Le président de la République, au cours d'une soirée en Guyane, paraît-il en off, a distillé des confidences à plusieurs journalistes. La réalité de cet épisode à l'initiative de Nicolas Sarkozy, n'a été connue que grâce à la volonté de transparence de Libération.
Immédiatement on a déduit de cette séquence que Nicolas Sarkozy envisagerait l'échec, serait en proie au doute et, si sa défaite advenait, ferait autre chose que s'occuper d'une quelconque section UMP (Le Monde).
Je ne parviens pas à analyser cette péripétie et ces propos comme l'expression d'une spontanéité s'offrant enfin le droit d'être débridée. J'y vois plutôt une tactique habile qui vise à faire d'une apparente sincérité une arme redoutable pour le début d'une campagne dont Nicolas Sarkozy perçoit les difficultés à venir mais qui ne l'effraie pas. Le candidat enfoui sous le président maladroit et décevant bout d'impatience et n'a probablement qu'une hâte, c'est de ressurgir dans sa plénitude. Les doutes de Nicolas Sarkozy relèvent à l'évidence de la même opération que ses allégations constantes sur le fait qu'il sera président de la République jusqu'au bout. Il est aussi peu incertain pour la joute présidentielle qu'il est clairement candidat depuis des mois.
Il est d'autant plus essentiel, pour lui, de laisser apparaître ces hésitations, ce trouble, ce vague pessimisme qu'ils ne feront que conforter, de l'autre côté, le sentiment d'avoir déjà gagné caractérisé notamment par les déclarations répétées de Pierre Moscovici qui s'obstine à marteler que Nicolas Sarkozy ne peut plus vaincre. Ce qui est, à la fois, inepte et, en profondeur, démobilisateur. Par ailleurs, en dépit de la prestation brillante de François Hollande au Bourget et des réactions faibles de l'UMP, il n'est pas sûr que l'inélégance avec laquelle le candidat socialiste a "zappé" politiquement et humainement Ségolène Royal, sans doute à cause de la présence de sa compagne aux côtés de Mazarine Pingeot, ne laisse pas une trace négative. Que le PS s'enfonce dangereusement dans cette impression d'une victoire avant l'heure, si elle est dévastatrice pour lui, est, en revanche, porteuse d'espérance pour Nicolas Sarkozy qui n'aspire qu'à être plus que jamais un "outsider", presque un virtuel vaincu qui appelle moins de ressentiment qu'une constatation apaisante.
Croit-on véritablement que c'est par hasard - avec une divulgation inévitable - que le président s'est abandonné, en ce moment précis, à la manifestation d'états d'âme qui dans tous les cas, à les supposer authentiques, surviennent trop tardivement pour imposer une alternative alors que, plus précoces, ils auraient risqué de susciter une exigence de primaire ? A nouveau, dans le constat, ce sont les lettrés qui voient juste et les spécialistes qui selon moi se trompent. Rien de plus faux, en effet, que de minimiser l'incident comme le fait Roland Cayrol qui y voit "juste une vérité du moment", que de le dramatiser comme Christian Salmon qui le nomme "le signe de la fin". Seul Patrick Rambaud devine le piège: "Si c'est une ruse, elle est idiote".
Peut-être pas si "idiote" que cela. Ce qui manque absolument au président, c'est d'être aimé. Davantage peut-être encore : qu'on désire l'aimer, qu'on ait envie, une seconde, d'éprouver à son égard une empathie qui, faisant fi de l'arrogance vulgaire qu'on lui prête, s'attacherait à ses faiblesses, ses failles, au possible désastre qui le guette. En ce sens, l'exercice auquel il s'est livré devant des journalistes trop heureux des confidences intimes pour les questionner politiquement, va plus loin que le "je suis le moins mauvais" qu'on entendra sans cesse lors de la campagne. Il signifie qu'il est, lui aussi, capable de "fendre l'armure", d'offrir ses blessures, son for intérieur, et de quémander un amour qui lui est si chichement octroyé, même par ses partisans inconditionnels, qui collent à lui mais comme à une bouée de sauvetage. On est bien obligé de feindre de choyer le capitaine pour éviter le naufrage !
