L'Etat irréprochable existe : je l'ai rencontré.
La Suède a depuis longtemps tenu les promesses de la France et le pouvoir, ici et là-bas, n'a pas la même saveur, la même couleur, la même odeur. Pour schématiser, chez nos amis scandinaves il est un service qu'on rend ; chez nous un privilège qu'on octroie. D'un côté une charge pour le bénéfice de tous, de l'autre un honneur pour le bénéfice de soi. On n'en finirait pas d'énumérer les différences aussi bien matérielles que psychologiques. La Suède est fière de l'absence de pompe quand la France elyséenne s'enivre d'une majesté qui coûte cher.
Le Figaro, qui publie d'excellents articles quand il parvient à échapper à Etienne Mougeotte, a récemment traité des "gouvernements européens à l'heure de l'austérité" sous la signature de Stéphane Kovacs. On apprend que nos voisins se sont déjà mis "au régime sec : voitures et logements de fonction, nombre de collaborateurs".
Sur la Suède, c'est particulièrement éclairant. Les ministres déjeunent à la cantine comme les hauts fonctionnaires et les secrétaires. D'énormes titres dans la presse si un ministre oubliait de débarrasser son plateau ! Cela n'empêche pas qu'au ministère des Affaires étrangères, les hôtes en visite soient bien accueillis et bien nourris.
"Modestie, rigueur et honnêteté", c'est le programme que les ministres suédois se doivent de respecter scrupuleusement. Les tentations sont d'ailleurs évitées. Pas de logements de fonction sauf pour le chef du gouvernement qui a droit à un appartement de 175 m2 pour lequel il paye un loyer minime. Pas de voitures avec chauffeur mais la police assure le transport des ministres si nécessaire. Les bureaux sont sobres et fonctionnels. Rien de somptueux ni d'inutile. Tout pour l'efficacité, rien pour la frime. Les frais de réception et de déplacement, les communications téléphoniques : tout est minutieusement réglementé et vérifié. Les portables personnels servent aux communications privées et les ministres voyagent en classe économique sauf sur les vols long-courriers.
Pour illustrer cette rigueur, à la fin de l'année 1995 le numéro deux du gouvernement suédois avait été obligée de démissionner pour avoir réglé avec sa carte de crédit de fonction quelques barres chocolatées.
Il serait trop facile de tourner en dérision ce puritanisme de la rectitude qui, chez nous, ne laisserait personne au pouvoir. Je constate seulement qu'un tel régime a fait ses preuves et que, si l'alternance politique modifie les projets, les réalisations et les équipes selon la ligne libérale ou sociale-démocrate promue, jamais la morale publique n'est offensée ni les citoyens dressés viscéralement contre leurs gouvernants. Parce que ceux-ci, grâce au train de l'Etat, à l'apparence modeste du Pouvoir, à la similitude des conditions entre ceux qui administrent et les administrés, sont dans tous les cas respectés. On peut déplorer le vote d'une loi mais on ne vouera pas la classe politique ni la politique elle-même aux gémonies. Parce qu'il y a une forme de vertu s'il n'y a pas consensus sur le fond, celui-ci étant bien moins important que celle-là. Cette obligation éthique, non discutée par les Suédois, vient sans doute de la lucidité du protestantisme sur la nature humaine : pour éviter à cette dernière des débordements incontrôlés, il convient d'écarter toutes les tentations sur la route et l'exercice du Pouvoir. L'exigence de simplicité strictement encadrée a ceci de bon qu'elle censure tout désir d'excès. Elle protège contre soi.
Je suis persuadé que de l'extérieur, les principaux responsables français applaudissent le modèle suédois mais se garderaient bien de le mettre en oeuvre, même dans ses grandes lignes, ses tendances essentielles. Il y aurait pourtant du pain sur la planche de l'Etat et quel bonheur ce serait de percevoir une diminution du somptuaire au profit du nécessaire. Je crains que Paul Valéry soit toujours félicité par notre classe politique pour avoir écrit que "le pouvoir sans l'abus n'offre aucun charme". Il y a dans la tradition française une incoercible envie de faire déborder la démocratie en gabegie (Le Monde).
