Il y a la mort horrible de la petite Océane mais je refuse d'écrire sur une procédure en cours quoi que je pense de cette tragédie, de ces crimes et du jeune homme mis en examen puis incarcéré.
Il y a l'arbre généalogique de la famille Le Pen présenté sous forme de croix gammée dans l'émission de Laurent Ruquier. Je sais bien que tout est permis puisque Marine, qui va déposer plainte, porte ce nom pestiféré ! On traîne dans la boue en invoquant la politique mais on s'en lave les mains en alléguant le divertissement. L'indécence historique - on banalise l'Holocauste - et médiatique est ainsi portée à son comble. Je ne me suis que trop scandalisé de ce mélange des genres (20 minutes, nouvelobs.com).
Il y a d'autres informations qui pourraient appeler une réaction mais on a besoin, j'ai besoin d'air frais.
Sandrine Bonnaire n'a jamais été une femme comme les autres, une actrice superficielle. Sa vie, son histoire, sa famille, ses souffrances, sa solidarité, ses combats et ses convictions, sa simplicité et son intelligence lui ont toujours assigné une place et une importance singulières. Sa sensibilité de gauche, parce qu'incarnée et authentique, n'a jamais fait rire personne contrairement à tant d'autres personnalités qui affichent l'hostilité au Front national et l'antisarkozysme pour être seulement à la mode, par un conformisme ridicule.
On retrouve tout ce qu'on aime chez elle dans un entretien qu'elle a accordé à TV Magazine. C'est du direct, du franc, du spontané ! Ni langue de bois ni circonvolutions !
Ayant soutenu Lionel Jospin en 2002, elle s'est trouvée aux côtés de Martine Aubry lors de la primaire socialiste en 2007. On devine que les qualités qu'elle lui prête - l'intégrité et le fait de ne pas tricher - sont celles qu'elle privilégie pour elle-même. En revanche, elle affirme tout net "n'avoir jamais cru en Ségolène Royal".
Sur DSK, Sandrine Bonnaire dissimule encore moins sa pensée et sa position. Elle n'a jamais été favorable à sa candidature, "surtout lorsqu'on sait à quel point il est complètement malade sexuellement". L'affaire du Carlton, les SMS envoyés par DSK, l'organisation de soirées libertines, qui risque de faire peser sur lui une complicité de proxénétisme ne peuvent que donner raison à l'actrice (Le Parisien). Sans offenser Anne Sinclair, ces dernières péripéties, par la tonalité glauque, nauséabonde, obsessionnelle et somptuaire qu'elles ont fait apparaître, ont suscité du découragement et une stupéfaction aujourd'hui accablée même chez les défenseurs les plus constants de DSK (lefigaro.fr).
Sandrine Bonnaire, évoquant le contre-exemple de DSK, dépasse de très loin le cas de celui-ci et éclaire le passé comme l'avenir. J'approuve avec enthousiasme cette appréciation à la fois évidente et forte : "Le but d'un président de la République est d'apporter les lois, la morale, la rigueur et le bon exemple". Rien de plus, rien de moins. Elle énonce une exigence qui est au coeur de beaucoup de citoyens. Du regret pour hier, de l'espérance pour demain.
On a besoin d'air et de vertu.
Les affaires DSK sont des dons du ciel qui nous épargnent de l'éventuelle élection d'un gros bourge qui marche pour lui, s'en met plein les fouilles, et dont le respect pour autrui est désormais connu de tous. Une élection (éventuelle) d'ailleurs encouragée par une réputation de grand économiste colportée par la rumeur... infondée. Je n'ai pas de preuves, mais au cul de mes poules, il y a des oeufs !
Rédigé par : régina | 23 novembre 2011 à 23:26
@Sbriglia
Merci de nous rappeler Camus, un homme "du temps d'avant"... membre du cercle des "aristocrates" disparus, dont le deuil est, de ce fait, infaisable.
@ Laboca
En raison de son nom, Marine Le Pen est la "méchante" désignée pour ce rôle, sans lequel la tragi comédie petite bourgeoise de l'élection présidentielle ne saurait se jouer correctement; voilà la principale des raisons qui la font vilipender.
Rédigé par : hippocrate | 21 novembre 2011 à 13:25
@ Véronique Raffeneau
"depuis quand des amis véritables et des affections authentiques sont-ils à confondre avec ces caricatures ambulantes, empressées qu’elles sont de refuser leur secours, sur la foi du tout et du rien, à celui qu’ils ont pourtant tant flatté, encensé et adoré ?"
Je la remercie de sauver le niveau de ce blog comme il est dit : "Un seul juste à Sodom et..."
Rédigé par : duval uzan | 19 novembre 2011 à 21:13
Ah bon ? tout le monde savait ???
