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Voici les sites qui parlent de François Hollande fait des histoires :

Commentaires

Franck Boizard

Basculement communiste, crainte infondée ? Cela m'a tout l'air d'une sagesse rétrospective.

Souvenez-vous par exemple d'Allende au Chili : il a réussi en quelques mois à mettre à bas le Chili. J'ai honte quand je pense que cet olibrius a des rues à son nom en France.

Trekker

@ Franck Boizard

Parler d’une victoire des partis pro-occidentaux au Chili, Argentine et Grèce, cela sous-entend que ces pays étaient en train de basculer dans le camp soviétique : syndrome d’un nouveau Cuba. Ce postulat infondé c’était l’argument avancé par les dictatures et leurs soutiens US, pour justifier leurs coups d’Etat et exactions commises à l’encontre de leurs opposants. Les situations politiques dans ces pays étaient bien différentes de celle de Cuba au début des années 1960. D’ailleurs dans ce dernier ce changement de camp résulte autant des fautes de l’administration américaine (Département d’Etat et CIA) que d’un calcul initial des castristes.

Je suis d’accord avec vous sur le fait qu’en Indochine deux guerres se superposaient : guerre coloniale française et guerre civile entre Indochinois (communistes et non communistes). Cela est manifeste à partir de 1948 / 49. Mais ne pas oublier que les Indochinois non communistes et surtout Vietnamiens, qui combattaient aux côtés des Français, étaient des nationalistes. Ces derniers étaient issus du VNQDD, ou fortement influencés par ses idées. Jusqu’en 1945 / 46 le VNQDD était le mouvement le plus influent au sein des Vietnamiens, et le plus indépendantiste. Ce sont les graves erreurs des responsables politiques français en 1945 / 47, qui provoquèrent la forte expansion des communistes.

Alors même si l’armée française avait vaincu le Vietminh, le problème était loin d’être solutionné. Voir d’ailleurs comment après 1954 et au Sud-Vietnam, une majorité de ces nationalistes se sont alliés aux Américains. Cela bien plus par réalisme et ressentiment vis-à-vis des politiques Français que par américanophilie.

Le FLN tant pendant la guerre d’Algérie qu’après, ne fut jamais un parti pro-communiste ou / et influencé par une idéologie d’essence marxiste-léniniste. Certes pendant toute cette guerre le FLN rechercha et accepta l’aide militaire du bloc soviétique : uniquement des armes, et jamais de conseillers made in KGB ou Armée rouge. Mais ce n’était que par intérêt tactique, et d’ailleurs conjointement il se fournissait auprès de trafiquants d’armes occidentaux et notamment allemands.

L’erreur de nombre de cadres militaires français ayant connu la guerre d’Indochine, ce fut de croire que le FLN n’était qu’une variante arabo-musulmane du Vietminh. En toute bonne foi ils pensaient combattre une rébellion inféodée au communisme, et éviter à l’Algérie ce qu’avait connu le Vietnam du Nord et une partie du Laos ainsi que du Cambodge : totalitarisme communiste. A leur décharge, une grande partie de la classe politique française était dans des analyses aussi fausses : droite et centre-droit avaient la même que les militaires, la SFIO voyait dans le FLN un parti fasciste - néo nazi remake du PPF de Doriot et en Nasser un nouvel Hitler, le PCF lui était très méfiant vis-à-vis de tous les mouvements nationalistes non communistes. Seul le général de Gaulle et ses proches avaient compris en 1958, la vraie nature nationaliste du FLN et sa seule finalité : indépendance de l’Algérie.

Comme en Indochine, à cette guerre coloniale française se superposa une guerre civile entre Algériens. Mais là ce n’était pas entre nationalistes et pro-communistes, mais et pour faire court entre deux nationalismes. Ceux du FLN et MNA : issu du « Messalisme «, mouvement nationaliste dominant jusqu’en 1954. Même en 1960 / 62 et malgré toutes les fautes françaises (torture, exécutions sommaires et répression souvent aveugle), le FLN était loin de représenter les aspirations de l’ensemble des Algériens.

Franck Boizard

@ Trekker

Vous avez raison, j'ai fait l'erreur de ne pas distinguer les guerres coloniales, qui ont un moteur bien plus puissant, des guerres civiles politiques.

Je ne connais effectivement pas de guerre coloniale gagnée au XXème siècle par la puissance coloniale (à part contre les Mau-Mau au Kenya). Donc, torture ou pas torture, ces guerres sont perdues, donc mieux vaut ne pas torturer.

Mais il y a des guerres civiles qui ont été gagnées par les parti pro-occidental, et en faisant usage de la torture (Chili, Argentine, Grèce).

Guerre coloniale : perdue d'avance donc pas de torture.

Guerre civile : succès possible. La torture fait partie des instruments.

