« Quel candidat sera le président ? | Accueil | La France politique en folie »

05 février 2012

TrackBack

URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/services/trackback/6a00d8341c86dd53ef016761a9436c970b

Voici les sites qui parlent de La gifle, le maire et le procureur :

Commentaires

Pierre-Antoine

Mais ce pauvre Maurice n'avait qu'à faire comme cette brave Catherine adjointe au maire de la très bonne ville d'Halluin... porter plainte pour outrage à magistrat ! ! !

http://www.nordeclair.fr/Actualite/Justice/2011/12/24/une-grave-affaire-a-38-euros.shtml

Et hop, l'affaire était réglée !

Bon d'accord ça ne désengorge pas les tribunaux... mais au moins ça soulage des incivilités permanentes :-D

Cordialement

Pierre-Antoine

Véronique Raffeneau

@ Ivana

"Et je pense que seuls ses pairs le jugeant pour ce manquement à ses devoirs envers la sécurité publique pourraient, peut-être, comprendre les motivations du procureur."

La parole d'un procureur à l'audience est libre.

Autant il me semble légitime et souhaitable que son réquisitoire soit discuté dans le débat public, autant je ne vois pas en quoi ses mots traduiraient un manquement à ses devoirs, et seraient susceptibles de faire l'objet de poursuites disciplinaires.

Alors bien entendu, j’ignore quelles pourraient être les conséquences de la mention dans le réquisitoire, selon le compte rendu de Pascale Robert-Diard, du refus du plaider-coupable.

Cela dit, ce refus qui date d’octobre 2011 n’avait rien de secret puisqu’il avait été amplement médiatisé: http://www.europe1.fr/Faits-divers/Le-maire-gifleur-veut-un-proces-public-750723/

Ce qui est gênant est le fait que le procureur articule son réquisitoire autour du refus du plaider-coupable, en rapide son propos est de dire que l’intention du maire était de se servir du tribunal comme d’une tribune.

Du fait de la médiatisation au moment du refus par le maire du plaider-coupable, je ne pense pas qu'on puisse parler de dérapage en ce qui concerne le procureur.

Et un procureur a parfaitement le droit de développer à l’audience sa propre analyse du dossier.


Xavier NEBOUT

PS
Sans dire de gros mots, on aurait pu espérer que tant de personnes s’intéressant à la justice nous parlent du rapport entre le juste et la confrontation droit naturel / droit positif.

Ivana Fulli

Véronique,

Je ne doute pas de la sincérité de la chroniqueuse judiciaire du journal "Le Monde" mais le seul journaliste français que j'admire sincèrement et que je lise avec confiance est un homme chroniqueur judiciaire au journal "Le Figaro".

Et je pense que seuls ses pairs le jugeant pour ce manquement à ses devoirs envers la sécurité publique pourraient, peut-être, comprendre les motivations du procureur.

Ensuite cet homme a droit à sa sphère intime. Qui sait ? Qui peut exclure que ce procureur ait un passé d'enfant battu fouetté par de mauvais maîtres chez les bons pères ou ailleurs ? Pure supposition bien sûr qui n'a pour but que de me faire comprendre de vous.

Les magistrats sont heureusement humains et le seul problème est que l'institution judiciaire soit capable de comprendre le mécanisme et de sanctionner les dérapages des magistrats - pas nécessairement sévèrement car nous ne savons pas comment ce maire s'est comporté avec les services de ce procureur.

Il n'en est pas moins vrai que les procureurs français donnent l'impression parfois de laisser les greffières ou même les femmes de ménage des TGI classer sans suite les plaintes en adressant aux malheureux plaignants des lettres avec des erreurs grossières de dates quand ils n'attendent pas que le délai de prescription soit écoulé.

LABOCA

La justice des hommes s'est à nouveau fourvoyée en osant juger ce maire adulte, qui avait pourtant raison d'avoir giflé ce voyou.
A notre époque on respectait l'autorité. Mais depuis que les socialistes ont exercé le pouvoir dans ce pays, il y a du laisser-aller puisque c'est eux qui, du fait de leur droit-de-l'hommisme appliqué aux enfants, sont indirectement à l'origine des incivilités des jeunes voyous.
Sur ce que vous dites sur les procureurs, je vous suis.
Ces gens se croient tout permis et ne se privent jamais, dans leurs réquisitions, de manquer manifestement de respect à l'égard des prévenus.
Récemment, j'ai vu, au cours d'une audience correctionnelle, une jeune procureure célibataire et sans enfant donner des conseils à un prévenu père de quatre enfants, quant à la façon dont il devait s'occuper de ses enfants. Cette procureure était vraiment arrogante et s'était montrée méprisante à l'égard du prévenu. Elle avait estimé implicitement que sa position institutionnelle lui permettait de donner des leçons aux gens même sur un domaine auquel elle ne connaît rien.
Tout homme qui a du pouvoir est tenté d'en abuser.
Les gouvernants ne sont pas les seuls dictateurs potentiels.
Certains de nos procureurs abusent de leurs position institutionnelle.
Ce maire n'avait pas à être jugé.
Ce procureur s'est comporté de façon irresponsable : donner la permission aux jeunes de harceler, d'embêter les maires.
Il doit quitter la justice, comme, je l'espère, Courroye.

