Bernard-Henri Lévy a obtenu le soutien sincère et ému du président de la République pour sauver de la lapidation l'Iranienne Sakineh Mohammadi Ashtiani (Le Figaro).
Cette annonce en faveur d'une cause qui nous mobilise tous d'une manière ou d'une autre, n'aurait pas à être relevée si elle ne montrait pas à quel point Nicolas Sarkozy n'est pas tout d'une pièce : par exemple son réalisme international n'est pas contradictoire avec une pratique personnelle généreuse. Aussi, il me semble que c'est faire fausse route que d'appliquer à cette personnalité des critères et des évaluations sommaires que la polémique rend faciles mais que l'intelligence des situations et des êtres devrait exclure. La politique de Nicolas Sarkozy n'est pas aussi remarquable qu'il le pense et aussi catastrophique que certains de ses opposants voudraient s'en persuader. Il y a des facettes contrastées, des nuances au sein des blocs, des avancées à côté de régressions, des progrès républicains mais des déceptions dans la conduite de l'Etat au quotidien. Tout n'est pas rose ni noir, pas plus que n'est simple le caractère du président. S'engager dans une vision contraire en accusant les reliefs et en forçant les traits, c'est faire précisément ce qu'on lui impute à charge et lui permettre une défense aisée. L'outrance le sert, ne le gêne pas.
Quand le sarkozysme, pour Daniel Cohn-Bendit, se résume, en matière de sécurité notamment, à "de la stupidité et de la malveillance", c'est à la fois violent et un peu court. C'est fuir la complexité d'une analyse pour tomber dans la facilité du slogan. C'est certes se faire plaisir mais je ne suis pas sûr que ce paroxysme verbal et les réponses qu'il fait au Monde convainquent au-delà du cercle des adversaires patentés et définitifs. S'il désirait élargir et amplifier son pouvoir de démonstration, il aurait fallu qu'il retienne la bride de la forme pour mieux épouser le fond.
Quand Edwy Plenel - j'admire le journaliste, j'apprécie et estime l'homme de conviction, on ne peut pas se priver de "battants" républicains comme lui - se laisse pourtant aller à qualifier le président de "délinquant constitutionnel" (nouvelobs.com), j'ai la faiblesse de soutenir qu'il a tort. Pour le bonheur d'une formule rude, accablante, il se prive d'une plongée dans la réalité, qui lui imposerait de ne pas s'abandonner qu'à ses charges mais de peser, sur ce sujet, les ombres et les lumières. Il y a, chez les plus vigilants, un risque de paresse intellectuelle qui les guette quand ils dessinent de Nicolas Sarkozy la caricature que celui-ci leur tend pour les piéger.
J'en arrive à ce qui, par contraste, m'apparaît comme le comble du talent, une réussite exemplaire, d'une finesse inégalée aussi bien sur le plan politique que judiciaire. Il s'agit de la série du Monde : "Chirac, le roman d'un procès", qui, chaque jour, nous fait don d'un tableau étincelant de ce que pourrait être le procès de Jacques Chirac, de son environnement, des histoires autour de lui, des coups bas et des triomphes, des déclins, des nostalgies et des fiertés. Dans ces moments de vie quotidiens, il y a des enseignements, une aptitude à la synthèse, une qualité d'expression, une plausibilité indéniable qui me font m'interroger, depuis l'origine, sur le rédacteur ou la rédactrice de ce petit miracle que j'attends avec une impatience décuplée grâce au bijou de la veille. Qui est Cassiopée ? Franck Johannès ? Pascale Robert-Diard ? Raphaëlle Bacqué ? Ou quelqu'un qui viendrait d'ailleurs pour la circonstance ?
En tout cas, chapeau ! Daniel Cohn-Bendit et Edwy Plenel pourraient s'en inspirer. Il y a un ton, un registre, une cruauté, une élégance qui font du mal, qui font du bien.
Mais qui peut bien être ce Cassiopée ?
@sbriglia@Madame Jacob | 29 septembre 2010 à 15:11
« Bon, je sais, ce n'est pas encore dans Wikipédia... »
Bien. Allez messire, vous ne m'empêcherez pas de déguster ma côtelette de porc aux cèpes vosgiens en vue de la préparation de laquelle, vous me pardonnerez de ne pas disserter plus avant.
Rédigé par : Catherine JACOB@sbriglia | 30 septembre 2010 à 12:58
"Jacques Chirac, le roman d'un procès" a tenu en haleine les lecteurs du Monde cet été. Cassiopée, la plume qui a signé ce roman-feuilleton, dévoile aujourd'hui son identité : il s'agit du pseudonyme de deux journalistes du quotidien, Françoise Fressoz, chef du service France, et Pascale Robert-Diard, chroniqueur judiciaire.
Le pseudonyme Cassiopée est un clin d'œil à Sirius - la signature dont usait Hubert Beuve-Méry, le fondateur du Monde, pour ses éditoriaux -, expliquent les auteures. Autre symbole : "c'est une constellation (deux auteurs, plusieurs contributeurs)".
