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01 octobre 2011

Commentaires

Elandalussi

Henri Dumas écrit :
"La démocratie a-t-elle des limites, les avons-nous atteintes ?"

C'est plutôt la lâcheté, comportement typique des hommes, qui n'a pas de limite. Quant à la démocratie elle ne s'use que si l'on ne s'en sert pas. Contrairement à la pile Wonder...

scoubab00

Le blond homme de main, ça a un petit côté western spaghetti ou série B américaine, non ? Hortefeux est - ou était - le factotum de Nicolas Sarkozy. Cette catégorie de personnel a statutairement rarement des doigts de fée ou des manières d'elfe. Je me souviens d'une émission littéraire présentée par F-O Giesbert il y a quelques années et qui recevait ce jour-là Hortefeux. C'était franchement amusant d'entendre notre Auvergnat parachuté causer culture. Amusant aussi pour lui, qui avait pour une fois l'occasion de plastronner en jouant l'amateur éclairé des belles phrases, des grands auteurs. Il en avait alors beaucoup beaucoup fait, le citoyen de Neuilly. A croire que, comme il avait trop bien potassé ses fiches et bu les paroles de ses conseillers, il était tout sauf un homme cultivé... si on se réfère à la fameuse pensée d'Edouard Herriot, autre homme politique. Non, ce jour-là, Brice n'avait rien oublié.

Libérus

@ Jean-Dominique Reffait

C’est vrai que, quand on évoque sept mois avant la présidentielle une affaire remontant à 1994...
- Touchant le financement de la campagne d’un candidat battu dès le premier tour.
- sous un prétexte fallacieux (en fait une fiction juridique comme Le Monde l’a reconnu).
- en masquant la véritable, l’énorme commission qu’a dû payer le contribuable français (1,3 milliards de francs).
- En prenant le risque de compromettre à l’avenir toutes nos ventes d’armement, dans un pays qui a perdu en 10 ans (tous secteurs industriels confondus) un tiers de ses parts de marché.

...il faut appeler ça une boule parfumée.

PMB

Si vous allez sur le blog de l’excellent Pangloss, la Chronique du Fourbe, vous y voyez que l’Auvergnatophobe est surnommé Averell. Vous savez, parmi les Dalton brozeurs, le plus bête (alors qu’il y a concurrence) et qui fait régulièrement rater les plans de Joe, le plus petit et le plus méchant (voyez de qui je parle) parce qu’il ouvre régulièrement sa grande gueule à tort et à travers. Là, on y est, non ?

Frank THOMAS

Un jour qu'elle voyageait et que secouée par les cahots de la route elle était en train d'écrire à une parente, la marquise de Sévigné se rendit compte tout à coup qu'un homme lisait par dessus son épaule.
"Je m'arrête, ma bonne : on lit ce que j'écris".
Le monsieur, confus s'écria : "moi, Madame ? Pas du tout !"
C'est un peu la bourde de Hortefeux.

manu

Hortefeux l'ami de longue date est devenu simple fusible.
Mais quand tous les fusibles ont sauté que fait-on ?
En général l'incendie progresse.

Semtob

Cher Philippe,

Le destin, la destinée...
Quand sur un terrain quelqu'un a des compétences, il ne faudrait pas croire que l'individu puisse jouer le fugitif, quitter le terrain et conseiller une poignée de sous-équipiers aussi prometteurs soient-ils.
Pas de poudre d'escampette possible.
Il reste tout de même le DEVOIR de transmission.
Devant la palette du destin, le fugitif se retrouve condamné à revêtir la fonction de garde des Sceaux, puni d'obligation de conseiller la magistrature...
Et paf, une conférence pour Philippe Bilger.
Et toc un plateau télé, juste avant une émission radio et même plus le temps de souffler. Très bonne continuation.
françoise et karell semtob

calamity jane

Lisant souhaits et injonctions de "bonne
retraite" : angoisse et satisfaction me
saisissent... car de deux sens choisissons le meilleur : retrait ou re-traite ?
L'un serait le confort du "conservateur"
ainsi que défini par vous-même à l'occasion
d'un "Ce soir ou jamais" l'autre signifierait audace !
Que libéré enfin des questionnements de la
responsabilité professionnelle se présente
à vous l'aube claire de la libre responsabilité éclairée ; celle que je vous souhaite.