Jean-Dominique @ Xavier Nebout

Xavier Nebout,
"Nous avons ici un franc-maçon avoué, Jean-Dominique Reffait, qui a le culot de nous dire qu'il y a très peu de francs-maçons dans l'administration judiciaire."
J'attends avec impatience vos lumières, le franc-maçon que je suis ignore tout de ce qui se passe dans sa gargote et vous, qui n'y êtes pas, en savez infiniment plus long, on ne vous la fait pas à vous, ah mais, z'êtes pas dupes de toute cette racaille de l'Anti-France qui infeste la société à notre insu, vous les avez à l'oeil et savez les repérer au premier coup, les francs-maçons illuminatis du complot ploutocrate et cosmopolite pour le Nouvel Ordre Mondial.

Que voulez-vous, les cordonniers sont les plus mal chaussés. Vous m'instruirez sur les réalités de la franc-maçonnerie et, en échange, je vous enseignerai les richesses théologiques de l'Evangile sur la charité chrétienne, ça vous fera le plus grand bien.

Posons les vraies questions :
- Le maire est-il franc-maçon ?
- Le procureur est-il franc-maçon ?
- Le baffé, n'en parlons pas, il n'est pas assez riche.
- Mais la claque elle-même n'est-elle pas franc-maçonne ?
Xavier, c'est un complot ! Vade retro Satanas !

Véronique Raffeneau

@ Ivana

La chronique de Pascale Robert-Diard est très intéressante dans la mesure où on voit bien que ce qui motive en réalité l’aspect disproportionné du réquisitoire, ne serait-ce que le décalage au bout du compte entre le réquisitoire et la peine requise (500 euros d'amende), a été le refus de la part du maire d'une procédure de plaider-coupable.

Il est intéressant de dérouler l'intitulé de cet outil judiciaire qui fait croire aux procureurs français qu'ils sont devenus des procureurs américains...

CRPC : comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité.

Sans compter le fait qu’un procureur ne peut en aucun cas s’appuyer et utiliser le refus du plaider-coupable pour argumenter son réquisitoire, je pense que cette procédure était particulièrement inadaptée à la situation.

On voit bien qu’en arrière-plan des mots du procureur :

"Voulez-vous autoriser tous les maires de France à donner des gifles à leurs administrés, à rendre eux-mêmes la justice, à se voir confier des pouvoirs de shérif ?"

il y a, à mon avis, un réel conflit de valeurs entre le procureur et le maire qui est tout sauf mineur et qui finit par se transformer chez le procureur en une sorte de hargne judiciaire contre ce maire, lequel, dans l’esprit du procureur, a surtout eu l'outrecuidance de refuser son offre de plaider-coupable.

Le Parquet devait-il classer sans suite immédiatement, comme l'écrit Philippe ?

Je ne le pense pas.

Car je crois qu'il était du devoir du Parquet - de l’intérêt général - de considérer l'altercation entre l'adolescent et le maire comme un symptôme ni insignifiant, ni négligeable, traduisant en premier le malaise, l’impuissance, la solitude de toute personne en charge de l’autorité pour faire face aux incivilités et aux délinquances, même petites, qui minent le tissu social, là d’une petite commune.

Ivana Fulli

Savonarole,

Je vous fais confiance pour ne pas subir de bavure policière même avec ce qu'est devenue la police française mais je sais que votre intelligence et vos talents de polémiste ne vous protégeraient pas du harcèlement moral subi par ce maire et par les voisins "petits blancs" du giflé.

juliette

Tiens, mon petit com est passé..
Voyons voir si mon long com passe...

Je donne 20/20 à votre billet.
Je donne 20/20 à ce maire courageux..
Je donne 0/20 au père
Je donne 0/20 au procureur (quelle idée de ne pas classer cette affaire sans suite... N'ont-ils rien d'autre à se mettre sous la dent dans ce petit tribunal ? Alors, qu'il soit fermé s'il n'y a que des affaires de ce genre à plaider...)

On tombe sur la tête... Autour de moi, pour cette petite, toute petite affaire, on donne 100 % raison à ce maire...
Encore heureux que ce petit "con" soit un vilain petit blanc, sinon, le maire aurait en plus une dizaine d'assos sur le dos, des ligues machin-chose, machin truc...
Que dire du père !... Pas fufute le père...
Pour répondre à Jiel, qui se demande à quoi ressemble le père, eh bien moi, je le vois bien tatoué de la tête au pied (oui, j'ai lu quelque part qu'il était tatoueur)...
Pour moi, le père est encore plus coupable que son fils, car il aurait dû lui donner une deuxième torgnole pour avoir insulté le premier magistrat de la commune...
De mon temps, comme dirait ma grand-mère, ce n'est pas une simple baffe du maire qu'il aurait eue, mais un bon coup de pied aux fesses de ma part, pour avoir insulté un adulte, qui n'a fait au départ que réprimander un "petit con"... Comme tout bon adulte qui se respecte, une gifle est partie, et alors... une gifle n'a jamais fait de mal à personne... Un maire, c'est avant tout un homme... Il a réagi comme tout bon père devrait réagir.. .Si un de mes enfants avait dit ça (bon, ça risquait pas, trop bien élevés mes enfants), je l'aurais privé de foot, de sortie, oui, même à 15, 16, 17 ans.

Je comprends pourquoi les maires ne veulent plus donner leur signature lors des élections... On les oublie un peu trop... On ne les cajole que tous les 5 ans ; entre parenthèses, pour moi, soit on donne une signature à tous les candidats dépassant 5 % de voix, soit on ne la donne à personne (attention, suis pour l'instant pour personne, ni à droite, ni à gauche, suis une citoyenne sans étiquette)... Il n'y a que les maires qui ont ma confiance, qui sont sur le terrain et connaissent les problèmes du petit peuple. La preuve, on vote souvent pour un homme, pas pour une étiquette... Je comprends le ras-le-bol des maires qui ont trop de responsabilités...Vivre toute la journée avec la menace d'une "tuile" qui vous tombe sur la tête, c'est usant, stressant, quand on dit "se faire des cheveux blancs", cette affaire en est la preuve...
Il y a certes des maires idiots (j'en ai connu un sacré), mais dans la majorité, les maires font bien leur boulot.