Pourquoi la France est-elle si convaincue que le pouvoir a besoin d'apparences, de manifestations ostensibles, de la traduction concrète et quantitative de la supériorité de ceux qui dirigent sur ceux qui sont dirigés ? Si la France officielle ne s'enrobait pas de luxe et d'un appareil à la fois impressionnant et gênant pour la vie de tous, craindrait-on une méconnaissance de la légitimité du Pouvoir, une mise en cause de celui-ci, le risque que président, Premier ministre et ministres ne soient plus pris suffisamment au sérieux ? On sent bien que chez certains la profusion dont ils aiment s'entourer et profiter est l'unique moyen qu'ils ont trouvé pour démontrer qu'ils sont importants.
La modestie de l'Etat suédois, loin de le réduire, lui permet de concentrer toutes ses forces sur l'essentiel. Le corps privé de sa graisse est prêt pour tous les combats et tous les défis. Le luxe et l'apparat emprisonnent quand la simplicité, à tous points de vue, libère. J'aime qu'on ne veuille pas se distinguer, par la forme, des habitudes de la communauté nationale pour mieux gouverner sur le fond. Rien de ridicule dans cette ascèse qui n'appelle surtout pas la condescendance d'Etats trop enflés ! Là où on tente d'aller contraints et forcés, la Suède y est parvenue librement depuis longtemps.
L'Etat irréprochable existe : je l'ai rencontré en effet.
M. Gunnar Lund, ambassadeur de Suède à Paris, et son épouse Kari Lotsberg, que nous osons dire des amis, démontrent, si nous avions pu en douter, à quel point la qualité d'une personnalité intellectuelle et humaine était inversement proportionnelle à la surabondance qui l'entoure et trop souvent l'étouffe. L'exemple suédois en action et en allure.
Pourquoi pas en France ?
Très cher Monsieur Bliger,
Décidément il faudrait vous propulser au sommet de toutes les hiérarchies et souhaiter que tous les procureurs de France et d'ailleurs soient du même tonneau que vous... Mais comment faites-vous donc pour exercer votre métier ?
Bien cordialement
Pascal Bernini
Rédigé par : pascal bernini | 26 juillet 2010 à 17:35
La sobriété des gouvernants n'est qu'un aspect ; il manque toute une analyse des injustices qui touchent les citoyens en France, et elles sont innombrables à donner la nausée. C'est beaucoup plus important que les 9000 euros de Boutin ou la douche de Sarkozy.
Ayant une double formation scientifique et humaniste, j'avoue ne guère aimer le droit, surtout d'inspiration romaine - et cela même en faisant l'abstraction de ces bonnes guerres rabelaisiennes entre étudiants.
Dès que je fouille le droit j'y trouve des choses faisandées, léonines, illogiques, impures. Tant dans l'actualité que dans l'Histoire.
Il est d'ailleurs une pustule passée qui me donne la nausée car elle me blesse profondément en tant que professeur ayant en charge des jeunes gens :
http://plus.lefigaro.fr/note/un-scandale-historique-oublie-majeurs-a-21-ans-mais-envoyes-a-la-guerre-a-18-ans-20100715-245241
J'invite M. Bilger à regarder cela de près, peut-être en nourrira-t-il sa réflexion. La France est malheureusement balafrée, vérolée de petites mesquineries de ce type.
Rédigé par : Rodolphe DUMOUCH | 17 juillet 2010 à 09:48
@ Irfan
Je rejoins totalement votre déception - pour ne pas dire plus - pour notre classe politique, tous partis confondus. Ses pratiques sont un venin distillé petit à petit dans la tête de tout démocrate.
Votre exemple au sujet de l'ambassadeur de France en Irak et de sa mentalité en dit long sur ceux qui pourtant doivent tout - du moins leur poste - à la nation. Leur attitude est lamentable et discrédite l'utilité même du vote, le mal est profond...
Respecter la loi à la lettre ou son esprit ? Les deux ! assurément, quand on a un minimum de dignité et de probité républicaines, n'est-ce pas M. et Mme Woerth ?
