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Voici les sites qui parlent de Un garde des Sceaux sous influence :

Commentaires

jack

L'aveuglement de Mme Taubira a contribué à l'échec de Jospin et à la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour d'une élection présidentielle. Alors je ne vois pas pour quelle raison Hollande a fait appel à ses services à la Chancellerie (peut-être des compétences juridiques qu'on aurait cherché en vain ailleurs ?).

Anton

Cela ne choque personne d'avoir un ministre de la justice n'ayant pas de formation juridique ?

Un ministre de l'économie n'ayant jamais produit ou vendu une cacahouète ?
Idem au commerce extérieur ?

Un ministre de la santé sans formation médicale ?
Etc.

Trekker

Un fait ou plus exactement son absence, m'a frappé dans la longue interview de notre ministre de la Justice. Aucun mot et même de compassion à l'égard des familles, sur le meurtre des deux gendarmes femmes. Cela alors que ce genre de drame relève quand même des attributions de son ministère.

Entre l'instrumentalisation qui se pratiquait sous le précédent quinquennat, et le silence de l'actuel garde des Sceaux, il y a la place pour une communication pondérée et empreinte d'humanité.

Certes évoque ce drame aurait obligé Madame la Ministre à parler du jugement du TGI de Toulon, et des réquisitions du procureur. Vu que le lendemain du drame ses services ont précisé qu'il n'y avait aucune raison de diligenter une inspection dans ce TGI suite à ce jugement dont on connaît les conséquences. Quelles que soient les capacités intellectuelles et sémantiques de Mme Taubira, l'exercice aurait été difficile.

Cette absence de parole sur ce drame peut paraître fort secondaire, quand le coeur de l'interview étaient les conceptions en matière de justice et la politique pénale de Madame la Ministre. Mais en creux, cela traduit bien le corpus idéologique qui l'imprègne.

Je crains fort que notre hôte n'aille de désillusions en déceptions, dans les mois et années à venir et cela en matière de politique pénale.

Robert Marchenoir

Sur le message d'accueil de son répondeur téléphonique, Taubira cite un vers de Pablo Neruda qui parle de "l'amour sans fin".

Cette ostentation est typique de l'hypocrisie de gauche : des gens qui passent leur temps à clamer à quel point ils sont généreux, altruistes et aiment l'humanité.

Une certaine expérience en la matière m'amène à dire qu'il s'agit là d'un moyen infaillible de reconnaître un escroc.

Les gens qui sont vraiment généreux, qui aiment véritablement leur prochain, ne passent pas leur temps à le hurler sur les toits.

Et encore moins à en imposer l'annonce préalable à tous ceux qui les appellent au téléphone.

Protester de sa vertu à ce point, à tout bout de champ et sans la moindre provocation, c'est, à coup sûr, révéler qu'on a beaucoup à se faire pardonner.

Robert

Mon analyse est en phase avec celle de Trekker | 23 juin 2012 à 21:16

De fait, le retranchement systématique sur les dispositions de l’ordonnance de 1945 sans vouloir les adapter aux conditions des années 2010-2020 reste une aberration intellectuelle.
Toutes proportions gardées, c'est comme si l'on voulait conserver le code de la route en vigueur en 1945 avec les conditions actuelles de circulation.

Si certains principes demeurent, privilégier l'action éducative notamment, il n'en reste pas moins que l'éducation dispensée aux enfants dans les familles n'est plus la même, quand cette éducation est encore dispensée.
Il suffit d'écouter les enseignants du primaire ou du collège pour s'apercevoir de l'absence d’éducation chez un nombre de plus en plus important d'enfants, et pas seulement de milieux défavorisés...

Ce qui vient de se passer dans un collège breton était-il seulement pensable en 1945 ? Il est donc nécessaire de ne plus accepter le laxisme des sanctions actuelles parce que de plus en plus inefficaces, pour ne pas dire totalement inefficaces chez un nombre de plus en plus important d'adolescents, voire de pré-adolescents sans aucun repère et de repenser totalement les dispositions de cette ordonnance, même si les principes fondamentaux doivent demeurer.