Regrettant de devoir faire ce souhait sur
un de vos billets concernant "lou ravi" qui
ne va plus à la crèche (BH) mais le signant
avant minuit.

une fan

Rien de tel que les pamphlets... pour se saigner et conserver une forme éblouissante de "primo retraité". Donc poursuivez ! :
"Portez-nous bien" vos traits et vos idées et portez-vous bien en retour de notre reconnaissance !
Pour Brice Hortefeux mensonges ou pas, pour DSK mensonges ou pas, pour Hollande mensonges ou pas ?! Ont-ils des intuitions... pour moi ils ont surtout des ambitions carriéristes et personnelles qui induisent de sévères compromissions.

Jean-Dominique Reffait

Liberus, non, le contenu d'une instruction n'a pas vocation à se retrouver dans la presse mais il se trouve que c'est le cas. Ce n'est pas la presse qui déniche l'affaire, comme dans d'autres cas, c'est la justice aiguillonnée par des parties civiles qui ne lâchent pas le morceau. Parler de boules puantes dans le cas de Karachi, c'est mettre en cause la procédure judiciaire dont la presse n'est que l'écho, à tort ou à raison.

Libérus

@ Jean-Dominique Reffait

"La presse, comme dans l'affaire Tapie-Lagarde, a été bien lente à se mettre en branle dans le dossier Karachi, on ne peut lui reprocher d'avoir révélé autre chose que ce qui est contenu dans le dossier du juge."

Si je vous comprends bien, tout ce qui est dans le dossier du juge doit se retrouver le soir même dans la presse?

jlm

Leçon pour l'avenir : éviter de recruter des politiques susceptibles de devenir sunlights-dépendants !

hameau dans les nuages

@Jean-Dominique Reffait
"Boudiou qu'il est bête ce Hortefeux ! En affirmant qu'il n'a pas eu connaissance du dossier d'instruction, il démontre par là qu'il était directement au courant des activités de Gaubert ! Pour un enquêteur de base, c'est une bénédiction ! En niant la violation de l'instruction, il avoue sa complicité dans l'affaire Karachi, une bourde de primo-délinquant !"


Tout à fait ! :=))

http://www.dailymotion.com/video/xg35lq_tout-va-tres-bien-madame-la-marquise_music

Temoignagefiscal

Bonjour,
Les problèmes que vous évoquez dans vos deux derniers billets ne sont pas liés aux hommes. Vous maniez avec qualité et humanité la rhétorique affective. Vous décortiquez avec conviction la psychologie de ceux qui font l'objet de vos billets et vous le faites bien. Mais vous ne remettez jamais en question l'organisation sociale elle-même. Vous donnez l'impression de partir du principe que ce sont les hommes qui transgressent un ordre qui serait parfait s'il était correctement appliqué.
Je pense exactement l'inverse, c'est l'organisation de notre société qui est en défaut et non les hommes qui la composent. Eux ne sont que des hommes, certains de qualité, d'autres moins, mais qu'importe.
Votre brillante intelligence et surtout votre grande tolérance seraient mieux employées au chevet de l'organisation du groupe qu'au "divan" des personnalités.
Il serait intéressant de vous voir débattre de sujets tels que : pourquoi la sélection de l'élite est-elle monolithique ? Comment le mensonge a-t-il pu s'introduire à si grande échelle dans tous les rouages de notre société ? Comment la haine de l'économie a-t-elle pu s'épanouir au point de transformer ses représentants en boucs émissaires ?
La démocratie a-t-elle des limites, les avons-nous atteintes ?
Je vous souhaite plus haut et plus loin. Cordialement. H. Dumas

roll

Dans tous vos billets j'admire votre style précis et très coulant ; cela se lit et se laisse relire avec délectation. monsieur de Montaigne n'aurait pas renié votre souci du détail, du mot approprié. Qui plus est ceci est accompagné d'un fonds pétri d'humanité.
Bonne retraite Monsieur.

