Je ne sais pas pourquoi, je n'ai jamais été un inconditionnel d'Eva Joly. L'expression de cette opinion somme toute admissible va déclencher, j'en suis persuadé, de nombreuses protestations sur ce blog comme si marquer de la distance à son égard revenait à ne plus croire en la morale publique, à douter de la vertu et à dénigrer la justice. C'est le tour de force qu'a réussi cette femme. Instiller dans les têtes qu'elle absente, la justice française a forcément sombré. Qu'elle présente, le combat éthique est gagné et que ses simplismes parfois fulgurants vont faire gagner la République. En effet, il s'agit d'un véritable exploit car à analyser le fond de ses interventions et de ses déclarations, il est facile d'en faire le tour et personne n'a mal à la tête en cherchant à les retenir. C'est fait d'une démagogie subtile où les puissants et les riches ont toujours tort, où leur corruption est évidemment présumée et où la justicière flamboyante qu'elle rêve d'être s'appuie sur son existence contrastée pour tenter de nous démontrer qu'elle a plus de légitimité que tout autre pour gouverner la France.
Parce que le comble, c'est qu'on en est là. Il paraît, selon Daniel Cohn-Bendit, que c'est pratiquement fait pour "Eva" en ce qui concerne l'élection présidentielle de 2012. Elle sera la candidate des Verts et d'Europe Ecologie puisque Cécile Duflot - que j'apprécie mais je n'ai rien à dire dans ce débat - semble accepter une distribution des rôles qui laisserait à notre ancienne collègue la place prédominante (Le Monde, jdd.fr). Quel immense bonheur sans doute pour Eva Joly dont la modestie ostensible et toute récente cache mal le regard flatteur qu'elle porte sur elle !
Je n'aurais pas éprouvé le besoin de mettre un peu d'acidité dans l'eau bénite qui ces dernières semaines, est déversée par les médias en général les plus lucides sur la personnalité d'Eva Joly, si un portrait d'elle par Sylvia Zappi dans le Monde 2 n'avait pas attiré mon attention. Techniquement bien fait par une journaliste de talent, il n'était pourtant qu'un hymne sans aucune fausse note à la gloire d'Eva, parée de qualités dont à l'évidence, pour certaines, elle était dépourvue quand elle foulait le terrain judiciaire. Pour quel motif était-il nécessaire de brosser une image aussi superbement sulpicienne et humainement invraisemblable ? Mon interrogation était d'autant plus vive qu'un petit texte complémentaire de Jacques Follorou - un heureux syndrome de l'investigation sur la "Brise de mer" ? - lui prêtait tout de même des failles minimes mais il allait de soi, au regard de l'esprit de la page, que l'idole n'avait pas à être écornée. Un autre exemple, plus ancien, confirme cette intuition. L'excellent Jean-Michel Thénard nous a offert dans Le Canard enchaîné, pourtant dans "Prise de bec", un portrait à l'eau de rose d'Eva !
Il me semble que trois raisons sont susceptibles d'expliquer ces hyperboles constantes sur Eva Joly "la politique".
La première tient au fait - outre que sa personnalité véritable n'est pas appréhendée, dissimulée qu'elle est par son armure publique - qu'un hiatus a été décrété entre son activité judiciaire et son rôle politique. Les ombres d'hier ont été occultées au profit des superficialités brillantes d'aujourd'hui. On a décidé de nous offrir une Eva Joly qui serait née avec l'écologie, délestée de ce qu'elle était et qui pesait !
La deuxième, c'est que les médias ont une verve, une intelligence et une objectivité sans pareilles quand il s'agit de plonger dans l'anti sarkozysme et de vilipender les ministres qui, il faut l'admettre, pour la plupart, y mettent du leur ! Un millième de cet esprit lucidement critique appliqué à l'opposition et à ses représentants emblématiques rétablirait l'équilibre et Eva Joly, comme d'autres, aurait droit à des éloges plus nuancés et à des descriptions plus plausibles. On porte aux nues ce qui fait feu sur Sarko et au nu ce qui le soutient. La lutte est inégale entre une inconditionnalité de principe et une démolition confortable. Personne ne la voit président de la République mais on fait comme si. On joue avec elle. On lui permet de s'idolâtrer.