Sauf moi sans doute !
On lui en veut surtout de n'avoir pas su le cacher plus longtemps. A cause de lui la gauche va perdre voilà pourquoi on s'acharne contre lui.
Tout ça à cause de cette Nafissatou !
Rédigé par : duval uzan | 18 novembre 2011 à 18:47
@Alex paulista
Merci de ne pas raccourcir mon nom à votre convenance.
Rédigé par : Josiane Lacombe Minguell | 14 novembre 2011 à 18:24
Bonnaire permet de respirer ? Quand on a tourné dans "Sans toit ni loi", ça tombe sous le sens ? Eh bien, pas d'accord. Sandrine incarnait dans ses premières années d'actrice des paumées, révoltées, droguées, vivantes trop vivantes. Bref, le terreau tristement connu et labouré de notre deus ex machina Philippe.
Plusieurs dizaines de films plus tard, voici Sandrine Bonnaire devenue une femme comme il faut, habillée comme il faut, parlant comme il faut, même à TV Magazine. Des balises partout, de l'échappée nulle part. Là où Philippe voit de l'intégrité, je découvre de la banalité patinée. A moins que... oui, ce doit être ça... j'ai vieilli.
Rédigé par : scoubab00 | 14 novembre 2011 à 10:16
@ calamity jane
Et moi, quelle ne fut pas ma stupeur de voir Mme Minguell dénoncer le mépris supposé des élites envers les prolétaires... après avoir évoqué Simone Weil. C'était peut-être pour souligner le contraste.
Outre ce cas, certes il n'y a pas que des soldats Vaneau, mais pour assener que les gens issus des grandes écoles méprisent systématiquement le peuple, il faut quand même occulter pas mal de vérités historiques.
Il faut aussi bien méconnaître ce qui s'est passé en 68, et qui a déclenché la délocalisation en banlieue de toutes les grandes écoles, pour que tous ces jeunes "fassent du sport" loin des points sensibles du centre-ville.
Rédigé par : Alex paulista | 13 novembre 2011 à 23:44
« Non, Caligula n'est pas mort. Il est là, et là. Il est en chacun de vous. Si le pouvoir vous était donné, si vous aviez du cœur, si vous aimiez la vie, vous le verriez se déchaîner, ce monstre ou cet ange que vous portez en vous. Notre époque meurt d'avoir cru aux valeurs et que les choses pouvaient être belles et cesser d'être absurdes. Adieu, je rentre dans l'histoire où me tiennent enfermé depuis si longtemps ceux qui craignent de trop aimer. »
Au petit pied ?
Rédigé par : Sbriglia | 13 novembre 2011 à 01:42
@ Alex paulista
La belle perche que vous tendez...
Voyant Monsieur Poutou en public et
constatant la belle pression faite par
les chroniqueuses pour lui expliquer
qu'il fallait savoir naviguer et surtout
avoir un programme, j'ai eu une pensée
pour la Madame Simone Weil et sa démarche
spirituelle qui n'a jamais varié parce
que la profondeur était son voyage.
Attention ce Monsieur m'a fait penser à
cette Dame parce qu'il y avait le contre
temps du compagnon qui connaît les misères
des collègues et comment ils jonglent pour
vivre décemment... et une peur panique
de ne plus en être digne -de devenir leur
traître.
Rédigé par : calamity jane | 12 novembre 2011 à 21:11
Monsieur,
Je ne retrouve pas votre mail, mais je me permets de vous transmettre cette vidéo
http://www.pacte2012.fr/video.html
qui retrace la réaction de la justice suite au meurtre du fils d'un policier.
Mes questions sont, cela est-il vraisemblable ?, est-ce un montage ? si cela est vrai peut-on dire que les juges ont peur des crapules car ils sont menacés ?
Cordialement
G BEXON
Rédigé par : Gabriel Bexon | 12 novembre 2011 à 20:00
Re affaire DSK !
Carlton Lille
Le fils de Jacques Mellick !
Mellick !
OM - Valenciennes !
Match truqué !
Tapie.
Affaire Tapie/Lagarde !
Avocat Borloo !
tiens !
Y aurait-il aussi un lien avec une non candidature ?
Grâce aux primaires nous avons évité DSK en 2005... ! Imaginez un peu, si comme Giscard, le prétendant président avait eu la lubie de visiter les familles françaises... de s'inviter chez l'habitant et comme il y a peu, se faire testeur de matelas chez monsieur tout le monde !!!
Il y a encore en France des Français qui n'aiment pas le porc !
Sur ce, bon appétit !
Rédigé par : Ah la soue peuh ! | 12 novembre 2011 à 19:41
@Sylvain : l'avez-vous lu ?
@SR : la rédemption, connaissez-vous ?
