Sans doute ai-je laissé passer plus de deux jours, pour la première fois depuis longtemps, entre la publication de deux billets parce que je ne parvenais pas à me décider entre l'ordinaire analyse politique française et un drame américain bouleversant.
Celle-là m'aurait conduit à m'étonner des réactions ironiques de l'opposition devant la diminution des salaires du président de la République, du Premier ministre et des ministres. Il est facile de se moquer quand, en s'en étant abstenu lors de l'exercice du pouvoir, on veut laisser croire que cette avancée est dérisoire. Si elle l'était, et si peu signifiante sur le plan symbolique, pourquoi ne pas l'avoir accomplie alors que l'opinion publique, elle, en a compris la portée en dépit de la misérable polémique sur l'augmentation du nombre de ministres ? Je regrette qu'un Henri Guaino se soit laissé aller à tourner en dérision ce progrès en déplorant qu'on n'ait pas fait travailler le gouvernement pour rien, laissant subsister ses membres avec leurs revenus personnels (BFM) ! Pour la démocratie, j'aurais espéré un consensus sur cette réduction qui a dans tous les cas de l'allure.
Rien à voir, évidemment, avec la tragédie qui s'est déroulée en 1989 au Texas. Carlos DeLuna âgé de 27 ans a été condamné et exécuté pour le meurtre d'une jeune femme, commis en 1983 (Le Parisien, le Télégramme).
Une enquête vient d'être menée, durant cinq ans, par un professeur de droit et ses étudiants. Elle a permis d'établir que DeLuna avait un sosie, Carlos Hernandez, qui demeurait dans la même région et qui avait un casier judiciaire chargé avec notamment des agressions et un vol à main armée. Mais son passé judiciaire n'a jamais empêché qu'il soit traité avec une étrange indulgence par les autorités du Texas.
Le comble, c'est que Carlos DeLuna n'avait pas cessé de protester de son innocence tandis qu'Hernandez à plusieurs reprises a avoué être l'auteur de cet homicide. Incarcéré à nouveau, ce dernier est mort en 1996.
Ces deux hommes se ressemblaient tellement que même leurs proches les confondaient. Le jour des faits cependant, un témoin avait fourni un signalement vestimentaire et physique - moustachu et une chemise grise - qui correspondait à Hernandez mais non à DeLuna : rasé, avec une chemise blanche.
La certitude de l'existence dans le même secteur de ces deux jeunes gens si similaires d'apparence n'avait pas dissuadé le procureur, lors du procès, de prétendre "qu'Hernandez n'est qu'un fantôme né de l'imagination de DeLuca".
Les deux sont morts mais l'un dans la honte, en ayant réclamé justice sans l'avoir jamais obtenue, l'autre en se sachant coupable mais en n'étant pas cru.
Le défaut de conscience, de vigilance, de compétence, quelle catastrophe !
Mais la peine de mort, quelle horreur !
"Cela importe plus que l'acuité intellectuelle, par exemple, mais le mensonge sur les armes de destruction massive les a fait beaucoup réfléchir*."
AP
Cher Alex,
Ahh, enfin une bonne nouvelle, l'intelligence, la lucidité, où qu'elles émergent, est toujours une joie faite à qui tente de les faire pousser partout comme autant de feux sacrés.
Je serais curieux de savoir jusqu'où va leur repentance...?
Ils nous prennent pour des "cuisiniers"... c'est mignon**, cela me rappelle, je veux dire la réflexion que vous a faite cette dame, cette confession qu'avait lâchée un des leaders français chargés d'implanter Michelin aux US dans les années 80 - je crois - où il eut beaucoup de mal à convaincre les autochtones que Michelin était une marque française et pas allemande...
Solidité, performance, rigueur... cela ne pouvait être que teuton...
Ils sont, en effet, forts nos voisins d'outre-Rhin, mais heureusement quelques rares fleurons nous rassurent sur ce que pouvons produire aussi.
Faisons-les plus nombreux.
Votre accent d'entre deux m'évoque la première fois - plus de 20ans déjà... - où suis allé à NY, la balade en yellow cab from JFK to downtown Manhattan, et ce chauffeur de la cinquantaine qui me dit alors que j'étais assis dans un taxi qui avait vu venir à lui quelques fracassantes célébrités, notamment Anthony Quinn qui se tint sur la même banquette que mes augustes fondements quelques années plus tôt, homme que ce chauffeur routa deux fois à quinze ans d'intervalle, et en 92, lui encore tout ému d'évoquer une course du milieu des années 70 où il respira le même air qu'un de ses héros. Nous parlâmes tout le trajet, il avait un bel accent italien noyé dans une langue devenue courante. Il me demanda d'où j'arrivais, incapable de cerner mon accent, lui aussi.
AO
* Demeure sidérant que personne n'ait été jugé pour ces bobards d'Etat... Wolfowitz, Rumsfeld, Cheney et bien sûr Bush, tous sont passés à travers... sidérant !
http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_d%27Irak
** ils ne seraient pas déçus - enfin, si ! - s'ils me confiaient leur cuisine, tiens...
Oursivi, il coulerait même un McDonald's !
