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Voici les sites qui parlent de La justice est-elle une cause nationale ? :

Commentaires

Mary Preud'homme

Tout est lié à la technique, y compris le droit, hélas ! Ce que Jacques Ellul avait démontré en son temps dans plusieurs ouvrages ou articles consacrés à cette question, où il mettait en garde ses contemporains contre la dérive technicienne et ceci bien avant l’ère Chirac.
Chirac et encore moins Sarkozy ne sont par conséquent responsables de ce lent glissement vers la fonctionnarisation de la justice. Pas plus en tout cas que ne le seraient d'autres partis s’ils avaient été à la manœuvre récemment.
Cette lente dérive est donc davantage d’ordre sociétal qu’idéologique. Ce que l’on attend aujourd’hui du juge, c’est en effet qu’il soit d’abord, sinon essentiellement, un technicien du droit, capable d’appliquer mécaniquement des codes et des règles innombrables sans se poser de questions existentielles. Textes de lois d’une telle complexité qu’elles en deviennent inaudibles pour le commun des mortels. Si bien que (funeste régression) tout ce qui est humain est étranger à l'homme de loi actuel (contrairement à ce qu'affirmait Térence en son temps) et que le justiciable réduit au rôle de gadget n’a d’autre recours que celui d'une soumission aveugle, pas même la possibilité, à part quelques affaires mineures, d’assurer seul sa défense. Quant à être entendu autant que nécessaire, c’est "niet". Là encore, c’est le magistrat qui, seul, décide de l'opportunité des poursuites. Idem pour un témoignage, même capital, voire une enquête rondement menée par la police judiciaire. C'est ainsi qu'un magistrat peut juger non recevable un patient travail d'enquête en l'éliminant d'une chiquenaude comme on chasse une mouche importune, avec des conséquences souvent dramatiques pour les dossiers en cours, quand ce n'est pas pour les victimes elles-mêmes.
Sans parler de la féminisation outrancière de la profession, alors qu'un meilleur équilibre, sinon la parité absolue devrait être la règle tant dans les prétoires que les cabinets. Sans parler non plus des expertises et contre expertises sans queue ni tête, des psy à toutes les sauces ou des désignations allant crescendo de magistrats "choisis" sur titres ou sur dossiers pour pallier au manque de personnel. Même problème dans la police où l'on colmate les brèches en embauchant des auxiliaires (sans diplôme ni formation) à tour de bras, comme s'il y avait une volonté depuis Giscard et Mitterrand de brader certaines professions, notamment celles ayant un rapport direct avec l’ordre, la justice et l’autorité en réduisant l’homme ou la femme à une fonction de simple exécutant ou de robot docile et interchangeable, indépendamment des études, de la formation, des circonstances, du milieu ou des situations rencontrées.
Un nivellement par le bas et une médiocratie dans tous les domaines commencée 40 ans plus tôt et dont on mesure aujourd'hui les ravages sur le plan humain.

as le

Le PS a fait pire sous Mitterrand, notamment avec Nallet dans l'affaire URBA. Mais comme cela venait des socialistes vous avez avalé les couleuvres en silence. Quel courage aujourd'hui !

Achille

Bonjour Philippe Bilger,
« La justice est-elle une cause nationale ? »

Si l’on parle de la justice sociale, assurément oui !

Scelerat

C'est amusant, parce que je ne considère pas l'UMP partisan d'une justice libre et avec des les moyens nécessaires.

Je me base pour juger sur la réforme de R. Dati par exemple.

Le PS peut faire pire ? Je ne crois pas.

Choubidou

Augmentation du budget justice
Je propose que les rétro-commissions confisquées aux partis politiques soient directement affectées au budget de la justice, de la même manière que les bolides confisqués aux trafiquants de tout poil sont affectés aux brigades de la gendarmerie nationale.

Boris

Il me semble quand même que l'on doit deux ou trois choses à Badinter, ce que vous reconnaissez d'ailleurs volontiers pour la peine de mort. La suppression des juridictions d'exception et la dépénalisation de l'homosexualité aussi, non ? Quant à faire table rase, n'exagérons rien : Mitterrand, même s'il parlait couramment le marxiste, s'inspirait fort peu de l'Internationale...

Pierre-Antoine

Justice, justice, quand on a dit ça on a tout dit et rien dit !

Ce n'est pas tant de la justice qu'il faut s'occuper que de la magistrature qui est devenue LE problème de LA justice.

Quand je regarde au seul cas du juge Trévidic, je me dis qu'il faut donner aux magistrats leur véritable indépendance vis-à-vis des pressions extérieures et/ou intérieures.

Deux mesures immédiates s'imposent, interdire le corporatisme en restreignant voire interdisant le droit syndical et pénaliser la collusion magistrat/médias. Il est logique et parfois utile d'utiliser les médias pour faire avancer un dossier, mais en toute transparence et motivation explicite. Faire pression d'un côté comme de l'autre par fuite organisée et petites confidences entre la poire et le fromage relève d'une éthique élastique peu digne d'une institution se réclamant de LA justice !