Or, la division guerre coloniale / guerre civile n'est jamais pure : une guerre coloniale est aussi une guerre civile. C'est particulièrement frappant pour la guerre d'Indochine : nombre de Vietnamiens préféraient rester liés à la France (avec une indépendance sous une forme ou sous une autre) plutôt que de devenir communistes.

Les militaires qui faisaient usage de la torture en Algérie raisonnaient en termes de guerre civile : ils aidaient un parti algérien pro-français contre un parti algérien pro-communiste. N'oubliez pas qu'ils ont tous été profondément marqués par l'endoctrinement et les techniques "psychologiques" dans les camps vietminhs.

Je ne sais pas comment, plongé dans telle situation, j'aurais réagi. La sagesse et le courage rétrospectifs, je laisse cela à de plus grands hommes que moi.

C'était là le point où je voulais en venir : ceux qui émettent des jugements définitifs et péremptoires, sous-entendent que, eux, dans la même situation, auraient fait mieux. Cela relève à mes yeux d'une vanité ridicule et, plus grave, d'un insultant manque de respect de nos ascendants.

***************

Je me suis mal exprimé sur un point : je ne voulais pas dire que la torture permettait de gagner la guerre en Irak et en Afghanistan. Je voulais dire que, dans toute situation de ce genre, il y a des hommes qui estiment, à tort ou à raison, que la torture est nécessaire à l'accomplissement de leur mission.

J'ai tendance à vous suivre sur le fait que c'est plutôt à tort, mais j'ai des doutes.

Trekker

@ Alex paulista

Je souscris totalement à vos propos sur l'effet inverse de celui recherché, qui a toujours résulté de l'usage de la torture et des exécutions sommaires. Hors toute considération morale, c'est une stupidité en terme militaire : gain tactique dans l'immédiat, et catastrophe stratégique à terme.

Pour ce qui est de cette culture de la torture, justifiée et quasi encensée par une certaine "théologie", elle n'était le fait que d'une petite minorité du clergé dans la France des années 50. Une mouvance ultra droitière, imprégnée de ce qu'il y avait de pire chez Maurras, et dont beaucoup avaient soutenu activement Vichy jusqu'à son terme. Ces "prêtres de combat" étaient de la même veine qu'un Monseigneur Mayol de Luppée l'aumônier en chef de la LVF. On en retrouva d'un genre parmi certains aumôniers militaires pendant la guerre d'Algérie. Bien que très minoritaire cette mouvance n'en était pas moins fort active et avait noyauté partiellement l'école de guerre et autres organismes de formation/réflexions pour officiers supérieurs. Cela avec la complicité-aide d'une poignée de généraux, et la neutralité proche de la bienveillance de certains responsables politiques.

Cette culture de la torture, elle n'imprégnera les militaires qu'à partir de la guerre d'Algérie et surtout à partir des années 1956 / 57. Cela découlera de plusieurs causes conjointes : laxisme du commandement et des autorités civiles, confrontations aux atrocités commises par le FLN, diffusion des "concepts" du colonel Lacheroy et de son alter ego prêtre *, ainsi que découverte des méthodes en usage depuis longtemps dans une bonne partie de la police en Algérie (exemple type : dans ses mémoires le colonel Aussaresses reconnaît que ce sont des policiers qui lui ont enseigné comment torturer).

* Hormis Monique Robin qui traite de cela dans le début de son livre, quasi personne n'a évoqué le rôle hautement néfaste de ce duo et de leurs quelques acolytes. Ils portent une très grande responsabilité morale dans l'acceptation de la torture par nombre d'officiers, leurs discours habiles et d'une grande perversité brisèrent des règles d'éthiques qui étaient alors inhérentes au corps des officiers.

Certes pendant toutes les époques de la colonisation les troupes coloniales (dont près de la moitié étaient des indigènes), lors des répressions des révoltes pratiquaient fréquemment des exactions : nombreuses exécutions sommaires, brutalités sur les civils et viols *. De même la Légion étrangère qui fut souvent employée en renfort pour écraser ces révoltes ou émeutes. Mais la pratique de la torture était peu répandue, et relevait généralement de dérives individuelles au niveau troupe et sous-officiers subalternes.

* Une tradition dans les troupes coloniales indigènes : on récompensait la vaillance de la troupe au combat en lui accordant 48 h de pillages et viols dans les bourgades et villes reconquises ou conquises. Cela pas seulement dans les colonies, mais aussi en Europe (hormis en France) pendant les deux guerres mondiales : voir les viols massifs par les tirailleurs et goumiers, pendant la campagne d'Italie en 1943 / 44 et Allemagne en 1945.

D'ailleurs pendant toute la guerre d'Indochine, les cas de torture par les militaires (métropolitains, troupes coloniales et Légion) furent relativement peu nombreux. La culture-tradition militaire chez les officiers considérait cela comme indigne d'eux : des pratiques de basse police et d'aventuriers. A contrario pendant toute cette guerre, la torture fut souvent pratiquée par la sûreté indochinoise : encadrée par des commissaires et inspecteurs français, et comptant aussi parmi ces derniers nombre d'Indochinois.

