L'UMP tient, mais de moins en moins, à un débat sur l'islam.
Hier, nous avons eu un débat sur l'identité nationale, sous l'égide de l'Etat et du ministre Eric Besson. Aux effets au mieux nuls, au pire très négatifs.
Que de débats, comme si faute de pouvoir résoudre les problèmes on préférait théoriser sur eux, les analyser !
Derrière cette frénésie, il y a évidemment la crainte de Marine Le Pen qui, n'hésitant pas à s'emparer de tous les thèmes, oblige les partisans de Nicolas Sarkozy à trouver une parade jusqu'à maintenant pas décisive. Non seulement la candidate du Front national progresse dans les sondages mais l'obstination à la suivre à la trace par l'instauration de débats qui, croit-on, vont lui couper l'herbe sous le pied, aboutit à des conséquences inverses. L'islam, ses dérives, la laïcité, la religion musulmane, l'immigration, la délinquance : autant de malaises graves dont l'appropriation par la majorité ne gêne pas le moins du monde le FN mais, au contraire, rend un hommage pervers à son discours originel et flatté de n'être plus original. Car qui peut sérieusement soutenir, en dehors des mains sur le coeur et des pétitions de principe, qu'une immensité sépare le FN et la Droite populaire au sein de l'UMP, sur le plan de la politique de sécurité et de justice ? Le paradoxe d'aujourd'hui est que s'il y a conscience d'une différence nette entre eux, elle tient moins à la substance des programmes qu'au refus de la moindre alliance, exprimé par Marine Le Pen. C'est elle qui impose maintenant ce dont le FN, avec Jean-Marie Le Pen, souffrait hier. Le rapport de force n'est plus le même parce qu'elle préside une force montante et qu'elle se paie le luxe d'être hostile à tout rapport entre le FN et ceux qui à l'UMP, en dépit des objurgations de Jean-François Copé et de Jean-Pierre Raffarin, seraient tentés de le nouer.
Les plus lucides à l'UMP, le président de l'Assemblée nationale, le Premier ministre lui-même, sentent à quel point ce débat sur l'islam peut être périlleux, risquant de stigmatiser les musulmans en France et de porter atteinte, par des attaques injustes et outrancières, à l'honneur d'une religion dévoyée par une minorité. François Fillon a manifesté l'intention "de recadrer, de recentrer" et de proposer que l'accent soit mis sur le vouloir-vivre ensemble, ce qui aurait le mérite de renvoyer à ce que la France devrait accomplir pour être aimée et favoriser l'intégration au lieu, de fait, de se laisser démembrer par les communautarismes (nouvelobs.com).
Cette prudence bienvenue manifeste-t-elle enfin une heureuse intuition politique ? Donne-t-elle le signe d'une prise de conscience sur l'impossible répétition en 2012 du succès de 2007 pour ce qui se rapportait au délitement du FN grâce au discours sarkozyste de l'époque ? En effet, croire aux bienfaits du renouvellement de cette tactique à la fois de fond et de forme serait absurde puisque tout, au contraire, démontre que celle-ci, programmée à nouveau, amplifierait l'influence du FN au lieu de l'assécher (Le Figaro, Le Monde). Imiter l'adversaire, fût-ce pour le combattre, aujourd'hui n'aurait pour conséquence que de le renforcer, surtout avec le constat facile à opérer d'une politique policière et judiciaire guère efficace depuis quatre ans. Je ne crois pas qu'on puisse, comme Laurent Fabius l'a soutenu, affirmer que cette maladresse peut-être en voie d'être corrigée n'en était pas une et que le président Sarkozy désirait en réalité affronter Marine Le Pen au second tour des présidentielles, ce qui expliquerait la démarche de celui-ci à l'égard du FN (France Inter, Le Post).
En dehors du fait qu'un débat dont même ses initiateurs ont peur n'a pas grand sens, il faut s'interroger sur la méthode elle-même du débat en politique. Le débat n'est pas une politique. La politique n'est pas un débat ou alors purement préparatoire à l'action. En l'occurrence, le débat sur l'islam présenterait le double inconvénient de n'avoir ni la richesse d'une véritable réflexion ni l'efficacité d'une authentique politique constituée de mesures, d'oeuvres et de continuité. Il se situerait dans une zone hybride où l'Etat manifesterait sa propre incertitude et inquiéterait pour rien. Il désignerait un ennemi - l'islamisme - en le noyant sous des considérations générales et inutiles sur l'islam. Il susciterait une incandescence, des oppositions et des résistances d'autant plus inopportunes qu'elles résulteraient d'une opération en elle-même parfaitement vaine.
