre blog.
J'ai lu votre article ainsi que quelques commentaires, dont certains évoquent des affaires qui ont marqué à jamais l'histoire de la Justice française (l'affaire Patrick Henry, l'affaire Ranucci, exécuté la nuit du 28 juillet 1976 à 4h 13 à la prison des Baumettes à Marseille, l'affaire Mis et Thiennot, Seznec, l'affaire Gregory) et la peine de mort a été évoquée.
Je reviens sur l'année 1976 qui, outre étant celle de ma naissance, est une année judiciairement très marquée par ces deux affaires criminelles que sont l'affaire Patrick Henry et Ranucci, je rappelle néanmoins que le crime qui a été reproché à Christian Ranucci a eu lieu durant l'été 1974, à savoir le meurtre d'une petite fille de neuf ans, Marie-Dolorès Rambla, et c'est en 1976 que Christian Ranucci a été jugé, procès qui a eu lieu pour ainsi dire lors de l'éclatement de l'affaire Patrick Henry, et s'en est suivie son exécution en juillet de la même année.
Il y a, me semble-t-il, quelque chose de très paradoxal dans ces deux affaires. Patrick Henry passe aux aveux, le cadavre du petit enfant ayant été retrouvé sous son lit, et il a échappé à la peine de mort, eu égard à une plaidoirie d'anthologie de Maître Badinter, aidé de Maître Bocquillon pour prendre sa défense, et puis Christian Ranucci qui est passé aux aveux, pour se rétracter par la suite, et qui a été condamné à la peine capitale, en l'absence de toute preuve matérielle de sa culpabilité.
Un coupable certain, un meurtrier a échappé à la peine de mort et l'autre, probable innocent ne l'a pas été.
Je m'adresse maintenant à vous Monsieur Bilger, à l'Avocat Général que vous êtes, et puis à l'homme que vous êtes, que pensez-vous de la peine de mort ?
La trouvez-vous juste, eu égard à certains crimes ?
L'auriez-vous requise à certains des procès auxquels vous avez assisté, dans l'hypothèse où elle n'aurait pas été abolie ?
Rédigé par : Cyril | 10 mars 2010 à 22:32
@Ludovic & ceux que ça intéresse
En langage html, utilisé en arrière-fond sur ce blog, utilise des balises.
Ce sont des signes que l'on met entre < et >
<*b>met en gras une phrase <*/b*>
<*i>la met en italique<*/i>
j'ai rajouté exprès * dans les exemples pour qu'elles apparaissent.
si on met et ferme ces deux balises on écrit en gras italique.
Cordialement
Pierre-Antoine
Rédigé par : Pierre-Antoine @ Ludovic | 10 mars 2010 à 22:14
Rédigé par: Savonarole | 10 mars 2010 à 18:34
Vous, même sans pierre, peu de chance que n'engraissiez les poissons.
AO
Rédigé par : oursivi@Savonàrôle | 10 mars 2010 à 20:53
@Oursivi
Pour trouver le coupable, il faut faire comme les Vikings : on attache le suspect à une pierre de 400 kilos et on le jette à la mer.
S'il remonte à la surface, c'est qu'il est innocent.
Rédigé par : Savonarole | 10 mars 2010 à 18:34
@Pierre Antoine,
Je suis bien ignorant mais je ne sais pas ce que sont les balises que vous évoquez, remarquez ça m'évitera d'en ouvrir par mégarde.
@M. Bilger,
merci pour ce retour à la version habituelle du blog, finalement j'ai aussi un côté conservateur.
Rédigé par : Ludovic | 10 mars 2010 à 18:23
Rédigé par: Somjen | 10 mars 2010 à 15:32
Désolé Achille, mais je viens encore de lire des monceaux d'âneries, lisibles via la référence que j'ai recopiée ci-dessus.
Ces propos me rappellent ceux de Spizmachin à l'encontre de notre hôte. Sauf que ce n'est plus atavique, c'est cosmétique capilogénétique enthousiasmo collaboristique, que les confondus le sont.
Drôlatique si n'était pathétique que de constater que nos contemporains n'ont de porains que le nom.
