Luc Ferry s'est interrogé (Le Figaro) sur les raisons du crédit maintenu en France à une extrême gauche toujours marxiste, révolutionnaire et fascinée par la violence, représentée notamment par Olivier Besancenot et Alain Badiou. Il s'étonnait de cette persistance alors que les monstruosités du passé auraient dû l'interdire et que nos voisins européens se moquent de cet étrange phénomène français. Si le constat de Luc Ferry est très pertinent, il me semble toutefois qu'il prend avec trop d'ironique légèreté, presque avec condescendance, une situation qui, aussi scandaleuse qu'elle soit sur le plan intellectuel et politique, justifierait une approche moins désinvolte.
En effet, ce n'est pas par hasard que cette idéologie, avec pourtant tant de cadavres au fond de ses placards, continue à avoir droit de cité en participant aux débats médiatiques. Elle bénéficie de la curiosité promotionnelle attachée à ses personnalités emblématiques, peu nombreuses mais cultivées à raison même de leur rareté. L'explication consistant à dire que la démocratie contient naturellement en son sein ses adversaires résolus et que c'est en quelque sorte sa définition, est un peu courte si j'ose nuancer le propos de Luc Ferry. Certes, un autre régime que le nôtre, dont le pluralisme est l'oxygène, aurait depuis longtemps chassé des contradicteurs aussi peu accordés au socle commun, quelles que soient par ailleurs les divergences d'idées.
Je me demande aussi s'il n'y a pas dans une société, en chacun de nous, quelle que soit notre part civilisée et consensuelle, une aspiration à en satisfaire une autre plus secrète, sombre et détestable, qui ne se détournerait pas de la violence. Au contraire, je ne suis pas loin de croire que la vivre par procuration, par l'entremise des révolutionnaires "installés" d'aujourd'hui, constitue une sourde volupté, un masochisme qui apparemment fait mal mais au fond, fait du bien. On ne se déprend pas aisément de la bête qui en nous veut sa place et quand elle ne s'exprime pas par des actes, elle s'enivre des mots et des pulsions extrêmes secrétés par les rares qui continuent à prêcher la guerre sociale comme le moyen d'une renaissance.
Cependant, derrière ces élucidations par le biais de la démocratie et de la psychologie, il en est une autre qu'on répugne à affronter parce qu'elle est lourde de menace. C'est qu'en dépit des remèdes apocalyptiques et totalitaires proposés par ces révolutionnaires heureux de profiter de la bienveillance de cette classe et de ce pouvoir qu'ils vouent aux gémonies, il y a la réalité, qui aujourd'hui les sert. Elle est dure, contrastée et donne un coup de fouet à leurs vaticinations. On apprend, dans une double page remarquable du Parisien, "qu'en pleine crise, on assiste au retour en force des milliardaires" et que, pour l'ex-vice-président de la Bourse de New York, Georges Ugeux, "les riches sont plus riches et les pauvres, plus pauvres". Ces magnats constituent la pointe somptuaire et éclatante d'un système qui dans sa base voit flamber le chômage et les déficits se creuser. Il est évident qu'en face d'un tel tableau, la démagogie peut s'en donner à coeur joie en proposant une politique aussi sommaire et brutale que ce à quoi elle prétend remédier et qui est indiscutablement choquant dans un schéma manichéen. Comment faire comprendre que l'inégalité du réel ne doit en aucun cas appeler une vision politique et sociale qui ferait disparaître le réel dans sa complexité sans abolir l'inégalité ?
On risque de ne rien percevoir de la gravité de ces discours d'un autre âge, qu'on espérait vraiment révolu tant il a trop massacré, si on n'accepte pas cette donnée : le pire sert de nourriture à ces élucubrations que notre démocratie récuse. De grâce, ne prenons pas la substance chaotique du monde pour une preuve de la validité de cet extrémisme dénoncé à si juste titre par Luc Ferry. Il exploite ce qu'il ne saurait résoudre mais seulement pousser au paroxysme.
Il faut les prendre au sérieux, ces révolutionnaires, aujourd'hui, du verbe. Demain ?
Tolstoï regrettait sa condition de « riche » qui, selon lui, représentait une attache empêchant son esprit de s’envoler. Le parallèle avec la chanson de Brassens, Les Oiseaux de Passage, est frappante. (mon avis complet ici http://bit.ly/chVf0b )
Rédigé par : Des Geeks et des lettres | 27 mars 2010 à 21:41
Cher Philippe,
Autant je vous admire pour la qualité et la justesse de vos textes lorsque vous parlez du projet de réforme de la justice ou de la liberté d'expression, autant je vous trouve extraordinairement "creux" lorsque vous tentez une analyse politique. Votre propos s'avère alors éminemment bourgeois, donc réducteur, et passe à la trappe une problématique essentielle, celle de l'existence de la lutte des classes.
