J'aime les quelques interrogations qui appellent une réponse évidente, immédiate tant il en est, nombreuses, qui nous confrontent à l'hésitation et au scrupule. Le péremptoire alors est un indicateur commode : il désigne les imbéciles.
Le Monde, dans son excellent supplément "Culture et idées", propose justement, sous la signature de Raphaëlle Bacqué, une enquête liée à cette question : un président doit-il être cultivé ?, en soulignant qu'il s'agit là "d'une posture importante, semble-t-il, pour attirer les suffrages des Français".
La réponse positive instantanée qui vient à l'esprit pourrait nous dissuader d'aller plus loin en tentant d'approfondir l'analyse de ce lien entre pouvoir et culture. Il est des définitions multiples de celle-ci, la plus célèbre étant "c'est ce qui reste quand on a tout oublié" dont je ne suis pas sûr, au-delà de son apparence provocatrice, qu'elle soit si pertinente qu'on le croit.
La culture n'est pas, à mon sens, assimilable à un carburant qui viendrait emplir le moteur humain. Elle n'est pas destinée à venir mécaniquement combler des lacunes, occuper un espace vide comme une pièce vacante qui n'attendrait que d'être meublée. Rien de plus absurde, à cet égard, même si la démarche est touchante, que le volontarisme du "je vais me cultiver" qui s'imagine que la culture n'a pas besoin d'être accueillie par des dispositions d'âme et d'esprit naturellement hospitalières. Pour planter et faire germer, le terrain doit d'abord être favorable. On peut accumuler livres et films, s'adonner systématiquement à l'exploration d'un territoire inconnu, il ne révélera ses secrets et sa magie qu'à la personne déjà prête, d'une certaine manière, à ne pas être surprise par les trésors qui lui seront offerts. J'irais jusqu'à affirmer qu'il convient déjà d'être cultivé sans le savoir.
La culture, ce n'est pas l'intelligence, cela va de soi, mais pas davantage l'érudition. Cette dernière est par rapport à la culture comme l'éloquence à l'égard de la parole : en quelque sorte, une approche technique et savante d'un phénomène d'abord humain et civilisé. L'érudition donne de la matière mais n'est pas consubstantielle à la culture qui est d'autant plus séduisante et convaincante qu'elle semble se manifester avec un appareil apparemment léger. Il y avait un très grand avocat, sur le plan de l'éloquence classique, qui surchargeait chacune de ses phrases avec une citation. A la longue, cette érudition créait du vide plutôt que du plein.
La culture, pour le pouvoir, pour un président, pour tous les métiers d'ordre, d'autorité et de possible contrainte sur autrui, permet, à la fois, la présence et l'absence. Enfermés et détachés, ceux que la culture imprègne aussi naturellement qu'une respiration jouissent de ce privilège de penser et d'agir mais dans le même mouvement de se tenir à distance et même parfois, heureusement, de s'opposer à leur première réaction.
La culture pose un beau voile de doute, d'incertitude, de complexité et de nuance sur la force brute du réel, sur la dureté trop souvent revendiquée des idées simples et des perceptions sommaires, sur le quadrillage, incessant et auquel il faut résister, du monde intellectuel et politique par l'armée des "il n'y a qu'à" et des adeptes d'une morale tenant lieu de réflexion pour tout.
La culture est de percevoir, à chaque seconde, qu'on n'est pas seul mais accompagné par la multitude des esprits, des talents et des génies qui ont pensé et vécu pour nous, pour permettre aux générations qui les ont suivis de gagner du temps en feuilletant les pages de leur vie et en s'affrontant aux affres du pouvoir. La culture est un merveilleux cadeau puisqu'elle vous oblige à vous débarrasser de vous-même et à rechercher tout ce qui, venant d'ailleurs, va nourrir votre intimité. L'étranger vous rend encore plus vous-même.
Il n'y a pas de culture authentique qui oserait s'affranchir de l'harmonie et de la tension du langage, qui prétendrait dégrader celui-ci par une familiarité vulgaire et une désinvolture incorrecte. La culture respecte ce dont on a hérité.
Un président doit être cultivé parce que le seul recours contre les dangereuses dérives du pouvoir, c'est d'être capable de le quitter par l'esprit, de le maîtriser par le savoir et de le dominer par l'humanité. Un président sans culture serait un homme ou une femme plongée dans l'immédiateté et aveuglée par le flot ininterrompu de l'existant. Vivre et gouverner imposent que dans le maquis du réel on dispose d'une lumière qui montre le bon chemin.
