Pourquoi The Artist a-t-il gagné cinq Oscars lors de la célèbre cérémonie américaine du cinéma (LCI) ?
Parce que le film est un chef d'oeuvre, un défi relevé, une idée folle à l'origine devenue un miracle humain, technique et promotionnel.
J'insiste sur ce dernier élément parce qu'il est capital. Il faut savoir vendre ce qui est remarquable.
Une équipe exceptionnelle de chaleur, de sympathie, de modestie et d'enthousiasme. Un réalisateur Michel Hazanavicius, scénariste doué et metteur en scène de talent, un producteur audacieux qui s'est investi dans cette aventure, un extraordinaire acteur Jean Dujardin, une actrice formidable Bérénice Béjo. Cette estime collective, cette fierté nationale que ce groupe a suscitées expliquent aussi pourquoi, jamais, la France n'a éprouvé un sentiment de saturation, une réaction de rejet. Leur bonheur faisait plaisir et nous étions heureux avec eux. Ils savaient même se faire aimer, quelle qualité rare !
Le producteur américain Harvey Weinstein qui a mis en oeuvre une campagne géniale pour rendre le film moins français et le faire accepter par les Américains qui à juste titre l'ont perçu à la fois comme un hommage à leur cinéma et une oeuvre universelle.
Le triomphe des Oscars.
La meilleure actrice du monde Meryl Streep couronnée.
Un seul regret. Bérénice Béjo n'a pas eu l'Oscar du second rôle. Mais il faut dire que les Cesar ne l'ont pas oubliée en la sacrant meilleure actrice de l'année.
Les Américains, et les Français parfois, ont bon goût.
Oui moi aussi j'y suis allée de mon article et contrairement à ce qu'ont prétendu certaines personnes, Weinstein n'a pas le pouvoir de faire voter pour un film, il peut créer le buzz c'est tout. J'en parle dans l'article après avoir demandé à un ami vivant à LA pour qui Weinstein a tenté en vain d'obtenir un Oscar pourtant mérité. Pas si fastoche.
Rédigé par : Bien d'accord | 13 avril 2012 à 12:35
Depuis sa sortie en France, votre chef d'oeuvre a fait combien d'entrées ?
Par contre Omar a fait environ 8 fois plus d'entrées en très peu de temps et va finir par écraser "Bienvenue chez les Ch'tis" voire même "Titanic".
Vive "Intouchables", ça c'est du vrai et bon cinéma français.
Rédigé par : pierre-alain g | 04 mars 2012 à 17:45
The Artist est un film qui pétille comme le champagne, il nous fait passer un moment agréable et cela n'arrive pas si souvent au cinéma. Le considérer comme un chef d'oeuvre me paraît nettement excessif, le réalisateur n'y prétend pas d'ailleurs (ou alors c'est un chef d'oeuvre du kitch). La profondeur des sentiments, le sens du tragique de situation, sont certes ébauchés mais cela ne va pas plus loin, pourtant ils sont les ressorts cachés des grands films comiques du noir et blanc. On est loin de l'émotion que l'on ressent en voyant un Chaplin ou un Pabst. Peut-être que ce film aurait pu se hausser au sublime si le réalisateur avait joué à fond la carte du fantastique, mais il ne fait que l'esquisser et nous expédie une fin un peu trop attendue. Il n'empêche, ne boudons pas notre plaisir. Dujardin, Béjo, ils sont tous bons, le choix des acteurs de second rôle est excellent (par exemple, le policier qui tance Dujardin devant la vitrine, on le jurerait sorti d'un film de Buster Keaton). Mais le meilleur, c'est bien sûr le chien...
Rédigé par : Nolar | 02 mars 2012 à 15:24
Si on laisse de côté le film lui-même pour s'attacher à la compétition à laquelle il a donné lieu, avec succès, on ne peut que constater que tout nous crie que ce cinéma-là, qui est sans doute presque tout le cinéma d'aujourd'hui, n'appartient plus au monde de l'art mais à celui du sport, et même du sport d'équipe. En 2012, Dujardin et Hazanavicius sont les grands champions de la compétition cinématographique organisée par Hollywood.
