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Voici les sites qui parlent de La loi ou le goupillon ? :

Commentaires

MS

@ Véronique Raffeneau

Mais enfin, Monsieur Ledun, je n'ai pas mentionné le discours de Grenoble dans mes post.

J'ai mentionné le communiqué annonçant la tenue d'une réunion ministérielle à l'Elysée dans les jours qui ont suivi les violences de Saint-Aignan, et destinée à

"faire le point sur la situation des gens du voyage et des Roms, et les problèmes que pose le comportement de certains ressortissants de ces communautés au regard de l’ordre public et de la sécurité".

Ce serait donc sur la base de ce communiqué que vous avez pensé pouvoir écrire :

Quand le président de la République désigne une communauté en la confondant avec la délinquance il frôle cette catastrophe contre l'esprit qui est celui de structurer un discours et une action politiques en les dirigeant exclusivement contre une minorité

Le discours mentionné dans ce dernier paragraphe, lequel est-il ?
Ne me répondez pas son discours sécuritaire en général, puisqu'il s'agit singulièrement en la circonstance "d'un discours dirigé contre une minorité".

jpledun@Veronique Raffeneau

Merci pour votre réponse. Me voilà rassuré.

Dans le communiqué que vous citez le "et" au milieu de la phrase me rassure encore plus.

La construction s'est faite á partir du discours de Grenoble... Maintenant tout les faux-culs á la télé viennent dire "que tant que c'est á partir d'une décision de justice il n'y a pas scandale."

Ben j’espère bien.

Véronique Raffeneau

Mais enfin, Monsieur Ledun, je n'ai pas mentionné le discours de Grenoble dans mes post.

J'ai mentionné le communiqué annonçant la tenue d'une réunion ministérielle à l'Elysée dans les jours qui ont suivi les violences de Saint-Aignan, et destinée à

"faire le point sur la situation des gens du voyage et des Roms, et les problèmes que pose le comportement de certains ressortissants de ces communautés au regard de l’ordre public et de la sécurité".


jpledun@Véronique Raffeneau

"...Quand le président de la République désigne une communauté en la confondant avec la délinquance"

Bonsoir Madame,
Pourriez-vous me citer la phrase dans le discours de N.S. á Grenoble qui appuie votre démonstration ?

Voici le discours en lien :


http://www.elysee.fr/president/les-actualites/discours/2010/discours-de-m-le-president-de-la-republique-a.9399.html?search=Grenoble&xtmc=&xcr=

jpledun

D'autre part il est d'un grand comique de voir, ici, certains se réjouir de la soi-disant position de l'église catholique contre Sarko, alors que les mêmes crient au scandale dès que le même Sarko fait mine de s'intéresser aux curés.

Arrêtez votre cinéma ou alors continuez d'être drôles.

jpledun

La construction médiatique qui fait l'amalgame sur le discours de Grenoble n'est pas brillante. Ma feuille de chou locale la reprend á son compte... La facilité paye plus qu'un bon article étayé.

Ce n'est pas l'honnêteté intellectuelle qui risque d'étouffer certains journaleux, ecclésiastiques et autres politiques.


" ...Les Roms qui viendraient en France pour s'installer sur des emplacements légaux sont les bienvenus. Mais en tant que chef de l'Etat, puis-je accepter qu'il y ait 539 campements illégaux en 2010 en France ? Qui peut l'accepter ?..."
(N.S. á Grenoble)

jpledun@Sylvain

Sylvain | 26 août 2010 à 09:27

"Tous ces comiques de farce pitoyables pensent-ils aux vrais déportés qui eux n'ont pas bénéficié d'un airbus gratuit avec 300 euros en poche, entre Drancy et Auschwitz ? Certains doivent se retourner dans leur tombes, d'autres dans leurs charniers"

Voilà un commentaire que j'aurais volontiers "pondu".
Mes compliments Sylvain.

zenblabla

Reste donc à comprendre l'idéal, et à saisir le réel !
Je suis franchement admiratif envers qui peut affirmer être là en capacité... de mener une telle mission.