Bon, je sais, ce n'est pas encore dans Wikipédia...
Rédigé par : sbriglia@Madame Jacob | 29 septembre 2010 à 15:11
Je constate que le voile n'a toujours pas été levé sur le mystère de Cassiopée. Peut-être sont-ils autant que d'étoiles dans cette constellation, qui sait.
S'agissant de :
« Bernard-Henri Lévy a obtenu le soutien sincère et ému du président de la République pour sauver de la lapidation l'Iranienne Sakineh Mohammadi Ashtiani (Le Figaro). »
J'ai lu récemment ceci dans Histoire de l'Alsace collectif sous la direction de Philippe Dollinger, 1970, Introduction p.13:
À propos de la période nommée RISSII et qui correspond au loess inférieur, 2ème phase, soit entre 200.000 et 100.000 ans: «Alors apparaissent les boules d'argile façonnées par l'homme, que Wernet, s'autorisant d'exemples ethnographiques, attribue à un rite religieux primitif: il s'agit en bombardant des mannequins qui figurent le gibier mort, de neutraliser les forces malfaisantes, celles libérées par le meurtre des bêtes. »
On peut peut-être déduire de là que la lapidation, quelle que soit la forme qu'elle soit susceptible de prendre, boules d'argile ci-dessus, pierres du supplice iranien réservée à la femme infidèle, micro traumatismes psychologiques de la lapidation médiatique, harcèlement chez le commun des mortels, réunit les trois composantes suivantes,
A- Le meurtre dans le cas n°1, l'adultère dans le cas n°2, le mépris du petit peuple ou l'attitude ressentie comme telle dans le cas n°3 etc. ou encore tout autre crime réel ou supposé ou tout événement considéré, ressenti, comme tel.
B- L'ouverture des vannes du ressentiment de la victime,( par ex. cas d'œdipe, première victime d'un cycle de la violence) même morte
C- La nécessité psychique de les neutraliser; Dans le cas n°1, sur un mannequin considéré comme ce que les japonais, par ex. nomment « Shintai », corps réceptacle d'un esprit susceptible d'être notamment asservi comme dans le cas d'installation des campements militaires en Chine du Nord au 2ème~3ème millénaire av. notre ère, qui comprenaient une enceinte de protection magique pour laquelle étaient utilisées un certain nombre de victimes sacrificielles, ennemies de préférence, locales en tout état de cause. Dans le cas n°2 sur la femme infidèle dont la lapidation pourrait être présumée seule propre à apaiser les mânes de la famille de l'époux outragé en tant que membre du clan lui-même; Dans le cas n°3 sur une victime expiatoire, coupable ou non dans les faits, à tout le moins en tout cas, d'avoir ce qu'on appelle réveillé le chat qui dort, par ex. le ressentiment généré par la pénibilité du travail.
Si l'on veut requérir la barbarie de la lapidation et par voie de conséquence sa suppression, ou sa commutation en autre chose, il peut paraître opportun de proposer un succédané par lequel la nécessité psychique qui commande la neutralisation de ce qui est pensé comme une libération de forces malfaisantes, puisse être satisfaite par une compensation symbolique qui ne peut en aucun cas résulter d'une injure du style : « bande d'arriérés » etc.
Le symbolique est un phénomène extrêmement complexe et incontournable à peine de voir ressurgir ce que j'appellerai pour l'instant, faute de mieux, le cru!
Rédigé par : Catherine JACOB | 29 septembre 2010 à 12:01
AFP - 30/08/2010 à 14:18
Iran : un site pro-gouvernemental dénonce "l'immoralité" de Carla Bruni
Le site internet du groupe de presse gouvernemental Iran a dénoncé lundi "l'immoralité" de Carla Bruni.[...]Commentant un article du quotidien ultra-conservateur Kayhan qualifiant Mme Bruni-Sarkozy de "prostituée", le site www.inn.ir estime que "les médias occidentaux, en détaillant ses nombreux antécédents d'immoralité, ont implicitement confirmé qu'elle méritait ce titre".
L'article qualifiait Carla Bruni "d'actrice et chanteuse dépravée, qui a réussi à briser la famille de Sarkozy et à épouser le président français". Il dénonçait également l'intervention de "l'actrice corrompue (Isabelle) Adjani" dans cette affaire. "Les antécédents (de Carla Bruni) montrent clairement pourquoi cette femme immorale a apporté son soutien à une femme condamnée pour avoir commis des adultères et été complice du meurtre de son mari", estime lundi le site www.inn.ir."
Extrait des News d'Orange -
Donc si je comprends bien, une femme ne peut pas apporter son soutien à une femme mais seulement son mari, lequel, bien évidemment ne saurait se trouver offensé de la manière dont on parle publiquement de son épouse. Il se trouve accessoirement que ladite épouse est l'épouse du président de la République française et insulter Carla dans de telles circonstances revient tout de même quelque part à insulter la République !