Rédigé par : bob | 14 juillet 2010 à 11:59
Nous devrions clairement prendre exemple sur la Suède notamment en ce qui concerne la transparence des dépenses des membres du gouvernement. Tout travail mérite salaire, on ne reprochera pas à un fonctionnaire dévoué et efficace la même chose qu'à un autre moins assidu.
Quant au faste de l'Etat français, il est tout juste bon à épater un diplomate venu d'un pays pauvre, mais en aucun cas il ne donne l'impression d'un pouvoir fort auprès des Français. Le faste n'inspire plus le respect mais le dégoût...
Rédigé par : Etsi3points | 13 juillet 2010 à 15:18
Quand de Gaulle habitait l'Elysée et qu'il organisait une fête pour ses petits-enfants, il assumait toute la dépense. S'il avait utilisé des fonds publics, personne n'aurait protesté. Autrement dit, il faut de bonnes lois, comme en Suède, mais de mauvaises lois ne sont pas une excuse. La vertu, partout, reste toujours possible.
Rédigé par : Baudouin Petit | 13 juillet 2010 à 15:00
@bourguignon
Merci pour l'article que vous signalez, je ne doute pas qu'il attirera le regard et la pensée de Philippe Bilger, étant symptomatique de cette élite sarkoziste (et de la droite des quartiers huppés en général). Impossible pour eux de voir ce qui leur semble inconcevable : un contrôle du peuple sur ses élus.
De même qu'Éric Woerth, sur lequel et sur la femme duquel les preuves s'accumulent (démission de Florence Woerth, démission du poste de trésorier de l'UMP, légion d'honneur à M. de Maistre, écurie de Mme Woerth, etc.) serait nécessairement innocent de tout car il a la figure d'un honnête comptable, et car un maigre rapport, écrit à la hâte, répondant à deux questions très ciblées de son prédécesseur, le "blanchirait" (ceux qui pensent cela n'ont pas dû lire le rapport, pourtant accessible en ligne) ; de même il n'y a aucune logique pour eux à tenir à la disposition aisée du citoyen les notes de frais de l'État. Par contre il faut être sûr que le petit fonctionnaire au guichet travaille tout son saoul ! (pour un smic)
La douche de Sarkozy dans le Grand Palais pour le sommet de l'UPM chiffrée à 240 000 euros, sans utilisation ? Oubliée.
La somme astronomique pour un avion de plus dans la flotte présidentielle ? Négligée.
L'explosion des finances de l'Élysée, avec plus de personnel, plus de conseillers, un salaire multiplié pour le Président qui pourtant ne paye rien avec ses deniers personnels ... ? Zappée.
Les abus répétés des membres de la majorité (Balkany et d'autres accompagnant Sarkozy sans raison, Elkabbach, Mougeotte dans la suite présidentielle pour certains voyages à l'étranger) ? Banalisés.
Pour ma propre expérience, j'ai rencontré ce genre d'attitude à deux reprises :
- l'ambassadeur de France en Irak, Boris Boillon, était venu à Sciences Po (où je suis étudiant) parler de la situation dans ce pays. Il a notamment dit qu'il était un "corsaire" ou "ambassadeur économique", et que c'était une bonne chose pour la France que l'Irak ait connu 650G$ de dégâts car nos entrepreneurs y avaient laissé un bon souvenir et pourraient avoir de nombreux contrats. Il a longuement insisté sur ses liens personnels avec le président de la République, sur sa jeunesse (39 ans, et l'apparence de 30-32 ans).
Je lui ai demandé s'il pensait qu'un ambassadeur devait avoir une éthique, et dans ce cas si la sienne était sarkozyste, ou républicaine.
Il m'a répondu sur un ton extrêmement agressif, m'accusant de partialité idéologique, etc. Le "corsaire", pour lui, est un personnage noble qui travaille pour son État (pourtant il garde 50 à 90% des prises, mais bon).
J'ai été sur le coup partagé, entre le choc et une inhibition : un personnage "illustre" pouvait me gronder, même si j'étais sûr de la justesse de ma question. Bref : dans la République française, le citoyen est redevable envers l'élu et celui qu'il nomme, mais pas l'inverse ? On marche sur la tête.