sophie.mnop

Tous ces personnages publics qui cherchent à nous endormir avec leurs belles paroles sont vraiment lassants, comme le dit Pierre-Antoine: essayer de se faire passer pour innocents ou de rattraper une bévue en se donnant en spectacle doit sans doute leur paraître être une bonne solution... Se confier directement aux Français après avoir commis une faute ne peut que leur donner une odeur d'honnêteté et les absoudre !...Voyons, nous croiraient-ils tellement stupides ? Effectivement, "faute avouée est à moitié pardonnée", mais seulement si l'aveu se fait sans calcul de ses retombées, qu'elles soient médiatiques, professionnelles, ou judiciaires. Or là, que voyons-nous se multiplier depuis quelque temps ? Des "aveux spontanés" préparés de concert avec des conseillers en image et communication... Si au moins ce spectacle était toujours porté par de grands acteurs, nous en retirerions un peu de plaisir, à défaut d'y trouver la voix de la vérité.
Bonne retraite à vous M. Bilger, j'ose espérer que nous bénéficierons toujours de vos analyses pertinentes.

Bray-Dunes

Il a raison, probablement, sur le

fait que ces révélations sortent

à un moment particulier et pas

avant, ni après. Cela n'empêche

pas qu'il a été pris en flag

(comme d'autres conseillers de

l’Élysée le furent aussi, au

téléphone, au temps héroïque des

écoutes du majordome).
"On" veut le compromettre et

cette méchanceté le disculperait,

puisqu'ainsi ce serait lui la

victime ; à quoi sert ce

misérable tour de passe-passe,

sinon à prendre à témoin, le

peuple, pour y trouver un point

d'appui contre les procédures qui

le cernent.
Cette méthode, qui passe par TF1,

de F.Mitterrand, à Woerth, en

passant pas DSK et les autres,

est à double tranchant ; la

justice, la loi, ce n'est pas la

morale. Le peuple, c'est la

morale, c'est ce qu'"on" pense

sur le bien et le mal et les

personnes qui sont soupçonnées

d'actes illégaux, prennent à

témoin le peuple, pour dire qu'il

n'y a pas de quoi fouetter un

chat et que le peuple qui est

souverain et auteur de la loi,

les comprend et les justifie.

Mais, attention ! Car la loi à

laquelle ces personnes tentent

d'échapper ainsi, les protège des

errements de l'opinion et de la

violence de la morale. La loi

morale, telle que Kant la repère,

est terrible, et n'a rien de

comparable avec nos gentilles

lois qui déterminent, autant que

possible le domaine du légal. Et

à vouloir draguer l'opinion, pour

échapper à la loi du pays, on

s'expose au jugement sans appel

de la loi morale.
Car la loi morale est

révolutionnaire, elle ne finasse

pas. Ce que tu fais "est ou n'est

pas" moral. Tous les politiques

qui pensent, peu ou prou, que la

fin justifie les moyens (mentir,

tricher sont des moyens justifiés

par la "bonne" cause) se fourrent

le doigt dans l’œil en croyant

que le peuple est sur la même

longueur d'onde. Ce que l'"on"

veut, c'est que les moyens,

aussi, soient valables : le bien

est exigé partout. Celui qui

triche, qui se dope, qui cache

des cartes, ou qui récupère du

fric pour faire une campagne-

barnum "époustouflante", celui-là

finit toujours comme au far-west

(avec du goudron et des plumes).
D'autant qu'on se souvient, avec

rage, que ce sont les mêmes qui,

en d'autres circonstances, se

tricotaient des lois sur mesure

et s'abritaient derrière elles

("je n'ai rien fait d'illégal")

alors que leurs actes étaient au

vu et au su de tout le monde

parfaitement immoraux (se faire

payer des mille et des cents,

pour un vrai-faux rapport, un

vrai faux médicament, etc etc.).
En un mot comme en cent, la

mauvaise foi et les sophismes

servent d'abri à tous les

aigrefins (jouer la morale contre

la loi ou inversement).

Semtob

Cher Philippe,

Il est difficile de représenter l'ordre public et d'être populaire.

L'un des plus grands Présidents du Sénat de la Cinquième République, Monsieur Gérard Larcher, ne pourra pas mettre ses compétences au service de la France.
C'est terriblement dommage qu'un travail entrepris reparte à zéro alors que nous devrions oeuvrer dans l'efficacité et l'effort soutenu dans cette période de crise.