S'il faut s'attaquer à un tel problème, oublions d'abord de désigner les hommes et regardons les choses, avec l'idéal singulier des Lumières comme je le comprends.

Le goupillon, effet de l'Idéal?
Le sabre, effet de la Réalité?

Sans réponse, comme vous dites, ce serait l'état qui assumerait l'impossible mission, "une mise en tension", et la justice qui conforterait peut-être en appréciant non comment cela s'assume, mais pourvu que cela s'assume?
Pas étonnant que je sois Ministre!

L'état assume quoi en cette affaire des Roms?
Que "beaucoup" n'admettent pas plus les choses que les Roms...
Assumerait-il que beaucoup "trop" n'admettent pas?

"Beaucoup" du coté de la comptabilité des gens, "trop" du coté de la comptabilité de la délinquance...
Voilà choses et personnes dissociées en sorte de tension...

L'état, c'est bien connu, relègue toujours plus loin ce qui lui est extérieur.
Ainsi fait-il, avec les Roms, avec la délinquance...
Quel meilleurs extérieurs, s'il y en a eu tant d'autres?

Cependantt, le réel se convoque, revient par la fenêtre, et depuis l'idéal ce serait avec ou même sans le sabre, et délesté ou pas de trois cent euros!
Cela marche à tous les coups, nul besoin d'un état pour l'initier tandis qu'il ne peut absolument pas l'assumer.
Sa mission première, à l'état, reste la fiscalité afin de mener à bien ses missions de service public: la possible et soutenue vitalité en général mais en particulier des habitants sur son territoire.

Dire qu'il le puisse en expulsant ainsi, c'est faire semblant, c'est se voiler la face, c'est croire en la vertu d'espaces publics seulement confinés, alors sécurisés.
On a connu tellement de vastes espaces publics tellement confinés, et qui de l'intérieur se sont tous effondrés, plus ou moins vite, toujours dramatiquement!

Non, il faut dépasser les réflexes vers le tout confinement, les refuser même si les comptabilités issues de crise financière voudraient sceller ici et pour toujours de telles abjections!

MS

@ Véronique Raffeneau

On peut "alors comme ça" mais la réalité demeure moins tranchée.
Non, il n’y a pas "d’insondables médiocres" et de "pauvres c… ", mais des sommes de situations particulières aux demandes ou revendications d’autant plus arc-boutées qu’elles sont souvent légitimes. Cette légitimité ne constitue malheureusement pas la garantie d’une parfaite prise en compte de toutes ces situations dans le cadre contraint d’une gestion collective.
A ces tensions entre l’idéal et le possible s’ajoute notre difficulté à identifier le vrai, le plausible, le réalisable, dans la masse des informations plus ou moins techniques et contradictoires qui nous est en permanence délivrée. Face à tout et son contraire, il est tentant (et compréhensible) de s’abriter derrière le contraire pour réclamer le tout légitime, qui peut aussi être le statu quo.
Un exemple : une réforme à faire sauter n’importe quel gouvernement, disait Michel Rocard à propos des retraites, en 1990 ! Dès lors, en effet, les gouvernements successifs n’ont pendant 20 ans rien fait ou ont reculé, ou agi à la marge, quasi en catimini, dans la foulée d’une élection et pendant l'été, dans une "fenêtre de tir".


@ Jean-Yves Bouchicot

Je n’ai invoqué aucune loi, j’ai seulement fait remarquer que le discours de Grenoble n’avait pas opéré de confusion globalisante entre communauté roms et délinquance.
Pour le reste, je suis d’accord avec vous. Dans ce même discours, Sarkozy indiquait que le nombre de campements légaux était passé de 20% (lorsqu’il était à l’Intérieur) à 60%. Je suppose que c’est un pourcentage par rapport aux quotas ou objectifs fixés. Chiffres vrais ou faux, je n’en sais rien ; insuffisants, c’est sûr.

Véronique Raffeneau

@ Sylvain

"Vous ne serez jamais contents ; je crois plutôt à l'insondable médiocrité du peuple lui-même."

Et voilà que vous vous mettez à plagier Christophe Barbier qui, dans L'Express aujourd'hui, ne trouve rien de mieux à écrire genre: tout ça c'est la faute aux clans de la société française qui veulent tout, qui ne veulent rien.

