On aurait pu craindre le pire de la rencontre entre le plus grand avocat d'assises d'aujourd'hui avec un chroniqueur judiciaire d'exception, entre Eric Dupond-Moretti (EDM) et Stéphane Durand-Souffland (SDS). Tant les meilleures idées sur le papier font parfois d'exécrables livres.
Mon inquiétude initiale a été très vite dissipée avec ce "mode d'emploi" pour avocats pénalistes si affectueusement dédié par EDM à ses quatre enfants (France 5).
Pourtant, pour être franc, un subtil malaise s'est insinué quelques secondes qui avait sa source inévitable dans le décalage entre l'écrit et l'oral, dans le hiatus obligatoire entre l'âpreté, la belle violence de la parole d'EDM, son souci de vérité, sa rage de pourfendre et sa passion de la justice d'un côté et, de l'autre, l'élégance, la délicatesse et l'apprêt évidemment moins intense du style dont SDS est un maître incontestable. Le passage de l'une à l'autre entraîne forcément une infime déperdition qui fait que la personnalité singulière et presque étouffante à force d'existence et de talent ne peut pas se retrouver transposée telle quelle dans ces pages mais subit une sorte d'atténuation et de banalisation.
En même temps, ce constat à peine formulé, une double bienfaisante objection doit lui être opposée.
La première tient à cette éclatante lumière qu'EDM est d'abord, avant tout et peut-être exclusivement, une "bête" des assises, un drogué de l'intelligence du procès, un plaideur indépassable tant il sait mêler ce qui habituellement est éclaté, pour le meilleur, en de multiples natures judiciaires alors que la sienne, par une grâce à la fois innée et construite, rassemble la force et la douceur d'une apparente faiblesse, l'irrésistible avancée d'une machine de guerre et la dentelle de l'ouvrage d'art, le verbe tonitruant et parfois dévastateur avec la parole, l'analyse et les sentiments souvent les plus raffinés du monde. J'irais jusqu'à soutenir que tout ce qui ne relève pas de l'espace criminel, de sa sombre magie et de son malheur transcendé pour l'accusation comme pour la défense demeure étranger à EDM qui ne s'est jamais piqué de "jouer" à l'intellectuel, persuadé - et il n'a pas tort - que la concentration absolue qu'exigent les assises est aux antipodes des jeux de l'esprit.
La seconde - c'est l'exemplaire réussite de ce livre qui dans le parcours d'EDM n'arrive ni trop tôt ni trop tard - se rapporte à cette chance rare de découvrir un EDM familier, presque paisible même dans ses élans d'hostilité souvent contenue, cherchant à enseigner plus qu'à détruire, communiquant, sans une once de vanité ni d'affectation, sa vision des choses judiciaires, sa manière d'être et de pratiquer, les profondeurs qui l'inspirent, l'animent, le font gagner ou se décevoir lui-même. Un EDM "à hauteur d'homme", selon une expression qu'à l'évidence il apprécie. Si l'on a pu être tenté ici ou là - et moi le premier - de décrire EDM comme une sorte de "bombe", d'adepte d'un terrorisme visant à impressionner, voire à intimider les juges et les jurés pour qu'ils ne puissent pas s'assigner un autre choix que de céder à la puissance de sa démonstration, rien de tout cela dans ces pages où EDM, avec une voix tranquille et d'autant plus convaincante, nous fait entrer dans ses coulisses, nous révèle son intelligence complexe, son coeur immense, son histoire familiale qui explique son authenticité, son respect exemplaire des humbles et des modestes et son atypisme fier assumé. Cette part de lui me l'a rendu proche pour des raisons que je n'ai eu aucun mal à élucider.
Ce ne serait pas faire honneur à ces deux personnalités qui, journaliste et avocat, sont parvenues à combler le lecteur que de taire ce qu'une approche bienveillante mais s'espérant lucide pourrait trouver à redire sur le fond.
Je ne suis pas persuadé qu'EDM n'exagère pas l'importance et l'influence des présidents d'assises lors des délibérés, tant, encore aujourd'hui, l'avocat même le plus brillant qui soit a besoin de trouver des causes extrinsèques pour accepter des défaites qui lui sont insupportables. Ce procès qu'il intente, encore une fois avec mesure, ne me semble pas tenir compte des évolutions indéniables qui se sont produites depuis longtemps maintenant et qui rendent injustes ces généralités.
Je ne partage pas non plus l'appréciation très positive d'EDM sur quelques présidents que le premier président Magendie aurait eu tort de remplacer. Je crois au contraire que les actuels les valent largement, voire les dépassent si on veut bien admettre que la qualité principale d'un président n'est pas de complaire forcément à la défense et de se méfier de l'accusation.
Par ailleurs, la culture du doute qu'EDM invoque si volontiers - pour l'avocat, elle n'existe pas qui le conduit à soutenir sans faiblir la cause qui l'a choisi et à s'épargner tout embarras de conscience ! - n'est pas à ce point contraignante qu'elle doive forcément imposer une multitude d'acquittements avec, tout de même, des condamnations qui paradoxalement, en prétendant dénoncer le risque de certains aveux, ne seraient pourtant admissibles que grâce à eux.