Rédigé par : Catherine JACOB | 30 août 2010 à 19:11
@ oursivi
Votre reproche à Edwy Plenel me semble injustifié, je crois qu'après des années de Canard Enchaîné et de Monde, il est ferré sur la société du spectacle. Rassurez-vous, nous aussi nous avons lu Debord. Et Baudrillard. Et les autres. Mais une chose est d'être conscient, ce que ne sont pas tous les citoyens abreuvés de journaux TV, et une autre est de laisser faire en disant "c'est normal, on est habitués, ça a toujours été comme ça". On peut être philosophe sans être résigné. Même sans être Bourdieu ou Badiou. Accepter, c'est commencer à excuser. C'est pour ça, plus que son talent de juge, qu'Eva Joly a du succès. Cela s'appelle l'éthique, ou l'intransigeance... Maintenant, si vous avez envie de laisser filer, c'est aussi votre droit. Ce sont ceux qui en profitent pour nous voler que nous visons.
Rédigé par : Jean-Yves Bouchicot | 26 août 2010 à 17:24
Je suis bien convaincu, contrairement à votre expression, que la légitimité démocratique n’est pas que la légitimité des urnes, même si cela semble vous arranger.
Christian C
Lorsque le FIS est en Algérie sorti vainqueur des élections législatives, ces élections ont été annulées. A un journaliste occidental qui se faisait l’avocat du diable, un responsable politique algérien a répondu : vous confondez la démocratie et l’électoralisme. Sous-entendu, il y a des valeurs démocratiques supérieures à une grandeur arithmétique sortie des urnes.
La loi n’est donc pas le garant supérieur de la démocratie. Le principe de défense d’Eichmann à Jérusalem a consisté à répéter : je n’ai fait qu’obéir à la loi de mon pays.
En ce sens, je vous rejoins on ne peut plus, "la légitimité démocratique n’est pas que la légitimité des urnes".
Mais pour ces mêmes raisons l’argumentation d’Edwy Plenel est au mieux un paralogisme.
Mon "délinquant constitutionnel" n'est pas une formule pour le plaisir de la polémique, mais un constat pour l'urgence du sursaut, écrit-il.
La légitimité de la Constitution est celle des urnes (Référendum de 1958). Or, conséquemment à ce qui précède, - à savoir que la transgression de la loi peut parfois être un sursaut - le sursaut ne peut être invoqué qu’adossé à une légitimité supérieure et en tout cas non réductible à celle des urnes. C’est précisément, derrière son bouclier constitutionnel, ce qu’Edwy Plenel ne fait pas,
mais fera sans doute une fois prochaine en se référant à "la force injuste de la loi" pour prôner son abrogation.
Au-delà du fond, sautillement plus que sursaut.
Rédigé par : MS | 23 août 2010 à 20:11
@ Christian C
Si l'on me prive de mon droit d'expression, croyez bien que je serais la première pipelette à dépérir.
La liberté d'expression, tout comme la liberté d'aller et venir ou le droit au procès équitable sont des droits et libertés propres aux démocraties mais non la définition de la démocratie.
Ces droits et libertés sont variables selon les démocraties (existence de la peine de peine dans certains Etats des Etats-Unis par exemple).
La démocratie est l'exercice, par le peuple, du pouvoir via des représentants élus. Cette définition est invariable.
En cela, la presse n'est pas un pouvoir démocratique et Monsieur Plenel ne dispose d'aucune légitimité démocratique encore moins d'une "mission".
Il exerce une liberté garantie par les élus c'est tout.
Encore une fois (tant pis pour ma perversité naturelle), je ne conçois pas qu'un journaliste nous invite à nous rebeller contre le fondement même de la démocratie, à savoir la légitimité du pouvoir en place en nous laissant de surcroît entendre qu'il est investi d'une mission supérieure à cette légitimité.
Il se paie notre tête et j'ai tenu à rappeler que la mienne n'est pas à vendre, pas même à un Messie démocratique.
Rédigé par : Judith | 22 août 2010 à 16:56
@ Judith,
Relisant vos commentaires adressés à J-D Reffait et moi-même, je ne peux m’empêcher de ressentir une ambiguïté très perverse dans votre propos.
La Constitution française ne reconnaît en effet que deux pouvoirs (hors les pouvoirs dévolus aux assemblées et organes territoriaux, locaux, municipaux) :
- Le pouvoir exécutif, uniquement incarné à ce jour par Nicolas Sarkozy
- Le pouvoir législatif, représenté par l’assemblée Nationale et le Sénat
Un troisième pouvoir est, dans certaines démocraties, le pouvoir judiciaire, qui n’existe pas en France puisqu’il est placé sous l’autorité de l’exécutif. Il se trouve donc cantonné au rôle, singulièrement restreint, d’ « autorité judiciaire ».