Rédigé par : Sbriglia | 12 novembre 2011 à 14:32
....................................
Désolé je lis L'Equipe, le Midi Olympique et les prospectus promo des pizzaiolos du coin que je reçois dans ma boîte aux lettres.
Sinon la littérature bobo trône en bonne place dans ma bibliothèque de toilettes.
Rédigé par : sylvain | 12 novembre 2011 à 18:08
@Alex paulista
Non je ne les confonds pas mais il est vrai que j'hésitais entre les deux orthographes, merci d'éclairer ma petite lanterne.
Minguell : "le ll (l palatal ou mouillé : ʎ) : équivaut au « ll » du castillan, au « lh » de l’occitan et du portugais. C'est un nom catalan"
Rédigé par : Josiane Lacombe Minguell | 12 novembre 2011 à 17:50
...et après le dégazage, on va pouvoir entamer la déshoatisation des programmes scolaires.
Rédigé par : Léonie | 12 novembre 2011 à 17:06
@ Jean-Dominique
"Mais désormais, nous sommes au-delà du festif et nous pouvons remercier les Américains de nous avoir évité cette catastrophe."
Vous savez Jean-Dominique, il y a très peu, j'ai lu un grand roman de Don Stracy (1905-1976) : "La Bête qui sommeille".
Le sujet de l'histoire n'a évidemment rien à voir, strictement rien à voir avec DSK.
Sauf une chose, une infiniment petite chose : la description de l’extrême facilité avec laquelle de façon quasiment irrépressible et pulsionnelle, une foule lynche et lynche, encore et encore.
Vous savez très bien que tout le monde dans le milieu politique, judiciaire, policier, journalistique, artistique et médiatique parisien savait parfaitement depuis des années de quoi il retournait concernant la réputation de D. Strauss-Kahn.
TOUT LE MONDE.
C’est vrai que vous, vous avez au moins l’honnêteté de mentionner les after atlantiques.
Mais, s'il vous plaît, cher Jean-Dominique, vous dont je recherche toujours en premier le commentaire, avant de laisser entendre je ne sais quoi de quoi au sujet de je ne sais quoi, et qui se situerait, selon votre expression, "au-delà du festif ", est-ce possible de patienter une seconde, un SEULE seconde que DSK soit d'une part convoqué, entendu, de l’autre éventuellement mis en examen par un juge d'instruction ?
Bref, est-ce juste possible que vous persistiez dans votre différence, avec Achille et quelques autres dans ce blog, à vous distinguer de la banalité qui consiste à condamner sans un jugement d'un tribunal pour de vrai, un jugement judiciaire, juste normal, quoi ?
Quant aux soutiens de D. Strauss-Kahn dont il est question dans le billet, et dont il est écrit qu’ils sont en proie au découragement, à la stupéfaction et à l'accablement, depuis quand des amis véritables et des affections authentiques sont-ils à confondre avec ces caricatures ambulantes, empressées qu’elles sont de refuser leur secours, sur la foi du tout et du rien, à celui qu’ils ont pourtant tant flatté, encensé et adoré ?
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 12 novembre 2011 à 16:15
@ Josiane Lacombe Minguell (prononcer Mingueil ?)
J'espère que vous ne confondez pas Simone Veil et Simone Weil. D'un côté de simples mirettes, de l'autre des phares.
C'est comme les Lévy, il y en a de tous les niveaux.
Rédigé par : Alex paulista | 12 novembre 2011 à 15:05
@Sylvain : l'avez-vous lu ?
@SR : la rédemption, connaissez-vous ?
Rédigé par : Sbriglia | 12 novembre 2011 à 14:32
@Achille | 12 novembre 2011 à 08:16
"@Catherine JACOB
Je pense, chère Catherine Jacob que le jeu de mot de Philippe Bilger avec Bonnaire n’avait échappé à personne..."
Mon cher Achille,
C'était juste histoire dire à notre cher hôte sans me montrer trop familière ni carrément impertinente: "Allons bon!"
Rédigé par : Catherine JACOB | 12 novembre 2011 à 13:12
Je me demande si DSK le jour de sa chute avait imaginé que celle-ci serait sans fond. Où cela va-t-il s'arrêter ?
A sa place je n'aurais pas osé venir me défendre à la télé sachant l'étendue des frasques. Quel culot !
Ce type est fou ! pas étonnant que ses amis le soient aussi...
Et je repense à Hollande disant ne pas avoir peur du candidat DSK...
Tu m'étonnes...!
Rédigé par : Herman Kerhost | 12 novembre 2011 à 12:51
L'expression d'un fantasme sur un blog laisse perplexe. Il est loin le temps où il était loisible aux badauds de remarquer la silhouette frêle de l'actrice consommatrice de drogues dures qui déambulait dans les ruelles de la Goutte d'Or. La rédemption existe pour les acteurs, elle existe aussi pour les politiques.