Les DOP de triste et justifiée réputation en Algérie existèrent aussi pendant la guerre d'Indochine mais les cas de tortures y furent rares. La raison en était que bien nombreux qu'en Algérie, ils n'étaient composés que d'officiers et sous-officiers professionnels du renseignement (venant du SDECE et sécurité militaire). Ceux-ci de par leur expérience avaient une conception bien plus intelligente de leurs missions que leurs successeurs en Algérie : ramassis de médiocres et de brutes, dont souvent leurs régiments d'origine ne voulaient plus, qui ne savaient que torturer et n'avaient aucune compétence et expérience en matière de renseignement.

Trekker

@ Franck Boizard

Votre postulat de la nécessité de la torture et des exécutions sommaires, pour mener une contre-guérilla victorieuse, ne résiste pas à l'analyse des faits :

En Algérie début 1962, l'écrasement de la rébellion dans les djebels n'était qu'une illusion de victoire. Compte tenu de l'hostilité, et pour ne pas dire de la haine d'une majorité de la population à notre encontre. Afin d'éviter la renaissance d'une guérilla, et pénétration massive de "l'armée des frontières" du FLN, il aurait fallu maintenir le même nombre de militaires et rythme d'opérations pendant encore a minima une décennie !...

Au Vietnam le plan Phoenix, 30 000 exécutions sommaires a minima, n'empêchèrent en rien l'offensive du Têt qui en 1968 faillit se solder par la prise de Saïgon et Hué. De même au début des années 70 l'enlisement militaire américain est patent, et je parle même pas de l'échec politique avec des gouvernements fantoches à Saïgon. Raison pour laquelle Nixon et Kissinger qui étaient loin d'être des pacifistes et scrupuleux en matière de droits de l'homme, décident un retrait conséquent des troupes US au sol. Quatre ans après le Vietcong s'emparera de tout le Vietnam du sud et Saïgon, on assistera alors à une piteuse débandade de l'armée américaine encore présente.

Pour ce qui est de l'Irak, là encore la pratique de la torture et notamment à la prison d'Abou Ghraib ne donna aucun résultat concret, bien au contraire. La situation ne se stabilisa qu'à la fin des années 2000, cela sous l'impulsion du général David Petraeus qui appliqua alors une doctrine bien différente. Celle du colonel Français David Galula dont il avait fait son livre de chevet, ouvrage bien ignoré en France et hélas notamment pendant la guerre d'Algérie.

Mettre sur le même plan les répressions des dictatures d'Amérique du Sud, et des guérillas - guerres contre une armée occupante (Algérie, Vietnam et Irak), cela relève de l'aberration tant politique que militaire. Dans le premier cas ces dictatures ne font que combattre leur propre population, afin d'asseoir leur pouvoir. C'est une situation identique à celle de la Libye époque Kadhafi, Syrie d'Hafez el Assad père, etc. et plus anciennement : Staline dans l'URSS des années 30 / 40, Franco en Espagne, Hitler en Allemagne, etc.

Plutôt que prendre pour "vérité d'évangile" les approximations et rancoeurs de l'ex colonel Argout (d'après nombre de ses pairs, il n'aurait jamais dû dépasser le grade de capitaine), lisez David Galula, et certain articles du centre de doctrine et d'emploi des forces de notre ministère de la défense et Ihedn :

http://www.cdef.terre.defense.gouv.fr/publications/biblio/contre_insurect/contre_insurect.htm

http://www.ihedn-lorraine-ar13.org/telecharger/UnStratege.pdf

Alex paulista

@ Franck Boizard

Mais quelle guerre ces méthodes ont-elles permis de gagner ?
Alger ? Le Vietnam ?

Elles n'ont fait que radicaliser les révoltes, augmenter les attentats. On en paye encore le prix aujourd'hui: regardez la différence de comportement d'un franco-algérien et d'un franco-marocain.
En Amérique du Sud, la question n'était même pas de neutraliser des réseaux d'indépendantistes qui commettaient des actes terroristes, mais de terroriser son propre peuple pour prévenir l'émergence d'une conscience de gauche. Les rares attentats sont apparus après des années, contre des militaires et en réaction aux tortures multiples.

@ Trekker
Vous avez raison. Mais cette culture imprégnait les militaires. Les religieux bien moins, et au Brésil la doctrine religieuse des dictatures est venue bien plus du Portugal que de la France.

Trekker

@ Franck Boizard

Contrairement à ce que vous suggérez, je ne suis pas dans l'angélisme béat et ne méconnais pas les difficultés - contradictions d'une guerre " contre - révolutionnaire".