Les grands électeurs se sont exprimés et on s'en balance comme Caroline Loeb.

"C'est la ouate
De toutes les matières
C'est la ouate qu'elle préfère
Passive, elle est pensive
En négligé de soie
C'est la ouate.

Pas bosseuse
Et tous les beaux mecs s'usent
Elle s'en fout, elle balance
Son cul avec indolence
Elle s'en fout ell' s'balance
De savoir ce que les autres pensent"
http://www.dailymotion.com/video/x5u6t_caroline-loeb-c-est-la-ouate_music
françoise et karell semtob

Jean-Luc

Tout ceci relève du plan de com bien élaboré! Et c'est justement pour lui donner plus d'impact que le passage au JT est indispensable.
Phase 1: nier les valises d'argent malgré les dires de Mme Gaubert.
Phase 2: la faire passer pour folle (mention de Ste Anne dans les relevés d'écoute, intervention d'une fille accusant sa mère)
Phase 3: le succès n'étant pas au rendez-vous, changement de tactique: on lâche Gaubert.
Phase 4: on se répand en allusions: "Gaubert aurait agi en vue d'un simple enrichissement personnel": allusion à sa propriété en Colombie, relevés d'écoutes téléphoniques (cf Le Point) impliquant son frère "chirurgien dentiste et milliardaire" (sic). De ce fait on coupe le lien avec Balladur et ses 'Boys' de l'époque.

A venir: phase 4: Gaubert se réfugie en Colombie.... c'est la preuve de sa forfaiture.... et tous les autres sont dédouanés.
On s'arrangera pour que son extradition ne soit pas effective avant 2013 au moins........

Jean-Dominique Reffait

Boudiou qu'il est bête ce Hortefeux ! En affirmant qu'il n'a pas eu connaissance du dossier d'instruction, il démontre par là qu'il était directement au courant des activités de Gaubert ! Pour un enquêteur de base, c'est une bénédiction ! En niant la violation de l'instruction, il avoue sa complicité dans l'affaire Karachi, une bourde de primo-délinquant !

Qualifier une procédure judiciaire de boule puante, c'est limite outrage tout de même. Car enfin, la presse dans ce dossier ne fait que relayer les éléments du dossier judiciaire. La presse, comme dans l'affaire Tapie-Lagarde, a été bien lente à se mettre en branle dans le dossier Karachi, on ne peut lui reprocher d'avoir révélé autre chose que ce qui est contenu dans le dossier du juge.

A l'Elysée, je crois que la boule puante, c'est Hortefeux.

JM

Monsieur Bilger,

Comment pouvez-vous ne pas voir que ces messieurs sont "irréprochables" ? Et vous les accablez ?

Bonne retraite et surtout n'abandonnez pas votre blog.

Libérus

@ Alex paulista

"Jusqu'à ce qu'un événement extérieur lève le pot au rose : on détournerait des prises de drogue pour rémunérer des indics.
Quel scoop !"

Et un ancien ministre de l'Intérieur aurait conservé des relations suffisamment bonnes avec certains policiers pour recevoir oralement de leur part des informations sur une enquête. Quel scoop !

anarchaste

Si la règle démocratique veut que le pouvoir judiciaire soit indépendant du politique, il est aussi, en France, totalement indépendant du peuple auquel on interdit d'élire les magistrats.
De sorte que si on donne aux citoyens le droit d'élire ceux qui font les lois, on le leur refuse pour ceux qui les font respecter.
Mais que vaut le pouvoir de faire la loi, sans celui de la faire respecter ? Que vaut une loi qui n'est pas appliquée ?
En ce sens le pouvoir judiciaire est aussi important que le pouvoir politique et le fait que le peuple n'y ait pas accès limite en France son action démocratique.