Rédigé par : oursivi@AP | 04 juin 2012 à 12:50
C’est également au Texas qu’un dénommé Hank Skinner fut lui aussi accusé de meurtre : d’avoir assassiné son amie et ses deux fils le jour de l’An 1993, mis en accusation en mars 1994, condamné à mort en mars 1995.
L’incompétence de l’avocat, volontaire (qui a vu sa dette personnelle effacée contre la mise en accusation du présumé coupable), a marqué son procès, mais aussi l’absence de tests ADN que l'avocat n'a pas demandés pour le faire accuser.
Souvenez-vous, vous aviez écrit là aussi un billet dans cette affaire qui date de fin 2011 !
Pour H Skinner donc, c’est encore un professeur et ses élèves qui enquêtèrent en 2000. Et grâce à des tests ADN, effectués, mais en dehors de toute décision de justice (cheveux retrouvés dans la main de la victime), il fut prouvé que H Skinner n’était pas le vrai coupable.
Cet homme passa 16 ans dans le couloir de la mort, car la justice du Texas, elle, ne voulait pas faire procéder aux fameux tests ADN ! (pas demandés par l'avocat à l'occasion du procès !)
A trois reprises les diverses demandes furent rejetées…
Un juge signa même un mandat d’exécution en 10/2009 pour 02/2010 !
H Skinner échappa à deux qui furent suspendues, l’une en 2010, (soit 45 minutes avant l'injection), l’autre en 2011.
L’affaire fut médiatisée grâce à une Française devenue son épouse. Elle s’activa pour tenter de le sauver… et le 7 novembre 2011, la justice américaine suspendit l’exécution prévue le 09 novembre 2011…
http://www.hankskinner.org/hs/hs.php?fr,denied
11 années s’écoulèrent entre les tests effectués par ce professeur et ses élèves et la suspension de l’exécution fin 2011 ! Mais pour combien de temps encore ?
Son histoire est à lire. Quand on dit que la justice broie, que dire lorsqu'il s'agit d'un innocent ?
Rédigé par : Marie | 01 juin 2012 à 08:56
@ oursivi
Cela veut dire que dès qu'ils apprenaient que j'étais français ils pensaient que j'étais cuisinier.
Je vous rassure, ce n'est pas à "meneur d'hommes" qu'ils pensaient... Ce n'est pas une insulte, mais voir se répéter quatre fois le même cliché dans des bars différents, ça fait bizarre.
Une avocate, quand je lui ai répondu "ingénieur", m'a même demandé si j'avais étudié en Allemagne. Mais mon accent y était peut-être pour quelque chose: aux US, quand un Français fait des efforts pour cacher son accent, les locaux pensent parfois que cet accent neutre mais étranger est allemand.
Au Texas, on parlait de l'intervention en Irak. Ils étaient très solidaires de leurs soldats mais en même temps, le mensonge n'est pas trop accepté. Il faut parler leur langage. Dans leur culture, le qualificatif le plus important est "reliable" (sur qui on peut compter).
Cela importe plus que l'acuité intellectuelle, par exemple, mais le mensonge sur les armes de destruction massive les a fait beaucoup réfléchir.
Même s'ils restent Républicains pour des raisons économiques.
Rédigé par : Alex paulista | 01 juin 2012 à 04:55
Allez une spéciale pour sylvain :
Quelques brèves remarques, encore, sur la peine de mort : http://www.huyette.net/article-quelques-breves-remarques-encore-sur-la-peine-de-mort-84837371.html
Rédigé par : toto | 31 mai 2012 à 20:39
Tout français est "chef" pour eux, par exemple.
Rédigé par : Alex paulista | 31 mai 2012 à 06:14
Alex, pourriez-vous développer cette phrase à moi énigmatique ?
AO
Rédigé par : oursivi@AP | 31 mai 2012 à 15:10
Je voulais juste préciser une chose sur ce sujet.
Ce type de billet épouse les clichés classiques sur le Texas.
Oui, au Texas il y a la peine de mort.
Mais pour le travail je suis allé à Houston plusieurs fois, et je dois avouer que j'y ai découvert une atmosphère sympathique. Leurs sous-terrains en pleine ville sont amusants. Les gens sont accueillants, il y a beaucoup d'étrangers légaux et ils y sont respectés. Chose que peu de gens savent, G W Bush y a légalisé beaucoup d'immigrés qui donnaient des garanties d'insertion.
Et si on veut parler politique avec eux, on peut très bien le faire tant qu'on respecte leur approche.
Dans leur hôpital il y a des docteurs à la pointe de la recherche qui ont donné des conseils précieux aux docteurs brésiliens pour soigner ma belle-soeur atteinte d'un cancer à São Paulo. Gratuitement. Ils ont fait diminuer sa tumeur comme aucun n'avait réussi avant. Ah si on les avait consultés plus tôt...
Puis je suis rentré dans l'arrière-pays, un peu plus fermé et droit dans ses bottes mais finalement très "latin" quand on a brisé la glace. On y crée des liens bien plus durables qu'à NY.
