Laurent Wauquiez s'est moqué il y a quelques jours de ceux qui s'indignaient du séjour tunisien de Michèle Alliot-Marie alors que tant d'événements importants nous sollicitent en France et dans le monde. Je ne crois que cette hiérarchie apparemment de bon sens soit pertinente car elle mélange les registres de la morale et de la politique. La première est toujours capitale quand la seconde en effet permet une discrimination.
Il n'est personne en tout cas qui ne soit saisi dans l'immédiat d'un enthousiasme solidaire avec l'Egypte en folie. Le président Moubarak a quitté Le Caire avec sa famille et sans doute va-t-on commencer, comme pour Ben Ali, à tout faire pour le priver de la jouissance de son immense fortune édifiée sur la misère du peuple égyptien. "Pharaon" a été jeté à bas et la foule en liesse sur la place Tahrir (France 2) exprimait une joie intense, collective, dont on comprenait la démesure et qui n'inspirait ni la peur ni l'angoisse pour demain. Les citoyens en délire, délestés d'un coup d'une dictature, se jetaient d'autant plus à corps perdus dans le gouffre inconnu de l'avenir, en dépit de la présence et de la stabilité actuellement rassurantes de leur armée, qu'ils avaient sans pouvoir résister été accablés par un passé oppressif. Notre presse nationale et régionale, dans un consensus parfait, salue cet immense mouvement de libération qui a déchu Moubarak après tant d'autres autocrates au fil de l'Histoire. Force est d'accepter cette évidence heureuse que les peuples à la longue deviennent les fossoyeurs des dictatures, des pires régimes, quels que soient l'idéologie ou le vernis dont ils prétendent recouvrir leurs insupportables contraintes (Le Monde, Le Figaro, Le Parisien, Libération, Mediapart, nouvelobs.com).
Pourtant est-il choquant, même au beau milieu de l'allégresse, de s'interroger, de tenter de déchiffrer les messages du présent pour se donner ou non l'espoir de lendemains "qui chantent" ? Car rien n'est moins sûr. Sans posséder le savoir de certains, Gilles Kepel, Pascal Boniface et autres spécialistes de cette région explosive dont l'Egypte semblait être l'Etat raisonnable et équilibré, sans même s'inquiéter de l'attitude tactiquement tranquille aujourd'hui des Frères Musulmans et de leurs possibles évolutions dangereuses demain, il suffit de se pencher sur le destin multiple de peuples en délire pour constater qu'ensuite le délire des peuples a accepté une autre main de fer. Une autre poigne auréolée de sa généreuse participation à la destruction d'un ordre ancien qui lui substitue le sien, souvent aussi terrible. A l'expérience des siècles, les révolutions ont le choix entre couper des têtes, enfermer sans retenue ou garder le plus possible le parfum et l'élan des aurores. Si les peuples s'émancipent, l'Histoire les réincarcère souvent dans l'étau d'une métamorphose rêvée puis déçue. Comment ne pas avoir le droit de craindre pour l'Egypte, sans être sûr du pire, avec Israël aux aguets, une dérive conduisant d'un Moubarak chassé mais sage sur le plan international, vers un Pouvoir peut-être moins détesté mais à la diplomatie plus incendiaire ?
Le visage de l'avenir est illisible. Devenons tous des Egyptiens durant le temps très court de la fête, quand la démocratie est dans les têtes et dans les coeurs.
Pour la suite, cela ne dépend plus de nous.
Dans le sujet :
J'avoue ne pas bien voir où il y a matière à débat. Chez nous, ce n'est pas chez eux (et réciproquement d'ailleurs : c'est l'argument qui a justifié la décolonisation).
Nous sommes aussi légitimes à nous défendre de la colonisation à rebours que les ex-colonisés le furent de se défendre contre notre colonisation (qui, je vous le rappelle, était censé être faite pour leur plus grand bien puisqu'elle leur apportait les Lumières).
Pour le reste, on peut toujours lire la nouvelle édition du "Camp des Saints", de Jean Raspail.
Rédigé par : Franck Boizard | 01 mars 2011 à 18:37
Hors sujet :
http://fboizard.blogspot.com/2011/02/quand-la-politique-pourrit-le-droit-une.html
Si j'ai deviné une petite partie de votre manière de penser, cela vous intéressera.
