Il paraît qu'on n'aurait pas le droit d'opposer un quinquennat à l'autre et qu'il conviendrait, par une sorte de décence sinon démocratique du moins humaine, de n'approuver l'action et le style de François Hollande qu'en concédant quelque mérite à la politique de son prédécesseur.
Soit. Je l'admets et je concède. Et je suis quitte.
Nous étions beaucoup à attendre cette première fête nationale du président Hollande parce qu'avec les nombreuses séquences publiques qu'elle comporte et la constante représentation officielle qu'elle impose, elle est forcément très révélatrice du caractère, du maintien et de la vision du chef de l'Etat.
Nous n'en étions pas au point, au bout de seulement deux mois, de craindre une présidence silencieuse, effacée à la place de l'hyperprésidence d'hier (Le Monde, sous la signature de Françoise Fressoz). Nous étions simplement curieux de vérifier si la normalité recherchée, clairement traduite depuis le 15 mai trouverait à s'exprimer le 14 juillet, et comment.
Usant de cet adverbe "simplement", il me semble que j'ai mis en évidence une atmosphère générale de simplicité qui m'est apparue comme la marque fondamentale de ces heures républicaines jusqu'à la fin de l'entretien avec Laurent Delahousse et Claire Chazal. Si on veut bien concevoir que la simplicité n'est pas exclusive de la gravité, du sérieux, de la gentillesse, de l'explication et de l'intelligence.
Il est inutile d'insister sur l'inévitable tenue protocolaire suscitée par l'événement mais dans l'attitude du président de la République j'ai continué d'apprécier ce qui fait la force de sa personnalité dans toutes les circonstances où il est amené à intervenir es-qualités : d'être à la fois armée et désarmée. Armée pour l'important, l'épreuve, la cérémonie mais désarmée pour l'échange, l'attention, le salut, le dialogue. Le président se tient mais l'être sait se relâcher.
Il n'est pas une minute où cette conciliation entre allure et familiarité n'ait pas été perceptible. Surtout dans cet interminable bain de foule auquel il a pris tant de plaisir parce que, loin de répondre à un exercice obligé, il correspondait à ce que sa nature a de profondément convivial de l'avis de tous ceux qui l'ont fréquenté et le côtoient, amis ou adversaires. Il y a des rapports avec le peuple qui sentent le fabriqué, le contraint et d'autres qui permettent de respirer et d'être spontanément, agréablement soi.
Je ne prétends pas éluder ce qu'il y a d'évidemment subjectif dans mon appréciation ni occulter la réalité d'un regard, d'un mouvement du corps, du coeur et de l'esprit qui peut immédiatement, instinctivement vous éloigner de quelqu'un et vous rapprocher d'un autre. Pour être franc, même dans les nombreux moments où Nicolas Sarkozy s'efforçait d'être à la hauteur, sur tous les plans, de sa fonction, quelque chose demeurait en moi qui butait sur mon inaptitude à le considérer de manière bienveillante. Dans ce qu'il était et qu'il montrait, en deçà de sa posture officielle qu'il cherchait à rendre, au fil de son quinquennat, la plus crédible possible, je découvrais toujours un trait, un détail ou une anomalie qui me perturbaient. Je ne parvenais jamais à être en paix devant ce président à la fois trop présent et si atypique. Cette fatalité qui ne m'était pas propre m'a probablement détourné d'un partage plus équitable des ombres et des lumières.
Avec François Hollande, de ma peau jusqu'à ma tête, je suis au contraire désencombré de ce souci d'avoir à gérer mon antipathie et ma gêne personnelles et donc disponible pour ce qui relève de l'appréhension exclusive de la charge et du discours présidentiels.
Observant le président en train de serrer les mains, d'embrasser des petits enfants et de se faire prendre en photo, je n'étais pas assez aveuglé pour ne pas me souvenir que Nicolas Sarkozy s'était, il est vrai avec tout un autre appareil empesé et corsetant, également livré à ces rencontres rapides entre les citoyens et lui.
Pourtant, à tort ou à raison, je remarquais une différence capitale entre hier et aujourd'hui. Quand l'un avait du mal à trouver le ton juste, à donner l'illusion qu'il était juste, l'autre était dans ce registre familier et urbain comme un poisson dans l'eau. Parce que notre jugement se fondait sur le fait que pour le premier il s'agissait d'une parenthèse artificielle, d'une entente de circonstance sans véritable empathie alors que le second raffolait de ce compagnonnage fugace. Parce que l'ensemble de sa personnalité, ailleurs, n'y était pas étranger. Pour François Hollande, le bain de foule était à proprement parler naturel quand pour Nicolas Sarkozy, il était à tous points de vue extra-ordinaire.