Et c'est le même qui passe son temps à "C dans l'air" à ne faire que de la comptabilité électorale prévisionnelle en vue des prochaines présidentielles...

A propos, mais de quoi vous vengez-vous donc, Sylvain, pour passer votre temps sur ce blog à agiter à la manière de Christophe Barbier les poncifs du genre "bobos oisifs gâtés et gavés d'acquis sociaux et d'assistanats tous azimuts..." ?

Jean-Yves Bouchicot

@ sylvain : ça y est, j'ai deviné votre profession : Aigri Social. C'est intéressant comme boulot ? Ca gagne bien ?

Sylvain

Rédigé par : Véronique Raffeneau | 02 septembre 2010 à 08:27
@ MS
Alors comme ça, l'insondable médiocrité de l'action gouvernementale et politique

.......................

De toutes façons, quoiqu'ils fassent ou disent, ça n'ira jamais.

S'il fait quelque chose c'est pas bien, c'est réac, facho, casse du système social, ultra libéral, etc.

S'il ne fait rien c'est un laxiste, un mou, un fainéant, etc.

Vous ne serez jamais contents ; je crois plutôt à l'insondable médiocrité du peuple lui-même.

D'ailleurs le peuple ne vote plus, il se venge...

Le bulletin de vote n'a pas plus de valeur qu'un ticket de grattage à la Française des jeux.

Pov' populo de bobos oisifs gâtés et gavés d'acquis sociaux et d'assistanats tous azimuts...

Ce n'est pas le pouvoir qui est le plus à plaindre.

Véronique Raffeneau

@ MS

Alors comme ça, l'insondable médiocrité de l'action gouvernementale et politique serait telle aujourd'hui qu'elle serait contrainte, par fatalité, de rechercher la "bonne fenêtre de tir" climatico-médiatique !

Et la société française ne serait ainsi qu'un ramassis de "pauvres c..." qui ne pourrait évoluer, se réformer et regarder en face, par exemple, les questions de l'immigration et de l'intégration avec comme dirigeants et responsables politiques qu'une armada de snipers agrégés en com' guettant comme de vulgaires attachés de presse les bonnes fenêtres de tirs médiatiques !

C'est sans doute de la naïveté de ma part, mais je pense que rien de solide ne se construit avec les cynismes en tous genres des guetteurs des bonnes fenêtres de tirs.

"Que vous le vouliez ou non, "certains ressortissants" n'est pas "tous les membres" de cette minoritaire communauté."

Je veux bien vous croire: la phrase du communiqué a été travaillée et retravaillée, au mot près, à la virgule près, par les services de com' de la présidence.

Toujours est-il que leur principal objectif, en termes de part de marché, était de reconquérir une clientèle électorale perdue.

Même s'il fallait pour espérer atteindre cet objectif amalgamer une minorité avec la délinquance, certains qu'ils étaient que cette minorité n'était pas suffisamment représentée pour pouvoir se défendre face à cet amalgame on ne peut plus officiel et grossier.


Jean-Yves Bouchicot

@ MS : "Vous n'y relèverez pas cet amalgame deuxième main journalistique, ni dialectique façon Edwy Plenel : leurs campements étant illégaux, les Roms sont donc des délinquants."

Mais la loi que vous invoquez dit aussi que de nombreuses communes ne répondent pas à l'obligation qui leur est faite d'aménager des terrains équipés pour les gens du voyage. C'est facile d'exclure "illégalement" des gens de leur propre droit pour les déclarer ensuite illégaux. L'état dit le droit, le bafoue, ne l'applique pas, et se venge sur les justiciables lésés.
Ainsi que l'a dit Coluche, "Politicien : deux ans de droit, et tout le reste de tordu".

MS

@ Véronique Raffeneau

Que vous le vouliez ou non, quand le président de la République convoque dans l'urgence et à grand renfort de communiqués une réunion ministérielle à l''Elysée dont l'objet est de "faire le point sur la situation des gens du voyage et des Roms, et les problèmes que pose le comportement de certains ressortissants de ces communautés au regard de l’ordre public et de la sécurité", il désigne une minorité qu'il confond avec des actes de délinquance.