Rédigé par : Franck Boizard | 01 mars 2011 à 18:28
"Absolue morale"
...Aberration:
http://fr.wiktionary.org/wiki/aberration
Vous tapez juste,il est tout à fait possible de se demander si morale et absolu risquent de s'accoler.
Mon cerveau néenderthalien ne m'empêchera pas de penser...
L'accord sur l'origine des mots est comme vous dites, soit parfaitement scellé et il m'appartiendra, tout le long de mon existence, d'apprendre savoir remonter à certaines origines, m'en remettre aux mœurs, qui ne sont que morales conjuguées.
Ou bien écouter Derrida, ou entendre chanter la bible par Henry Meschonick, ou demander mon adoption par les Mormons, ce qui reste incertain.
Je doute que l'accord en moi-même, soit en accord entre toutes ces possibilités.
Seule la dernière ne m'agrée pas.
Comprenez-moi:
Je ne vous demande pas de me suivre, surtout si pour moi coller morale et absolu cela me plaît bien et vous insupporterait, tandis que je peux découvrir que la rareté que cela se présente et résonne, cela vaut le coup.
Enfin..., pour moi!
Quant à l'imposteur, s'il n'est pas complice de lui seul, au delà, il est bien seul, échappant seul à des pressions qu'il juge insupportable...
L'expression est un moyen pour s'en tirer!
Rédigé par : zenblabla | 16 février 2011 à 22:38
Deux éminents membres des Frères musulmans ont été nommés par l'armée égyptienne dans la commission chargée de revoir la Constitution.
-Tarek al-Bashri en tant que président.
-Sobhi Saleh en tant que membre.
Les Frères musulmans ont déjà demandé que figure dans la nouvelle constitution ce passage explicite : "la seule source des lois est la charia".
Rédigé par : MCPN | 16 février 2011 à 19:37
Question de géopolitique.
Pourquoi ces Tunisiens fuient-ils leur pays qui s'installe enfin dans une vraie démocratie ?
C'était mieux avant ? Qui sont-ils ? Des anciens supporters de Ben Ali ? Des flics compromis ?
Comprends pas.
Bienvenue en France, cher amis tunisiens. Vous n'allez pas y rester longtemps car comme vous pouvez le lire ici, la France est dirigée par un tyran plus dangereux qu'un repris de justice.
La France va très mal. L'économie est exsangue. La justice pas respectée. La presse interdite de se moquer.
Les fonctionnaires débordés et dépassés.
Le type qui vous a donné l'idée de venir en France vous a bien roulés.
Bienvenue quand même…
Rédigé par : jpledun | 16 février 2011 à 13:53
Je réagis ici aux réactions diverses ci-dessus. Que d'absurdités...! Entre les "bombes au phosphores sionistes", les régimes islamistes qui "cessent d'être un problème depuis le 11/09", les régimes occidentaux qui "en faisant tout pour protéger Israël sont responsables des régimes arabes dictatoriaux", les Frères musulmans qui lorgnent sur la Turquie qui serait un modèle de démocratie alors qu'elle s'enfonce sous nos yeux dans l'islamisme radical (avant de faire son entrée dans l'Europe)...
Cerise sur ce gâteau nauséabond : un post qui conclut en disant que l'islamisme est une chance pour l'Occident, une sorte de coup de pied au cul salutaire.
Mais on est chez les fous !
C'est sûr que dans ces conditions l'islam règnera ici dans un délai encore plus bref grâce à tous ces idiots utiles qui ne voient que des Frères musulmans devenus soft, des talibans modérés et j'en passe.
Et pendant ce temps les fines fleurs de la Révolution du jasmin conspuent aux cris de "mort aux juifs" les derniers juifs de Tunisie. Ah oui elles sont belles et porteuses d'espoir ces révolutions.
Rédigé par : potpourri | 16 février 2011 à 08:10
"...je suis fatigué..."
LABOCA
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Ben allez vous coucher !
Profitez-en pour faire une looooongue pause.
Trop d'internet nuit.
Comme disait Raymond Devos :
"Se coucher tard nuit !"
(Je suis bien placé pour en parler :-) )
Rédigé par : jpledun@Laboca | 15 février 2011 à 01:30
Je n'ai personnellement pas vu de "peuples en délire" mais des peuples décidés à intervenir désormais dans leur avenir. Ou alors faut-il traiter de "délirant" tout peuple décidé à impulser pacifiquement le changement de son cadre de vie ?