Reste le quatrième pouvoir, celui que d’aucuns (sauf vous, semble-t-il) concèdent à la démocratie, le pouvoir d’informer.
Ce pouvoir peut aujourd’hui être « conquis » par n’importe quel trublion ayant accès à une tribune : je vous facilite la tâche : moi, pour prendre un exemple.
Ce pouvoir est la simple déclinaison de la déclaration des droits de l’homme, dans l’article 11 de la déclaration de droits de l’homme et du citoyen : "La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi".
Le 10 décembre 1948, les 58 États Membres qui constituaient l’Assemblée générale de l'Organisation des nations unies (ONU) ont adopté la Déclaration universelle des droits de l’homme à Paris, au Palais de Chaillot. Les articles 18 et 19 consacrent eux aussi la liberté d'expression, conjointement à la liberté de conviction et de religion :
Art. 18 : "Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites" ;
Art. 19 : "Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit" — Version française officielle de l'ONU
Le Conseil de l’Europe consacrera, le 4 novembre 1950, sa Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales, entrée en vigueur le 3 septembre 1953. C'est l'article 10 de cette Convention qui garantit la liberté d'expression :
"Article 10 – Liberté d'expression
1. Toute personne a droit à la liberté d'expression. Ce droit comprend la liberté d'opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu'il puisse y avoir ingérence d'autorités publiques et sans considération de frontière. Le présent article n'empêche pas les États de soumettre les entreprises de radiodiffusion, de cinéma ou de télévision à un régime d'autorisations.
2. L'exercice de ces libertés comportant des devoirs et des responsabilités peut être soumis à certaines formalités, conditions, restrictions ou sanctions prévues par la loi, qui constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité nationale, à l'intégrité territoriale ou à la sûreté publique, à la défense de l'ordre et à la prévention du crime, à la protection de la santé ou de la morale, à la protection de la réputation ou des droits d'autrui, pour empêcher la divulgation d'informations confidentielles ou pour garantir l'autorité et l'impartialité du pouvoir judiciaire".
Je serais incomplet en omettant de mentionner quelques extraits publiés par Alain le 12 juillet 1910, sous le titre : »Qu'est-ce que la démocratie ?(Propos sur les pouvoirs, p. 213).
« On répète partout en France, aux États-Unis et dans quantité d'autres pays que nous vivons en démocratie, que notre pays est une démocratie, tandis que quelques autres se voient refuser ce même label. " Dans nos démocraties occidentales... " ressasse-t-on avec une satisfaction incantatoire, existe et fonctionne telle ou telle institution, par exemple un parlement élu au suffrage universel, ou une presse dont la liberté est garantie par la constitution. Par ces mots ces pays ou leurs représentants se décernent à eux-mêmes un brevet de haute civilisation politique, un brevet non seulement de supériorité mais d'achèvement, de perfection en matière d'institutions. C'est en fonction de cette certitude proclamée d'être les meilleurs que les gouvernements de ces pays, avec l'appui et la complicité de leurs peuples, prononcent magistralement la condamnation de tel autre gouvernement, isolent son peuple, interdisent par un blocus tout commerce avec lui, voire décident au nom de ces nobles idéaux politiques de lui faire la guerre, de lui expédier une monstrueuse armada et de l'écraser sous les bombes. »
« Si la démocratie n'est pas dans l'origine populaire du pouvoir, elle est dans son contrôle. La démocratie, c'est l'exercice du contrôle des gouvernés sur les gouvernants. Non pas une fois tous les cinq ans, ni tous les ans, mais tous les jours. Non pas celui qui laisse en place le politicien désavoué, mais celui qui le chasse. «Ce qui importe, ce n'est pas l'origine des pouvoirs, c'est le contrôle continu et efficace que les gouvernés exercent sur les gouvernants ».
« S'il faut un président monarchique et une assemblée oligarchique que reste-t-il à la démocratie ? Comment un équilibre entre les institutions peut-il être favorable au peuple si ni le pouvoir exécutif ni le pouvoir législatif ne sont démocratiques ? Il y a un troisième pouvoir, qui n'est autre que le pouvoir de surveiller les pouvoirs, et qui peut s'exercer alors même qu'il n'est pas prévu par la constitution. Le troisième pouvoir n'est en effet assurément pas le pouvoir judiciaire, dont Montesquieu déclare lui-même qu'il est comme " invisible et nul " (l'Esprit des lois, Livre XI, chapitre 6). Est-ce le pouvoir de la presse ? Mais il y a plusieurs sortes de presses ; ou plutôt il n'y en a qu'une, car celle qui passe pour être la plus libre lorsque ses amis sont dans l'opposition devient soudain très docile lorsqu'ils arrivent au gouvernement. En fait la presse est trop souvent partisane et ne joue qu’épisodiquement un rôle qui la dépasse de beaucoup et que les citoyens seraient bien coupables de lui abandonner. Ils seraient d'ailleurs coupables aussi de ne pas défendre vigoureusement la liberté qu'a la presse de le jouer. Mais avec ou sans presse, et quelquefois contre elle, il appartient aux citoyens et à personne d'autre de faire vivre la démocratie en exerçant sur les pouvoirs législatif et exécutif une fonction de contrôle. Ce pouvoir s'exerce en critiquant, je veux dire en jugeant, et en disant ce qu'on pense, en le faisant entendre par tout moyen approprié. C'est un pouvoir que les citoyens ont à prendre seuls, sans qu'on les y invite, sans même qu'on le leur reconnaisse. Personne n'est fait citoyen par le roi, personne n'est fait citoyen par les spécialistes ; il n'y a de citoyen que celui qui se fait tel lui-même malgré les rois et les spécialistes. »
Pardon d’avoir été exagérément disert, mais ce sujet me tient à cœur.