La dernière consiste à nous "vendre" Eva Joly. Comme si avant l'heure il fallait nous intoxiquer et nous persuader que la France n'attend qu'elle. Autant la morale publique constitue le point terriblement faible de ces trois années de présidence, autant le recours à Eva Joly comme redresseuse de torts et dispensatrice de bienfaits républicains me paraît aléatoire au regard de sa personnalité. La présidence bling-bling d'hier ne mérite pas d'être remplacée demain par une démocratie tristement puritaine. Je préfère les impurs de bonne foi et de bonne volonté aux purs corsetés, tout armés et autoproclamés (car je n'ose penser que la mise en examen et la mise en détention puissent être une preuve de cette intégrité !).
J'ose à peine soutenir qu'Eva Joly a des défauts. Qui se donne le droit de le dire ?
@ Jean-Yves
Eh bien, vous n'allez pas le croire !
Figurez-vous que le parquet avait demandé l'incarcération provisoire de J.Y. Le Floch Prigent... demande à laquelle a accédé bien volontiers Eva Joly.
Mais si !
Dans le livre Aron-Etchegoin est relatée la réunion "préparatoire" qui a eu lieu au Palais de justice de Paris en vue de l'incarcération de M. Le Floch-Prigent.
C'est vrai que M. Marin n'était pas chaud, chaud, mais bon, finalement, il s'est rangé au désir de son substitut en phase avec les intentions de Mme Joly.
"Je disais juste que, même si elle est sortie de son rôle en tant que juge d'instruction, elle fait le travail que le parquet ne fait pas dans certains cas, comme avec des Philippe Courroye..."
Mais en aucun cas, un juge d'instruction ne peut faire le travail du parquet.
Dans notre système pénal actuel les fonctions de poursuite et d'instruction sont totalement séparées.
C'est comme ça.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 24 août 2010 à 12:30
@ Véronique Raffeneau
C'est limpide. C'est sûrement comme ça que cela DEVRAIT marcher. Reste que le manque d'indépendance du Parquet donne des zèles à certains juges d'instruction, qui dépassent leur compétences, estimant que le parquet protège les puissants ou temporise. La légitimité leur fait passer les bornes de la légalité. Vieux débat. Nous sommes d'accord. Mais je persiste à penser que sans quelques-un(e)s, certaines affaires n'auraient jamais été jugées ni même instruites. C'est la dure réalité, il me semble. La justice est humaine, donc imparfaite comme la démocratie. Elle a besoin d'anticorps, tels que les définit Umberto Eco dans "apocalyptiques et intégrés". Je sens que nous allons bientôt mélanger nos bibliothèques respectives. C'est charmant. Cordialement. JYB :-)
Rédigé par : Jean-Yves Bouchicot | 24 août 2010 à 12:00
En complément de mon post adressé à Jean-Yves.
Il peut être très utile de lire :
" Le Juge d'instruction " - Renaud Van Ruymbeke - PUF - collection Que sais-je, édition 2008.
En 126 pages, vous avez très clairement exposés l'essentiel de la place et du rôle du juge d'instruction.
Au hasard...
p.25
"La séparation des fonctions d'instruction et de jugement
Le juge d'instruction a pour mission exclusive d'instruire. (...) Il s'agit là d'une garantie essentielle. Ceux qui jugent ne sont pas ceux qui instruisent."
Vous voyez, votre idée d'un juge qui instruit, juge et condamne est totalement erronée.
Quand des juges d'instruction facturent au moyen de la détention provisoire des acomptes sur des éventuelles sanctions à venir, ils font du très grand n'importe quoi.
P. 31
"Les infractions en matière économique et financière. - La création de cabinets d'instruction spécialisée a été engagée par une loi du 6 août 1975, qui a créé au sein de chaque cour d'appel, un ou exceptionnellement plusieurs tribunaux de grande instance spécialisés pour l'instruction et le jugement des affaires économiques ou financières qui apparaissent d'une grande complexité."
Vous voyez, personne n'a attendu Mme Joly pour engager une lutte anti-corruption.
p.99
"La détention provisoire
" (...) L'examen de ces critères (ceux que j'ai mentionnés, issus de l'article 144 du CPP) révèle la volonté du législateur de dissocier la détention provisoire de la peine qui sera éventuellement prononcée par la juridiction de jugement. Elle ne se fonde pas sur la culpabilité de la personne mise en examen, mais sur la nécessité de s'assurer de sa personne, d'éviter qu'elle n'entrave l'information ou qu'elle ne récidive."
