On ne peut pas promettre impunément, au début d'un quinquennat, un Etat irréprochable sans que son absence pèse lourd à l'issue du mandat. Le triomphe de la politique, en 2007, s'est dégradé en 2012 en une méfiance forte à l'égard des politiques et de la politique. Quel gâchis de constater que l'enthousiasme démocratique d'hier, au-delà des préférences partisanes, s'est délité en une grisaille républicaine où les citoyens n'admirent plus et estiment peu.
Un sondage réalisé par Ipsos et Logica Business Consulting pour l'association Lire la société et Le Monde dresse un tableau accablant de l'état de l'opinion aujourd'hui à l'égard des hommes politiques. Si 22% admettent que la plupart de ceux-ci respectent "les grandes règles de la morale", une majorité de Français est pour le moins réservée sur ce plan et "peu confiante dans l'éthique de ses élus". Les citoyens dénoncent surtout "la défense des intérêts privés plutôt que l'intérêt général" et "les promesses non tenues".
Même si j'ai conscience du risque de la démagogie qui pourrait venir affaiblir encore davantage une noble profession dans son principe et ceux qui la servent dignement, il convient tout de même de prendre la juste mesure de ce pessimisme. J'entends bien aussi qu'il y a traditionnellement, de la part de la société française, une sorte de suspicion, de mécontentement presque inévitablement attachée au pouvoir, à son exercice et à sa périphérie fidèle.
Reste que, si on quitte le champ des pratiques de l'Etat peu recommandables et des comportements d'élus incriminés judiciairement, directement relié à cette détestation citoyenne, la nature même du débat et du langage politiques est porteuse d'une transgression quasi permanente de l'honnêteté intellectuelle et de la complexité nécessaire. Ce n'est pas que les élus, les parlementaires, les ministres, au gré des alternances, doivent se sentir privés d'exprimer leur opinion, aussi tranchée soit-elle, mais "la langue de bois" commence - troisième hostilité, d'ailleurs, mentionnée par le sondage - quand, d'une part, en faisant preuve d'une absurde et dangereuse solidarité, on feint d'avaliser ce qui ne vous agrée pas et que, d'autre part, on élimine de son propos tout ce qui serait de nature à le rendre plus riche, plus convaincant. Pour garder ce manichéisme que notre système électoral semble imposer mais que l'intelligence devrait refuser.
Je ne suis pas naïf au point de rêver de discours et d'interventions sulpiciens à force de s'efforcer aux nuances mais cette obligation de mutilation de la pensée et d'assèchement du langage dans le monde politique, me paraît s'inscrire dans un mouvement qui accepte de gaîté d'esprit de faire fi de toute éthique intellectuelle. Socle et terreau pour toutes les autres, singulières et collectives.
Un phénomène est susceptible de rendre compte de cette dépréciation générale des élus. Alors que le mouvement est rarement ascendant de la périphérie vers le pouvoir et que ce dernier a souvent la chance de demeurer intact en dépit de la corruption et de la médiocrité des branches secondaires, je crains en revanche qu'il soit descendant et éclabousse sans discriminer quand le sommet est discuté et blâmé. Les politiques, alors, sont directement et partout, à tous les niveaux, quelles que soient leur compétence et leur intégrité personnelles, les victimes de la politique qui est menée et diffuse ses effets pervers sur l'ensemble des réputations.
Au cours de la campagne présidentielle maintenant si proche, je ne doute pas qu'à nouveau, à droite, au centre et à gauche, nous allons entendre des engagements moraux, vanter l'impartialité de l'Etat. Pour un candidat, en dépit de l'importance capitale du plan économique et financier, il est inconcevable de ne pas disposer, pour faire bien, de sa part d'éthique pour la proposer à ses concitoyens. Encore plus qu'en 2007, le désillusionné d'aujourd'hui aura besoin d'air pur, de santé républicaine, de nominations incontestables, de justice réellement laissée indépendante, d'exemplarité des élites, de démocratie authentique. D'une France qui, chaque matin, ne se réveillera pas avec une pierre dans sa chaussure, un grippage dans son fonctionnement, un scandale dans telle ou telle de ses institutions, d'une France chroniquement "patraque", la tête à l'envers.