En bref, j'aime le Texas, qui est bien différent des clichés français. En revanche j'ai eu l'occasion d'aller au fond du Tenessee (à Johnson City) et les gens que j'ai croisés m'ont un peu effrayé.
Tout français est "chef" pour eux, par exemple.
Rédigé par : Alex paulista | 31 mai 2012 à 06:14
Certes le Texas est plus qu'extravagant pour nous autres européens...
Encore plus extravagant :
http://www.amnesty.org/en/library/asset/AFR54/024/2012/en/4384e12f-6cee-4c9c-bba0-06df38ea54fb/afr540242012en.html
Rédigé par : Jean-Paul | 30 mai 2012 à 23:53
échange avec... L. Pavarotti :
http://www.youtube.com/watch?v=bPvAQxZsgpQ
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 29 mai 2012 à 06:56
Pour le coup, c'est vous qui êtes un peu dure que de comparer le stentor EDM à ce pâle et fluet gazouilleur...
Quitte à aller taquiner le génie, n'y allons pas à moitié
http://www.youtube.com/watch?v=STKkWj2WpWM
ça groove autrement plus que ces blêmes copies du Cpt Haddock...
Quant au Philou qui s'est échappé, il faut appeler un chat un chat et un procureur en cavale un procureur en cavale.
AO
Rédigé par : oursivi@VR | 29 mai 2012 à 15:11
@ oursivi
Parce qu'il y a un moment où il faut savoir arrêter une discussion.
Si je considère le sujet initial - terrifiant - du billet de Philippe, alors au risque d'attiser encore plus vivement votre incompréhension à l'égard de ma défense d'E. Dupond-Moretti, je tiens cependant réellement à conclure notre échange avec... L. Pavarotti :
http://www.youtube.com/watch?v=bPvAQxZsgpQ
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 29 mai 2012 à 06:56
"Conséquemment, le pire usage de notre liberté ne peut être invoqué comme principe d'exclusion de notre humanité"
Marc
Cher ami au vouvoiement contraint, il n'est pour moi pas d'humanité plus haute que celle de nous voir en une frêle et soudée fratrie - que nous sommes déjà biologiquement, vaste "cousinerie", pour dire le vrai - dès lors, qui dénie sa part d'humanité à un de ceux qu'une commune nature faisait son frère, perd la sienne si ce ne sont pas les égarements d'une passion compréhensible qui l'y ont conduit, mais une pulsion qui n'est en rien un sentiment partageable.
Le hasard a fait hier que m'est venu aux yeux lors du ciné-club dominical un remake à moi inconnu du chef d'oeuvre de F. Lang, "M le maudit", celui-là réalisé aux USA au début des années 50, certes, lui, pas un chef d'oeuvre, mais au thème centré sur notre questionnement du jour et de toujours...
Qu'est-ce qu'un coupable, que la Société où il évolue forcément, que son droit à le juger, et, au-dessus de cela, qu'est-ce que l'humanité et quand risque-t-on d'en sortir du fait de ses actes ?
Que d'aucuns peuvent formuler par un "mais dont on ne sort jamais", thèse d'ailleurs partagée par ce film comme par son illustre prédécesseur.
Il est sûr que de voir Peter Lorre comme son sosie américain au milieu d'une meute d'indignés prêts à tout - et que le scénario a même situé comme de simples moindres malfaisants - réinsère le misérable en son humanité déchue en en faisant la future victime toute désignée, plus que certaine, celle que notre sentiment d'empathie, justement, humanise selon le réflexe de qui en fait bien partie, de cette humanité, de ce sentiment d'appartenance commune dont d'autres plans plus intimes saisis en ses moments d'absence à lui, le misérable, montreraient qu'il en fut alors totalement dépourvu, de sentiment, d'empathie, de familiarité avec ceux qu'il a réifiés.
Véronique...
Bon, je vais essayer de le dire plus clairement que ce que je viens de dire ci-dessus parce qu'il y a du bruit autour de moi et qu'on m'interpelle.
Alors pour la millième fois, redire que je n'ai rien contre le fait de défendre un innocent, qu'en charge de cela je m'y fonderais avec la même opiniâtreté que celle qui m'habite ici, mais, c'est ce que vous ne voulez pas comprendre, que défendant un type que j'aurais pris le temps de comprendre, ce que ne fait jamais EDM, seul "la technique de l'affaire" l'intéresse, si je me convaincs de sa culpabilité, je ne ferais rien d'autre que de chercher à éclairer au mieux des circonstances atténuantes où peut encore se dire son humanité.
Cependant jamais, ô grand jamais, je ne chercherais à faire passer un coupable pour un innocent pour faire mousser mon charisme et mes savoir-faire.
Ceux s'y amusant s'éloignent du sens du propos de Fritz Lang que je partage, ils brouillent les cartes de la vérité et de la justice.
Comme dirait JDR, ce sont de méchants hommes.
Pire, de méchants hommes adulés.
AO
Rédigé par : oursivi@MSVR | 28 mai 2012 à 20:09
La juste chose à comprendre est que la rédemption n'est pas offerte à tous.
Axel, l'espérance n'est pas plus l'optimisme que l'angélisme.