Par ailleurs dans mon précédent commentaire, je n'ai pas jeté l'opprobre sur l'ensemble des militaires qui torturèrent et pratiquèrent des exécutions sommaires pendant la guerre d'Algérie. J'ai uniquement insisté sur les lourdes responsabilités en ce domaine de l'état-major général de l'armée à Paris et celui d'Alger. Les officiers généraux qui les composaient étaient confortablement installés dans leurs bureaux, et n'avaient pas l'excuse d'être confrontés au quotidien aux horreurs sur le terrain des opérations. De plus vu cette distance et surtout leur âge, expérience de la guerre, et niveau intellectuel, on aurait pu s'attendre de leur part à plus de modération et surtout courage en matière de commandement.

Bien sûr la majorité des militaires qui ont torturé en Algérie n'étaient ni des sadiques satisfaisant de bas instincts, ni des médiocres. Ils étaient pris dans un engrenage ne pouvant les amener qu'à faire cela : horreurs commises par le FLN, pressions de la hiérarchie avide de résultats immédiats, commandement qui justifiait - encourageait oralement cela ou a minima tacitement.

Ce que vous ne semblez ou voulez pas distinguer, tel Argoud que vous citez, c'est la différence de nature entre la " Bataille d'Alger " et l'ensemble de cette guerre. La première fut quelque chose de très spécifique : lutte contre des attentats aveugles et meurtriers contre la population civile, et donc urgence à les arrêter. La grave faute du pouvoir politique fut de confier cette lutte à quatre régiments parachutistes dont ce n'était pas du tout le métier et avec ordre de faire cesser cela au plus vite. Alors que pour ce genre de mission, seule la police et la gendarmerie avaient les compétences nécessaires. Quand cette décision fut prise il était aisé de deviner à quoi cela conduirait, et surtout vu les pratiques déjà connues de certains colonels commandant ces quatre régiments.

Je vous rappelle que le colonel Godart alors adjoint du général Massu, était totalement opposé à l'emploi des régiments parachutistes pour ce type de mission. Qu'il était contre l'emploi de la torture, et qu'il fut un de ceux qui obtint la dissolution de "l'escadron de la mort" de l'alors commandant Aussaresses. Comme quoi un officier supérieur pouvait être profondément Algérie française (basculera d'ailleurs dans l'OAS en 1961), et considérer que la torture de masse n'était pas une méthode acceptable et une grave erreur militaire à terme : soudée toute la population d'un ville dans une haine de tout ce qui était français. De même Hélie de Saint Marc dans ses mémoires souligne que l'absence d'ordre précis du commandement ( en l'occurrence le général Massu ), cela ne pouvait conduire qu'à de graves et massives dérives.

Bien sûr il y avait pour les militaires exécutants aux échelons inférieurs, l'obligation de faire cesser ces attentats aveugles et meurtriers. Mais pour autant leurs chefs et notamment certains colonels, auraient dû donner des ordres afin que la torture ne fut employée qu'en dernier recours et de manière très sélective. Poseurs (ses) de bombes et leurs réseaux logistiques, ce ne fut au plus que quelques centaines de personnes. Mais la " Bataille d'Alger" ce fut 3 000 disparus : morts sous la torture ou exécutés après torture. A cela s'ajoutent tous ceux / celles qui furent torturés et non exécutés après : a minima au moins un millier. Il y a donc eu et c'est un euphémisme, pour le moins disproportion entre nombre de torturés ( ées ) et celui des personnes impliqués à des degrés divers dans ces attentats: quelques centaines au plus !....

Mais hors le spécifique de " la bataille d'Alger", le recours fréquent à la torture ne trouvait aucune justification d'ordre militaire : supposé indispensable de ce moyen , et supériorité tactique de celle-ci. Je vous rappelle que certains colonels dont les unités étaient en première ligne dans les combats du djebel, interdirent fermement tout recours à la torture et exécutions sommaires : de Seguin Pazzis au 6° Rpima, Dabezies au 3° Rpima, Decorse au GLI et groupement de marche du 11ième choc, Buis dans son secteur des Aurès, Coulet avec ses commandos de l'air, etc. Pour autant ses colonels eurent des résultats militaires égaux et voire parfois supérieurs à ceux de leurs homologues pratiquant systématiquement la torture. Comme quoi la torture outre son indignité morale, n'apporte rien de plus en matière de résultats en opérations.

A titre d'exemple : Bigeard qui avait institutionnalisé la torture dans son régiment, ses combats à Timimoun qu'il présenta après comme une " immense victoire ", en réalité se soldèrent par un grave demi-échec. Lire à ce sujet la description et analyse qu'en fit un de ses ex-officiers d'alors :Erwan Bergot

Franck Boizard

Gagner une guerre contre-révolutionnaire nécessite l'usage de la torture. C'est comme cela : il n'y a pas d'exemple contraire, de contre-guérilla victorieuse sans torture ni exécutions sommaires.

C'est très facile de dire : "Mieux vaut perdre une guerre que de torturer". La réalité est moins aisée.

Quand on est un officier patriote, formé à remplir sa mission au péril de sa vie, et qu'en plus on a fait certaines promesses (sans doute inconsidérées) à la population, la désinvolture est moins automatique.