Xavier NEBOUT

On a abandonné les châtiments corporels pour la prison il y a deux cents ans, hier au regard de l'histoire de l'humanité.

Aujourd'hui, on peut se demander si donner une fessée à un gamin ne relève pas du crime contre l'humanité.

Aujourd'hui aussi, la prison ne doit plus pour les "progressistes", être comprise comme une peine, mais comme une protection de la société et un lieu de réinsertion.

Il est interdit d'interdire ; il est interdit de punir ; seule la société doit être punie, et le gendarme est un mal nécessaire, non conforme à cette valeur, et dont la conscience devrait être hanté par cette contradiction.

C'est cela aussi, la gauche.

Véronique Raffeneau

@ Denis

""Je vous fais le pari que vous regretterez bientôt Sarkozy..."
M. Bilger n'en est encore pas là mais s'en rapproche."

Non. Je ne crois pas votre pari crédible une seconde.

Philippe Bilger est totalement fidèle à lui-même et cohérent par rapport à la philosophie judiciaire qu'il a toujours et très régulièrement défendue depuis des années, une philosophie qui allie efficacité, sévérité et humanité.

Ce qu'on peut dire est qu'il exprime ici son caractère puissamment solitaire et marginal qui lui fait détester pour toujours les dépendances aux dogmes, aux inconditionnalités et aux convenus.

Véronique Raffeneau

Je voudrais dire à Damien que le débat aujourd'hui portant sur la suppression des peines planchers est inévitable, ne serait-ce qu'en raison du fait que le GDS s'exprime à ce sujet dans Le Parisien le jour même des obsèques nationales, puis des funérailles dans l'intimité des deux jeunes femmes gendarmes.

Et que le débat judiciaire devant le tribunal correctionnel de Toulon il y a à peine quelques jours portait essentiellement sur l'application ou non de la peine plancher à l'encontre de leur futur meurtrier.

Au moment où son collègue de l'Intérieur prononce des éloges funèbres, le GDS fait de la communication dans Le Parisien, avec pas même un mot pour les deux jeunes femmes qu'on inhume.

Personne n'a relevé l'incongruité - mon mot est faible - d'un tel télescopage.

Je veux bien admettre que ma position activée par le meurtre des deux gendarmes manque de hauteur, car c'est vrai trop peu versé dans le général, les statistiques - sommaires -, le théorique et l'idéologique privilégiés par le GDS dans Le Parisien.

Il n'empêche que très concrètement, ici et maintenant, l'application de la peine plancher à Toulon aurait sauvé deux vies.

Et dans la logique de Mme Taubira et des penseurs judiciaires qui la managent, la peine plancher aurait évité l’application future d’un inéluctable tout carcéral à vie - dénoncé par le ministre - pour le meurtrier.

Alors d’accord, supprimons les peines plancher si cela doit permettre que dans les cas de multirécidive et de violences répétées, qui marquent et démontrent en premier un échec de l’Institution judiciaire, les juges à la faveur de "la reconquête" de leur totale autonomie d’appréciation se concentrent réellement et individualisent avec rigueur leur perception de la personnalité et du parcours délictuel et/ou criminel.

D'accord, si cette suppression permet qu'ils considèrent concrètement les garanties du présent et de l’avenir immédiat, de l'avenir tout court des prévenus abonnés aux tribunaux, plutôt que de se servir aujourd'hui de leur jugement pour d’abord exprimer leur opposition à une loi.

A Toulon, le tribunal n’a rien individualisé du tout. Il a fait dans le grand général et le sommaire de l’idéologie judiciaire dominante.

Mme Taubira parle de pragmatisme.

Concernant la peine plancher voilà, selon moi, le pragmatisme sans langue de bois que le ministre pouvait mettre en avant dans son entretien au Parisien, exemple :

dans une comparution comme celle du tribunal correctionnel de Toulon, je préfère que les magistrats mobilisent leur énergie pour d’abord considérer, observer, examiner, analyser le parcours, le présent, l'avenir d’un prévenu, bref qu'ils s'emploient à réellement individualiser, plutôt qu’ils mobilisent leur énergie à ressasser dans le général et le théorique leurs amertumes vis-à-vis des peines plancher, avec pour tout projet judiciaire de sanctionner en premier par leur jugement une loi qu'ils détestent.