Que vous le vouliez ou non, "certains ressortissants" n'est pas "tous les membres" de cette minoritaire communauté.


Je partage la position de l'Eglise.

Moi aussi, elle est dans son rôle.


Et parce que ce paragraphe du billet de Philippe Bilger résume tout ce que je pense de ce plan com'...

C'est en effet le point clé, finalement plus la forme que le fond. Mais que n'aurait-on dit si la décision avait été prise, disons, "ex nihilo" ? Il est dans ce pays devenu tellement difficile d'aborder sereinement la réalité des problèmes que les gouvernants de tous bords sont contraints de rechercher la "bonne fenêtre de tir" climatico-médiatique. C'est Cap Canaveral, c'est cela la catastrophe. L'opposition binaire, la mousse plutôt que la part des choses, noircir l'autre pour par contraste se supposer plus blanc quand la réalité et leurs pauvres solutions ne sont souvent qu'humainement grises.

Véronique Raffeneau

@ MS

Que vous le vouliez ou non, quand le président de la République convoque dans l'urgence et à grand renfort de communiqués une réunion ministérielle à l''Elysée dont l'objet est de "faire le point sur la situation des gens du voyage et des Roms, et les problèmes que pose le comportement de certains ressortissants de ces communautés au regard de l’ordre public et de la sécurité", il désigne une minorité qu'il confond avec des actes de délinquance.

Je partage la position de l'Eglise qui est de dire :

"Il y a un principe de proportionnalité dans les réactions qu’on peut avoir vis-à-vis des délinquants. On ne peut pas généraliser et prendre tout un groupe de personnes et les expulser. La responsabilité est personnelle, elle n’est pas collective".

Et parce que ce paragraphe du billet de Philippe Bilger résume tout ce que je pense de ce plan com' je voudrais, pour vous répondre, avoir écrit :

"Là où le bât blesse le plus, c'est sans doute dans le passage qui a été opéré d'urgence entre une agression collective à l'encontre d'une gendarmerie dans le Loir-et-Cher et la mise en cause d'une communauté dans son ensemble. Probablement aussi dans le fait d'avoir feint de découvrir de manière spectaculaire la multitude de ces "campements" interdits alors que déjà en 2007 le président de la République avait projeté leur suppression."

MS

Quand le président de la République désigne une communauté en la confondant avec la délinquance il frôle cette catastrophe contre l'esprit qui est celui de structurer un discours et une action politiques en les dirigeant exclusivement contre une minorité.
Véronique Raffeneau

Vous pouvez, si ce n'est déjà fait, écouter ou lire le discours de Grenoble. Vous n'y relèverez pas cet amalgame deuxième main journalistique, ni dialectique façon Edwy Plenel : leurs campements étant illégaux, les Roms sont donc des délinquants.

On peut être en large désaccord avec Sarkozy et, outre proposer des solutions, essayer d'être juste.

Sylvain

Je viens de lire ça, j'en suis encore plié en douze :

"" ..........Mais il est un autre lieu que l'amour universel pour rencontrer ces gens dérangeants. Ou l'on apprend à se comprendre. Où l'on ne stigmatise pas, on entube le moins possible, on s'ouvre à d'autres rapports que la force et la ruse. Je viens de le ré-expérimenter pendant une année, avec parfois un bonheur plein de surprises, malgré des moments difficiles. Cela s'appelle l'Ecole.............
........................

loool !! quelle école ??

celle de l'EN où des profs staliniens formatent les cerveaux lents des d'jeuns et les poussent dans la rue pour défendre leurs égoïsmes corporatistes de privilégiés.
Cette école repoussoir où 40% en sortent analphabètes, tout juste bons à finir râleurs professionnels, syndicalistes marxistes, au mieux sociologues de gauche (pléonasme).

Cette école où les profs insoumis aux diktats des "bandes" servent de punching ball aux "deuxièmes et troisièmes chances".

Cette école qui refuse les "keufs fachos" dans ses murs, mais qui hurle après le laxisme de la police dès qu'on se fait agresser...