Au final, la responsabilité repose chez les politiques assignant une mission sans en assumer les moyens.

D'où la doctrine française, devenue la doctrine américaine et israélienne : torturer et exécuter est quelquefois indispensable. Il faut limiter ces pratiques au maximum par crainte de répercussions politico-médiatiques néfastes et, surtout, il faut effacer toutes traces. D'où les disparus.

Au large de l'Argentine, au point où l'on larguait les opposants (drogués), les requins était tellement habitués qu'ils faisaient surface au bruit de l'hélicoptère.

Dégueulasse ? Sordide ? Certes, mais la guerre est dégueulasse et sordide.

Si l'on ne veut pas vivre de telles horreurs, il ne faut pas faire la guerre, comme nous l'avons encore appris en Irak et en Afghanistan.

Mais il ne faut pas oublier qu'il y a pire que la guerre. Il y a la servitude.

Franck Boizard

Sur la torture en Algérie

C'est bien joli de jouer les grandes consciences confortablement installés, 50 ans après les faits.

C'est une facilité qu'on s'accorde que de considérer ces adversaires comme des minables et des salauds.

Et pourtant, il y a des gens qui ont torturé en Algérie qui n'étaient ni des médiocres ni des imbéciles ni des sadiques :

La décadence, l'imposture et la tragédie (A. Argoud)

Ceci devrait inciter à plus de nuances et à plus de retenue dans les jugements péremptoires. Mais je doute que ceux qui sont drapés dans la certitude de leur supériorité morale (qui n'est qu'une des formes de la bêtise) soient capables d'une telle intelligence.

Trekker

@ Alex paulista

"Pour l'état-major français, ce n'est pas forcément une période plus glorieuse que celle de Vichy. Et là, pas d'excuse d'avoir perdu la guerre... "

Autant l'état-major français à son plus haut niveau, et à celui d'Alger, porte une très lourde responsabilité pendant la guerre d'Algérie : pratique très répandue de la torture, puis son institutionnalisation avec les DOP, et exécutions sommaires. Cela à la fois par absence d'ordre interdisant ce type de pratique *, et avoir laissé un colonel Lacheroy et son alter ego prêtre endoctriner une partie des officiers supérieurs.

* Attitude complice et lâche, car il savait très bien ce que certains colonels commandant des régiments pratiquaient. Bien sûr fort habilement ces officiers généraux de l'état-major se gardèrent bien de donner des ordres pour faire cela. Ce fut d'ailleurs de même chez les responsables politiques. Quand on se rappelle que le chef d'état-major de 1953 à 61 était le général Ely, dont tout le monde disait que c'était une "grande conscience" de l'armée !...

Mais pour ce qui est de l'envoi en Amérique du Nord et Sud, entre 1962/74 d'environ une vingtaine d'instructeurs spécialistes patentés en torture et exécutions sommaires de masse. Là quelles que soient ses fautes passées, laxisme coupable vis-à-vis de ces tortionnaires, l'état-major n'y est pour rien.

Car ce fut une décision strictement politique, gouvernementale : ministres de la défense, des affaires étrangères successifs, Premiers ministres et président de la République. Même si Messmer ministre de la défense de 1960 à 68, a reconnu avoir pris cette décision. Vu ce que celle-ci impliquait au vu du "passé" des officiers envoyés, il lui fallait l'accord du président de la République (de Gaulle) et en informer : ministre des affaires étrangères (Couve de Murville) et Premier ministre (Pompidou).

Même chose dans la période suivante 1968 / 72 : Debré ministre de la défense n'a pu le faire sans l'accord de Pompidou président de la République, et en informer Chaban-Delmas Premier ministre ainsi que Maurice Schumann ministre des affaires étrangères.

Exemple : nomination en 1970 du colonel Aussaresses comme attaché militaire à l'ambassade de France au Brésil, le titulaire de ce type de poste est toujours choisi conjointement par le ministre de la défense et celui des affaires étrangères.

Trekker

@ Alex paulista

Bien plus que les futurs dictateurs brésiliens et argentins, ce furent ceux qui deviendront leurs zélés généraux qui furent formés par les Français. Cela se déroula en trois phases :

1956 / 58 (entre 1956 / 57, gouvernement SFIO qui fut longtemps soutenu par les communistes) :
Paris au sein de l'école militaire et autres organismes de l'Armée française et avec des séjours à Alger, pour étudier in situ la "Bataille d'Alger".

1962 / 65 :
"School of America" à Fort Sheridan (Panama) par des instructeurs français et avant tout pas l'alors commandant Aussaresses. Ce dernier avec neuf autres officiers avait été envoyé officiellement à Fort Bragg (USA) par le ministre de la Défense (Pierre Messmer) pour former les cadres de l'US Army et CIA à la "lutte" antiguérilla.