Vous voyez, la pression et le chantage à la détention provisoire sont totalement exclus.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 24 août 2010 à 09:44
@ Véronique Raffeneau
Je crois qu'au fond nous ne sommes pas loin d'être d'accord. Je n'ai jamais qualifié Eva Joly d'héroïque, et je sais parfaitement que c'est Renaud Van Ruymbeke ou d'autres qui ont bouclé ses dossiers mal engagés. Je disais juste que, même si elle est sortie de son rôle en tant que juge d'instruction, elle fait le travail que le parquet ne fait pas dans certains cas, comme avec des Philippe Courroye... Quant à votre collègue avocat de Denis Gautier-Sauvagnac, je ne le visais pas personnellement, mais j'aimerais qu'il me dise un jour comment il défend son client sur la "caisse noire" du MEDEF, qui met tant d'huile dans les rouages... M. Gautier-Sauvagnac a reçu, un jour, un coup de téléphone d'un journaliste américain nommé John Rovero, qui disait travailler pour le Wall Street Journal. Interrogé sur la liquidation des intermittents, il s'est lâché sans complexe : c'est édifiant, dans le genre "droite décomplexée". Malheureusement, John Rovero n'existe pas. C'était une "imposture", il suffit d'avoir l'accent américain. Nous avons publié la transcription de son interview téléphonique, si cela vous intéresse, je dispose du texte. Je ne vois pas d'autre mot que "délinquance en col blanc" à ce sujet. Mais il a évidemment le droit d'être défendu.
Rédigé par : Jean-Yves Bouchicot | 24 août 2010 à 08:27
@ Jean-Yves
Je ne suis pas juriste.
Mais bon.
Quand Eva Joly hérite du dossier de ce qui deviendra l'affaire Elf c'est qu'il y a eu préalablement ouverture d'une information judiciaire par le parquet.
C'est une erreur d'attendre d'une Eva Joly qui, selon vous, en gros, serait un juge héroïque, courageux, qui n'a peur de rien, qui n'a pas froid aux yeux, sera celle qui, toute seule, envers tout et contre tous, grâce à ses super qualités et à ses vertus exceptionnelles, rendra possible que des affreux coupables assistés par "des avocats véreux" * aillent enfin en prison.
Un juge d’instruction est saisi non pas parce que l'heure des justiciers a sonné, mais plus banalement et plus prosaïquement parce que le dossier est important, complexe, etc., etc.
Le rôle du juge d'instruction n'est absolument pas de pré-juger ou de juger des faits et des mis en examen.
Considérer qu'Eva Joly est le chevalier blanc qui, grâce à ses ordonnances de mises en détention provisoire facture de cette façon un acompte dû sur condamnation à venir, dont le tribunal plus tard ne servira qu'à réclamer le solde de tout compte, est totalement tordre et dénaturer la mission et le rôle d'un juge d'instruction.
C'est ce que Philippe Bilger appelle une justice sommaire et péremptoire.
Extrait du billet "C'est du Joly !" 23-09-08 :
"Je n'ai pas honte d'avouer que je n'ai jamais été enthousiaste, contrairement à beaucoup de mes collègues, de ce "monstre sacré", à en croire des médias fonçant tête baissée dans le panneau de cette justice aussi sommaire et péremptoire que l'autre était aux ordres. Si j'ai envie de rester dans le registre des "stars", à tout prendre et de très loin, je privilégie Renaud Van Ruymbeke qui a d'ailleurs terminé ce qu'elle avait indéfiniment poursuivi."
* Euh, Philippe, il va être content votre ami Jean-Yves Le Borgne d'être qualifié d'avocat véreux dans votre blog !