Les citoyens n'accepteront plus, je l'espère, qu'on leur jette un os moral et qu'il n'y ait plus rien ensuite. L'éthique jetée dans le débat public par opportunité puis la banalité habituelle, la dérive lente, progressive. Sinon, les politiques risqueront de demeurer longtemps au coin et alors, comme l'Histoire nous l'a enseigné, une pureté dangereuse aura peut-être ses redoutables chances.
L'affaire est beaucoup plus intéressante qu'elle n'y paraît au premier abord:
Il est en effet maintenant établi que le "crime de négationnisme" n'a rien à voir avec l'histoire, mais avec l'atteinte à l'indignation populaire.
Il se confirme ainsi que nous sommes entrés dans une nouvelle ère du crime politique. Messieurs les professeurs de droit, à vos plumes pour établir le droit de l'indignation et la criminalité du "politiquement correct".
Rédigé par : Xavier NEBOUT | 17 février 2012 à 12:22
@Mary Preud'homme
Au 3ème essai vous me redonnez espoir.
Si enfin, les Français arrêtaient de pleurnicher et de regarder constamment dans l'assiette du voisin, ils verraient que la leur est quand même largement garnie.
Merci pour votre commentaire.
Rédigé par : Surcouf | 03 février 2012 à 22:48
@ DMonodBroca
Sur la question "consommer plus/ consommer moins" pour préserver la planète, vous ne m'avez pas totalement compris. Je pense que si l'on arrive à revoir toute la production pour intégrer le recyclage dès la conception, nous pouvons diminuer l'impact que nous avons sur l'environnement jusqu'à le rendre gérable. On peut même espérer avoir un impact négatif au niveau des déchets: retraiter ou éliminer plus de déchets qu'on en produit, et de ce fait attaquer le stock accumulé jusqu'ici.
De plus, je ne suis pas convaincu de l'absolue nécessité de consommer plus de matériel pour faire marcher l'économie. Regardez le secteur automobile: les Français achètent environ deux millions de voitures par an depuis plus de quarante ans. Les disques: du vinyle au CD au fichier téléchargé, la pollution (autre que sonore) ne fait que diminuer. Les ampoules, exemple type d'obsolescence programmée, sont progressivement remplacées par des LED longue durée. Une conscience voit le jour, capable de détourner l'économie de ce qui pollue bêtement.
Il faut modifier nos types de consommation, mais je crois que cela se fera naturellement car les nouveaux besoins seront de nature immatérielle.
Sur la "guerre juste" ou "la liberté", il y a aussi un malentendu. Je parle de notre liberté et de celle de nos enfants. On ne conquiert pas la liberté des autres. Sur votre exemple de la gifle, je pense qu'il s'agit moins d'une aversion pour la violence que d'un goût pour les tribunaux. Mais je vous l'accorde, il faudrait faire plus de place à nos armées dans cette campagne, et plus généralement dans la société. Le service national mériterait d'être réintroduit sous une autre forme.
La violence c'est la vie, il faut juste la canaliser.
Enfin, le "ça", pour moi, c'est vague. Trop jeune sans doute. Je me contente d'éliminer les candidats qui créent les conditions exigées par l’article L212-2-1 du CESEDA:
http://www.amoureuxauban.net/aabwpc/?p=329
Rédigé par : Alex paulista | 03 février 2012 à 19:33
La droite doit commencer à se mordre les doigts de ne pas avoir imposé des primaires au vu des pronostics de tous bords.
Qu'ils assument donc !