Voilà un Mr qui s'emballe d'une subornation de témoin des plus anodines, un Mr Hugo, le mal usé, prêt à envoyer bouler la rationalité parce qu'un amant d'une femme d'un mari aux multiples maîtresses (ça y est, je l'ai perdu !) a eu la curiosité de venir s'assurer chez cette femme (ça y est, avez raccroché ?) qu'elle n'y était pas maintenue contre son gré, amant qui ne sut ni voulut confesser la maladresse de son acte - on en voit les conséquences aujourd'hui - pourtant bien anodin et eu - fait moins anodin - la folie de vouloir convaincre la nurse de n'en rien dire,
un monsieur Hugo donc, qui confond la proie pour l'ombre et lâche les faits profonds, les certitudes, pour des maladresses certes bien stupides et pénalement répréhensibles, mais qui ne modifient en rien les fondamentaux...!
Quels sont-ils ?
Un amant qui à en croire tous les témoignages (pas tous sous son contrôle, ou alors c'est un cas et même un cador) aimait sa belle et n'avait pas un commencement d'intérêt à la supprimer (ce qui ne veut pas dire qu'il n'aurait pas un fond de folie furieuse passée jusque là des plus inaperçue, mais en repousse la probabilité du côté d'epsilon), là où le mari cocufiant et cocu semblait en avoir davantage.
De la chronologie des déclarations et des inquiétudes maintenant.
Qu'un mari ne s'inquiète pas pendant trois jours de la disparition de la femme qui vit sous son toit laisse tout de même songeur, comme le fait qu'il fasse anéantir le canapé où celle-ci dormait peu avant sa disparition, comme ses aménagements d'emploi du temps dans les heures qui suivirent la dernière apparition de l'épouse.
Je ne retiendrai pas les allégations quant à son caractère, elles me paraissent à peine moins futiles que celles pathéticomiques lues sous le clavier d'Hugo, ce sont les mobiles et faits qui sont intéressants.
Qu'on ait trouvé des choses compromettantes pour le mari après le passage caché de l'amant eut désormais chargé l'amant, qu'on n'ait rien retrouvé prouve au contraire qu'il n'avait d'autre mauvais coup à faire que de venir en des lieux où n'était pas le bienvenu pour voir de ses propres yeux, ce qu'il a fait probablement sans malice, chose qu'il a cachée avec malice et maladresse, cette fois.
De plus, l'état d'abandon dans lequel se trouva la nurse lors de ses confessions laissent peu de place à la possibilité qu'elle ait encore caché d'autres faits.
Ainsi, si elle était, comme les comptes rendus de presse sérieuse en attestent (oui JD, je me contente de lire, je n'ai pas mené l'enquête), proche de la victime, elle n'aurait pas fait confiance à celui qu'elle aurait perçu comme une menace à son amie, au point de le laisser entrer chez ses "patrons" et de lui faire confiance quant à la façon de présenter les choses (là à tort, bien entendu).
Je me demande comment, à en croire le témoignage de Pascale Robert-Diard, EDM pouvait-il être si sûr de lui que d'interroger avec cet aplomb cette fille finalement prompte à craquer, était-ce du bluff, avait-il eu vent de rencontres récentes entre ces deux comploteurs à la gomme, les avait-il fait suivre, avait-il des indicateurs locaux, ou juste du flair ?
Lisez-moi bien, je ne sais si Viguier a tué ou non sa femme, mais les faits mentionnés peuvent largement le laisser supposer.
Me revient l'affaire d'Escoire, où G Arnaud fut acquitté grâce à la démonstration de Maurice Garçon qu'une très habile manipulation d'un des volets pouvait amener qu'il fût ouvert ou fermé de l'extérieur. Cela suffit à immiscer assez de doute, alors qu'à en croire les comptes rendus la bonne fut tuée "proprement" là où la tante honnie fut charcutée de je ne sais combien de coups de serpe, comme si la rage avait été bien canalisée pour celle-là et incontrôlable contre une autre, ressemblant fort à l'explosion d'une accumulation de frustration-haine par beaucoup constatée.
Je ne sais ce qu'il faut penser (littérairement rien de bien, je vous l'accorde) des propos de GdVillier quant aux confessions qu'Arnaud lui aurait faites un jour de complicité, seuls sur des hauteurs (avec un h!), dominant Alger ; mais, je me demande quel intérêt il eut à mentir à propos de quelqu'un qui lui semblât si proche.