Nous n'avons pas besoin de débats pour nommer un chat un chat, pour combattre l'islamisme, pour défendre une laïcité tolérante, pour éviter une fragmentation nuisible de notre unité nationale, pour nous inventer des perspectives et un destin commun susceptibles de donner envie à la France déçue ou hostile de rejoindre la France heureuse ou confiante. Nous avons besoin d'une politique. Je ne peux que rejoindre sur ce plan les étincelants et profonds échanges de C politique entre Alain Finkielkraut et Nicolas Demorand, qui part au moment où techniquement il a trouvé le ton juste. Quel dommage ! J'espère que Géraldine Muhlmann, choisie par Bruno Patino, ne s'abandonnera pas à l'intolérance soft, au sectarisme aimable dont j'ai senti les effluves à Cactus aujourd'hui supprimé. Le philosophe a très bien expliqué que si le débat sur l'identité nationale était tout sauf honteux et celui sur l'islam acceptable, mieux valait tout de même mettre en oeuvre une politique, des actes, des décisions susceptibles de modifier une réalité parfois préoccupante au regard de nos principes démocratiques. Ce me semble être une évidence que cette position qui, traduite dans les faits, prouverait que l'action n'effraie pas le Pouvoir.
Je ne voudrais pas qu'on puisse prétendre, en paraphrasant Proust pour qui "les idées étaient les succédanés des chagrins", que pour le gouvernement les débats sont le succédané de l'impuissance.
Je suis algérien mais je suis contre l'islam. L'islam est une religion du diable.
Rédigé par : contre l islam | 24 mai 2012 à 17:23
@JPLedun
Merci déjà:
Gaffiot, Oulipo, Surréalisme, JC Bailly...
Si déjà vous délivrez des honneurs, par personnages interposés, j'en suis flatté!
(Bailly, explorateur...)
Et vos attachements?
Je ne puis déduire, car cela n'est autrement possible qu'en soi, alors en dehors de la multitude.
Par exemple, il y a ce qui est présenté par Messaoud Benyoucef.:
"L'algèbre de la mort".
L'invasion du style dans l'ouvrage, montre les valeurs d'ici, leurs sur-abondances, leurs combats, et l'interrogation de leurs validités.
Que valent, sans style, les valeurs, dites en causalités ou appartenances, comme vous y allez?
Et c'est bien là l'enjeu, prématuré peut-être, urgent sans doute!
Si cela, toutefois, n'élimine sûrement pas l'autre, "ainsi" que soi-même...
Rédigé par : zenblabla@JP Ledun | 06 mars 2011 à 15:42
La provocation n'apparaît que lorsqu'il y a déficit de la liberté d'opinion.
Lorsque la totale liberté d'opinion est admise, alors la provocation disparaît, elle ne peut exister dans un Etat démocratique.
L'évidence du billet de M. Bilger n'est pas à démontrer, il est d'une évidence biblique !
Encore que je ne puisse être en total accord avec celui-ci. Point n'est donc besoin d'une interrogation sur son titre ! Le débat sur l'islamisme ne sera donc lancé que par JF Copé par la laïcité face à la montée de l'Islam ; arbitré peut-être par Fillon et là j'en réserve le plus grand doute bien qu'il ait affirmé le contraire ?
Belle aubaine pour Marine qui bien évidemment s'en est saisie. Pour la première fois dans l'histoire de notre Vème république dans le dernier sondage (1669 réactions):
"La gauche met en cause Nicolas Sarkozy dans la montée du FN"
(Avec 23% d'intentions de vote, la présidente du FN devancerait Nicolas Sarkozy et Martine Aubry, au coude à coude (21%), titre aujourd'hui le Nouvel Obs ! Ce que je vous avais prédit dans un précédent commentaire !