L'avenir n'est certes pas écrit car la société égyptienne, comme toute société humaine, est traversée de tensions et de contradictions internes auxquelles s'ajoutent des intérêts stratégiques. Alors peut-être que ce mouvement ne débouchera pas sur sur l'idyllique démocratie laïque, peut-être même échouera-t-il dans une impasse, aboutira-t-il à une nouvelle dictature (ce que semblent souhaiter beaucoup de chancelleries occidentales et nombre de commentateurs...). Quelle que soit l'issue, le peuple égyptien aura su faire preuve de courage et de maturité politique. Je crois qu'il ne l'oubliera pas.
Rédigé par : Ighil | 15 février 2011 à 00:55
Je ne crois pas du tout à une amélioration mais malheureusement plutôt à une belle pagaille...
Rédigé par : JA | 14 février 2011 à 21:44
Il ne faut pas oublier que les Français ont mis un siècle environ pour stabiliser leur révolte, de la Révolution à l'arrivée de la 3ème République alors qu'ils avaient déjà bénéficié d'une formation donnée, sans le savoir, par la monarchie absolue, nous dit Marcel Gauchet. Soyons patients, donc.
Par contre, votre expression "à la longue" dans votre phrase "Force est d'accepter cette évidence heureuse que les peuples à la longue deviennent les fossoyeurs des dictatures" ne peut se comprendre qu'en admettant que les hommes évoluent naturellement vers la démocratie. Voilà qui me semble bien léger et romantique ! Mais ne peut expliquer, par exemple, pourquoi ceux-ci se sont déroulés tout d'abord en Occident. Je doute que le hasard y soit pour quelque chose.
Cordialement.
Rédigé par : loumi | 14 février 2011 à 21:40
@ zenblabla
Le style « suis-moi si tu peux » est enrichissant dans la mesure ou la précision du vocabulaire permet d’en faire remonter les mots à l’origine indo-européenne commune.
Or, précisément, entre les scolastiques et Heidegger, la philosophie occidentale est représentée par magma de « philosopheurs » dont aucun n’est d’accord avec l’autre, y compris même pour savoir ce que chacun a dit faute d’un vocabulaire à la hauteur de leurs ambitions. Et de fait, l’expression « absolue morale » est par exemple une aberration en soi.
Ceci dit sur la forme, la notion de nécessaire fraternité diluant la morale individuelle pour le bien commun mérite qu’on ne laisse pas son prochain s’y fourvoyer. Depuis que le mot frère a un sens, il n’y a de fraternité que par un père commun – autrement dit, l’essence de la fraternité se trouve dans le père – ce qui nous amène à l’origine des religions indo-européennes et non de la franc-maçonnerie.
Vérité assurément terrible que celle d’un Dyospitar étranger à Abraham.
Et alors, cette vérité, essence même du christianisme, elle ferait l’objet d’un chantage tel que l’imposteur se prévaut de sa dangerosité pour envahir sans crainte le monde de son imposture.
Rédigé par : Xavier Nebout | 14 février 2011 à 18:23
Temps heureux que celui de voir enfin des « arabes » fiers d’être arabes, et plus précisément user de leur droit de dire que l’« islamisme » a pour cause la protection d’Israël par les régimes corrompus que leur impose l’occident.
Alors comme nous le demandent maintenant Tunisiens et Egyptiens, fichons-leur la paix et ils s’en sortiront. Malheureusement, on n’est pas près de la leur ficher, la paix.
Il s’agirait en effet de les libérer de l’emprise des fraternels réseaux qui sont l’âme de la France-Afrique comme de toute l’occidentalo-afrique ( les mêmes que ceux qui corrompent la magistrature comme tout ce qu’ils touchent ).
Or, de l'emprise de ces fraternels réseaux, il y a autant unanimité dans l’intelligentsia pour ne pas en parler, que ça grenouille en coulisse pour qu’en Tunisie comme en Egypte, les frères ne perdent pas la main.
Les fraternités n’ont cependant pas la même origine – de Bonaparte en Egypte, de la colonisation pour la Tunisie. Il conviendrait de passer au régime turc issu des réseaux anglais, tout aussi tenu par l’armée qu’en Egypte, et dans laquelle on ne dépasse probablement pas plus facilement qu’en France le grade d’officier supérieur si on n’en fait pas partie. Encore que la Turquie est elle aussi en « danger » de démocratisation islamique.