Je suis bien convaincu, contrairement à votre expression, que la légitimité démocratique n’est pas que la légitimité des urnes, même si cela semble vous arranger.
Vous semblez effectivement considérer comme légitime une organisation aux termes de laquelle des citoyens confieraient, sans droit de contrôle, mais surtout sans aucun droit de critique, tous les pouvoirs.
«Ce qui importe, ce n'est pas l'origine des pouvoirs, c'est le contrôle continu et efficace que les gouvernés exercent sur les gouvernants ».
Ne vous en déplaise, Edwy Plenel, Philippe Bilger, et quelques 63 millions de citoyens l’illustrent jour après jour.
Rédigé par : Christian C | 21 août 2010 à 15:14
@Judith,
"Vous avez raison, Plenel n'est pas un oligarque quand il se dit investi d'une mission démocratique, c'est plutôt un vaniteux voire un mégalomane"
Quitte à critiquer Edwy Plenel, il serait plus efficace de le faire à bon escient; Edwy Plenel a écrit: "je ne vous cache pas préférer le travail sur le réel – l'enquête, le reportage, l'analyse – à ces essais romancés qui me semblent relever du divertissement plutôt que de la mission démocratique du journalisme."
Vous avez le droit de détester Edwy Plenel; il n'est pas très loyal de déformer ses propos pour l'accabler de défauts qui ne sont pas les siens.
Rédigé par : Christian C | 21 août 2010 à 08:34
@ Jean-Dominique Reffait et Christian C
Je n'ai pas réagi en soutien des propos de M. Sarkozy mais en réaction à ceux de M. Plenel et ses leçons de droit constitutionnel.
La presse n'est pas un pouvoir démocratique.
S'il s'agissait d'un pouvoir constitutionnel, elle aurait en face d'elle un contrepouvoir.
Il est vrai que la presse a acquis un réel pouvoir sur l'Opinion grâce aux progrès technologiques de ces dernières décennies, mais il s'agit d'un pouvoir concret, technologique, d'un produit dérivé de la liberté de la presse et non d'un pouvoir constitutionnel ou démocratique.
Les voeux de M. Sarkozy ne sont que des voeux pieux aussi longtemps qu'ils ne sont pas passés dans la machine démocratique du Parlement voire du Conseil Constitutionnel qui n'aurait pas manqué d'être saisi.
Le Parlement a t-il été saisi ?
Non.
Je gage qu'il ne le sera jamais.
M. Sarkozy s'est livré à un jeu politico médiatique, jeu dont monsieur Plenel connaît fort bien les règles puisque son intervention en constituait une démonstration du même acabit : un exercice de propagande.
Je suis navrée mais lire un journaliste se targuer d'être investi "d'une mission démocratique" et nous inviter à "sursauter" contre un pouvoir constitutionnellement élu me hérisse le poil.
La légitimité démocratique est la légitimité des urnes.
M. Sarkozy peut se vanter de l'avoir acquise, Monsieur Plenel ne le peut pas.
J'ai d'ailleurs peine à comprendre comment ce dernier peut nous inviter à nous rebeller sans violer lui-même effrontément la constitution qu'il dit vouloir protéger.
@ Christian C
Ne confondez pas démocratie qui fait prévaloir la voix du plus grand nombre et la liberté de la presse qui permet l'expression de toutes les opinions.
Vous et moi avons quantité de droits et libertés qui nous sont garantis par la Constitution mais la simple citoyenneté n'a pas le pouvoir de nous ériger en élus ou en membres du Conseil Constitutionnel, c'est-à-dire de nous investir d'une mission démocratique.
La mission démocratique de M. Plenel est exactement égale à la mienne et à la vôtre : placer un bulletin dans l'urne, pour que la démocratie (le plus grand nombre) décide.
M. Plenel jouit d'une totale liberté d'expression, tout comme vous et moi.
Il dispose simplement d'un porte-voix plus puissant.
Vous avez raison, Plenel n'est pas un oligarque quand il se dit investi d'une mission démocratique, c'est plutôt un vaniteux voire un mégalomane.