On peut supputer les raisons de ce choix : peut-être parce que ce sont des juristes qui ont, en grande part, fondé la démocratie et que cette qualité a suscité en eux une plus grande confiance dans la sagesse de la Robe que dans celle du Peuple. Peut-être aussi que les élites partagent, en leur intime conviction, avec les grands penseurs un certain doute sur la valeur de la vox populi... Comme Voltaire: « Quand la populace se mêle de raisonner, tout est perdu ». Même Victor Hugo y va de son couplet quand il dévoile le fond de sa pensée : « Quand le Peuple sera intelligent alors, seulement, il sera souverain ».
Ce « seulement » fait toute la différence et l'on peut supposer que les juristes et les politiques n'ont pas, à l'instar d'Hugo, assez de confiance dans l'intelligence populaire pour le rendre souverain.
La justice serait donc une chose trop sérieuse pour la confier aux citoyens, et seule l'élite délinquante, celle des grands criminels a droit, aux assises, au jugement populaire.

De fait, il semble que la cooptation par diplômes et concours induit une vertu plus évidente que celle des politiques élus au suffrage universel.
Quand l'actualité nous montre, semaine après semaine, un nombre croissant d'acteurs politiques, de tous niveaux, pris la main dans le sac, alors qu'il est si rare de voir un magistrat pincé par la justice, ne doit-on pas s'interroger sur les raisons du dévoiement des uns face à la probité des autres ?
Faut-il admettre que le principe de l'élection pousse les hommes à la faute ?
Accessoirement, on pourrait aussi se demander si le fait de mettre des personnes innocentes en prison pendant des mois ou des années, n'est pas pire que de pourvoir illégalement à des emplois fictifs et si ceux qui commettent de telles exactions ne devraient pas aussi être jugés.

Pour autant, il faut avoir conscience du dilemme que la République impose à la Justice : mettre en examen, voire en prison, un individu qui est, de par la Constitution, présumé parfaitement innocent, voilà qui oblige les magistrats à une gymnastique intellectuelle très éloignée de la logique ordinaire. Pendant toute la durée de l'instruction (qui dure des mois et parfois des années), et jusqu'à son jugement définitif, l'innocent est traité comme un délinquant. C'est pourquoi il n'y a, dans nos démocraties, de vraie justice que pour les coupables.

Quoi qu'il en soit, cette justice 19ème siècle fonctionne encore à la vapeur et décroche, par sa lenteur, de la société moderne. A sortir des affaires quinze ans après les faits, il semblerait que seule l'odeur du faisandé parvienne à ses narines alors que, grâce au pouvoir médiatique, l'opinion publique juge très vite sinon très bien.

En tous cas, le fait est là : présomption d'innocence et secret de l'instruction relèvent désormais de la galéjade.
(Avec mon admiration et mon profond respect pour M. Philippe Bilger)

jabiru

@Alex paulista

Tout à fait en phase avec votre analyse.

Achille

Bonjour Philippe Bilger,

« Sorti de sa défense proprement dite, Hortefeux, avec une indignation et une inconditionnalité tellement caricaturales que l'une et l'autre semblaient relever de la leçon apprise (mal), a mis en cause "les boules puantes" et l'atmosphère nauséabonde de ces dernières semaines et encensé l'action de Nicolas Sarkozy. »

Je crois que ce qu’il y a de plus éprouvant pour un président de la République, c'est sans aucun doute de devoir supporter les excès de zèle de ses amis de trente ans.

Ces derniers, sans doute emportés par leur amitié indéfectible à moins que ce ne soit par la gratitude pour les postes qui leur ont été offerts, sont prêts à faire tout et surtout n’importe quoi pour soutenir leur copain de président, et bien sûr, immanquablement cela se traduit par une série de bourdes retentissantes.

De Gaulle a écrit de belles choses dans ses mémoires de guerre sur la solitude du Chef. Il est vrai qu’il n’avait pas d’amis de 30 ans et manifestement il ne s’en est jamais plaint.

Perplexe-gb

Le ministre est prévenu des dépositions de l'épouse de Thierry Gaubert, mais il n'est pas prévenu que celui-ci est sur écoute téléphonique !!...
Par ailleurs pour un ex ministre de l'Intérieur il n'a pas dû être très méchant puisqu'il téléphone sans se méfier. Il ne mettait donc pas les gens sur écoute pour un oui ou pour un non.
Une fois de plus la justice montre un visage d'incompétence et de manque de rigueur. Les dossiers se retrouvent sur la place publique à la vitesse grand V. Il y a pourtant de grosses amendes prévues dans ces cas-là.

calamity jane

L'intrus du piège,
je passe mon tour.

