Il y a des livres dont il faut parler.
Parce qu'ils emplissent des vides ou s'opposent au trop-plein.
J'ai d'autant moins de scrupules à recommander "Vive l'Algérie française !" de mon ami Robert Ménard et de Thierry Rolando (éditions Mordicus, 4,95 euros) que le lecteur n'aura, au plus, que vingt minutes à consacrer à ce petit ouvrage et que surtout, médiatiquement, je fais le pari qu'on ne parlera pas de lui.
Il est évident qu'une telle provocation, si ostensiblement réactionnaire, ne trouvera grâce nulle part et qu'on préférera nous infliger ces faux dialogues de complaisance réciproque, ces échanges promotionnels qui sont devenus une manière, notamment pour les hebdomadaires, de laisser croire qu'ils ont de la substance quand ils se mettent en réalité au service de la publicité personnelle, artistique ou intellectuelle. Souvent les mêmes interlocuteurs : Amanda Sthers, Denis Podalydès, Christine Orban, et je pourrais en mentionner d'autres.
Pourtant, quel débat authentique et stimulant pourrait naître de la confrontation entre les tenants obsessionnels de la repentance et du masochisme antifrançais d'un côté et Robert Ménard de l'autre !
Non pas que tout, dans ce libelle de trente pages, soit forcément exact ou mesuré mais force est de reconnaître qu'il apporte enfin une réplique avec verve et un excès assumé au sentiment dominant qui fait de l'Algérie d'aujourd'hui une victime exclusive du colonialisme français en oubliant notamment la part positive de ce dernier, les horreurs commises par le FLN au cours de la guerre d'indépendance et le lâche et scandaleux abandon des Harkis.
L'indignation de Ménard et Rolando tient plus au fait incontestable qu'en permanence la balance est faussée, qu'on n'entend sur cette Histoire douloureuse, dramatique et équivoque que les mêmes "experts", analystes et militants, que les mêmes artistes et cinéastes, qu'une seule vision est offerte et présentée et une même contrition formulée. A-t-on jamais pu, sur un plateau de télévision traitant de l'Algérie d'hier et des Français d'Algérie chassés dans les conditions qu'on sait avec une très lourde responsabilité toute de cynisme froid de Charles de Gaulle, bénéficier d'un autre point de vue que celui de Benjamin Stora, habitué, irremplaçable pour les partisans de l'hémiplégie historique culpabilisante ?
Le pire est que les Pouvoirs, quels qu'ils soient, les instances officielles, les médias, les cercles influents prétendent même interdire aux Français d'Algérie, aux Rapatriés de rendre hommage à tout ce qui a constitué leur histoire, sang, morts, douleurs et bonheurs mêlés. On a le devoir, pour l'Algérie d'aujourd'hui, par prudence diplomatique, par lâcheté historique, d'effacer ce qui pourrait accabler l'incurie et les incompétences présentes en acceptant un procès expéditif contre le rôle de la France là-bas dans le passé. Mais on n'a pas le droit de sauver avec émotion et fidélité ce qui pourrait consoler de l'arrachement et apaiser la mémoire.
Le trop-plein, c'est cela. Trop de pensée unique, trop d'absolutisme, trop peu de nuance, trop de bonne conscience dans la désolation à sens exclusif, trop peu de courage dans l'analyse, trop de démagogie, trop peu de compassion, une Histoire absurdement tirée au cordeau comme un bloc, un humanisme unilatéral, une réalité mutilée, un Etat privilégiant l'accommodement par rapport à la vérité même si elle est subtile et contrastée, trop peu de Camus, trop de Sartre.
Pour faire lire cette dénonciation brève, pugnace et, dans le climat actuel, audacieuse, si je n'avais qu'un argument à faire valoir, qu'on s'attache à sa conclusion où est cité un texte superbe et vengeur d'Alain Finkielkraut renvoyant dans leur bêtise idéologique deux élus communistes de la ville de Paris hostiles au transfert des cendres du général Bigeard aux Invalides.
Un extrait que je privilégie : "Nous vivons en temps de paix. Et ce qui est réclamé à tous les bleu-bites que nous sommes, c'est juste un peu d'humilité devant l'histoire..."
@Trekker
J'ai apprécié votre analyse et posté un long message sur la réalité de l'Algérie "d'avant les Français"... qui s'est perdu dans l'éther de ce blog, suite à ma mauvaise manip.
Non, vous avez bien évoqué le Projet Blum-Violette (le 12 Juin,15h02) en disant :
"Quant au statut de l'indigénat deux importantes mesures furent votées successivement, pour l'améliorer et réformer profondément : loi Blum-Violette en 1936, et statut de 1947. Ces deux législations le furent par des gouvernements de gauche, mais aucun d'eux n'aura la volonté et courage politique de les faire appliquer concrètement. Ils capitulèrent à chaque fois face au lobby colonial algérien : une poignée de députés, très grands propriétaires et négociants. Hormis un infime nombre d'intellectuels, l'ensemble des politiques de gauche se désintéressa de ce reniement."
Aussi, je rigole quand je lis (chez d'autres contributeurs) : "Les colonies ont coûté plus qu'elles n'ont rapporté"... Comme si l'on pouvait comptabiliser financièrement et mettre dans la même balance : progrès humain, éducation, santé, développement, initiatives, entrepreunariat, ouverture à la laïcité... et espèces sonnantes et trébuchantes.