C’est que pour les « humanistes », il s’en faudrait du salut de l’humanité – ou plutôt d’Israël – qu’on ne puisse faire face aux « islamistes radicaux ». Et d’ailleurs, les mots « humanité » et « Israël » ne deviendraient ils pas synonymes dans l’inconscient collectif des Français ?
Bizarre ! Et le français moyen dont le subconscient est encore hanté par St Paul, de ne plus rien y comprendre…
Rédigé par : Xavier Nebout | 14 février 2011 à 18:16
Rédigé par : LABOCA | 13 février 2011 à 21:12
Are you for real ?
Kadhafi, ce bédouin violeur*, un authentique quoi ?
"Ludovic, je suis fatigué par le propos du type de celui de Monsieur l'Avocat général, plein d'arrogance."
Lab
Et nous, accablés par les chapelets de pures âneries qu'avons la sottise de lire dessus votre pseudo...
AO
* http://fr.wikipedia.org/wiki/Memona_Hintermann-Aff%C3%A9jee
entre autres... elle y a échappé par un stratagème, d'autres femmes n'ont eu cette chance. On devrait vous déguiser en femme et vous envoyer "l'entretenir"... vous trouveriez ses visées politiques très pénétrantes, n'aurez juste qu'à éviter de vous asseoir les quelques jours qui suivront l'entretien.
Rédigé par : oursivi@Laboca | 14 février 2011 à 17:56
Vous écrivez:
"...une dérive conduisant d'un Moubarak chassé mais sage sur le plan international, vers un Pouvoir peut-être moins détesté mais à la diplomatie plus incendiaire ?"
Oui sage. Si l'on se tient du point de vue de l'occidental bourgeois bien chauffé, les pieds dans les pantoufles et le ventre bien rempli.
Mais du point de vue de ceux qui ont souffert de sa dictature, de ceux, nombreux, morts sous la torture dans les "Guantanamo" égyptiens, sous les bombes aux phosphores sionistes ? Pensez-vous que ce qualificatif horrible dans ce cas puisse avoir un quelconque sens ?
Vous êtes certainement un avocat, du moins tel que ceux qui, à défaut de logique et de preuves, utilisent leurs manches pour faire de la rhétorique si ce n'est pas du vent. Ce qui est une déviance du discours. J'entends l'argumentaire.
PS: seriez-vous assez courageux pour publier mon commentaire ?
Rédigé par : Elandalussi | 14 février 2011 à 16:00
A chaque billet vous ouvrez une boîte de pandore ! A l'instar de celui-ci où l'on apprend par le truchement d'un certain LABOCA que Kadhafi est un authentique démocrate aimé de ses concitoyens ! Impayable.
Rédigé par : adamastor | 14 février 2011 à 15:45
@PB
"Pour la suite, cela ne dépend plus de nous."
Erreur cher Philippe, grossière erreur, la suite dépend entièrement de nous !
Nous les occidentaux qui tolérons, profitons, encourageons par notre apathie démocratique ou démocratie apathique (au choix).
Nous nous gargarisons de slogans intellectuels pseudo humanistes qui n'ont pour seul effet que calmer notre conscience bien endormie au chaud dans notre individualisme.
Les peuples en mouvement commencent à nous faire réfléchir sur notre propre condition.
Ils souffraient en silence, nous ne les entendions pas dans le brouhaha de notre confort.
Aujourd'hui ils nous interpellent par leur cris d'espoir. La suite nous appartient à tous, à eux comme à nous !
A la seule différence c'est qu'eux après avoir manifesté spontanément ils ont nettoyé au sens propre et littéral la place de la Libération et repavé les rues.
Nous après les manifestations organisées nous laissons les services municipaux le faire... après tout ils sont payés pour ça !
Aurons-nous le courage de construire la suite et de nettoyer par nous-mêmes après ?
En ce qui me concerne, j'ai toujours dit que l'Islam était une chance pour la France !
Oui, car il va nous donner une gifle qui (je l'espère) nous réveillera ! Sinon c'est le coup de pied aux fesses qui nous attend pour nous shooter hors de l'avenir.
Cordialement
Pierre-Antoine
Rédigé par : Pierre-Antoine | 14 février 2011 à 11:41
Que répondre à un lycéen qui s'étonne que le monde arabe soit gouverné par des autocraties, des juntes militaires, des tyrannies, au mieux par des despotes éclairés au gaz ? A l'exception du Liban où la démocratie fait rage !