Tout homme est soumis à un certain nombre de déterminismes, innés et acquis, notre liberté est donc toute relative et sur une échelle de gradation que nous sommes incapables de définir. Au mieux croit-on pouvoir déceler le "zéro liberté" lorsqu'un homme est déclaré irresponsable de ses actes et envoyé préférentiellement en hôpital psychiatrique. C'est donc de sa part "responsable" de liberté que l'on prive un homme quand on l'envoie en prison.
A ce stade, vous observerez que ce n'est pas fondamentalement la liberté qui définit notre humanité puisque "l'aliéné" est envoyé en soin ; il n'est aucunement, ni par principe ni par acte, exclu de son appartenance à l'espèce humaine. Il y a en l'homme plus grand que lui-même, sa dignité dépasse sa liberté. Conséquemment, le pire usage de notre liberté ne peut être invoqué comme principe d'exclusion de notre humanité. Il ne peut que justifier la mise à l'écart de la société, notamment par précaution. N'étant ni très optimiste ni angélique, dans les cas extrêmes cette mise à l'écart me semble pour le coup devoir prendre toutes les précautions avant d'y mettre un terme, au point même que le doute ne profite trop vite à l'accusé !
Il demeure que la dignité de l'homme, offerte à tous, est plus grande que sa liberté et qu'elle est un mystère qu'il ne nous appartient pas de trancher.
Rédigé par : MS | 28 mai 2012 à 10:05
@ oursivi
"Que vous excusiez d'être ici et pour une fois un peu sosotte que de prendre la parole de notre Philou pour l'évangile qu'elle n'est pas. "
Et alors ?
Au prétexte qu'E. Dupond-Moretti est son ami, F. Szpiner son ennemi, Philippe Bilger - au passage "Philou", non, cela ne saurait convenir une seconde pour nommer PB - devrait s'interdire d'écrire dans son blog ce que l'ensemble des observateurs ont décrit de concert : le réquisitoire du procès en appel de J. Viguier a été calamiteux.
Et par-dessus le marché, il faudrait que je présente des excuses pour m'être appuyée et avoir exprimé ainsi mon entière confiance dans le billet qu'il a consacré à ce procès !
Vous ne cessez pas, au-delà de votre détestation d'E. Dupond-Moretti, de mettre en cause les droits de la défense, vous n'acceptez pas de considérer le fait que oui, dix mille fois oui, dans ce procès, l'avocat de la défense est totalement, parfaitement à sa place quand il dit :
" (...) je suis la dernière voix d'un homme qui a perdu la sienne. Parce que je dois me battre contre l'imagination, contre les suppositions auxquelles le réquisitoire de l'avocat général vous a invités."
et quand il déclare :
"(...) que l'intime conviction ce sont pas des sentiments et que le vraisemblable ne tient pas lieu de preuves."
(citations extraites de : "Procès Viguier : Eric Dupond-Moretti plaide le doute "- 20-03-10, Pascale Robert-Diard.)
Vous avez tous les droits pour exposer vos sentiments sur cette affaire et la conclusion "extime" que vous en retirez.
Seulement voilà, à la question de la culpabilité, dans la salle des délibérés, les jurés, à l'extrême final, dans la plus grande intimité, gravité et sincérité de l'entre soi et exclusivement soi, ne disposent - et c'est le propre de l'expression de la conviction - que de l'alternative du "Oui" ou du "Non".
A la majorité ils ont dit "Non".
Et quand bien même ils auraient dit "Blanc", ils savaient, ils ont assumé le fait que l'expression de leur hésitation signifierait et compterait pour un "Non".
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 28 mai 2012 à 08:03
"Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ???"
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 26 mai 2012 à 06:20
Que vous excusiez d'être ici et pour une fois un peu sosotte que de prendre la parole de notre Philou pour l'évangile qu'elle n'est pas.
"ont l'exploit aboutit au placement de "sa preuve" en garde à vue en plein procès..."
VR
qui fit d'ailleurs encore plus beau pschiiiit que tout ce qu'EDM voulait rendre tel...
Il suffit alors d'imaginer la belle boucle contradictoire qu'eût dû affronter EDM si le témoin cité devenu accusé l'eût requis pour le défendre... ou comment dire le contraire le lendemain de ce qu'il aurait dit la veille...
J'avais dit tout le mal - quelle tristesse que d'avoir à le rappeler pour ne pas passer pour le vilain petit canard... - qu'avais pensé de la phrase stupide de Szpiner à l'encontre de notre hôte, mais avec la même tranquille certitude je viens redire que dans deux cas célèbres, Viguier et Treiber, quiconque s'y est un peu intéressé de manière conséquente sait que la raison et la justice étaient en l'occasion du côté de Szpiner et en rien du côté d'EDM et des biaisées marques d'estime que lui avait ici écrites notre hôte...
Désolé Philippe, mais la vérité est au-delà des coteries.
Relisant récemment avec recul le billet publié ici par notre hôte lors du suicide de Treiber et le coup d'amical cirage donné à son cher EDM dans le même temps que le coup de pied de l'âne adressée à Szpiner, et, connaissant très bien les faits, je me suis dit que lisais une des injustices comme sottises les plus belles qu'aurai lues ici...