Rédigé par : SR | 12 novembre 2011 à 11:48
Il faut lire son magnifique livre : "Le soleil me trace la route".
Cette femme est une grande dame.
Rédigé par : Sbriglia | 11 novembre 2011 à 18:50
......................................
Aïe aïe aïe !!! Sbriglia je suis déçu, vous que je mettais en deuxième pôle position ici, derrière M. Bilger bien sûr !!
Par contre, ce titre "Le soleil me trace la route" m'a donné une idée : faudrait le suggérer comme slogan à M. Hollande pour sa campagne des présidentielles ! Je pense que le "réenchanteur de rêves" des Français en serait ravi et demandeur ; bon week-end M. Sbriglia !
Rédigé par : sylvain | 12 novembre 2011 à 09:53
@Catherine JACOB
Je pense, chère Catherine Jacob que le jeu de mot de Philippe Bilger avec Bonnaire n’avait échappé à personne...
Rédigé par : Achille | 12 novembre 2011 à 08:16
"L'immense majorité de celles et ceux que j'ai croisés ne m'ont pas posé de question." Florence Aubenas "Le quai de Ouistreham".
Ce que vous décrivez de Sandrine Bonnaire me fait penser à notre ex-otage (et aussi comment ne pas penser à Mme Simone Veil ?). "D'où" parlent-elles ? Leur discours n'est pas seulement le fruit d'une posture idéologique ou théorique, il illustre des épreuves rencontrées au cours de leur vie et dont elles ont su tirer une leçon. Elles qui n'en donnent pas mais se montrent dans toute leur vérité car elles ont choisi la sincérité plutôt que la montre, l'être plutôt que le paraître, le courage pour soi-même et ses propres choix plutôt que le courage pour les autres. En ce moment je suis particulièrement indignée par l'abus que font les membres du gouvernement du mot "courage" pour faire passer des réformes qui vont demander du courage à nous leurs "clients". Quelle est la différence entre une Sandrine Bonnaire ou une Florence Aubenas, ou une Simone Veil (notre ex-ministre mais l'on pourrait parler aussi de la philosophe) et un DSK qui profite de sa position pour consommer de "la chair fraîche" - encouragé en cela par des personnalités elles-mêmes probablement encouragées par d'autres ? La vraie vie, le manque d'intérêt pour le pouvoir, et le goût des autres.
Rédigé par : Josiane Lacombe Minguell | 12 novembre 2011 à 07:12
Même si, bien évidemment, l'opinion de Sandrine Bonnaire sur les qualités que doit avoir un bon président m'interpelle, je m'interroge sur la légitimité d'accorder à sa parole plus de valeur qu'à celle du tout-venant. Mme Bonnaire ne voit (et ne peut voir) la politique qu'en fonction de son propre vécu, mais nous sommes quelques millions à vivre en France, et seule la voix de la majorité d'entre nous doit être prise en compte. Qu'une personnalité donne son propre avis sur le monde politique risque d'influencer certains, et en ce sens il aurait été de bon aloi de sa part de garder pour elle ses opinions. Les artistes sont professionnels dans leur domaine, ils ne doivent pas se poser en spécialistes d'un secteur qu'ils ne connaissent pas mieux que le citoyen lambda. Si, au nom de la liberté d'expression, je peux comprendre qu'ils expriment leurs préférences, je crois que la décence, du fait de leur notoriété, devrait les empêcher de l'exprimer publiquement. En cela, Mme Bonnaire, que j'admire beaucoup par ailleurs, me déçoit un tantinet, mais personne, fût-ce une star reconnue, ne peut être parfait.
Rédigé par : sophie.mnop | 12 novembre 2011 à 06:37
Cher Philippe,
There is a silence...
a great silence...
about Hollande
dans vos billets...
à moins que nous n'ayons raté un épisode.
Par prudence?
Par insignifiance?
Par répugnance?
Sandrine Bonnaire, oui et alors...
Ses tissages avec l'un avec l'autre...
Oui, mais encore.
Nous, nous préférons les acteurs de talents,
les voix graves de l'opéra, les matadors, les pompiers, les hommes en kilt. C'est tout ça qui donne de l'air, de la respiration.
Nous, nous aimons ce qui est tonique, hyperactif, pas trop gnangnan, et surtout intéressant.
Nous ne sommes ni dans la contraction ni dans le relâchement.
Bon week-end et faites de beaux rêves, car vous avez raison il y a souvent trop de cauchemars dans la réalité.
françoise et karell semtob
Rédigé par : semtob | 12 novembre 2011 à 02:05