Enfin, la scène guyanaise ressemble à un encouragement qu'il s'adresse à lui-même après avoir, un temps, déstabilisé ses troupes. Nicolas Sarkozy appartient à cette catégorie de "bêtes" politiques qui ont besoin de l'odeur, du souffle, de la proximité du pire prévisible pour bander leurs forces et remonter à la surface, vers la victoire. Il a heurté délibérément du pied le fond de la piscine et, dans l'élan, il se projette vers demain.
Le président ne doute pas : le candidat fait semblant. Qu'on ne compte pas sur lui pour être atteint par la peur de gagner !
Cette campagne est un casting bollywoodien !
Quand même extraordinaire qu'un tiers de l'émission avec François Hollande (contre Juppé) ait porté sur la posture, la forme, le look et "comment qu'il est beau le candidat !". Suivi de l'analyse en image sur l'héritage Mitterrand (exact d'ailleurs qu'il se soit construit cette image, à défaut d'avoir son propre charisme).
Quant à Sarko, oui, en effet, il ne peut que manipuler le off ! ou tenter de le faire. Libé comme Sarko nous prennent donc pour des cloches !
Pour moi la prestation burlesque de Hollande au Bourget, dans le numéro de l'orateur hurleur en sueur, ne galvanise qu'une assistance convaincue d'avance.
Dans tous les cas, nous sommes dans de l'exhibition outrancière à défaut d'avoir du fond à proposer.
Nous voterons de la même façon, à l'humeur, en dansant le mambo, ou en faisant la danse du voile, nous dirons off, tel bulletin et puis pas, j'hésite, peut-être, ou pas... Bon courage aux sondeurs (d'après ce que j'entends dans ma caste de petits Français, où seul le taux d'imposition nous porte en haut des catégories !). Sûrs d'une seule chose, c'est d'être plus que mal aimés, malmenés et méprisés !
Il serait peut-être souhaitable que les contribuables ne se suicident pas sur les parvis des hôtels des impôts !
Rédigé par : regina | 28 janvier 2012 à 10:27
@LABOCA
A vous lire, l’élu doit s’effacer devant le haut fonctionnaire parce que plus qualifié que lui. J’espère qu’exposé ainsi, vous allez vous rendre compte de l’énormité du propos.
A vrai dire, je pense que vous confondez gérer et diriger. Le dirigeant apporte la hauteur de vue que n’a pas le gestionnaire. C’est pourquoi il n’est pas aberrant qu’un ministre passe d’un ministère à l’autre.
Rien d’étonnant dès lors, que vous préfériez Hollande à Sarkozy. Il ne fait en effet pas de doute que Hollande déléguerait la direction du pays à des hauts fonctionnaires – socialistes et FM de préférence – comme l’est le ministère de l’Education nationale à une mafia neo-stalinienne, et qui l’aura racketté de 60 000 emplois pour l’autoriser à se présenter.
Rédigé par : Xavier NEBOUT | 28 janvier 2012 à 10:05
Une simple façon, pour lui, d'essayer de se montrer "humain", et d'essayer d'attendrir les coeurs sensibles de certains électeurs potentiels qui n'ont pas encore fait leur choix pour les présidentielles. N'oublions pas que le monsieur est avocat de formation, donc habitué à élaborer des stratégies aptes à le mener au but qu'il s'est fixé... Vous en conviendrez sans doute, M. Bilger ?
Rédigé par : sophie.mnop | 28 janvier 2012 à 06:48
Il n'y a guère qu'en France où l'on prétend exiger d'un candidat à la présidence qu'il ait été auparavant membre d'un gouvernement. En Allemagne, les nouveaux chanceliers sont principalement des élus locaux. En Angleterre, la tradition démocratique fait que les leaders changent souvent et accèdent au pouvoir sans jamais avoir été ministre. Aux Etats-Unis, rares sont les présidents ayant occupé des fonctions gouvernementales. Rappelons que de Gaulle lui-même ne fut sous-secrétaire d'Etat dans le gouvernement Reynaud que dix jours (9 au 16 juin 40).
C'est un argument stupide et profondément anti-démocratique. Il est aussi paradoxal : on revendique du neuf mais il faudrait aussi qu'il soit un peu usé.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 27 janvier 2012 à 23:08
Monsieur Bilger, j'espère que vous nous rappellerez, le moment opportun venu, de ne pas faire trembler la main qui va porter le bulletin dans l'urne, et d'y mettre le bon bulletin.