Je vais aller moi aussi apporter mon soutien à ce maire... Cette affaire montre bien le ras-le-bol des maires, des citoyens, qui en ont assez de ces petites incivilités qui empoisonnent la vie et qui sont pour la plupart classées sans suite.

Juger une si petite affaire plus d'un an après, à quoi ça rime, hein, je vous le demande !
Je n'ai plus confiance dans notre justice... Cette justice-là me fait peur...Tomber dans ses filets, c'est risquer, telle la proie de l'araignée, ne plus pouvoir s'en dépêtrer.

Pourquoi ne peut-on rien faire contre des petits délinquants qui narguent la police, les juges, les profs, les institutions ?
Parce que nous sommes trop laxistes, parce que les parents ont perdu leur autorité. Et ils l'ont perdue à cause de qui ? A cause de ces lois imbéciles qui disent qu'il est interdit d'interdire... Nos enseignants en savent quelque chose, qui eux aussi ont peur de laisser échapper involontairement une baffe sous le coup de l'émotion... J'aimerais bien qu'un juge, qu'un procureur, qu'un avocat vienne dire que lui aussi a eu à un moment ou à un autre un moment d'énervement... Si 100 % des juges, 100 % des avocats, des hommes de loi, 100 % des ministres, voire même le président, n'ont jamais donné une gifle dans leur vie, alors là, je m'incline et retire tout ce que je viens de dire plus haut.

Juliette

juliette

Bon, j'avais écrit un long com de soutien pour le maire, mais ça ne passe pas... Alors, je vais l'envoyer à la mairie de Cousolre qui doit succomber sous les mails, les courriers...

Xavier NEBOUT

@Ivana Fulli

C'est avec joie que je vous vois venir au club pour nous révéler avec honnêteté les dessous d'une justice que vous semblez bien connaître, et cela même sans être juriste. J'ose même penser que notre hôte en est enchanté.

Concernant l'élection du procureur, il faudrait en effet le soustraire au débat des partis politiques. Il pourrait par exemple être élu par les avocats, et le CSM par les professeurs de droit.
Ceci dit le plus grand péril réside dans l'influence des "réseaux et fraternités" qui forment de véritables mafias au sein des administrations, autres grandes entreprises nationales, et ordres professionnels. Cela a été institué sous l'Empire pour les besoins de la cohésion de l'Etat, et perdure en narguant la démocratie.
Nous avons ici un franc-maçon avoué, Jean-Dominique Reffait, qui a le culot de nous dire qu'il y a très peu de francs-maçons dans l'administration judiciaire. Cette volonté de dissimulation augure mal de la possibilité d'en sortir.
En marge des collectivités locales, surgissent des associations d'aide juridique souvent sous le pavillon à peine dissimulé de franc-maçonnerie, et qui ne sont que des officines de rabattage pour avocats - que je qualifierai de véreux par nature.

En face, le citoyen ne peut compter que sur lui-même pour dénoncer tout cela, et en sachant ce qu'il peut lui en coûter le cas échéant.
Pour naviguer entre mandarins et justice, je serais étonné que vous n'en sachiez long là-dessus. Allons nous vous voir du bon côté ?

Savonarole

La gifle est un signe de décadence.
Seul le fouet édifie l'homme.
De Jésus au Temple, cinglant les marchands, aux collèges britanniques, le fouet fut le ciment des empires.
Entendre aujourd'hui des bichons enrubannés s'émouvoir d'une claque, c'est Louis XVI bricolant des serrures, le 13 juillet.

Ivana Fulli

Charlemagne,

"La Justice en France :

Forte avec les honnêtes gens, faible avec la racaille."

Je comprends votre ressentiment contre une justice à deux vitesses faite pour les riches et ceux qui bénéficieront du soutien juridique d'une association.

François Bayrou - riche éleveur de chevaux de course (je crois) et puissant politicien - a giflé devant des caméras de télévision un jeune insolent et si ses parents avaient voulu porter plainte, un "grand avocat" les aurait menacés par voie de presse de poursuite pour dénonciation calomnieuse après acquittement de M. Bayrou, comme l'ont été les plaignantes de l'affaire de l'ex ministre sarkozien Tron vs employées municipales accusant leur maire et employeur de pratiques sexuelles fétichistes de groupe imposées sous couvert de thérapie non conventionnelle par un homme politique non médecin.

Vous avez le droit de considérer que ce jeune giflé est fichu.

J'ai celui de considérer que ce jeune - et beaucoup d'autres jeunes français petits délinquants juvéniles comme lui - est victime du procureur qui a accepté de poursuivre le maire malgré les circonstances atténuantes en humiliant ensuite publiquement le maire jusqu'à obtenir que l'édile courageux et moralement harcelé par le délinquant depuis sa mise en examen se désiste et courbe l'échine devant le procureur et le délinquant.

Véronique, vous avez raison. De plus, pour que le maire ait pu refuser une médiation il a bien fallu qu'il soit victime de poursuites.

NB: Les psychiatres n'exercent pas une activité scientifique et le contribuable français perd de l'argent et la justice beaucoup de temps en demandant trop d'expertises psychiatriques - surtout quand la psychiatrie française est la risée des spécialistes du monde occidental et que des échelles validées de psychopathies ne sont pas utilisées par exemple.

Véronique Raffeneau

Si je m'appuie sur la chronique de Pascale Robert-Diard, ce qui frappe c'est effectivement l'arrogance vengeresse insupportable du procureur.

