Les ministres de la Justice se suivent, ne se ressemblent pas mais l'insatisfaction du monde judiciaire prend une ampleur qui ne laisse pas d'inquiéter, bien au-delà du cercle élargi des professionnels et des médias. Il y a un sentiment d'inéluctable progression du mécontentement, dont on a de plus en plus de mal à discerner les causes véritables. On proteste à la fois clairement et confusément et on espère être entendu. Mais le message n'est pas simple et les revendications sont complexes (Le Monde, Le Parisien, Le Figaro).
Le succès de la journée du 9 mars a été indiscutable. Je l'écris d'autant plus volontiers que je n'y ai pas participé et que je continue à penser que ces mouvements collectifs constituent le pire, pour notre image comme pour l'efficacité. Apparemment, ces récentes manifestations ont été organisées pour dénoncer le manque de moyens et en même temps la suppression du juge d'instruction. Qui pourrait soutenir que le problème des crédits de la justice ne se pose pas en permanence et qu'il était plus opportun de le cibler hier qu'en d'autres périodes ? Quant à la disparition programmée du magistrat instructeur, dès lors que cet axe fondamental du projet ne sera pas retiré, celui-ci est-il à ce point absurde intellectuellement et choquant judiciairement qu'il faille, toutes affaires cessantes, battre le pavé comme s'il était liberticide et anti-démocratique, selon les outrances proférées par Eva Joly (nouvelobs.com) ? Mais il est vrai que tomber en politique donne souvent le droit de dire n'importe quoi.
Avec ces revendications renouvelées qui semblent se nourrir d'elles-mêmes sans se soucier le moins du monde de la pertinence des réponses, sommes-nous toujours dans le registre technique du syndicalisme classique ou déjà dans une autre sphère qui renvoie à des clivages idéologiques, à une opposition politique ? Il est permis de s'interroger quand on constate la disproportion entre les motifs apparents de la colère collective et l'intensité étonnante de cette dernière. Surtout, comment ne pas ressentir l'injustice qui consiste à présumer le pire quand rien, absolument rien ne permet de le supputer sinon un besoin ardent et malicieux de le voir advenir ? Comment peut-on passer d'une prescription envisagée de six ans pour le délit d'abus de biens sociaux à la certitude que le pouvoir n'a plus l'intention de poursuivre cette infraction (Libération) ? Un pas colossal est franchi qui partant d'une donnée objective peut-être révisable entraîne le débat vers une polémique où l'adversaire - en l'occurrence le gouvernement - est soupçonné d'une mauvaise foi de principe.
Au regard de ce procès que la fronde judiciaire ne cesse d'intenter et qui sur certains plans peut apparaître légitime, je me demande si les modalités politiques classiques ont encore du sens et s'il ne convient pas d'imaginer un processus qui soit à la hauteur de la crise, à la fois réelle et délibérément surestimée. Je ne suis pas persuadé que la démarche traditionnelle - avant-projet, concertation déjà prétendue inutile, répliques ordinaires à un mouvement qui dépasse les antagonismes anciens - puisse avoir une quelconque incidence sur le soupçon démocratique au sujet de l'indépendance des procureurs, les fantasmes inlassables relatifs à l'emprise absolue du Pouvoir sur les affaires pénales signalées, la défiance généralisée des citoyens à l'égard des magistrats, le sentiment que rien ne pourra plus jamais instaurer un lien de confiance entre la société et les juges, la mélancolie judiciaire au quotidien comme si l'échec était autant présent dans la tête des magistrats que perçu par la communauté nationale, le suivisme législatif forcené, l'état indigne des prisons qui doivent pourtant enfermer, les nominations sujettes à caution, enfin sur tous les signes qui manifestent qu'un malaise républicain profond s'est substitué aux mille escarmouches qui ont sans cesse jalonné le parcours de la justice dans ses relations avec le pouvoir : soit le pouvoir abusait de la faiblesse de la justice, soit la justice s'en prenait au pouvoir, pour se prouver qu'elle existait. Il y a aujourd'hui une fièvre, un désenchantement et une révolte qui risquent de laisser l'Etat impuissant s'il ne se trouve pas d'armes plus adaptées.