Les pôvres, ils n'ont rien compris, parlent sans savoir, et ânonnent leur leçon... mal apprise.
Vaste débat !
Rédigé par : Nath | 26 juin 2012 à 17:47
@ Nath
" ....la non obtention de la nationalité française par les musulmans. Le projet Blum-Violette de 1936 la proposait mais ils la refusèrent, presque en bloc, pour des raisons "religieuses", car ne reconnaissant que le droit coranique..."
Exact et j'ai omis de l'évoquer dans mon long post, cela afin de ne pas l'alourdir. Le projet Blum-Violette en accordant la nationalité française aux Musulmans supprimait le code / statut de l'indigénat, et cela signifiait entre autres la fin des spécificités juridiques en découlant : tribunaux coraniques, règles de succession et autres dispositions d'ordre civil régies par le droit coranique.
Ce projet se heurta alors à un double fort rejet : grand colonat et négoce, ainsi que celui des leaders religieux musulmans et mouvements pour qui les traditions coraniques primaient sur toutes formes d'avancée en matière de citoyenneté.
La capitulation du gouvernement issu du "Front Populaire" face à ses deux oppositions fut une lourde erreur, pour ne pas dire une grave faute. Cette réforme était cruciale pour faire entrer dans la modernité et surtout dans la communauté nationale, les populations musulmanes indigènes. Alors que cette réforme était demandée et surtout bien vue par la composante la plus évoluée des Musulmans : majoritairement urbaine.
Cette dernière, déçue par cet abandon, puis par la non application du statut de 1947, fournira la majorité des cadres qui structureront entre 1954 / 58 le FLN.
Rédigé par : Trekker | 26 juin 2012 à 00:44
Il est vrai (aussi) que la France, après la conquête de 1830, s'empara de terres appartenant à de riches propriétaires algériens pour, souvent, la donner à de riches colons français (de la Beauce, par ex.) ou étrangers. Mais ces derniers se virent attribuer souvent des terres incultes, assécher des marécages où sévissait paludisme et autres maladies pour ensuite les valoriser, au prix de leur sueur, parfois aussi de leur sang. Les réfugiés d'Alsace-Lorraine de 1870, les immigrants maltais ou espagnols, italiens affluèrent dans ce pays et contribuèrent à cet essor économique.
Puis, lui succéda, après la 2e GM, une colonisation plus "intelligente" et parallèlement, une élévation nette du niveau et des conditions de vie des "vrais algériens" et bien sûr aussi de celles des "Européens". Faire de tous les pieds-noirs des "colons" exploiteurs de la misère des "indigènes" n'est qu'imposture et négation de l'Histoire.
En termes de progrès techniques, économiques, sanitaires et humains, la France de Napoléon III et surtout de la IIIe République accomplit dix fois plus que trois siècles d'occupation et exploitation ottomane (le Beylik).
Enfin, l'Islam commun à tous les envahisseurs succédant à l'Empire Byzantin, ancienne puissance chrétienne occupante, était devenu le ciment culturel, religieux et sociétal de ce pays. Et depuis 1830 ce ciment fut déterminant dans sa lutte contre l'occupant français. Ce dont ne se priva pas le FLN et d'autres mouvements de libération pour bouter les roumis hors du territoire.
Ne pas oublier enfin le rôle des USA et de l'URSS pour s'implanter dans le pays : pétrole pour les premiers, idéologie et implantation en Méditerranée pour les seconds. Puis, maintenant les Chinois...
Cette histoire a donc fait "Pschitt" au pays d'Orangina et de Crush (sodas en vogue là-bas, à l'époque).
Qu'est donc devenue l'Algérie après 50 ans d'indépendance ? Et ses anciennes colonies de Madagascar à l'AOF et l'Afrique centrale, en proie à la faim, aux prévarications multiples, à la corruption généralisée et aux trafics en tous genres ?
End of story... et Besslama !
Rédigé par : Nath | 23 juin 2012 à 18:58
En 1961, une famille de français d'Algérie, la mienne, débarquait du navire "Sidi Okba" à Marseille. Moi, âgé de 9 ans, je contemplais pour la première fois cette côte phocéenne et la petite chaîne de montagnes la surplombant.
Cette famille "algérienne" était présente là-bas, bien avant l'arrivée des Français, et certainement avant celle des Arabes qui occupèrent le Maghreb. Ses ancêtres y cotoyèrent des berbères, vrais occupants de cette région. Cette "occupation" arabe commença en partie vers 670 (fondation de Kairouan). Enfin, en 711, Tarik Ibn Ziad (par Gibraltar) commença la conquête de l'Andalousie et du sud de la France. On connaît certes tout cela. Avant cette "occupation", citons celle de l'Empire byzantin (donc chrétien), puis encore avant celle des Romains. L'Empereur Constantin Ier, donnant son nom à la ville de Constantine, où je suis né.
Enfin, l'Empire turc, vers les années 1500 commença son occupation (colonisation ?) pour céder la place aux Français, dans les conditions évoquées plus avant dans ce billet (Hussein Dey, "coup de l'éventail", dette du Directoire envers le Dey et les frères Bacri, etc.).