AO
Rédigé par : oursivi@Hugo | 10 mars 2010 à 18:11
Le casier judiciaire d'Ali Soumaré est vierge, semble-t-il selon son extrait n°2.
Un commentaire suite à votre billet du 22 février dernier intitulé "Le candidat" ?
Rédigé par : schnorchel | 10 mars 2010 à 18:07
@ AO
L'avantage de la modification du blog c'est que les commentaires apparaissent en ordre chronologique inverse, les plus récents au début. Cela évite d'ouvrir toutes les pages pour aller lire le dernier.
Moi ça me convient bien.
Cordialement
Pierre-Antoine
Rédigé par : Pierre-Antoine | 10 mars 2010 à 18:02
@Achille
Vous avez ouvert la balise pour mettre en italique, mais vous ne l'avez pas fermée.
pour la fermer il suffit de mettre la même balise à la fin du passage et de rajouter / avant le /i entre < >
Je suis obligé de les séparer pour l'exemple sinon mon exemple sera invisible comme l'est une balise html
Et comme vous ne l'avez pas fermée c'est probablement pour ça que tous les commentaires qui suivent sont en italiques.
Rédigé par : Pierre-Antoine ferme la balise à Achille | 10 mars 2010 à 17:58
Rédigé par Madame ou Monsieur Somjen le 10 mars 2010 à 15:32
Merci pour le premier paragraphe de votre commentaire qui restitue le contexte de cet horrible fait divers datant de 1976.
Toutefois, mefions-nous des amalgames et gardons-nous d'etablir des paralleles surtout lorsqu'il s'agit d'une affaire en cours... sans doute deja trop mediatisee.
De plus, peut-on vraiment serieusement comparer les physionomies ?
Quant a "l'intime conviction" via le prisme deformant des medias, c'est en ce qui me concerne un trop gros pari.
Rédigé par : Valerie | 10 mars 2010 à 17:20
A l'epoque l'assassin (avant qu'il ne soit demasque) avait eu droit a son passage tele et on avait pu apprecier son apparence bien presentable, propre sur lui, blond et rose a souhait... et c'est peut-etre ca aussi qui a fait peur a la France.
Un jeune homme (type "gendre ideal" bien de "chez nous") non seulement capable d'un tel projet mis a execution mais de surcroit dote d'un cynisme allant jusqu'a laisser esperer a des parents devastes que leur enfant etait toujours en vie.
Je me souviens de ce fait divers tragique ayant aneanti ce bel enfant qui pourrait peut-etre aujourd'hui discuter parmi nous s'il n'avait ete massacre par un individu manipulateur.
Paix a l'Ame de Monsieur Gicquel sans oublier celle du petit Philippe Bertrand.
Rédigé par : Valerie | 10 mars 2010 à 16:53
Intime conviction ou fiction ?
« La France a peur ». Avec la disparition de Roger Gicquel vient d’être évoqué le meurtre du petit Philippe Bertrand enlevé le 30 janvier 1976. Dès le début de l’enquête, Patrick Henry, l’assassin, s’est posé en auxiliaire de la police, venant spontanément aider la police voire tenter d’orienter les investigations, multipliant les interventions auprès des médias, proclamant l’immensité de son indignation devant l’horreur d’un tel crime et sa compassion à l’égard de la famille, réclamant la peine de mort contre le bourreau d’un enfant… Le corps du petit Philippe Bertrand devait être trouvé étranglé sous le lit d’une chambre louée pour l’occasion par Patrick Henry, cet auxiliaire zélé des enquêteurs.
S’agissant de la disparition non élucidée de Suzy Viguier, le comportement d’un des témoins, l’amant, appelle un parallèle avec les agissements de Patrick Henry. Cet individu qui avait toute latitude d’attirer la victime où il souhaitait, si empressé à aider la police, à la maintenir dans ses investigations sur un lieu du crime désigné par lui et sur lequel il lui était possible d’intervenir, ne se désigne-t-il pas comme suspect manifeste ? Sa jubilation dans son témoignage accusateur, lors du premier procès, ne peut qu’accroître les soupçons à son encontre. Et ne voilà-t-il pas que s’avère une manipulation de témoin…
Si rien n’est encore certain, mon intime conviction est établie. De plus je verrais une physionomie vaguement ressemblante à celle de Patrick Henry… Je pense que sont à présent nombreux ceux qui se félicitent de l’appel du ministère public, espèrent que le procès actuel sera rapidement clos, et que s’annonce un troisième procès avec le véritable coupable qui dans les jours prochains aura craqué… Du procès en cours, je n’ai que des échos, ceux que m’envoient les médias, mais des échos qui me feraient croire à un fonctionnement parfois aussi sérieux que serein de la justice.
