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24 mars 2012

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Voici les sites qui parlent de Pourquoi un président doit-il être cultivé ? :

Commentaires

Bernard de PASQUALE

Cher M. Bilger, chacun sait que "la culture c'est ce qui reste quand on a tout oublié"...
Les socialistes qui semblent avoir déjà oublié le résultat de leurs exploits passés seraient donc, sur ce plan, au sommet, à l'un de ces sommets que seule une certaine "intelligentsia" parisienne, énarque ou normalienne, est capable d'atteindre.
Ceci dit, dans le monde d'aujourd'hui, la culture littéraire, même si elle peut être utile, est notoirement insuffisante pour aborder la complexité des problèmes planétaires auxquels nous sommes confrontés.
Une bonne dose de culture économique, une bonne connaissance des mécanismes qui régissent les grands équilibres est bien plus nécessaire.
Et c'est celle qui fait le plus souvent défaut, à gauche...

Dona

Bonjour Monsieur,

Certainement pas lui...!!!! il a dû être trépané au sujet de certains souvenirs du Parti communiste... mémoire sélective... ahurissante du PCF !!

Je découvre ce lien ce matin... je suis ahurie... des camps d'extermination pour enfants en ex URSS... Pour tous ceux qui lisent "L'Humanité" !!!!

Héritier ?... REGIME MELENCHON... il défend ceux-là... mais chut !!

L’île aux cannibales, une déportation abandon en Sibérie. L’histoire de la déportation de 6 000 “éléments socialement nuisibles” dans l'île de Nazino de l’Ob, fleuve de Sibérie. Un détail dans les déportations de masse pratiquées par le régime communiste, et les 4 000 victimes ne représentent que 1% de l’ensemble des déportés disparus de 1933. Le calvaire de ces déportés dans un milieu hostile, privés de tout et y compris de nourriture et des moyens d’en produire, fait partie d'un plan de Genrick Iagoda, larbin de Staline fusillé en 1938, mort douce pour un tel salopard. En plus d'éloigner les “éléments socialement nuisibles”, Staline voulait utiliser les éventuels survivants, comme main d'oeuvre. Grâce aux archives de l’URSS, il est possible de savoir ce qui se passait sur Nazino, et que Tsepkov, commandant du GPU fut destitué et remplacé par Frolov. La mort de 2/3 des déportés, obligea à mettre les survivants dans des camps de travail forcé: c'est ça le progrès communiste !
http://www.fonjallaz.net/Communisme/Represii/goulag/index.html

Merci Monsieur, pour vos articles !

Catherine JACOB@Mike

@Mike | 26 mars 2012 à 08:57 @ sbriglia
"Vous aviez, il y a quelques années parlé d'un repas. Je suis toujours preneur."

Ah mais c'est vrai ça, tiens au fait !
A l'époque je crois que j'étais contre, mais depuis je suis devenue curieuse de voir qui est qui, finalement. Vous vous chargez de récolter les fonds ?

Stalen Ilitch GUEVARA

Poil à gratter

Hier soir, un excellent retour sur France 3, Taddéï a repassé deux extraits de conférences de presse d'un homme politique cultivé : Georges Pompidou...

Il a répondu, simplement, concernant l'affaire Gabrielle Ruffier, par une strophe d'un poème d'Eluard...

Puis, à un journaleux pleurnichard de gauche des beaux quartiers qui évidemment s'apitoyait sur la racaille dans les prisons pleines "d'innocents", par du Chateaubriand :

"La liberté qui capitule
et le pouvoir qui se dégrade
n'obtient point merci
de ses ennemis".

Voilà bien qui est rappelé à point...
dans la période que nous vivons...

zenblabla

http://www.dailymotion.com/video/xpppeg_les-matins-henri-guaino_news?start=37#from=embed

C'est ce matin l'écoute de M. Guaino sur France culture.
En moralité, il introduit une sorte de violence assez curieuse...

Si on l'écoute bien, en morale, il suffirait d'être comme soi, à preuve d'être issu de pauvreté et insoumis à cette contingence, et à moins d'être soumis à qui n'est alors pas comme soi...
Tout le paradoxe de la morale est là gommé nettement.

Pas de discussion :
Le monstre n'est pas celui qui le montre !

En prime, le retournement des causalités...
N'est pas scientifique qui veut !
Liberté individuelle d'un côté, droit de se défendre de l'autre...
Moi qui croyais que c'était pareil !
(N'est pas scientifique qui veut !)

Pourtant, pas de confusions en causalités...,l’État de droit en effets impossibles est en cause!
Mr Guaino est politiquement de gauche, moralement ailleurs...

La rhétorique semble être la nouvelle causalité en politique!
Puisque l'effet là précède la cause...
En sorte de violence?

Poil à gratter

Culture ne veut pas dire obscurantisme.

Pourtant c'est une forme de culture pratiquée jusqu'à une limite vite atteinte.

Je suis surpris que personne ne nous ait asséné le fameux :

"La culture, c'est comme la confiture, moins on en a, plus on l'étale".

Grain de poivre

La culture « générale » est un ensemble de connaissances mises en relation. Elle est un support à la réflexion puis à l’action. Elle permet de se mouvoir dans le monde sans commettre d’impair. C’est beaucoup.

Marie

//« Ainsi donc la culture serait un antidote à la bêtise, la lâcheté, l'incompétence, la sauvagerie et j'en passe ; allez dire ça aux Syriens par exemple. »

catherine A ni concours de beauté ni à l'entrée de la Rue d'Ulm | 26 mars 2012 à 14:39 //


Pourtant, on trouve ceci :

De Maulavi Ashraf Ali Thanvi
"Gift for Muslim Couple"

Un livre qui explique aux musulmans comment battre leurs femmes. Au Canada, la librairie qui l’a mis en vente est en rupture de stock !

http://www.slate.fr/lien/52157/musulmans-battre-femmes-livre-canada

La culture du billet vert peut aussi servir à soutenir de mauvaises causes, encourager l’ultralibéralisme, la mondialisation… contre les peuples, comme :

La stratégie du choc. *
Naomi Klein

http://www.youtube.com/watch?v=MKeiChMRWTU

*vidéo qui devrait intéresser Madame Fulli, tout du moins le début.