La répression du 8 Mai 1945, à Sétif, fut certainement terrible. Mais le terrorisme du FLN, surtout envers des civils ne le fut pas moins. L'instituteur Monnerot, fraîchement arrivé avec son épouse, le Caïd Saddok furent exécutés dans ce car des Aurès, le 1er novembre 54, donnant le signal de la "révolution algérienne" (La Toussaint Rouge).
Une "invasion-occupation-colonisation" est absolument une infraction au droit international et à celui des peuples de disposer d'eux-mêmes. Mais la colonisation française eut, néammoins, des effets positifs envers la population algérienne (écoles, santé, hygiène, etc.), n'en déplaise aux détracteurs. Certes, dans les campagnes, beaucoup restait à faire dans ces domaines. Cependant, les grandes villes commençaient à en bénéficier, surtout après la 2e GM.
Un billet évoquait la non obtention de la nationalité française par les musulmans. Le projet Blum-Violette de 1936 la proposait mais ils la refusèrent, presque en bloc, pour des raisons "religieuses", car ne reconnaissant que le droit coranique.
Mais je me "fais long"....alors.....
Rédigé par : Nath | 23 juin 2012 à 04:26
Rédigé par : Trekker | 17 juin 2012 à 01:41
Aucune de mes références (et ni même CH. A. Julien ou Nouschi ou Victor Hugo dans "Choses vues") ne trouveront grâce à vos yeux. De fait, j'ai des préventions parallèles à l'égard des auteurs que vous citez. Il me semble aussi, contrairement à ce que cet article laisse entendre, que le fameux "sanglot de l'homme blanc" a été tellement discret que son écho n'a guère dépassé la rive gauche parisienne.
Pour parler de mon expérience personnelle, j'ai été scolarisé dès la maternelle à l'école française dans ce qu'on appelait à l'époque une "commune mixte" et durant toute ma scolarité primaire effectuée de 1956 à 1962 à l'école Jean Jaurès, je n'ai rencontré aucun condisciple français (ils étaient à "Jules Ferry"). Autant dire que "Jean Jaurès" était réservée aux indigènes pauvres (ça ne vous rappelle rien ?).
Enfin (relisez le Frantz Fanon de "Peaux noires, masques blancs" et... le Sartre de "Réflexions sur la question juive"), ce qui reste d'une expérience telle que la colonisation de l'Algérie, ce n'est pas tant le souvenir des massacres ni même celui des expropriations, que celui du mépris et de son intériorisation. Et si, dans mon cas, je reste reconnaissant à cette école de l'ouverture sur le monde qu'elle m'a permise, je n'en saurais oublier le prix acquitté. Du reste, on manque de moins en moins, comme l'illustre cet article, de vous signifier la chance que vous avez eue et de souligner a contrario la mauvaise volonté de la majorité des colonisés envers l'oeuvre civilisatrice (relisez aussi le rapport de Tocqueville sur l'Algérie : très instructif, dans tous les sens du terme).
Rédigé par : Ighil | 21 juin 2012 à 01:25
@ Ighil
"Combattre la tentative de falsification de l'histoire (et parler de la guerre d'Algérie sans rappeler le contexte colonial qui l'a rendue inévitable en est une)"
Je partage ce que vous écrivez et notamment entre parenthèses, toute analyse historique doit être contextualisée et replacer dans la perspective historique. Mais reconnaissez qu'il est impossible dans un post sur un blog ou forum, même dans un article de presse comptant plusieurs pages, d'évoquer autant le contexte colonial que la guerre d'Algérie. Cela quand le thème est cette dernière, et même alors il est impossible de la traiter dans son ensemble.
Tous les ouvrages d'historiens ou "d'historiants" sérieux consacrés à la guerre d'Algérie, ne manquent jamais d'évoquer le contexte et passé colonial.
Quant à l'ouvrage dirigé par Catherine Coquio, désolé mais il est de la même veine que celui de Le Cour Grandmaison. Certes en moins virulent et plus habilement construit, mais sur le fond c'est la même chose. Ce n'est qu'une lecture partiale et partisane du passé colonial, cela au travers d'un même prisme idéologique.
Vous devriez lire "Chère Algérie", et "Pour en finir avec la Repentance Coloniale" de Daniel Lefeuvre : historien dont le maître de thèse fut Jacques Marseille. Certes son premier livre est avant tout centré sur l'aspect économique de la colonisation en Algérie, mais l'économie a compté pour beaucoup dans le processus colonial : un de ses principaux objectifs, ou du moins souvent avancé comme tel dans le cas français.
Rédigé par : Trekker | 17 juin 2012 à 01:41
Certains parleront de paternalisme voire de prosélytisme mais l'Algérie c’était aussi ça :
http://www.sudouest.fr/2012/06/16/l-homme-de-massu-744739-4344.php
Voyez-vous Marie l'Histoire se construit jour après jour et encore ce jour........et demain aussi.
Rédigé par : hameau dans les nuages | 16 juin 2012 à 12:04
Rédigé par : Trekker | 15 juin 2012 à 04:13
Combattre la tentative de falsification de l'histoire (et parler de la guerre d'Algérie sans rappeler le contexte colonial qui l'a rendue inévitable en est une) ne signifie nullement, pour moi, culpabiliser "les fils et petits-fils" ni jeter l'opprobre sur un pays où j'ai choisi de vivre et d'élever mes enfants.