Ce pragmatisme qui aurait eu le mérite de la lucidité et de l'indépendance vis-à-vis des dogmes aurait été plus audible que les éléments de langage distribués en long et en large au journaliste faire-valoir du Parisien.

denis

Je cite mon propre commentaire sur un autre billet :
"Je vous fais le pari que vous regretterez bientôt Sarkozy..."

M. Bilger n'en est encore pas là mais s'en rapproche.

Il n'est pourtant pas surprenant que le laxisme de la gauche en matière pénale revienne au galop. C'était même prévu dans le programme de F. Hollande.
Pour un homme ayant la carrière de M. Bilger sa naïveté est inquiétante...

Damien

Il me semble que raisonner à partir d'un cas particulier n'est pas l'idéal. Nous pouvons en effet considérer que, quelle que soit la politique pénale, il y aura toujours des crimes et délits. Il suffit de regarder ce qui se passe aux USA par exemple, où la justice n'est pourtant pas connue pour son laxisme et où les peines plancher conduisent à des aberrations.

L'argument selon lequel les gendarmes tuées seraient encore en vie peut être décliné à l'infini: si Michel Fourniret avait été condamné à la perpétuité pour ses premières agressions, il n'aurait jamais tué. Condamnons-donc tous les violeurs à la perpétuité (et tant pis pour ceux qui n'auraient jamais récidivé?).

C'est pour cela qu'il faut pouvoir dépasser les cas particuliers pour s'intéresser aux effets globaux de la politique pénale: les peines plancher ont-elles un effet sur la récidive? La mise hors d'état de nuire du criminel (incapacitation, j'ignore s'il existe un autre terme équivalent en français) est-elle suffisante pour contrebalancer d'autres effets négatifs de la prison? Qui, du juge ou du législateur, est le plus à même d'infliger la meilleure peine?

Ce sont des questions qui ne peuvent trouver de réponse qu'en examinant les tendances globales, et non en se focalisant sur des cas particuliers. On risquerait sinon de ne prendre en compte que ce que l'on voit (les délinquants libérés "trop tôt" qui ont commis d'autres délits ou crimes) et l'on ignorerait ce que l'on ne voit pas (le délinquant qui se serait réinséré mais qui en resté trop longtemps en prison à cause d'une peine plancher qui ne correspondait pas à sa situation). Pour un Boumezaar, combien d'autres auxquels la prison ferait de mal que de bien, avec toutes les conséquences pour la société?

Trekker

@ Jean-Dominique Reffait

Certes la création des peines-planchers, elles étaient bien matière de principes et tradition judiciaire française, la négation de ces derniers. Mais ce retour en arrière, il était quand même plus que tempéré par la possibilité de ne pas les appliquer quand certaines conditions étaient réunies. Leurs définitions sont loin de constituer un obstacle conséquent à la non application des peines-planchers, et qui la rendrait de fait rarement applicable. Le TGI de Toulon en a fait une " brillante " démonstration récemment !...

Bien sur il est légitime de s'interroger sur ces peines-planchers, et leurs conséquences. Mais vouloir les supprimer au nom de principes présentées comme quasi sacrés; cela relève de l'idéologie, et non d'un quelconque pragmatisme ou analyse dépassionné du réel.

A contrario je partage votre opinion sur le manque flagrant de moyens, pour appliquer concrètement les peines de détention prononcées. A quoi bon augmenter les peines de prison dans nos lois et accroître la sévérité des jugements, quand conjointement on est dans l'impossibilité matérielle de les faire exécuter pour une partie.

On prend acte du nombre de places disponibles dans nos prisons, et nécessité de réduire leur surpeuplement nuisible à la réinsertion des détenus. Concrètement on est alors confronté à une alternative, que certains qualifieront de primaire : prononcer un quota de peines de détention correspondant aux capacités d'enfermement décentes du système pénitentiaire, ou augmenter notablement celles-ci et avec toutes les conséquences financières en découlant.