Bien à vous.
Rédigé par : Patrick | 27 mars 2010 à 13:07
Oui Monsieur, sur l'article de Monsieur Zemmour, je veux juste vous rappeler que Paris ce n'est pas la France et si à Paris il y a beaucoup de Noirs et autres qui sont confrontés à la justice, ceci ne justifie en rien qu'un Noir soit systématiquement contrôlé à Poitiers par exemple. Je ne suis pas homme de droit mais rien que l'idée de justifier les propos de Eric Zemmour va nous mener à notre perte.
Rédigé par : Patrick | 24 mars 2010 à 20:32
Vu l'heure où se lèvent les postiers, leurs révolutionnaires ont forcément le couche tôt* entre les dents. Étonnez-vous après cela qu'ils marmonnent des trucs mal compréhensibles !
Robert, excellente sortie, de 12h38.
AO
* que la famille du commandant n'y voit aucune a(i)llusion, même révolutionnaire.
Rédigé par : oursivi | 15 mars 2010 à 15:39
"Il faut les prendre au sérieux, ces révolutionnaires, aujourd'hui, du verbe. Demain ?"
Ne vous inquiétez pas cher PB, ça pètera en Chine bien avant chez nous.
Il y aura du sang versé, et cela redistribuera les cartes dans le monde entier...
Rédigé par : Alex paulista | 15 mars 2010 à 15:18
Le pire dans tout ca est quand meme que ce Monsieur Badiou nous obligerait a porter les pulls affreux qu'il arbore et qui ressemblent a s'y meprendre a ceux dont on nous affublait petits au debut des annees 70 ; la prehistoire donc !
Pitie !
Rédigé par : Valerie | 15 mars 2010 à 14:18
PA, quelle est cette nouvelle manie de nous copier coller la trombine débonnaire (mais au regard toujours très précis) de PB à tous les coins de rue ?
A part nous convaincre que n'êtes pas camionneur, vu que ne sommes pas dans une cabine et que PB n'a rien d'une pin-up ?
Sur les propos intéressants concernant les révolutionnaires utiles ou pas, le commentaire de JDR est à peu près ce qu'on peut retenir de mieux dans ce qui méritait d'être rappelé.
Comme leur vrai visage quand la lumière ne s'est encore levée :
http://www.youtube.com/watch?v=A_pS3ddXMJw&feature=PlayList&p=C7CBA3C7AAF671C5&playnext=1&playnext_from=PL&index=68
et une fois le jour levé, cela se banalise :
http://www.youtube.com/watch?v=g5Y-wiIV_rU&feature=PlayList&p=C7CBA3C7AAF671C5&index=69&playnext=2&playnext_from=PL
AO
Rédigé par : oursivi | 15 mars 2010 à 14:00
Votre billet, Monsieur Bilger, a suscité une très riche palette de réactions, souvent très érudites et provenant de toutes les nuances de pensée. Pour cela, merci.
Vous concluez en précisant : "De grâce, ne prenons pas la substance chaotique du monde pour une preuve de la validité de cet extrémisme dénoncé à si juste titre par Luc Ferry. Il exploite ce qu'il ne saurait résoudre mais seulement pousser au paroxysme."
Certes, si l'on se réfère à l'extrémisme d'Alain Badiou qui, une fois au pouvoir, ne serait qu'un Pol Pot bis, vous avez parfaitement raison.
Cependant, il convient de constater que le système ultra-libéral actuel, conçu par ses tenants comme l'aboutissement de l'Histoire, est en train de devenir à son tour, faute de contrepouvoir suffisant, un vrai système dictatorial, voire totalitaire, n'affichant qu'une démocratie de façade comme jadis feu le système soviétique.
Faute de se réguler et de modérer ses propres excès, il deviendra insupportable à la majorité qui ne pourra que se révolter. L'Homme révolté, avait écrit Albert Camus. Nous pourrions assister encore à de sérieuses explosions difficiles à condamner sur le fond... malgré la maîtrise de la communication et le bourrage de crâne réalisé par nombre de nos élites partisanes !
Rédigé par : Robert | 15 mars 2010 à 12:38
Ce qu'il aurait pu me dire :
"Pierre-Antoine, regardez-moi bien dans les yeux et gardez le silence, tout ce que vous allez dire pourra être retenu contre vous, j'enregistre tout ce que vous dites !"