Sur le "révisionnisme" actuel, voir la parution en 2008 chez "l'Atalante" d'un livre collectif dirigé par Catherine Coquio intitulé "Retours du colonial ?" et sous-titré "Disculpation et réhabilitation de l'histoire coloniale".
Enfin, je ne prétends interdire à personne le droit de critiquer l'histoire de l'Algérie indépendante (et la littérature dans ce domaine abonde) - pour autant que cette critique ne vise pas le but "anachronique" de réhabilitation du colonial.
Rédigé par : Ighil | 16 juin 2012 à 09:08
@ Trekker
Effectivement, vous n'avez pas parlé de repentance.
Désolée ! Je vous ai confondu avec un autre intervenant.
Rédigé par : Mary Preud'homme | 16 juin 2012 à 01:02
@ Mary Preud'homme
Dans aucun de mes posts et notamment le dernier, je n'ai abordé la repentance. Pour ce qui est de la culpabilité, je ne faisais que répondre à Ighil. Cela car il déniait aux descendants des ex-colonisateurs le droit de porter des jugements moraux sur l'actuel régime et gouvernement algérien.
Bien sûr je ne me suis pas appesanti sur la face sombre de la colonisation et de la guerre d'Algérie, mais pour autant je n'ai nullement nié ou minoré cela. Cette face sombre (exactions et crimes) avait déjà été amplement évoquée et même ici dans les commentaires, de plus le sujet de notre hôte n'était pas celui-ci mais une approche plus équilibrée de ce passé.
Je ne vois pas où serait mon supposé négationnisme, tous les faits et chiffres que j'ai cités sont aisément vérifiables. Par ailleurs je n'ai guère été indulgent vis-à-vis des dirigeants politiques français et officiers généraux.
Soixante ans après la fin de cette colonisation et de la guerre qui en a découlé, on peut quand même avoir une lecture non partisane et non idéologique de tout cela.
Rédigé par : Trekker | 15 juin 2012 à 19:02
Mary : "Seriez-vous négationniste ?"
Tiens cela manquait ça !
L'art et la manière de vouloir clouer quelqu'un au pilori et ainsi d'avoir forcément raison en brandissant la menace d'une loi scélérate.
Pardon vierge Mary ! Je me prosterne à vos pieds et vous prie de m'excuser de ne pas avoir respecté les Saintes Ecritures de l' Histoire gravées dans le marbre...
N’empêche que...
Rédigé par : hameau dans les nuages | 15 juin 2012 à 15:28
Dans tout ce bruit autour de l'Algérie, française ou algérienne, il y a quand même un truc qui me gêne : si les Algériens en avaient (et ont encore) assez des Français, ce qui peut se comprendre, et même se justifier (l'amour ne se commande pas), pourquoi tant d'Algériens en France ?
Le monde est vaste, et il pourrait sembler qu'après l'indépendance, les "entreprenants" aient à coeur de hisser leur pays.
Est-ce ce que l'on voit ???
Rédigé par : jean FITO | 15 juin 2012 à 14:25
Ighil avait conclu son post comme suit :
"...je n'ai en tête nulle demande de repentance ni n'éprouve de ressentiment d'aucune sorte. La tentative de falsification des faits, en revanche, me révolte.."
---
Propos limpides et compréhensibles même par un élève d'école primaire.
C'est donc vous seul qui continuez votre monologue autour de la culpabilité et de la repentance dont il n'est nullement question ici, mais seulement de reconnaître des faits historiques avérés.
A quoi bon vous obstiner comme beaucoup d'autres à occulter ou nier des épisodes peu glorieux de notre passé qui font néanmoins partie (que vous le vouliez ou non) de notre Histoire.
Seriez-vous négationniste ?
Rédigé par : Mary Preud'homme @ Trekker | 15 juin 2012 à 11:02
@ Ighil
Exact, l'Algérie a été une colonie de peuplement telles l'Australie, la Tasmanie, la Nouvelle-Zélande, l'Afrique du Sud et l'Amérique du Nord par les Anglais. Mais je vous rappelle que même en l'absence d'un peuplement imposé, est considéré comme colonisation l'appropriation d'un pays tiers par un autre avec tutelle administrative, militaire, policière et économique ainsi qu'absence ou quasi absence de droits politiques pour les autochtones.
L'Algérois était dans cette situation du temps de son accaparement par l'Empire ottoman. Situation identique à celle de l'Inde et Pakistan, du temps de leur colonisation par les Anglais. A ce que je sache ces deux derniers pays quand ils évoquent leur passé, parlent de colonisation et non d'administration par un pays tiers !....
Je suis bien d'accord avec vous, la reconnaissance du génocide arménien par la France relève de l'anachronisme et pire, de l'ingérence dans une histoire ou elle n'était pas partie prenante ou concernée. Mais cette stupidité parlementaire et gouvernementale ne justifie en rien qu'en tant que Français je n'aie pas le droit de taxer d'anachroniques des analyses qui le sont.
Expliquez-moi au nom de quoi la culpabilité se transmettrait de manière héréditaire. A vous suivre les fils, petit-fils, arrière-petit-fils, etc. seraient donc automatiquement responsables des exactions et crimes de leurs parents, grand-parents et aïeux. A ce compte tous les Allemands de moins de 85 ans seraient coupables des crimes de ceux des années 1939/45, et ne seraient pas fondés à donner de temps à autre des leçons à la France.