Ivana Fulli

Alex paulista | 26 mars 2012

///Les normaliens, les vrais, les bons, n'accordent justement pas une importance particulière à leur diplôme initial.///

///Lula est une "figura", un homme exceptionnel dans son genre. Mais ceux qui connaissent un peu son action savent que son plus gros défaut est probablement cet ethnocentrisme brésilien.///

Savonarole m'a mise de si bonne humeur avec sa "Poilue à gratter" que nous admettrons que vous savez ce que vous dites...

Alex paulista

@ Boris

Je suis bien d'accord avec vous. BHL, c'est un peu dur comme étendard pour nos amis de la rue d'Ulm.
Au moins, ce drapeau, on ne le leur volera pas...

C'est plus l'inconditionnalité envers un diplôme, une "marque", que je fustige.

Surtout que ceux qui connaissent l'Ecole Normale Supérieure savent que sa richesse est moins dans son enseignement que dans le fait que s'y croisent des gens de tous les parcours: universitaires, grandes écoles, chercheurs étrangers.

Les normaliens, les vrais, les bons, n'accordent justement pas une importance particulière à leur diplôme initial.

Alex paulista

@ Ivana Fulli

À vous lire, vous n'avez jamais écouté un discours de Lula.

Mais peut-être est-ce vous qui le voyez depuis votre petite lucarne française, en y projetant vos fantasmes.

Lula est une "figura", un homme exceptionnel dans son genre. Mais ceux qui connaissent un peu son action savent que son plus gros défaut est probablement cet ethnocentrisme brésilien.

Je me souviens d'un discours mémorable sur l'alcool utilisé comme carburant. Et de son "improvisation" soudaine où il expliqua que, si l'Europe et les USA disaient que le bilan carbone des biocarburants était faible ou négatif, c'était parce qu'ils n'avaient pas de surface agraire.
Là, toute personne qui connaît un peu la géographie de l'Europe, des USA et du Brésil s'étrangle en entendant une telle sottise. J'ai vu les conseillers du président se regarder d'un air inquiet, se demandant comment le couper gentiment dans son improvisation. Là la foule s'est levée, unanime, a applaudi la plus grosse contrevérité de la journée.
Les conseillers se sont assis, rassurés, puis ont félicité Lula pour son aparté...

Je ne vous parle même pas de son fils en échec scolaire comme lui, qui crée une micro entreprise de conseil qu'il revend subitement cinq millions, du mensalão, des casseroles de toutes sortes qu'il traîne. L'homme est malade.

Mais sachez qu'à côté de lui, la Mairie de Paris de Chirac, le clan Guérini ou même Takieddine, c'est la "République irréprochable".

Stalen Ilitch GUEVARA

CULTURE

Ah que voilà un mot des plus dangereux et des plus difficiles à positionner dans l'engeance humaine...
C’est le mot bateau gigogne et alibi par excellence dans lequel tous les bonheurs et tous les malheurs y justifient leurs comptes et leurs actes.

Grâce au web, "outil potentiel d'accès à la culture", j'ai visité l'article du 24 mars de Raphaëlle Bacqué...

C'est le modèle-type de la défonce de portes ouvertes par la logorrhée gauche-caviar-bobo dans un écrit et un phrasé aussi fadasse et simplet que ses apparitions sur LCP et FR5 (C dans l'air)...

Au nom d'une culture en dedans de laquelle des groupes humains s'identifient et se prévalent pour affronter et dominer ceux d'une autre culture, combien de millions de morts et de souffrance ???

Tous, on a entendu un jour ou l’autre : culture chinoise, juive, arabe, chrétienne, occidentale, capitaliste, etc. etc. mais aussi celle de l’effort, du courage, de la vérité POLITIQUE, et aussi du jardin pour finir par la "personnelle", la seule qui compte.

Pour revenir au billet, donc à la "personnelle", la culture c'est ce qui nous reste quand on nous a tout volé ou tout pris...

La culture mêle mémoire, intelligence et libido reptilienne de vie...
Un être atteint d'Alzheimer n'a plus de culture active et critique parce que absence de mémoire... plus de supports physiologiques…

Il est certain qu'on entre dans la (notre) culture d'abord par l'éducation, les connaissances, et l'empilage des affects...

L'expérience, la critique positive vraie, la curiosité et le doute intime, nourrissent et renforcent notre culture perso...

Maintenant, que demande-t-on à un chirurgien, un plombier, un professeur, un Président de la République ? D'être efficace et de bien accomplir chaque geste pour le meilleur résultat de ses actes et du but à atteindre...

Son expérience, ses réflexes, sa réactivité sont bien plus impérieux que la posture d'abandon des bobo-gauche-caviar aux miasmes langoureuses qu’ils dégustent dans leur confort égoïste, partisan, aveugle de nantis.
En plus si le praticien est cultivé stricto sensu, ça ne peut pas nuire au résultat final, sinon qu’il sera habité d’une encore plus grande humanité.

Dans l'argumentation laborieuse de notre Hermine sur la culture d'un Président, transpire une mauvaise foi farouche et certaine, qui confesse une blessure pesante… et alimente ses philippiques orientées.

Nous parlera-t-il avec la même âpreté des mimiques, du vide et de toutes les cultures absentes mais nécessaires à la fonction vers laquelle lorgne Hollande, sauf celle des petites blagues et de la culture du caméléon qu’il s’applique dans le camouflage appris de Mythe-errant...