A vouloir tondre le plates-bandes du FN, l'Union des Moutons de Panurge ne bénéficiera plus du siphonnage des voix de 2007. Le résultat que je vous avais prédit l'an passé s'amplifiera au détriment de la confiscation du débat de la gauche qui n'aura plus le droit de parole dans les médias contrôlés par Notre Seigneurie ! Ce sera donc un débat de droite entre copains comme coquins, débattant entre anciens d'Occident... Il m'est toujours apparu depuis 45 ans qu'aucune immensité n'a jamais séparé les 80 députés et les 19 de l'exécutif dit "les réformateurs" prônant la guerre de rue pour assoir leur pouvoir !!!...
Avec un petit p Monsieur Bilger ne vous en déplaise...
.
Tout va donc pour le mieux dans notre République bananière. Vous pouvez donc paraphraser Proust...
Rédigé par : On se bat toujours pour ce qui nous manque le plus | 06 mars 2011 à 01:48
"Tout ce qui est fait, doit être bien fait".
Disait mon père.
Rédigé par : jpledun | 06 mars 2011 à 01:33
Philippe disait de Max Gallo qu'il pourrait être le Déroulède du sarkozisme, vous en seriez plutôt la voiture balai, qui passe en dernier et ne laisse impuni nul sarcasme.
Finirez par m'être sympathique de tant d'abnégation, JPL.
AO
Rédigé par : oursivi | 05 mars 2011 à 20:26
Quelle info !
Guaino écrit les discours de Sarko !? Nooon !?
Donc le débat sur la laïcité est clos.
Vous voyez bien, cela n'a pas été trop douloureux...
Rédigé par : jpledun | 05 mars 2011 à 15:45
philosophe méconnu et mâchouilleur.
Rédigé par : jpledun | 05 mars 2011 à 02:15
Oui, Guaino probablement, probablement pas mâchouilleur non plus ; esprit intéressant en effet, devriez voter pour lui.
Il faut toujours préférer la plume originale à ses récupérateurs, l'eussent-ils payé d'autre chose que de chewing et de gomme.
AO
Rédigé par : oursivi | 05 mars 2011 à 12:03
"...je voudrais dire que sans identité, il n'y a pas de diversité, qu'à l'origine de la diversité, il y a les identités..."
"Philosophe mâchouilleur" via H. Guaino via JP Ledun
"Je voudrais dire...", comme pour marquer qu'on va marcher sur des oeufs, déployer une prudente audace, tenter malgré tout d'exprimer un point de vue que l'on sait délicat et qui risque d'être mal perçu : la diversité est constituée d'identités diverses.
Du pur bon sens quasiment devenu inaudible.
On ne peut accueillir pleinement l'autre dans sa différence qu'en étant pleinement soi-même. Ce n'est sinon plus de la tolérance mais du ventre mou, un terrain vague sans porte ni fenêtres à ouvrir. Or, c'est la loi première de l'hospitalité, il faut un chez soi pour accueillir.
Rédigé par : MS | 05 mars 2011 à 11:37
"...je voudrais dire que sans identité, il n'y a pas de diversité, qu'à l'origine de la diversité, il y a les identités et que ce n'est pas faire preuve de fermeture que de croire en son identité pour mieux la faire partager avec les identités des autres. Mais si on ne croit pas à sa propre identité, comment peut-on partager avec celle des autres et comment même peut-on recevoir les identités des autres ? Il ne faut pas opposer identité et diversité. Il faut comprendre que pour qu'il y ait de la diversité, il faut qu'il y ait le respect de l'identité...."
philosophe méconnu et mâchouilleur.
Rédigé par : jpledun | 05 mars 2011 à 02:15
@jpledun
Vous avez raison sur ces chiffres, il n'y a pas autant de morts, c'est un phénomène européen. Depuis qu'on le mesure cela ne cesse de baisser pour de multiples raisons. Ce que je voulais souligner c'est comment la méthode Sarkozy dénature même les objectifs les plus consensuels: aujourd'hui les policiers cherchent à faire du quota de PV. Ils sont incités à piéger des pigeons, pas à se poster aux endroits dangereux.
Cette pseudo-objectivation à l'aide de quotas pour les PVs, les expulsions, les GàV, le nombre de visas accordés, tout cela a perverti l'esprit du service public.