Enfin, je regrette, même si c'est la loi du genre, qu'EDM se soit abandonné à l'éloge des avocats qu'il estime ou admire - et son jugement ne se trompe jamais sur ce plan - mais ait répugné, avec une franchise qu'on aurait attendue, à offrir un tableau moins idyllique de la fraternité prétendue du barreau et à mettre en pièces tant de fausses réputations, tant d'auréoles imméritées. Même EDM s'est soumis à une obligation de réserve, même lui !
Ces différences de points de vue sont de peu d'importance et, pour conclure, ne m'empêchent pas de mettre l'accent sur deux données fondamentales qui se dégagent de cet étincelant exercice de style et de sincérité.
EDM s'indigne et sort de ses gonds, une seule fois, et il a absolument raison de le faire. Il a été mis en cause scandaleusement dans une procédure fabriquée à son encontre par un magistrat, José Thorel, passé de Lille à Ajaccio puis à Papeete. Elle s'est évidemment effondrée. Heureusement, des fonctionnaires de police et d'autres magistrats avaient su réagir comme il convenait.
EDM - je l'ai déjà écrit - ne pourrait être menacé dans sa fulgurante carrière, qu'Outreau a fortement amplifiée, que par lui-même. Trop de contentement de soi, et une brèche navrante serait ouverte dans la considération portée à cette personnalité qui tirera au contraire tous ses avantages de sa simplicité et de son exceptionnel talent. Rien ne servira mieux le second que la première et je ne doute pas une seconde qu'EDM aujourd'hui en est convaincu.
Puisque, comme moi à une certaine époque, EDM se voit interdire l'accès à l'école nationale de la Magistrature, ce qui est une aberration, je suggère instamment au successeur de Jean-François Thony - pourquoi ne nommerait-on pas Renaud Van Ruymbeke ? - de commencer son mandat par une invitation à y venir adressée à EDM. Il serait heureux d'y débattre et les auditeurs comme lui ne manqueraient pas de profiter de cette formidable opportunité qu'on devrait cultiver soi-même mais que la contradiction d'autrui facilite : penser contre soi.
EDM est reçu à l'écrit. Examen de rupture : il a déjà eu l'oral !
Il faut quand même savoir qu'il existe 20% d'avocats qui pourrissent le vrai métier d'avocat. Ceux-ci allant jusqu'à voler la totalité du dossier pour défendre leurs confrères ainsi que la partie accusée. L'accusé ayant le bras très long. Et s'attaquer à la confrérie des avocats ou des notaires, mission impossible à tous les niveaux. J'en suis victime depuis 7 ans. Le dernier courrier de mon avocat : "pour poursuivre votre affaire j'ai besoin de 750 euros". En fait, pas d'argent pas de justice. Il n'est pas étonnant qu'il y ait autant d'escrocs car être honnête cela rapporte quoi ? que des problèmes.
Rédigé par : fulloption | 06 septembre 2012 à 01:22
http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/06/19/le-depeceur-de-montreal-plaide-non-coupable_1721427_3224.html
jouable avec un EDM des grands jours...
Et avec un peu de chance, il bouffera son avocat si leurs relations venaient à tourner vinaigrette.
Il est temps que ce garçon se rende utile, une fois libéré par les vocalises du stentor confus ami du maître de ces lieux...
Les derniers mots qu'ouïra EDM seront "miam miam", et il sera assez bête pour croire son assassin bègue.
AO
Rédigé par : oursivi | 19 juin 2012 à 23:55
http://www.franceculture.fr/emission-le-tete-a-tete-eric-dupond-moretti-2012-04-29#comment-398958
On est prié de ne pas oublier sa pochette en papier pour vomir.
AO
Rédigé par : oursivi | 11 mai 2012 à 17:21
Agnès V, merci de votre témoignage, je suis comme vous j'ai découvert cette affaire Outreau il y a quelques semaines et depuis je suis outrée. http://blogs.mediapart.fr/blog/marie-christine-gryson/010512/outreau-eric-dupond-moretti-tue-les-experts-comme-jadis-tuai
J'ai vécu sans le faire exprès quelques contacts avec l'au-delà, et une vie passe très vite. Surtout pour Dupond-Moretti très nettement en surpoids, et sans doute cardiaque. S'il a fait libérer des coupables en le sachant, il devra en rendre compte et cela plus vite qu'il ne le pense.
Quant à Madame Gryson je ne sais pas comment elle est encore debout, si lumineuse, si droite, si calme, elle mériterait d'être nommée ministre des Droits de l'enfant. J'aimerais qu'un avocat la défende, qu'elle attaque ce type racontant des ragots sur elle depuis des années. Mais cela coûte cher, j'en sais quelque chose. Tout le monde n'a pas 20 000 euros et qui osera s'attaquer à ce ténor qui s'il a fait acquitter un criminel en le sachant coupable, mériterait la radiation du barreau et d'être accusé de complicité. Mais le système est corrompu.