Rédigé par : Jabiru | 03 février 2012 à 13:15
Faire rêver ou « réenchanter » le rêve n’est certes pas le rôle des politiques et ceux qui veulent faire croire cela sont, sinon des imposteurs, du moins des calculateurs de bas étage. Mais si la plupart des politiques en sont réduits à faire (tactiquement) de plus en plus de fausses promesses, n’est-ce pas d’abord à cause du manque de conscience politique, voire de maturité de la plupart de leurs concitoyens ? On voudrait tout et tout de suite sans effort, comme si la manne devait continuer à tomber du ciel, ainsi qu’au temps des colonies et que l’élu (sauveur) détenait les clés d’un mythique trésor que jadis on allait chercher (ou plutôt dérober) ailleurs avec force militaires, colons et missionnaires.
Or la France est devenue un pays réduit à ses frontières, qui ronronne ou sommeille sur ses acquis et vit depuis trop longtemps au-dessus de ses moyens. Un pays de cocagne (de par sa réputation dans le tiers-monde) où gâtés et cossards ne sortent plus de leur torpeur ou de leur assistanat chronique que pour gémir, se plaindre et envier ceux qui (parfois beaucoup moins bien lotis au départ) réussissent au final mieux qu’eux, à force de travail, de courage et de persévérance.
Les Français ont donc surtout besoin de se reprendre en mains, de faire leur introspection, de se redresser et d’agir là où ils sont, non comme des larves ou des larbins, mais comme des êtres conscients dotés d'un cerveau et de la chance d‘être nés sous des cieux plutôt hospitaliers que beaucoup d’hommes qui suent sang et souffrance de par leur lieu de naissance nous envient. Qu’ils cessent donc de geindre et de récriminer à tout propos et apprennent à respirer à pleins poumons, à cultiver l’humour et l’amitié, à donner de leur temps sans compter (ainsi que le font les mères et pères de famille responsables et aimants), en un mot, à vivre comme des hommes et femmes debout, libres et reconnaissants d’être nés sous cette latitude.
Et dès lors que nous sommes en démocratie, et largement entrés dans l’ère de la mondialisation, ce ne sont pas les politiques du coin qui pourront faire à leur place ce travail de conscientisation, ni sortir de force ces aigris, contestataires à vie ou démissionnaires par atavisme, suivisme, peur, ignorance ou aveuglement, de la gangue mortifère où ils se sont pour la plupart laissés endiguer tout seuls…
Des politique fussent-ils dotés de toutes les vertus imaginables, telles que courage, réalisme, discernement n’y pourront donc rien changer tant qu’ils seront à la tête d’une armée d’impuissants et/ou de versatiles et contraints en outre de rester en permanence sur la défensive du fait d’une opposition qui ne désarme pas quoi qu‘ils disent ou fassent dans l’intérêt général.
Pas de politiques au coin donc, mais pas non plus de politiciens à vie, dès lors que la politique n'est après tout qu'une science en perpétuelle gestation qui risquerait fort de perdre de son efficacité, de sa vigueur, de son essence et finir par mourir de l'uniformité des détails si elle s'avérait incapable de laisser la place aux forces vives de la nation.
Rédigé par : Mary Preud'homme (3ème essai) | 03 février 2012 à 10:16
Surcouf pragmatique,
Vous réagissez comme une personne qui n'a
pas trop besoin de limiter ses besoins mais
a le temps de contempler sa radiographie
comportementale et d'en voir les éventuelles
dérives. Cela fait plus de vingt ans que
j'entends à tous les carrefours "oui, mais
là c'est pas pareil". Alors oui, une
majorité de Français a élu une personne qui
leur ressemble et qui dévoile les arcanes
du pouvoir par son comportement inconséquent.
C'est pas plus mal ! Comment pourra-t-on
l'utiliser ? la question c'est celle-là
puisqu'aussi bien personne n'exige plus rien
conséquence du constat imposé -oui, mais là
c'est pas pareil !
Rédigé par : calamity jane | 03 février 2012 à 09:34
@ Alex paulista
Je reprends à mon tour, sans ironie ni esprit polémique.