Enfin, la plus importante mesure à prendre, mettre le citoyen au coeur du contrôle du système. Une représentation du citoyen plus réelle qu'anecdotique, avec un vrai pourvoir d'interpellation et une obligation pour les magistrats de rendre compte de leurs actes pouvant aller jusqu'à en assumer la responsabilité.

Cordialement

Pierre-Antoine

Pauvre France

La Justice est nécessaire. Ce qui est nécessaire ne se débat pas.
La cause n'est pas dans la Justice mais dans l'homme. Par définition, la Justice est injuste parce que l'homme est injuste de ses nécessités personnelles.
En tout état de cause (sic), la nation lui est un petit cadre, tout petit cadre, bientôt obsolète.
Quant à débattre, ne le font-ils pas tous, à l'image de leurs intérêts, petits intérêts comme petit cadre.

Duventdanslesvoiles

Si seulement les magistrats faisait leur travail ! Qu'attendent-ils des politiques ? Ils ne devraient rien attendre et travailler... Quant au peuple, je ne voudrais pas être désobligeant, mais il me semble peut-être à tort que non seulement il n'y comprend rien mais qu'il serait extrêmement dangereux de se reposer sur lui pour avoir une justice équitable. Je crois cela parce que je crois aussi que le peuple est inculte et ne faire que réagir, il serait mieux de réfléchir. Ce billet risque d'être supprimé, tant pis ! J'aime à croire que l'on peut encore rêver à une société qui ressemblerait à une certaine République, c'est-à-dire que les compétences seraient entre les mains des compétents, mais c'est sans doute dépassé voire dangereux de l'exprimer ?

DMonodBroca

Faut-il vraiment que chaque candidat ait "son projet judiciaire" ? que la justice soit ainsi chamboulée à chaque élection présidentielle ?
Je crois tout au contraire que la justice a besoin de stabilité, sinon même d'immobilisme - le mot est honni par nos politiques mais pourquoi la chose serait-elle si méprisable ? Quoi de plus immuable en effet, dans son principe, que la justice ?
Quand la maladie est le changement perpétuel, la seule façon de guérir est d'arrêter de changer.

calamity jane

Le dernier paragraphe du billet...
Un vrai programme ! en saurons davantage ?

Alex paulista

J'ai vu le léchage de bottes organisé pour le président régnant. Nos journalistes sont pathétiques, surtout "Claire", comme l'appelle son collègue. On se tutoyait presque...

Sarkozy était batailleur, bon sur la forme. Il en voulait. Il avait dû relire le dossier Karachi, ça l'aura motivé.

Sur le fond il y a eu de grands moments. Cinq minutes après avoir loué la négociation "à l'allemande" avec les syndicats, quand on lui a fait remarquer qu'il venait d'imposer ses dernières décisions à des syndicats qui n'étaient pas totalement d'accord, il a dit en substance: j'ai passé plusieurs heures à en discuter avec eux, vous voudriez pas non plus que je tienne compte de leur avis !
Très amusant.

Quant aux mesures pour l'immobilier qui risquent de déformer le velum parisien et de mettre à mal les équilibres en urbanisme, alors qu'il vient d'handicaper durablement la construction en supprimant les exonérations de type Sellier... c'est de la gesticulation inutile et malfaisante, l'encouragement à construire particulièrement ce qui est limité par les règles de bon goût urbain.

Mais bon il a le moral, on s'en faisait un peu pour lui donc c'est bien nous voilà rassurés.

Xavier NEBOUT

Ce dont souffre la justice, c’est de son corporatisme, de ses « réseaux et fraternités» , du CSM, des avancements au plus mauvais et du rejet des trop consciencieux qui n’abattent pas assez de dossiers, la corruption idéologique qui la rend aussi certaine qu’en jouant à pile ou face, les avocats payés qu’ils gagnent ou qu’ils perdent, etc, etc.
Et cela, c’est aux magistrats eux-mêmes de le dénoncer. Et pourquoi ne les entend-on jamais sur ces sujets ?

Rahmouni Slimane

Bonsoir à toutes et à tous, bonsoir M. Bilger.