Me suis informée. JYLB est l'avocat de D. Gautier-Sauvagnac cité par notre ami Jean-Yves.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 23 août 2010 à 20:50
@ Véronique Raffeneau
Merci pour ces précisions éclairées, je ne jongle pas aussi bien que vous avec le CPP. J'entends bien vos arguments mais ils ne me convainquent toujours pas. Parce que j'ai eu tellement à connaître, non comme juriste mais comme simple citoyen, d'abus de "délinquance en col blanc" que je me réjouis qu'un Tapie, un Le Floch-Prigent ou un Gautier-Sauvagnac connaissent ou craignent quelques jours de détention. Pas par esprit de vengeance, mais tout simplement parce que des armées d'avocats d'affaires véreux sont toujours prêts à se concerter avec eux pour les tirer d'affaire quand on ne les a pas sous contrôle. Pardon de le rappeler, mais il y a encore en France une justice des riches et une justice des pauvres, une des puissants et une des exclus. Le moindre récit d'audience correctionnelle montre que les juges ne s'adressent pas à un immigré, un Rom ou un intermittent du spectacle comme à M. Chirac ou M. Emmanuelli. La Constitution nous rappelle à "l'égalité devant la Loi. Qui est le plus naïf ? C'est malheureux, mais pour que la Justice "passe", il faut parfois forcer un peu le destin et la Sainte Procédure. Pour l'instant, c'est ça ou l'impunité. Heureusement que des juges comme Eva Joly existent, même si ce sont des confrères qui finissent le travail. Elle instruit à charge, soit. Elle fait ce que le parquet ne fait pas, par connivence ou par lâcheté.
Rédigé par : Jean-Yves Bouchicot | 23 août 2010 à 14:10
@ François F
Vous serez gentil de comprendre que dans mon précédent post, SELON les auteurs du livre que j'ai mentionné, la loi sur la présomption d'innocence de 2000, volet création du Juge des Libertés et de la Détention, doit BEAUCOUP à l'activisme forcené d'Eva Joly, notamment, en matière de détention provisoire.
Les auteurs m'ont convaincue du bien-fondé de leur intuition.
C'est sans la moindre difficulté et bien volontiers que je retire le NOS et le NOUS de mon paragraphe.
Je reformule de cette façon.
" Ce n’est tout de même pas rien que la pratique d'un juge soit de cette façon invalidée et sanctionnée... par le vote d'une loi voulue pour mieux protéger les droits de la défense et protéger les justiciables de l'arbitraire, des obsessions et des abus de pouvoir..."
Par ailleurs si j'ai cité le code pénal c'était bien dans le but de démontrer très simplement et très clairement à un commentateur que la pression et le chantage à la détention provisoire est un critère totalement absent parmi ceux qui encadrent une décision de détention provisoire.
Un magistrat qui se refuse à utiliser de telles méthodes ne fait pas une lecture restrictive du code de procédure pénale et selon votre propos ne récite pas le CPP à cloche-pied et ne l'applique pas à la lettre sans état d'âme. Il ne fait que remplir son rôle qui est celui d'être un garant de la loi.
Pour finir, libre à vous de considérer les instructions d'Eva Joly comme exemplaires.
J'estime pour ma part que si la loi Guigou a représenté un progrès important dans les droits de la défense, et que si la création du JLD - dans son principe d'origine - a été voulue comme un contrôle du pouvoir et une limite des tentations du juge d'instruction en matière d'arbitraire et d'obsession, les instructions spectacle façon Eva Joly y sont pour BEAUCOUP.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 22 août 2010 à 17:49
Je me permets de commenter votre prose car cette phrase m'a un peu gêné :
"par le vote d'une loi voulue pour mieux protéger NOS droits et NOUS protéger de l'arbitraire, des obsessions et des abus de pouvoir."
Libre à vous de traiter Eva Joly de "petit juge" ou de "caricature de magistrat" et de laisser penser qu'un grand juge, c'est sans doute celui qui sait réciter le CPP à cloche-pied et l'appliquer à la lettre sans état d'âme - quitte à faire allégeance à Vichy en 41 par exemple.
Libre à vous de refaire l'histoire et rendre Joly responsable de la loi Guigou !
Libre à vous de juger les instructions de Joly "extravagantes" et de vous attacher au respect scrupuleux de la moindre virgule de la loi face à des gens qui la bafouent cyniquement.
Libre à vous de penser que Joly fut injuste avec Tapie et de préférer le traitement que lui ont réservé trois vieillards octogénaires en lui accordant 45 millions d'euros de préjudice moral justifiés par un argumentaire confus d'une demi-page.
Libre à vous de pleurnicher sur le sort de Le Floch-Prigent et son psoriasis ou de Dumas, ses Berluti et sa "P... de la République" face à la cruelle Eva J.