Mais je vous rejoins sur votre préoccupation quant à l'absence totale de programme. En vous faisant remarquer que c'est le cas à gauche comme à droite. Ce débat sur la laïcité en témoigne.
Rédigé par : Alex paulista | 05 mars 2011 à 00:05
"Toujours autant de morts mais on récupère de l'argent en faisant croire qu'on fait quelque chose."
Vous dites n'importe quoi !
Coup de soleil or what ?
1998 : 8.413 tues
2010 : 3.994 tués
Joli preuve d'anti sarkozysme idiot.
Il y a tellement de sujets où le petit bonhomme mâchouilleur est critiquable.
Ne perdez pas votre temps avec ceci. Attaquez un programme pour votre candidat de rêve dès maintenant.
Rédigé par : jpledun@Alex paulista | 04 mars 2011 à 20:39
"si vous ne l'avez pas encore compris, il m'est difficile de vous expliquer que le passage des palombes n'a pas les mêmes incidences que celui des êtres humains pour la cohésion des sociétés (aussi bien celle d'émigration, que celle d'immigration)"
Ces notions ne me sont pas étrangères même si vous ne les avez pas expliquées ! Il m'arrive de mobiliser quelques rares neurones pour comprendre ce genre de choses mais soyez donc indulgent pour les petites gens.
Ne fabriquez donc pas des positions extrémistes pour mieux les rejeter à partir de citations tronquées, ce sera plus élégant.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait @ Laurent Dingli | 04 mars 2011 à 18:00
@ Laurent Dingli
Et moi avec vous sur les limitations et l'encadrement nécessaires des flux migratoires humains.
Les palombes se gèrent entre elles.
@ JDR
La revendication d'un droit absolu à s'installer où l'on veut sur la planète est un sujet de désaccord fréquent au sein même des associations qui défendent les sans-papiers.
Cette position est à mon avis totalement incompatible avec la volonté de promouvoir dans notre pays des minima sociaux. Vous seriez ultra-libéral, pourquoi pas, mais vous vous dites socialiste. À moins d'être National Socialiste, mais je ne crois pas que ce soit votre truc non plus.
Mais ce qui est en cause ici c'est la "méthode Sarkozy". Il y a des morts sur les routes ? hop on installe des milliers de radars qui déclenchent à 52 km/h la nuit sur des trois voies sans intersection. Toujours autant de morts mais on récupère de l'argent en faisant croire qu'on fait quelque chose.
Un défaut de mixité sociale et de la criminalité dans les zones pauvres où la "diversité" est majoritaire ? On contrôle au faciès trente fois par jour les mêmes personnes, on harcèle les mariages mixtes, on contrôle les soupes populaires et les écoles maternelles, on balade des Roumains en car pour remplir des quotas absurdes d'expulsions. On exhibe Rama Yade et Rachida Dati. Mais le Sentier fonctionne autant, les clandestins sont toujours là et toujours plus esclaves, Neuilly ne pratique toujours pas la mixité sociale et les banlieues empirent comme depuis trente ans.
Un manque de compétitivité économique, du chômage des jeunes, la tête de notre diplomatie qui se ridiculise à l'Assemblée et en vacances ? Un débat sur l'Islam, la mise en avant de nos racines chrétiennes, le tout rebaptisé hypocritement débat sur la laïcité.
Notre Chef Suprême devient de plus en plus dur à suivre.
Rédigé par : Alex paulista | 04 mars 2011 à 16:17
Quel beau billet ! que de précisions que j'approuve, sauf pour "islamisme" qui mériterait un qualificatif, par exemple radical ou bien fondamentaliste ou bien intégriste ou encore politique et pourquoi pas terroriste... J'aime consulter le TLFI et voilà ce que dit Alain Rey (and co) : Religion des musulmans. Synonyme : islam.
Et l'islam est aussi une religion de l'amour...
La laïcité, quant à elle, fut un moment "positif"... Ici elle est tolérante, mais existe-t-il une laïcité intolérante ? je n'en trouve pas de trace dans mon bon TFLI où il n'est question que de la séparation des églises et de l'Etat et de sa totale neutralité.
Rédigé par : gilles lecamp | 04 mars 2011 à 15:23
"Comment JP, vous n'avez pas le zenblabla/français, qui est le Gaffiot du surréalisme, le Bailly de l'oulipo ?"