Et puis un Président qui n’aura pas à se préoccuper de sa réélection en 2017, ne mettra-t-il pas toute son expérience et sa culture politique acquise dans la fonction, au bénéfice du pays… Plus de temps perdu… en calculs tordus et en justifications spécieuses… rien que la France et la crise qui s’impatiente à notre porte…

En conclusion je dirais pour balayer d’un revers l’exposé partisan :
en politique un « cultureux » n’est pas un gage ni une certitude d’efficacité, tout au plus il peut prendre une posture… comme un culturiste, et devient une imposture.

Ivana Fulli

Alex paulista | 25 mars 2012 à 23:52

A vous lire, vous n'avez jamais entendu parler de Luiz Inácio Lula da Silva - un syndicaliste issu des couches populaires et élu président d'un pays que vous prétendez habiter en compagnie d'une épouse brésilienne de même que vous prétendiez être ingénieur sans connaître l'existence des Ulmars scientifiques...

Homme le plus influent du monde selon "The Times en 2010" Lula a transformé son pays le Brésil sans avoir jamais travaillé à l'étranger à ma connaissance.

http://www.time.com/time/specials/packages/article/0,28804,1984685_1984864,00.html

je cite Alex P: ///J'ai côtoyé des Brésiliens venus en France sans qualification ou presque, faisant beaucoup de fautes dans leur propre langue. Ce sont ceux qui ont eu le plus de mal à apprendre la nôtre.
Mais ce sont aussi ceux qui en ont le plus profité. Si vous recroisez les mêmes personnes au Brésil, quelques années plus tard, ils ont parfois perdu quelques automatismes du français, mais leur regard sur le monde a pris une profondeur que n'aura jamais celle de moult lettrés brésiliens qui, n'ayant jamais vécu en dehors de leur pays, ne font que projeter un regard brésilien sur les événements extérieurs, que ce soit sur la pauvreté, le racisme, la politique familiale, les transports, l'énergie...///

Comme l'avait écrit le brillant Zenblabla, "Cela vole bas. Dommage"

Robert

Après avoir lu l’ensemble des interventions et jugé inutile d'apporter mon grain de sel, au risque de faire déborder la mer, il me semble que la dernière intervention d'Alex paulista | 25 mars 2012 à 23:52. est une excellente synthèse.

La culture n'est pas que l’accumulation de connaissances littéraires et la capacité d'intégrer dans ses écrits moult citations (voir certaines œuvres de BHL, comme sa citation de Botul...). Elle est avant tout une assimilation de la plus grande diversité de connaissances (classiques - littéraires et linguistiques -, scientifiques et techniques, historiques et géographiques, économiques, juridiques, etc.) qui permette de comprendre le monde et de formuler des appréciations ou avis cohérents au travers d'un filtre nécessairement personnel.

En somme, le socle culturel de "l'honnête homme" du XXIème siècle...

Ivana Fulli

M Bilger,

Le pseudo Alex paulista a osé nier l'existence des concours mathématiques, physique et chimie de l'ENS ULM. Est-ce pour soigner une blessure narcissique, celle de n'avoir pas été capable d'y entrer ou pour donner à votre servante l'apparence d'une imbécile qui ne sait pas ce qu'elle écrit ? Peu importe mais acceptez de rétablir la vérité :

L'ENS Ulm ne forme pas que des littéraires !

Le dernier prix Nobel français de physique (1975) est Ulmar comme les deux derniers lauréats français d'une médaille Field en 2010.

Je cite Alex paulista en déconseillant à quiconque d'accorder crédit à ce qu'il écrit :

///Le problème est qu'en France, on considère comme summum de la culture un spécialiste d'Ovide qui ne sait pas faire une règle de trois.
(...)Bref, je suis plus fan de Boris Vian que de BHL, au risque de décevoir les inconditionnel(les) de la rue d'Ulm...///

Rédigé par : Alex paulista | 25 mars 2012 à 23:52

Kilora

Cultivons-nous :
Angela Merkel, qui a d’abord soutenu le sortant sans barguigner, acceptant même de ne pas recevoir François Hollande, prépare désormais un revirement de sa position, devant la perspective grandissante de la défaite de Sarközy.

Ivana Fulli

Selon M Sarkozy certains français auraient l'apparence d'un musulman.

Le même avait déclaré à Dakar que l'homme africain abruti par les travaux agricoles serait incapable de se projeter dans l'histoire (le père du président des USA étant un citoyen du Kenya et un ancien élève de Harvard comme son fils Barak).

Ce caractériel roublard et inculte - qui veut faire de l'argent quand il ne sera plus président - a voulu éviter de prononcer le mot Arabe.

Et dans le même discours il prétendait éviter l'amalgame
Tout est dit.

Mike

@ Alex paulista
Quelle promo?

@ Philippe Bilger
Désolé d'utiliser votre blog (qui n'est pas fait pour cela) pour un renseignement.

@ sbriglia
Vous aviez, il y a quelques années parlé d'un repas. Je suis toujours preneur.

Achille

J’espère qu’il y aura un sujet portant sur la culture au prochain bac philo car avec ce billet de Philippe Bilger, nos petits lycéens disposent d’une banque de données idéale.

Toutes les approches sont là dans leur diversité parfois contradictoire, il ne reste plus maintenant qu’à en tirer la « substantifique moelle ».

J’avoue que je suis assez épaté par le mal que se donnent certains intervenants pour nous sortir des copies dignes du concours général des lycées.

Allez, je mets un 19/20 à Boris. Comme ça, il lui reste une petite marge de progression.

Fabien

Beau billet mais en refusant d'expliciter comment la culture s’acquiert vous vous réservez le droit de la reconnaître en tel ou tel personne à votre bon gré. Opinion acceptable jusque-là mais qui ne l'est plus lorsque cette qualité est jugée nécessaire à un élu.

"J'irais jusqu'à affirmer qu'il convient déjà d'être cultivé sans le savoir."