Mais évitez d'employer dans vos écrits les mot "NOS" ou "NOUS" qui entendent ME mêler à vos élucubrations. Parlez pour vous ! C'est bien suffisant ! Moi je ne confonds nullement mes droits avec ceux de Tapie, Le Floch-Prigent ou Dumas ! Et je reste plus choqué par l'intervention de Chirac pour protéger Dumas ou de la bande de Sarkozy pour aider Tapie que par leur traitement par Joly !
Vous lire m'évoque ces paroles d'Alain Souchon :
"Tu la voyais pas comme ça ta vie. Tu la voyais grande et c'est une toute petite vie..."
Une petite souris grise toute fiérote de connaître et de citer les numéros des articles du CPP et de mordre ceux qui s'en éloigneraient, sans s'interroger plus loin...
Rédigé par : Francois F. @Véronique Raffeneau | 22 août 2010 à 14:15
Par contre, ça
"L'Iliade et l'Odyssée entre Dingli & Reffait est un monument de fâcheries boudeuses qui nous interpelle sur la virilité de leurs auteurs"
Savonarole
m'avait beaucoup fait rire, et pas qu'en surface.
Ahhh s'esclaffer, quel bonheur !
AO
Rédigé par : oursivi@Savo | 22 août 2010 à 13:41
Rédigé par : oursivi@Sylvanorole | 21 août 2010 à 21:40
Oui, tu as raison !
Quand j'ai lu ses autres contributions, j'ai compris qu'il n'avait eu qu'un éclair de lucidité au comptoir du bistrot, sur Eva Joly.
Comme disait Ferdinand : " La forme c'est le fond qui remonte".
Rédigé par : Savonarole | 22 août 2010 à 06:46
Messieurs, rangez vos ombrelles et faites comme Sylvain !
Rédigé par : Savonarole | 19 août 2010 à 17:06
Savo, çavo, ça vaut, ça n'y vaut, caniveau, pas grand-chose.
J'aime pas le politiquement correct, parfois Sylvain m'amuse, mais jamais ma muse.
C'est un peu le Plenel de la partie adverse avec le travail de fond en moins ; reste pas grand-chose, donc.
AO
Rédigé par : oursivi@Sylvanorole | 21 août 2010 à 21:40
Mes hommages M. Bouchicot.
Vous voulez nous quitter ? non pas ça !
Tant pis, on accusera le coup puisque c'est ça nous ne vous retenons pas et même nous vous encourageons à rejoindre le staff "Merdiapart" où vous aurez tout loisir de vous ressourcer idéologiquement.
Et comme vous devez être généreux, je n'en doute pas, n'oubliez pas de leur envoyer vos dons (déductibles des impôts), il ne faudrait pas qu'ils végètent comme beaucoup de médias sous perfusion de cet Etat qu'ils vilipendent à longueur de temps.
Quant à l'équipe d' EE, j'y suis allé un peu fort, c'est vrai : je ne crois pas qu'ils ouvriraient des camps de rééducation mentale du genre stalinien ou khmer mais plutôt des "séjours" de probité ou bien des stages de recyclage intellectuel dans des endroits style "camping des flots bleus".
Ils sont aussi spécialistes en tri sélectif.
Bon vent M. Bouchicot... dans l'Ile aux enfants.
Rédigé par : Sylvain | 21 août 2010 à 08:54
@ Jean-Yves
"Si un juge ne peut pas peser sur un prévenu ou un mis en examen par la possibilité de l'écrouer, cela veut dire qu'il n'est plus qu'un commentateur, ou alors où est la force de la loi ?"
La force de la loi dans le domaine de la détention provisoire, comme je l'ai mentionné dans un post, reste l'article 144 du code de procédure pénale. Ni plus, ni moins.
En aucun cas ce code n'autorise la détention provisoire comme moyen de pression et de chantage sur la personne mise en examen.
Et c'est bien parce que des juges comme Eva Joly ont utilisé, usé - usé jusqu'à la corde - et abusé de la détention provisoire comme moyen de pression et de chantage qu'un Juge des Libertés et la Détention a été créé par Elisabeth Guigou en 2000.