Que c'est culturel ?
Que la tradition du caïd imprègne toutes les communautés locales arabes et que cette tradition remonte le long de la pyramide ?
Ce ne doit pas être aussi simple, mais je donne ma langue au chat.
Il m'étonnerait quand même que les deux premiers pays libérés s'adonnent longtemps au parlementarisme occidental.
Rédigé par : Catoneo | 14 février 2011 à 11:31
Je fus longtemps amoureux de Néfertiti, moi !
Sissi !!!!!!!!!!!
Rédigé par : Cactus | 14 février 2011 à 09:19
Je pense que l'argument de M. LABOCA est considérable.
Ainsi, s'il m'étaient donnés les moyens de me rendre au Maghreb, j'irais plutôt en Libye qu'en tous autres endroits, ne serait-ce puisque la prévoyance de l'effet domino ne se relaie pas dans les médias d'ici, dans l'évocation du monde arabe.
C'est intriguant.
Je ne rejoins toutefois pas M. LABOCA dans son agacement déclaré par lui écroui pour la tonalité des billets de notre hôte:
Monsieur Bilger applique avec beaucoup d'allant la méthode de la justice, laissant s'exprimer et provoquant la manifestation des convictions divergentes.
Ce qu'il fallait ne pas asséner?
Alors un peu d'agacement...
Rédigé par : zenblabla | 13 février 2011 à 23:42
@Ludovic
Pour réagir à votre intervention, je dirai simplement que les dirigeants des Etats africains détestés par l'Occident européen sont de bons dirigeants pour leurs peuples respectifs.
Si Kadhafi et Gbagbo sont détestés par les gouvernements occidentaux européens, c'est le signe que ce sont des dirigeants excellents pour leurs peuples respectifs.
Lorsque le gouvernement français soutient un chef d'Etat dans un pays francophone, c'est que ce chef d'Etat fait la volonté de Paris.
Si Bongo père et fils, si Sassou Nguesso, si Débi, si Biya sont reçus avec la bise par les officiels français lorsqu'ils sont à Paris, c'est parce que ce sont des chefs d'Etat contrôlés et au service par Paris.
Le gouvernement français a pour tradition de détester un chef d'Etat africain qui ne prend pas des ordres de Paris.
Savez-vous réellement, Ludovic, pourquoi Gbagbo est détesté par Paris ? Savez-vous pourquoi Kadhafi dérange les Occidentaux ?
En tant qu'authentiques démocrates, Gbagbo et Kadhafi devraient pourtant être des sujets d'adoration des dirigeants occidentaux européens qui se disent démocrates.
Si donc Gbagbo et Kadhafi sont l'objet de haine de la part desdits dirigeants, c'est forcément pour d'autres raisons que démocratiques.
Ludovic, je suis fatigué par le propos du type de celui de Monsieur l'Avocat général, plein d'arrogance.
Rédigé par : LABOCA | 13 février 2011 à 21:12
@ bruno
Vous êtes dur avec l'Iran.
Non je blague. J'espère que vous aussi.
Sinon au Brésil ils aimaient appeler leur dictature de "ditamole". "Ils", c'étaient surtout ceux qui n'étaient pas torturés pour oser vouloir des élections ou même poser les bases d'un parti d'opposition.
Rédigé par : Alex paulista | 13 février 2011 à 21:07
Le "consensus parfait" de nos médias doit-il sa crédibilité à leur lucidité et à leur silence passés...? Pourquoi les croire aujourd'hui quand ils nous disent qu'ils se sont trompés hier et qu'on les voit - avec quelle hargne justicière ! - brûler aujourd'hui ce dont ils s'accommodaient hier... Les médias se gaussent de la prudence gouvernementale française, mais leurs palinodies ne valent pas mieux...
Rédigé par : Guzet | 13 février 2011 à 19:24
Je ne suis pas Egyptien !
Face aux interrogations floues et sans doute légitimes de ce billet sur l'avenir de l'Egypte, Moubarak a donc confié par sa démission officielle vendredi la destinée du pays aux soins du Conseil suprême de l'armée dirigé par le commandant en chef des forces armées Hussein Tantawi, qui est également ministre de la Défense.
En effet l'armée n'a pas pris part aux affrontements pro et anti-Moubarak mais s'est parfois interposée en évitant des bains de sang et n'a pas tiré sur la foule, l'on peut donc leur accorder une certaine confiance et crédibilité par leur sang-froid.