"L'activité économique ne se résume pas à la question quantitative."
Non certes, mais on ne peut pas passer non plus sous silence cet aspect quantitatif. Bien sûr il faudrait consommer mieux. Mais une fois que nous consommerons mieux, si tant est que nous y arrivions, faudra-t-il favoriser l'augmentation de la consommation pour aider à la croissance ou la diminution de la consommation pour préserver les ressources naturelles ? La question mériterait d'être posée, or elle est évacuée. C'est d'ailleurs ce que vous faites. "Mieux" est en l'occurrence une sorte de mot magique qui se suffit à lui-même et évite la peine de s'interroger plus avant.
"L'action militaire est parfois nécessaire pour garantir la liberté."
On pourrait remplir des bibliothèques entières avec les livres écrits sur le sujet de la "guerre juste". Ceux qui tombent sous les bombes des défenseurs de la liberté ne sont peut-être pas de même avis qu'eux. A l'heure où notre horreur de la violence atteint un tel niveau qu'un maire est traîné devant les tribunaux pour avoir donné une claque à un adolescent, il ne serait pas inutile de s'interroger sur l'usage de nos armées, et des claques que, par elles, nous distribuons tous azimuts. Cette question, essentielle pourtant, n'a pas droit de cité jusqu'à présent me semble-t-il dans la campagne électorale. Dommage, non ?
"Vous projetez toute géopolitique sur les deux statuts de "victimes" ou "bourreaux"."
Non, c'est seulement notre attitude que je projette sur ces deux statuts. Car je crois que nous faisons tragiquement fausse route. Pour dire les choses autrement, nous recommençons encore et toujours "ça" au cri de "plus jamais ça !"
Rédigé par : DMonodBroca | 03 février 2012 à 09:14
L'Etat irréprochable c'était déjà le premier des mensonges. Pas un Etat ne l'est ou ne l'a été et ne le sera.
Des affaires plus ou moins lourdes ont émaillé l'ensemble du monde politique depuis toujours et quand je dis toujours cela remonte à l'Antiquité. Plus près de nous toutes les Républiques ont connu des scandales plus ou moins importants où parfois, il y a eu mort d'homme.
Et pourquoi donc ? tout simplement parce que l'homme est un homme avec ses faiblesses, ses bassesses. Ce n'est pas un jugement de valeurs, changeantes selon les époques, mais une simple constatation, parfois désabusée.
D'ailleurs notre "personnel" politique est bien à l'image du reste de la population, toujours à en vouloir plus, à vouloir des passe-droit, pas pour les autres mais pour soi-même, de manière bien égoïste. On entend souvent "oui mais là ce n'est pas pareil" dans une une justification pour obtenir un avantage, un passe-droit.
Les maires, par exemple, qui prennent de l'argent au passage des marchés sont-ils si différents de ceux qui font travailler au noir des ouvriers du bâtiment, ou qui viennent voir leur "copain flic" pour faire sauter les PV ?
Non, c'est la même démarche intellectuelle, celle d'obtenir un avantage indu.
Michel Delpech le dit lui-même dans une de ses chansons (Quand j'étais chanteur) le fait d'être une star lui permettait de ne pas avoir de PV, c'est bien là le fait d'user d'une situation particulière, d'une position connue pour obtenir un avantage conséquent.
Faut-il assainir ces pratiques ? Certainement, mais alors il nous faut d'abord balayer devant nos portes et ne pas vouloir demander à autrui ce que nous sommes incapables de faire pour nous-mêmes.
Loin de moi de dire que je suis quelqu'un de parfait, mais au moins j'ai la lucidité de le reconnaître.
Rédigé par : Surcouf pragmatique | 03 février 2012 à 08:13
Philippe,
S'il y a un point où je suis d'accord avec vous, qui constitue vraiment un raté total dans ce premier quinquennat, c'est bien sûr l'Etat irréprochable. Cela avait bien commencé avec les nominations importantes de personnalités de l'opposition et la mise en place de la QPC, et puis pour le reste nous avons eu droit á une image exécrable de A á Z.