Au fond, il est frappant de constater, pour les grands qui honorent une profession, à quel point ils ne sont devenus exceptionnels que grâce à tout ce qui, par ailleurs, les avait comblés, enrichis et préparés.
La culture devrait être le passage obligé pour le pouvoir.
Cher M. Bilger, chacun sait que "la culture c'est ce qui reste quand on a tout oublié"...
Les socialistes qui semblent avoir déjà oublié le résultat de leurs exploits passés seraient donc, sur ce plan, au sommet, à l'un de ces sommets que seule une certaine "intelligentsia" parisienne, énarque ou normalienne, est capable d'atteindre.
Ceci dit, dans le monde d'aujourd'hui, la culture littéraire, même si elle peut être utile, est notoirement insuffisante pour aborder la complexité des problèmes planétaires auxquels nous sommes confrontés.
Une bonne dose de culture économique, une bonne connaissance des mécanismes qui régissent les grands équilibres est bien plus nécessaire.
Et c'est celle qui fait le plus souvent défaut, à gauche...
Rédigé par : Bernard de PASQUALE | 31 mars 2012 à 11:23
Bonjour Monsieur,
Certainement pas lui...!!!! il a dû être trépané au sujet de certains souvenirs du Parti communiste... mémoire sélective... ahurissante du PCF !!
Je découvre ce lien ce matin... je suis ahurie... des camps d'extermination pour enfants en ex URSS... Pour tous ceux qui lisent "L'Humanité" !!!!
Héritier ?... REGIME MELENCHON... il défend ceux-là... mais chut !!
L’île aux cannibales, une déportation abandon en Sibérie. L’histoire de la déportation de 6 000 “éléments socialement nuisibles” dans l'île de Nazino de l’Ob, fleuve de Sibérie. Un détail dans les déportations de masse pratiquées par le régime communiste, et les 4 000 victimes ne représentent que 1% de l’ensemble des déportés disparus de 1933. Le calvaire de ces déportés dans un milieu hostile, privés de tout et y compris de nourriture et des moyens d’en produire, fait partie d'un plan de Genrick Iagoda, larbin de Staline fusillé en 1938, mort douce pour un tel salopard. En plus d'éloigner les “éléments socialement nuisibles”, Staline voulait utiliser les éventuels survivants, comme main d'oeuvre. Grâce aux archives de l’URSS, il est possible de savoir ce qui se passait sur Nazino, et que Tsepkov, commandant du GPU fut destitué et remplacé par Frolov. La mort de 2/3 des déportés, obligea à mettre les survivants dans des camps de travail forcé: c'est ça le progrès communiste !
http://www.fonjallaz.net/Communisme/Represii/goulag/index.html
Merci Monsieur, pour vos articles !
Rédigé par : Dona | 28 mars 2012 à 13:53
@Mike | 26 mars 2012 à 08:57 @ sbriglia
"Vous aviez, il y a quelques années parlé d'un repas. Je suis toujours preneur."
Ah mais c'est vrai ça, tiens au fait !
A l'époque je crois que j'étais contre, mais depuis je suis devenue curieuse de voir qui est qui, finalement. Vous vous chargez de récolter les fonds ?
Rédigé par : Catherine JACOB@Mike | 28 mars 2012 à 12:40
Poil à gratter
Hier soir, un excellent retour sur France 3, Taddéï a repassé deux extraits de conférences de presse d'un homme politique cultivé : Georges Pompidou...
Il a répondu, simplement, concernant l'affaire Gabrielle Ruffier, par une strophe d'un poème d'Eluard...
Puis, à un journaleux pleurnichard de gauche des beaux quartiers qui évidemment s'apitoyait sur la racaille dans les prisons pleines "d'innocents", par du Chateaubriand :
"La liberté qui capitule
et le pouvoir qui se dégrade
n'obtient point merci
de ses ennemis".
Voilà bien qui est rappelé à point...
dans la période que nous vivons...
Rédigé par : Stalen Ilitch GUEVARA | 28 mars 2012 à 10:25
http://www.dailymotion.com/video/xpppeg_les-matins-henri-guaino_news?start=37#from=embed
C'est ce matin l'écoute de M. Guaino sur France culture.
En moralité, il introduit une sorte de violence assez curieuse...