Le fin du fin : la question posée au maire par le procureur au sujet "d'un conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance." !!!

Ce genre d'usines à gaz, mais il y en a 10 000, 100 000 qui ont été instaurés depuis des années et des années pour un résultat au-dessous du zéro.

Non ?

En réalité, le Parquet est vexé à mort du refus du maire d'une procédure de plaider-coupable.

"Vous vouliez le tribunal, parce que vous vouliez une tribune !"

C'est proprement inimaginable qu'un procureur reproche à un justiciable d'utiliser son droit à un authentique procès contradictoire, que seul le principe de l'audience publique est en mesure de garantir.

Ivana Fulli

Frank Thomas,

J'ai travaillé il y a longtemps dans un service de psychiatrie qui recevait beaucoup de patients adhérents à la MGEN et se sentir ainsi lâché brutalement et humilié par sa hiérarchie laisse des traces.

D'autant plus que cela intervient dans un système paternaliste et dénué de démocratie avec des inspecteurs d'académie qui sont de médiocres dictateurs assez souvent.

Et dans un système de soins où la détresse humaine est psychiatrisée, une injustice devient souvent une erreur médicale avec prescription de médicaments psychotropes dangereux pour la santé de ceux qui n'en ont pas un besoin.

Mais les enseignants français - comme les médecins dans leurs cabinets et hôpitaux - s'imaginent qu'ils sont les maîtres absolus et peuvent tout se permettre. Ils tombent donc de haut quand ils sont broyés par le système pour éviter de faire des vagues.

Ivana Fulli

Robert,

Connaissant la qualité de vos commentaires, vous allez comprendre plusieurs des hypothèses - liste non exhaustive - susceptibles d'expliquer pourquoi le procureur n'a pas classé la gifle d'un maire insulté par un vandale abîmant les clôtures dans une petite commune.

Imaginez seulement que le giflé ait été issu d'une famille pouvant invoquer le racisme du maire et faire appel à SOS Racisme si le giflé était musulman ou noir ou à la Ligue des droits de l'homme si le giflé était juif.

Imaginez aussi que le giflé ait bénéficié d'un avocat motivé.

Je suis sans illusion sur le système français, les procureurs méprisent de facto la notion de sécurité publique dans les affaires pénales : les dénonciations de faits nuisant gravement à l'ordre public prennent la poussière pendant trois ans chez les procureurs et se retrouvent prescrites au bout de ces trois ans ou plus quand le plaignant n'a pas d'avocat.

Et des affaires portant gravement atteinte à l'ordre public prennent la poussière même au pôle financier des TGI quand les dénonciateurs ont payé la caution demandée.

Et quand le plaignant a un mauvais avocat - un avocat indépendant n'est pas une garantie de diligence mais il est une escroquerie française - un secret de polichinelle, celui du "le petit client d'un grand avocat" qui se croit en de bonnes mains parce qu'il voit la signature sur les notes d'honoraires d'un grand avocat qui lui aura parlé une fois au téléphone ou l'aura reçu une fois mais le confiera à un petit jeune collaborateur sans même toujours accorder au jeune collaborateur le temps de connaître le dossier.


PS: pour des raisons conjugales et familiales essentiellement j'ai passé de nombreuses années en exerçant bénévolement de manière informelle sous l'autorité de mon grand mandarin de mari qui signait mes (rares) prescriptions médicamenteuses et plus fréquentes prescriptions de kinésithérapie.J'ai fréquenté bien des désespérés par la justice appartenant à la classe moyenne ou aux classes dites laborieuses.

jack

Il n'y a vraiment pas de quoi 'fouetter un chat' (le maire). Une affaire banale inutilement montée en épingle par la grâce d'un procureur. Les parents du jeune auraient-ils préféré que le maire porte plainte pour dégradation ? J'espère que la justice est aussi sourcilleuse envers les caïds de banlieue et leurs jeunes affidés qui imposent leurs lois.

calamity jane

Avesnes-sur-Helpe, le "plat pays" en
Gauloisie !
Une petite vengeance personnelle déguisée ?

Ivana Fulli

hermione,

Vous écrivez : "Je persiste à opter pour le maire face au procureur."

Comme vous avez raison ! Rassurez-vous vous n'êtes pas isolée dans votre conviction et le premier candidat à la présidentielle qui met à son programme une réforme de la justice avec élection au suffrage universel des procureurs va gagner des voix.

La France n'étant ni la Suisse ni les USA, l'élection des procureurs au suffrage universel en France comporterait le risque d'instauration d'une caricature de justice comme celle qu'exercent des juridictions d'exception françaises qui sont "la banalité du mal" incarnées.

La France est, comme l'Italie, un pays d'Europe du Sud où règnent népotisme et corruption du fait des élus et des partis politiques. Comment l'élection des procureurs au suffrage universel pourrait-elle nous protéger des corrompus et démagogues sans morale quand nous est offert le triste spectacle de ce que d'aucuns sont capables pour l'avancement de leur carrière ?


A propos de corruption, je ne suis pas juriste et j'ai toujours eu des difficultés à admettre une notion étonnamment "contre-intuitive" : le corrupteur pour l'appareil judiciaire et la loi est l'industriel ou l'architecte qui doit payer un pot de vin à un dictateur africain ou à un élu français alors que l'élu et le dictateur concernés exigent le pot de vin pour accorder du travail, des ventes de matières premières, des contrats d'armements. Sans excuser la complicité de celui qui verse le pot de vin exigé pour travailler et sans exclure que certains soient le corrupteur actif dans certaines affaires.