D'accord, d'accord et mille fois d'accord.
Ce que j'ai du mal á accepter, c'est que Madame Aubry donne des leçons de moralité á qui veut bien l'écouter alors que le PS n'est pas mieux loti que les autres en ce qui concerne l'irréprochabilité. Encore dernièrement un élu du PS a été surpris encaissant du liquide pour favoriser l'accès au logement social d'un petit copain. Montage ou arnaque, je n'en sais rien. Je relate sans accuser (pas comme certains).
C'est quand même bizarre que ce genre d'affaire très grave reste en petit comité ?
Le président qui fera table rase de toutes ces puanteurs aura toute mon estime.
Allez Nicolas encore un gros effort dans la seconde manche.
Rédigé par : Jean-Paul Ledun | 03 février 2012 à 00:23
Gouverner c'est louvoyer au milieu des compromissions et des coups tordus, c'est la misère de cet exercice. L'homme le plus pur s'y laissera corrompre par nécessité, il est impensable qu'il en soit autrement. Ce qui se faisait naguère dans le secret des antichambres, explose aujourd'hui sur internet et dans la presse. On savait que le roi est nu, maintenant on lui voit les poils. Et on trouve ça vilain. Oui bien sûr, c'est moche mais il faut alors détourner le regard. Ce que nous nous refusons à faire. Pire, nous chaussons de meilleures lunettes, nous examinons à la loupe les plus petits furoncles qui deviennent, sous ces verres grossissants, des monstruosités.
Paradoxe. Alors que les politiques savent combien ils sont épiés, l'évolution récente nous a permis d'assister à une véritable mise en scène de la corruption de l'esprit public. Puisque vous voulez voir des cochonneries, on va vous en donner à voir de belles. Le quinquennat qui s'achève est une magnifique démonstration de ce phénomène : les gouvernements précédents cachaient les saletés sous le tapis, l'actuel nous les présente sur des plateaux d'argent. Voulez-vous un ministre corrompu ? Il restera ministre, il viendra saluer autant de fois que nécessaire. Voulez-vous un brin de népotisme ? Prenons le plus gros quartier d'affaires d'Europe et plaçons à sa tête le plus cancre des fils du président. Ne lésinons pas, lâchons-nous, vous devinez de l'abjection, nous vous la livrons sur grand écran et en 3D.
"en faisant preuve d'une absurde et dangereuse solidarité, on feint d'avaliser ce qui ne vous agrée pas et que, d'autre part, on élimine de son propos tout ce qui serait de nature à le rendre plus riche, plus convaincant. Pour garder ce manichéisme que notre système électoral semble imposer mais que l'intelligence devrait refuser."
C'est très juste et c'est sans doute la raison pour laquelle l'opinion n'aime rien tant que les dissidents, qu'elle porte aux nues les Dati et les Yade. L'opinion espère toujours ressentir un air de liberté dans celui qui paraît ne pas respecter toutes les règles de son propre camp. Que la droite s'oppose à la gauche, c'est bien banal et très surfait. Ce qu'on aime, c'est le déchirement interne, la démonstration de l'éclatement du Politburo. Les vrais débats sont ceux qui ont lieu dans les camps qui font mine de ne pas en avoir.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 02 février 2012 à 23:06
En voilà un qui fait de la politique :
http://www.memritv.org/clip/en/3287.htm
Vive la révolution version "frères musulmans"
Et pendant ce temps, en France, chaque leader politique soliloque pour se persuader qu'il détient la solution miracle pour sortir la France de la crise qui est plus morale que financière !
Cordialement
Pierre-Antoine
Rédigé par : Pierre-Antoine | 02 février 2012 à 22:50
@ DMonodBroca
Vous ne voulez pas comprendre ou quoi ?
D'habitude je suis assez d'accord avec vos commentaires, mais là je ne vous suis pas du tout.