Il n'est plus temps de réunir autour d'une table ronde des gens qui ne veulent plus s'y rencontrer. Le feu prend partout : magistrats, avocats, policiers, une infinité de tensions contradictoires se font jour qui nous contraignent à sortir par le haut. Il y a tout un jeu étriqué de la politique qui est contradictoire avec les grands espaces de la rénovation qu'appelle la justice d'aujourd'hui pour espérer devenir celle de demain. Cette révolution à ciel ouvert, elle est souhaitée, j'en suis sûr, aussi bien par les tenants, peu ou prou, de la politique pénale actuelle que par ses adversaires déterminés, aussi bien par ceux qui ne détestent pas l'avenir annoncé que par ceux qui le récusent. Il faut tout mettre sur la table de la société et ne pas considérer que pour être moins à la mode, la justice ne mériterait pas, comme l'environnement, un Grenelle. On ne peut plus continuer ainsi à traiter sur un mode tranquille un bouleversement qui dépasse les bornes.
Pourquoi pas des états généraux, généreux, de la justice ?
Pardon pour ma naïveté, mais quel est l'intérêt des policiers et des magistrats d'instruire ce dossier si Jacques Viguier est réellement innocent ?
Pourquoi tant de travail, d'investigations ?
Des professionnels ont rassemblé des preuves, sont devenus convaincus de sa culpabilité et de la mort de Suzanne Viguier.
Personnellement j'aurais plus tendance à croire des policiers que des jurés confrontés à une pièce de théâtre ?
Rédigé par : déguisement | 26 mars 2010 à 11:18
La justice de demain est-elle déjà handicapée par la justice d'aujourd'hui ?
Nous verrons bien, attendons l'audition du policier enquêteur dans l'affaire Viguier.
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2010/03/15/01016-20100315ARTFIG00010-l-amant-de-suzanne-viguier-discredite-.php
Réforme ! Vous avez dit réforme ?
A quand l'obligation de l'équilibre des procédures entre l'accusation et la défense ?
A quand la sanction "pénale" pour ceux qui bafouent la présomption d'innocence : journalistes, policiers et magistrats compris ?
Si j'étais policier, je ferais profil bas aujourd'hui !
Mais heureusement que l'immense majorité de ces corporations oeuvre dans une parfaite et silencieuse efficacité !
Cordialement
Pierre-Antoine
Rédigé par : Pierre-Antoine | 15 mars 2010 à 09:49
Bonjour,
« FAIS COMME SI ON JUGEAIT »
Ce n’est pas pour suivre la mode (à la Raphaël Enthoven) et sa manie qui consiste à mettre de la chanson partout (dans le genre Alain Resnais a excellé et il est inimitable).
Mais c’est pour rappeler une déclaration exprimée publiquement sur France 2 (ou 3 ??) par Monsieur Viaux, le psychologue de l’affaire d'Outreau.
Monsieur Viaux a déclaré clairement qu’il était impossible de s’attendre à de crédibles expertises tant qu’ils étaient si mal payés ! Qu’il continuait à pratiquer ainsi et d’ailleurs il se rendait justement à Lille pour expertise et qu’il avait donc deux heures de trajet et que comme il était mal payé il ne pouvait en être autrement etc., qu’il va de soi donc qu’il n’était pas possible de pratiquer des expertises valables.
Il en découle qu’il faille remettre en cause toute expertise et pas seulement la sienne je dirais même que cela concerne tous les jugements ! (Je ne critique pas une décision de justice, puisque c’est un délit mais j'essaie de comprendre ce que Monsieur Viaux voulait dire)
Alors que faire ? Pourquoi se sent-il obligé d'en faire, de ces expertises bidon ??
Et si un avocat général disait : on ne me paye pas assez pour que je fasse un bon réquisitoire, ou l’inverse, alors je suis obligé de faire n’importe quoi !
Alors il ne nous reste donc qu’à FAIRE COMME SI ?
FAIS COMME SI MON AMOUR
FAIS COMME SI RIEN QU’UN JOUR…
Duval Uzan
Rédigé par : Duval Uzan | 13 mars 2010 à 16:56
@Achille + toutes et tous ceux que ça intéresse.
Cours gratuit de langage html.
la balise pour mettre une image est :
<*img src="http://www.nom_du_site.com/nom_image.jpg">
J'ai rajouté * pour qu'elle soit visible, pas besoin de fermer la balise.
Merci de garder mesure.