Je ne méconnais pas les limites de cette approche psychologique mais je n'ai pas à m'en m'excuser, d'abord parce que j'ai la faiblesse de l'estimer plausible et que, surtout, il n'est personne qui, sans se l'avouer ni l'admettre, échappe, derrière l'apparente discussion des idées, au poids des élans instinctifs et donc irréversibles. Le tempérament est capital aussi bien chez l'élu que chez l'électeur, chez le président que chez le citoyen qui l'a désiré ou récusé. On adore se pousser du col mais qu'on examine bien ce qui gouverne nos adhésions ou nos rejets : on baissera d'un ton.
L'entretien entre le président de la République et les deux journalistes, dans un autre lieu que l'Elysée - ce n'est pas neutre - n'a fait que confirmer mon intuition de la matinée (France 2).
On aurait pu s'amuser de constater que Laurent Delahousse comme Claire Chazal (dont je continue à penser que gravure people, elle ne devrait pas être choisie pour des débats sérieux) étaient, par contagion, atteints par le caractère non autoritaire, presque décontracté des échanges. Il leur arrivait de parler en même temps et à l'évidence profitaient au maximum d'un climat médiatique nouveau : rien d'époustouflant tout de même !
Je saisis ce qu'un adversaire pourrait, sur le fond, trouver à redire à l'écoute de certaines réponses du président.
Même si celui-ci, conscient du danger intellectuel, a souligné que sa volonté d'action, sa capacité de s'affronter aux crises étaient fondamentales et d'ailleurs effectives, reste qu'on a le droit de s'interroger sur la possible rançon d'une extrême et vive intelligence chez François Hollande, comme l'abus des discours pour Obama au début de son mandat : une passion de la concertation qui malgré l'urgence deviendrait une fin au lieu de se réduire à un moyen.
Le président, refusant d'inscrire la règle d'or budgétaire dans la Constitution, est-il cohérent quand il fait savoir que l'obligation du dialogue social pourrait en revanche se graver dans cet airain ? L'une me semble aussi inappropriée que l'autre pour cet honneur.
François Hollande n'a-t-il pas tendance à sous-estimer, parce que la rationalité lui est chère, et la sérénité, et le refus du mélodrame quand les drames sont là, l'utilité d'un certain lyrisme, l'incantation volontariste qui ne servent qu'à donner l'impression que l'inquiétude commune, les angoisses collectives sont partagées ? On sait qu'elles le sont : il convient de nous le faire entendre.
Mais quel gouffre entre la fausse gentillesse d'hier, l'envie sans cesse réfrénée de "castagne" et d'agressivité, la susceptibilité à vif et l'élégance, la patience d'aujourd'hui ! Nous n'étions plus en guerre médiatique, avec une obséquiosité pourtant trop souvent garantie, mais en explication et en compréhension. Même en contradiction (Marianne 2).
Avec quelle netteté délicieusement roide il a transmis le message que la normalité devrait s'appliquer dorénavant aussi bien à sa compagne qu'à ses enfants !
Simplicité : je maintiens que la personne de François Hollande lui importe moins que l'honneur de la charge suprême. Orgueilleux pour la France, pas pour lui. J'ai envie d'ajouter le respect qui n'est pas nécessaire seulement quand on porte le maillot de l'équipe de France de football.
Respect, en effet, de ce dont l'élection l'a investi. Respect des institutions. Respect du Premier ministre et des ministres. Respect des médias. Respect des citoyens. Respect de soi pour être respecté par tous.
Si je suis naïf, tant pis. Tout ce que j'exige, c'est que cette présidence de rupture normale dure comme cela au moins jusqu'en 2017!
"François Fillon se fracture la jambe dans un accident de moto"
Le Point.fr - Publié le 30/07/2012 à 14:27 -
Voilà enfin un gars normal !
Vous imaginez Hollande au volant d'un scooter se fracturant la guibole ? Cheveux au vent...
Rédigé par : Savonarole | 30 juillet 2012 à 14:52
Magnifique ! Vous avez tout dit.