De là d'ailleurs j'ai pensé au délit "d'outrage au chef de l'État" et me suis dit qu'il ne devrait pas exister, mais à l'inverse, le délit "d'outrage du chef de l'État" lui, devrait rompre l'immunité du Président, ne serait-ce que par une amende symbolique à 1€ envers l'outragé (le pauv' con par exemple).
- pendant les élections présidentielles de 2007, les premières élections de ma majorité, ma commune (UMP, 94) avait décidé d'utiliser le vote électronique, dans des conditions douteuses. Je m'en suis ému auprès d'un conseiller municipal, textes de loi à l'appui (avec ces machines, il n'y avait pas assez d'urnes par inscrit, etc.). De fait, le premier tour a mal fonctionné, les résultats électroniques avaient une différence avec le nombre d'émargements, etc. Pour le second tour, nous avons voté avec bulletins et enveloppes, tout a bien fonctionné... et cet élu, ainsi que d'autres, n'ont pas voulu reconnaître que c'était une erreur, et ont accusé la jeunesse de ne pas faire confiance aux nouvelles technologies, alors que mon argumentation, et celle d'autres jeunes électeurs (nous étions allé voir le maire et ses conseillers en délégation non partisane), n'était pas tant sur le plan technologique que juridique et symbolique. Depuis cet essai, toutes les élections se sont déroulées à bulletin et urne. Aucune excuse de cet élu ni du maire.
C'est bien triste de voir un tel écart entre l'idée républicaine, les généreuses théories construites sous la IIIe République et innervées de deux révolutions pleines de courage, et la pratique honteuse qui caractérise ce régime (et ne concerne pas la seule UMP bien sûr).
Rédigé par : Irfan | 13 juillet 2010 à 14:24
@ Polochon | 12 juillet 2010 à 21:47
Si je comprends bien, en Suisse, les petits garçons de dix ans n'ont pas appris qu'on ne parle pas aux inconnus. Le fils de votre neveu a donc eu beaucoup de chance que cette fois-là, il s'agisse du président de la Confédération helvétique élu pour une année parmi les conseillers fédéraux traditionnellement élus président chacun à leur tour en fonction de leur ancienneté par l'Assemblée fédérale et dont le rôle est principalement symbolique et médiatique, en personne...!
@oursivi@Réveillons(chez)Bob | 12 juillet 2010 à 14:54
« Vous avez déjà vu un piéton écraser une voiture, vous ?
Et cela vote...?!!!
AO »
Je vous dirais bien que révoltée par l'incivisme de certains automobilistes qui se garent n'importe où, il m'est déjà arrivé d'avoir furieusement envie de ne pas contourner le véhicule gênant en empruntant la chaussée, et de marcher droit devant quitte à monter sur son capot!! Seule la pensée qu'il pouvait s'agit d'un furieux qui, confondant sa voiture avec un caractère sexuel secondaire, eût pu mal réagir, m'a arrêtée in extremis...
Rédigé par : Catherine JACOB@Polochon&oursivi | 13 juillet 2010 à 10:13
Selon l'indice de démocratie de The Economist, la Suède est en 2008 le pays le plus démocratique au monde avec un indice de 9,88/10. Mais cela reste une royauté, ça est-ce que c'est démocratique ?
Rédigé par : Roland | 13 juillet 2010 à 07:10
@Bob et AO
J'aurais plutôt tendance à relativiser la loi si je pense être fidèle à son esprit, et éviter ce qui est légal mais contraire à l'esprit. Le plus important pour moi c'est de rester en vie avec les miens.
Pour revenir à la Suède, j'aimerais que notre hôte pose une question à ses amis suédois qui connaissent bien la France. Si vous demandez son avis à un Suédois sur une question politique, il aura plus tendance à répondre ce qui est dans son intérêt que le Français, qui lui cherchera davantage ce qui est juste.
Notre vieille tendance à l'universalisme, notre culte de la raison.