Quand à la récidive, certes ses taux diffèrent notablement entre les détenus incarcérés et ceux en liberté conditionnelle. Mais dans ce dernier cas 39 % de récidives c'est loin d'être un taux marginal, et ne démontre pas une efficacité remarquable de cette option. Par ailleurs pour mieux apprécier cet écart de taux, il faut prendre en compte le type de délinquants / délits commis objet de ces deux traitements pénaux. A priori ceux incarcérés sont les plus aguerris ou ayant commis des actes graves, en conséquence que leur taux de récidives soit plus élevés semble logique.

Vous évoquez à juste raison la nécessité de mener une réflexion sur la récidive, et entre autre sur celle des mineurs. Mais si au préalable, on commence par s'interdire de recourir à certains moyens coercitifs : enfermement et pas nécessairement avec des adultes, tribunaux correctionnels dédiés, etc... Immanquablement on en viendra à conclure, que seuls les principes de l'ordonnance de 1945 sont valables et donc le système de probation - éducation en milieu ouvert. Même si on décide d'augmenter fortement ses moyens ( humains et matériels ), je crains beaucoup que cette conclusion repose sur un sophisme.

La délinquance des mineurs en 2012 est bien différente de celle de 1945, tant en gravité des actes commis et répétition de ceux-ci que personnalité des mineurs en cause. En près de soixante-dix ans la société française a beaucoup changé, cela a été pris en compte dans de nombreux domaines et notamment judiciaire : dépénalisation de la contraception et IVG, accroissement conséquent des sanctions afférentes aux crimes et délits sexuels, etc. Alors au nom de quoi ces mutations de la société ne devraient pas être prises en compte pour les mineurs ?

Catherine JACOB@sbriglia @ Catherine Jacob |Bis |

@sbriglia @ Catherine Jacob | 23 juin 2012 à 11:36 (Bis)
« Savonarole, ne voudriez-vous pas donner des cours de légèreté à Madame ? »

Cueillies tantôt avec beaucoup de légèreté, comme on peut le constater :
--------------------------------------------
Ceci dit : Quelle peine plancher pour les sept douaniers de l'aéroport de Roissy soupçonnés d'avoir volé au détriment de leur administration de l'argent liquide par millions dans les valises de trafiquants de drogue présumés ??

Jean-Dominique @ PB

Concernant la lutte effective contre la récidive, une étude statistique des Cahiers d'études pénitentiaires et criminologiques permet de constater l'efficacité du bracelet électronique, avec le sentiment d'être surveillé en permanence.
Dans la mesure où la justice n'a pas matériellement les moyens de faire exécuter toutes les peines de prison ferme, quoi qu'on en pense par ailleurs, le placement systématique sous bracelet électronique est une alternative très dissuasive.

Le problème du bracelet électronique est qu'il entre dans la catégorie des alternatives à l'exécution au lieu d'être considéré comme une exécution de la peine. Ainsi le tribunal peut délivrer un mandat de dépôt à l'audience tandis qu'il ne peut pas exiger le placement immédiat sous bracelet. Cette disposition dépend d'un juge de l'exécution des peines et c'est beaucoup plus long.

Il conviendrait donc d'introduire le bracelet dans la panoplie des peines délictuelles permettant au tribunal d'ordonner un placement immédiat à l'audience.

Voilà, Philippe, de quoi vous mobiliser activement contre l'inexécution des peines, en accord avec les réalités pénitentiaires et budgétaires.

La récidive des premiers placés sous surveillance électronique

Laurent Dingli

Christan C, vous écrivez :

"...si j’en crois les bonnes feuilles, le nombre de condamnés dispensés de l’exécution de leur peine a été, ces dernières années, de plusieurs milliers chaque année, faute de places dans les établissements pénitentiaires. Cela n’aide pas à décourager les vocations de voyous, truands et autres criminels.

Il y a aussi beaucoup de cas où la prison a sans doute été jugée inutile, voire nuisible. Comme le disait autrement Boris, et comme vous le rappeliez vous-même, la peine est liée à un individu et à un acte particulier.

Quoi qu'il en soit, toutes ces affaires sont bien tristes.