Frank THOMAS

Cet incident regrettable est une sorte de cas d'école.
Il illustre une dérive de la notion d'égalité qui, si on ne la tempère par l'appréciation intelligente des circonstances et de la personnalité des protagonistes, verse dans l'abus ou le ridicule.
Nous autres enseignants avons tous eu un jour ou l'autre à être confrontés à des situations de ce genre.
Combien de professeurs - souvent des jeunes inexpérimentés - se sont ainsi retrouvés mis en accusation par les détenteurs de l'autorité administrative, et forcés de comparaître devant l'élève (trop) vertement réprimandé, souvent en présence de ses parents !
Un désastre pour le prof, pour l'élève et pour l'institution.

Olano Andrée

J'approuve entièrement votre point de vue comme, heureusement, la plupart des gens ayant quelque bon sens. Et je pense aussi à bien des affaires où des professeurs, ainsi insultés ou harcelés, ont subi un sort comparable.

Hermione

Plus que la justice, cela interroge le sens de la dignité qu'ont nos contemporains. Je préfère la manifestation de celle de l'édile à celle des plaignants. Je persiste à opter pour le maire face au procureur. Avec la circonstance aggravante pour ce dernier qu'il devrait savoir quelles seront les conséquences de la condamnation de ce brave homme dans un autre débat si les juges suivent ses réquisitions. Mais on est jamais sûr du pire...

Robert

Il reste surprenant qu'un procureur poursuive l'auteur d'une gifle au regard des circonstances. Dans la mesure où les circonstances rapportées par le maire sont avérées, la seule solution pour le procureur était le classement sans suite.

Audiencer une telle affaire présente-t-il le moindre intérêt pour la société et la défense de ses valeurs ? Il faut croire que ce Parquet ne doit guère être encombré pour lancer des poursuites pour des faits d'une "telle importance"...

Le juridisme étroit reste la pire des solutions et ne grandit guère la justice !

Ivana Fulli

Xavier Nebout,

Pour le cas où vous m'auriez fait l'honneur de lire ce que j'ai écrit: j'ai employé le mot juge en pensant au documentaire de M Depardon qui avait suivi l'audience d'une magistrate "très à l'écoute" jusqu'au moment où se présente un jeune homme sans avocat se défendant lui-même de ce qu'il estime être une petite bavure policière: elle le tance alors en latin pour le faire taire. Et le documentaliste (cité sur le verso de la pochette du DVD) de s'étonner que les juges n'aiment pas les justiciables qui se présentent sans avocats alors que les avocats sont tellement souvent mauvais.

Xavier NEBOUT

@Jean-Dominique Reffait

A celui qui donne un cours magistral de droit alors qu’il n’en pas ouvert un livre, je file une baffe pour usurpation de qualité, et il s’en tire bien.
En effet, si confondre procureur et juge conduit seulement au ridicule, accuser un procureur de forfaiture à tort et à travers pourrait lui coûter beaucoup plus cher.

Ivana Fulli

François,

Pour être respectés dans leur ensemble, il conviendrait que les juges français ne maltraitent pas sans ménagement les citoyens qui font appel à eux quand ils n'ont pas d'avocat ou quand ils ont un mauvais conseil.

Que ce maire ait confondu la justice prononcée au nom de la République avec son idéal de Justice ne méritait pas cette humiliation publique et ces encouragements de facto à la délinquance juvénile.

NB: Les français subissent déjà le quadruple déni de justice :
1) justice trop lente (Justice delayed; Justice denied)

2) justice à deux vitesses du fait du manque de déontologie des barreaux où seuls les gens vraiment riches ont l'assurance d'être bien défendus en France par des avocats diligents et compétents.

3) justice où il faut s'attendre à devoir aller en appel dans une affaire simple car il serait normal qu'un jugement de premier instance soit "curieux".

4) de jugements illisibles souvent du commun des citoyens et assez peu argumentés même en appel (cf. la prose du procureur Vance).

Les moyens matériels comptent aussi, bien sûr.

JLMinguell

500 euros la gifle c'est pas donné !

Krugger

Un procureur a l’opportunité des poursuites, et là je ne vous apprends rien M. Bilger.

Ce n'est qu'une opinion de gueux (modestement), mais dans cette affaire comme dans tant d'autres anonymes du même acabit, je trouve que ce procureur aurait été bien inspiré de recourir à cette prérogative.

Car si le législateur dans sa grande sagesse a cru opportun de lui confier ce pouvoir, c'est que peut-être, inspiré par une puissance supérieure, il a entr'aperçu un futur qui ressemble étrangement au nôtre.

Franck Boizard

Cela confirme ce que je pense depuis longtemps : nous sommes décadents, et l'état moral et idéologique de nos magistrats est un des symptômes de cette décadence.

Je cite souvent sur votre blog la conférence de Soljenitsyne à Harvard en 1978 dénonçant le juridisme comme le paravent de la lâcheté des occidentaux. Cependant, il est plus que jamais d'actualité.

Francois

Tout est dit dans le billet donc point n’est besoin de revenir sur cette « affaire » consternante à bien des égards.

Mais cette « affaire » serait-elle une affaire d’Etat en définitive, puisque médiatisée ? Je m'interroge.

Voici ce que j’ai pu lire très récemment à la fin d’un billet de l’USM :

« L’USM souhaite plus que jamais que la France soit prochainement dotée enfin d’un vrai « pouvoir judiciaire », indépendant, respecté et doté des moyens de fonctionner.” »

Jean-Dominique Reffait

Dans l'incapacité de toujours bien situer le curseur du bien-fondé d'une gifle, la loi préfère prudemment l'interdire en toute occasion. Rien ne serait pire qu'une société où chacun pourrait ainsi apprécier la pertinence d'une baffe en travers de toutes les figures déplaisantes. Il faut donc poursuivre.