Je vous renvoie au livre de Matthieu Aron et de Marie-France Etchegoin publié en 2002 :
"Eva ou la justice est un roman"
Il s’agit d’un récit qui n’est pas franchement hostile, même plutôt empathique vis-à-vis d'Eva joly. Cependant ce livre a le mérite de bien décrire et de détailler les pratiques, les méthodes très contestables, contestées à ce moment-là dans le débat public, ainsi que les procédures pour le moins hasardeuses à mettre "à l'actif" de Mme Joly, que les journalistes veulent nous vendre aujourd'hui comme une référence et un symbole d'éthique et de morale publique...
L'intérêt du livre d'Aron et Etchegoin est que publié en 2002, les auteurs ne se censurent pas trop pour décrire les instructions pour le moins extravagantes du juge Joly.
A elles toutes seules les méthodes et les pratiques douteuses de Mme Joly - disons qu'Eva Joly à elle toute seule y a mis beaucoup du sien - ont eu pour conséquence le vote de
"La loi sur la présomption d'innocence, aussi appelée Loi Guigou votée le 15 juin 2000 qui modifie le Code de procédure pénale. Cette loi a pour but de mieux protéger les droits des personnes mises en examen, notamment en réformant la détention provisoire." (wikipédia).
Ce n’est tout de même pas rien que la pratique d'un juge soit de cette façon invalidée et sanctionnée... par le vote d'une loi voulue pour mieux protéger nos droits et nous protéger de l'arbitraire, des obsessions et des abus de pouvoir.
"je tentais de faire le distinguo entre la détention arbitraire et la MENACE de la détention" écrivez-vous.
Dans le cas des instructions du juge Eva Joly, les deux se confondent.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 21 août 2010 à 08:51
@ Sylvain : "Noms d'oiseau , amalgames, caricatures, calomnies, tout était bon pour salir leurs cibles et elles sont nombreuses, ce qui fait froid dans le dos et rappelle de tristes souvenirs"
"La peste brune n’a rien à envier à la vérole rouge ..."
"Ce que je dis n'est encore qu'une opinion.
Mais je la partage..."
Eh bien, heureux d'apprendre que ce ne sont encore que des opinions. Que sera-ce quand vous aurez envie d'invectiver...
Vous vous relisez, ou vous dictez vos billets ?
Moi, ce que j'en dis, hein... Je vous tends juste le miroir. Je crois que je vais laisser tomber ce blog pour Mediapart.
Rédigé par : Jean-Yves Bouchicot | 20 août 2010 à 16:35
"La dernière consiste à nous "vendre" Eva Joly. Comme si avant l'heure il fallait nous intoxiquer et nous persuader que la France n'attend qu'elle. La présidence bling-bling d'hier ne mérite pas d'être remplacée demain par une démocratie tristement puritaine. Je préfère les impurs de bonne foi et de bonne volonté aux purs corsetés"
On sent la jalousie et l'aigreur poindre dans ce billet, M. Bilger. Elles viennent rarement de votre part, sur ce blog, et c'est dommage que cela vous arrive maintenant. Vous avez appelé de vos vœux plus de discrétion, une république irréprochable, moins de collusions entre politiques, médias, affaires... et si quelqu'un porte cela, et que l'on dit du bien de cette personne, ça ne va pas ?
De plus, la technique du "je sais qu'on va me critiquer mais c'est que des bien-pensants d'abord, hop, perché", est nulle et non avenue. Vous valez mieux que cela.
Je n'ai découvert Éva Joly qu'assez récemment, elle m'a d'abord agacé par ses grands airs et ses lunettes un peu clown, et j'ai vu cette superbe émission chez @si à propos de Courroye-Woerth-Bettencourt. C'était clair et limpide, se passant des circonlocutions dont vous vous délectez quand votre cran pourtant abondant ne vous permet pas d'affronter votre propre camp.
Cette femme, ainsi que d'autres "personnalités" d'Europe Écologie comme Augustin Legrand, comme les jeunes de Jeudi Noir, a reçu une image "conforme aux médias et bobo" qui m'agace, et qui, je le ressens, vous agace plus encore car vous jalousez cette accession ; il ne faut pas oublier cependant les programmes, les valeurs, pour ne se concentrer que sur l'image.
Vous attaquez l'image médiatique plutôt que de comprendre l'attente civique. C'est dommage, et décevant de la part de quelqu'un comme vous, que je verrais bien en Éva Joly de droite. Si seulement les personnalités politiques en vue étaient des Joly, Bayrou, Voynet, Laurent, Buffet, Bilger, Badinter, Hollande et autres, et pas des Estrosi, Sarkozy, Copé, Valls, Hortefeux, DSK, Fabius, Lang...