Suis-je le seul à être troublé...

Boris

@ Alex paulista

BHL est à l'ENS ce que le père Ubu est à la Monarchie. Une référence qui n'aurait pas déplu au grand satrape du Collège de pataphysique !

Marie

La culture, n'est-ce pas l'art de nous faire prendre des vessies pour des lanternes ?

Libérus

Il existe différentes formes de culture.

Il est agréable à tous d’avoir un président qui possède une certaine culture littéraire. Les exemples de Pompidou et de Mitterrand montrent hélas que cela ne suffit pas.

Un minimum de culture scientifique est nécessaire, mais seulement pour savoir choisir comme conseillers ceux qui la possèdent réellement (ce qui n'a rien d'évident).

Une culture historique est indispensable, mais l’exemple de Churchill ordonnant Mers el-Kébir en s’inspirant de la destruction de la flotte danoise en 1807 montre que cela peut être catastrophique.

En définitive, c’est la culture économique qui me paraît la plus nécessaire aujourd’hui.

Alex paulista

Très bon commentaire de
scoubab00 | 25 mars 2012 à 19:07

Sauf que Jacques Chirac est également quelqu'un de très cultivé.
Car la culture c'est aussi une ouverture sur le monde. Avoir voyagé, avoir vécu sous d'autres cieux, voilà qui est important.
J'ai côtoyé des Brésiliens venus en France sans qualification ou presque, faisant beaucoup de fautes dans leur propre langue. Ce sont ceux qui ont eu le plus de mal à apprendre la nôtre.
Mais ce sont aussi ceux qui en ont le plus profité. Si vous recroisez les mêmes personnes au Brésil, quelques années plus tard, ils ont parfois perdu quelques automatismes du Français, mais leur regard sur le monde a pris une profondeur que n'aura jamais celle de moult lettrés brésiliens qui, n'ayant jamais vécu en dehors de leur pays, ne font que projeter un regard brésilien sur les événements extérieurs, que ce soit sur la pauvreté, le racisme, la politique familiale, les transports, l'énergie...

Le problème est qu'en France, on considère comme summum de la culture un spécialiste d'Ovide qui ne sait pas faire une règle de trois.
Ce cloisonnement est un des problèmes que l'on trouve dans nos grands temples de la culture, sauf peut-être les écoles d'ingénieurs, de plus en plus ouvertes sur le monde et pluridisciplinaires.
Et pourtant ce n'est pas considéré comme de la culture.

Bref, je suis plus fan de Boris Vian que de BHL, au risque de décevoir les inconditionnel(les) de la rue d'Ulm...

Christian C

Catherine JACOB,

je pense que vous n'avez pas suivi tous les échanges - nombreux, divers et folkloriques, je vous le concède - de la campagne.

On ne peut pas tout savoir, il est vrai.

Catherine JACOB@Christian C

@Christian C | 25 mars 2012 à 18:56
"Comme dirait Sarkozy : "c'est celui qui le dit qui l'est".

Mille pardons pour mon contresens sur le preux Sarkozy."

C'est là une réplique de Hollande à Sarkozy, pas l'inverse.

Rahmouni Slimane

@Christian C

Bonsoir Monsieur.
Merci, votre intelligente mise au point mérite d'être saluée.
Cordialement.

scoubab00

Philippe expose une vision plutôt académique de ce qu'on appelle la culture. Ce n'est pas la mienne. Loin de croire que tout se vaut, surtout pas, je crois aux croisements, aux erreurs, aux boursouflures, aux éclats, à la disharmonie, au hasard. Le lissé me rebute. J'ai repensé l'autre jour, en balayant ma chambre, à un livre qui m'avait beaucoup marqué dans les années 90 : "Le premier cercle", de Soljenitsyne. Pourquoi ? Les brins en coco à l'autre bout du manche ne m'ont pas donné la réponse. Je suis même persuadé qu'on peut se cultiver en lisant de mauvais livres ou des catalogues. Parce que c'est le substrat de celui qui fait l'effort qui prime; si vous donnez à un abruti, même bien mis et tempéré, le temps de lire la Pléiade, je crains que cela ne change rien pour lui, ou à la marge. Là je suis d'accord avec Philippe.

Le futur président, la future présidente, est pétri(e) d'action. Occuper une telle fonction demande d'abord courage, cohérence, rapidité, esprit de synthèse. Se cultiver est un exercice de lenteur et d'oubli. C'est plus le fait du conseiller, de l'éminence grise, du partenaire, que de la tête de gondole qui sera la prochaine, le prochain locataire du palais de l'Elysée. Plus Bernadette Chirac, la culture, que Jacques Chirac, en somme. Le terrain, oui, qui attend que sa carotte pousse.

Christian C

M. Nebout,

Comme dirait Sarkozy : "c'est celui qui le dit qui l'est".

Mille pardons pour mon contresens sur le preux Sarkozy.

JMT

La culture permet de relier le choses entre elles avec une base de connaissances solide ou, ou, ou... un instinct de mère lionne.
Si Alexandre eut pour maître Aristote, il n'en commit pas moins des erreurs gigantesques en matière de gestion de ses conquêtes. Il sut inventer la prosternation, et cela le dispensait de bien des formalités, mais ne lui évita pas la répartie du pirate désinvolte qui l'accusa de n'avoir de plus que lui que le pouvoir de rendre la justice.
La formation est déterminante : l'exercice est celui d'une bande de brigands.
Alors, ne demandons-nous pas plutôt que le Président ait "de la classe" ? Mitterrand, président désastreux, comme le sera Hollande, s'était forgé une certaine classe, par ses silences, son énigmatique froideur, la mesure de ses gestes. Chirac avait de la prestance, même s'il ne savait pas se déplacer et contrôlait mal ses gestes. Avec les candidats actuels, c'est un manque total de "classe", ils distillent un ennui pesant, n'ont rien pour amener un sourire admiratif, ce ne sont pas de "splendides canailles". Alors, je m'en vais voter pour Monsieur Poutou ; il n'est pas bête, s'exprime bien, ce qu'il constate n'est pas plus faux que ce que les experts des autres disent, ce qu'il projette est très c... mais c'est normal, il est sincère.