Si je m'en tenais à votre "logique", les Algériens seraient bien infondés à donner des leçons à la France actuellement. Cela car au XVIIIème et début XIXème siècle, les pirates algérois alors appelés barbaresques se livraient à d'important rapts de citoyen(nnes) français(es) en mer et même sur nos côtes. Rapts qui alimentaient un important et fructueux commerce d'esclaves dans tout le Maghreb.
Attention à vouloir trop remonter dans l'histoire pour culpabiliser à demeure d'autres pays ou peuples, on s'expose à de cruelles déconvenues. Ainsi les actuels habitants de l'Afrique sud-sahélienne pourraient demander des comptes aux actuels Algériens au sujet de la traite négrière à laquelle participaient un certain nombre d'Algériens avant 1830. Certes un des "crimes" de la colonisation française fut d'interdire l'esclavage et la traite en découlant dans toute l'Afrique. Cela provoqua certainement la ruine des marchands algérois qui se livraient à ce commerce, et je suis donc comptable de leur déchéance économique !...
Il n'est nullement question de "révisionnisme", mais seulement d'avoir une lecture historique et non partisane du passé colonial français en Algérie. Chose qui n'était pas aisée tant que ceux qui avaient participé à la guerre d'Algérie détenaient des positions de pouvoir en France : politique, médiatique, associative, etc. Cela car immanquablement les analyses et positions étaient souvent dichotomiques et sans guère de nuances.
Tentative de falsifications des faits, je n'ai pas constaté cela dans les divers posts de ce blog. De même parmi les ouvrages parus dans la décennie écoulée ; certes fréquemment ils évoquent des faits dont on ne parlait pas ou guère. Ces faits vous dérangent peut-être, mais l'Histoire, et de tous pays, est faite d'ombres et lumières.
Quant à votre référence en matière d'histoire de la colonisation, Olivier Le Cour Grandmaison, elle est plus contestable vu le marquage politique de cette personne. Mais surtout le livre que vous citez a été vertement critiqué par deux historiens de renom : Gilbert Meynier et Pierre Vidal-Naquet. Ce dernier fut loin d'être un apôtre de la colonisation et de l'Algérie française. Pour votre information, voici un extrait de leurs critiques :
"À vrai dire, le livre d'Olivier Le Cour Grandmaison se présente comme un ajout de notes de lecture d'un infatigable lecteur, mais qui ne retient de ses lectures que ce qui conforte ses thèses et nourrit ses stéréotypes. Son texte est noyé sous une avalanche de citations illustratives, traitées en paraphrases idéologiques - cela non sans redites. À le lire, on ne peut s'empêcher de poser la question : un sottisier peut-il tenir lieu d'œuvre de réflexion et de synthèse historique ?"
Pour l'intégrale de leurs critiques, le lien ci-après :
http://etudescoloniales.canalblog.com/archives/______critique_du_livre__coloniser__exterminer_/index.html
Rédigé par : Trekker | 15 juin 2012 à 04:13
Rédigé par : Trekker | 14 juin 2012 à 17:56
L'Algérie n'a pas été "colonisée" par la Turquie, l'empire ottoman ayant administré le pays (sous couvert de protection contre la menace espagnole) sans implantation de colons. Ce n'est donc pas comparable à la colonisation française, qui a compté un million et demi de colons pour une population musulmane d'environ neuf millions.
Concernant l'argument d'anachronisme, faut-il rappeler ici que l'Etat français a récemment promulgué une loi condamnant la négation du génocide des Arméniens par les Turcs au début de ce siècle ?
Puis, quand les ex-colonisateurs (je vous conseille à ce sujet la lecture du livre de Olivier Le Cour Grandmaison intitulé "Coloniser Exterminer", paru en 2005, et rappelle l'existence de travaux d'historiens français sur cette période, en particulier Nouschi et Ch. A. Julien) se posent en donneurs de leçons des droits de l'homme à ceux qu'ils ont jadis maintenus sous un joug indigne, comment ne pas réagir ?
Je crois personnellement qu'il s'agit de la poursuite d'une entreprise concertée de "révisionnisme", d'ailleurs entamée il y a déjà quelque temps.
Je précise que Français, père de trois enfants français et fils d'un Algérien qui a passé cinq ans sous les drapeaux français de 1939 à 1944, je n'ai en tête nulle demande de repentance ni n'éprouve de ressentiment d'aucune sorte. La tentative de falsification des faits, en revanche, me révolte.
Rédigé par : Ighil | 14 juin 2012 à 23:57
@ Ighil et D Mouloud
Vous êtes dans l'anachronisme, cela au sens où vous jugez un phénomène remontant au XIX et début XXème siècle au travers du prisme des idées et valeurs ayant cours depuis seulement soixante ans. Si on ne contextualise pas les événements, on en a immanquablement une perception et analyse biaisée. Un semple bien français : juger les massacres des guerres de Vendée dans les années 1790, en se référant à la notion contemporaine de génocide à caractère ethiniciste.