Rédigé par : anne-marie marson | 27 janvier 2012 à 21:21
Reste le candidat faux-semblant, non ? (J'ai bu vos paroles sur France 5 ce soir à l'heure de l'apéritif, du vrai champagne, monsieur Bilger... Que vos yeux pétillaient !)
Rédigé par : Cactus | 27 janvier 2012 à 21:13
Rédigé par : Yves | 27 janvier 2012 à 13:35
"À propos de candidats faisant semblant....
Tout le monde sait que le grand handicap de François Hollande est de n'avoir jamais dirigé la moindre subdivision de la moindre parcelle de département ministériel.(1)
Alors, comment peut-il améliorer le portrait ?
C'est simple, il fait semblant d'avoir déjà
été aux manettes."
Votre propos résume bien l'attitude actuelle des gens de droite qui n'ont plus rien pour sauver le champion Sarkozy.
Comment pouvez-vous osez parler de Hollande comme vous le faites, sachant que : d'une part, avant d'embrasser la politique il a été un haut fonctionnaire et membre d'un cabinet ministériel, donc un type associé à la gestion de l'Etat; d'autre part il a été le premier secrétaire du PS du temps où le Gouvernement Jospin était au pouvoir?
Il faut qu'on arrête de nous dire tout le temps que pour pouvoir être chef de l'Etat, il faut avoir été ministre auparavant.
A vous lire, un homme ou une femme qui a été ministre pendant trois mois possède une expérience de la gestion de l'Etat telle qu'il pourrait techniquement être président de la République.
Etre ministre ne signifie rien.
Combien de fois vais-je expliquer sur ce site que ce sont nos hauts fonctionnaires qui gèrent l'Etat, les ministres se contentant de faire les relations publiques.
Si les ministres changent autant de postes ministériels, c'est qu'ils ne servent à rien.
Récemment, le "Nouvel Observateur" a révélé que Sarkozy ne prit jamais au sérieux Christine Lagarde en tant que ministre de l'économie.
Il y a une façon trop française d'apprécier les gens.
Avant la dernière élection présidentielle, les Américains, qui appartiennent à un pays plus développé que le nôtre, ne déclarèrent jamais qu'Oboma ne pourrait être un excellent président au motif qu'antérieurement il n'avait pas été ministre fédéral.
Je le redis : un ministre, ça ne signifie rien. Ce sont les hauts fonctionnaires qui font le boulot. N'importe qui dans ce pays peut devenir ministre car ce qu'on attend uniquement d'un ministre est de présenter aux Français une décision politique prise par le Gouvernement. Et il y a des agences de communication pour aider les ministres à bien parler en public.
Rachida Dati a été ministre de Sarkozy pendant au moins deux ans. Selon votre raisonnement, elle a plus d'expérience que Hollande de la chose publique.
Il faut que l'UMP, ses militants et ses sympathisants trouvent des arguments plus forts pour espérer renverser une situation que Sarkozy a lui-même rendue ingérable.
Vous êtes le dernier Français à penser que les ministres sont les gens les plus intéressants dans ce pays, alors que l'expertise technique est détenue par les hauts fonctionnaires.
La chose chose dont la France a besoin, ce sont des hauts fonctionnaires compétents. Ces hauts fonctionnaires doivent être respectés par les politiciens, car tout le pays repose sur eux.
A l'Elysée, Hollande pourra compter sur ceux de nos hauts fonctionnaires qu'ils aura appelés à lui.
Nécessairement, ce ne seront pas les hauts fonctionnaires sous-utilisés ou mal utilisés actuellement par Sarkozy.
Rédigé par : LABOCA | 27 janvier 2012 à 17:02
Si Nicolas Sarkozy ne doute pas, je me demande vraiment quelles sont les raisons objectives qui l'autorisent lui ou ses supporters à espérer sa réélection?
(C'est dit sans ironie et sans esprit de provocation)
Rédigé par : Nordine | 27 janvier 2012 à 16:20
@ Frank THOMAS
Hollande peut d’autant plus facilement dire qu’il se ralliera au candidat de gauche le mieux placé, à savoir Mélenchon ou encore Eva Joly (et éventuellement Poutou et Cie), qu’il sait très bien que le candidat en question ne sera autre que lui-même.