Pierre-Antoine

La culture, la vraie, ne se voit pas, ne s'entend pas, mais quand elle est absente on sait qu'elle manque !
La culture c'est plus que la rigueur du savoir, c'est plus que l'éloquence de la parole, c'est la connaissance qui permet à la sagesse de s'exprimer, à l'intelligence de se développer, de mûrir ! La culture permet de produire, comme les navets et les carottes, d'ailleurs c'est le même mot qui est utilisé !

Mais attention la culture ne permet pas le bon mot, elle permet la récolte !

Oui je sais, je ne fais pas très cultivé dans mon commentaire, il manque quelques citations pour plaire aux esthètes de la rhétorique.

Cordialement

Christian C

M. Nebout,

C’est votre droit de considérer que Nicolas Sarkozy aurait pu incarner l’idéal de la chevalerie. Nous n’avons pas les mêmes valeurs.

C’est aussi votre droit de considérer que le peuple, lors des élections au suffrage direct, élirait ainsi un « chef ». Je pense que vous faites un contresens total à l’esprit de nos institutions.

Nous devrions, si j’en ai compris et la lettre et l’esprit, vivre une démocratie représentative, et non, comme vous semblez le souhaiter, une monarchie ou toute autre forme de dictature élective.

M. Sarkozy nous vend depuis des mois un produit nouveau, le «président protecteur » ; je me fais une vague idée de ce type de protection, qui évoque plus l’onorata societa sicilienne que l’organisation de pouvoirs exécutif et législatif au service du peuple.

Je ne sollicite de quiconque la moindre protection d’aucune sorte, si ce n’est celle de la loi.

Et tant qu’à être représenté, je préfèrerais que ce fût par un homme cultivé, courtois et rassembleur. Je l’appelle de mes vœux.

Ivana Fulli

Bob,

Laurent Wauquiez (Ulm lettres et historien) inculte?

Evidemment, l'exception confirme hélas la règle et vous n'avez pas tort.

Ivana Fulli

M. Nebout,

Un homme qui a vécu si longtemps et eu quatre enfants avec Ségolène Royal possède nécessairement de grandes qualités et notamment celle de ne pas mépriser la moitié de son électorat. Nicolas Sarkozy, lui, en est à son deuxième mariage avec un ancien mannequin. Deux fortes femmes très intelligentes, très ambitieuses et aimant le pouvoir et les projecteurs de l'actualité qui ont accepté ou acceptent beaucoup de choses et notamment de jouer les "trophy wife" (la splendide nunuche) pour la dernière.

Lisez ce que Savonarole a écrit sur les "spin doctors" de M. Hollande.

Je crains qu'en réalité cet homme fin et cultivé ne soit malheureusement pourvu de beaucoup d'esprit et d'humour et que ses conseillers en communication lui interdisent de le montrer aux électeurs - alors que tout le charme de Mme Merkel pour ses électeurs - outre son doctorat en physique et son intégrité morale - est son humour et sa vivacité intellectuelle.

Les Français n'ont pas vraiment le sens de l'humour quand ils parlent politique et veulent des politiciens pompeux.
Jacques Chirac cachait paraît-il sa culture soigneusement parce que son personnage de "beauf" sympa se vendait bien.

C'est leur droit le plus strict mais s'ils se retirent de l'Europe et deviennent une destination touristique pas chère un jour, espérons qu'ils retrouveront le sens de l'humour et apprendront de leur voisins transalpins celui de l'autodérision.

Jean Marc

J'espère que vous voulez parler de culture économique !
Visiblement la gauche n'en a pas :
Création ISF : perte de familles qui ne reviendront jamais et de milliards.
Promesse taxes 75+10 =85% : nouveaux départs de familles et sociétés qui préfèrent s'installer ailleurs.
La médiocrité de cette gauche n'a pas de limite, mais pour faire plaisir aux ignares qui réalisent ou pas après 30 ans les conséquences de leur politique.
Pourquoi ne pas demander aussi que les votants aient une culture et notamment économique vu notre situation !

Surcouf heureux en ce dimanche

J'adore tous ces gens culturés. C'est bo, mais sa peille bien chez Intel et ktuel.
Je peux y aller aussi ?

Sérieusement, je me souviens de ce que l'on disait étant plus jeune :
La culture c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale.
Et là j'en vois qui en font des tartines, mais des tartines, je n'ai plus faim.

Le gang des donneurs de leçons a encore frappé.
@Criminal
"La culture, par exemple, aide puissamment à discerner la part de vrai animant tout contradicteur, elle permet des compromis qu'un esprit trop fruste ne peut imaginer ou envisager."
C'est fort comme pensée. Je suppose que vous vous rangez dans la catégorie des gens cultivés ?
Dommage, on croirait un jargon de prof de lettres sur le retour.
Arrêtez de vous regarder dans un miroir. D'autres que vous l'on fait et s'en sont brûlé les yeux.

Cyril nous étale sa connaissance de la philosophie ou tout au moins de Gilles Deleuze mais aussi certain truismes :
"par contre le manque de savoir se caractérisant par un déficit de connaissances".
Franchement, je n'aurais pas dit mieux.

J'en déduis que nous avons potentiellement une belle brochette de candidats à la présidentielle car si j'ai bien compris, pour être un bon président il faut être cultivé et ici des gens cultivés on en a un champ entier.
Je dis cela après avoir lu toutes ces savantes analyses. J'en suis ébloui moi qui ne suis pas un intellectuel.