Rédigé par : Somjen | 10 mars 2010 à 15:32
Avec ces changements de version, le blog de PB n'est plus un blog in, c'est un blog upside down, on ne sait plus s'il faut monter ou descendre pour suivre les échanges, des commentaires apparaissent disparaissent, passent en italique, c'est le train train fantôme par ici.
AO
Rédigé par : oursivi@pb | 10 mars 2010 à 12:29
En tout cas, la France du procès ne fait pas peur aux étudiants de japonais de 3ème année à Paris-Diderot. A visionner, même si on ne comprend pas le japonais, ça vaut le coup d'oeil : http://www.youtube.com/watch?v=A9nLLkNOvYQ
Rédigé par : Catherine JACOB | 10 mars 2010 à 11:32
Il semble que ma maîtrise des balises HTML laisse à désirer.
Je voulais mettre en italique la phrase que l'on prête à André Malraux suivante : "Le XXIème siècle sera mystique (ou religieux) ou ne sera pas".
Rédigé par : Achille | 10 mars 2010 à 10:48
Monsieur Bilger, comme dans les régimes amaigrissants votre blog se modifie de jour en jour. Vous nous faites yoyoter... même de la touffe !
Vous êtes revenu à une largeur plus raisonnable. C'est mieux en effet. Surtout lorsque des commentaires sont particulièrement développés...
Toutefois, je m'autorise aussi une suggestion. Il serait bien, puisque vous permettez des commentaires tardifs sur d'anciens billets, qu'une seconde colonne soit ouverte, comme "commentaires plus anciens", par exemple, pour les indiquer.
En effet, lorsque votre thème du moment est "productif" en réactions, celles qui apparaissent pour vos plus anciens billets, se trouvent fort souvent avalées et ignorées de vos lecteurs du moment.
A compter du dixième ? onzième... ?
Il n'y a pas si longtemps, vous avez eu des commentateurs pour des billets d'il y a une année voire plus. Il est dommage de les zapper !
Toute réaction est intéressante à lire.
Rédigé par : Hé ! lecteur | 10 mars 2010 à 10:34
Achille, je ne saurais trop vous conseiller cet article "d'Arrêt sur images" :
http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2811
qui confirme ce qu'écrit plus haut Jean-Dominique Reffait.
Gicquel disait qu'il ne fallait pas céder à cette peur, car elle menait à la vengeance(?), à la haine.
Par ailleurs, il était, contrairement au FN (et à Zemmour...), contre la peine de mort.
Rédigé par : Herman | 10 mars 2010 à 09:22
Je remercie Jean-Jacques Bernardini du lien sur mon blog et du sourire printanier qu'il a provoqué. D'autant plus que j'avais dessiné un clin d'oeil à la célèbre tirade de Roger Gicquel par un poème de Maurice Carême, tirade où je reprenais le poème du Nouvel an où je lui souhaitais bonne année ; ça lui a été fatal. A l'avenir je m'abstiendrai.
Rédigé par : bdfromars | 10 mars 2010 à 09:05
"La France a peur". La vraie raison d'avoir peur, et c'est pourquoi cette phrase malheureuse est restée dans les mémoires, c'est qu'elle a conduit à la condamnation, et à l'exécution, d'un innocent probable, Ranucci. Condamnation dont le bien-fondé n'avait alors pas convaincu, et tellement douteuse qu'elle contribuera de façon décisive à l'abolition de la peine de mort en France.
S'il y a toujours une raison en France d'"avoir peur", et c'est pourquoi cette phrase reste d'actualité, comme on le constate, c'est par le refus diabolique et obstiné de la justice de faire son aggiornamento sur les affaires qui ont laissé dans ses placards des cadavres qui puent : Seznec, Mis et Thiennot, Ranucci et tant d'autres...
Revoyez donc, Messieurs les magistrats, le film "Le glaive et la balance". Il reste, lui aussi, d'actualité.
Rédigé par : Hugo | 10 mars 2010 à 08:56