Il s’agit donc simplement d’une « politesse » envers lesdits candidats les enjoignant à faire de même à l’issue du premier tour.
Quant à Bayrou, il a passé une bonne partie de sa carrière politique dans le camp de la majorité et ne saurait donc être considéré comme un allié pour Hollande.
Bayrou se situera toujours en dehors de la bataille entre le PS et l’UMP car il estime qu’il offre une alternative au clivage gauche-droite.
Difficile d’imaginer qu’il demande à ses électeurs de porter leurs voix vers Hollande ou Sarkozy.
Rédigé par : Achille | 27 janvier 2012 à 14:51
À propos de candidats faisant semblant....
Tout le monde sait que le grand handicap de François Hollande est de n'avoir jamais dirigé la moindre subdivision de la moindre parcelle de département ministériel.(1)
Alors, comment peut-il améliorer le portrait ?
C'est simple, il fait semblant d'avoir déjà
été aux manettes.
Relisons le discours du Bourget:
" La Gauche, je l'ai dirigée avec Lionel Jospin, quand nous gouvernions ensemble le pays...."
(1) jetons un tulle pudique sur les performances économiques et financières du président de la Corrèze.
Rédigé par : Yves | 27 janvier 2012 à 13:35
J'ai trouvé - mais ce n'est qu'un avis personnel et même une simple impression -, que François Hollande était globalement plutôt à la hauteur de ce qu'on attend d'un candidat à la présidentielle.
Une chose cependant m'a choquée que je signale parce que jusqu'à présent, sauf erreur, elle ne semble pas avoir été relevée.
Interrogé sur son éventuel accord avec François Bayrou au second tour, il a clairement indiqué que celui-ci ne serait pas possible étant donné les attaques du président du MoDem contre son programme; interrogé de la même manière sur sa position à l'égard de Jean-Luc Mélenchon, il a simplement évoqué la tradition de l'union de toutes les forces de gauche.
Le parallélisme est faussé et rompu. Car enfin, s'il s'agit de ne pas s'allier à des candidats ayant attaqué son programme, il ne peut pas non plus s'allier à Mélenchon qui parle de "filet d'eau tiède", qui accuse carrément les socialistes de trahison et qui n'est pas avare de formules assassines.
Cette duplicité jointe au flou sur un grand nombre de sujets, notamment sur les administrations qui verraient réduire leurs effectifs (par défaut force est d'y mettre la santé, les douanes, les services fiscaux, l'armée, etc.) et aux rodomontades à l'égard de l'Allemagne et de la Chine réduisent considérablement à mes yeux le mérite de sa prestation du Bourget et de celle d'hier soir.
Rédigé par : Frank THOMAS | 27 janvier 2012 à 12:13
Vous avez tout à fait raison, M. Bilger, de séparer le candidat du président : le dernier est tout à fait capable de lâcher des bourdes, le premier pèse ce qu'il dit. A mon sens, les confidences guyanaises relèvent exclusivement de la captatio benevolentiae. Comme dit Montherlant dans "La Reine morte" : "Se plaindre est un des moyens d'obtenir. La pitié est d'un magnifique rapport"... Le problème étant que contrairement au roi Ferrante, Nicolas Sarkozy n'a pas la passion exclusive du pouvoir : heureusement sans doute.
Rédigé par : Boris | 27 janvier 2012 à 11:32
@Achille
Nous avons vu la même émission, mais ni avec les mêmes oreilles ni les mêmes yeux :-D
Oui j'ai vu un homme qui maîtrisait son dossier avec fermeté et intelligence, mais désolé le dossier ne contenait rien qui intéresse le français ordinaire que je suis.
Si j'avais à noter sa copie, je dirais "hors sujet".
Je me méfie d'un homme qui parle d'armure, je préfère le terme d'ossature !
L'armure enferme, gêne la marche, encombre les gestes...
L'ossature permet la souplesse d'adaptation et il en faudra à celui qui veut diriger la France dans les défis qui sont déjà là !
Je persiste, je n'ai pas vu, ni entendu !
Cordialement
Pierre-Antoine
Rédigé par : Pierre-Antoine | 27 janvier 2012 à 10:47
Quand la terre entière nous dit qu’il faut réduire les dépenses publiques et baisser les impôts, l’un est sourd, l’autre en parle pour ne rien faire ou quasiment.