D'ailleurs en voyant cette liste rapide de possible panthéon républicain actuel, je vois que le B se porte Bien =).
Rédigé par : Irfan | 20 août 2010 à 15:25
Je sais ça fait un peu répétitif ; mais ce que j'ai entendu ce matin à France Info confirme mes propos d'hier ; suite à leur réunion d' EE :
une avalanche d'antisarkozysme de la part de l'équipe de pieds nickelés qui la compose
à défaut de programme, bien sûr...
Mamère suintant ses fientes verbales de tous ses orifices.
Cohn-Bendit en "bouffon du roi".
Plenel, le tristement célèbre rédacteur de tabloïds mortuaires (cf Baudis), directeur de "Merdiapart" fosse à purin de tous les frustrés gauchistes revanchards haineux.
Et le bouquet final, le "tiscours" de l'obersturmbahnfuhrer Efa Choly...
Leurs masques sont tombés.
Noms d'oiseau , amalgames, caricatures, calomnies, tout était bon pour salir leurs cibles et elles sont nombreuses, ce qui fait froid dans le dos et rappelle de tristes souvenirs
Pour sûr que s'ils prennent le pouvoir, ils nous feront regretter Sarkozy...
Ce que je dis n'est encore qu'une opinion.
Mais je la partage...
Rédigé par : Sylvain | 20 août 2010 à 09:13
@ Véronique Raffeneau
Eh bien non, ce n'est toujours pas évident pour moi. Essayons d'être clair : je tentais de faire le distinguo entre la détention arbitraire et la MENACE de la détention. Ce n'est pas la même chose, il me semble. Si un juge ne peut pas peser sur un prévenu ou un mis en examen par la possibilité de l'écrouer, cela veut dire qu'il n'est plus qu'un commentateur, ou alors où est la force de la loi ? Que des juges trop zélés aient abusé et abusent encore de la préventive, c'est évident. Que cela soit contrôlé collégialement, amen. Mais peut-on laisser cette décision à la seule police ? Je préfère que ce soit un magistrat qui décide. Sans rancune pour nos OPJ, mais vu leur niveau de formation, on se demande quelquefois comment ils ont obtenu une capacité en Droit. Rien que l'orthographe et la syntaxe... Les épreuves doivent être orales.
Quant à Sylvain, je suis ravi qu'il me renvoie à la "Vérole Rouge", cela me rappelle les plus belles pages de James Ellroy sur le McCarthysme. C'est un honneur pour moi. "Etre pris pour un con par un imbécile, c'est une volupté de fin gourmet" a dit Flaubert. Désolé pour les gros mots, Philippe, mais c'est pas moi, c'est Gustave... :-)
Rédigé par : Jean-Yves Bouchicot | 20 août 2010 à 08:28
Heuuu ... si vous permettez :
"La peste brune n’a rien à envier à la vérole rouge ..."
Comme ça ... en passant.
Bonsoir.
Rédigé par : Sylvain | 19 août 2010 à 20:29
@ M. Jean-Yves Bouchicot
Pourquoi demandez-vous à Polochon une définition que vous maîtrisez parfaitement ?
Pas plus tard que le 16 août dernier, vous nous avez fait part de ce qui caractérise selon vous un juge exemplaire: sa capacité et son aisance à user de la menace et de la pression de la détention.
"ça alors ! User de la menace de détention vous paraît indigne d'un magistrat ? Avec un coco du calibre de Tapie, par exemple ?"
A mes yeux vous nous avez donné là une exacte définition d'un "petit juge".
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 19 août 2010 à 17:16
@ Sylvain :
"j'ai déjà trop donné avec les marchands de bonheur qui se sont succédés durant le siècle dernier...
Rédigé par : Sylvain | 19 août 2010 à 12:19
Bravo Sylvain.
Voilà enfin un vrai blogueur...
C'est court et ça claque !
Enfin un uppercut dans ce fatras de pontifes bavards, qui nous assomment avec leurs états d'âme, anti ou pro Sarkozy: "chuis pas d'accord".