Rédigé par : Bien d'accord | 01 mai 2012 à 22:48
Les experts...
Comme vous dites, et c'est mieux de le dire.
Jamais, dans le domaine du bâtiment, domaine de simplicité technique simplissime, je n'ai vu le moindre avocat, qui n'y aille pas avec le pathos étendu à l'âme humaine, par la grâce de l'écriture des marchés de travaux, tandis qu'il s'agissait tout simplement de pathologie des peintures et autres carences du sol !
Quand donc les avocats pourront-ils prétendre à la moindre "réalité", au-delà la vérité considérable par l'ignorant en sciences, tandis que justement ils abusent de sapiteurs?
Je fais là un très mauvais procès, car je voudrais qu'en formation minimale les professionnels du droit n'ignorent pas Descartes, et tous les dépassements qu'il a depuis longtemps indiqués !
C'est mauvais, en tout cas pas avec l'éducation et ce qui résulte des procédures apaisées, encore moins résolues...
Cela fait tout de même trois siècles que...
Rédigé par : zenblabla | 01 mai 2012 à 18:29
Outreau : Eric Dupond-Moretti tue les experts
comme jadis on tuait les messagers.
Trois semaines après la sortie de « La bête noire », j'ai eu l'occasion de feuilleter ce livre d'auto-justification biographique1 et j'ai lu le passage concernant les experts d'Outreau, j'en suis restée stupéfaite, puis diverses réflexions me sont venues à l'esprit. D'abord, me suis-je dit, cet avocat ne doit pas avoir peur du ridicule ni craindre de passer pour une personne ignare ou de très mauvaise foi, pour oser écrire de telles stupidités à propos du travail des experts psychologues ! Pire, il doit vraiment prendre ses lecteurs pour des déficients intellectuels pour tenter de leur faire croire à de telles énormités. Et que doit-il penser au final des magistrats et des officiers de police judiciaire qui nous missionnent régulièrement pour expertiser les plaignants ou les personnes mises en examen ?
Ce qu'il écrit à mon propos vaut le détour, juste après avoir invectivé le professeur Jean-Luc Viaux il dit :
« Sa consoeur Marie-Christine Gryson-Dejehansart, qui pratiquait la méthode EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing), fondée sur les clignements d'yeux censés déceler la vérité sans coup férir, exerce toujours ; elle figure en bonne place dans le cortège des révisionnistes judiciaires qui s'efforcent de prendre leur revanche après leur débâcle d'Outreau. » (p. 176)
On connaissait le détecteur de mensonge, mais le « déceleur de vérité sans coup férir », seul Eric Dupond-Moretti pouvait l'inventer ! Et en se caricaturant lui-même !
La suite est sur Mediapart :
http://blogs.mediapart.fr/blog/marie-christine-gryson/010512/outreau-eric-dupond-moretti-tue-les-experts-comme-jadis-tuai
Rédigé par : Marie-Christine Gryson | 01 mai 2012 à 16:12
Ce que j'aime chez EDM,
c'est son côté Tony truand.
Greffier, prenez note et arrêtez de ronronner quand on vous parle.
AO
Rédigé par : oursivi@VR | 27 avril 2012 à 13:30
"Il existe une catégorie d'erreur judiciaire sournoise, celle qui consiste à mal juger un coupable..."
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 24 avril 2012 à 06:07
Voilà un argument davantage propre à me satisfaire, nous sommes là sur le terrain de l'objectivité "commune" pas sur celui de sa danse du scalp saluant ces blanchiments d'accusés réalisés à la blanche écume de ses tonnantes vocalises, ses manches singeant le tempétueux vent qu'il entend lever dans l'esprit des jurés.
Prenez ce que la presse, la sotte presse, a qualifié de coup de tonnerre dans l'affaire Viguier, de ces faits qui font le lustre de cet opiniâtre enrobé, la révélation que l'amant était allé visiter la maison dont sa maîtresse s'était envolée à jamais, ce un jour ou deux après avoir constaté ses appels sans réponse...
Qu'EDM soit allé dénicher cette info dans la masse des cassettes audio dont il disposait, prouve sa détermination comme sa rigueur, aussi la possession d'un autoradio à cassette, si je me souviens bien, quoique non, s'il les a écoutées dans sa voiture, ce n'est pas nécessairement avec le dispositif de cette dernière, je plaisante.
Mais là où on commence à sentir le flou dont il use, est la façon dont cet apport a été diffusé et orienté, presque par hypnose.
EDM révèle que l'amant à la liaison sans nuage, s'est inquiété de la disparition de sa belle au point de vouloir visiter les lieux où il sait l'avoir vue entrer une dernière fois, éclairant un fait d'une extraordinaire logique vu les sentiments que tous les témoins prêtaient à cet homme, et fait de cette révélation sans surprise un soi-disant coup de tonnerre dont les sots enfourchent le fantasme en l'instant en y voyant avec leur usuelle myopie, dissimulation, manipulation, connivence avec le petit personnel qui le laissa entrer...