Je ne vous crois pas capable d'une telle mesquinerie, votre sourire vous trahit :-)
Cordialement
Pierre-Antoine
Source "http://www.francesoir.fr/uploads/articles/db67871d3fbb8533d97574fb489f8a07.jpg"
Rédigé par : Pierre-Antoine | 15 mars 2010 à 10:16
@Duval Uzan ?
Fixer intensément le regard de Philippe sur le blog ?
Que nenni... je ne suis pas assez innocent pour ça :-)
et puis un regard rapide suffit amplement à discerner le sourire fugace qui se dessine sur ses lèvres !
Cordialement
Pierre-Antoine
Rédigé par : Pierre-Antoine | 15 mars 2010 à 10:05
@Catherine Jacob
Je n'ai cité que le site, pas le lien complet, mais si vous recherchez "Philippe Bilger" sur Google/images, vous le trouverez, c'est ce que j'ai fait.
Que m'a-t-il répondu ? Rien, devant de telles charges l'accusé ne peut que garder le silence...
Là... je sens que Philippe se gratte le peu de cheveux qui lui reste...
Heureusement qu'il oppose son légendaire humour à ma non moins légendaire irrévérence :-)
Cordialement
Pierre-Antoine
Rédigé par : Pierre-Antoine | 15 mars 2010 à 10:02
Le lien de la chanson de Jean Ferrat s'est volatilisé, navrée :
Dailymotion - Le bruit des bottes - une vidéo Musique
ou ce lien !
Rédigé par : Marie | 15 mars 2010 à 08:24
"Savonarole,
"Besancenot, José Bové, Eva Joly, D. Cohn Bendit, sont des "idiots utiles", ils canalisent une frange contestataire française irréductible"
Ben-Dit donc... vous pensez vraiment ça ?
Rédigé par: Herman | 14 mars 2010 à 11:56
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Les résultats des Régionales sont là !
-Toutefois, je concède que Besancenot n'est plus très "utile" : comment effrayer le bourgeois avec 2,4 % ?..
-Il va falloir trouver autre chose. Nouveau casse-tête pour Sarkozy...
-Nathalie Kosciusko-Morizet prévoit déjà de récupérer des votes "Europe Écologie"... Tour de Babel infernale, attelage d'ânes et de percherons.
-L'avance confortable du PS permet de se passer de la baudruche verte, dans bien des cas... Les électeurs viendront tout seuls.
-Le "coup de boule" FN pèse autant que cette écologie qui a bénéficié d'un battage médiatique hors normes (Copenhague).
Dès lors, d'ici à mardi 18 heures, dépôt des listes du second tour, les grands requins blancs vont bouffer leurs poissons pilotes.
Rédigé par : Savonarole | 15 mars 2010 à 04:52
L'article de Luc Ferry auquel vous faites référence n'est pas lisible sur le site du Figaro qui l'a bloqué. Du moins, je ne l’ai pas trouvé !
Madame Alliot-Marie joue, de son côté, la corde "du terrorisme de l'extrême gauche" !
http://lci.tf1.fr/france/societe/2008-02/alliot-marie-craint-terrorisme-extreme-gauche-4889534.html
A la veille d'élections, il faut faire peur. C'est devenu le leitmotiv des campagnes. Faire peur particulièrement lorsqu'il y a une contestation montante d'une partie du peuple…
Il faut bien lui faire croire qu'une oreille lui est attentive parfois !
On prête à Voltaire : "Il est à propos que le peuple soit guidé et non pas instruit. Quand la populace se mêle de raisonner, tout est perdu."
A Jean Ferrat la chanson ci-après.
Grand chanteur engagé, magnifique voix, que je salue. Son départ me navre infiniment.
Rédigé par : Marie | 14 mars 2010 à 18:11
J.D.Reffait,
Bien sûr qu'il n'est pas question pour Besancenot et Cie de passer le capitalisme par-dessus bord !
Ils revendiquent l'anticapitalisme pour enseigne, alors que leurs discours ressassent la "redistribution des richesses produites en faveur des salariés". Contradiction majeure !!!
Et puis franchement, Besancenot, comme débatteur sur les plateaux télé est excellent, mais à une tribune, ça change du tout au tout... L'impression d'un adolescent boutonneux en colère parce qu'on lui a volé sa bicyclette...
A Lutte ouvrière, c'est la même chose : dans le même discours, sur le thème de la décroissance, le tribun se réfère à l'anticapitalisme, tout en défendant un peu plus loin toutes les avancées du capitalisme :
http://www.lutte-ouvriere.org/documents/multimedia/cercle-leon-trotsky-173/article/la-decroissance-une-doctrine-qui-8962
Sinon, JD.Reffait, il y a un alter-mondialiste, que tous ces hurluberlus rebutent, il s'agit de Jean Zin, et il tient un blog :
http://jeanzin.fr/
Bon, c'est la troisième fois que je mets ce lien dans les commentaires... en espérant toutefois que certains le franchiront...