Il faut donc considérer en premier lieu les déclarations du Conseil suprême militaire destinées à stopper cette situation chaotique insurectionnelle par ses quatre communiqués:
"Nous saluons le président Mohammed Hosni Moubarak pour ce qu'il a donné à la nation en temps de guerre et en temps de paix et pour son attitude patriotique qui a fait prévaloir les intérêts supérieurs de la nation".
"L'armée ne souhaitait pas se substituer à la légitimité voulue par le peuple. Nous sommes conscients de la gravité de la situation, nous étudions maintenant toutes les procédures et les mesures nécessaires pour satisfaire les demandes des gens et nous allons faire une déclaration sur les plans proposés"
Le Conseil suprême de l'armée égyptienne a déclaré hier samedi:
"qu'il transférerait le pouvoir au gouvernement civil. L'actuel gouvernement gouvernera le pays jusqu'à la formation d'un nouveau".
"Une transition pacifique aura lieu pour passer le pouvoir d'un régime militaire à un gouvernement civil élu, nous respecterons tous les traités et accords régionaux et internationaux".
Si les militaires restent les garants de l'avenir du pays en ayant la mainmise sur le gouvernement, il appartiendra à ce binôme de transition au pouvoir d'organiser les prochaines élections démocratiques et de respecter leurs engagements.
L'armée à pour ordre aujourd'hui de nettoyer les rues afin de rétablir la libre circulation. Ce qui est bien vu par la population au bout de 18 jours de révolution. L'avenir semble bien être maintenant entre les mains du peuple et ce qu'il en fera d'une démocratie laïque lui appartient. J'ai donc confiance en ce peuple capable de rebondir vers une croissance à deux chiffres que nous envierons dans les mois prochains !
Nos relations bilatérales de coopération principalement dans l'archéologie, la culture, dans l'enseignement du français et commerciales notamment touristiques ne sont et n'ont pas d'incidences significatives, elle ne ne représentent guère plus de 4% d'échanges. Les risques d'attentats d'extrémistes sont toujours d'actualité tout autant qu'en France tant que ne sommes pas partis d'Afghanistan ou nous n'avons rien à faire.
Exception faite pour Notre Seigneurie qui s'est rendue une dizaine de fois en Egypte invité par le dictateur Moubarak au frais des pauvres... Et de Fillon, des responsables au plus haut niveau de l'Etat français qui n'ont aucun scrupule à profiter des palais dorés de la dictature Moubarak en réalité celle des miséreux... Pour les représentants d'un pays qui se prétend démocrate et la patrie des droits de l'homme, c'est pour le moins très grave et face à cette richesse d'apparat ostentatoire, bling bling, d'un achat d'avion à 182 millions d'euros même pour faire 300 km, de leur langage ostensible d'un plaider non-coupable face à nos concitoyens réduits à chercher leur nourriture dans les poubelles, nous risquerions bientôt de devenir tous égyptiens, ça leur pend au nez ainsi qu'à Wauquiez !!!...
Rédigé par : On se bat toujours pour ce qui nous manque le plus | 13 février 2011 à 14:07
L'Egypte, la Tunisie, des dictatures ?
Moubarak, Ben Ali, des dictateurs ?
Philippe Bilger, vous y allez un peu fort...
Pour être allé maintes fois dans ces pays, je n'y ai vu que joie de vivre et une circulation infernale !!
Les vraies dictatures, c'est l'Iran, la Corée du nord, le Syndicat de la Magistrature et la CGT du port de Marseille !!
Rédigé par : bruno | 13 février 2011 à 13:04
@LABOCA,
Vous n'avez manifestement rien compris au billet de M. Bilger, j'ai beau relire, je n'y vois ni suffisance, ni colonialisme, ni arrogance.
En revanche vous ne redoutez pas le ridicule en affirmant niaisement : "Il faut seulement souhaiter que demain, dans tous ces pays du Maghreb et d'Afrique émergent des dirigeants de la valeur de Khadafi, de Gbagbo, qui sont de vrais travailleurs et oeuvrent pour le bien-être de leurs dirigeants respectifs."
Au fait qui sont les "dirigeants respectifs" des grands démocrates que vous citez et dont ils oeuvrent au "bien-être"?
Rédigé par : Ludovic | 13 février 2011 à 12:03