Au XIXème siècle les principaux pays occidentaux furent tous colonisateurs, et au premier chef l'Angleterre. Celle - ci réalisa même plusieurs colonisations fort "abouties" : Australie, Tasmanie et Nouvelle-Zélande. Cela au sens quasi éradication des populations autochtones, et peuplement anglo-saxon se substituant à elles. Même phénomène et dans le même siècle aux USA, qui n'était qu'un ex-colonie anglaise s'étant affranchie de la tutelle britannique.
Ce culte de la conquête coloniale au siècle dernier chez les Occidentaux résulte de la conjugaison de deux phénomènes propres à ces pays : révolution industrielle, et sentiment de supériorité de leur modèle de civilisation. Cette dernière maintenant nous la condamnons et voire nous révulse, mais à l'époque pour nous aïeux cela relevait d'une évidence : mentalités et valeurs dominantes d'une société, elles sont loin d'être immuables aux cours des siècles.
Le phénomène colonial est loin de remonter seulement à la conquête de l'Algérie par les Français dans les années 1830 / 50. Quand on regarde les siècles d'avant le XIXème, on constate que nombre de pays / peuples non occidentaux furent d'important colonisateurs : Turquie vis-à-vis du Moyen Orient et d'une partie du Maghreb : entre autre l'Algérie. Arabes Saoudiens sur l'ensemble du Maghreb entre l'an 700 et 900, et leurs méthodes vis-à-vis des autochtones n'étaient guère différentes de celles des Occidentaux au XIXème siècle. Puis conquête et colonisation de l'Espagne pendant plusieurs siècles. Certes dans ce dernier cas, ce ne fut pas une colonie de peuplement mais mise sous tutelle politico-administrative-économique. Un système similaire à celui que l'Angleterre imposera à l'Inde au XIXème siècle.
Du premier millénaire jusqu'au milieu du deuxième, nombre des actuels pays d'Afrique, Asie et Europe résultent de colonisations avec peuplement plus ou moins conséquent ou accaparement des territoires. Il en est de la colonisation comme de l'esclavage, ces phénomènes existaient déjà dans l'Antiquité et nombre de pays / civilisations reposaient en grande partie sur ceux ces deux composantes précités.
Plus proche et nous ramenant au sujet de ce blog, la colonisation de l'Algérie. Comment savoir si une Algérie non colonisée aurait atteint un niveau de développement similaire à celui actuel ? Là ce ne sont que spéculations hasardeuses.
Rédigé par : Trekker | 14 juin 2012 à 17:56
Il faut vraiment ne rien connaître de l'histoire de la conquête et de la colonisation de l'Algérie (malgré les travaux d'historiens français consacrés à cette période) pour commettre de telles insanités ! La mise en avant de la "guerre d'Algérie", qui n'en constitue qu'un épisode - et pas le plus marquant dans la mémoire algérienne - ne vise en fait qu'à occulter la période des massacres et du mépris assumé (voir les discours assimilant les "arabes" à des animaux qu'on ne doit avoir aucun scrupule à tuer) d'une population "clochardisée", pour reprendre le mot d'un historien français. Quant à la "sollicitude" manifestée pour les Algériens accablés par l'impéritie de leurs dirigeants successifs, cela revient de la part de ces auteurs, à redoubler cet accablement.
Rédigé par : Ighil | 14 juin 2012 à 12:14
La colonisation est sans conteste un acte fondé sur la hiérarchisation des peuples, donc par définition raciste.
Les considérations de bilan a posteriori économique pour la France n'ont pas lieu d'être. La colonisation de l'Algérie a sans doute été bénéfique pour la France, il n'a pas pu en être autrement quand la population indigène largement majoritaire a été maintenue dans un état de pauvreté et de misère indicible (lire les articles de Camus sur la pauvreté en Kabylie).
Pour l'Algérie et les Algériens, la colonisation a été source de gel de son évolution et de son développement pendant plus d'un siècle. En ce sens, la colonisation ne peut être considérée que comme une catastrophe.
Après l'indépendance, tout est à faire à partir de zéro à commencer par l'instruction et quoi que l'on puisse penser, les conditions de vie des Algériens en 2012 n'ont rien de comparable avec celles des générations pré indépendance.
On peut comprendre le ressentiment des pieds-noirs qu'on peut considérer comme des victimes des vicissitudes de l'histoire, mais 50 ans après, ils ne devraient pas s'autoriser des sentiments racistes indignes.
Rédigé par : D. Mouloud | 14 juin 2012 à 11:03
Très intéressant, mais une petite erreur factuelle: vous attribuez un "texte superbe et vengeur" et une citation pleine d'élan à Alain Finkielkraut, quand les deux sont de François Miclo dans Causeur:
http://www.causeur.fr/general-nous-voila,13565
Rédigé par : schneider | 14 juin 2012 à 09:21
D'accord sur l'ensemble de votre réponse. Merci pour votre contribution.
Cordialement
Pierre
Rédigé par : Pierre T | 13 juin 2012 à 21:35
@ Pierre T
"Ceci ne dédouane pas nos officiers français, par ailleurs représentants de notre haute et distinguée civilisation, d’appliquer la torture"
En accord total avec vous sur ce point, mais avec quand même une nuance. Tous nos officiers ne furent pas des tortionnaires, et notamment au sein de ceux confrontés directement au FLN. Le général de la Bollardière fut le plus emblématique, mais les chefs de corps * qui s'opposèrent à la pratique de la torture dans leurs unités ne fut pas exceptionnel : colonels Buis, Dabezies, de Seguin Pazzis (son ordre du jour au lendemain de sa prise de commandement du 6° Rpima en 1959 est plus que clair), etc.