Rédigé par : Nolar | 02 mars 2012 à 11:47
Je plains les grincheux, qui grinchent et regrinchent au point d'en oublier de ne plus grincher pour se réjouir, non, il faut encore grincher sur les succès des autres, en ternir l'enthousiasme, jeter des glaçons dans les plus beaux décolletés. Allez donc, les grincheux, proposer un mauvais film à M. Weinstein et vous tâterez de sa semelle : voici un homme qui prend les bons films et qui les met en concurrence avec d'autres grands films. Il ne transformera pas un navet en chef d'oeuvre et son job repose sur la qualité de l'oeuvre qu'il défend.
Et j'ajoute que The Artist est un film français, très français : là où un Américain verra la nostalgie sautillante des années 30, le Français y voit en plus l'Amérique dans des références et des ironies qui signent une vision française de l'Amérique. Le personnage lui-même, George Valentin, n'est-il pas français avec ce nom qui rappelle le Valentin le désossé du French Cancan ? Pourquoi ne peut-il se mettre au cinéma parlant si ce n'est parce qu'il a un accent ?
Je reverrai ce film plusieurs fois, parce qu'il fourmille de citations, peut-être trop d'ailleurs, dans les plans, les lumières, les déplacements de caméra.
Le travail de Jean Dujardin et Bérénice Béjo est incroyable de bout en bout. J'en suis content pour Bérénice Béjo qui est charmante mais dont je n'aime pas l'absence de phrasé et de profondeur de la diction. Ici elle est dans l'expression et ça fonctionne à merveille. Elle méritait un Oscar.
Toutefois, j'ai eu avec The Artist le même sentiment qu'avec Amélie Poulain : nous sommes à deux millimètres du chef d'oeuvre mais on ne franchit pas la ligne. Il manque quelque chose, une distance, peut-être une liberté de plus. Jeunet comme Hazanavicius sont des perfectionnistes de l'image et du rythme. Dans OSS 117, cette même perfection formelle ne fait pas décoller pourtant les deux films de la gentille comédie avec d'excellentes idées un peu courtes. The Artist manque ainsi de longueur en bouche.
Il n'empêche, c'est un super film, un pari audacieux, un pastiche sautillant et formellement parfait. Et ces Oscars, ça fait bien à la France, n'en déplaise aux grincheux.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 01 mars 2012 à 00:44
Il y a des millions de français (entre autre millions) qui apprendraient les claquettes comme des acharnés pendant quatre mois pour gagner un dixième de ce qu'il gagne ! Et qui en feraient largement autant !
C'est pas Fred Astaire !
Surévaluation absolue jusqu'à la béatitude publique ! (enfin on verra ce qu'en dit le public d'ailleurs !)
Rédigé par : regina | 29 février 2012 à 22:22
@ Alex
C'est vrai, eusse-je dû citer « Sur la route de Madison » ou « Le diable en Prada » ?
Mais pour « Voyage au bout de l'Enfer » qui ne rêva de prendre la place de De Niro pour espérer l'amour de la belle Linda ?
Rédigé par : Baudricourt | 29 février 2012 à 19:44
@ Savonarole
Vous, vous êtes un moulin qui tourne à vide. Et l'on sait ce qu'on dit d'un moulin...
Et vous ne savez même pas lire : j'ai écrit "redécouvert", et non "découvert".
BHL, lui, au moins, sait lire.
Rédigé par : Varichkine | 29 février 2012 à 18:39
@Varichkine
Vous brassez du foin.
Affirmer que ce n'est qu'au XXème siècle que l'on a "découvert" ces deux peintres c'est aussi consternant que la découverte du philosophe Botul par Bernard-Henri Lévy.