"La loi ne demande pas compte aux juges des moyens par lesquels ils se sont convaincus, elle ne leur prescrit pas de règles desquelles ils doivent faire particulièrement dépendre la plénitude et la suffisance d'une preuve..."
La mienne, de conviction, l'extime puisque je vous la livre, eût été de penser que, en l'état de nos connaissances telles que l'enquête les a formées, la seule thèse plausible est une culpabilité de qui défendait EDM, mais que la Société et surtout ses enfants n'avaient rien à gagner à son maintien à l'ombre encore bien des années, la situation l'ayant amené, probablement, à agir de la sorte que l'avait désigné l'accusation, ayant une infime chance de nouvelle occurrence, le crime passionnel paraissant s'être montré ici ayant droit aux circonstances atténuantes de ceux-là, circonstances comme seul écrin de la vérité.
AO
Rédigé par : oursivi@VeRaff | 27 mai 2012 à 20:54
"vous catégorisez de manière aussi abjecte"
Padré
Ce n'est pas moi ni ma caractérisation qui sont abjects, mais ceux qui nous catégorisent de la sorte, eux qui font de certains d'entre nous pris plus ou moins au hasard les instruments de leurs fantasmes morbides les objets où ils aiment agiter l'effroi, bien campés sur leur perversité, eux qui font aussi des âmes égarées telles la vôtre, de jolis tampons dont ils espèrent détourner les consciences, mêmes celles qui s'imaginent enracinées dans les préceptes bibliques, c'est dire...
"Oeil pour oeil, dent pour dent" est la seule loi qui vaille, celle qui équilibre l'univers et qui s'y agite, nous.
Rédigé par : Surcouf | 26 mai 2012 à 17:17
Vous êtes fort cruel que de penser que l'État ait le droit de disposer de davantage que la mort d'un individu, de sa vie et de la possibilité qu'il a, que nous avons tous, de décider de l'abréger si elle nous fait subir des affres intolérables.
Si la peine ne sert pas à mettre le malveillant loin de ses proies, si elle n'est là que pour le tourmenter - ce que l'interdiction d'en finir peut impliquer - alors c'est vous le pervers, vous le tortionnaire...
Là, ce n'est plus la mort que la Société afflige, cela s'appelle la torture et la torture à perpétuité pour certains !
Rédigé par : MS | 25 mai 2012 à 22:06
Marc, as-tu pensé à la tension qu'endurent ces gens sur lesquels la Société se décharge quant à devoir s'occuper de ceux-là ?
Es-tu choqué par la froide exécution que les États-Unis ont offerte à Ben Laden ?
Lui qui avait organisé les assassinats par milliers...
Liguez-vous, usez du TPI, assignez pour assassinat Obama et son staff qui prirent la décision létale.
...
Ne soyez donc tous pas si hypocrites, cela se voit, même de loin.
Je l'ai dit et le redis, ne sont que des cas particuliers dans l'humanité mais certains - fort rares, heureusement - en font moins partie que d'autres, pas de naissance bien sûr, de ce qu'ils ont choisi de faire de cette hypothèse bienveillante que nous accordons tous les uns aux autres, de la façon dont ils l'ont piétinée, piétinant des humbles qui ne les avaient en rien offensés !
La justice telle qu'appliquée en France en 2012, fait-elle autre chose dans ses intentions qui demande à des experts psychiatriques - bien embarrassés - de statuer quant au raisonnable d'une remise en liberté, même après de longues peines, de ceux dont je parle, dont je ne souhaite qu'une chose, c'est qu'ils soient maintenus hors de portée des agneaux que nous sommes, quel qu'en soit le moyen, une vraie perpétuité me siérait fort bien, égoïstement, oubliant ceux en charge de l'appliquer...
La juste chose à comprendre est que la rédemption n'est pas offerte à tous.
L'humanité est vaste et fort diverse, certains n'ont même pas conscience d'en faire partie.
Ceux qui ne veulent le voir sont hélas les ennemis du paisible plus grand nombre.
Le plus triste* est que ce soit eux qui viennent encore dispenser sottise et moraline, d'une même voix sucrée et assurée, sermon d'égaré, de qui s'est saisi de l'ombre croyant tenir ceux qui font de nous des proies.
AO
* est aussi "d'oublier ce qui nous fit crever", Céline cité par Nicolas Bouvier dans "Un siècle d'écrivains", 1997.
Rédigé par : oursivi@PA-Surcouf-Marc | 27 mai 2012 à 19:37
@Surcouf
Durkheim aborde la science sociale observant le suicide...
Quelle drôle d'idée..., mais n'empêche!
Il y a des origines rapprochées qui disent mieux qu'origines lointaines.
On sait bien qu'il n'y a pas de sciences sociales, qu'on ne distingue avec cette chose-là ni boulons ni écrous, qu'aucune preuve avec le suicide ne peut se prononcer, et que le poids de par la société alors jamais ne pèse...
Et, que seulement soupèsent en société ceux qui pressentent leur part.