Si on l'écoute bien, en morale, il suffirait d'être comme soi, à preuve d'être issu de pauvreté et insoumis à cette contingence, et à moins d'être soumis à qui n'est alors pas comme soi...
Tout le paradoxe de la morale est là gommé nettement.
Pas de discussion :
Le monstre n'est pas celui qui le montre !
En prime, le retournement des causalités...
N'est pas scientifique qui veut !
Liberté individuelle d'un côté, droit de se défendre de l'autre...
Moi qui croyais que c'était pareil !
(N'est pas scientifique qui veut !)
Pourtant, pas de confusions en causalités...,l’État de droit en effets impossibles est en cause!
Mr Guaino est politiquement de gauche, moralement ailleurs...
La rhétorique semble être la nouvelle causalité en politique!
Puisque l'effet là précède la cause...
En sorte de violence?
Rédigé par : zenblabla | 27 mars 2012 à 23:01
Culture ne veut pas dire obscurantisme.
Pourtant c'est une forme de culture pratiquée jusqu'à une limite vite atteinte.
Je suis surpris que personne ne nous ait asséné le fameux :
"La culture, c'est comme la confiture, moins on en a, plus on l'étale".
Rédigé par : Poil à gratter | 27 mars 2012 à 21:42
La culture « générale » est un ensemble de connaissances mises en relation. Elle est un support à la réflexion puis à l’action. Elle permet de se mouvoir dans le monde sans commettre d’impair. C’est beaucoup.
Rédigé par : Grain de poivre | 27 mars 2012 à 12:53
//« Ainsi donc la culture serait un antidote à la bêtise, la lâcheté, l'incompétence, la sauvagerie et j'en passe ; allez dire ça aux Syriens par exemple. »
catherine A ni concours de beauté ni à l'entrée de la Rue d'Ulm | 26 mars 2012 à 14:39 //
Pourtant, on trouve ceci :
De Maulavi Ashraf Ali Thanvi
"Gift for Muslim Couple"
Un livre qui explique aux musulmans comment battre leurs femmes. Au Canada, la librairie qui l’a mis en vente est en rupture de stock !
http://www.slate.fr/lien/52157/musulmans-battre-femmes-livre-canada
La culture du billet vert peut aussi servir à soutenir de mauvaises causes, encourager l’ultralibéralisme, la mondialisation… contre les peuples, comme :
La stratégie du choc. *
Naomi Klein
http://www.youtube.com/watch?v=MKeiChMRWTU
*vidéo qui devrait intéresser Madame Fulli, tout du moins le début.
Rédigé par : Marie | 26 mars 2012 à 22:15
Alex paulista | 26 mars 2012
///Les normaliens, les vrais, les bons, n'accordent justement pas une importance particulière à leur diplôme initial.///
///Lula est une "figura", un homme exceptionnel dans son genre. Mais ceux qui connaissent un peu son action savent que son plus gros défaut est probablement cet ethnocentrisme brésilien.///
Savonarole m'a mise de si bonne humeur avec sa "Poilue à gratter" que nous admettrons que vous savez ce que vous dites...
Rédigé par : Ivana Fulli | 26 mars 2012 à 19:57
@ Boris
Je suis bien d'accord avec vous. BHL, c'est un peu dur comme étendard pour nos amis de la rue d'Ulm.
Au moins, ce drapeau, on ne le leur volera pas...
C'est plus l'inconditionnalité envers un diplôme, une "marque", que je fustige.
Surtout que ceux qui connaissent l'Ecole Normale Supérieure savent que sa richesse est moins dans son enseignement que dans le fait que s'y croisent des gens de tous les parcours: universitaires, grandes écoles, chercheurs étrangers.
Les normaliens, les vrais, les bons, n'accordent justement pas une importance particulière à leur diplôme initial.
Rédigé par : Alex paulista | 26 mars 2012 à 16:36
@ Ivana Fulli
À vous lire, vous n'avez jamais écouté un discours de Lula.
Mais peut-être est-ce vous qui le voyez depuis votre petite lucarne française, en y projetant vos fantasmes.
Lula est une "figura", un homme exceptionnel dans son genre. Mais ceux qui connaissent un peu son action savent que son plus gros défaut est probablement cet ethnocentrisme brésilien.
Je me souviens d'un discours mémorable sur l'alcool utilisé comme carburant. Et de son "improvisation" soudaine où il expliqua que, si l'Europe et les USA disaient que le bilan carbone des biocarburants était faible ou négatif, c'était parce qu'ils n'avaient pas de surface agraire.