Savonarole,
"Besancenot, José Bové, Eva Joly, D. Cohn Bendit, sont des "idiots utiles", ils canalisent une frange contestataire française irréductible"
Ben-Dit donc... vous pensez vraiment ça ?
Rédigé par : Herman | 14 mars 2010 à 11:56
Ah, nous voici presque d'accord, cher Philippe ! Je m'en réjouis, à deux nuances près : je ne peux mettre dans le même sac Besancenot et Badiou. Le premier est victime du "désir d'empire" et de son mignon physique qui est censé attirer quelques kilo-électrices. Le second est un théoricien radical, mais je ne l'ai jamais entendu appeler à l'action violente (récemment, du moins). Par ailleurs, il y a dans les "papas en politique" du jeune Olivier des gens forts intéressants (Krivine, Bensaïd) mais qui, je crois, le manipulent un peu à l'insu de son plein gré. Avez-vous remarqué que quel que soit le sujet abordé, il a tendance à dire, au bout de deux phrases, "moi, dans mon bureau de Poste, je..." même si on parle culture ou armement nucléaire... Olivier Besancenot voudrait être "adoubé", pas élu, ou alors au sens de "peuple Elu" :-)
Mon problème est qu'il partage, je crois, le même dédain profond que Dominique de Villepin il y a quelques années pour les urnes et les électeurs réels : il s'estime au-dessus de ça... Cela s'appelle surévaluation de l'ego, et à un stade avancé, paranoïa... Mais pas d'angoisse : ainsi que l'explique Umberto Eco, il est ce que Lacan appelait un "Ilote de ce régime"...
Rédigé par : Jean-Yves Bouchicot | 14 mars 2010 à 08:26
L.Dingli et Aïssa, pour vous mettre d'accord, il faut citer la dernière phrase que Lavoisier a entendue avant d'être guillotiné :
"La République n'a pas besoin de savants !"
Rédigé par : Savonarole | 14 mars 2010 à 07:45
Rédigé par: Pierre-Antoine @ Toutes et tous | 13 mars 2010 à 11:30
souce "www.metrofrance.com/_international"
"Page non trouvée
La page que vous cherchez n'a pu être trouvée. Elle a pu être déplacée, son nom modifié ou elle est temporairement inaccessible."
"N'est-il pas beau notre Philippe devant son ordinateur en train de lire nos commentaires ?
Tend-il son pouce pour dire "chapeau" ou se gratte-t-il le nez dubitatif ?"
Que vous a-t-il répondu?
Rédigé par : Catherine JACOB@Pierre-Antoine | 14 mars 2010 à 04:31
PS : Aïssa, mea culpa, mea magna culpa, je vous avais mal compris, vous vouliez dire évidemment que Lavoisier a été condamné en tant que fermier général et non que savant. Sans doute, mais n'oubliez pas la haine que portaient certains jacobins aux académies dans lesquelles ils n'avaient pu entrer en raison de leur médiocrité avant la Révolution.
J'avais oublié de dire que je ne crois pas comme vous que le lien social ne soit "rien autre que la peur que l'homme inspire à l'homme".
Rédigé par : Laurent Dingli | 13 mars 2010 à 21:21
Je ne voudrais pas être désobligeant en pointant une de vos erreurs (nous en faisons tous), cher Aïssa, mais le savant et le fermier général Lavoisier ne sont qu'une et même personne (vous deviez penser à autre chose). Pour le reste, vous jouez sur les mots, Aïssa, entre "le sang cimente la liberté" et "le sang a forcé la liberté". Quelle nuance subtile ! C'est sans doute en effet parce que je n'ai pas votre finesse d'analyse psychologique que je ne l'ai pas saisie. En ce qui concerne les réformes du 19ème s. vous prêchez un convaincu. Bref, je ne comprends pas très bien l'objet de votre réponse. Mais ça n'a aucune importance et, comme vous avez atteint depuis peu la sagesse (à l'approche de la cinquantaine), j'essaie de suivre votre exemple.
Rédigé par : Laurent Dingli | 13 mars 2010 à 21:09
Des commentaires de haute qualite !