Très juste Mary Preud'homme, amusant de constater que le terme est aussi fréquemment utilisé en allemand pour désigner un cacique, un homme de pouvoir. Sous le nazisme, par exemple, l'homme de la rue avait l'habitude de parler des "bonzes" du parti ou du ministère, pour en désigner les personnes influentes (aucun, à ma connaissance n'avait les yeux bridés)... Bon, je m'arrête là pour ne pas relancer cette chère Catherine Jacob.

Catherine JACOB@sbriglia

@sbriglia @ Catherine Jacob | 23 juin 2012 à 11:36

Bon d'accord. Allez, la chaleur étant devenue supportable, je vais nous cueillir quelques groseilles avant que cela ne se rafraîchisse pour de bon.

Catherine JACOB@Mary Preud'homme

@Mary Preud'homme | 23 juin 2012 à 12:55
« il me semble que vous n'avez pas compris qu'il employait le mot bonze, uniquement, au sens (souvent péjoratif) de personnage prétentieux, solennel et pédant, faisant autorité dans son milieu. [cf lexis de la langue française]  »

Effectivement, après vérification dans le petit Larousse à portée de main, on donne bien le sens familier de « Personne qui parle avec emphase. »

Ce n'est toutefois pas le premier sens qui vient à l'esprit dès lors qu'on l'applique à une personne d'origine extrême-orientale.

Le Larousse précise par ailleurs que le terme a été introduit via sa transcription portugaise de bonzo.

C'est en effet au 16ème siècle vers 1545 que commencèrent à arriver à Kyûshu (¼ grandes îles de l'archipel japonais, la plus au Sud) des marchands portugais accompagnés de missionnaires jésuites. Ils faisaient voile vers Macao, sur la côte chinois mais ont été détournés de leur route par une tempête. Mais le portugais n'est pas le français et le temps qu'ils rentrent au Portugal et que l'emploi se vulgarise.... Le Littré donne le terme comme utilisé par Voltaire dans L'orphelin de la Chine qui date de 1755 ainsi que dans Essai sur les mœurs et l'esprit des nations et sur les principaux faits de l'histoire depuis Charlemagne jusqu'à Louis XIII de la même époque , soit effectivement le XVIIIème.

Littré : « Prêtre chinois ou japonais de la religion bouddhiste. » Ce Dieu.... Méconnu par le bonze, insulté par vos maîtres. [Voltaire, L'orphelin de la Chine]
Au fém. Les Chinois et les Japonais seuls ont quelques bonzesses. [Voltaire, Essai sur les mœurs et l'esprit des nations et sur les principaux faits de l'histoire depuis Charlemagne jusqu'à Louis XIII -

Ou encore: Crois qu'un bonze modeste, un dervis charitable Trouvent plutôt grâce à ses yeux [de Dieu] Qu'un janséniste impitoyable Ou qu'un pontife ambitieux extrait de l'article "grâce" du dictionnaire de français Littré, où le terme n'est donc absolument pas pris dans une acception péjorative, bien au contraire.

Merci toutefois de vos précisions qui m'ont permis d'enrichir ma connaissance de l'emploi du terme ne serait-ce qu'en m'obligeant à chercher pour vérifier.

Christian C

Cher Philippe Bilger,

Les peines planchers -pour reprendre votre syntaxe- ont d’abord été une volte-face dans la politique pénale française, marquée depuis deux siècles par l’individualisation des peines ; que les magistrats l’aient vécu comme une défiance de l’exécutif vis-à-vis de la magistrature, c’est probable, mais il s’agissait d’abord d’une inflexion lourde de cette politique. S’interroger sur la pertinence de cette inflexion n’est pas un crime.

Par ailleurs, vous utilisez une formulation laissant à penser que l’indépendance des magistrats pourrait aller jusqu’à l’autonomie. On a assez reproché à Christiane Taubira sa soi-disant lutte en tant qu’autonomiste pour éviter un raccourci menant à un corps de magistrats devenu autonome. Les mots ont un sens, dirait Nicolas Sarkozy.

Il ne me semble pas, en outre, qu’idéologie et pragmatisme soient condamnés à l’antinomie définitive. Et rien ne démontre encore que l’ « idéologie » dite « de gauche » aille dans le sens de l’idéologie de l’excuse.