Après, la pratique, c'est autre chose.
Rédigé par : Alex paulista | 13 juillet 2010 à 06:59
@ oursivi
Avant d'inviter les autres à une quelconque relecture, relisez donc le mien, de post, vous : je ne vous mets pas dans la camp des automobilistes, je dis que si en traversant au rouge pour les piétons - i.e. en ne respectant pas le code de la route -, vous vous faites rouler dessus, devoir payer pour vos frais d'hospitalisation me gêne.
Agir selon sa propre interprétation de la loi, circonstanciée et à son unique avantage, revient à la rendre inutile.
Le plus important est de respecter la loi. Partout, tout le temps.
PS : je n'ai pas tout compris de votre phrase-paragraphe où les sujets ont déserté.
Rédigé par : bob | 12 juillet 2010 à 23:04
Et pis y a ça sur la Suède :
http://premiereslignes.blogs.nouvelobs.com/archive/2010/07/03/mon-petit-malentendu-avec-eric-woerth.html#comments
En Suède, une loi datant de 1776 impose la totale transparence des services publics. Chaque citoyen peut demander les notes de frais d’un ministre.
Inutile de donner son nom ou la raison de sa demande, elle demeure anonyme. La loi oblige une réponse sous vingt-quatre heures.
Et pis ça aussi :
http://www.fluctuat.net/3083-Lundi-investigation-extrait-du-film-de-Virginie-Roels-video-15-
Rédigé par : Bourguignon | 12 juillet 2010 à 22:24
Monsieur Bilger,
La Suisse n'a pas toujours bonne presse en France mais elle est plus proche de la Suède et, sur de nombreux points, aussi démocratique, efficace et anti bling-bling. Voici une anecdote à ce sujet :
Ma belle-famille est suisse et le fils de mon neveu, âgé de 10 ans, prenait chaque jour le téléphérique pour se rendre à l'école, en plaine. Un jour, un adulte qui effectuait une promenade est descendu avec lui et a engagé la conversation. Le nom de cet adulte : Pascal Couchepin, à l'époque président de la Suisse. Pas d'escorte, pas de voiture officielle, quasiment incognito.
Rédigé par : Polochon | 12 juillet 2010 à 21:47
NS lui aussi l'a rencontré et pour sa part, il déclare se méfier des gens qui professent un trop grand mépris de l'argent au moins autant que de ceux qui sont obnubilés par lui. Et si cela avait été son cas, il ne se serait pas mis au service de ses concitoyens depuis trente-cinq ans qu'il fait de la politique (je résume le passage concerné).
Rédigé par : Catherine JACOB | 12 juillet 2010 à 21:45
Rédigé par : Alex paulista | 12 juillet 2010 à 18:06
Vous me décevez Alex Paulista.
Vos références culturelles quant aux différentes pratiques automobiles sont bonnes, mais ne pas voir que ce Bob auquel on ne tire pas son chapeau part d'une mienne assertion affirmant que l'on peut traverser au vert - en tant que piéton, relisez mon post - s'il n'y a pas la moindre voiture alentour, pour tenter de me mettre dans le camp des conducteurs grillant les feux - en tant qu'automobiliste, relisez son post - sous prétexte qu'ai pris un cas extrême incluant une situation totalement absurde à laquelle sa réponse suggère qu'il se plierait sans se poser de question, suggère, lui, qu'à un test de soumission à l'autorité de type Milgram ou assimilé, il serait de ceux qui désespèrent les consciences.
Ce qui ne signifie pas - je l'écris pour les ânes ou assimilés - qu'il ne faille pas respecter le code de la route comme les codes civil ou pénal, mais que se poser des questions quant à leur esprit n'a jamais rendu plus bête.
Bob, il est encore temps, êtes encore jeune, mon vieux.
Les lois sont faites pour tenter d'embrasser une population et des situations très hétérogène, on n'a pas le droit d'ouvrir la peau de ses contemporains... sauf si on est chirurgien, comme de souffler dans la gorge d'un inconnu, sauf s'il ne respire plus.
Le plus important est de savoir comment se situer par rapport à la loi.