* Le "problème" de fond sur ce sujet, c'est que tout dépendait de l'officier commandant un régiment ou autre unité. Commandement supérieur (état-major d'Alger, comme celui général à Paris) et ministère de la défense, ils ne donnèrent jamais d'ordre clair en la matière : aucun préconisant la torture ou l'interdisant. "On" laissait faire, et "on" ne voulait surtout pas savoir les "détails pratiques". Dans les années 60 le général Beaufre résuma bien la genèse de tout cela, qu'il faisait remonter à la réunion de Batna à mi-novembre 1954 (sous l'égide de F. Mitterrand) : par carence législative et réglementaire, on donna des habitudes effrayantes à tous les chefs de corps et au moindre chef de section.
"pas de hiérarchie entre l’attentat du Milk-Bar et les attentats commis par la Résistance française"
Je suis en désaccord avec votre raccourci, car ce type d'attentat était similaire à ceux du RER dans les années 90. Il visait uniquement des civils, et qui n'étaient pas directement ou indirectement mêlés aux actes de répressions militaires. Leurs victimes civiles, elles ne résultaient donc nullement de ce que l'on appelle en terme militaire des "dommages collatéraux".
Ces derniers existèrent bel et bien, cela lors de certains attentats de la Résistance entre 1941 / 44. Mais ces morts de civils n'étaient pas le but recherché par les auteurs de ces attentats, seulement le résultat d'erreurs ou malchance.
Lorsque des civils furent tués délibérément par la Résistance, ce fut toujours de manière "ciblée" et pour un motif précis (collaboration ou suspicion ). Certes ce motif fut argué plus qu'abusivement, et hélas pas rarement par certains mus par le fanatisme politique. Mais pour autant les auteurs de ces crimes, ils n'étaient pas dans l'attentat aveugle visant des groupes de civils et sans aucune discrimination.
Rédigé par : Trekker | 13 juin 2012 à 19:03
"quel débat authentique et stimulant pourrait naître de la confrontation entre les tenants obsessionnels de la repentance et du masochisme antifrançais d'un côté et Robert Ménard de l'autre"
Saint Robert Ménard, ce héraut...
Des obsessionnels de l'Algérie française il y en a plein (cf la loi votée sur les apports de la colonisation) et j'ai entendu d'autres points du vue que celui de B. Stora et vu mentionner d'autres livres que les siens ces derniers temps.
Il ne s'agit pas de faire repentance mais d'affronter notre histoire et de penser que la guerre d'Algérie ne commence pas en 1954 mais au départ de la colonisation.
Certains commentaires mentionnent les massacres du FLN, oui ils existent. Personne ne les nie mais nous sommes responsables des exactions faites en notre nom et sous notre responsabilité. Nous sommes responsables de nos contradictions entre notre "credo" (laïcité, égalité, état de droit...) et la réalité (un collège d'électeurs musulmans, arrestations arbitraires, tortures)...
Rédigé par : Charles nord | 13 juin 2012 à 09:59
Bonjour M. Pierre T
@ Sylvain
Croyez-vous vraiment que vous méritez une réponse ?
Rédigé par : Pierre T | 12 juin 2012 à 21:56
!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Vous pensez que je ne mérite pas de réponse tout simplement parce que vous n'en avez pas ; tout a été dit dans mon message. Mais ne soyez pas perturbé pour si peu : vu de la lune tout ça n'est pas bien grave. Vous faites partie de cette secte de bien-pensants donneurs de leçons qui rongent la société avec leurs idéologies et dogmes formatés à sens unique.
Nous qui avons réussi à échapper à leur décervelage, nous faisons avec, comme pour la météo !
Bonne journée M. Droit de l'hommiste ! De gauche, excusez-moi j'ai failli oublier : de gauche ! c'est important ça : de gauche !
Rédigé par : sylvain | 13 juin 2012 à 08:34
@Trekker
Les discours de Bouteflika et autres anciens du FLN qui sont encore au pouvoir et exigeant notre repentance sont des discours de façade qui n’ont aucune valeur auprès de la population. C’est du pur cinéma et les quelques gauchistes français qui crient au loup n’ont évidemment aucune connaissance de l’histoire et de la réalité des Pieds-Noirs telle que je l’évoque. Je vais assez souvent en Algérie et je lis régulièrement leurs journaux pour le savoir. En réalité le FLN, parvenu au pouvoir, l’a proprement confisqué ainsi que les richesses du pays au profit de deux ou trois mille familles qui ont planqué le pognon à Genève pour faire court. Le peuple, comme toujours, est le grand cocu et il sait à qui il le doit, en tous cas pas à l’ancien colonisateur.
Pour le reste votre documentation est très précise, je l’apprécie. Blum et Violette ont, eux aussi, échoué pour la citoyenneté, vous le rappelez à juste titre. Et pour de Gaulle vous avez tout à fait raison, ce n’était pas l’armée qui a rejeté les Harkis à la mer, c’est bien lui.