Rédigé par : Valerie | 13 mars 2010 à 19:55
M Bilger,
Vous dites M.Besancenot fasciné par la violence. Sur quel argumentaire repose votre phrase sibylline ? Serait-ce une diatribe sybarite ? A défaut d'apophtegme vous agitez le spectre du drapeau rouge. Vous désignez deux personnes comme les pires ennemis de notre démocratie. Il me semblait que les comportements clientélistes, racistes, dévoyés, carriéristes, incompétents de nombre d'élu(e)s sapaient notre démocratie. Je pense que l'homogénéité de cette caste ne représente aucunement la diversité sociétale. J'ai la fâcheuse impression de toujours voter contre une personne ou un parti, et jamais pour. Je suis toujours hésitant entre l'abstention ou un vote sanction. Tels sont les symptômes d'une démocratie d'apparat impuissante à résorber la misère humaine croissante, et dont M.Besancenot ne saurait apporter le moindre remède.
Un orphelin démocratique.
Rédigé par : Frédéric | 13 mars 2010 à 16:27
@Pierre-Antoine
Merci pour la photo mais regardez celle du blog, fixez-la quelques minutes en la regardant droit dans les yeux, et voyez qui rit le premier !
C'est toujours Philippe Bilger !
Vous finirez par ne plus savoir si c'est une photo ou une vidéo !
Faites-en l'expérience, surtout fixez-la bien et sans bouger.
Bonne chance
Duval Uzan
Rédigé par : Duval Uzan | 13 mars 2010 à 14:43
Bonjour
Le pire dans cela est que Trotsky, avant lui Lénine, plus tard Mao ... ne sont que des bricoleurs de doctrine, celle de Marx j'entends, et en admettant que le Manifeste soit une doctrine et non un essai ... Les intellectuels français de gauche portent l'épouvantable responsabilité d'avoir soutenu l'insoutenable (Staline, Mao, Pol Pot ..) tout en sachant ou ayant les moyens de savoir qu'il s'agissait de bricolage intellectuel !
Pour ce qui est de la persistance d'une extrême gauche en France, elle durera tant que l'on ne sera pas décidés à apprendre aux écoliers que la Bastille s'est rendue, que le Marquis de Sade était le Secrétaire de la section des piques sous la terreur (SM à la Conciergerie ?) et que le bonapartisme (aujourd'hui encore nous avions à choisir entre deux Bonapartismes : Ségo et Sigo) a amené la ruine de notre pays !
C'est une pure question culturelle.
Bonne journée
David
Rédigé par : david | 13 mars 2010 à 14:09
Non plus, Laurent car vous passez de la Terreur à la fin de la Commune, c'est-à-dire un bond de 80 ans… De ce temps du XIXème siècle, vous faites fi comme s'il ne fut que massacres et injustices. C'est un peu réducteur, ne trouvez-vous pas ? Certes, si la République n'a pu être restaurée durablement qu'en 1875 (pour les raisons que vous soulevez mais celles-ci restent naturellement à discuter…), il n'en demeure pas moins qu'entre la fin de la Terreur révolutionnaire et la fin de la répression de la Commune, il y eut quand même quelques réformes et avancées politiques, démocratiques et sociales positives et significatives… La France n'a pas été durant tout ce temps dans le néant politique et social et dans la barbarie permanente. Elle n'a pas régressé scientifiquement non plus, malgré la condamnation non du savant mais du Fermier général Lavoisier… Ni en Droit malgré celle de Malesherbes… Etc. Sous Louis-Philippe, il y eut des avancées ; sous Napoléon III également. Vous faites une lecture erronée de ce que j'ai écrit. Vous faites même une lecture passionnée certes mais superficielle de l'Histoire. Les ressorts psychologiques de l'humain semblent vous échapper... Or ce sont eux qu'il faut appréhender avant toute chose. Je ne pense pas que le sang cimente la liberté, pour reprendre votre expression … Je constate (ce qui n'a jamais voulu dire -approuver-) simplement qu'historiquement le sang a forcé la liberté. Je ne crois pas à un quelconque angélisme de l'humain, qu'il soit d'une extrême ou d'une autre. C'est différent. Vous dites encore que je pense que ce serait la peur du bourgeois qui le pousserait par anticipation à promouvoir, etc. Oui et non. Non car le bourgeois n'a pas le monopole de la décision politique et sociale, aujourd'hui encore. Un représentant du Peuple n'est pas nécessairement bourgeois au sens où j'entends bien comment vous l'entendez … Et oui car comme je l'écrivais déjà en 1989 dans L'ECLATEMENT: «Le lien social (dans son essence la plus profonde et inconsciente à l'Homme) n'est rien autre que la peur que l'homme inspire à l'homme».
Aïssa.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 13 mars 2010 à 13:23