Le talent de ces avocats en ces types d'instants - je série bien en ne généralisant point - est de trouver les points d'entrée dans la raison qui font si bien vaciller les faibles d'entre elles.
Je ne peux admirer cela.
Défendre en éclairant la part d'humanité toujours présente sous les plus ignominieux actes, soit, viser l'acquittement de n'importe qui en ayant fait taire tous ses doutes est ce qui continue de m'horrifier.
EDM eût visé l'acquittement de Treiber comme il a obtenu de quasi aussi extravagants autres...
C'est tout.
I rest my case again, bi sornette or not.
AO
Rédigé par : oursivi@VR | 25 avril 2012 à 16:23
«si on veut bien admettre que la qualité principale d'un président n'est pas de complaire forcément à la défense et de se méfier de l'accusation. »
Donc si je comprends bien, si la qualité première d'un(e) président n'est ni de complaire ni de se méfier, elle ne peut être que la neutralité, par ex. de l'analyste ?
«L'émergence du concept de neutralité est en partie une réaction contre les méthodes de suggestion et le postulat que le médecin-père exerce une influence délibérée sur un patient passif. Mais l'énoncé de ce principe était une reconnaissance de l'existence de l'inconscient, présent et actif non seulement dans le patient mais dans l'analyste aussi.»
D'où mutatis mutandi et dans l'ordre du « remède judiciaire », expression qui vous me paraissez affectionner, la principale qualité que réclamerait la fonction présidentielle reviendrait à
- savoir qu'il y a un risque de confusion entre le contenu objectif du dossier et ses propres affects inconscients à l'égard des faits et/ou de la personnalité de l'accusé et même de la défense en général ainsi qu'à l'égard de la cuisine judiciaire de l'accusation qu'il ne saurait être sans bien la connaître, ainsi qu'à
- prendre conscience de la suggestibilité d'un jury passif qui n'est pas sans affects inconscients lui aussi, et donc de
- tendre à permettre à chaque partie de jouer son rôle comme elle l'entend, sachant que le neutre n'est pas le néant ??
Mais bon, nouvelle question, la neutralité bienveillante, un mythe réconfortant??
« EDM s'indigne et sort de ses gonds, une seule fois, et il a absolument raison de le faire. Il a été mis en cause scandaleusement dans une procédure fabriquée à son encontre par un magistrat, José Thorel, passé de Lille à Ajaccio puis à Papeete. Elle s'est évidemment effondrée. Heureusement, des fonctionnaires de police et d'autres magistrats avaient su réagir comme il convenait. »
Que signifie « fabriquer une procédure » ? Il me semble qu'on peut « engager une procédure » au sens de « commencer, entamer », mais fabriquer me paraît engager ici l'idée d'un montage artificiel de toutes pièces. Comment est-ce encore possible ?
Quelles garanties vous paraissent présenter les conceptions de la justice des deux finalistes de l’élection présidentielle dont l'un me donne l'impression d'un oiseau de mauvais augure et l'autre d'un vieux Crow sur le point de lâcher son fromage, à l'égard de telles « fabrications » ???
Rédigé par : Catherine JACOB | 24 avril 2012 à 10:10
Et aussi, oursivi, pour parvenir à vraiment conclure notre échange, au regard du billet de Philippe, dans sa part la plus intime :
"Cette part de lui me l'a rendu proche pour des raisons que je n'ai eu aucun mal à élucider",
je voudrais adresser très particulièrement à Eric Dupond-Moretti et à Philippe Bilger cette chanson de Serge Reggiani que j'aime beaucoup.
Je repense à EDM, à son évocation si bienvenue de Serge Reggiani, alors qu'il s'ennuyait à mourir si profondément, si complètement - la galère de la promo - dans l'émission "Thé ou Café".
Ce qui à l'un et l'autre a si douloureusement manqué :
http://www.youtube.com/watch?v=G7K1qsnJNnU
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 24 avril 2012 à 07:45
@ oursivi
"Oui, mais il l'aurait plaidé..."
Parce que vous pensez imaginable et crédible une seconde, compte tenu du bonhomme et de ce qui a fondamentalement construit sa vocation d'avocat pénaliste, qu'à la question :
"Auriez-vous défendu C. Ranucci"
EDM réponde
"Non !".
Par ailleurs, si l'évocation de cette affaire me permet d'élargir cette discussion en reprenant ce que j'écrivais à l'attention d'Ivana, à savoir qu'un avocat médiatique, sur le fond et la longueur de la procédure pouvait se révéler être un handicap pour un accusé, je vous rappelle que la défense de C. Ranucci, c'est en tout premier lieu le refus des avocats marseillais poids lourds de l'époque d'assurer sa défense.
Par l'intermédiaire d'un journaliste, Me Lombard va accepter le dossier en déléguant sur l'affaire un jeune avocat de son cabinet de vingt-cinq ans, Me Le Forsonney, décédé aujourd'hui, lequel en réalité accomplira dans le registre du moins mal sa tâche immense de défense. Seul et isolé jusqu'au procès d'assises.