Et c'est là que le rôle éminent du parquet doit peser de tout son poids : le parquet n'est pas, ni à ma connaissance ni à l'expérience, un farouche défenseur de la loi en toute circonstance. Son rôle est politique, parfois au sens sale, mais aussi au sens propre, celui de représenter l'intérêt général de la cité. Et l'intérêt général, en la circonstance, est du côté de la mandale. Il appartenait au procureur de tracer la ligne entre l'intérêt de la société et le comportement asocial du baffé. Il lui appartenait d'envoyer un signal aux décervelés : la société et ses représentants ont des excuses que vous n'avez pas. En refusant cette dichotomie, le procureur a rejeté le maire dans le même panier que la tête-à-claque, du pain-bénit pour toutes les petites frappes. Ce faisant, ce procureur commet une forfaiture : on lui demande de défendre les intérêts de la société, il protège le voyou. Une deuxième gifle semble s'imposer à l'endroit du magistrat.

Qui n'a jamais entendu un cours de morale de la part d'un grave gendarme qui embaume l'anisette ? Les père-la-vertu sont souvent de fieffés coquins, qu'un seul de ces donneurs de leçons vienne à me tancer hautement, je vérifie à l'issue du pensum que j'ai toujours mon portefeuille.

Erchinoald

Tout à fait d'accord avec vous M. Bilger. On ne peut que soutenir ce maire.

Ivana Fulli

"(...)je compte bien faire de cette audience une tribune pour montrer les difficultés qu'on rencontre à se faire respecter dans nos fonctions.(...) » déclarait donc le maire d'une modeste commune qui a giflé un jeune et espérait que la justice comprendrait la difficulté de sa tâche et lui accorderait le bénéfice de l'excuse de provocation.

http://www.lavoixdunord.fr/Region/actualite/Secteur_Region/2011/08/25/article_a-cousolre-un-maire-gifleur-poursuivi-pa.shtml

Le procureur n'aurait-il-pas déjà fait justice lui-même et déjà puni le maire pour avoir encombré les tribunaux bien avant le prononcé du jugement sur l'affaire de la gifle après de grandes provocations?

Il ne s'agit que d'une hypothèse. Et je m'interroge aussi pour savoir ce que cet homme - qui ne semble pas un nanti et qui semblait confiant en la justice - avait pu s'offrir comme conseil.

Je suspecte aussi qu'il n'a pas fait secondé un avocat local par un bâtonnier de Paris comme les trois psychanalystes qui ont obtenu le 26/01/2012 la condamnation à Lille de la réalisatrice d'un documentaire sur les traitements de l'autisme en France. Jugement qui bénéficie d'une audience internationale et me vaut des e-mails scandalisés et incrédules de spécialistes américain, anglais, allemande -et même d'être prise à partie sur un blog où nous discutions de tout autre chose.

hameau dans les nuages

Beau billet.

Un petit mot de soutien au maire que je ne manquerai pas de faire à cette adresse :

mairie.cousolre@wanadoo.fr

Domi

C'est aussi arrivé au maire de ma petite commune (200 hab.) il y a deux ans à peine : même contexte, il a eu le tort de réagir à des insultes et a été molesté et jeté à terre par un jeune blanc-bec mal élevé... Résultat du procès : ce n'est pas le maire (OPJ) qui a été visé par les insultes et les violences mais le simple citoyen qu'il est aussi et donc tout va très bien pour l'agresseur merci !
Donnez le pouvoir à des c... et voilà ce que ça donne.

Alain

Bonjour Monsieur Bilger,
J’ai lu la page entière qui vous est consacrée ce jour dans le JDD qui reprend quelques portraits bien sentis, dressés au fil des jours sur votre blog. Mais pourquoi « dernier réquisitoire » au moment ou vous devenez (plus) libre de vous exprimer ?

Jiel

Cher Philippe,

Vous frisez la perfection. Ce billet est d'une juste évidence. En débordant juste un peu sur le rôle des médias dans cette affaire, comme je regrette qu'avec un souci constant de bien-pensance, ils n'aient pas cru bon de nous éclairer sur la personnalité de ce procureur (âge, carrière, engagements), qui compense vraisemblablement son manque de jugeote par des galons brillants en droit, et sur celle du père qui a porté plainte. Celui-ci, j'aimerais tellement savoir à quoi il ressemble!
Merci de ce beau billet.

Charlemagne

La Justice en France :

Forte avec les honnêtes gens, faible avec la racaille.

Libérus

J'ai plaisir à retrouver ici le grand Bilger.

Ivana Fulli

M Mell Jacques,

Je ne sais pas ce que les journalistes de France Inter vous ont raconté mais selon un journaliste qui cite le maire concerné :

« J'ai déjà le soutien des maires de mon canton, assure-t-il. J'attends qu'ils le concrétisent par écrit et j'aimerais qu'il en soit de même pour ceux de l'arrondissement. S'ils peuvent venir ce jour-là au tribunal, c'est encore mieux : je compte bien faire de cette audience une tribune pour montrer les difficultés qu'on rencontre à se faire respecter dans nos fonctions. » En attendant, un « carnet de soutien » a été installé à l'entrée de la mairie il y a quelques jours, à côté de deux photos montrant l'évolution de sa chevelure entre janvier 2010 et janvier 2011. « Courage ! », « J'en aurais fait autant », « Je vous soutiens à 100 % » : il contient déjà plusieurs dizaines de messages.