Rédigé par : Judith | 20 août 2010 à 22:30
Oui il faut sauver l'Iranienne Sakineh Mohammadi Ashtiani de la lapidation.
Et pendant que les médias occidentaux se focalisent sur un cas qui mérite toute l'attention, des centaines de personnes sont persécutées, outragées, emprisonnées, violées, pendues, lapidées, sans que le monde occidental lève le petit doigt.
Et tout ça au nom de quoi ? De leur simple liberté de conscience. Elles ne sont pas dans ces situations dramatiques parce qu'elles sont opposantes au régime de la république Islamique, mais parce qu'elles sont comme 85% des Français : "non musulmans", elle appartiennent simplement à une minorité religieuse d'obédience chrétienne.
Vous en doutez ?
Allez faire un tour sur www.eleutherie.eu vous y verrez que l'Iran y tient une très bonne place à côté des autres pays où la charia est instaurée.
Cordialement
Pierre-Antoine
Rédigé par : Pierre-Antoine | 20 août 2010 à 16:10
Je pense avoir enfin compris pourquoi Cassiopée avait été mis par PB au masculin.
Star, ou Psi de Cassiopée dont, accessoirement, voici la présentation sur Alapage.fr par copié-collé a pour auteur :
C. L. Defontenay « - Genre : Epouvante – Terreur
Star, ou Psi de Cassiopée est une perle, une rareté de littérature, composée en 1854 par Defontenay.
Il s'agit peut-être de l'un des premiers récits à décrire aussi méticuleusement un univers différent et extraterrestre.
L'auteur accentue l'effet du dépaysement en osant toutes sortes d'extravagances au sein du texte ; syncopes, recherches typographiques, poésies.
Mais si le texte en lui-même est fascinant, son histoire l'est tout autant.
Car, il s'agit bien d'un de ces livres oubliés dans les trop grandes bibliothèques, redécouvert par un enfant terrible habitué à évoluer dans les zones grises des cartes.
Ainsi, Raymond Queneau mûrissait depuis longtemps le projet de retrouver - toujours ce désir - des textes excentriques pour en tirer une somme originale.
De fait, son propre projet s'intégrait à l'intérieur de lui-même ; Queneau ne put l'aboutir, mais il fit ressurgir certains auteurs dignes d'intérêt.
« L'un d'eux, tout de même (mais ce n'était pas un « fou »), était une découverte, un « génie méconnu », un authentique précurseur de la science-fiction et de Michaux.
Il se nomme Defontenay [...] le livre qui lui donne le droit de figurer plus qu'honorablement dans toutes les histoires de la littérature française, c'est : Star ou Psi de Cassiopée.
» Dès lors, ce roman, représentant ultime des terra incognita, aux confluences des écoles littéraires modernes si l'on en croit Queneau, se devait d'ouvrir la collection que nous proposons.»
Rédigé par : Catherine JACOB | 20 août 2010 à 11:34
Pour signer la pétition en faveur de Sakineh :
http://laregledujeu.org/2010/08/16/2616/signez-la-petition-il-faut-empecher-la-lapidation-de-sakineh/
Rédigé par : Laurent Dingli | 20 août 2010 à 10:51
@Judith
Si vous considérez véritablement que le journalisme (le pouvoir d’informer) n’est pas une mission démocratique légitime, que la presse est illégitime, et si vous considérez Edwy Plenel comme un oligarque, je mesure à quel point la démocratie est en danger.
Rédigé par : Christian C | 20 août 2010 à 07:27
Je suis abonné à Mediapart donc je vois passer les "scoops" d'Edwy Plenel.
1. Lagardère a négocié des impôts (comme tous), mais comme il est ami avec Sarko c'est le scoop du siècle.
2. Woerth a déclaré gagner 3000 euros (sous un titre trompeur mentionnant 112 euros) pour avoir un prêt de campagne de 6500 euros... adossé au succès électoral de l'UMP. La belle affaire, qu'il ne donne pas son vrai revenu quand la banque n'a pas de raison de le demander...
Demain: Eric Woerth a enfoui son mégot dans le sable.
Etc, etc...
Ils vont finir par nous le rendre sympathique !
Je reste abonné encore un peu, par curiosité...
Rédigé par : Alex paulista | 20 août 2010 à 02:41
Judith,
Article 1er de la Constitution
La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion.
versus
N. Sarkozy, Grenoble, 30 juillet 2010,
La nationalité française doit pouvoir être retirée à toute personne d'origine étrangère qui aurait porté atteinte...
Annexe :
Article 5 de la Constitution :
Le Président de la République veille au respect de la Constitution.
C'est pas compliqué à comprendre.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 20 août 2010 à 00:14
"...serait une société dont les citoyens n'auraient plus la maîtrise, dépossédés qu'ils seraient des instruments de connaissance et d'intelligibilité de la réalité."
Edwy Plenel
Edwy, vous découvrez à votre âge 'la société du spectacle' et la croyez ("serait", "n'auraient"..) en devenir...
