Cela s'est passé au tribunal correctionnel d'Avesnes-sur-Helpe. Le prévenu était Maurice Boisart, 62 ans, le maire de Cousolre, une petite commune du Nord. On lui reprochait d'avoir giflé un adolescent de 16 ans qui l'avait insulté et menacé. Le procureur a requis contre lui une amende de 500 euros tandis que la défense invoquait la légitime défense. Le jugement sera rendu le 17 février.
Affaire ordinaire comme il en arrive partout en France, avec des maires mis de plus en plus à contribution, souvent dépassés par une incivilité, voire une violence qu'ils ne parviennent plus à maîtriser parce que, d'abord, ils ne les comprennent pas. Ils ne reconnaissent plus leur commune avec sa tranquillité et sa familiarité enfuies.
Je sais : je n'ai pas consulté la procédure et je n'écris ce billet qu'à la suite de la relation faite par trois quotidiens nationaux (Le Monde, Le Figaro et Le Parisien) mais qui concordent. Je vais sans doute encourir les reproches habituels de me mêler de ce qui ne me regarde pas et de manquer de solidarité même si, magistrat honoraire, je me sens évidemment délié de toute obligation - qui serait au demeurant inepte - à cet égard.
Le parquet d'Avesnes-sur-Helpe est-il à ce point sourcilleux, pointilliste, ou peut-être désoeuvré, pour qu'un tel dossier n'ait pas immédiatement été classé sans suite ? Quel exemple fallait-il donner à ce maire, quel retentissement à cette claque, quelle portée à cet incident pour que, d'une certaine manière, on se trompât de victime ?
L'avocat de l'adolescent a dénoncé "une violence gratuite" tandis que celui de Maurice Boisart a questionné : "Qu'aurait-il dû faire ? Se laisser insulter, lui et la collectivité qu'il représente ?" Maurice Boisart lui-même, alléguant "un geste réflexe à cause des insultes", a mis en lumière, approuvé par une douzaine d'habitants venus le soutenir et par une motion de quatre cents pétitionnaires, "le malaise des maires face à l'incivilité". Selon lui, ce jeune homme et sa bande multipliaient les transgressions au mépris des arrêtés municipaux : "Provocation, harcèlement, la goutte d'eau a fait déborder le vase" !
Si j'en crois les extraits rapportés, l'attitude du procureur a été "d'une ironie glaçante" (Le Monde, sous la plume de Pascale Robert-Diard), d'une autorité condescendante et déplacée envers ce maire conscient de ses devoirs et qui n'avait accompli ce geste qu'au bout de l'énervement. La manière dont le ministère public lui a fait la leçon est pour le moins indélicate. Qu'on fasse la morale à ceux qui s'en moquent, pourquoi pas, mais pas à quelqu'un qui la tient en haute estime. Il est trop facile de jouer au personnage accusateur en face d'un honnête homme.
Puisque le maire avait refusé le plaider coupable et désiré ce procès en correctionnelle, mille nuances auraient dû être apportées et une forme de bon sens aurait pu heureusement compléter la définition juridique de la légitime défense. "Je n'ai jamais donné de gifle à personne dans ma vie, j'ai eu un geste instinctif. Ce n'est pas la meilleure chose que j'ai faite. Je le regrette. Mais croyez-moi, la fonction de maire n'est pas toujours facile à assurer" : cette argumentation ne valait-elle pas mieux que le discours rigide, corseté et déconnecté d'en face ?
Est-ce le jeunisme qui a encore frappé ? Gifler un adolescent de 16 ans qui a créé du désordre et des nuisances durant un an - les cheveux du maire blanchis en deux mois après l'engagement de cette procédure ! - est-il un acte à ce point odieux qu'il faille oublier tout ce qui est de nature à largement le relativiser, voire à l'absoudre ? L'hostilité à l'égard de cette autorité municipale qui s'est permis de mettre en oeuvre - mais si peu, si modestement - sa justice personnelle ? L'aberration qui contamine les pratiques judiciaires et peu ou prou les conduit à tout coup vers "la justice pour l'exemple" ? La confusion entre une sévérité sans discernement et la justesse pénale ?
L'intelligence et l'honneur de la justice pénale ne concernent pas seulement les affaires où il convient de résister à l'emprise du Pouvoir et de faire preuve d'indépendance. Pas uniquement les dossiers à tonalité politique. Il me paraît évident qu'Avesnes-sur-Helpe en dit autant que Paris sur ce qu'on attend de l'institution, ce qu'elle impose ou qu'elle conquiert. La lucidité chassée au quotidien fait autant de mal que les éclatantes dérives judiciaires.