Là, toute personne qui connaît un peu la géographie de l'Europe, des USA et du Brésil s'étrangle en entendant une telle sottise. J'ai vu les conseillers du président se regarder d'un air inquiet, se demandant comment le couper gentiment dans son improvisation. Là la foule s'est levée, unanime, a applaudi la plus grosse contrevérité de la journée.
Les conseillers se sont assis, rassurés, puis ont félicité Lula pour son aparté...
Je ne vous parle même pas de son fils en échec scolaire comme lui, qui crée une micro entreprise de conseil qu'il revend subitement cinq millions, du mensalão, des casseroles de toutes sortes qu'il traîne. L'homme est malade.
Mais sachez qu'à côté de lui, la Mairie de Paris de Chirac, le clan Guérini ou même Takieddine, c'est la "République irréprochable".
Rédigé par : Alex paulista | 26 mars 2012 à 16:06
CULTURE
Ah que voilà un mot des plus dangereux et des plus difficiles à positionner dans l'engeance humaine...
C’est le mot bateau gigogne et alibi par excellence dans lequel tous les bonheurs et tous les malheurs y justifient leurs comptes et leurs actes.
Grâce au web, "outil potentiel d'accès à la culture", j'ai visité l'article du 24 mars de Raphaëlle Bacqué...
C'est le modèle-type de la défonce de portes ouvertes par la logorrhée gauche-caviar-bobo dans un écrit et un phrasé aussi fadasse et simplet que ses apparitions sur LCP et FR5 (C dans l'air)...
Au nom d'une culture en dedans de laquelle des groupes humains s'identifient et se prévalent pour affronter et dominer ceux d'une autre culture, combien de millions de morts et de souffrance ???
Tous, on a entendu un jour ou l’autre : culture chinoise, juive, arabe, chrétienne, occidentale, capitaliste, etc. etc. mais aussi celle de l’effort, du courage, de la vérité POLITIQUE, et aussi du jardin pour finir par la "personnelle", la seule qui compte.
Pour revenir au billet, donc à la "personnelle", la culture c'est ce qui nous reste quand on nous a tout volé ou tout pris...
La culture mêle mémoire, intelligence et libido reptilienne de vie...
Un être atteint d'Alzheimer n'a plus de culture active et critique parce que absence de mémoire... plus de supports physiologiques…
Il est certain qu'on entre dans la (notre) culture d'abord par l'éducation, les connaissances, et l'empilage des affects...
L'expérience, la critique positive vraie, la curiosité et le doute intime, nourrissent et renforcent notre culture perso...
Maintenant, que demande-t-on à un chirurgien, un plombier, un professeur, un Président de la République ? D'être efficace et de bien accomplir chaque geste pour le meilleur résultat de ses actes et du but à atteindre...
Son expérience, ses réflexes, sa réactivité sont bien plus impérieux que la posture d'abandon des bobo-gauche-caviar aux miasmes langoureuses qu’ils dégustent dans leur confort égoïste, partisan, aveugle de nantis.
En plus si le praticien est cultivé stricto sensu, ça ne peut pas nuire au résultat final, sinon qu’il sera habité d’une encore plus grande humanité.
Dans l'argumentation laborieuse de notre Hermine sur la culture d'un Président, transpire une mauvaise foi farouche et certaine, qui confesse une blessure pesante… et alimente ses philippiques orientées.
Nous parlera-t-il avec la même âpreté des mimiques, du vide et de toutes les cultures absentes mais nécessaires à la fonction vers laquelle lorgne Hollande, sauf celle des petites blagues et de la culture du caméléon qu’il s’applique dans le camouflage appris de Mythe-errant...
Et puis un Président qui n’aura pas à se préoccuper de sa réélection en 2017, ne mettra-t-il pas toute son expérience et sa culture politique acquise dans la fonction, au bénéfice du pays… Plus de temps perdu… en calculs tordus et en justifications spécieuses… rien que la France et la crise qui s’impatiente à notre porte…
En conclusion je dirais pour balayer d’un revers l’exposé partisan :
en politique un « cultureux » n’est pas un gage ni une certitude d’efficacité, tout au plus il peut prendre une posture… comme un culturiste, et devient une imposture.