Je reformule, peut-être me suis-je mal exprimé.
L'activité économique ne se résume pas à la question quantitative. Rien que la révolution écologique qui nous attend va obliger à renouveler tous les biens, les services et les méthodes. Il n'y a pas à s'en faire donc, il y aura du boulot donc de la croissance si l'on veut respecter la planète.
L'action militaire est parfois nécessaire pour garantir la liberté. La "valeur de la vie" se place dans ce cadre-là. D'ailleurs, l'armée française est réputée pour préférer risquer sa vie sur le terrain plutôt que bombarder de haut.
Durant mon court passage dans la Marine j'ai participé à une opération de sauvetage en Somalie. Croire que pour nos soldats la vie des gens ne vaut pas tripette, c'est se tromper lourdement.
Vous projetez toute géopolitique sur les deux statuts de "victimes" ou "bourreaux". Cette dictature de la compassion est une atteinte à l'intelligence humaine, une condescendance ridicule, l'idéalisation de celui qui se fait massacrer sans avoir le courage de se révolter. C'est vrai que c'est plus simple, on n'a pas à se demander qui a tort ou a raison, si la situation est stable et si les victimes d'un jour seront les bourreaux de demain. Un peu comme Brigitte Bardot avec les blanchons.
Pas mon truc quand il s'agit de personnes qui ont une histoire.
Bref, vous résumez chaque question en deux choix qui ne sont pas les bons.
Rédigé par : Alex paulista | 02 février 2012 à 21:03
Arnaud Montebourg un saint Just ! Aaah je me meurs ! de rire !
Pourquoi pas le saint Sacrement pour le dandy de la république !
Rédigé par : regina | 02 février 2012 à 20:12
"méfiance forte à l'égard des politiques et de la politique", et si, monsieur Bilger, vous utilisiez le terme "politicien" - qui semble avoir presque disparu -, l'ambiguïté ne serait-elle pas moindre ?
Ce n'est pas l'absence d'État irréprochable qui est le pire, mais la présence d'un État menteur, truqueur et non respectueux des citoyens.
Rédigé par : bob | 02 février 2012 à 19:16
Je ne suis pas sûr qu'il n'y ait que le milieu politique qui ait abonné la complexité du monde, j'ai vu récemment sur France5 Alain Finkielkraut se faire quasiment insulter par des pairs parce qu’il rappelait aux participants cette complexité qui va à l'encontre des idées monolithiques.
Rédigé par : Bea33 | 02 février 2012 à 18:28
@ Alex paulista
"Garder l'euro, abandonner l'euro: rien n'empêche de modifier l'euro."
"Consommer plus/moins: non, mieux."
Vous feriez un bon politique, vous, vous savez manier la langue de bois et parler pour ne rien dire.
"Valeur de la vie: quand on bombarde on ne tue pas les civils par choix."
Ca, ce n'est pas de la langue de bois, c'est de l'aveuglement.
"Être du côté des victimes/bourreaux: il faut arrêter de voir les gens suivant cette classification."
Oui, c'est vrai, que c'est bête ! distinguer les victimes des bourreaux ? quelle condamnable discrimination ! où avais-je la tête?
Rédigé par : DMonodBroca | 02 février 2012 à 18:26
@Gérard Lallemant
D'ailleurs entièrement d'accord avec votre réponse à M. Thomas !
Signé une mononeuronique ! (J'adooore cette expression ! c'est exactement l'effet que cela me fait quand j'entends les discours)
Extra
Il y a toujours eu des dossiers mais il y a eu quelques Ethiques politiques dans le passé. Ne serait-ce que sur le plan culturel. Pompidou, Malraux, Bérégovoy, Clemenceau, A Peyrefitte...
Rédigé par : regina | 02 février 2012 à 18:23
Gérard Lallemant vous avez gagné d'avance ! Mais parier en brouette d'euro... c'est risqué ! L'on pourrait craindre de se faire avoir !