Quand la terre entière nous dit qu’il faut réformer notre droit du travail, là, ils sont tous les deux complètement sourds.
En d’autres termes, quand celui qui représente la gauche fait carrière dans le socialisme comme il le ferait dans le pétrole, et que celui qui représente la droite fait carrière dans un socialisme qui ne dit pas son nom, il est à craindre que notre pays finisse par sortir de l’euro à coup de lattes.
Rédigé par : Xavier NEBOUT | 27 janvier 2012 à 10:23
@ Pierre-Antoine
Manifestement on n’a pas dû voir la même émission.
Personnellement j’ai vu un beau débat sans concessions de la part de deux intervenants qui connaissaient bien leur sujet notamment dans le domaine économique.
De perfides petites flèches de la part de Juppé que Hollande a contrées avec de belles réparties.
Dommage que Juppé nous ait fait du Copé en fin de débat avec cette petite phrase malheureuse : "Le favori de janvier n'est jamais l'élu de mai." Ce n’est pas digne de lui.
Hollande risque de lui montrer en mai prochain que toute règle a son exception.
Rédigé par : Achille | 27 janvier 2012 à 08:50
Une chose est sûre, celui que certains appelaient, avec une touche de dédain qui n’appartient qu’aux fats, « le mou », nous a montré hier soir une belle fermeté.
Rien à voir avec l’agitation de celui qui nous fait le coup du « attention si vous continuez de m’embêter je ne me présenterai pas » avec en menace ce sous-entendu très gaullien « Après moi le déluge ».
Rédigé par : Achille | 27 janvier 2012 à 08:40
Je viens de voir F.Hollande sur France 2...
J'ai vu un homme fabriqué de toutes pièces ayant bien appris sa leçon, sans ride, sans accrocs mais sans âme...
J'ai entendu des questions et des réponses qui n'intéressent pas le Français que je suis... mon bulletin de vote reste sans nom !
Dommage !
Cordialement
Pierre-Antoine
Rédigé par : Pierre-Antoine | 27 janvier 2012 à 01:18
On a l'art d'attacher de l'importance à des événements qui n'en ont point. Sarkozy hésite... Bien sûr, que c'est une attitude tactique. Tout est calcul chez cet homme. C'est sans doute son point fort, mais qui pourrait être une faiblesse.
Wait and see...
Rédigé par : Pierre Verhas | 27 janvier 2012 à 00:22
Mille fois d'accord avec Véronique Raffeneau.
Toutes ces petites histoires n'intéressent que peu de gens.
Beaucoup de bruit pour rien et tout ce bruit inutile devient pénible à la longue.
Les états d'âme supposés de Sarkozy, le moi profond de Hollande, ce n'est que du marketing, de la communication. Rien de vrai là-dedans et surtout, rien d'intéressant.
Tout ce qu'on a compris, c'est que ni l'un ni l'autre ne sait vraiment où il va, ni l'un ni l'autre ne sait comment sortir de la crise, ni l'un ni l'autre ne l'a comprise et que les impôts vont rudement augmenter.
Le reste n'est que dessins animés pour occuper les enfants.
Rédigé par : Florence | 26 janvier 2012 à 22:09
Monsieur Sarkozy est une bête de combat, un toro bravo. Quelles que soient ses erreurs ou parfois errements, la pugnacité de cette personne m'a toujours étonné.
L'air de rien il dit quitter la politique s'il est battu. Tout d'abord ce n'est pas la première fois qu'il tient ce langage. Ensuite c'est l'homme à tourner la page et à se lancer de nouveaux défis s'il prend une veste.
Je ne suis pas grand fan de la personne en tant que telle, mais le fait que quelqu'un qui ne soit pas issu de l'establishment convenu, Science-Po-Ena pour le citer, ait pu atteindre la charge suprême me plaît beaucoup. Je regrette qu'il n'ait pas supprimé ce machin.
D'ailleurs ce qui est assez hilarant, c'est de voir ce même establishment lui reprocher des attitudes qu'il a lui-même mises en œuvre, plus discrètement c'est vrai, mais tout de même mises en œuvre.
J'aime bien quand il le renvoie dans les cordes.