http://www.lavoixdunord.fr/Region/actualite/Secteur_Region/2011/08/25/article_a-cousolre-un-maire-gifleur-poursuivi-pa.shtml

Mary Preud'homme

Magistrat rigoureux et exigeant, vous n'en demeurez pas moins homme, voilà ce qui vous rend si sympathique et vous permet sans doute de comprendre, mieux que beaucoup d'autres, vos compatriotes, y compris les petites gens.
A noter que certaines paroles font parfois beaucoup plus mal que des coups, ce que tous ceux qui exercent des métiers en rapport avec l'autorité conçoivent aisément. Une évidence que les magistrats appelés à juger ne devraient certes pas occulter en faisant de l'agressé verbalement de ce fait divers, qui n'a fait que réagir proportionnellement à l'attaque, un coupable, et de son agresseur bien réel, une victime.
Avec de telles décisions, la voyoutocratie peut relever la tête et la partie va devenir d'autant plus difficile pour ceux et celles dont la tâche consiste à maintenir (tant bien que mal) l'autorité et à enseigner aux jeunes générations les règles élémentaires de la politesse et du respect.

bruno

Comment s'appelle le père ?

Alex paulista

Quoi ?
Un maire ne peut même pas gifler un jeune désoeuvré à discrétion ?
Je croyais qu'il avait les mêmes prérogatives qu'un OPJ, pourtant...

Plus sérieusement, ce maire aurait dû accepter sa culpabilité. Cette histoire de légitime défense ne veut rien dire. Les mots ont un sens et un maire doit savoir que la justice ne va pas tourner le dos à cette vérité sous prétexte qu'il est maire.
Il aurait dû accepter la culpabilité, tout en disant qu'il recommencerait s'il le fallait, pour le bien même de son jeune administré.

Il aurait pu passer au MoDem et faire de sa gifle un programme, avec ça c'était la réélection assurée.
Cet homme n'a pas de sens politique.

MELL Jacques

Bonjour Monsieur,
Je suis tellement interloqué par cette affaire, que j'ai suivie par l'intermédiaire de France Inter, que je me pose la question suivante : partant, d'une part, du constat que les tribunaux sont engorgés et, d'autre part, que je ne saurais faire affront au procureur en mettant en cause son intelligence, donc partant de ces deux constations, on ne peut comprendre une telle situation ubuesque ! Sauf si on intègre, en cette période pré-électorale, un élément de poids, à savoir l'élément politique. A qui peut profiter une telle procédure ? Je ne parle pas de jugement puisqu'il n'est pas encore rendu et de toute évidence M. le Maire ne sera pas condamné c'est évident car l'objet profond de cette affaire n'est pas sa condamnation mais bien de faire encore monter la colère dans ce pays. La réponse est dans la question. Alors oui la magistrature a le droit de se défendre contre toutes les attaques dont elle est l'objet de la part des puissants, mais elle se grandirait encore plus si au travers d'une triste affaire elle ne permettait à un de ses membres d'exprimer ses idées politiques et quelles qu'elles soient, là n'est pas le but de mon propos. Merci M. Bilger pour votre blog.

Ivana Fulli

Désolée mais je ne saurais résister au désir de signaler que le procureur a une excuse de provocation pour ne pas vouloir retenir l'excuse de provocation en faveur de l'accusé :

"C'est une histoire qui aurait pu être enterrée depuis longtemps", assure aujourd'hui l'édile qui a refusé en janvier une offre de médiation de la justice, afin « d'aller jusqu'au procès ».

http://www.lavoixdunord.fr/Region/actualite/Secteur_Region/2011/08/25/article_a-cousolre-un-maire-gifleur-poursuivi-pa.shtml

Boris

Tout à fait d'accord avec vous, Monsieur Bilger !
Il y a quand même le précédent de la gifle de Bayrou à Strasbourg en 2002. Il ne me semble pas que les parents aient alors porté plainte... Et si l'autorité parentale permet (pour le moment du moins) de donner une fessée, pourquoi les pouvoirs de police du maire n'iraient-ils pas jusqu'à la gifle ?

DMonodBroca

En commentaire d'un précédent billet j'avais mis en parallèle, pour faire ressortir l'incohérence de notre pensée et de nos actes, d'une part notre allergie à la violence quand il s'agit d'une gifle de rien du tout, et d'autre part notre appétence pour la violence quand il s'agit d'aller bombarder tel ou tel pays.
Mais peut-être y a-t-il une cohérence profonde derrière l'incohérence de façade.
Il y a en effet un point commun entre la violence (verbale, judiciaire) faite au maire de Cousolre et la violence faite aux tyrans que nous bombardons : les cibles sont dans les deux cas des représentants du pouvoir.
Face à Créon, face à tous les Créon du monde, nous nous voulons Antigone, toujours : et c'est ainsi que les révoltés toujours ont raison, de l'adolescent incontrôlable aux rebelles patentés.
Vouloir être Antigone plutôt que Créon est légitime. Mais alors il ne faut pas être chef d'Etat, ni chef des armées, ni procureur de la République...
Le défi à relever, défi éternel autant qu'universel, est de faire de la République un Créon juste, ayant foi en ses principes, capable de pardonner.
Pour l'instant nous faisons fausse route.

Achille

Bonjour Philippe Bilger,

«Le parquet d'Avesnes-sur-Helpe est-il à ce point sourcilleux, pointilliste, ou peut-être désoeuvré, pour qu'un tel dossier n'ait pas immédiatement été classé sans suite ? Quel exemple fallait-il donner à ce maire, quel retentissement à cette claque, quelle portée à cet incident pour que, d'une certaine manière, on se trompât de victime ? »

Cette affaire résume toute la problématique entre la lettre et l’esprit de la loi.
La lettre revient à s’appuyer sur les articles des textes de loi avec la rigueur d’un petit fonctionnaire, fût-il un haut magistrat, sans discerner le côté absurde d’une décision qui va finalement à l’encontre des fondements de notre République. Dogmatisme affligeant parce que destructeur.