Conjointement, des cadres militaires argentins furent formés aux mêmes "méthodes", par des ex-officiers français qui étaient passés à l'OAS. Ces derniers avaient pu gagner l'Argentine avec l'accord officieux ou tacite du ministre de la Défense Pierre Messmer.

1970 / 74 :
Formations à Manaus (Brésil) et en Argentine, là quasiment que par Aussaresses devenu colonel et qui était alors attaché militaire à l'ambassade de France à Brasilia.

De 1956 à 1974, toutes ces formations à la torture, aux exécutions sommaires et "terrorisations" des populations, se sont donc déroulées dans le cadre d'accords militaires officiels passés entre la France et les gouvernements de ces pays. Le fait qu'entre 1962 / 65 en Argentine, elles furent le fait d'ex OAS en "fuite", c'était quand même avec l'accord du ministre de la Défense français !...

Les grands théoriciens de toutes ces pratiques sont deux intellectuels : le colonel Lacheroy, brillant officier d'état-major, et un religieux dont je n'arrive plus à retrouver le nom. Il était issu des cercles maurassiens de Vichy, et intervenait officiellement au sein de l'école militaire et ses satellites. Lacheroy théorisera l'aspect politico-militaire et l'homme d'église celui religieux-idéologique : rédemption du pécheur par la torture !... Ce redoutable duo qui eut une forte influence sur nombre d'officiers supérieurs, a sévi de 1956 à 60 et cela avec a minima l'accord tacite des divers gouvernements de l'époque.

Le colonel Trinquier fut bien lui aussi un des théoriciens, et surtout praticiens de ces "méthodes" de répression. Mais si le duo cité ci-dessus en fut le stratège intellectuel, Trinquier lui, ne fut en quelque sorte que l'auteur d'une méthode de mise en pratique de leurs "théories", et son audience-influence dans le milieu des officiers fut bien moindre : il était détesté par nombre de ses pairs.

Certes Aussaresses traduisit son livre, le distribua à ses stagiaires de Fort Bragg et celui-ci fut la "bible" de certains cadres de la CIA qui s'illustrèrent au Vietnam : les 30 ou 40 000 morts de l'opération Phoenix. Mais Trinquier refusa de participer à toutes ces "formations" en Amérique du Nord et du Sud, il préféra s'impliquer dans les opérations de mercenaires au Congo et au Yémen. Mais ceci est un autre histoire, et d'une autre nature.

Quant à Bigeard, en faire un théoricien serait lui faire trop d'honneur. Ce ne fut qu'un exécutant zélé des théories de Lacheroy et de son compère curé, et des méthodes de Trinquier. Quoique il n'avait pas attendu de lire ces diverses "proses" pour pratiquer torture et exécutions sommaires dès son arrivée en Algérie courant 1955. En 1958 dans son centre d'instruction à la "lutte antisubversion" de Philippeville, créé à la demande de Jacques Chaban-Delmas, Bigeard faisait surtout du Bigeard : emploi de toutes les méthodes possibles et les pires, pour accroître sa notoriété et faciliter son carriérisme.

Etrangement au sujet de l'Algérie et notamment de la "Bataille d'Alger", on parle beaucoup et on dénonce à juste titre ce qu'ont fait Aussaresses et Trinquier, autant pour Bigeard on reste dans la simple condamnation de principe, voire l'allusif, cela alors qu'il fut responsable de bien plus d'exécutions sommaires et de tortures qu'Aussaresses !...

Nath

Trouvé "Calice" ! Et un commentaire afférent sur ce site "des vidéos" :
"Quando ele falava cálice, ele esteva falavando do verbo calar.
Era uma forma de protestar contra a ditadura que não dava liberdade de expressão, por isso a musica chama cálice com duplo sentido, ou CALE-SE."

N'étant pas lusophone (je déchiffre), je comprends votre allusion à ce "Cale-se".
Ceux ne comprenant pas le portugais arriveront néanmoins à entrevoir le sens des paroles ci-dessus.

Alex paulista

@ Nath

Non, c'est Afasta de mim este "Cálice"

Double sens utilisé pour tromper la censure, qui fait référence à l'Évangile (Lc 22, 42) et l'agonie de Jésus au Jardin des Oliviers.
"Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe ! Cependant, que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui se fasse !"

Mais qui signifie ici
Éloigne de moi ce "tais-toi !", ce vin teinté de sang.

Et comme le souligne Trekker, en France il faudra encore un peu de temps pour qu'on retrouve la mémoire sur les années 60-70, sur notre soutien appuyé aux dictatures qui violaient, torturaient, volaient les bébés après avoir jeté la mère d'un hélicoptère.
Nos héros d'Indochine y étaient envoyés pour donner des conseils sur les tortures et les exécutions. Heureusement pour des gens comme Dilma, ils ne les ont pas toujours écoutés, n'exécutant pas systématiquement. Mais c'est aussi ce qui les a perdus, car ce type de ressentiment est irréversible.