Ceci pour vous dire que la figure de l'avocat médiatique du moment, si l'implication et la maîtrise du dossier restent à la surface, si en gros - et écrit avec toutes les prudences - elle se résume avec un suivi des déjeuners avec les journalistes, peut parfois avoir pour conséquence au moment du procès l'échec qui hante toute une vie.
Il faut préciser qu'à l'époque, en rapide, le brio de la défense se confond avec l'exercice de plaidoirie. Il faut préciser également qu'en 1974 les droits de la défense tout au long de la procédure - les recours - n'étaient évidemment pas les mêmes qu'aujourd'hui.
Il convient enfin de dire que les avocats généraux façon Philippe Bilger ne couraient pas les prétoires, rareté, tout compte fait comme aujourd'hui, enfin à peu près.
Ici, ce qui était en jeu était la peine de mort obtenue par l'accusation.
Je ne pense pas C. Ranucci innocent.
Cependant, je reprends l'exemple de Me Liénard (Bissonnetcase, vous vous souvenez ?) :
"Il existe une catégorie d'erreur judiciaire sournoise, celle qui consiste à mal juger un coupable..."
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 24 avril 2012 à 06:07
Il ne l'évoque même pas.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 23 avril 2012 à 16:19
Oui, mais il l'aurait plaidé...
AO
Rédigé par : oursivi | 24 avril 2012 à 00:04
La question posée par Agnès est celle-ci:
"Qu'est-ce qui freine les avocats ?
L'argent ?
La fragilité potentielle du "client" ?
Le désintérêt pour la cause des enfants ?"
Je réponds en m'appuyant sur ceci :
La Provence, le 10 avril 2012
http://www.laprovence.com/article/a-la-une/dupond-moretti-je-defends-des-hommes-pas-des-crimes
"Quand l'envie de faire ce métier vous est-elle donc venue ?
E. D.-M. : C'est très simple : le jour où j'ai appris que Christian Ranucci avait été guillotiné. J'étais à la fête de mon école, j'avais 15 ans. Avec des copains, on fumait des Gitanes sans filtre avec la liberté de l'adolescence. C'était le matin et j'ai voulu devenir avocat. C'était pour moi devenu une évidence. Cette envie-là ne m'a plus jamais quitté. Je n'imagine pas de faire autre chose dans la vie. D'ailleurs, j'ai coutume de dire que si un avocat se sent capable de faire autre chose dans la vie, il faut qu'il change de métier "
Qu'un jeune homme qui choisit de devenir avocat pénaliste positionne son métier à venir dans les droits de la défense n'est pas, que je sache, une anomalie.
Si ?
Par ailleurs vous observerez qu'EDM dans cette interview ne parle à aucun moment d'une quelconque innocence de C. Ranucci. Il ne l'évoque même pas.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 23 avril 2012 à 16:19
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 23 avril 2012 à 08:31
Tant mieux si EDM a fait là libérer des innocents injustement accusés, mais répondre à qui se plaint du peu de considération qu'aurait EDM envers des enfants victimes par l'évocation de l'éveil de cette vocation qui lui vint après l'exécution de Ranucci suite à cet assassinat du malheureux gamin... n'est pas d'une délicatesse folle.
Ranucci méritait-il la mort, je laisse à qui saurait l'ultime vérité le soin de le dire à ma place, quant à sa culpabilité, il est difficile d'en écarter la forte probabilité quand on sait qu'il sût désigner l'endroit où se trouvait l'arme du crime...
AO
Rédigé par : oursivi | 23 avril 2012 à 14:51
@ agnès
Pour répondre à votre question.
En rapport avec ce que j'ai lu et entendu au hasard des interviews qui ont médiatisé le livre d'EDM - que je n'ai pas lu -, je voudrais vous proposer comme élément de réponse un retour sur ce qui a fondé la vocation d'avocat d'EDM : le souvenir de la condamnation à mort et l'exécution de C. Ranucci.
L'option essentielle de son futur métier d’avocat ne pouvait ainsi que clairement s'orienter et s’ancrer du côté de la défense.
Donc, je ne pense pas du tout, au regard de votre question, que l'argent, la fragilité potentielle "du client" et le désintérêt pour la cause des enfants soient des critères crédibles pour expliquer pourquoi EDM, avocat pénaliste, ne se positionne pas prioritairement comme représentant des intérêts des victimes, pour reprendre votre commentaire, comme défenseur de la cause des enfants maltraités, abusés et violés.
Dans l’affaire d’Outreau, si cette affaire a fait d’EDM un avocat de la défense emblématique, elle ne le résume pas.
Je reprends ce que j'ai dit il y a quelques jours : Me Dupond-Moretti n’est intervenu dans le dossier que des mois et des mois après le déclenchement de l’affaire.