Ça me rappelle le jour où il a fermé le buffet des préfets, qui traînaient et sirotaient du champagne, pour aller jouer au foot avec son fils car c'était un mercredi (anecdote rapportée par un ami travaillant à Beauvau).
Pour revenir au fait que même à 53% il n'était pas aimé, de cela il s'en moque quand même. Il est à remarquer que la gauche depuis les années tonton a pris comme tactique l'attaque à la personne. Cela paie un temps mais au final, Chirac est passé deux fois, Jospin n'est pas apparu au second tour et malgré le dénigrement et l'insulte, Sarkozy, le fils d'immigré, cette seconde génération a été élue.
Avec ce que j'ai entendu aujourd'hui du programme Hollande je pense que Sarkozy a vraiment ses chances pour ce scrutin.
Rédigé par : Surcouf ironique | 26 janvier 2012 à 20:16
Stratégie présidentielle du candidat sortant
Se faire aimer ! Il n'en a que faire, la seule chose qu'il aime c'est lui-même ! Et ce qu'il aime, c'est faire son métier de président, outre la représentation grandiose et festive de la France qu'il affectionne particulièrement dans tous les sommets sous sa présidence, UPM, l'Europe, les G, les 60 ans de l'Otan etc. Des sommes faramineuses jamais atteintes au monde pour ses sommets ont été engloutis en pure perte (UPM 17 millions, Otan 65millions). Les médias ne voyant pas plus loin que l'image de la moumoute du Cavaliere et les talonnettes de Notre Seigneurie !
Le protocole républicain, les bonnes convenances, le respect, la courtoisie, la bienséance, la diplomatie, son langage inapproprié, sa vulgarité, ses colères, son autoritarisme mal placé, il s'assied dessus ! Il se mêle de tout, veut s'occuper de tout et brasse de l'air plus qu'un cyclone dans ses décision à l'encontre des effets escomptés !
Tel qu'on le connaît, son off c'est du pipeau, il n'en est pas à son coup d'essai et personne n'est dupe de ses manigances, il n'en fait d'ailleurs pas plus que d'habitude à nous faire croire qu'il travaille à remédier à nos problèmes graves, vous vous mettez le doigt dans l'oeil, la crise à bon dos ! Il n'a rien résolu ni fait avancer l'Europe, sauf à passer outre la décision référendaire du peuple souverain ce qui est un très grave déni républicain et démocratique pour aboutir en moins de 24 mois d'une petite crise venant d'outre Atlantique au blocage de son mini traité de Lisbonne complètement obsolète. Arrivé à nous mettre le pays en ruine afin de nous taxer nos mutuelles pour renflouer les banques qui spéculent sur nos dettes ! De faire des réformes très importantes telle la TVA sociale à trois mois du premier tour est complètement contre-productif, au grand dam de la droite populaire et je leur donne raison.
D'avoir «zappé» Ségolène Royal est comme je l'ai dit précédemment une grave faute politique, elle peut lui coûter le second tour en terme de voix ! J'ignore toujours la ou les raisons, mais je ne penche pas pour celle que vous invoquez Philippe, il doit y avoir une autre difficulté que l'on ignore. J'ai reçu ses 60 propositions en 40 pages pour le moins ambitieuses qu'il détaillera ce soir (adresse ci-dessous).
Notre Seigneurie prépare son discours avec Guaino pour dimanche en monopolisant tous les médias aux ordres, pas moins de 6 chaînes télévisées, du jamais vu en France et ce sera tous les jours quand il se sera déclaré officiellement candidat ! Vous en aurez à souper jusque à plus faim ni soif ; jusqu'à la nausée !
http://francoishollande.fr/assets/Uploads/Projet_presidentiel_Francois_Hollande.pdf
Rédigé par : On se bat toujours pour ce qui nous manque le plus | 26 janvier 2012 à 18:01
Que c'est fatiguant ou, qu'elles sont fatigantes (j'ai des joies simples) ces histoires de campagnes financées par l'argent de l'Etat, ils l'ont tous fait, ils le feront tous, toujours, la Joly comme le Hollande.