Cordialement
Pierre-Antoine
Rédigé par : Pierre-Antoine @ Toutes et tous | 13 mars 2010 à 12:22
Achille @ JRD
Il y a d’excellents cours sur internet et qui en plus sont gratuits. Ceci dit, je ne suis pas dans une indigence telle que je ne puisse payer vos « honoraires »... sauf s'ils se montent au niveau de ceux d’un ténor du barreau, bien sûr...
Rassurez-vous, je n’ai pas l’intention de faire « mumuse » avec les balises HTML.
Simplement je ne pensais pas qu’il était possible de transférer des dessins sur le blog de Philippe Bilger.
Je pense que notre hôte doit avoir la possibilité de limiter le nombre de balises afin que son blog ne se transforme pas en une bande dessinée....
Rédigé par : Achille | 13 mars 2010 à 09:04
Merci à Jean-Dominique pour les fleurs et la couleur.
Un peu déçue quand même que JD ne communique pas à Achille son savoir-faire informatique...
Pendant quelques jours, peut-être même des semaines durant, nous aurions eu le grand bonheur d’apprécier les essais en image d'Achille avec toutes les versions possibles et imaginables illustrées et colorées de ses Bonjour et de ses Bonsoir Philippe Bilger !
Bref, j'ai adoré l'humour d'Achille et ses work in progress.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 13 mars 2010 à 07:45
La justice de demain ?
Plus besoin de magistrats ! Comme la confiance règne. Un lit de justice royal. Les magistrats aux pieds !
« adveniente principe, cessat magistratus »
Rédigé par : Grincheux | 12 mars 2010 à 22:03
@Achille

JDR a fait comme ça :
Rédigé par : Pierre-Antoine @ Achille | 12 mars 2010 à 20:35
Achille, non, vous ne pouvez pas savoir ! Je vous sens prêt à en abuser sans retenue. Je puis vous former aux langages du web pour un coût à la fois modique et substantiel (modique pour moi et substantiel pour vous).
Rédigé par : JDR@Achille | 12 mars 2010 à 19:34
Bonjour M. Bilger,
Comme beaucoup je suis dubitatif sur cette réforme de la Justice. Sans doute n'est-elle pas à jeter aux orties en intégralité mais si l'ensemble des organisations syndicales des magistrats, des avocats, des greffiers et autres fonctionnaires de justice y sont hostiles, ce n'est sans doute pas pour rien.
Je n'approuverai pas la suppression du juge d'instruction tant qu'elle ne s'accompagnera pas de réelles garanties d'indépendance du parquet.
Les magistrats instructeurs ont déjà de moins en moins d'affaires à traiter puisque c'est au parquet qu'il revient déjà de décider si une affaire doit être instruite ou pas et j'ai lu dernièrement que le parquet de Paris saisissait de moins en moins les juges d'instruction.
Le problème crucial reste à mon sens, comme je l'ai déjà indiqué, le manque de moyens alloués à la justice à commencer par le faible nombre de magistrats. 8000 magistrats en France contre près du triple en Allemagne et je n'évoque même pas les greffiers et secrétaires trois fois plus nombreux Outre-Rhin.
La France se situe au 39ème rang européen, en gros en dernière place, pour les moyens alloués à la justice.
Les conditions de travail des personnels de justice deviennent lamentables, il me semble qu'un week-end de permanence au parquet pour un substitut est royalement payé 60€. Les audiences correctionnelles où les dossiers s'accumulent jusqu'à 30 affaires à juger en un après-midi ne peuvent aboutir qu'à une mauvaise justice. Il n'est pas rare qu'une audience correctionnelle débutée à 13h se termine au-delà de 23h avec des magistrats plus très frais.
Des semaines et des mois d'audience pour une même affaire, Clearstream par exemple, quand les comparutions immédiates, tenues dans des conditions scandaleuses pour l'accusé sortant à peine de garde à vue, comme pour sa défense qui ne dispose que de quelques minutes pour feuilleter le dossier, sont expédiées en moins d'une demi-heure.
Et je n'évoque même pas la justice civile et l'interminable attente des justiciables pour voir leur dossier traité en première instance. Souvent des années d'attente lorsqu'il ne s'agit pas de décennie en appel.
C'est cette justice-là qui n'est plus acceptable, le justiciable français ne mérite pas moins que le justiciable roumain ou moldave.