Je pensais que pour être président, surtout en France, il fallait être vif, intelligent, roublard, courageux, entêté...
mais peut-être est-ce que je me trompe.

@Jean-Pierre Ledun / Denis Monod-Broca

Je suis d'accord, un p'tit quizz y a que ça de vrai ;)
Main sur le buzzer. Plus besoin de se déplacer dans l'isoloir, on demande à Julien Lepers de nous organiser les élections.

Le mieux c'est encore Boris
Ce bon vieux Boris qui nous parle de Goethe, Marc Aurèle, Chateaubriand, Malraux, le Cardinal de Retz, Platon, Hermann Hesse, Jaurès, Alain, De Gaulle.
J'en pleurerais presque si je n'en étais aux éclats de rire.

@Franck Boizard

Ah j'adore , j'adore, j'adore.
Arriver à citer deux phrases de de Gaulle pô Sarko y a du boulot.

@Franck Boizard

Depuis que vous vous adonnez au bayrouisme à haute dose, la qualité de vos billets baisse.

@Jean-Dominique Reffait
"Depuis que vous n'êtes plus sarkozyste, la qualité de vos billets augmente. J'ai bien le droit, moi aussi, de dire des bêtises".

A mon tour :
Depuis que vous êtes à la retraite, faites donc comme bon vous semble pour faire vos billets. Nous ne nous en porterons que mieux.
Est-ce une bêtise? Dois-je me terrer humble vermisseau ?

@Jean Pierre Ledun/ M. Reffait

Ah non pas Proust, je vous en prie. Prout alors !! Ou alors du Ivana Fulli, c'est tout aussi insupportable à mon sens.

@Bob

M. Darcos prof de lettres pas de math. Ayez donc de l'humour.

Bernanos dans "la France contre les robots" 1946 (merci internet)
« L'intellectuel est si souvent un imbécile que nous devrions toujours le tenir pour tel, jusqu'à ce qu'il nous ait prouvé le contraire.

Pierre Desproges
« Et puis quoi, qu'importe la culture ? Quand il a écrit Hamlet, Molière avait-il lu Rostand ? Non. »

Je remercie beaucoup Wikipédia et Internet en général pour l'aide apportée à cette œuvre magnifique.

Culture/ Instruction/ Intelligence
Est-ce là le triplé du PMU ? dans l'ordre ou le désordre peu importe.

En ce beau dimanche voila un bon moment hilarant. Je pense que notre hôte doit se tenir les côtes tellement il rit de la suffisance de certains.

Notre hôte, avec qui je ne suis pas forcément d'accord dans le contenu de ce billet, a ici élaboré une réflexion profonde sans pour autant citer 2000 ans de littérature tout azimut. Bref une réflexion toute personnelle. Merci Monsieur pour ce montent de lecture fort intéressante.

Roche G

La 5ème Ripoublique a eu ses instituteurs barbus, ensuite ses professeurs d’arts plastique et ses philosophes freudiens, ensuite ses énarques bobos, à présent ses avocats de poulaillers. Quand viendront enfin les scientifiques qui balaieront cette basse-cour bruyante et remuante ?

Frank THOMAS

"La culture pose un beau voile de doute, d'incertitude, de complexité et de nuance sur la force brute du réel..."
Oui, et c'est pourquoi il n'est pas certain qu'elle soit d'un grand secours dans l'exercice du pouvoir, qui requiert au contraire une qualité opposée de simplification et de détermination sans faille.
Même en omettant les exemples désastreux de Platon et Denys de Syracuse ou de Ronsard et Charles IX, l'histoire enseigne qu'il arrive rarement que les philosophes et les poètes soient de bons conseillers.

Montaigne n'aurait probablement pas pris la décision salvatrice de faire assassiner le duc de Guise et le cardinal de Lorraine, ni Fénelon de bâtir Versailles, ni Chateaubriand d'édicter le Code Civil, ni Maupassant de faire ériger la Tour Eiffel...
L'homme cultivé sait qu'il ne sait pas, et ce savoir est exactement à l'opposé de la nécessité de décider sans cesse, qui est le propre du pouvoir.

Catherine JACOB@Xavier NEBOUT

@Xavier NEBOUT | 25 mars 2012 à 12:00
« de sa fourberie mielleuse à la teinture de ses cheveux. »

Oh! C'est vrai? François Hollande a des coquetteries de vieille actrice? Il faut lui présenter le couple George Clooney / Stacy Keibler qui démontre qu'on peut plaire à une jeune femme de vingt ans sa cadette ou presque, avec du poivre et sel.

Franck Boizard

Il y a un article de Raphaëlle Bacqué dans Le Monde sur le même sujet.

Serait-ce le nouvel angle d'attaque de la gogoche contre Nicolas Sarkozy ?

Je suis navré que vous participiez à cette offensive.

Savonarole

S'il faut se taper Marc Aurèle avant Standard & Poor's, on n'est pas sorti de l'auberge.

Achille

@ Xavier NEBOUT

Votre commentaire démarrait pourtant bien. Dommage qu’il se termine par une conclusion aussi simpliste.

Xavier NEBOUT

Très belle tentative de définition de la culture.
Seulement « tentative », car il y manque la structure métaphysique et la cause finale qui doit inscrire la culture dans le souci d’élévation des âmes et des esprits. Or, une culture non fondée sur la pureté de l’âme, sans structure théologique et sans finalité spirituelle est creuse.
C’est ainsi que la culture athée – ou tout au moins non fondée sur la transcendance, est inopérante.

Se pose ensuite la question de savoir si nous parlons d’une fonction de président ou de chef .
Il faut en effet seulement être cultivé au sens réduit de M. Bilger pour présider une assemblée composée de personnes aux cultures bien différentes en densité et en qualité pour en stimuler la quintessence.
Par contre, si c’est ainsi qu’on préside un syndicat, c’est d’un chef dont un peuple a besoin pour le mener dans les tourmentes.
Or, la culture d’un chef est celle de la capacité d’analyse rapide et juste des situations, des décisions promptes, et de savoir s’entourer de conseils éclairés pour ce faire.
Dès lors, pour amener le peuple dans l’Esprit, au chef le charisme de l’âme pure, et la culture aux conseils.