Pour l'état-major français, ce n'est pas forcément une période plus glorieuse que celle de Vichy. Et là, pas d'excuse d'avoir perdu la guerre...

Alex paulista

@ Trekker

Avant le livre très intéressant de Monique Robin et le film, il suffisait de regarder où avaient été formés tous les dictateurs brésiliens, et où les tortionnaires de la guerre d'Algérie ont fini leur carrière.
Parmi les amis de mes sogros certains ont eu un contact assez intime et électrique avec la DOI et tous ont été intimidés d'une façon ou d'une autre. Ici c'est connu, jusqu'au sommet de l'Etat...
Mais c'est tabou. En France Aussaresses et Bigeard ne sont que les noms connus d'une théorie répugnante élaborée par toute la clique de militaires français, et répandue en Afrique, Asie, Amérique du Sud.
Considérer son peuple comme l'ennemi a priori. Il fallait y penser.

Trekker

@ Alex paulista

"Dictateurs formés en France, à l'époque où on détruisait le Vel d'Hiv, avec manuels de tortures à l'appui, traduits du français et diffusés en espagnol et en portugais aux petites mains du "renseignement"."

Je présume que vous faites allusion au livre de Monique Robin publié en 2004 "Escadrons de la mort, l'école française".

http://fr.wikipedia.org/wiki/Escadrons_de_la_mort,_l%27école_française

Etrangement les actuels leaders et responsables politiques français, de gauche comme de droite, ont été bien silencieux après la parution de ce livre-enquête et du documentaire Arte qui lui a fait suite. Pourtant là ce sont bien des gouvernements français légaux et légitimes qui sont les initiateurs et complices du crime !...

Par ailleurs l'opposition des années 60 et 70 quand elle a accédé au pouvoir en 1981, s'est bien gardée alors et dans les décennies suivantes de demander des comptes à ses prédécesseurs sur ce sujet.

Certes il est bien plus facile et peu risqué de jeter l'opprobre sur une / des générations dont 90 % sont décédées. Cela n'aura pas d'incidence négative dans les urnes, et rapportera même des suffrages ou a minima la bienveillance de certain électorat.

Nath

La chanson du lien est-elle "Apesar de voce" ? (1956) Je reste scotché de vos révélations et de ces associations "temps-espace".
Donc, cale se !... et obrigado.

Alex paulista

@ Nath

Des mêmes artistes, la chanson mise en lien plus bas est plus adaptée au contexte.

À la fin, c'est une histoire de dictature, de gens qui disparaissent et de choses qu'il faudrait taire.

Dictateurs formés en France, à l'époque où on détruisait le Vel d'Hiv, avec manuels de tortures à l'appui, traduits du français et diffusés en espagnol et en portugais aux petites mains du "renseignement".

Mais, shut... Cale-se !

Xavier NEBOUT

@Trekker

L'intello de gauche a une signature : lorsqu'on lui cite des arguments pertinents allant à l'encontre de ses thèses, il ne débat pas de ceux-ci, mais s'attaque à leur auteur.


Nath

@Alex paulista

Il est vrai que mon cours de théologie (riez cher Alex, ça détend !), fut assez bref, volontairement, pour ne pas ennuyer cette noble assemblée.
Donc, disais-je, et si on lit (en hébreu, of course) l'Ancien Testament, Dieu proposa une alliance à plusieurs peuples qui la refusèrent. Seul, le peuple juif l'accepta (après maintes péripéties). Je n'en tire aucune gloire, je dis les faits (ou les mythes, comme l'écrivaient certains). Peut-être même est-ce les deux ?

On sait très bien que l'expression "peuple élu" fut utilisée par des antisémites de la première heure pour mieux le disqualifier.
D'où mon explication de texte.
N'en déduisez aucune volonté de puissance, d'idée de supériorité... que j'en conclue et que certains veulent y déceler, ou ignorants de la "chose biblique", ou "chercheurs de poux dans la tête" veulent y voir.
Donc, pour ma part… pas pff !
Allez, une bonne samba pour faire passer la pilule
http://www.viniciusdemoraes.com.br/site/article.php3?id_article=794
Et cette chanson, qui vous plaira, j’en suis sûr !
http://www.youtube.com/watch?v=q0RjFhymjho
En France, tout finit par des chansons, n’est-il pas ?

Mary Preud'homme

"En 1940 plus de la moitié des politiques qui se précipitèrent à Vichy pour le servir venaient bien de la gauche."
Avant Hameau, j'avais déjà signalé cette évidence que toute personne un tant soit peu objective devrait connaître, même sans être historien.
Un conseil : bien relire le texte initial et le fil avant de commenter pour finalement enfoncer des portes ouvertes !

Denis Monod-Broca

@ RF

"Au regard de ces pages sanglantes et honteuses, il faut s'attacher à tout faire pour vivre en paix les uns avec les autres."

Je suis bien d'accord avec vous quant au résultat à atteindre ou au moins, soyons modestes, quant au résultat dont il convient de se rapprocher.