Rédigé par : Stalen Ilitch GUEVARA | 26 mars 2012 à 13:31
Alex paulista | 25 mars 2012 à 23:52
A vous lire, vous n'avez jamais entendu parler de Luiz Inácio Lula da Silva - un syndicaliste issu des couches populaires et élu président d'un pays que vous prétendez habiter en compagnie d'une épouse brésilienne de même que vous prétendiez être ingénieur sans connaître l'existence des Ulmars scientifiques...
Homme le plus influent du monde selon "The Times en 2010" Lula a transformé son pays le Brésil sans avoir jamais travaillé à l'étranger à ma connaissance.
http://www.time.com/time/specials/packages/article/0,28804,1984685_1984864,00.html
je cite Alex P: ///J'ai côtoyé des Brésiliens venus en France sans qualification ou presque, faisant beaucoup de fautes dans leur propre langue. Ce sont ceux qui ont eu le plus de mal à apprendre la nôtre.
Mais ce sont aussi ceux qui en ont le plus profité. Si vous recroisez les mêmes personnes au Brésil, quelques années plus tard, ils ont parfois perdu quelques automatismes du français, mais leur regard sur le monde a pris une profondeur que n'aura jamais celle de moult lettrés brésiliens qui, n'ayant jamais vécu en dehors de leur pays, ne font que projeter un regard brésilien sur les événements extérieurs, que ce soit sur la pauvreté, le racisme, la politique familiale, les transports, l'énergie...///
Comme l'avait écrit le brillant Zenblabla, "Cela vole bas. Dommage"
Rédigé par : Ivana Fulli | 26 mars 2012 à 13:05
Après avoir lu l’ensemble des interventions et jugé inutile d'apporter mon grain de sel, au risque de faire déborder la mer, il me semble que la dernière intervention d'Alex paulista | 25 mars 2012 à 23:52. est une excellente synthèse.
La culture n'est pas que l’accumulation de connaissances littéraires et la capacité d'intégrer dans ses écrits moult citations (voir certaines œuvres de BHL, comme sa citation de Botul...). Elle est avant tout une assimilation de la plus grande diversité de connaissances (classiques - littéraires et linguistiques -, scientifiques et techniques, historiques et géographiques, économiques, juridiques, etc.) qui permette de comprendre le monde et de formuler des appréciations ou avis cohérents au travers d'un filtre nécessairement personnel.
En somme, le socle culturel de "l'honnête homme" du XXIème siècle...
Rédigé par : Robert | 26 mars 2012 à 12:05
M Bilger,
Le pseudo Alex paulista a osé nier l'existence des concours mathématiques, physique et chimie de l'ENS ULM. Est-ce pour soigner une blessure narcissique, celle de n'avoir pas été capable d'y entrer ou pour donner à votre servante l'apparence d'une imbécile qui ne sait pas ce qu'elle écrit ? Peu importe mais acceptez de rétablir la vérité :
L'ENS Ulm ne forme pas que des littéraires !
Le dernier prix Nobel français de physique (1975) est Ulmar comme les deux derniers lauréats français d'une médaille Field en 2010.
Je cite Alex paulista en déconseillant à quiconque d'accorder crédit à ce qu'il écrit :
///Le problème est qu'en France, on considère comme summum de la culture un spécialiste d'Ovide qui ne sait pas faire une règle de trois.
(...)Bref, je suis plus fan de Boris Vian que de BHL, au risque de décevoir les inconditionnel(les) de la rue d'Ulm...///
Rédigé par : Alex paulista | 25 mars 2012 à 23:52
Rédigé par : Ivana Fulli | 26 mars 2012 à 10:05
Cultivons-nous :
Angela Merkel, qui a d’abord soutenu le sortant sans barguigner, acceptant même de ne pas recevoir François Hollande, prépare désormais un revirement de sa position, devant la perspective grandissante de la défaite de Sarközy.
Rédigé par : Kilora | 26 mars 2012 à 09:54
Selon M Sarkozy certains français auraient l'apparence d'un musulman.
Le même avait déclaré à Dakar que l'homme africain abruti par les travaux agricoles serait incapable de se projeter dans l'histoire (le père du président des USA étant un citoyen du Kenya et un ancien élève de Harvard comme son fils Barak).
Ce caractériel roublard et inculte - qui veut faire de l'argent quand il ne sera plus président - a voulu éviter de prononcer le mot Arabe.
Et dans le même discours il prétendait éviter l'amalgame
Tout est dit.
Rédigé par : Ivana Fulli | 26 mars 2012 à 09:48
@ Alex paulista
Quelle promo?