Sur le plan social, sans répudier le singulier des situations qu'elle a à appréhender, la justice n'a-t-elle pas pour mission aussi de tenter de restaurer un équilibre et de s'opposer au fil regrettable du temps ? Pour un procureur, outre la gifle et la légitime défense alléguée, l'essentiel n'était-il pas de percevoir qu'aujourd'hui le poids de sa fonction devait venir au secours d'une faiblesse plus grave et plus profonde que celle résultant d'une péripétie équivoque ? Celle du, des maires confrontés à des troubles, des incivilités, des désordres contre lesquels la justice saisie est trop souvent impuissante et qui pourrissent une vie collective. Il faut aider ceux qui se battent contre eux comme ils peuvent, au lieu de se tromper de cible et de les accabler, et d'abord par une atteinte injustifiée à leur honneur.
Comme je comprends Maurice Boisart quand il murmure effondré après avoir écouté des réquisitions d'une humiliante, arrogante et unilatérale pédagogie : "Je crois que je n'ai pas été compris. J'ose plus rien dire".
Et n'est-ce pas ce même procureur qui, en 2008, infligea une peine semblable à un professeur lui aussi excédé par le comportement d'un de ses élèves (une gifle, là encore ?) Mais qui est donc ce procureur et que fait-il encore au sein d'une Justice où la plupart des Français ont bien du mal à reconnaître autre chose qu'un certain arbitraire ?
Rédigé par : Céleste Brume | 18 février 2012 à 08:42
Bonjour,
Je me permets de citer simplement un philosophe bien connu :
Socrate à fait un discours dans lequel il présente cinq types de régime politique, successifs à une évolution de société.
Et dans une de ces transitions, on passe de la démocratie à la tyrannie :
"La liberté et l'égalité entraînent des troubles, les enfants ne respectent plus leurs parents (562d)...
Au milieu de l'anarchie qui s'installe, le tyran va apparaître..."
Ces citations sont classées dans l'article "La République" de l'encyclopédie en Ligne de Wikipédia.
Je pense que ce n'est pas pour rien, si cette analyse de Socrate fait partie des fondements de la démocratie.
Mais on assiste actuellement à une résurgence que ce que j'appellerai des "idéologistes" qui nous présentent un discours totalement illogique, sans sourciller.
Un ami africain me disait (avec une difficulté à s'exprimer en français, mais celle-ci donne de la poésie à son discours) "ils sont coincés par l'évidence !" en parlant d'idiots qui sont pris au piège.
Eh bien non, même pas !
L'expression populaire "tout fout le camp", qui me faisait rire, ou l'expression "le monde tourne à l'envers", prennent un sens qui me fait peur.
Alors finalement, ma conclusion est que plus on sort des "imbécillités" ou des inepties, pour les faire passer, il faut qu'elles soient énormes.
Bon, quand est-ce que l'on va réagir ?
Est-ce que l'on va réagir quand il sera trop tard ?
Qu'en penses-tu, citoyen de l'ex-démocratie ?
Bruno
Rédigé par : Bruno GUILLET | 18 février 2012 à 02:03
Il y a des baffes qui se perdent dans certain tribunal.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 17 février 2012 à 22:36
Les Puissants perdent la tête…
C’est le monde à l’envers !
Bonjour,
Où va-t-on ?
Oui, je pense que quelques claques et coups de pieds aux fesses se perdent, non seulement pour les garnements à l’éducation négligée, mais aussi pour certains parents, nous en avons le parfait exemple ici.
Mais de là à imaginer que la Justice, sous quelque pression que ce soit et même se référant à la loi, puisse être dévoyée au point de sanctionner, comme dans le cas présent, un maire, détenteur de l’ordre sur sa commune…
C’est inouï !
Bel exemple pour encourager les jeunes, de moins en moins éduqués et si peu canalisés de nos jours, à renouveler de telles séquences et ne plus rien respecter, ni personne, fût-ce le premier magistrat de la commune, dont le rôle est aussi de fixer des limites et de faire respecter les règles essentielles de la vie en communauté !
Quelle démagogie !
Quelle dérive !
Quelle société !
Mais aussi, honte aux parents, pour la suite donnée à l’histoire !
Rédigé par : VIALA Paul | 17 février 2012 à 20:33
Tout mon soutien à M. le Maire, le tribunal aurait dû être plus sévère envers ce jeune homme vu ses antécédents. Manque de respect envers les citoyens de cette ville ainsi que son représentant. Où est la justice ?