Vous mettez donc le doigt, et c'est tant mieux.
C'est mon avis, et merci d'aborder!
Rédigé par : zenblabla | 26 mai 2012 à 22:54
@oursivi
"Pourquoi autoriser un citoyen lambda qui n'a jamais tué personne à se suicider et..."
En démocratie tout est autorisé sauf ce qui est interdit, alors on n'autorise pas ou on n'a pas à autoriser une personne à se suicider. Cela relève de la liberté individuelle au sens le plus strict du terme.
Les superstitions religieuses peuvent en interdire la chose à leurs ouailles mais ce n'est alors que du jugement moral qui n'est pas du ressort de la loi républicaine.
Ce qui se passe en prison est différent. Dans les établissements pénitentiaires c'est l'Etat qui est responsable de l'individu enfermé. Il est même responsable de l'exécution de sa peine.
C'est pourquoi je pense, mais monsieur Bilger est plus à même de répondre que moi, que l'Etat par ses fonctionnaires veille à ce que les prisonniers ne se suicident pas.
L'Etat est redevable auprès du peuple, des citoyens, de l'exécution des peines qui ont été prononcées en son nom.
Rédigé par : Surcouf | 26 mai 2012 à 17:17
@Colette G. | 25 mai 2012 à 08:33
« La discipline transforme l'animalité en humanité (Kant) » Traité de Pédagogie ; éd. française 1886
En dehors de ce traité, la pédagogie s'appelle méthodologie :
« L'idée même de la vertu implique qu'elle doit être acquise, puisque elle n'est point innée. »
Ainsi, « elle peut et droit être enseignée .» Doctrine de la Vertu, Méthodologie -
Toutefois « avec les âmes impures ou dégradées, il faut user de moyens à leur portée et les solliciter provisoirement par l'intérêt » - Traité de Pédagogie, préface, renvoi à la Critique de la Raison pratique.
De fait, Lucrèce ne disait pas autre chose. Voir De rerum natura – Liber IV (De la Nature des choses, Livre IV)
« Pour donner aux enfants l'absinthe qui répugne,
D'abord les médecins, tout autour de la coupe,
En imprègnent les bords de miel doux et doré ;
Cet âge imprévoyant est joué jusqu'aux lèvres,
Le temps de boire jusqu'au bout le suc amer
De l'absinthe. Ils sont pris, mais non pas pris au piège :
C'est plutôt par ce biais qu'ils recouvrent leurs forces.
Et moi dont la raison souvent semble trop âpre
Aux auditeurs nouveaux, et répugne au vulgaire
Qui s'en détourne, j'ai voulu te l'exposer
Avec le doux-parler du chant piéridien,
Et comme en l'imprégnant de doux miel muséen :
Puissé-je retenir ton esprit dans mes vers,
Le temps de percevoir la nature des choses
Tout entière et d'en pressentir l'utilité. » - Traduction Ariel Suhamy..., Agrégé et docteur en philosophie.
L'absinthe ( Artemisiae absinthium) est une espèce d'armoise médicinale favorisant la digestion et qu'on présente souvent sous forme de tisane (infusion) ou en décoction dont est absente sa substance toxique (- la thuyone qui est « convulsivante et provoque des sensations de désinhibition et même, à fortes doses, des hallucinations » - ). On l'appelle encore « herbe aux vers » dont les enfants qui portent tout et n'importe quoi à la bouche vu que c'est leur façon d'apprendre, sont (étaient) souvent infectés.
Tout cela pour dire que la discipline est telle l'absinthe et ne peut être appliquée « pure » sans précautions, en particulier dans le cas des «âmes impures ou dégradées » qui doivent y être amenées donc par quelqu'un intérêt autre que l'intérêt pour la morale et la vertu dont l'homme, dit Kant, a l'instinct, mais que malheureusement il est loin de suivre spontanément dans ces cas de figure, et aussi en sorte que, telle la thuyone elle ne leur soit pas toxique, devenant alors poison plus que remède.
Rédigé par : Catherine JACOB@Mme FULLI!! | 26 mai 2012 à 09:19
@ oursivi
Pour finir notre hors sujet.
"Relisez ce qu'avais écrit sur le cas Viguier, toute cette mécanique d'enfumage qu'il déploie, cet appel au flottement, à l'ivresse de la raison ..."
"Je ne sais pas comment Me Eric Dupond-Moretti a plaidé en faveur de Jacques Viguier. Ce dont je suis sûr c'est du talent et de la force qui sont les siens et qui ont dû rendre encore plus infirmes, par contraste, les faiblesses de l'accusateur. L'intelligence du procès, la puissance du discours avaient clairement choisi leur camp."
Philippe Bilger ici: http://www.philippebilger.com/blog/2010/03/-crime-parfait.html
Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ???