Extrait de l’audition de Mme Roselyne Godard - Rapport fait au nom de la commission d'enquête chargée de rechercher les causes des dysfonctionnements de la justice dans l'affaire dite d'Outreau et de formuler des propositions pour éviter leur renouvellement, président : M. André Vallini, rapporteur : M. Philippe Houillon.
http://www.assemblee-nationale.fr/12/pdf/rap-enq/r3125-t2.pdf
"J’avais au départ une jeune avocate, j’en ai changé parce que je pensais qu’elle ne faisait pas son travail. Maître Dupond-Moretti, ensuite, a dû batailler pour obtenir le dossier. D’octobre à mars ! J’ai dû écrire au président de la République, et à Mme Lebranchu qui était garde des Sceaux, pour leur dire que ce n’était pas normal. Pendant un an, j’avais beau crier tout ce que je voulais, mais je n’avais pas le dossier.
(...) Quant aux avocats, j’estimais ne pas en avoir besoin, puisque je n’avais rien à me reprocher. Fin juin, après avoir réfléchi, j’en ai demandé un. Je pensais qu’il y avait un avocat à chaque interrogatoire, et qu’à chaque fois qu’il y avait quelque chose d’irrégulier dans l’interrogatoire, il le disait. J’ai eu un avocat commis d’office, il s’était occupé de Thierry Dausque et connaissait le dossier. Il m’a dit : "Ne vous inquiétez pas, il n’y a rien dans le dossier, vous allez passer trois jours à Loos et vous serez dehors. Mais j’y suis restée trois ans, deux mois et vingt et un jours."
EDM, dans une interview récente :
http://snatch-mag.com/?p=14860
"Un jour, j’ai reçu une lettre d’une dame qui s’appelait Roselyne Godard qui était incarcérée à la prison d’Amiens. Je l’ai tout de suite prise comme cliente (celle que l’on surnommait la "boulangère d’Outreau" a passé près de deux ans derrière les barreaux pour des supposés viols sur mineurs avant d’être acquittée - NDLR)."
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 23 avril 2012 à 08:31
Bonjour,
Permettez-moi d'être naïve et d'oser vous demander pourquoi d'une façon très générale, trop peu d'avocats se placent en défenseurs d'enfants victimes ?
Dans un cas plus précis comme celui d'EDM, si je ne m'abuse, il n'aurait jamais défendu un enfant violé ou maltraité alors qu'il a défendu bon nombre de présumés agresseurs d'enfants.
Qu'est-ce qui freine les avocats ?
L'argent ?
La fragilité potentielle du "client" ?
Le désintérêt pour la cause des enfants ?
Rédigé par : Agnès V. | 22 avril 2012 à 04:50
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 21 avril 2012 à 07:03
Oui, en effet, le choix n'est pas si mauvais à l'examen de ces détails. Je ne connaissais que mal cette affaire. Allez savoir pourquoi on - je - me passionne pour quelques cas et néglige d'autres... Quoique j'ai mon idée, il va sans dire. Ce qui est drôle est la similitude structurelle entre cette affaire et une autre qui m'a beaucoup obsédé, demandez donc à Philippe...
Promis PB, je ne vous embêterai plus avec celle-là, pourtant, j'en ai appris de belles depuis...
Si Dame Véro veut y réfléchir avec moi, je l'encourage à vous demander mon mail ou à le piocher sur mon site. Là aussi, il y a matière, et comment...
Dernière chose, la photo accompagnant l'article vers lequel renvoyiez est sidérante, on dirait que le poids du verdict pèse sur les épaules des trois fonctionnaires de police, les deux concernés ne semblent pas l'être. S'échapperait-on de soi-même par instant.
Next, apart.
AO
Rédigé par : oursivi@VR | 21 avril 2012 à 16:37
@ oursivi
Un mot.
Je dois à la vérité intellectuelle d'ajouter que Me Darrigade, l'un des avocats déserteurs du premier procès Bissonnet, a de nouveau assuré la défense de J.M. Bissonnet lors du procès en appel en novembre 2011.
Par ailleurs, je vous propose en lien le compte rendu par Stéphane Durand-Souffland de l'épilogue judiciaire de cette affaire.
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/11/24/01016-20111124ARTFIG00683-assises-bissonnet-condamne-a-20-ans-de-reclusion.php
Plus particulièrement, pour faire suite à votre affirmation :
"Je n'ai pas le souvenir qu'on ait vu un avocat se convaincre de la culpabilité de son client lors des audiences et le laisser paraître au point de ne plus le défendre voire de l'accuser..."
je vous encourage à lire l'extrait de la plaidoirie de Me Liénard (un des trois avocats de J.M. Bissonnet lors du procès en appel) que rapporte SDS, et vous verrez l'expression d'une remarquable intelligence et subtilité judiciaires d'un avocat de la défense qui, pour le coup se tient debout et parvient à sauver ce qui peut encore l'être.
"...et le laisser paraître au point de ne plus le défendre voire de l'accuser..."
"Je vais prendre l'hypothèse de la culpabilité de Jean-Michel Bissonnet. Il existe une catégorie d'erreur judiciaire sournoise, celle qui consiste à mal juger un coupable... " (Me Liénard).