Rédigé par : anne | 17 février 2012 à 15:13
Il y a des procureurs qui, par leur mentalité, leur esbroufe, leur manque de discernement et de mesure, font pitié et honte à la justice. Malheureusement, la justice, et le métier de procureur, sont hélas loin loin loin d'attirer en général les étudiants les plus brillants. Et voila ce que ça donne au final avec une tribune et du pouvoir. Un demi sel arrogant avec des réquisitoires grandiloquents, sans doute pour pallier à son désoeuvrement cérébral. La situation du maire se comprend avec juste un peu de bon sens. Classer sans suite, c'était l'intelligence et la dignité. Pas besoin d'avoir fait l'ENM pour voir cela.
Rédigé par : jeanpiledescoeurs | 17 février 2012 à 10:40
C'est une très regrettable affaire en effet. D'un côté l'autorité locale qui a failli à se contrôler ce qui laisse présumer d'une certaine difficulté à cet exercice (si je conçois une empoignade entre adversaires de même statut, par exemple une bonne empoignade Hollande/Sarko ça ferait peut-être du bien à tout le monde en étant parfaitement édifiant !, je conçois moins qu'on se laisse aller à gifler un administré mineur, même insolent), de l'autre des incivilités de plus en plus insupportables et parfois même encouragées... en sous-main, ce qui laisse présumer d'une difficulté à pouvoir y mettre un terme !
Ceci étant, une bonne fessée en place publique administrée par les parents pourraient peut-être en calmer certaines, qui sait ?!
Rédigé par : Catherine JACOB | 12 février 2012 à 10:43
Ce qui est le plus incompréhensible à mon sens, c'est que la réquisition du procureur le rend de facto complice des 'incivilités' de ces jeunes gens. Pour un magistrat, oeuvrer, sur le principe, contre l'ordre public qu'il est censé défendre, cela ressemble à une jolie bourde. Ou une posture...
Rédigé par : En passant | 09 février 2012 à 18:12
Sans critiquer l'Institution en son entier, il y a des décisions de justice difficilement compréhensibles.
J'avais déjà fait un commentaire il y a six mois sur votre blog.
Nonobstant le fait que dans le cadre d'une procédure disciplinaire il m'était reproché des faits non commis et non prouvés ou prouvés par des artifices (mais mon adversaire a fait fort pour bâtir son dossier qui est une accumulation de faits non prouvés), la jurisprudence administrative rend la sanction prononcée disproportionnée.
N'empêche que je suis révoqué de la fonction publique pour une soi-disant affaire de tracts satiriques alors que des agents ayant commis des actes graves notamment du trafic de stupéfiants n'ont jamais été révoqués, la sanction ayant été annulée par le juge administratif.
Je me retrouve en situation d'exclusion sociale pendant que des collègues ayant commis des actes délictueux ont pu reprendre leur poste après une période de suspension.
Rédigé par : xm | 09 février 2012 à 17:12
Quietas non movere ! Il ne faut pas réveiller l’eau qui dort.
De minimis non curat praetor ! La justice ne saurait se pencher sur des broutilles.
Cette affaire aurait dû être classée sans suite par le procureur. Les poursuites n’était pas opportunes. Il est bon, de plus, de laisser une certaine inégalité de traitement en faveur des personnes dépositaires de l’autorité sans tomber dans l’impunité totale. Le pouvoir doit être craint sans être haï et tant pis s’il est parfois injuste, du moins dans une certaine limite. Une bonne baffe à 16 ans, ce n’est pas si cher payé! L’immunité (partielle) des élus nationaux procède de cette idée. L’action politique ne peut pas à tout moment être réglée par l’autorité judiciaire. Cette voie de fait pouvait s’interpréter comme un geste politique visant à faire comprendre par la force physique à un individu peu recommandable qu’il avait dépassé les bornes du supportable depuis longtemps déjà.
Le procureur se tire une balle dans le pied car l’autorité qu’il sert dépend aussi de la bonne volonté des élus. Ces derniers sont d’ailleurs les représentants du Peuple au nom de qui la justice est rendue ! En la matière, il faut accepter la collaboration des pouvoirs plutôt que leur séparation. Si le parquet perd la confiance des maires, comment pourront-ils travailler en bonne intelligence dans des affaires plus graves ?
Cela n’empêchait pas le maire de recevoir toute l’assistance possible du Préfet pour réagir correctement à ce genre de situation tendue.