Ben, je fais amende honorable. Je l'ignorais cher sbriglia.
Au passage, même si cela semble être têtu, j'ai apprécié
"les convictions granitiques" dont vous me gratifiez dans un précédent message.
Rédigé par : jpledun@sbriglia | 04 mars 2011 à 12:23
"Est-ce que quelqu'un peut me traduire ce message :
zenblabla@JP Ledun | 03 mars 2011 à 12:21
Merci."
Comment JP, vous n'avez pas le zenblabla/français, qui est le Gaffiot du surréalisme, le Bailly de l'oulipo ?
Rédigé par : sbriglia | 04 mars 2011 à 10:16
PS : Alex paulista, je faisais référence à votre commentaire du 03 mars 2011 à 05:03
Rédigé par : Laurent Dingli | 04 mars 2011 à 09:34
Non, non, Jean-Dominique Reffait, je n'avais pas un seul instant parlé d'animaux, relisez donc, mais l'essentiel n'est pas là : si vous ne l'avez pas encore compris, il m'est difficile de vous expliquer que le passage des palombes n'a pas les mêmes incidences que celui des êtres humains pour la cohésion des sociétés (aussi bien celle d'émigration, que celle d'immigration). D'une manière générale, je suis défavorable aux positions extrémistes. Le France doit rester une terre d'accueil, et je crois avoir suffisamment critiqué la politique sur l'immigration et la nationalité menée depuis 2007, pour avoir besoin ici de me répéter.
Alex paulista,
Je suis d'accord avec vous, c'est même depuis longtemps ma vision des choses.
Rédigé par : Laurent Dingli | 04 mars 2011 à 09:28
Non, je n'ai pour ma part pas trouvé le décodeur... mais ce n'est pas tous les jours qu'on rigole ! Surtout à propos de sujets qui, a priori, ne portent pas à l'hilarité.
Cela dit, je suis consternée par les déclarations tout à fait inopportunes de notre président hier au Puy. Il est grand temps me semble-t-il que les religions, toutes, soient cantonnées à la sphère privée.
Rédigé par : catherine A. à jpledun et les autres | 04 mars 2011 à 09:05
@ JD Reffait
Vous ne lisez pas ce qui est écrit mais ce que vous avez envie de lire :
> Je ne suis pas nostalgique de la colonisation. Au contraire, j'écris très explicitement (encore faut-il savoir lire) que ce qui justifiait la décolonisation là-bas la justifie ici. Alors, votre couplet prémâché sur les nostalgiques de la colonisation, je vous le conseille en suppositoires.
> vous confondez invasion et colonisation. La colonisation ne s'accompagne pas nécessairement de violences guerrières. Par exemple, la colonisation de l'Afrique du Sud fut exempte (au moins dans un premier temps) de violences. Dans la colonisation actuelle, nous subissons des violences symboliques (hallal à l'école, prière dans la rue, censure, etc.)
> la colonisation de jadis et celle d'aujourd'hui trouvent leur source commune dans la folie universaliste. Tous les hommes étant interchangeables, la France doit se fondre la grise humanité. Victor Hugo l'écrit sans détours. Là encore, il faut juste lire. Malheureusement (ou heureusement), il ne suffit pas d'un geste administratif pour faire de millions d'Africains des Français.
> Du Kosovo au Darfour, nous avons eu plus que notre compte de guerres ethniques, ces vingt dernières années. Cela ne vous suffit pas, comme avertissement ? Croyez-vous que la France, à cause de je ne sais quelle essence divine, échappe aux lois de l'humanité ?
> J'aime la France, ses particularités, ses habitudes et ses coutumes. Je n'ai pas envie qu'elle devienne un autre pays, un pays où il y aurait des mosquées et des appels à la prière, un pays où on se fait tabasser à l'école quand on ne fait pas le ramadan, un pays où le blasphème est de fait interdit, un pays où la galanterie a disparu, un pays où les Français de France ne se sentent plus chez eux etc. Cette évolution funeste est déjà bien avancée, hélas. Ce n'est pas une raison pour abdiquer.