Partout, tout le temps.
Voili, voilà.
AO
Rédigé par : oursivi@AP | 12 juillet 2010 à 19:55
@ oursivi,
Je ne glisserai pas sur votre terrain, qui est celui de la caricature ; je ne vous retournerai pas non plus l'horreur que m'inspire votre façon de penser, à savoir "moi, plus intelligent que beaucoup, suis apte à juger, dans toutes les situations et avec à-propos (cela traduit un sentiment de supériorité mal contenu) de l'esprit de la loi et donc si oui ou non il faut la suivre", i.e., osez donc le dire, quand cela sert mon intérêt particulier ; je reste sur l'idée que la loi doit être respectée, humblement, quand bien même les cas particuliers que nous rencontrons chaque jour peuvent sembler stupides, dans le cas qui nous occupe : attendre que le petit bonhomme soit vert pour traverser, voitures à l'horizon ou pas.
Mais je crois vous avoir reconnu. Un voisin m'expliquait récemment, totalement convaincu, qu'il était légitime qu'il se gare sur le trottoir, quitte à en empêcher l'accès au piéton, car quand il pleut, se garer là où c'est autorisé : "ça fait loin ; il faut des 'compromis'". En gros, vos compromis. Vous êtes ce voisin, ou son cousin.
Alex paulista a, lui, beaucoup de finesse dans le jugement.
Rédigé par : bob | 12 juillet 2010 à 19:14
Oursivi, ne soyez pas agressif avec Bob.
Au Brésil, pour des raisons de sécurité la nuit, il est fréquent d'interpréter le feu rouge comme un cédez le passage.
Après, on s'y habitue vite quand on est un peu pressé, surtout s'il n'y a personne à portée de vue.
Dans certains États ou boroughs des États-Unis, comme par exemple vers White Plains à la sortie de New York City, si vous vous arrêtez au feu rouge sur la file de droite vous aurez bientôt un concert d'avertisseurs sonores derrière vous. C'est que la loi dit que vous pouvez passer au feu rouge pour tourner à droite, s'il n'y a personne.
Au Liban, les feux sont cassés régulièrement par le voisin du sud. On apprend donc à relativiser leur importance.
Vous voyez, un feu rouge est parfois un stop qui s'ignore, à pied comme en vélo et en voiture.
Donc ce que dit Bob n'est pas si bête que cela, tout est affaire de décor et ce sont vos évidences ethnocentriques qui peuvent choquer.
C'est lui qui a raison: à partir du moment où vous vous référez à l'esprit de la loi et non à la loi, tout est relativisable suivant le contexte.
Les protestants vénèrent la loi pour la loi, c'est je crois ce qui rend leur système culturellement difficile à importer tel quel dans nos pays latins.
Mais on peut essayer d'en capter l'esprit.
Rédigé par : Alex paulista | 12 juillet 2010 à 18:06
Rédigé par : bob | 12 juillet 2010 à 16:47
Mon Bobounet que j'ai, vous êtes avec persévérance l'illustration de ce qui m'horrifie, le panurgisme de bon a-loi, le type qui traverse dans les clous même quand il n'y a pas de voiture, et qui en peindrait si n'en voyait pas, qui met son casque pour dormir, qui ne se pose jamais la question de l'esprit de la loi et de son éventuelle raison d'être, qui serait capable d'arrêter un chirurgien en pleine opération sous prétexte qu'il a ouvert la peau d'un pauvre inconscient, le croyant lui-même inconscient, bref vous êtes un mouton pour qui n'est que la loi sans l'esprit, et qui doit naviguer dans tout cela avec des réflexes que je n'hésite pas à qualifier de pathétiques.
Ne me remerciez pas, et il y a pas de behhhh, entre nous il n'y aura jamais de behhhh.
AO qui ne vous a pas coûté le moindre fifrelin, qui a 50% de bonus et tous ses points, et qui ricane de vos sermons sans objet et sans esprit. Et le fait même haut et fort. "guère escomptable"...
Rédigé par : oursivi | 12 juillet 2010 à 17:24
@ oursivi@Réveillons(chez)Bob
Votre agressivité montre que vous avez compris la bêtise de votre argument.