Moi j'ai mis mes gamins dans une école privée : pas de grèves, pas de manifs, pas de blocages.

L'ECOLE, la vraie qui enseigne et ne sert pas de base arrière aux gourous gauchistes, métastase cancéreuse de la société...

Jean-Yves Bouchicot

@ JD Reffait : "Je vais être encore plus clair : je suis comme beaucoup de gens. Je repousse sans ménagement la promiscuité avec les Roms, ils sentent mauvais, oui, ils cherchent à m'entuber, oui. C'est ma réaction immédiate. "
Heureusement que vous rajoutez "immédiate". :-) Mais il est un autre lieu que l'amour universel pour rencontrer ces gens dérangeants. Ou l'on apprend à se comprendre. Où l'on ne stigmatise pas, on entube le moins possible, on s'ouvre à d'autres rapports que la force et la ruse. Je viens de le ré-expérimenter pendant une année, avec parfois un bonheur plein de surprises, malgré des moments difficiles. Cela s'appelle l'Ecole.

Véronique Raffeneau

@ Jean-Yves et Jean-Dominique

Je ne veux simplement pas utiliser abusivement les mots.

Mon propos est de dire que la séquence que nous joue actuellement le gouvernement avec les Roms n'est pas la mise en place de la Solution finale.

Je pense, Jean-Dominique - c'est à mon avis fondamental -, qu'entre autres, ce qui distingue le XIXe siècle d'aujourd'hui est que la méfiance ou l'hostilité anti-tzigane et/ ou anti-rom qu'utilise le gouvernement à des fins électoralistes, N'EST PAS dans la société française une opinion politique avec ses intellectuels, ses tribuns, ses journaux, ses publications, ses partis, ses structures, etc. comme l'a été en France et en Europe l'antisémitisme au XIXe siècle jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.

Quand le président de la République désigne une communauté en la confondant avec la délinquance il frôle cette catastrophe contre l'esprit qui est celui de structurer un discours et une action politiques en les dirigeant exclusivement contre une minorité.

Le film en lien est très intéressant. Je conseille vivement aux lecteurs du blog de Philippe de le regarder.

oursivi@JDR

Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 31 août 2010 à 16:12

D'autre part, Jean-Dominique, votre parallèle entre les Roms et les Juifs, pertinent sous certains aspects ayant trait à la rudesse de certains traitements communs, est aussi bien maladroit.

Du fait de leur sens inné de la sacralisation de l'écrit et du savoir, les Juifs ont toujours constitué un des joyaux de l'humanité, même déportés contenus concentrés, parce que le plus haut de l'homme est justement son savoir, ce processus de cumul dont il est le seul organisme vivant pourvu, la possession de ce miracle fonctionnel. Eux, en moyenne plus encore que les autres. Ce n'est malheureusement pas le cas des Roms, qui ont pourtant aussi démontré que des étincelles de génie pouvaient aussi émerger des leurs, hélas dans des proportions infiniment moindres.

Mais, le problème, l'ai dit et le redis, serait de savoir un peu mieux comment eux, s'imaginent vivre avec nous, une fois nos exigences d'efforts à partager posées.

Je suis en train d'achever la lecture du sublime "Usage du monde" de Nicolas Bouvier, qui s'était là choisi presque deux ans une vie de nomade et de nomade harmonieux. Car, indépendamment des qualités intellectuelles et humaines de Bouvier et Vernet, ils avaient pour règle l'honnêteté et de vouloir fournir pour disposer des espèces nécessaires à la continuité de leur sublime périple, les services dont leurs savoirs et compétences pouvaient être utiles aux autres, aux sédentaires comme aux autres nomades croisés, avec le discernement qui fait aussi écrire :

Il est temps de faire ici un peu de place à la peur. En voyage, il est ainsi des moments où elle survient et le pain qu'on mâchait reste en travers de la gorge. Lorsqu'on est trop fatigué ou seul depuis trop longtemps, ou dans l'instant de dispersion qui succède à une poussée de lyrisme, elle vous tombe dessus au détour d'un chemin comme une douche glacée. Peur du mois qui va suivre, des chiens qui rôdent la nuit autour des villages en harcelant tout ce qui bouge, des nomades qui descendent à votre rencontre en ramassant des cailloux

...