Les quelques cas récemment constatés de crimes commis notamment par un jeune de seize ans dans la région rennaise, ou le viol collectif par des jeunes de treize ans, posent un certain nombre de questions sur la réponse pénale à apporter. Les solutions préconisées par certains de vos commentateurs ne me paraissent pas appropriées. Qui plus est, si la solution, préconisée dans votre précédent billet, de la peine quasi-automatique appliquée à l’auteur du meurtre des deux gendarmes, garantirait peut-être une sensation de sécurité (que je considère en grande partie factice, donc non durable) dans la population, cela nécessiterait que nous tous, contribuables, soyons prêts à augmenter assez considérablement la part de nos contributions dédiée à l’administration pénitentiaire.

Je suis partisan, quant à moi, d’une grande sévérité dès la première infraction, même commise par un mineur (c’était également l’avis de Nicolas Sarkozy), mais je pense que les moyens permettant cette sévérité n’existent pas (nombre de places, nombre de surveillants, nombre de magistrats chargés de l’exécution des peines, etc.). Alors, s’il s’agit de froncer les sourcils, allons-y ; mais si j’en crois les bonnes feuilles, le nombre de condamnés dispensés de l’exécution de leur peine a été, ces dernières années, de plusieurs milliers chaque année, faute de places dans les établissements pénitentiaires. Cela n’aide pas à décourager les vocations de voyous, truands et autres criminels.

Savonarole@Glupo

@Glupo

"Soleiman", donc...
Ça commence à faire beaucoup en moins de 6 mois...
Toulouse, Rennes, Collobrières... Et j'en passe et des kippas...
Et pendant ce temps-là " le Congrès danse et s'amuse"...
Les esthètes s'écharpent sur les peines planchers, qu'est-ce qu'en dit le siège et voyons voir ce qu'en pense le parquet...
On dirait les "Incoyables" de la Révolution...

"Toutes les dettes se paieront" (l'Armée des Ombres)

Glupo

Soleimane, 17 ans, a tué Killian, 13 ans, parce que ce dernier le regardait. Crime de mineur et peine plancher sont donc bien des questions d'actualité.
Ils vont dire quoi, les juges, vos juges, sur cette affaire, Madame la garde des Sceaux, "Au nom du peuple français " ?
Le "peuple français", il attend la réponse, et pas avec le sourire.

Mary Preud'homme

@ Catherine Jacob

Pardon de m'immiscer dans votre échange avec Laurent Dingli mais il me semble que vous n'avez pas compris qu'il employait le mot bonze, uniquement, au sens (souvent péjoratif) de personnage prétentieux, solennel et pédant, faisant autorité dans son milieu. [cf lexis de la langue française]
Par ailleurs cette dénomination a fait son apparition en Europe, dans sa première acception, celle que vous relevez, en 1570, soit au 16ème siècle et non au 18ème.

Savonarole

Le "parquet, le siège, les peines planchers"... ça en fait du bois pour deux cercueils...

Allez donc faire un tour dans le Bronx et vous verrez si un malabar qui est saoul comme un polonais et qui tue deux cops déclenche une réflexion philosophique sur le Droit.

Savonarole

@Herman

Moi mon chat me répond "choucroute garnie", mais en japonais :

ザワークラウト


sbriglia @ Catherine Jacob

"Ou c'est une façon désobligeante d'accommoder le spaghetti à la sauce aigre-douce ?"

Quelque chose vous autorise, Catherine Jacob, à porter un jugement de valeur sur la virilité de Monsieur Placé ?

Savonarole, ne voudriez-vous pas donner des cours de légèreté à Madame ?

Laurent Dingli

Mais non, mon cher Herman, nous nous étonnons seulement que Philippe Bilger s'étonne que le PS applique son programme ; c'est aussi simple que cela...

Catherine Jacob, vous êtes impayable, et si vous n'existiez pas, il faudrait vous inventer (enfin, pas à un trop grand nombre d'exemplaires non plus...).

PS : le commentaire de Boris est plein de bon sens.

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