Voilà, je pense que Me Liénard laisse clairement paraître son sentiment profond du dossier, cependant vous remarquerez que c'est de cette façon qu'il défend dans cette affaire le mieux l'accusé... sans se travestir et se défigurer en procureur bis du procès.
...this, ladies and gentlemen, it was the Bissonnetcase...
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 21 avril 2012 à 07:03
"franchement, oursivi, faut quand même y aller, pour oser envisager même un millionième de seconde que l'un pourrait valoir les deux autres, ah, vraiment, il ne faut avoir peur de RIEN !"
Véronique
Arghh...
Je vois que je me suis mal exprimé puisque m'avez mal compris... Dans mon,
"Aussi devant celui-là, devant ceux-là, chapeau bas. Quant aux autres..."
le "devant ceux-là" ne concernait en rien les corniauds de l'affaire qu'évoquiez, je voulais parler de "ceux" de la trempe de Patrick McGuiness, des bons avocats, en salade ou au barreau j'espère qu'en sont quelques-uns partout.
Sorry for this lack of precision, won't do it anymore.
Gentlemen and gentle Veronique, I rest my case.
AO
Rédigé par : oursivi@VR | 20 avril 2012 à 01:23
@ oursivi
Merci pour les extraits de ce documentaire ++++++++++++++ de Xavier de Lestrade dont j'apprécie énormément les films.
Maintenant, pensez-vous que Patrick (l'avocat) n'est pas obsédé, habité et hanté par l'exigence de vérité quand il démonte - extrait n°1 - une par une les pièces si grossièrement ficelées d'une enquête et d'une accusation ni faites, ni à faire, où la désinvolture et la suffisance le disputent à des pratiques de bricoleurs en gros contre celles des professionnels de la rigueur et du détail ?
Bien sûr que non.
Quant à votre comparaison entre les deux avocats déserteurs de l'Hérault et le merveilleux Patrick, franchement, oursivi, faut quand même y aller, pour oser envisager même un millionième de seconde que l'un pourrait valoir les deux autres, ah, vraiment, il ne faut avoir peur de RIEN !
Pour conclure cette discussion, du même Xavier de Lestrade, à voir absolument:
http://www.amazon.fr/The-Staircase-Soup%C3%A7ons-Jean-Xavier-Lestrade/dp/B000FORAZY/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1334859101&sr=8-1
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 19 avril 2012 à 20:27
Relevé: "Si les conditions de détention n'étaient pas souvent si effroyables dans notre pays comme dans tant d'autres, il serait peut-être moins grave d'accepter un innocent temporairement emprisonné qu'un coupable demeurant dangereux dehors."
Dans une des situations dans laquelle est intervenue le Maître, il ne peut contester le bien-fondé de l'emprisonnement provisoire des présumés prédateurs...
Le harcèlement moral, les menaces, l'intimidation sur les victimes, le grand ménage n'ont eu de cesse d'ailleurs de la part de ceux qui n'avaient pas bénéficié d'une mise à l'écart.
Si dans un cas comme Outreau une solution plus intelligente avait pu être appliquée, je ne doute pas qu'elle l'aurait été.
Le couple Lavier a reçu 560 000 € d'indemnités pour compenser la provisoire abusive. Ce qui devient embarrassant c'est le rapport de l'IGAS datant de 2007 et autres croustillades du même acabit...
Bref, je n'ai jamais vu une telle mayonnaise monter aussi facilement avec si peu d'ingrédients...
Rédigé par : Agnès V. | 19 avril 2012 à 14:43
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 19 avril 2012 à 07:41
Oui, eh bien pour une fois je vais me faire l'avocat d'avocat, peut-être parce que ce sont ceux-là, justement.
Ils n'ont semblé lui "nuire" comme vous l'écrivez, que par contraste avec la pratique moyenne de leurs collègues, cette bêlante défense sans limite quant à ce qu'elle cherche à arracher.
Ils n'ont pas pris le parti de l'accusation, me semblent plus avoir été outragés inventant ce cas de figure d'outrage à avocat, sûrement jaloux qu'existe cet outrage à "magistrat".
Encore une fois, je ne nie pas le droit à une défense, j'entends juste rappeler qu'existe au-dessus de l'intérêt de chacun, un intérêt général... méditez les paroles de 10'50'' qui viendront à vous si prenez quelques minutes pour regarder ce dont je vous suggère l'analyse.
Chercher des circonstances atténuantes, certes, mais penser aussi aux possibles conséquences de son influence oratoire, aux circonstances atténuantes non passées mais à venir qu'il offre à la société si n'aide pas à remettre rapidement dehors un cas dangereux en commençant par tenter de réfuter en lui-même la dangerosité de son client.
Je me souviens de ces mots de l'avocat de Succo, bien des années après son suicide-exécution (?), où il confiait la peur que ce type lui faisait, même dans le rôle qui était le sien, même en présence d'une escorte conséquente...