Rédigé par : Pierre-Emmanuel Baudoux | 09 février 2012 à 14:22
@ Laboca
Si dans votre esprit, le critère qui légitime le procureur ou le juge est l'expérience personnelle et quotidienne dont il peut se prévaloir au regard des faits et des prévenus qu'il poursuit ou qu'il juge, alors je pense qu'aucun magistrat ne trouvera grâce à vos yeux.
Il suffit simplement de constater l'écart, voire l'abîme, qui sépare ne serait-ce que par le biais des expériences du quotidien, un magistrat de l'écrasante majorité des personnes poursuivies et jugées dans notre pays.
A gros traits, d'un côté vous avez toutes les sécurités, de l'autre toutes les précarités.
Par ailleurs, un procureur, célibataire ou pas, parent ou pas, n'est pas là pour "conseiller", "psychologiser", écrire un manuel de psychopédagogie, ou répéter à l'audience par exemple le dernier article du magazine Psycho Enfants sur l'autorité, ou que sais-je encore.
Comme je l'ai écrit, le rôle prioritaire du procureur est de démontrer en quoi une infraction est constituée.
Je crois que c'est encore de cette façon que le procureur conserve le mieux toutes les chances d'être juste et impartial à l'audience.
Concernant notre procureur d'Avesnes-sur-Helpe, il pouvait au bout du compte classer sans suite, mais je ne pense pas qu’il pouvait le faire à la manière brute que préconise Philippe, "immédiatement", d’un coup d’un seul, genre circulez il n’y a rien à voir.
Il aurait pu utiliser son avis de classement pour expliquer et développer avec mille nuances pourquoi, au regard de l’intérêt général et social, tout compte fait, il renonçait à poursuivre le maire de Cousolre.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 09 février 2012 à 08:20
Il me souvient, dans mon enfance, avoir pris certainement la gifle la plus retentissante (et la plus douloureuse) de ma vie par un commerçant à qui j'avais "subtilisé" un crayon de papier traînant sur un comptoir. J'ai encaissé, je suis rentré chez moi et je me suis bien gardé d'en parler à mes parents qui auraient été capables de m'en mettre une deuxième compte tenu du motif de cette première gifle car ils avaient la faiblesse de croire qu'un vol était un vol quelle que soit la valeur de l'objet volé.
Il est à noter que je suis retourné à plusieurs reprises chez ce commerçant qui n'a jamais fait allusion à cette gifle et à son motif.
Société responsable s'il en fut...
Autres temps, autres moeurs...
Rédigé par : Roger Bénard | 08 février 2012 à 18:42
J'ai tendance à penser que si on a une justice des mineurs dont le but est d'éduquer plus que punir, la "correction" éducative doit en être le pendant, parfois. Si un enfant de dix ans chipe des bonbons dans un magasin, la gifle suivie d'un appel des parents est bien plus adaptée qu'un dépôt de plainte.
Le problème aujourd'hui, c'est que le gamin (et sa famille) aurait pris comme un déni de justice "institutionnel" de se faire condamner pour outrage, et que le maire bénéficie d'un classement.
Rédigé par : dedenn | 08 février 2012 à 11:21
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 06 février 2012 à 15:43
Véronique,
Une personne qui est célibataire et qui n'a jamais vécu avec les enfants n'a aucune compétence pour conseiller un parent élevant des enfants.
La fonction de parent est une fonction d'expérience.
Rédigé par : LABOCA | 08 février 2012 à 00:48
Si maintenant on ne peut plus refiler une mandale à un morveux mais dans quel monde vivons-nous ma p'tite dame.
Comment ce n'est pas politico-juridico-bobo-correct ?
Vous comprenez mon bon monsieur ce p'tit jeune c'est une victime de la société, il faut le comprendre. Nous à son âge on nous aurait botté l'arrière-train plutôt deux fois qu'une. On est des victimes nous aussi.
J'ai tout juste là ?
Rédigé par : Surcouf | 07 février 2012 à 18:51
La bêtise au front de taureau a encore frappé. Collusion entre le père, le fils et le manque d'esprit du procureur (qui applique la loi à la lettre).
Rédigé par : suricat | 07 février 2012 à 12:29
@ Ivana
"Comme quoi Véronique, les grands esprits juridiques se rencontrent !"
En réalité, évidemment, j'avais lu le commentaire d'Eolas avant de commenter...
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 07 février 2012 à 07:36
@ sbriglia
"Marine Le Pen peut envoyer des chocolats à ce Procureur."