Bon d'accord, face à une accusation qui se délite au fur et à mesure des débats, qui se retrouve avec son principal témoin (témoin-procureur-enquêteur en chef : toute cette confusion de genres bien compactée tenant lieu de pièce maîtresse dans le dossier de l’avocat général), dont l'exploit aboutit au placement de "sa preuve" en garde à vue en plein procès, accusation qui faute de plus et mieux, se contente de dupliquer les hypothèses de l'avocat de la partie civile, toutes juste bonnes à concourir pour le concours Lépine de l'hypothèse (dixit votre Bête noire EDM), d'accord, d'accord, il ne faut sans doute pas être un géant de la plaidoirie pour remettre les choses d'équerre, dans leur droit fil et à leur exacte place !
Ici, au final les jurés populaires, par deux fois, ont très simplement tranché. Ils n’ont pas été convaincus par la démonstration de l’accusation qu’ils ont sans doute analysée, pour reprendre vos mots, comme une sorte de mécanique d'enfumage, un technique très sûre pour aboutir au flottement et à l'ivresse de la raison, le tout et son contraire... bref, tout ce qui est à même, tout ce qu'il faut pour ancrer et ne plus déloger le doute dans l’esprit d’un juré.
Vous connaissez...
"La loi ne demande pas compte aux juges des moyens par lesquels ils se sont convaincus, elle ne leur prescrit pas de règles desquelles ils doivent faire particulièrement dépendre la plénitude et la suffisance d'une preuve ; elle leur prescrit de s'interroger eux-mêmes dans le silence et le recueillement et de chercher, dans la sincérité de leur conscience, quelle impression ont faite, sur leur raison, les preuves rapportées contre l'accusé, et les moyens de sa défense. La loi ne leur fait que cette seule question, qui renferme toute la mesure de leurs devoirs : "Avez-vous une intime conviction ?""
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 26 mai 2012 à 06:20
Pierre-Antoine 20.53
Aucun laxisme dans votre commentaire que j'ai apprécié !
Rédigé par : Colette G. | 26 mai 2012 à 00:37
@Herman
Non, non !
M. Nebout (...pas du rouleau) a évoqué la charité.
Faut avouer que c'est tendance éventuelle, aux temps qui courent.
Peut-être que Schopenhauer lui fournira un livre de chevet, celui transcrit après que le Royaume du Danemark lança un concours de philosophie interrogeant sur les fondements de la morale.
Pour dire l'occasion, comme M. Schopenhauer ne voyait rien en religions avec la morale, et qu'il lui vînt à l'esprit de fonder la morale dans la pitié, le Royaume du Danemark ne lui accorda pas le prix.
Pourtant, M. Schopenhauer était le seul concurrent !
@M. Nebout, puisqu'il examine à gauche avec la charité, ainsi il crée du lien.
Comme il dit, réhabiliter (c'est de cela qu'il s'agit) quelques religions, ce serait être assuré de restaurer la charité comme elle doit être.
Rédigé par : zenblabla | 25 mai 2012 à 22:46
Les Fofana, Georges, Traoré, Fourniret, Dutroux, Heaulme, Bodein et quelques autres... Progrès y a-t-il à les garder à vie en cage...?!
C'est à la définition in fine de la dignité humaine que la question, Axel, renvoie.
Si l'homme n'est qu'un ver de Terre comme un autre, apparu par hasard sur une croûte de fromage par l'heureuse conjonction d'un taux d'ensoleillement et d'humidité adéquats, rien dès lors n'empêche de considérer qu'il peut aussi y avoir dans l'espèce humaine de mauvaises graines donnant de mauvaise herbes, à éliminer utilement ici comme ailleurs.
Inversement, pourquoi n'y aurait-il initialement que des bonnes graines, comment fonder cette assertion ?
Rédigé par : MS | 25 mai 2012 à 22:06
@Oursivi
"L'horreur de la peine de mort est qu'elle soit appliquée sur des cas incertains.
Là, elle n'est en rien justifiable."
Que l'on soit d'accord (ou non) avec l'idée de la peine de mort appliquée à une certaine catégorie de criminels ne dispense absolument pas de les considérer comme humains.
Je dirais même que c'est une obligation qui s'impose à moins de descendre au niveau de ce que l'on condamne !
Pour avoir rencontré individuellement et en confidence pastorale un de ceux que vous catégorisez de manière aussi abjecte je peux vous dire que d'être traité en humain a enclenché en lui un processus qui vous surprendrait.
J'ai rencontré aussi des "quelques autres" et je ne peux qu'affirmer avec encore plus de force que l'humain prime sur le bestial et l'abject !
Mais de grâce ne déduisez pas de mon commentaire que je suis laxiste en matière de crime et même délinquance.
Cordialement
Pierre-Antoine
Rédigé par : Pierre-Antoine | 25 mai 2012 à 20:53
L'horreur de la peine de mort est qu'elle soit appliquée sur des cas incertains.
Là, elle n'est en rien justifiable.
Sur des serial-killers, des assassins revendiqués, des irrattrapables du fait d'une psyché complètement hostile, cela se pense déjà beaucoup plus avant...
Les Fofana, Georges, Traoré, Fourniret, Dutroux, Heaulme, Bodein et quelques autres... Progrès y a-t-il à les garder à vie en cage...?!
La question n'est là plus guère idiote, elle n'est la seule :
Pourquoi autoriser un citoyen lambda qui n'a jamais tué personne à se suicider et... interdire aux assassins enfermés de parfaire leur œuvre sur leur propre compte..?