L'Iliade et l'Odyssée entre Dingli & Reffait est un monument de fâcheries boudeuses qui nous interpelle sur la virilité de leurs auteurs : ça manque de sabres et mousquetons !
Messieurs, rangez vos ombrelles et faites comme Sylvain !
Rédigé par : Savonarole | 19 août 2010 à 17:06
@ Sylvain
"sa haine chevillée au corps contre la France et ses institutions."
Ha ! L'Anti -France, en somme ? C'est la meilleure de la semaine. Une expatriée qui fait le ménage chez nous... Votre nom de code sera "Superdupont". pour ce qui est de la haine, le ton de votre billet sue l'aigreur...
Rédigé par : Jean-Yves Bouchicot | 19 août 2010 à 16:57
Oui, Catherine, les moules ont parfois beaucoup de charme (je veux dire les animaux marins, ne soyons pas triviaux, surtout moi, pour changer), mais surtout en hiver.
Me revient ce cuisant d'être mal cuit souvenir qui remonte - ce fut le cas de le dire - à 2002, juillet 2002.
J'avais décidé an old pal ex office mate de thèse de venir faire le GR20 avec moi.
Le TGV nous crachat en moins de temps que celui nécessaire à l'achèvement de la lecture d'un journal en haut des marches de St Charles, celles-ci en haut de la Canebière, celle-là au vieux port.
Le soir, un bateau nous chargeait pour nous lâcher à Bastia, frais et reposés avant de gagner Corte en train.
J'eus la légèreté de faire fi du vieux proverbe sur les mois en r et de me goinfrer de ces choses vivantes dont l'évocation vous aura inspirée.
Du GR20 devint digère en vain.
Quant aux huîtres, c'était à la Coupole, en 90, février pourtant, c'était avec une délicieuse amie, c'était l'appel du large en un, "je trouve que mes huîtres ont un goût, donne-moi ton avis", et moi sottement de faire comme on me le demande...
C'est certes pas du Joly que tout cela, comparaison n'est pas raison.
Même si elle est estimable, la trouve trop probe sur elle, pas qu'ai la moindre sympathie pour la canaille, mais celle-là m'ennuie ; c'est bête, je sais.
AO
Rédigé par : oursivi@CJ | 19 août 2010 à 16:12
Bonjour
C'est effectivement une juge anticorruption.
Faut-il avoir une auréole pour vous satisfaire ? La lutte contre la corruption ne vous agrée peut-être pas... Je conseille à tous vos lecteurs de lire le site anticor.org
pour se faire une idée plus objective (certains commentaires me semblent plutôt inquiets en fait).
Personnellement cette Dame me semble présenter toute la compétence pour remettre à flot notre pauvre République qui souffre de trop de scandales financiers pas clairs du tout.
Avec mes salutations citoyennes.
A.N.
Rédigé par : Anne Nymette | 19 août 2010 à 15:59
Je suis effaré que des gens puissent autant être aveugles concernant l'équipe d' Europe-Ecologie.
La plus belle brochette de démagos arrivistes opportunistes, arrivés là où ils en sont par la provocation, l'enfumage de citoyens niais naïfs...
Joly et sa haine chevillée au corps contre la France et ses institutions.
Mamère, Bové, tricheurs menteurs et provocateurs de très haut niveau...
Ils ont enfin réussi à se caser confortablement députés européens grâce ce qui restera dans l'histoire comme la plus belle entourloupe politique :
"l'écologisme"... et ses futurs diktats et dérives.
Perso ces gens me font beaucoup plus peur que Sarko, surtout que ce matin sur France Info j'ai entendu l'interview de Cécile Duflot : slogans, amalgames, caricatures, démagogie...
Une horreur !
Mais ce n'est que mon opinion ;
j'ai déjà trop donné avec les marchands de bonheur qui se sont succédés durant le siècle dernier...
Rédigé par : Sylvain | 19 août 2010 à 12:19
@ Polochon
C'est quoi la différence entre un "petit" juge, un juge, et un grand juge ? L'adjectif est-il explétif, comminatoire, dénonciateur, ironique ? Expliquez-nous ça, que l'on comprenne d'où vous parlez. Parce que comme ça, abruptement, ça ressemble à de la réthorique berlusconienne... Méfiez-vous, il paraît que c'est contagieux...
Rédigé par : Jean-Yves Bouchicot | 19 août 2010 à 11:54