Elle devrait en envoyer au Maire aussi, on sait jamais...
Rédigé par : Alex paulista | 07 février 2012 à 05:03
J'ai du mal a comprendre votre sympathie pour ce geste. Si cet homme souhaite faire regner l'ordre et la loi, son premier devoir est de s'y soumettre. En tant que citoyen, il a acces a toute une panoplie de reponses face aux actes de cet adolescent. Le fait qu'il choisisse d'agir illegalement et violemment est inacceptable et il est normal qu'il soit condamne. Etre maire ne vous autorise pas a frapper quelqu'un pour lui faire ravaler ses mots.
Rédigé par : PrometheeFeu | 07 février 2012 à 01:04
M Xavier Nebout,
Je ne connais pas bien la justice française et je n'en comprends pas du tout le fonctionnement. Il me semble cependant très différent de celui de la justice italienne - alors que le népotisme et la corruption des élus assurés d'être présentés aux élections par des dysfonctionnements de partis certes, mais aussi par la passivité des électeurs, me semble des deux côtés des Alpes assez similaires.
Je regrette particulièrement mon ignorance du fonctionnement de la justice française depuis que je suis prise à partie par tant de confrères étrangers depuis la diffusion internationale du texte du jugement du 26/01/2012 (TGI de Lille) qui interdit en première instance la diffusion d'un documentaire sur le traitement de l'autisme en France.
En revanche, j'ai une longue expérience des dégâts provoqués dans les classes moyennes et populaires françaises par l'absence de déontologie des barreaux et les dénis de justice.
Je ne ferai jamais confiance aux avocats français pour désigner des procureurs et j'avais d'ailleurs été scandalisée de lire un entretien avec un journaliste du procureur de Nanterre qui se vantait de recevoir des vœux de bonne année des grands avocats travaillant sur des affaires qu'il avait à connaître. Si les procureurs doivent un jour être élus, il faudrait qu'il le soient au suffrage universel.
Pour les excès de certains franc-maçons, je sais que le Pr Roux avait fait grand bruit en démissionnant - si ma mémoire est bonne - d'un poste de conseiller du ministre de la santé en déclarant que les sectes ne devaient pas faire la politique de la santé. Je n'ai pas entendu dire qu'il soit mort de mort violente depuis.
Je sais aussi que, quand je m'étais étonnée du comportement paternaliste et grossier "Alors, il paraît qu'il y a un mec qui vous emmerde ?" et du mépris d'un texte peu ambigu du code de la santé publique - suite à une requête avec pièces claires et accablantes contre un confrère - adressée à la ministre de la santé dont cette personne conseillait médicalement le directeur de cabinet, il m'avait été dit " le bruit court qu'elle appartient à la franc-maçonnerie et ton expérience le confirme" et "mais évidemment qu'elle peut tout se permettre, elle appartient à la franc-maçonnerie".
Médisance ou pas, je n'en sais rien.
Les ministres de tutelle ne sauraient se réfugier derrière l'excuse du pouvoir occulte des francs-maçons chez les hauts fonctionnaires pour échapper à leur responsabilités.
Je crois les vieux politiciens français capables de contribuer à dénigrer les francs-maçons pour excuser leur immobilisme.
Que M Mélenchon puisse être franc-maçon donne cependant à penser que cette "confrérie" manque de morale.
Rédigé par : Ivana Fulli | 06 février 2012 à 19:15
Pierre-Antoine 06 février 2012 à 15:32
je cite: ///Mais ce pauvre Maurice n'avait qu'à faire comme cette brave Catherine adjointe au maire de la très bonne ville d'Halluin... porter plainte pour outrage à magistrat ! ! !
(...)
Et hop, l'affaire était réglée !(...)/// P-A dixit.
Je cite le blog vers lequel nous a envoyé Pierre-Antoine - ce dont je le remercie:
http://prdchroniques.blog.lemonde.fr/2012/02/03/une-gifle-un-maire-et-beaucoup-dincomprehension/:
///(...)Le maire porte plainte pour outrages (le garçon a été condamné depuis), les parents déposent plainte à leur tour contre l'édile, pour "violences".(...)///
Alors, le comportement du procureur n'en devient pas acceptable pour autant mais inutile de diaboliser l'homme et de lui refuser l'excuse de provocation.