Les tombes m'embrassent, les bras m'en tombent, les bombes m'encrassent et autres approximations...
Vous êtes un bon journaliste, un peu paranoïaque, mais cela aide à s'affûter d'accord, et puis Guy Debord... lui-même dans le genre... ok ! Mais avez perdu le sens de la mesure, attaquer Sarkozy sur ce genre de point, qu'en a-t-on à fiche, sérieusement, qu'il veuille déchoir quelques cas ultimes qui ne représentent qu'eux-mêmes et leurs pathologies, celles dont quelques infractions extrêmes ont témoigné... en leur défaveur ! C'est un combat, et un glorieux, ça ? Il n'y a pas assez de pauvres et de malheureux dans ce pays, qu'il vous faille oeuvrer pour ceux qui le méritent si peu, et en faire un étendard, parce qu'une patte de mouche de la constitution serait là mal tordue...?
Ce ne sont quand même pas ceux-là que vous allez choisir de défendre pour le plaisir de contrer Sarkozy, dites-moi, et cela juché sur le pitoyable canasson de bois d'un rappel au texte de la constitution, quand c'est son esprit qu'on aimerait voir briller ?
Et n'allez pas me rétorquer comme l'avançait piteusement Reffait Jr que 'cela commence comme cela' et qu'on virera bientôt tous et n'importe qui sous d'autres fallacieux prétextes, sous peine de verser dans le ridicule le plus achevé.
Valez bien mieux que cela, non ?
AO, pas vraiment sarkozyste au cas où ne le sauriez pas.
Rédigé par : oursivi | 19 août 2010 à 23:57
Enfin un qui vous citez dans votre communication, et qui se manifeste !
Peut-être alors romprez-vous vos habitudes et interviendrez-vous parmi les "blogueurs" qui sont en votre blog ?
J'en doute, et comme je m'amuse à deviner votre prochaine Manchette, je me dit qu'elle n'aura pas le moindre effet de continuité avec les propos de M. Plenel, comme il vous rétorque très bien, et comme il fait de la politique plus que du journalisme en disant qu'un président, avant de faire de la politique en ré-élection, doit présider en mandature !
Faut avouer qu'il n'a pas tort, M. Edwy Plenel, je dirais même plus qu'il a raison, qu'il participe au gardiennage de l'institution républicaine, autant qu'ici vous le faites.
Étant entre vous deux d'accord sur l'essentiel, que pourriez-vous entre vous ajouter qui ne s'adresse aux autres, à les autres entre vous convenus ?
J'en baverais d'avance, mais crois que votre prochain billet sera sur... "Houellebecq", la rentrée littéraire...
Rédigé par : zenblabla | 19 août 2010 à 22:33
J'ai écrit sur ce blog à quel point j'avais été horrifié par le projet de déchoir de la nationalité française des citoyens en raison de leur "origine", projet en effet inconstitutionnel et, par ailleurs, méprisable. Pour autant, l'argumentation d'Edwy Plenel ne tient pas une seconde car à ce titre, tous les présidents de la Vème République devraient être considérés comme des "délinquants constitutionnels" pour ne pas en avoir respecté, à un moment ou à un autre, les principes. Au-delà de sa justification, pleine de bons sentiments et de "logique", nous savons trop que le rêve d'Edwy Plenel est de faire tomber Nicolas Sarkozy. Il n'a pas réussi avec l'affaire Clearstream (malgré les annonces tonitruantes et autres fanfaronnades prématurées faites chez le camarade Moati) ; il a encore fait chou blanc lors du feuilleton Woerth-Bettencourt... Or voici que Little Big Man évoque à Grenoble ce projet inique et ridicule de déchéance de la nationalité : autant offrir des verges pour se faire battre au justicier de Mediapart qui n'en demandait pas tant. Ainsi que Catherine Nay l'avait si bien remarqué il y a quelques années, Nicolas Sarkozy a le don de gâcher lui-même ce qu'il peut accomplir de positif. Le voici par exemple mettre en oeuvre le Grenelle de l'environnement, défendre des projets audacieux, souvent en rupture avec la droite conservatrice... et finir par déclarer devant les agriculteurs : "l'environnement, ça commence à bien faire".
Rédigé par : Laurent Dingli | 19 août 2010 à 20:32
@ Monsieur Bilger
Une réplique ! Une réplique ! Une réplique !
Rédigé par : Judith | 19 août 2010 à 20:01
"La mission démocratique du journalisme"...
Voilà d'où M. Plenel tirerait sa légitimité.
La démocratie, c'est notamment la séparation des pouvoirs et leurs contrôles réciproques, pouvoirs au rang desquels le journalisme ne figure pas.
Le jour où la presse (qui est une liberté et non un pouvoir) aura une légitimité, peut-être examinerai-je ses suggestions.
Dans l'attente, je décline l'invitation anti-démocratique à la rébellion d'un simple oligarque qui se croit au-dessus de la démocratie.