Ce dont la France a besoin, c’est d'un dixième preux.
Et là, n'en déplaise à tous les anti-sarkozystes et ceux qui n'aiment pas ses manières plus que M. Bilger et moi-même, si N.Sarkozy n'est peut-être pas un modèle de comportement chevaleresque, F. Hollande, lui, est le contraire du chevaleresque - de sa fourberie mielleuse à la teinture de ses cheveux.

bob

A noter que dans l'article du Monde, Xavier Darcos, docteur ès lettres, est plusieurs fois cité, s'y montrant sous son plus beau jour. Pour être complet, il convient d'ajouter que celui-ci sèche honteusement sur une "règle de trois", exigible à la fin du primaire.
Pas glorieux, encore moins pour un ex ministre... de l'Éducation Nationale.

De manière générale, l'inculture de nos politiciens, à de rares exceptions près, montre toute la supercherie d'un système à bout de souffle, à moins que celle-ci ne représente bien le peuple, finalement.

Boris

Bien vu, comme toujours, Monsieur Bilger. La pratique au jour le jour de la politique est faite, pour le dire sans vulgarité, de bassesses et de mesquineries : ceux qui ont eu à organiser une campagne législative le savent bien. Dès lors, il ne faut pas trop en demander ; pour Platon, les gens non cultivés ne sont pas plus aptes au gouvernement de la cité que ceux qui passent leur vie dans l’étude : les premiers n’ont pas de vision ni de principes, les seconds ne consentiront pas à se charger de choses si viles, vivant déjà au contact des idées. Restent donc les médiocres.
Au contraire, la culture est une ouverture aux choses de l’esprit, qui vient de soi : elle me semble individualiste et aristocratique de nature, même lorsqu’elle est ouvrière. Il n’en faut donc pas plus pour que les gens s’en méfient ou s’en exaspèrent. La meilleure façon, c’est encore celle de Chirac, qui l’a si efficacement caché ; mais même des écrivains comme de Gaulle ou des normaliens comme Pompidou s’avançaient masqués. C’est qu’il faut du génie pour ne pas donner l’impression d’étaler son savoir : Malraux y arrivait, dans un ministère il est vrai sélectionné, mais non Chateaubriand aux Affaires étrangères, qui se rendit vite insupportable à tout le monde.
Si l’on regarde, il y a peu de grands esprits qui aient vraiment eu du pouvoir : parmi ceux-ci, il n’en est point, à part Marc-Aurèle et Goethe, qui aient écrit des choses notables pendant leur charge – et l’on sait que le ministère de Weimar était surtout honorifique. Généralement, les œuvres viennent avant, comme pour Malraux, ou après, comme le cardinal de Retz, qui a d’ailleurs tout raté en politique. Quant aux Etats fondés sur la culture, ils vivent surtout dans la pensée d’intellectuels en lutte contre la violence, de la République platonicienne jusqu’au Jeu des Perles de verre d’Hermann Hesse.
Ceci étant, en démocratie, les masses n’aiment pas non plus à être représentés par de parfaits ignares. C’est ce même réflexe qui poussait naguère les ouvriers à désirer que leur député porte une cravate à la Chambre. Encore la culture permet-elle bien des choses en dehors des caméras : de mettre la main à ses propres discours ; de lire et d’écrire sans ressentir le besoin de le faire claironner par les crieurs publics ; et avant tout de peser, de prévoir, d’anticiper dans les affaires les plus difficiles. Certains s’en servent à mauvais escient, comme pour le normalien des années 30 dont vous venez de parler, ou sans réussite, comme pour Chevènement, qu’elle a condamné à avoir raison trop tôt. Mais quand même. Cela fait partie du métier. Et c’est la condition nécessaire – pas suffisante – de la vision politique.
Cela sans rien enlever aux qualités de flair et de chance dont l’actuel président est pourvu au-delà du raisonnable, et qui suffisent dans bien des cas. Pasqua a fait l’éducation politique de Sarkozy, il lui a appris bien des choses, mais pas ce que Pompidou a enseigné à Chirac ou Mendès France à Mitterrand. D’où des limites évidentes : NS aurait certainement réussi l’élection de 1965, certainement pas l’appel du 18 juin, le discours d’Alger, ou tout évènement nécessitant la maîtrise. Enfin, le président actuel a encore une grande qualité : c’est, pour encore quelques semaines, dans ce domaine comme dans les autres, celui que nous méritons.
Restent Hollande et les autres, qui sont certainement mieux avantagés dans ce domaine. Mais là encore, le pouvoir corrompt : et puis il laisse bien peu de temps. Rares sont les Jaurès, surtout vus par Alain : « Il est faible de dire qu'il eût été ministre, et Premier ministre, s'il l'avait voulu. Il n'était point sur le seuil ; il n'appartenait pas à l'ordre des ambitions. C'est encore trop peu de dire que, par une profonde culture, il voyait les pièges et les fautes possibles, et qu'il avait coupé les ponts entre le pouvoir et lui ». Et lorsqu’il s’en trouve un par hasard, on vous l’assassine.

Achille

@ Jean-Paul Ledun

Moi j’aime bien également les vôtres…

Camille

Un président doit être cultivé, ne serait-ce que pour avoir les clés du monde qui l'entoure; les posséder lui éviterait complexes, frustrations et fureur.

Franck Boizard

Philippe,

Vous faites plaisir à vos lecteurs car nous sommes sur un blog d'intello parlant à des intellos. Alors, évidemment, tout ce petit monde (moi compris) communie dans l'idée que la culture, c'est vachetement important, parce que la culture c'est notre truc.