L’esprit quant à lui, au-delà des textes, fait la distinction entre le comportement de ceux qui s’efforcent de maintenir une cohésion sociale et ceux qui bafouent ouvertement les règles élémentaires d’une vie en société.

Pas étonnant de constater que les tribunaux sont débordés si des juges prennent le temps de traiter ce genre de plaintes. Il est grand temps d’introduire un peu de bon sens dans la façon de rendre la Justice.

Alain

Je me souviens d'un temps où lorsqu'un ado faisait une bêtise, il recevait un coup de pied au derrière et, s'il venait se plaindre auprès de ses parents, il en recevait un autre... Cette complicité solidaire des adultes permettait de faire comprendre aux jeunes la nécessité de respecter les autres, chose indispensable à l'apprentissage de la vie.
En lisant les propos tenus par le procureur dans cette affaire, je suis sidéré de tant de mépris et il ne faut pas s'étonner de voir les jeunes générations ne plus rien respecter : ni les autres, ni la nature et encore moins eux-mêmes !

Xavier NEBOUT

Il ne convient pas de réduire cet incident au respect dû à la fonction de maire. C'est au nom de l'égalité du citoyen devant la loi que le procureur aura pu demander une sanction égale à ce qu'il en aurait été si c'était le voyou qui avait giflé non pas le maire, mais le notable.

Deux principes se croisent ici : l'égalité, et le châtiment corporel.

Au nom de l'égalité, il s'agit de tenir pour équivalent l'irrespect du fils envers le père et l'inverse. Or, l'étymologie soutient ici l'intuition - ce dont la raison aurait du mal à se saisir. Le respect est la considération pour l'action passée. Si bien que le fils doit le respect à son père pour avoir été engendré par lui, et pas l'inverse. L'affaire du filioque.

Le châtiment corporel est le seul qui soit efficace à l'égard de celui dont l'intelligence ne permet pas de comprendre autre chose. Toute mère sait cela, qui doit éduquer son enfant (le soumettre à la règle du duc). Pour ne pas avoir assez reçu de chiquenaudes dans sa prime enfance, on sera obligé de lui donner des fessées plus tard, et tout le monde sait bien que l'enfant qui n'a jamais connu ni chiquenaudes, ni fessées, ni baffes, a toutes chances de mal finir avant que la vie lui ait fait comprendre les nécessites des règles sociales.

Le drame essentiel de notre justice est que les magistrats ne sont tenus à aucune connaissance de la philosophie du droit alors qu'elle devrait être leur formation essentielle. Or, cette carence est inhérente aux principes de la révolution - si on on peut appeler cela des principes.
Alors, chers petits, giflez votre père parce qu'il vous a manqué de respect, et vous ne pourrez malheureusement ensuite qu'attendre votre mort pour cesser de vous en repentir, car la société est trop lâche et trop ignorante pour vous donner sur terre le châtiment qui vous aurait peut-être permis d'expier.

Vérifiez votre commentaire

Aperçu de votre commentaire

Ceci est un essai. Votre commentaire n'a pas encore été déposé.

En cours...
Votre commentaire n'a pas été déposé. Type d'erreur:
Votre commentaire a été enregistré. Les commentaires sont modérés et ils n'apparaîtront pas tant que l'auteur ne les aura pas approuvés. Poster un autre commentaire

Le code de confirmation que vous avez saisi ne correspond pas. Merci de recommencer.

Pour poster votre commentaire l'étape finale consiste à saisir exactement les lettres et chiffres que vous voyez sur l'image ci-dessous. Ceci permet de lutter contre les spams automatisés.

Difficile à lire? Voir un autre code.

En cours...

Poster un commentaire

Les commentaires sont modérés. Ils n'apparaitront pas tant que l'auteur ne les aura pas approuvés.

Vos informations

(Le nom et l'adresse email sont obligatoires. L'adresse email ne sera pas affichée avec le commentaire.)

Ma Photo

PRESSE, RADIO, TELEVISION & INTERNET

  • LCI, "Parlons-en"
    Lundi 2 février, de 11h40 à 12h, avec Audrey Crespo-Mara.
  • FigaroVox
    Chronique hebdomadaire
  • Europe 1
    Tous les dimanches de 12h45 à 13h, le parti pris de PB, avec JP Gené et Guy Roux, dans "Europe 1 Week-end", édition d'information de Patrick Roger.

INSTITUT DE LA PAROLE

  • Formation à l'Institut de la parole, 23 rue d'Anjou 75008 Paris
    Renseignements et inscriptions : philippe.bilger@florimont.com
  • L'Institut de la Parole propose des formations dans tous les domaines de l'expression et pour tous, au profane comme au professionnel de la parole publique. L'apprentissage et le perfectionnement s'attachent à l'appréhension psychologique de la personnalité et aux aptitudes techniques à développer. L’Institut de la Parole dispense des formations sur mesure et aussi, dans l’urgence, des formations liées à des interventions ponctuelles, notamment médiatiques. Magistrat honoraire, Philippe Bilger propose également des consultations judiciaires : conseils en stratégie et psychologie judiciaires.

MENTIONS LEGALES

  • Directeur de la publication : Philippe Bilger
    SixApart SA 104, avenue du Président Kennedy 75116 PARIS