Véronique,
Cerise sur le gâteau, le lien fourni par le précieux P-A apporte de l'eau à votre moulin juridique par le premier commentaire publié qui est signé de Me Eolas :
///Les propos du procureur que vous rapportez me scandalisent. Pas tant à cause de son manque total de mansuétude. Le procureur est libre de la position qu’il prend à l’audience, même si sa volonté d’inflexibilité semble faire plus de dégâts que de pédagogie ; mais parce qu’il reproche au maire d’avoir refusé une CRPC à 600 euros.
La loi interdit de faire état des propos du prévenu d’une CRPC qui n’a pas abouti : art. 495-14 du CPP. Or le procureur dit devant le tribunal que c’est le maire qui a refusé, donc il fait état de ses propos. C’est une violation de la loi. Et encore plus critiquable quand on constate que le maire a eu raison de refuser la peine de 600 euros proposée par le parquet, puisqu’à l’audience, c’est 500 euros qui ont été requis, donc le parquet admet lui-même que sa proposition était excessive.
Rédigé par : Eolas | le 03 février 2012 à 16:32 | Répondre | Alerter |///
Comme quoi Véronique, les grands esprits juridiques se rencontrent !
Le deuxième commentaire est un peu en désaccord :
///C’est le maire lui-même qui avait publiquement indiqué avoir refusé la CRPC.///
Ensuite, j'ai arrêté de lire les commentaires.
Rédigé par : Ivana Fulli | 06 février 2012 à 17:12
"...ils sont là, omniprésents, les imbéciles qui le font monter, le FN. A croire qu'ils le souhaitent !"
PB, 13 Janvier 2012...
Tout y est déjà dit...
Marine Le Pen peut envoyer des chocolats à ce Procureur.
Rédigé par : sbriglia | 06 février 2012 à 16:14
Je viens de lire le papier du Monde. Le procureur est de surcroit un âne (maçonnique sans doute, Xavier Nebout va nous fournir toutes les infos cachées, mais un âne tout de même) : il propose un plaider-coupable pour 600 € et requiert 500 € en contradictoire. J'avais compris que le plaider-coupable permettait d'alléger la peine, voilà un procureur qui a compris l'inverse. Le maire aura au moins économisé 100 balles.
Rédigé par : Jean-Dominique | 06 février 2012 à 16:12
Dame Ivana,
"Vous revoilu", quel plaisir de vous suivre dans vos soliloques et autres hypothèses. En existe-t-il une échelle de compréhension ? :-D
Juvénile à 16 ans ? Hélas oui, même si on est biologiquement en capacité de se reproduire et que la majorité de ses petits copains du monde sont déjà adultes depuis au moins deux ans et capable de se servir d'un AK47 (instrument qui fait panpanpan en rafale et qui fait des morts... comme à la télé !)
L'adolescence est un luxe intellectuel que se permet l'Occident évolué...
On devrait, comme avec la majorité sexuelle, prévoir une majorité de... comment l'appeler ? Aidez-moi je ne trouve pas... vous savez, une majorité qui fixerait la limite où on a le droit de faire des bêtises de gosse mais que l'on n'appellerait plus bêtise de gosse mais libre expression d'une intelligence juvénile !
Avouez qu'il est quand même plutôt précoce votre bambino pour être chef de bande d'une paisible bourgade de la France profonde d'en bas.
http://prdchroniques.blog.lemonde.fr/2012/02/03/une-gifle-un-maire-et-beaucoup-dincomprehension/
Quant au procureur, je me demande s'il sait que la "justice" doit s'exercer avec "équité".
S'il cherchait le ridicule... bingo ! Il l'a trouvé !
Cordialement
Pierre-Antoine
Rédigé par : Pierre-Antoine | 06 février 2012 à 16:04
@ Laboca
"Elle avait estimé implicitement que sa position institutionnelle lui permettait de donner des leçons aux gens même sur un domaine auquel elle ne connaît rien."
Juste en passant, mais bon :
dans le cas d'un délit ou d'un crime commis sous l'emprise de l'alcool, estimez-vous qu'un procureur devrait obligatoirement être alcoolique ou, au minimum ex-alcoolique, pour être autorisé à prononcer ses réquisitions contre le prévenu ???
Le souci du réquisitoire du procureur d'Avesnes-sur-Helpe n'est absolument pas le fait qu'il ne possède pas l'expérience d'un maire d'une petite commune, mais le fait qu'il semble plus reprocher au maire de Cousolre d'avoir désiré un procès public, alors que son rôle est prioritairement de démontrer en quoi la gifle donnée au jeune garçon est "une violence par personne dépositaire de l'autorité publique".
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 06 février 2012 à 15:43