Mais, en fait, j'essaie de passer en revue différents dirigeants et je ne crois pas que la culture ait fait la moindre différence. Pompidou et Mitterrand étaient cultivés. Le septennat écourté du premier fut honorable, les deux septennats du second furent catastrophiques au point que la France n'en est pas remise.

La connaissance historique est peut-être un cas à part car histoire et politique sont connectées.

Rahmouni Slimane

Bonjour à toutes et à tous, bonjour Monsieur Bilger.

Il est des vérités pas bonnes à écrire et, me semble-t-il, celle-ci n'y déroge pas. A défaut de se voir opposer une critique construite et intelligente, il est répondu au Sieur Bilger des slogans acculturés de campagne type : "touche pas à Sarko" ou "Sarko c'est le meilleur", etc.
Cette France de la culture à la US s'est distinguée avec l'apparition de Monsieur Sarkozy.
Chaque fois que je vois ce bonhomme, surgit alors dans ma tête "Mon beauf", la fameuse chanson de Renaud ce talentueux poète qui sait parler des choses avec tellement de justesse.
Hier soir, j'écoutais la journaliste Catherine Nay faire la promotion de son livre dans "On n'est pas couchés". Je suis tombé par hasard sur cette émission que je zappe d'habitude, une émission justement dans laquelle des gens prétendument cultivés ont le souci d'expliquer des choses basiques à des demeurés, c'est dans l'air du temps.
Il n'échappera pas à un esprit moyen que cette dame a dû partager bien plus que de la culture avec Monsieur Sarkozy.
Ce mélange de coucheries et de pouvoir(s) (médiatique ici) font du "cheap" du "fashion", et du "geek" du "has been".
Cette journaliste nous brossait le portrait d'un homme quasi pubère dont la personnalité encore immature expliquerait donc justifierait parfois ses excès ou ses humeurs. Elle parlait "juste du président de la République" comme le lui rappela très justement Monsieur Ardisson, juste du président de la République !
La norme étant devenue celle-ci désormais, la masse inculte se sentira plus à l'aise avec un Sarkozy "cheap", beauf, car il lui donne l'impression d'être comme eux.
Ce rabaissement des valeurs plaît beaucoup car il dispense les gens de s'éduquer donc de réfléchir. Nous devenons américains dans le sens le plus vulgaire du terme.
La gravité s'accentue quand cette inculture atteint le politique et plus encore quand elle touche le président de la France. Dans un contexte international très difficile, très complexe, dans un monde où tout est en train de foutre le camp, le président doit être à la hauteur des enjeux qui l'attendent. Qu'est-ce que la diplomatie sinon l'art de comprendre et maîtriser les rapports entre les autres cultures ? On ne gère pas un pays comme une PME en plaçant un contremaître à chaque service ! Souvenons-nous de ce diplomate playboy à ses heures qui fut envoyé en Tunisie. Ce sarkoboy comme il fut à juste titre qualifié a marqué par sa singularité. Malgré des outils linguistiques qu'il semblait maîtriser, il s'est lamentablement comporté face à une journaliste tunisienne qu'il a confondue avec une consœur cireuse de chaussures comme elles sont légion en France. Ce couac a été interprété dans différents cercles comme un rabaissement du prestige de la France. On ne délègue pas de telles responsabilités à un adolescent fan de Justin Bieber surtout à un moment charnière de l'Histoire. Comprenant sa lourde faute, Monsieur Sarkozy s'est doté d'un ministre à la hauteur des enjeux en la personne d'Alain Juppé qui après un court passage à la défense, succéda à Madame Alliot-Marie elle-même poussée avec énormément de difficultés vers la sortie. Monsieur Sarkozy croit qu'en s'entourant de ministres de poids, il comble ainsi sa médiocrité et ses lacunes dans les nombreux domaines qu'il ne maîtrise pas. Il oublie qu'il est du coup leur otage et que ce sont eux qui font en réalité la politique. Il a su trouver en Fillon, sarthois, amateur de courses de voiture - le contenu primant sur le contenant - un homme suffisamment honnête et dévoué qui ne lui fera pas de l'ombre et surtout qui assure ses arrières. Bon choix, mais les électeurs vont-ils se laisser berner au point de tenir Monsieur Fillon responsable des dégâts causés par Monsieur Sarkozy ? La réponse à cette question dépendra naturellement de la maturité culturelle des votants lorsqu'ils devront se déterminer dans quelques semaines.
Bon dimanche à tous.

Lucterius

Vous abordez ici un sujet très intéressant et auquel il n'est probablement pas possible d'apporter de réponse satisfaisante. La culture semble effectivement indispensable à ceux qui aspirent aux plus hautes fonctions car elle est semble-t-il un gage de tempérance et de sagesse. En effet Mitterrand était très cultivé. Mais peut-on dire pour cela qu'il ait été un bon président ? Je ne le crois pas. Au fond cette culture était l'emballage sous lequel il dissimula les pires travers (double vie, mensonge délibéré sur sa maladie, soutien honteux à ses amis dans l'attribution des marchés...). Oui , vous posez une question intéressante.

Je suis en train de lire la longue histoire de la Révolution française écrite par Adolphe Thiers. Les sans-culottes qui la firent étaient-ils cultivés ? Peut-être pas autant que nous l'aurions souhaité. Mais ils furent pourtant capables de décisions d'une grande dignité. Quand Louis XVI après sa fuite fut ramené manu militari à Paris, la Convention fit placarder l'affiche suivante : "Ceux qui applaudiront le Roi seront battus, ceux qui le siffleront seront pendus". Et le carrosse de Louis XVI traversa Paris dans un silence glacial. Certes Mitterrand avait une grande culture. Et il a permis ce départ honteux de Giscard d'Estaing sous les sifflets.

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