Timothy McVeigh n'a-t-il déclaré préférer être exécuté que captif ?
Je ne serais pas choqué de voir subir ce sort aux précédents nommés, non pas au vu de ce qu'ils coûtent en nourriture, on s'en doute, mais plutôt en tension nerveuse à ceux chargés de les garder, de les maintenir loin de leurs proies... nous.
AO
Rédigé par : oursivi | 25 mai 2012 à 20:04
Mary Preud'homme, Xavier Nebout, et dans une moindre mesure, Franck Boizard, sortent tout seuls par la porte, pour revenir la queue entre les jambes (au moins pour deux d'entre eux, a priori...) par la fenêtre.
Certes, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis etc. mais quand même ! Tout cela va à une vitesse ! aussi vite que le changement de ton de Philippe sur notre nouveau président... Ah ! que voilà nos apôtres de l'ouverture d'esprit, toujours enclins à faire la leçon aux obtus à grands renforts de slogans plus moralistes encore que ceux des, au hasard... écolos. Même s'il faut convenir qu'elle n'est pas trempée dans la moraline, dénoncée déjà par Nietzsche qui n'était certes pas très démocrate : un bel aristo taillé sur mesure pour notre ami Nebout (d'ficelle...)
Il aura juste suffi d'une petite mise en garde à notre nouvelle ministre de la Justice pour que les chiens reviennent aboyer en meute...
Cela laisse de l'espoir aux autres...
Rédigé par : Herman | 25 mai 2012 à 17:38
« Le défaut de conscience, de vigilance, de compétence, quelle catastrophe !
Mais la peine de mort, quelle horreur ! » PB
Il semblerait que le problème dans bien des erreurs judiciaires aux Etats-Unis relève de l’avocat qui se révèle on ne peut plus incompétent ! (En France aussi, fort souvent !). Mais également à d’autres services afférents à ces affaires. Aussi, une question se pose : qu’est une vie ? Ou plus exactement, quel est le prix d'une vie dans un Etat, pour un pays qui pratique l’injection létale ?
En 2005, un juge de la Cour suprême, le juge Scalia, prétendit : «Les opposants font tout un plat des nouvelles possibilités offertes par les tests ADN pour innocenter les condamnés. Pourtant, à ma connaissance, pour tous les cas de détenus exécutés, cette technologie a confirmé la culpabilité». Concluant qu’on ne pouvait «assurer que quelqu'un avait été exécuté pour un crime qu'il n'avait pas commis» !
Alors, que dire du cas Todd Willingham (accusé en 1991 d’avoir fait périr ses trois filles dans l’incendie de la maison familiale et exécuté en 2004).
http://www.newyorker.com/reporting/2009/09/07/090907fa_fact_grann?currentPage=all
Cette année-là, en 2004, un expert en incendies criminels, Gerald Hurst, refit l’expertise dans cette affaire. Ses conclusions furent formelles : incendie accidentel provoqué sans doute par un chauffage d’appoint ou une mauvaise installation électrique. Rien, selon lui, n’étayait la piste criminelle. Avec son rapport il tenta de faire ajourner l’exécution. Mais personne à la Commission des grâces et des libertés conditionnelles ou au bureau du Gouverneur du Texas ne prit en considération ses conclusions. T Willingham fut exécuté par injection létale.
Fort du rapport Hurst, le Chicago Tribune demanda à trois experts en incendies d’évaluer l'enquête menée dans l'affaire Willingham. Ils confirmèrent celle rapportée par G Hurst.
De son côté, en 2006, l’association, Innocence Project, obtint aussi un autre rapport par lequel les experts conclurent que toutes les preuves «sans exception» d'incendie criminel avaient été «scientifiquement invalidées».
Ce n’est qu’en 2007, que l’Etat du Texas mit sur pied une commission d’enquête. Un nouvel expert en incendies criminels, C Beyler, fut chargé d’enquêter sur les soupçons d’erreur et de fautes professionnelles. Son rapport fut rendu public, il concluait lui aussi que les enquêteurs ne disposaient d’aucun élément scientifique permettant de prouver que le feu était d’origine criminelle… et qu’un innocent avait été exécuté.
Un tel rapport est positif pour les opposants à la peine de mort, pensez-vous immédiatement ?
La Cour Suprême a décidé qu'un prisonnier n'avait pas le droit constitutionnel de demander un test ADN pour contester les preuves de la police, même à ses propres frais. «Un accusé reconnu coupable après un procès juste n'a pas les mêmes droits qu'un homme libre», a écrit le président de la Cour Suprême John Roberts.
http://www.slate.fr/story/10061/pas-assez-innocent-peine-de-mort-Etats-Unis
Dans un autre contexte les juges Scalia et Thomas ont expliqué : « La Cour suprême n'a jamais déclaré que la Constitution interdisait l'exécution d'un accusé reconnu coupable après un procès complet et juste mais parvenu ensuite à convaincre une cour de son innocence ».
Rédigé par : Marie | 25 mai 2012 à 17:35