Rédigé par : Mary Preud'homme à RF | 20 juillet 2012 à 14:02
Le nouveau maître de cérémonie a l'air aussi faux jeton que son prédécesseur était franc et spontané.
Une rupture, en effet.
Rédigé par : RF | 20 juillet 2012 à 10:51
Toutes ces commissions m'exaspèrent.
Les commissions parlementaires ne pourraient-elles pas faire aussi bien ?
Ici on trouve de vieux politiciens qui viennent passer à la case départ, toucher un chèque, surtout que tous nous savons que ce genre de choses ne sert strictement à rien.
Rédigé par : Jacques | 19 juillet 2012 à 19:52
Il est tout de même incroyable que la seule mesure que le Premier ministre soit capable de prendre consiste à démonter les mesures positives prises par le gouvernement précédent ; si tous les gouvernements du monde procédaient ainsi, il n'y aurait pas eu beaucoup de progrès réalisés dans nos démocraties.
Est-ce vraiment la bonne méthode pour conduire les affaires de la France ? Depuis l'avènement de Hollande, les seules décisions prises par les dirigeants socialistes n'ont consisté qu'à abroger les réformes engagées par la précédente majorité. Décidément, l'antisarkozysme est le seul credo des socialistes. On peut déjà en compter une bonne quinzaine.
À quand l'abrogation de l'autonomie des universités ? B. Julliard et son UNEF doivent s'y employer activement.
(cf leur déclaration sur les droits dits "hors la loi" !!!, MDR LOOOOL, dans certaines Universités).
En outre et c'est le bouquet, la majorité veut punir ceux qui récoltent le fruit de leur travail : surfiscalisation, surtaxation et en plus ils sont montrés du doigt comme s'il fallait les chasser.
Nous allons assister au quinquennat le plus ubuesque de l'histoire de notre pays !
Rédigé par : sylvain | 18 juillet 2012 à 11:57
Ouh, la, la ! Qu'ai-je écrit pour faire sauter tant de monde !
J'ai comparé Hollande à d'illustres prédécesseurs non pour les diverses politiques qu'ils ont pu mener, mais pour leur probité intellectuelle, leur désintéressement et leur sens de l'Etat. Voilà qui nous change singulièrement de son prédécesseur, n'en déplaise à Mary, l'agrégée d'Histoire, donneuse de leçons, qui préfère un adolescent mal dégrossi à un véritable homme d'Etat.
Rédigé par : Pierre T | 18 juillet 2012 à 08:32
Cet homme est une renaissance de Pierre Mendès-France, de Jacques Delors, de Michel Rocard et de Lionel Jospin. De vrais serviteurs de l'Etat.
Rédigé par : Pierre T | 16 juillet 2012 à 20:08
De grâce, n'associez pas Pierre Mendès-France à Delors, Rocard et Jospin qui ont trahi son héritage !
Delors, nommé ministre de l’Économie et des Finances du premier gouvernement Mauroy, en 1981, incarna le courant le plus droitier de ce gouvernement, fit tout pour freiner toutes les avancées sociales de la gauche, notamment la cinquième semaine de congés payés et la 39ème heure. Avec son complice de la deuxième gauche, Michel Rocard, il combattra de toutes ses forces le fait que cette heure gagnée par les salariés leur soit automatiquement payée. 39 heures payées 40, c’était trop social pour lui. Il se consola en 1982, en prenant cette mesure honteuse contre le monde du travail : la fin de l’échelle mobile des salaires qui indexait les salaires sur l'inflation. Par des luttes syndicales, le salariat avait en effet obtenu une revalorisation automatique des indices salariaux (qui leur étaient toujours défavorables).
C'est encore Jacques Delors qui, à partir de 1983, mit en branle le rouleau compresseur gouvernemental contre les retraites des salariés, en commençant d'abord par s'en prendre au régime professionnel de retraite des employés et cadres des caisses de sécurité sociales : les diminutions pouvant atteindre jusqu’à 30% des anciennes retraites, pour les salariés ayant cessé de travailler quelques années afin d’élever leurs enfants, puis repris leur activité professionnelle de façon à avoir toutes les annuités prévues par leur contrat de travail.