Mais comment faire ?

"Plus jamais ça !" peut se comprendre de deux façons radicalement opposées.

La première est : "plus jamais victimes comme ça !". Elle conduit à tuer avant d'être tués, donc à se faire bourreaux, donc à recommencer encore et toujours "ça".

La seconde est : "plus jamais bourreaux comme cela". Elle revient à assumer les fautes passées, donc à s'efforcer à ne pas récidiver, quoi qu'il en coûte.

Soit la croyance en la force, soit la croyance en "tu ne tueras pas". L'alternative est limpide. À nous de choisir la bonne voie. Nous sommes actuellement, et depuis belle lurette, sur la mauvaise. Sans contestation possible.

Les propos de Chirac et de Hollande font mine d'aller dans la bonne direction mais ce n'est malheureusement qu'une apparence. 

Alex paulista

@ Nathan(iel)

Vous écrivez à hameau...
Notez cependant que l'Ancien Testament parle plutôt de "peuple choisi" (par Dieu) et non de "peuple élu". Je sais que cette notion d'"élu" vous sied bien.

J'avoue que je ne comprends pas la différence entre "élu" et "choisi".
Ça doit venir d'un problème de "schéma de pensée".
Pff...
En vous lisant je pense à Desproges.

hameau dans les nuages

@ hameau dans les nuages | 01 août 2012 à 14:04

Rahhhh !

Nathan va me sauter sur le paletot !

Il s'agit bien sûr dans mon dernier commentaire de pilosité et non de capillarité ! :=)

RF @ DMonodBroca | 01 août 2012 à 12:13

"J'essaie d'être lucide, je souffre que la France se soit mal comportée (...) Si les Français ne se sentent pas concernés par l'action de la France, il n'y a plus qu'à tirer l'échelle..."

Refuser de se sentir coupable et rejeter l'idée d'une repentance que l'on nous ressert à chaque commémoration, ce n'est pas se sentir indifférent.

Moi aussi (avec probablement tous les intervenants de ce blog), je souffre quand je pense à ceux qui ont été pris au piège et ont été assassinés par ces brutes sanguinaires qu'étaient les nazis ou leurs complices collabos zélés.

Mais de là à me sentir coupable, non !
J'étais loin d'être né à cette époque.

Notez que je souffre autant pour les protestants pourchassés et exécutés en masse il y a 440 ans dans Paris et en province. Je suis catho mais pour autant je ne me sens pas coupable des massacres de la Saint-Barthélémy.

Au regard de ces pages sanglantes et honteuses, il faut s'attacher à tout faire pour vivre en paix les uns avec les autres.

hameau dans les nuages

@Jean-Dominique @ hameau dans les nuages | 01 août

Vous déformez mes propos. Je n'ai que faire que dans un pays occidental il y ait une revue dédiée aux noires ou aux brunes ou aux asiatiques mais je constate seulement l'effet d'annonce du titre accrocheur voire racoleur que la bien-pensance condamnerait si c'était l'inverse. Ne me dites pas que ce n’était pas voulu de ne pas préciser qu’il s’agissait de pilosité.

Je peux faire moi aussi dans le même registre. Femme blanche : « nous sommes envahis par les noirs ! » à la une et en page 5 parler de l’acné juvénile et des points noirs.

Vous comprenez la subtilité ?

De là vous m'accusez de vouloir interdire ce genre de presse. Reconnaissez que c'est tordu comme raisonnement quoiqu’assez courant et pavlovien. Le mal est profond.

On est là encore dans la volonté de calquer des sentiments racistes et xénophobes sur les personnes qui mettent en garde contre le communautarisme source d'affrontement futurs.
Et cela, pour en revenir au sujet, au nom de l'Histoire de nos aïeux. Une façon pernicieuse de nous imposer silence, de ne pas avoir droit au chapitre.

Désolé mais je ne me mettrai pas dans la peau (brune, noire, jaune, blanche) d'un Bourgeois de Calais.

La volte-face du maire de Gennevilliers est à ce titre bien évocatrice. Celle-ci serait due à un concert de protestations qu'il aurait reçu sans toutefois en donner la source.

Nathan (puisque Nathan est) me faisait le reproche d'avoir spécifié les Français juifs et les juifs Français. Vous pouvez accoler au mot Français toute sortes de caractéristiques ethniques, religieuses ou autres, le constat est le même.

Le fait d'être français passe au second plan et cela d'une manière à mon avis calculée. On veut flinguer ce pays... entre autres... pour qu'il ne devienne qu'un comptoir aux Amériques. Le patriotisme n’est pas propice au commerce international. Monsieur Attali le sait bien lui qui nous appelle à pratiquer le nomadisme.

Un désert culturel sans racines est l’endroit privilégié. Quelques dat(t)es bien senties que l’on nous demande de mâcher sans relâche tête basse et des gourdes suffisent.

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