Rédigé par : Ludovic | 12 mars 2010 à 17:09
C'est bizarre les gaziers dès que le printemps s'annonce, on les sent tout "chanstisqué". Les uns veulent en découdre, un autre (c'est moi) devient lyrique, lui, Achille Talon c'est la "balise", curieux, on a connu une époque valise en carton, le progrès aidant, aujourd'hui c'est la balise, synonyme : il balise, la peur au ventre, ne lui tirez pas les oreilles.
Rédigé par : yves.bouant | 12 mars 2010 à 13:24
Achille @ J-D Reffait
On peut savoir comment vous avez fait ?
Rédigé par : Achille | 12 mars 2010 à 13:20
@Achille
Cher ami, n'abusez pas des bonnes choses...
à moins que vous ne vous amusassiez avec les balises comme avec un jouet de Noël :-)
serait-ce là votre talon ?
Cordialement (avec humour bien sur)
Pierre-Antoine
Rédigé par : Pierre-Antoine @ Achille | 12 mars 2010 à 12:43
"Une mauvaise foi de principe"... Mais c'est ça, exactement, le soupçon, même si ce n'est pas à plein temps et si le gouvernement Sarkozy dit aussi des choses justes pour de mauvaises raisons ! Ca s'appelle le Storytelling, la Démocratie Formelle et la collusion avec les lobbys de la communication... Ce n'est pas réservé aux élus de droite, mais c'est eux qui sont aux manettes en ce moment, ou bien ???
Rédigé par : Jean-Yves Bouchicot | 12 mars 2010 à 10:40
Pour Cécile et Véronique

Rédigé par : Jean-dominique Reffait@Cécile et véronique | 12 mars 2010 à 10:18
Cher Monsieur Bilger,
En tant qu'acteur du monde judiciaire, je suis greffier placé sur le ressort de la cour d'appel de Rennes, je suis un lecteur attentif et régulier de votre blog. Je ne pouvais donc qu'attendre avec une certaine impatience votre compte rendu de cette journée du 9 mars. Hélas, mille fois hélas, le mot "greffier" ou même "fonctionnaire" n'apparaît pas. Mauvaise lecture ? Je vais relire mais il me semble bien qu'une fois encore les magistrats et les avocats ont fait de cette journée une journée non pas interprofessionnelle comme elle aurait dû l'être mais une journée de protestation un poil corporatiste contre les réformes envisagées par ce gouvernement.
Vous faites allusion au manque de moyens qui plombe ce ministère, j'aurais aimé que vous insistiez là-dessus, mettant à un autre jour vos considérations procédurales. Les occasions ne manqueront pas.
Je repars donc déçu de ma visite quasi quotidienne, je ne trouverai pas de nouveaux arguments à opposer à ceux qui, parmi tous mes collègues fonctionnaires, ne se sentent pas assez représentés lors de ces journées d'action, répétant sans cesse que seuls les avocats et les magistrats intéressent les médias, notre pauvre sort n'intéressant personne. C'est le jeu médiatique mais vous, qui le connaissez bien maintenant, n'auriez-vous pas pu porter haut les revendications du petit personnel ?
L'occasion est passée, et je dois vite m'arrêter là, on vient de m'amener une nouvelle pile d'ordonnances pénales à traiter, je suis là pour le faire, je crois que je n'irai pas encore manger ce midi, ce ne sera que la troisième fois de la semaine, j'ai l'habitude.
Cordialement,
Un fonctionnaire qui parle des galères (le lieu et la chose) à ses capitaines restés sur le pont et qui oublient qu'il y a du monde en dessous.
Rédigé par : chrisriv | 12 mars 2010 à 10:03
Achille @ Catherine
« Achille, qu'est-ce que vous êtes doué ! Et avec les oreilles qu'est-ce que vous faites ?
Attention toutefois à vos chevilles, vous êtes bien placé pour savoir qu'elles sont fragiles. »
Pas les chevilles chère Catherine, pas les chevilles... le talon !
Rédigé par : Achille | 12 mars 2010 à 08:04
"Apparemment, ces récentes manifestations ont été organisées pour dénoncer le manque de moyens et en même temps la suppression du juge d'instruction."
Je pense vraiment, Philippe, que l'un ne va pas sans l'autre.
Ce que je retiens de cette réforme décidée dans un mouvement impulsif et précipité de la part du Président de la République suite aux conditions de l'exécution du mandat d'amener de M. de Filippis, un journaliste de Libération *, c'est selon moi, le fait que cette transformation va reproduire, avec la création du JEL (Juge de l’Enquête et des Libertés), les mêmes conséquences et les mêmes amertumes et déceptions que la réforme qui avait mis en place le JLD (Juge des Libertés et la Détention).