La moitié au moins de ces malaises sont - on le comprend plus tard - une levée de l'instinct contre un danger sérieux. Il ne faut pas se moquer de ces avertissements. Avec les histoires de bandits et de loups, bien sûr, on exagère ; cependant entre l'Anatolie et le Khyber Pass il y a plusieurs endroits où de grand braillards lyriques, le coeur sur la main, ignorants comme des bornes, ont voulu à toute force se risquer, et ont cessé de donner de leur nouvelle. Pas besoin de brigands pour cela, il suffit d'un hameau de montagne misérable et isolé, d'une de ces discussions irritée à propos d'un pain ou d'un poulet où, faute de se comprendre, on gesticule de plus en plus fort avec des regards de plus en plus inquiets jusqu'à l'instant où six bâtons se lèvent rapidement au-dessus d'une tête. Et tout ce qu'on a pu penser de la fraternité des peuples ne les empêche pas de retomber.

Nicolas Bouvier.

Se comprendre.

AO

MS

Je repousse sans ménagement la promiscuité avec les Roms, ils sentent mauvais, oui, ils cherchent à m'entuber, oui. C'est ma réaction immédiate. Mais l'histoire tragique non résolue de ce peuple martyr et la fraternité humaine m'intiment, m'ordonnent de les aimer, parce qu'ils ne sont pas aimables. JDR

C'est beau, beau, non vraiment, sans blaguer. Pour être cohérent, n'oubliez toutefois pas les puissants, souvent pas beaucoup plus aimables et si peu riches au fond.
Tiens, exercez-vous avec un qui "sent mauvais, oui, qui cherche à vous entuber, oui. C'est votre réaction immédiate... Mais la fraternité humaine vous intime, vous ordonne de l'aimer, parce qu'il n'est pas aimable"..., Sarkozy. Je sais, il ne remplit pas la condition du martyr, mais pas non plus celle du bourreau.

 oursivi@AP&JYB&JDR

"vous conviendrez que si elle ne renaît pas"
JYB

Je ne conviendrai pas, j'ai convenu, me relire, c'est écrit dessus, c'est comme les petits LU.

"Je trouve sain de rappeler que tout va très vite dès qu'une population décide de détourner son regard de son prochain."
AP

Ne rien faire, le statu quo que je mentionnais plus haut, est, détourner son regard, jusqu'à être touché un jour par un délit issu de ce manque de considération.

Ayant lu les chroniques de Kessel cet été, je crois avoir compris ce qui devint possible passé 32 entre Berlin Rome et Madrid, je veux dire en terme de ressentiment conduisant à ce que vous n'êtes pas les seuls à redouter, que ne le fût, que ne pût l'être, qu'à l'aune de la pauvreté et du large sentiment d'humiliation de revanche à prendre, de ses ressentis puissants et pervers qui sont à grande échelle les seuls à galvaniser l'énergie destructrice au-delà de la raison.
Nous sommes des peuples plutôt occupés et plutôt bien nourris, instruits pour la plupart, où la faille nécessaire est, à mon sens, encore loin d'avoir la taille critique, au moins à court voire moyen terme.

Pas de panique, donc, et quitte à critiquer, ce que ne saurais qu'encourager, le faire avec discernement, ne pas crier au loup quand on croise un mauvais chien.

Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 31 août 2010 à 16:12
Sur le fond votre propos est généreux, moi aussi je pense mécaniquement ainsi, mais je tente de ne pas m'en contenter. Quand j'ai entendu un Américain qui, le sot, allait se distraire des bêtises de Disneymachin au bout de la ligne qu'emprunte presque quotidiennement, ouï donc ce cinquantenaire expliquer avec force gestes explicites à un jeune type fort sain, dans la vingtaine, lui tendant le stupide et convenu papelar où il prétend avoir toutes les avaries et tares convenues ... lui dire, donc, qu'il "better find a job, you're strong, good arms, be courageous, get to work", je me suis demandé, oui, même si c'est, je le sais, difficile, qu'est ce qui lui interdisait d'aller chercher un boulot de magasinier, de livreur, de déchargeur de ballot comme on en voit dans le Sentier ou voyait dans les sous sols de Tang quand les trains les achalandaient encore ? Demandé quel est ce tropisme, ce conditionnement éternel qui devrait faire d'eux de sempiternels parias ?