Je ne parie plus qu'en pâté ou en volailles ! Soyons sérieux !
Encore que le café devienne une monnaie d'échange intéressante. Réservée à l'élite certes, mais l'on peut avoir de l'ambition !
Rédigé par : regina | 02 février 2012 à 17:50
La perspective brossée par Frank Thomas est réussie sur le plan esthétique, mais fausse.
La nostalgie est le plus vieux sentiment de l’homme, et cela se traduit toujours par le regret d’une éthique perdue. Cependant, l’éthique repose sur des fondements qui évoluent, et c’est dans la perspective de ces fondements que ce situe le sujet du jour.
Dès lors que les sociétés ont donné la parole à des « non initiés », à ceux qui n’ont pas connu la transe extatique, il y a eu conflit de génération entre jeunes et vieux et c’est dans la profondeur de cette évolution que se trouve le fond du débat avec cette particularité, qu’il ne se trouve plus aujourd’hui de héros.
Ceci dit M. Bilger, de la périphérie à l’élévation vers le bien, se trouve le chemin qui monte au sommet du mont Hélicon. En route, on y rencontre les muses, et la procession est lente. Jolie et très riche histoire qui nous vient des temps immémoriaux, esquissée par Hésiode, et que l’élite de la F.M. interprète parfois avec la pauvreté de son esprit étriqué (la bataille contre le diable est une affaire de tous les jours).
Rédigé par : Xavier NEBOUT | 02 février 2012 à 17:28
Saint-Just A l'aide
Beaucoup de nos concitoyens n'acceptent plus depuis plusieurs décennies l'os moral à ronger au point qu'ils en ont décidé de ne plus participer en s'abstenant à cette funeste mascarade des élections !
Le pourcentage de désaffection d'une classe politique à laquelle nos concitoyens ne croient plus va grandissant et rien ne permet à ce jour d'entrevoir une réhabilitation des valeurs de justice sociale, d'une justice indépendante, d'exemplarité des élus, de véritable démocratie participative, si ce n'est le sempiternel discours démagogue de campagne, puis confortant leurs jugements à la fin d'une mandature de tout dissimuler par commodité sous le secret défense et de passer outre la décision référendaire du peuple souverain.
Il faut des actes ! Nos concitoyens veulent des preuves de bonne conduite morale politique, des gages de transparence et d'équité d'un Etat impartial. Cette dernière mandature nous à démontré tout l'inverse !
Parmi les politiques actuels, ils existent des «Saint-Just» des «accusateurs publics» nommés ainsi par les détracteurs de l'exécutif actuel dont Arnaud Montebourg et sans aucun doute Philippe Bilger.
Quoi qu'il en dise notre hôte nous fait prendre un bon bol d'air pur gage de santé républicaine en l'ayant si parfaitement décrit que je n'ai rien à ajouter.
Rédigé par : On se bat toujours pour ce qui nous manque le plus | 02 février 2012 à 16:20
Enfin, nous y voilà. On finit par admettre, et on le commente fortement que les hommes politiques ruinent notre démocratie et que nous employons les théories des Lumières à contresens.
Pour commencer 400 parlementaires de moins, ce serait bien, Sénat et A.N. confondus. Après tout, les USA ont deux fois moins de parlementaires que nous.
La révision du financement des associations comme celle faisant partie du CFCM et dont les dirigeants sont sous contrôle judiciaire suite à l'agression de journalistes de Canal Plus, SUR LA VOIE PUBLIQUE.
http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=2wdUp3f-ISQ
mais ce n'est qu'un exemple.
Après cela, l'interdiction absolue du cumul des mandats et la fermeture des carrières politiques aux individus titulaires d'un casier judiciaire comportant un délit autre que routier, à affiner.
La virulence que j'ai eu développée est bien dépassée par certains messages publiés.
Internet est en partie responsable de cette prise de conscience, car on y trouve ce que les médias officiels, y compris les journaux papier, dépendants, ne publient jamais.