On va dupliquer des ersatz de juges qui ne sont que des trompe-l’œil.
La place seule du formel sera sauve.
Mais dans la réalité le JEL n’interviendra dans le dossier aux seules mains du procureur - celui tout de même qui est d’abord chargé d'accuser, qui lui-même déléguera par la force des choses l’essentiel de l’enquête et son contrôle aux policiers et aux gendarmes -, donc ce JEL n’interviendra que pour poser sa signature.
Comme le JLD actuel. Sans traverser le dossier, en intermittent.
Une justice pénale de qualité ne peut pas se faire sans que la société choisisse d'y mettre des moyens significatifs.
Je suis la première à m'offusquer de la dilapidation des ressources publiques dans les fonctionnements de l'Etat.
Mais je pense que raisonnablement, concernant la Justice, les gouvernements ne peuvent pas se contenter et se satisfaire de ne créer que des sigles qui apparaissent et qui disparaissent au gré des réactions compulsives des uns et des autres.
A la charge de votre Institution, quel magistrat, quel avocat, quel professionnel judiciaire a dénoncé le trompe-l’œil qu’ont été la création et le fonctionnement du JDL pendant dix ans ?
* A ce sujet, il est intéressant de lire le rapport de l'enquête administrative effectuée suite à ce ramdam médiatique.
En rapide, un cadre policier qui juge à bon escient que le port des menottes ne s’impose pas, un policier subalterne qui décide que le port des menottes s’impose, le cadre policier qui ne sait pas faire valoir son autorité et sa décision à son subalterne.
Ajoutez à cela une greffière qui décide des conditions de la présentation au juge d’instruction...
Ajoutez à cela des gendarmes qui exécutent sans nuance les ordres de la greffière... A pleurer. Et c'est parti pour la suppression... du juge d'instruction.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 12 mars 2010 à 06:55
La réforme actuelle de la justice ? Une poudre aux yeux !
Réformer pour réformer ça ne sert à rien si on n'introduit pas de LA Justice, dans le système judiciaire.
Où et quand le citoyen a-t-il été consulté "en transparence" sur les modalités de cette réforme ?
Sa voix est-elle moins sage que celle des syndicats de la magistrature ?
Où et quand y a-t-il eu débat démocratique ?
Là pour le coup un référendum populaire aurait eu toute son importance. A condition d'avoir porté sur autre chose qu'UN seul oui/non.
L'esprit des Lois où est-il dans cette réforme ?
L'homme est-il fait pour la loi ou est-ce la loi qui est faite pour l'homme ?
La France est de moins en moins un état de droit et de plus en plus un état de lois.
La complexité de la procédure prend le pas sur l'esprit de la Loi. Ce n'est pas de la modifier qui permettra d'arriver à une meilleure justice, il y aura toujours des procéduriers qui sauront exploiter les failles du système.
Tant que la justice ne sera pas rendue avec équité, tant que les mêmes droits ne seront pas garantis autant à la défense qu'à l'accusation, aucune réforme ne sera porteuse de plus de justice.
Tant que l'indépendance à toute obédience ne sera pas totalement garantie avec ou sans juge d'instruction, aux magistrats chargés de rendre justice au nom des citoyens, il y aura toujours soupçon d'ingérence.
Tant que les citoyens n'auront pas droit de regard sur l'exercice de la justice, y compris dans les débats contradictoires et la motivation des jugements prononcés, il n'y aura pas de véritable justice citoyenne.
Je sais que cela interdirait le droit syndical. Que cela obligerait les magistrats instructeurs à tenir compte des demandes d'actes de la défense. Que cela équilibrerait (sans l'imposer) un peu plus la preuve face à l'intime conviction.
Cela nécessiterait une meilleure participation du citoyen (échevin ?) aux décisions de justice.
Mais les magistrats retrouveraient ainsi la dignité que les citoyens leur refusent actuellement.
Cela aurait le double avantage d'avancer une réforme à moindre frais et de privilégier la sacro-sainte "présomption d'innocence" !
Personnellement je suis pour une meilleure dépendance de la police envers le parquet… dépendance pour emploi. Mais un parquet indépendant et rendant des comptes aux citoyens selon le principe de la transparence et de l'équité.