@ Philippe Bilger
Désolé d'utiliser votre blog (qui n'est pas fait pour cela) pour un renseignement.
@ sbriglia
Vous aviez, il y a quelques années parlé d'un repas. Je suis toujours preneur.
Rédigé par : Mike | 26 mars 2012 à 08:57
J’espère qu’il y aura un sujet portant sur la culture au prochain bac philo car avec ce billet de Philippe Bilger, nos petits lycéens disposent d’une banque de données idéale.
Toutes les approches sont là dans leur diversité parfois contradictoire, il ne reste plus maintenant qu’à en tirer la « substantifique moelle ».
J’avoue que je suis assez épaté par le mal que se donnent certains intervenants pour nous sortir des copies dignes du concours général des lycées.
Allez, je mets un 19/20 à Boris. Comme ça, il lui reste une petite marge de progression.
Rédigé par : Achille | 26 mars 2012 à 06:12
Beau billet mais en refusant d'expliciter comment la culture s’acquiert vous vous réservez le droit de la reconnaître en tel ou tel personne à votre bon gré. Opinion acceptable jusque-là mais qui ne l'est plus lorsque cette qualité est jugée nécessaire à un élu.
"J'irais jusqu'à affirmer qu'il convient déjà d'être cultivé sans le savoir."
Suis-je le seul à être troublé...
Rédigé par : Fabien | 26 mars 2012 à 03:05
@ Alex paulista
BHL est à l'ENS ce que le père Ubu est à la Monarchie. Une référence qui n'aurait pas déplu au grand satrape du Collège de pataphysique !
Rédigé par : Boris | 26 mars 2012 à 00:58
La culture, n'est-ce pas l'art de nous faire prendre des vessies pour des lanternes ?
Rédigé par : Marie | 26 mars 2012 à 00:21
Il existe différentes formes de culture.
Il est agréable à tous d’avoir un président qui possède une certaine culture littéraire. Les exemples de Pompidou et de Mitterrand montrent hélas que cela ne suffit pas.
Un minimum de culture scientifique est nécessaire, mais seulement pour savoir choisir comme conseillers ceux qui la possèdent réellement (ce qui n'a rien d'évident).
Une culture historique est indispensable, mais l’exemple de Churchill ordonnant Mers el-Kébir en s’inspirant de la destruction de la flotte danoise en 1807 montre que cela peut être catastrophique.
En définitive, c’est la culture économique qui me paraît la plus nécessaire aujourd’hui.
Rédigé par : Libérus | 26 mars 2012 à 00:03
Très bon commentaire de
scoubab00 | 25 mars 2012 à 19:07
Sauf que Jacques Chirac est également quelqu'un de très cultivé.
Car la culture c'est aussi une ouverture sur le monde. Avoir voyagé, avoir vécu sous d'autres cieux, voilà qui est important.
J'ai côtoyé des Brésiliens venus en France sans qualification ou presque, faisant beaucoup de fautes dans leur propre langue. Ce sont ceux qui ont eu le plus de mal à apprendre la nôtre.
Mais ce sont aussi ceux qui en ont le plus profité. Si vous recroisez les mêmes personnes au Brésil, quelques années plus tard, ils ont parfois perdu quelques automatismes du Français, mais leur regard sur le monde a pris une profondeur que n'aura jamais celle de moult lettrés brésiliens qui, n'ayant jamais vécu en dehors de leur pays, ne font que projeter un regard brésilien sur les événements extérieurs, que ce soit sur la pauvreté, le racisme, la politique familiale, les transports, l'énergie...
Le problème est qu'en France, on considère comme summum de la culture un spécialiste d'Ovide qui ne sait pas faire une règle de trois.
Ce cloisonnement est un des problèmes que l'on trouve dans nos grands temples de la culture, sauf peut-être les écoles d'ingénieurs, de plus en plus ouvertes sur le monde et pluridisciplinaires.
Et pourtant ce n'est pas considéré comme de la culture.
Bref, je suis plus fan de Boris Vian que de BHL, au risque de décevoir les inconditionnel(les) de la rue d'Ulm...
Rédigé par : Alex paulista | 25 mars 2012 à 23:52
Catherine JACOB,
je pense que vous n'avez pas suivi tous les échanges - nombreux, divers et folkloriques, je vous le concède - de la campagne.
On ne peut pas tout savoir, il est vrai.
Rédigé par : Christian C | 25 mars 2012 à 20:33