Un piéton écraser une voiture ? certes non, le problème est que si vous, en transgressant la loi et traversant au rouge parce que vous vous arrogez le droit de décider quand et dans quelles conditions vous respectez le code de la route, vous faites écraser sans succomber aux blessures, les frais d'hôpitaux seront en partie payés par les impôts de chaque contribuable, dont les miens, et là, ça me gêne.
La loi est la même pour tous (enfin il paraît), partout. Quand vous irez voter à pied la prochaine fois, pensez-y.
Rédigé par : bob | 12 juillet 2010 à 16:47
Rédigé par : bob | 12 juillet 2010 à 10:43
Superbe archétype de qui ne comprend rien.
J'avais écrit en rien "escomptable", amer merci de me le confirmer.
Vous avez déjà vu un piéton écraser une voiture, vous ?
Et cela vote...?!!!
AO
Rédigé par : oursivi@Réveillons(chez)Bob | 12 juillet 2010 à 14:54
Bonjour,
A cette différence dont l'examen fait pencher la balance en faveur de la Suède, ne peut-on pas voir une explication historico-religieuse ? La France, pays catholique : faste de la liturgie, décor orné des édifices cultuels, luxe qui entoure les prélats : on donne à voir pour impressionner et emporter l'adhésion. La Suède, pays protestant : sobriété des temples et du culte, l'essentiel est ailleurs, le desservant s'efface devant ce qu'il sert... Bien entendu, explication n'est pas justification. Mais je crains que nos dirigeants redoutent, en se débarrassant d'un certain faste, que certains s'écrient que le roi est nu : quoi, ce n'est que cela ?
Quant au fait, souligné par un internaute, qu'une épouse ne porte pas le nom de son mari, je rappelle que même en France, ce n'est qu'une faculté et un nom d'usage, non une obligation ni un véritable nouveau nom, même si la pratique en est dominante.
Agnès.
Rédigé par : Nessie | 12 juillet 2010 à 14:48
Vous citez Kari Lotsberg, économiste norvégienne. Au passage, pourquoi ne porte-t-elle pas le nom de son mari ? Tradition scandinave ?
Ce qui me rappelle que la Norvège a la sagesse de se constituer un fonds pétrolier, poire pour la soif réalisée avec une partie des ventes du pétrole off-shore.
Environ 300 milliards d'euros.
Ce n'est pas chez nous que ça arriverait, nous qui ne sommes même pas capables de capitaliser les retraites pour les rendre indépendantes de la démographie.
La répartition, qui n'est qu'un slogan tant le calcul actuel est tout sauf solidaire entre les différents régimes, nous invite à revoir le calcul tous les 5 ans.
Et voyez le résultat: les futurs retraités sont volés par le système pour payer les retraites confortables des plus vieux qui ont bénéficié des trente glorieuses et du baby boom.
A quand une retraite de capitalisation. Pas capitalisée trop dynamiquement en bourse pour éviter la sensibilité aux crises financières, mais dans des produits monétaires et obligations, à travers un fonds d'État.
Chacun saurait exactement et à tout moment l'argent accumulé actualisé sur son compte, et l'incertitude ne serait due qu'à l'allongement de l'espérance de vie au solde de la retraite. On pourrait en plus le transférer facilement.
Rédigé par : Alex paulista | 12 juillet 2010 à 13:56
Il faudra donc dorénavant parler du boulevard de Stockholm !
Evidemment, depuis le chemin de Damas via la rue d'Ulm, la promesse, en se déplaçant du citoyen vers la cité, a un peu perdu de son éclat. Revenu de tout sans être revenu de rien, le cavalier seul qui inspira le titre de votre billet vous dirait sans doute (pour l’avoir exprimé par ailleurs) que l'Etat irréprochable existe peut-être en Suède, mais qu'il n'y gouverne pas.