Je ne résiste à pas à l'envie de vous citer cette tirade gaullienne que vous connaissez sans doute :
«Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine, et de religion chrétienne. Essayez d'intégrer de l'huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d'un moment, ils se sépareront de nouveau. Les Arabes sont les Arabes, les Français sont les Français. Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans, qui demain seront peut-être vingt millions et après-demain quarante ? Si nous faisons l'intégration, si tous les Arabes et Berbères d'Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcherait-on de venir s'installer en métropole, alors que le niveau de vie y est tellement plus élevé ? Mon village ne s'appellerait plus Colombey-les-Deux-Églises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées !»
Rédigé par : Franck Boizard | 04 mars 2011 à 06:37
Je viens d'entendre NS au sujet du Puy-en-Velay.
Il prolongerait son expertise au Mont-Saint-Michel, et à Vézelay.
Je ne saurais trop lui conseiller, en campagne, en quête d'imagerie, une visite d'Épinal.
Là-bas, ce n'est pas que le musée de l'imagerie qui pourrait l'enchanter, mais celui, modeste et sulfureux de l'art moderne.
Là, il pourrait, s'il prend le temps, se demander pourquoi transpire l'attraction étrange de cette ville, une qui contourne encore la spéculation immobilière, où les piétons qui s'y rendent s'entendent en dehors des zones piétonnières.
Comment la bagnole, est-ce possible, là se marie encore, entre échoppes et commerces subsistants?
L'effet Séguin, enfoui?
Épinal, images ou pas, concilie beaucoup de choses, plus qu'au Mont-Saint-Michel en tout cas.
Étrange affaire!
Rédigé par : zenblabla@JP Ledun | 03 mars 2011 à 22:24
Ce n'est pas qu'il fait peur, grabinoulor, c'est juste qu'il est stupide (voir les commentaires de J-D R), ou malin...
En même temps, j'aime quand la droite se vautre dans la stupidité, ça me rappelle la fin des années 90, sauf qu'à l'époque... elle ne gouvernait pas !
Je suis plus embêté quand c'est la gauche qui est à côté de la plaque. Comme depuis longtemps...
Mais ce débat est dangereux pour les musulmans, qui vont être une fois de plus stigmatisés, au sens étymologique du terme, médiatiquement, alors que la majorité d'entre eux désire la même chose que tout le monde: réussir sa vie...
Rédigé par : Herman | 03 mars 2011 à 21:13
Est-ce que quelqu'un peut me traduire ce message :
zenblabla@JP Ledun | 03 mars 2011 à 12:21
Merci.
Rédigé par : jpledun@TOUS | 03 mars 2011 à 17:11
@ grabinoulor
C'est clair, enfoncer des portes ouvertes sur la laïcité va probablement permettre de résoudre le problème du manque d'ambition de la France dans tous les domaines, puis combattre la paupérisation globale de son économie...
Tout ça d'un coup. Même plus besoin de programme pour 2012, ni à gauche ni à droite.
Rédigé par : Alex paulista | 03 mars 2011 à 16:21
Franck Boizard, vous osez tout, c'est à ça qu'on vous reconnaît. Nous ne sommes pas allés en Algérie pour devenir algériens et nous placer sous la tutelle du Dey d'Alger. Nous avons pris les terres, le pouvoir et, accessoirement, les hommes pour venir faire nos guerres. Il vous est loisible de regretter cet heureux temps où l'on pouvait bastonner l'arabe récalcitrant ou l'africain endormi, mais la colonisation européenne ne peut être comparée à une émigration économique dont la vocation est de s'intégrer à notre espace politique et social. Je n'ai encore vu ni char ni canon algérien à Paris et l'on n'enseigne pas encore dans les écoles que nos ancêtres étaient des bédouins du Sahara. La nostalgie n'exclut pas le discernement.
Laurent Dingli, vous m'entraînez dans le hors sujet pour me houspiller, ça n'est pas fair-play. Je ne conteste pas le droit des palombes à aller et venir à leur guise, il m'est arrivé d'admirer des cigognes qui accompagnaient le TGV dans les Landes. Je regrette que le seul animal de la planète à qui l'on dénie ce droit soit l'être humain. Que Rantanplan ait des droits, je m'en félicite, mais j'aspire à ce que l'homme ait les mêmes droits que Rantanplan.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait @ Franck Boizard et Laurent Dingli | 03 mars 2011 à 16:20