Tout d'abord, je tiens à remercier M. Bilger de nous offrir une tribune de qualité où il est agréable d'échanger et où la qualité des commentaires du blogueur comme celle des intervenants est dans l'ensemble d'un bon niveau. Bien sûr, j'aurais préféré que ci ou là nous ne nous arrêtions pas à nos petites querelles personnelles afin de préserver la dynamique initiée. Je salue la bonne foi des intervenants qui rend la discussion plus limpide et m'encourage à livrer mes pensées intimes, parfois maladroitement je le concède volontiers. Pour finir, je m'excuse auprès de mes détracteurs desquels j'aurais espéré une critique fondée à une formule déplacée.
La justice est la première cause nationale.
Pour qu'elle soit efficace, justement rendue, que sa logique soit comprise du peuple, il faut impérativement surtout qu'elle soit indépendante du pouvoir politique.
La justice est histoire de morale et doit le demeurer. Elle doit s'appliquer de la même façon à chaque individu sans exception, quelles que soient ses origines socio-professionnelles, culturelles, ethniques ou religieuses.
Puisque la délinquance des caïds de cité est ici mentionnée, je vais essayer d'expliquer le raisonnement de ces gens car j'ai eu à connaître la vie en cité et également l'enfermement. De par mes origines, je trouve pertinent d'essayer d'expliquer ma position à la justice républicaine. Elle est à peu près la même chez ces gens qui vivent dans de grands blocs bétonnés et qui partent plus facilement le week-end pour Alger, Tunis ou Rabat que pour Paris.
Chez les caïds de cité tout comme chez les délinquants de tout poil, la structure parentale est fondamentale. Lorsque le père et la mère échouent dans leur rôle nourricier, c'est au premier garçon de la fratrie de prendre la situation en main. Dès lors, la devise change ; ce sera ni foi ni loi et chacun pour soi.
Ce schéma choque extra-muros et cela peut se comprendre.
Quand un caïd se fait un nom, il devient le maire, le préfet, le ministre et même le président de sa cité. Il acquiert un rôle politique car c'est bien de cela qu'il s'agit. Les rapports se construisent sur des schémas socio-culturels qu'ils calquent sur ceux de leur pays d'origine.
Je peux aisément comprendre un M. Bilger qui
s'inquiète de cette délinquance qui est une menace contre la République. Mais avant qu'elle le devienne pour celle-ci, elle coupe et isole des territoires entiers où des individus vivent sous d'autre lois, avec d'autres codes, avec d'autres principes. Comprendre M. Bilger ne signifie aucunement comprendre tout quidam qui s'exprime sur la question. Je le comprends lui de par les fonctions qu'il a occupées et qui ont fait de lui un représentant du parquet.
Si de tels territoires existent sur le sol républicain et arrivent à s'autogérer c'est qu'on a permis de le faire. Que pouvaient donc attendre nos politiciens de communautés de gens qu'on a volontairement parqués dans des cités-dortoirs en périphérie des grandes villes et à qui l'accès même à la ville était surveillé, je peux en témoigner.
Pendant que les politiques se renvoient la responsabilité de l’échec de ces ghettos, c'est à la justice qu'on demande de retrousser ses manches et de régler le problème. Ce n'est évidemment pas son rôle car si la justice pénale pouvait à elle seule gérer cette délinquance, elle l'aurait depuis fort longtemps éradiquée.
La justice pénale succède à la justice sociale. Sans la seconde, la première devient arbitraire. Pouvez-vous condamner un délinquant à qui la République garantit des droits que d'autres citoyens ignorent à cause de son appartenance ethnique ou sociale ? Je vais m'entendre répondre que je fais dans la démagogie ; qui peut m'affirmer sans rougir qu'en France les distinctions de rang ont disparu ? Qu'en est-il alors des distinctions sociales, raciales, etc. ?
La République a accouché d'une philosophie qui est largement en avance sur les mentalités. Il ne devrait pas exister de communautés juives, musulmanes, bouddhistes et que sais-je en République. Sous aucun prétexte. Et c'est ici que les choses bloquent. Laisser les gens pratiquer leur foi en les considérant comme citoyens de la République avant tout eût été préférable à réguler leur foi en les marquant comme groupes d'individus vivant sur le sol de la République. La première considération dont je fais partie me concernant est honorable. La seconde est discriminatoire et facteur de déstabilisation du pays à moyen ou long terme.
Espérer l’élection de Mme Le Pen pour solutionner le problème est ridicule. Elle ne pourra jamais retirer aux vilains enfants de la République les droits que cette dernière leur a octroyés tout comme à elle d'ailleurs. La République ne devrait pas compter de quartiers où des générations de gens naissent, grandissent et meurent souvent sans côtoyer le reste des citoyens. Cette aberration est d'autant plus injuste qu'elle permet à d'autres citoyens égaux en droits et devoirs à ces terribles citoyens, de prôner une politique d’épuration de ces quartiers.
La justice sociale seconde la justice individuelle, celle qui naît de notre conscience, du plus profond de nous et qui est censée nous amener à penser qui nous sommes et ce que nous devons aux autres. C'est d'ici que tout débute, que nous soyons roi, caïd, procureur ou simple citoyen.
Merci de m'avoir lu et bonne soirée.
Rahmouni Slimane

Catoneo

Grande cause nationale certes, mais la société a un contentieux ouvert avec la corporation.
Pas une semaine qui ne voit une affaire, parfois assez grave, avec un juge ou un procureur. Causes ou motifs sont secondaires, la perception populaire ne prend en compte que le fait.
En outre, il y a un soupçon de laxisme des juges colporté par les corporations concurrentes et la presse.
Mais pour remédier à cela, je donne ma langue au chat. Le sujet pour un candidat ressemble au bâton merdeux plus facile à prendre qu'à lâcher, si l'on veut me permettre cette évocation pastorale.

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