Je serais curieux de savoir comment EDM l'aurait défendu celui-là, qu'eût-il visé, je veux dire comme sentence ?
Si les conditions de détention n'étaient pas souvent si effroyables dans notre pays comme dans tant d'autres, il serait peut-être moins grave d'accepter un innocent temporairement emprisonné qu'un coupable demeurant dangereux dehors.
On pourrait commencer par là, aussi selon l'intérêt des coupables emprisonnés, leur rendant mieux leur part d'humanité ainsi qu'à les vouloir absolument dehors, néfastes à eux-mêmes comme, et surtout, aux autres.
Un grand avocat, c'est ça
http://www.dailymotion.com/video/x8958c_un-coupable-ideal-partie-5_shortfilms?ralg=behavior-meta2#from=playrelon-3
maintenant écoutez les paroles du grand homme à 10'50'' et surtout 12'05''
http://www.dailymotion.com/video/x895ev_un-coupable-ideal-fin_shortfilms#
Bon, il ne s'agit pas d'exiger de chaque avocat qu'il ne se contente pas de faire acquitter un innocent - en soi une noble et belle tâche - mais d'exiger que faire triompher la vérité soit leur but ultime, pas celui de gagner la joute oratoire quelle que soit la vérité.
Aussi devant celui-là, devant ceux-là, chapeau bas. Quant aux autres...
AO
Rédigé par : oursivi@VR | 19 avril 2012 à 12:30
Bonjour à toutes et à tous, bonjour Monsieur Bilger.
Affligeant de constater qu'en France, tout doit se gagner dans la lutte, la sueur et le sang.
Lorsqu'il a fallu modifier le régime des gardes à vue décrié depuis des lustres par quelques avocats, ces derniers se sont retrouvés face à un mur complètement hermétique.
Il a fallu que le Conseil Constitutionnel décide d'y mettre son grain de sel pour que les choses commencent à faire semblant de bouger.
Durant l'Histoire de France, les gueux ont toujours été traités avec dureté et mépris.
C'est cette image que nos dirigeants ont de nous dans leur inconscient. M.Sarkozy avait tout sur un plateau, pourquoi alors ne pas faire au moins pire que les autres ?
Les conséquences de cette approche des foules conduit à des grèves démesurées, des abus de tous genres qui feraient qu'un Saddam Hussein pourrait tout à fait briguer la présidence de la CHDH.
Des avocats rebelles ? Il y en a très peu en France. Tous se rendent avec respect à la pissotière le slip sur la tête. Il n'est pas question de droit au sens premier mais de principe. Chacun cherchant à faire entendre le sien. Évidemment, juges et procureurs ont toujours raison, mais parfois, pour donner l'impression que les choses s'équilibrent, on laisse l'avocat de la défense l'emporter.
S'il n'y avait pas cette défiance entre le peuple et l’État, nous nous en tiendrions strictement à la loi et à son application.
Il faudrait un changement de mentalité radical pour briser ce rapport de force contre-productif et antidémocratique.
Cordialement.
Rédigé par : Rahmouni Slimane | 19 avril 2012 à 08:48
@ oursivi
"Ce cas de figure me paraît hors propos quant à cette prise de conscience que j'appelle de mes vœux de leur part."
Je ne suis pas d'accord avec votre lecture, cher oursivi.
Pensez-vous sérieusement que ces avocats, s'ils avaient été convaincus de l'innocence de leur client, l'auraient lâché comme ça, d'un coup d'un seul, au motif d'un incident d'audience - c'est vrai, de taille et redoutable pour leur système de défense -, au prétexte que leur client en prison n'a pas suivi à la lettre leurs recommandations ?
Vous vous désespériez des avocats qui, malgré tout, en dépit de tout, défendent quand bien même leur conviction intime serait celle de la culpabilité de leur client.
Par mon exemple, j'ai voulu vous montrer à quoi ressemble un avocat de la défense qui renonce à défendre au sein même d'un procès et déserte une cour d'assises : cet avocat devient alors l'accusateur alpha de son client.
Dans cet exemple, il me semble que ce qui a été gravement transgressé est le principe même qui commande sur l'essentiel la relation d'un avocat à son client, et que je rapproche du "D'abord ne pas nuire" qui lie le médecin à son patient.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 19 avril 2012 à 07:41
Rédigé par : Agnès V. | 18 avril 2012 à 22:07
Voilà un beau réquisitoire qui ne souffrira d'aucune plaidoirie, quelque effet de manche dont le patibulaire mais presque oserait souffleter la morale.
PB, vous avez de vilaines fréquentations, va falloir vous trouver un bon avocat, un vrai je veux dire, un qui oeuvre dans l'intérêt de tous.
Szpiner par exemple ?
Non, je déconne.
Toujours cette pathologique envie de faire un bon mot.
"Bon"... tu parles, songea notre hôte.
Vivement qu'on le remette dans sa cage dont a fui, ce sale ours, comme fuirait du lit, pardon, comme dirait Fulli.
AO
Rédigé par : oursivi | 19 avril 2012 à 03:12