Rédigé par : Savonarole | 29 février 2012 à 17:03
@ Savonarole
Je ne vois pas de quoi vous voulez parler. Votre propos se veut sans doute paradoxal, mais il est byzantin.
Lisez donc "Le Dossier Caravage" d'André Berne-Joffroy, qui recense tous les travaux menés sur Caravage jusqu'en 1959, vous constaterez que je n'avance pas n'importe quoi.
Quant à l'oeuvre de Vermeer, que vous semblez confondre avec celle de son faussaire Van Meergeren, sa redécouverte est clairement exposée par Daniel Arasse dans "L'Ambition de Vermeer".
Si votre intention était de faire rire, je vous conseille de prendre des leçons auprès de Jean Dujardin.
Il faut savoir être à la hauteur de son pseudonyme...
Rédigé par : Varichkine | 29 février 2012 à 11:04
"On n'a réellement redécouvert Le Caravage et Vermeer qu'au début du XXe siècle."
Rédigé par : Varichkine | 28 février 2012 à 19:26
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Grâce à Hermann Goering qui mettait des trans à disposition avec Michel Simon et Burt Lancaster ?...
Rédigé par : Savonarole | 29 février 2012 à 08:10
Désolé M.Bilger,
Pensez à Fellini, à Hitchcock, à Woody Allen, à Renoir, à Truffaut... et revenez sur la terre du cinéma, du vrai.
Bien cordialement.
Rédigé par : alain | 29 février 2012 à 07:59
Ne pas se fier aux apparences, car Jean Dujardin affiche des airs décontractés, une certaine nonchalance, mais c'est un travailleur acharné, avec une volonté de fer, qui sait exactement ce qu'il veut. Réussir un numéro de claquettes époustouflant après seulement quatre mois de leçons, bravo l'artiste.
J'aime particulièrement la musique et la danse dans ce film, les acteurs s'affranchissent de la pesanteur, s'envolent tels des oiseaux, bien loin au-dessus des petites critiques mesquines.
Rédigé par : Camille le retour | 29 février 2012 à 00:17
@ Baudricourt
"The Deer Hunter", bien sûr, mais ce serait plus pour Robert de Niro et Christopher Walken que pour Meryl Streep, qui apparaît assez peu.
D'ailleurs, Christopher Walken l'a reçu.
Rédigé par : Alex paulista | 28 février 2012 à 23:24
regina,
la puritaine chaîne qui transmettait les
Oscars aurait-elle entendu deux mots au
lieu d'un ?
Sinon, je me demandais "Un singe en hiver"
c'est aussi en noir et blanc ?
Rédigé par : calamity jane | 28 février 2012 à 19:47
Que cherchent à démontrer certains commentateurs de ce blog ?
Que "The Artist" est un film surévalué ? Que Jean Dujardin est un mauvais comédien ? Et après ?
Il me font penser à ces personnes qui s'interdisent de lire un "Maigret" parce qu'il existe un certain Balzac, qu'ils n'ont pas lu, mais dont on leur a dit qu'il était un très grand écrivain.
Merci, Boris, de rappeler les jugements "à la hache" et parfois stupides des "Cahiers du cinéma" de jadis.
Sur une idée merveilleuse, Truffaut a fait l'un des films les plus ennuyeux du cinéma : "La Chambre verte". Que vaut aujourd'hui ce film face au "spectacle écoeurant" des "Vieux de la vieille" ?
"Le baron de l'écluse" est un film beaucoup plus profond que "La femme d'à côté".
Il faut se donner du temps avant de porter un jugement absolument négatif sur une oeuvre. On n'a réellement redécouvert Le Caravage et Vermeer qu'au début du XXe siècle.
Rédigé par : Varichkine | 28 février 2012 à 19:26
@ drazig
À la nuance près que DSK a été recommandé pour ce poste par la France.
Rédigé par : Alex paulista | 28 février 2012 à 16:39
Quelle honte, dire que je ne suis même pas allé le voir, ce film...