Enfin, redonner aux gens de ce pays une autre raison d'aimer leur pays que celle de devoir obéir à des lois tueuses de raisonnement et accessoirement de liberté.
Rédigé par : JMT | 02 février 2012 à 15:41
@ DMonodBroca
Pas de quoi se noyer dans un verre d'eau.
Garder l'euro, abandonner l'euro: rien n'empêche de modifier l'euro.
Consommer plus/moins: non, mieux. Le simple remplacement de tout ce qui pollue garantirait la croissance des 20 prochaines années. Il faut tout repenser: les emballages, la conception des produits en vue de leur recyclage facile...
Valeur de la vie: quand on bombarde on ne tue pas les civils par choix. Nos valeurs ne sont pas quantité négligeable, la vie des soldats que l'on envoie non plus.
Être du côté des victimes/bourreaux: il faut arrêter de voir les gens suivant cette classification. Les hommes ont leurs racines, leur complexité. On ne peut pas se satisfaire du JT qui nous montre des affamés, des estropiés mais ne leur laisse jamais raconter leur histoire. Moi je me refuse à être du côté de celui qui souffre comme on pourrait le faire avec un animal. Une personne mérite d'être écoutée, au risque d'être traitée d'imbécile. Là je saurai si je suis de son côté.
Bref, tout comme les politiques vous ne nous proposez que des choix qui n'en sont pas. C'est ça qui est désespérant !
Rédigé par : Alex paulista | 02 février 2012 à 15:30
D'accord sur le procès des politiques et sur leurs responsabilités dans l'effondrement de leur crédit. Mais, en même temps, comment ne pas voir que cette suspicion n'est qu'un élément de la suspicion généralisée qui frappe TOUTES les institutions et leurs représentants. Quelle est l'institution qui échappe aujourd'hui à ce jeu de massacre et au déchaînement des ego, dont les lamentations et les imprécations occupent 90% des bulletins d'information et des journaux télévisés... orchestrées par des médias qui oublient qu'ils sont eux-mêmes une institution et sont aussi atteints par le nihilisme sceptique dont ils se font les instruments...
Rédigé par : Guzet | 02 février 2012 à 14:46
Garder l'euro, abandonner l'euro, l'un et l'autre semblent également impossibles, c'est ce que les philosophes appellent une aporie. Consommer plus, pour assurer la croissance, consommer moins, pour préserver les ressources de la terre : plus et moins à la fois, autre aporie. Nous abolissons la peine de mort même pour les pires criminels, nous bombardons et tuons des innocents au nom de nos valeurs : la vie, simultanément valeur suprême et quantité négligeable, aporie encore. Nous avons la conviction d'être du côté des victimes, notre hyper-puissance nous fait bourreaux : aporie toujours. Et il en est d'autres. Reconnaissons que ce n'est pas facile. Alors nous mettons tout sur le dos des politiques, coupables tout trouvés, et eux en retour nous submergent de recettes miracles, engagements bidons et autres soi-disant panacées auxquelles plus personne ne peut encore vraiment croire. Il est vrai que cela a un côté désespérant. Mais... et si nous faisions l'effort, individuellement et collectivement, de savoir ce que nous voulons ?
Rédigé par : DMonodBroca | 02 février 2012 à 14:22
Il faut reconnaître un bienfait à ce quinquennat qui s'achève à tombeau ouvert, c'est qu'il nous aura donné à penser. L'a-moralisme du Président, doublé d'un discours sévère sur la morale écrit par un autre mais fort bien interprété sur la scène médiatique, aura éveillé notre soupçon, aura piqué notre fierté : allons-nous, indéfiniment être pris dans ce jeu sado-maso où le pouvoir s'autorise à peu près tout (il a toutes les qualités possibles et imaginables) sur la population qu'il culpabilise (elle a tous les défauts et donc doit tout subir)?
Rédigé par : Bray-Dunes | 02 février 2012 à 14:14