Il n'est nulle malédiction, rien n'est écrit. On peut toujours essayer, il faut toujours tenter.

Toujours.

AO

Jean-Dominique Reffait

Véronique,
Je ne renvoie rien à Vichy. La situation actuelle des Roms en Europe, et désormais chez nous, est celle des juifs et des Roms au 19ème siècle en Europe orientale. Pour les juifs, la conscience a évolué. Pour les Roms, rien, pas l'ombre d'un amendement.
Avez-vous vu "La Cité des Roms" dernièrement rediffusé sur Arte, mettant en scène les Roms du ghetto de Sliven en Bulgarie ? Un ghetto de 20000 personnes séparé du reste de la ville par un mur et des barbelés. Ce n'est pas la Solution Finale, c'est la permanence séculaire d'un racisme profond qui interdit les emplois, qui interdit l'éducation, qui interdit la santé, qui fustige tout rapprochement timide. Hier les ghettos étaient juifs et roms, maintenant ils sont exclusivement roms. Et notre gouvernement indigne se fait le serviteur zélé de cette situation. Mais il n'y a pas de mot équivalent à antisémitisme pour désigner le même sentiment à l'égard des Roms, donc tout va bien.
Voir :
Le site du film
Rediffusion Arte

Alex Paulista, j'use du terme "prolétaires" à dessein. Les Roms sont les derniers véritables prolétaires européens au sens latin du mot "proletarii", classe de gens trop pauvres pour exercer une quelconque responsabilité collective et dont la seule richesse est constituée par les enfants.

Oursivi, aucun peuple n'a jamais rien proposé aux Roms et les Roms n'ont jamais rien eu à rejeter ! A leur arrivée en Europe, les dés étaient jetés : aux chrétiens de souche tous les emplois nobles, aux juifs les emplois dont les chrétiens ne voulaient pas, si bien que pour les Roms, il ne restait plus guère que jouer de la musique dans les mariages ! Ils ne sont nomades que par nécessité, ils n'ont rien contre une gentille maison bien stable.

Il est évident que les Roms posent problème, ce serait absurde le nier. Mais le problème vient de nous, Européens. Nous avons su résoudre notre problème juif, nous n'avons toujours pas su régler notre problème rom. Aucun peuple sur la terre ne se complaît dans la merde, aucune mère sur la planète n'ambitionne pour son enfant une carrière de voleur et de mendiant. Les Roms n'ont aucune structure collective propre et sont exclus des structures collectives existantes. Je vais être encore plus clair : je suis comme beaucoup de gens. Je repousse sans ménagement la promiscuité avec les Roms, ils sentent mauvais, oui, ils cherchent à m'entuber, oui. C'est ma réaction immédiate. Mais l'histoire tragique non résolue de ce peuple martyr et la fraternité humaine m'intiment, m'ordonnent de les aimer, parce qu'ils ne sont pas aimables.

Alex paulista

@ AO

Ce qui est assez récurrent aussi, c'est qu'on considère les collaborateurs de l'époque comme des personnes horribles pour avoir toléré l'inacceptable. Alors que la France était vaincue et que les a priori étaient forts à l'époque.
Ou bien que l'on perçoive l'ensemble des Allemands et des Italiens des années 30 comme des fous sanguinaires.
Plus proches de nous, on peut aussi penser aux Serbes et aux Kosovars.

Je trouve sain de rappeler que tout va très vite dès qu'une population décide de détourner son regard de son prochain.

Le choix n'est pas toujours simple. Pour paraphraser Desproges (avec une pensée pour M. Aubry):
Au gouvernement, pour bien gagner sa vie, il faut rafler des Roms. Ce n'est pas très marrant de rafler.
Oui mais, dans l'Opposition, on ne rafle pas les Roms, mais il faut vivre avec.

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