Bravo à monsieur Dujardin. Ni Charles Boyer, ni Maurice Chevalier, ni Yves Montand, ni même notre contemporain Djerard Depardiou n'avaient réussi à décrocher la timbale, à savoir revenir en France avec l'Oscar du meilleur acteur. Et puis, c'est sûr que le producteur, il en avait dans le caleçon pour ficeler un tel projet.
Une histoire comme on aimerait en entendre plus souvent... oh et puis non, savourons plutôt l'exceptionnel quand il daigne paraître.
Rédigé par : scoubab00 | 28 février 2012 à 16:11
"Les Américains nous adorent", dites-vous Frédéric à 12h26. J'étais à New-York la semaine où DSK s'est "fait prendre" à l'hôtel Sofitel. Dès qu'un Américain savait que j'étais Français, j'avais droit à "Shame on France" et moi d'expliquer comme je pouvais que DSK était Français non pas la France. Etais-je convaincant?
Rédigé par : drazig | 28 février 2012 à 11:55
Cocorico ! oui mais :
Appelez le film ""l'artiste"", tournez-le dans une ville française, et vous ressortez d'Hollywood la queue entre les jambes.
Faut surtout masser nos chevilles qu'on doit avoir enflées !
Rédigé par : sylvain | 28 février 2012 à 09:54
Jean-Paul vous êtes injuste en traitant le président de nul. Je suppose que vous faites allusion à ce qu'il a dit lundi matin sur RTL comme quoi c'était grâce à Hadopi que le film avait été couronné à Hollywood. On peut le critiquer comme vous le faites sur tout ce qu'il entreprend mais il faut lui reconnaître un vrai talent de vendeur. Réussir à faire couronner un acteur comme Dujardin et un film comme The Artist relève de l'exploit. En effet cet acteur n'a de cesse de ridiculiser, de "casser" comme il dit, les travers des Dupont-Lajoie dans mon genre et dans le vôtre qui applaudissent à tout rompre et qui se roulent furieusement par terre dès que la France gagne (peu importe comment car l'essentiel est de gagner je suis d'accord avec vous). Donc bravo à l'équipe qui a réussi à vendre un artiste hors système et à faire s'esbaudir les neuneus comme vous et moi et tous ceux qui hurlent avec la meute pour un film, du simple fait qu'il a été récompensé (sans l'avoir vu et qui ne le verront jamais).
Rédigé par : Bray-Dunes | 28 février 2012 à 07:05
C'est la parade des "jamais content".
C'est juste du cinéma, c'est juste chouette. Personne n'a tué personne. Faut profiter de ces petites respirations; c'est pas si fréquent.
Rédigé par : Nordine | 28 février 2012 à 02:52
Cette belle victoire du cinéma français fait plaisir !
Rédigé par : LABOCA | 28 février 2012 à 02:09
Ben dites donc ! J'ai la faiblesse, semble-t-il, de partager avec notre hôte de n'être pas un grand critique de cinéma.
Je veux bien reconnaître à l’instar de la musique, de la peinture, que c'était mieux avant.
Mais je suis bon public et j'aime bien Jean Dujardin dont l'image médiatique m'est sympathique et laisse transparaître qu'il est un type bien, à mille lieux de nombre de m'as-tu vu du catastrophique cinéma français contemporain.
Quant à Madame Meryl Streep, même si la « Dame de Fer » ne vaut certainement pas « The Deer Hunter », je me suis aussi réjouis de sa récompense.
En ces temps pré-apocalyptiques, ce genre de petits bonheurs ne sont pas négligeables.
Rédigé par : Baudricourt | 28 février 2012 à 01:42
Cher Philippe,
Hello, le ciné brille brille brille
Hello, le soleil brille
http://www.youtube.com/watch?v=SnYan7mq65w
françoise et karell semtob
Rédigé par : semtob | 28 février 2012 à 00:39