Oui, je sais, je ne suis ni magistrat, ni policier, ni même juriste. Mais je suis un citoyen au nom duquel on rend justice, qui détient le droit de vote démocratique et qui pourvoit au fonctionnement de l'institution judiciaire et aux salaires des fonctionnaires avec ses impôts.
Il est permis de rêver que la justice retrouve son J majuscule... non ?
Cordialement
Pierre-Antoine
Rédigé par : Pierre-Antoine @ Ludovic | 11 mars 2010 à 21:37
La Justice de demain … Voyons déjà la politique d'aujourd'hui. Une anecdote (Source: L'Union de Reims/11-03-2010): Nadine Morano en campagne régionale et visite dans un bistrot sent en ce lieu une odeur de tabac. C'est qu'on fume encore dans les troquets de campagne et c'est tant mieux; au moins cette liberté n'y est pas encore bridée quoique ces derniers, hélas, disparaissent davantage chaque jour à cause cette loi et tout le reste ... Ni une ni deux, elle se précipite sur son téléphone et au vu et su de tous les clients et le cafetier qui l'accueillit chaleureusement, appelle la gendarmerie la plus proche pour faire constater le délit … Le bistrotier se prend une amende de 150 euros. Voilà comme on est tombé bien bas … Je gage que même un magistrat réactionnaire du Parquet, amoureux de l'application stricte de la Loi, un peu dégarni des cheveux, un peu rond naturellement, n'aurait pas fait cette vacherie à ce pauvre homme quand il serait entré dans ce bar pour y prendre un café ou une bière ou n'importe …
Bonne soirée, mon cher PB … Hé hé!...
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 11 mars 2010 à 20:47
Pour avoir lu l'intégralité du projet de loi je dois dire que je ne le trouve pas trop mal au final, même si évidemment ceci n'est que la vision d'un citoyen ordinaire et non d'un spécialiste, mais tout de même d'un justiciable.
La police et la gendarmerie, ou plutôt les OPJ de ces deux corps, vont faire la tête c'est sûr. Dixit un commissaire de mes relations, c'est la petite mort de la police.
Le gens vont être contents par contre car plus de fouille à corps par les forces de l'ordre... seulement par un médecin.
De gros changements dans le déroulement de l'enquête qui sera entièrement sous le contrôle de la magistrature. Le procureur pouvant désigner nominativement le ou les opj chargés de l'affaire. Ils sont déjà nommés territorialement parlant par ce même procureur actuellement.
Idem pour les GAV, tout plein de nouvelles choses que je vous invite à lire.
Pour en revenir au fond, tous ces braves gens qui gesticulent dans la rue ont-ils au moins lu l'intégralité du texte ?
J'en doute, le parti pris ne l'impose pas.
Une chose pour laquelle je suis prêt à parier, c'est que si la gauche vient au pouvoir en 2012 elle ne changera rien ou presque à ces mesures, comme cela a déjà été fait dans tous les sens précédemment.
L'opposition s'opposant mais ensuite profitant des textes préalablement passés.
C'est à vous dégoûter de la politique.
Rédigé par : Surcouf | 11 mars 2010 à 20:21
Si Sénèque avait proposé cette réforme, on l'aurait suivi les yeux fermés...
Mais là... franchement...
Depuis 2007, qu'a-t-on vu ?
Quel esprit a soufflé sur la France et ses institutions ?
Quelle manifestation d'une Vertu irréprochable a-t-on pu observer ?
Quel comportement exemplaire a-t-on constaté ?
"D'où parles-tu ?" a-t-on envie de dire à Sarkozy.
C'est trop tard. Pas ça, pas lui.
Rédigé par : Savonarole | 11 mars 2010 à 18:56
Achille, qu'est-ce que vous êtes doué ! Et avec les oreilles qu'est-ce que vous faites ?
Attention toutefois à vos chevilles, vous êtes bien placé pour savoir qu'elles sont fragiles.
Rédigé par : Catherine A à Achille : et avec les oreilles ? | 11 mars 2010 à 18:15
"Pourquoi pas des états généraux, généreux, de la justice ?"
dites-vous !
Et puis des états généreux généraux régénérateurs !!
Belle idée !
Rédigé par : Cactus | 11 mars 2010 à 18:02
Toujours plus fort.
Test de balises HTML caractères gras ET italique !
Bonsoir Philippe Bilger!
Rédigé par : Achille | 11 mars 2010 à 17:32