Le pire, en politique, c'est la vertu. Aucun vertueux n'a jamais réussi. Quelques grands hommes sont des satellites du pouvoir, les inspirateurs de grands axes de pensée et de réalisations, le politique ne les écoutera que si l'évidence s'impose, le danger s'annonce, et encore, (j'ai un culte de Daladier pour "Les cons, s'ils savaient"). On a un excellent remède pour pallier le changement climatique, on l'a, mais les politiques n'en veulent pas, préfèrent des petites mesures qui ne troublent pas trop les groupes de pression. Pourtant, c'est de la vie de l'espèce humaine qu'il s'agit, bon, c'est vrai que sa disparition ne serait pas un malheur, mais tout de même.
Dans ces conditions, s'arrêter à la proportion de candidature dans un discours ou une visite présidentielle, c'est afficher à la porte de l'église les réunions paroissiales de la semaine. Ca compte pour rien dans l'opinion de ceux qui votent.
Diffuser une série sur la communication dans une élection donne à penser, même si le scénario paraît, pour l'instant, manichéen, mais permet surtout de s'éloigner de ces petites phrases sans importance, fruit d'un calcul ou d'un moment d'énervement, sans signification. En faire un jeu ? Bien sûr, mais sans lendemain, car, le jour où un président sera élu, cet académisme cédera devant la réalité du quotidien. En outre, ces analyses, même avec la finesse de PB, ne démontrent que l'habileté de leur auteur, et n'exercent qu'un attrait purement spéculatif mais non décisoire.
Qu'une partie non négligeable de la population, ça vient peut-être, s'éloigne de ces palinodies et le candidat parlera dans le vide ; on ne commente pas le vide. C'est le côté le plus intéressant de ces commentaires : éloigner le public, le rendre indifférent, pour forcer les candidats à parler vrai. On ne peut rien reprocher à Rocard, on lui doit cette formule.
Le sommet de l'horreur a été atteint par M. de Gaulle "Je vous ai compris" 300.000 hommes du peuple, fidèles à la France, y ont laissé leur peau, mais juridiquement, il n'y avait rien à dire. Qui n'a pas vu, sur le port d'Oran, les jeunes filles algériennes, accrochées aux grilles, hurlant aux soldats embarquant "emmène-moi", ou les coups de force de certains officiers embarquant leur harka ne sait pas ce que peut être la haine de la parole des politiques.
Est-ce dans le Critias ? "Si la foule devient folle, elle t'écharpera." "Si elle devient sage, c'est toi qu'elle écharpera". Ca n'a guère changé, et la sagesse n'est pas là.
Rédigé par : JT | 26 janvier 2012 à 17:49
@ Jean-Paul Ledun
"M... Je suis un riche !
FH va me couper la tête.
NoooOOOONNNN !"
Non, mais il va peut-être vous inviter à faire l'introduction de ses meetings.
Vous partagerez la loge avec Yannick, vous en sortirez peut-être détendu.
Je vous laisse à vos cauchemars...
Rédigé par : Alex paulista | 26 janvier 2012 à 14:48
Dire que le fourbe est un lion est risible. Disons que si les caisses de l'Etat sont réputées vides, lui a tout l'argent qu'il faut pour payer des thuriféraires et faire du cinéma. Malheureusement on le connaît trop, et l'accumulation des gadgets sera sans doute perçue comme telle et ne fera pas illusion.
Rédigé par : klio | 26 janvier 2012 à 14:29
Vous vous exposez dans ce billet à une poursuite en justice pour atteinte à la fonction présidentielle. Car, si ce que vous dites est juste, alors cela signifie que le Président de la République, dans l'exercice de ses fonctions, se sert de l'audience qui lui est due, pour faire campagne [pour jouer un coup psychologique qui consisterait à paraître humain et à désamorcer l'idée qu'il n'est et n'a jamais été et ne sera jamais, obsessionnellement, qu'un pur désir de pouvoir]. Or, il est pour le moins contraire à l'esprit de la loi (sinon à sa lettre) que le président utilise sa fonction pour servir ses intérêts propres (vouloir être élu est une aspiration légitime mais appartient au domaine privé) et j'en conclus que vous portez atteinte à l'image du prédisent et à la fonction qu'il remplissait en s'adressant aux journalistes (même en off, le président reste Le président), en le soupçonnant de faire campagne et de faire semblant d'être le Président.
Rédigé par : Bray-Dunes | 26 janvier 2012 à 13:40