HUGUET

Bonjour,

J'ai vu cet entretien et je me suis dit qu'on ne pouvait pas le croire une seconde !!! C'était vraiment cousu de fil blanc !! J'espère que les enquêteurs ne seront pas dupes.
A côté DSK semblait bien plus crédible !! Curieux qu'un homme comme Hortefeux si aguerri aux "mensonges" et si "méchant" se laisse piéger ainsi !! A force de se croire au-dessus des lois, on en perd les limites !!
Bien cordialement,
HT

Alex paulista

Oui, comme le dit jabiru, faisons confiance à la justice de notre pays.

Mais souvenons-nous de l'adage militaire "la confiance n'exclut pas le contrôle". En effet les magistrats peuvent faillir eux aussi.

Je pense à l'actuelle affaire Neyret : les supérieurs et les magistrats qui ont travaillé avec cet homme l'ont félicité sans se poser de questions quand il leur servait sur un plateau d'argent les criminels, suivis presque avant et pendant qu'ils commettaient les crimes.
Ils ne se sont jamais interrogés, et réduisaient au silence ceux qui, comme David Metaxas (qui n'a pas l'air très net non plus), se les posaient, ces questions.
Jusqu'à ce qu'un événement extérieur lève le pot au rose : on détournerait des prises de drogue pour rémunérer des indics.
Quel scoop !

Ce comportement est similaire à celui des banques qui ignorent tout sur tout et n'ont aucun contrôle au niveau Back-Office quand des traders font des dizaines de millions sur des arbitrages basiques (ce qui est normalement impossible). Quand un événement extérieur (crise subprime ou réajustement du franc suisse) crée une perte abyssale, ils jouent les vierges effarouchées en découvrant que les méthodes employées étaient illégales, mettaient en risque l'intégrité de l'institution.
Une conséquence de la culture du résultat.

Je crois que, dans les deux situations, on laisse les opérationnels transgresser les règles de moralité en espérant qu'ils n'iront pas trop loin, resteront raisonnables. Un jour on découvre qu'ils ont dépassé les limites bien au-delà de ce qu'on imaginait. L'homme est ainsi fait qu'il a besoin de règles.


« Le moyen fait partie de la vérité, aussi bien que le résultat. Il faut que la recherche de la vérité soit elle-même vraie; la recherche vraie, c'est la vérité déployée, dont les membres épars se réunissent dans le résultat. »

Karl Marx. Dernière phrase du roman de Perec : Les Choses.

Pierre-Antoine

Mais qu'est-ce qu'ils ont tous à vouloir se justifier par JT interposé ?

S'ils sont innocents, basta, attendons... les chiens qui aboient n'ont jamais empêché les caravanes de passer.

S'ils sont coupables, quand la vérité se fera, leur prestation leur reviendra à la figure.

Ce qui me gêne dans tout ce déballage, ce n'est pas tant qu'il se fasse, mais qu'il soit réservé à une "élite". Le commun des mortels n'y a bien sûr pas droit, pourtant lui il a plus à perdre de la rumeur que ces "messieurs de la haute".

Avec tout ça où se trouve le secret de l'instruction ?

Cordialement

Pierre-Antoine

Frédéric

M. Bilger

Je tiens à vous souhaiter une retraite heureuse, après tant de décennies professionnelles confrontées à la déshérence humaine. Je vous sais enclin à la morale, l'éthique, termes désuets de nos jours. Le mensonge abondant de part et d'autre devient une acrobatie purement verbale, faisant fi de l'incrédulité des personnes. Heureusement, vous êtes pugnace et prolixe dans l'art de la franchise.

mf Bezzina

Est-il possible de vérifier que l'ancien ministre a consulté le ou les sites dont il fait mention, à une heure incontestable ? Encore faut-il trouver l'ordinateur. Les réponses du ministre posent des questions, comme l'on dit.

jabiru

En l'écoutant je n'ai pu m'empêcher de faire un parallèle avec les explications embarrassées d'une ex ministre de retour de Tunisie qui faisait confiance a la justice de son pays. Donc comme vous cher Philippe, pas convaincu du tout. Faisons donc confiance à la justice de notre pays.

Mary Preud'homme

"Celui qui ne sait pas dissimuler ne sait pas régner"
(Louis XI)

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