Rédigé par : MS | 12 juillet 2010 à 11:05
Bettencourt, Bettencourt, n'est-ce pas cette dame qui vient de réclamer des millions et des millions d'euros au contribuable colombien qui n'aurait pas assuré convenablement sa sécurité et l'aurait laissée séquestrée des années par ces horribles FARC? Aujourd'hui elle se désiste et elle pleure à la télé, demande pardon au peuple de Colombie, regrette sa requête en dommages et intérêts, retire sa plainte, jure sur la Bible qu'elle ne recommencera pas … J'imagine Sarko qui l'a fait libérer et reçue grande pompe à son retour: «Bon Dieu de bon Dieu de bor(censuré) d'enc(censuré) de put(censuré) de sa race qui fait ch(censuré) surtout en ce moment fout(censuré) Bettencourt de mer(censuré) qu'ont rien d'autre à fout(censuré) qu'à m'emmer(censuré) en pleine retraites et les élections!...
_________________________________
Ecoute téléphonique clandestine: 12/07/2010. 5H30 GMT. Paris. Elysée.
XXXXXXXXXXXXXXXXXXX Bip!
- Allo Ingrid! C'est quoi ce merd(inaudible car grésillement) que tu nous fais là?!
- Enfin, Nicolas, j'ai besoin de vivre moi aussi; les temps sont durs, tu le sais bien … Qu'est-ce que tu crois … que je suis riche comme l'autre, moi …
- Justement l'autre m'a mis dans la merd(inaudible car hurlement) et c'est une Bettencourt comme toi! Tu vas pas t'y mettre toi aussi! Le Président Uribe m'a appelé cette nuit et m'a menacé de tout balancer à Edwy Plenel: la rançon, les petits cadeaux, les arrangements …
- Mais Nico, je savais pas tout ça …
- Maintenant tu le sais, petite pét(inaudible car brouillage)! Alors tu retires ta plainte fissa et tu cours chialer à la télé pour faire amende et regret honorables! N'oublie pas d'implorer la populace aussi, tu demandes pardon, tu dis que tu recommenceras plus ces bêtises … Moi j'irai faire pareil ce soir, c'est sur France2 avec ce dégén(inaudible car bruit de fond inconnu) Pujadas! Tu me regarderas?
- Bien sûr mon Nico d'amour, mon Zorro, mon Tarzan, mon Rahan … Grrrrrrr!...
- Allez, bisou et je t'en donnerai, moi, de l'argent, mais pas maintenant, c'est pas le moment, sers-toi la ceinture un peu et laisse passer l'orage … C'est la crise!
- Bisou mon Nico libérateur, promis, je reste sage …
- Bisou ma prisonnière libérée ...
Bip bip bip!
_________________________________
(Top secret! A ne remettre secrètement à Plenel que si la France est menacée de perdre un «A» à l'agence de notation Ducon et Raspoutine et Minc et Ducon de l'avenue Marceau et si les allocs familiales sont supprimées pour les familles pauvres des enfants voyous.).
Copie pour avocat général assises Paris blog «Singulier» et «Justice»/ Injonction de garder secret par devers jusqu'à Plenel action. IMPERATIF: éviter cantine et buvette avec identifié «courroie».
Agent secret nom de code: Aïssa
Mission: «République irréprochable».
Matricule: 5 numéros et deux étoiles son bulletin Euromillions dans son portefeuille sous sa carte Vitale.
Localisation bureau: Ambassade France Stockholm. Troisième sous/sol.
Rédigé par : Aïssa Lacheb-Boukachache | 12 juillet 2010 à 10:57
Si les romans d'Henning Mankell, donnent une image fidèle de la Suède, alors, je préfère rester en France. On s'amuse bien, ici, avec les 35 heures, les 60 ans pour la retraite, l'opposition stérile, nos footeux de choc et nos commentateurs de ce billet !
Rédigé par : Polochon | 12 juillet 2010 à 10:43
@ Anna faut pas toucher aux femmes même avec une fleur
Oui.
@ Oursivi
Avez-vous aussi remarqué qu'en France il y a des voitures qui attendent que le feu passe au vert pour démarrer même si personne ne traîne dans le coin ?
Pesant, non ?
Rédigé par : bob | 12 juillet 2010 à 10:43