@ hameau dans les nuages
Je n’ai jamais prétendu que les tirailleurs sénégalais étaient seuls à Monte Cassino. Je veux simplement dire qu’ils étaient bien pratiques pour servir de chair à canon alors que par ailleurs ils n’avaient aucun droit civil ou si peu. Quant aux exactions commises par le FLN elles sont certes horribles et j’en ai connaissance. Ceci ne dédouane pas nos officiers français, par ailleurs représentants de notre haute et distinguée civilisation, d’appliquer la torture dans un registre certes différent mais qui rappelle, à la marge, certaines méthodes pratiquées, si j’ai bonne mémoire, entre 1939 et 1945 par nos chers voisins d’outre-Rhin, dans les caves de la Gemeine Staatspolizei. J’ai dit match nul et je répète match nul car je ne vois pas de hiérarchie entre l’attentat du Milk-Bar et les attentats commis par la Résistance française. Dans les deux cas on a voulu se libérer de l’occupant et des innocents ont payé de leur vie. Et on ne peut pas prétendre que les attentats des uns étaient plus ou moins justifiés que ceux des autres, bien que je ne me résolve pas à la loi du genre.
Et puis arrêtez de nous bassiner avec votre pensée unique, ça devient un leitmotiv, un tic nerveux avec comme risque un ulcère d’estomac ou un AVC. Calmons-nous. Il n’y a pas longtemps la pensée unique était celle de Reagan et Thatcher, la réinvention géniale de la loi de la jungle. Tu parles : un retour à l’âge des cavernes. On en voit le résultat. Maintenant que la gauche est retournée au pouvoir vous nous taxez de totalitaires alors que le petit adolescent mal dégrossi qui l’a précédé a cassé tous les jouets de la République dans sa chambre de gosse de l’Elysée.
@ Sylvain
Croyez-vous vraiment que vous méritez une réponse ?
Rédigé par : Pierre T | 12 juin 2012 à 21:56
@ Pierre T
"Ce qu’ils en ont fait n’est pas grand-chose, même 50 ans après. Un grand gâchis. Mais en quoi cela nous regarde-t-il ?"
Les Français ne seraient pas fondés à s'exprimer et porter des jugements sur ce sujet, si depuis plusieurs décennies des discours culpabilisateurs n'étaient sans cesse tenus. Tout le malheur actuel de l'Algérie et a minima la majorité de celui-ci, découlerait de la colonisation française et de la guerre de 1954 à 1962. Discours récurrents venant des gouvernants algériens et d'une partie de la gauche française.
A contrario je suis entièrement d'accord avec vous au sujet de la grande masse des pieds-noirs, et la faute criminelle que fut le maintien jusqu'en 1958 du statut de l'indigénat. Pour ce qui est des pieds-noirs et plus précisément des colons, je rappelle quelques chiffres datant de 1954.
- 22 000 exploitants agricoles européens occupant au total 1/4 des terres arables, et qui se répartissent ainsi :
- 3 800 possédant plus de 200 hectares, et dont beaucoup sont des sociétés dont les actionnaires sont à Paris ou Genève.
- 5 000 détenant entre 50 et 200 hectares
- 5 600 ayant entre 10 et 50 hectares
- 7 400 possédant moins de 10 hectares
Le grand, moyen et petit-moyen colonat (détenant plus de 10 hectares), ce n'est au total que 14 400 exploitations. Même si on postule que la taille moyenne des ménages par exploitation était de six personnes (cohabitation des générations). En terme de population, c'est de l'ordre de 90 000 à 100 000 personnes au plus. Quand on rapporte ce chiffre à l'ensemble de la population pieds-noirs (1 025 000 en 1959, en 1954 elle devait approcher les un million), on constate que ce colonat n'est au mieux que 10% de l'ensemble des pieds-noirs.
Quant au statut de l'indigénat deux importantes mesures furent votées successivement, pour l'améliorer et réformer profondément : loi Blum-Violette en 1936, et statut de 1947. Ces deux législations le furent par des gouvernements de gauche, mais aucun d'eux n'aura la volonté et courage politique de les faire appliquer concrètement. Ils capitulèrent à chaque fois face au lobby colonial algérien : une poignée de députés, très grands propriétaires et négociants. Hormis un infime nombre d'intellectuels, l'ensemble des politiques de gauche se désintéressa de ce reniement.
Il faudra attendre le retour du général de Gaulle au pouvoir en 1958, alors vilipendé par l'ensemble de la gauche, pour qu'une réelle avancée statutaire soit réalisée : pleine citoyenneté française de tous les Algériens. Le général réalisa alors en pleine guerre ce qu'aucun gouvernement et notamment de gauche n'avait osé faire en période de paix !...
"Les Harkis, oui c’était et ça restera la honte de l’armée française et de de Gaulle"
Désolé de vous contredire en partie. Cela n'est pas la honte de l'armée française en tant que telle, mais uniquement du général de Gaulle, de ses ministres de l'époque ainsi que des officiers généraux et supérieurs qui appliquèrent avec zèle les directives reçues *. Nombre de harkis furent rapatriés en France, cela à l'initiative d'officier subalternes et une partie de ces derniers fut l'objet de sanctions.
* Voir notamment celles de Pierre Messmer et Louis Joxe
Rédigé par : Trekker | 12 juin 2012 à 15:02