Rédigé par : Judith | 19 août 2010 à 19:47
Je suis évidemment et hélas en plein accord avec Edwy Plenel, sauf sur un point : la légèreté du feuilleton de l'été n'est pas à opposer à la gravité du réel. Il y a toujours eu de la place, dans les régimes les plus totalitaires, pour la dérision et la mise en perspective romanesque. La conscience de la gravité n'ôte pas la possibilité d'en sourire. Le pseudonyme fait partie de ce décalage et le journaliste à l'origine de ce feuilleton du Monde a bien fait de s'effacer en tant que tel dans cet exercice qui, ne relevant pas directement de la mission sérieuse du journalisme politique, n'en contribue pas moins à éclairer le citoyen. Il ne s'agit pas ici de bouffonnerie délirante renvoyant dos à dos tous les protagonistes et leurs actes. Il s'agit bien plutôt de pousser plus loin que le réel la possibilité même du réel, d'en prolonger la compréhension dans ses probabilités.
Cette mise en perspective est ce qui fait souvent défaut au journalisme. L'instantané d'un constat - N. Sarkozy est un délinquant constitutionnel - même s'il est nécessaire, ne survit pas à l'instant. Il faut certes à l'esprit le tonus du moment, mais il lui faut aussi des sucres lents qui le nourrissent dans la durée. Le décalage imaginaire installe durablement des hypothèses, des typologies de personnages et un continuum logique des événements réels ou probables.
Le sursaut républicain qu'appelle E. Plenel de ses voeux ne viendra pas massivement, la majorité des Français n'ayant cure de la République et attendant benoîtement qu'on lui guérisse les écrouelles. Mais ce sursaut ne peut se réduire à de multiples sauts de puce, aussi dignes soient-ils de figurer dans le Guiness des records. On peut sursauter mille fois - et avec N. Sarkozy, cela confine à l'épilepsie - sans que cela ne provoque autre chose qu'une fine ridule à la surface du débat démocratico-médiatique. Et si le caractère hors-la-loi du régime est consubstantiel à son chef, ce que je crois depuis l'origine, j'invite E. Plenel à prolonger cet axe dans l'imaginaire d'un roman politique du sarkozysme où le réel côtoierait le possible dans une République défaite.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 19 août 2010 à 19:09
".....ne relève pas de la polémique, fût-elle rude, mais du constat, fût-il accablant.....".
"....Mon "délinquant constitutionnel" n'est pas une formule pour le plaisir de la polémique, mais un constat pour l'urgence du sursaut...."
Cette formule, ce refrain, "ce n'est pas une polémique c'est un constat", c'est la nouvelle tarte à la crème que nous servent depuis quelques temps les opposants qui désirent vous clouer le bec définitivement.
SCIENTIFIQUEMENT.
"Je n'invente rien, je constate, moi Monsieur tel un savant, un chercheur".
Il y a le constat de Plenel, mais il y a aussi le constat d'un autre, des autres, tout aussi intelligents observateurs que Plenel.
Constats opposés à partir de la même réalité.
Plenel fait de la politique, il veut me faire croire qu'il fait du journalisme.
Ce n'est pas une polémique, c'est un constat, MON constat.
Je relève dans son constat que si je ne réagis pas comme Plenel, je ne suis ni républicain ni démocrate.
Comme il est simpliste et intimidant cet homme sous son docte et "argumenté" plaidoyer.
JF Kahn intimide comme ça aussi.
Ceux qui crient constamment au loup me font plus peur que ceux qui gouvernent actuellement, j'ai l'impression qu'à tout moment leurs nerfs démocratiques peuvent lâcher.
Rédigé par : bernard | 19 août 2010 à 18:21
@ Jean-Yves Bouchicot
Permettez-moi de sourire de bon cœur !!!
Je m’attendais à ce genre de réaction… bien qu’ayant pris la précaution d’indiquer « Péj. » (Abréviation de péjoratif...)
Le substantif « critique », là je vous rejoins, est la
« Capacité de l'esprit à juger un être, une chose à sa juste valeur, après avoir discerné ses mérites et défauts, ses qualités et imperfections. »… même source que précédemment : http://www.cnrtl.fr/
Je n’évoquais pas ce sublime talent d’objectivité et de neutralité… rare… très rare !
Rédigé par : Eugénie | 19 août 2010 à 18:01
D'accord avec Edwy Plenel. M. Sarkozy n'est certes pas le premier président de la République à prendre quelques libertés avec la Constitution mais il est le premier à le faire aussi manifestement, aussi continument, aussi délibérément. Et, il est important de l'ajouter, aussi impunément. Car s'il est préoccupant de voir le président de la République, garant des institutions, les fouler ainsi aux pieds, il l'est encore plus de constater que cela ne semble faire, à quelques exceptions près, ni chaud ni froid à l'opposition, aux médias, aux commentateurs politiques et autres clercs.
Rédigé par : Denis Monod-Broca | 19 août 2010 à 17:49