C’est toujours sous l’influence de Jacques Delors, aidé par Laurent Fabius et Pierre Bérégovoy, que François Mitterrand – qui n’y connaissait rien en économie – accepta les règles du Système Monétaire Européen, et de toute la rigueur qui allait avec. Serge Halimi, journaliste du "Monde Diplomatique", résumait cette politique : "Une ambition de faire ses preuves sur le terrain même de l’opposition, ce qui se traduit par une politique encore plus brutale que celle de la droite quand il s’agit d’appliquer des politiques économiques orthodoxes".
Ne faudrait-il pas plutôt dire que la social-démocratie est un pilier du système économique, et que Jacques Delors, toute sa vie, a été un fidèle serviteur du système, tout comme Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI, ou cet autre "socialiste" qu’est Pascal Lamy à la tête de l’OMC ?
Ce sont ces militants, issus de la deuxième gauche, souvent d’obédience chrétienne, qui mettront en place le concept de "social-libéralisme", pour en finir avec ce qu’ils appelaient, de manière très religieuse, "L’Etat-providence".
Ce travail patient de Delors aura pour constante une politique pour toute l’Europe, une constante pour chacun des pays absorbés dans la ci-devant Union. Ce sera une constante politique visant obstinément à baisser la valeur et le prix de la force de travail.
Partout en Europe, en France comme ailleurs, on reviendra sur les acquis des luttes syndicales.
Résultats de la "constante" delorienne, une smicardisation progressive de la grosse majorité de la classe ouvrière.
Delors a été envoyé à Bruxelles par Mitterrand, pour construire une union européenne dont l’objectif premier était de détruire les États-Nations, ses systèmes solidaires, ses services publics, de casser toute barrière douanière, toute idée protectionniste, et de mettre en place un grand marché économique de concurrence libre et non faussée.
L’imposture de l’Europe sociale qu’il a toujours fait semblant de vouloir construire n’était qu’un leurre, pour mieux tromper les masses.
Quoi d’étonnant à ce que Delors (père et fille) aient toujours été choyés par les milieux patronaux, qui savent récompenser leurs loyaux serviteurs.
Jacques Delors est sans doute, avec Pascal Lamy - autre "socialiste" - et Jean-Claude Trichet, l'un des pires exemples de ce que la France a produit comme technocrates irresponsables et apatrides.
Ce criminel économique porte une très lourde part de responsabilité dans les difficultés de notre pays. Avec Pascal Lamy, Delors est derrière le tournant de 1983, il a permis la fusion des banques de dépôt et des banques d'affaires en abrogeant le pendant français du Glass-Steagall Act, et est responsable de la libéralisation des mouvements de capitaux, qui a créé l’anarchie financière qui nous a mené aux crises des dernières années et qui rend toute tentative de réforme de la finance bien impossible, à moins de revenir dessus. On voit bien à quel point la frontière est poreuse entre internationalisme et néolibéralisme.
Michel Rocard, avec Jean-Claude Trichet lui, a mené une politique monétaire, dite du "franc fort", totalement absurde au début des années 1990, montant les taux et envoyant ainsi un million de Français au chômage, pour arrimer le franc au mark et préparer ainsi le terrain à la monnaie unique.
Aujourd'hui, ce vieux cheval s'agite frénétiquement pour essayer d'exister encore et de faire parler de lui dans les médias, faisant des déclarations-chocs, et se faisant attribuer, ou s'attribuant, toutes sortes de missions plus ou moins grotesques, au risque de trop solliciter ses artères et de passer l'arme à gauche.
Lionel Jospin, enfin, a multiplié les trahisons envers la gauche et la République.
L’affaire du voile de Creil en 1989 alors qu’il était ministre de l’Education nationale, affaire qui fut le Munich de l’école républicaine, fut son "péché originel". Il montrait aux filles voilées qu’il n’y avait pas de différence entre l’école de la République et la maison de leur père.
La parenthèse 1997-2002 fut accablante, tentative d’extraire la Corse de la République (cause de la 3ème démission de Jean-Pierre Chevènement) et accélération du processus de privatisation des services publics de l’électricité et du gaz, de la poste et des transports acceptée en 2000 à Lisbonne et en 2002 à Barcelone. La récente réforme des retraites a également été actée à cette occasion. On peut se rappeler aussi, lors du «jihad» aérien otanesque contre nos amis Serbes en 1999, d’un Lionel Jospin enfilant avec Jacques Chirac les habits de janissaire.
François Hollande est un "bébé Jospin-Delors" pour reprendre une expression récente de Jean-Pierre Chevènement : il entend poursuivre l'oeuvre de ces fossoyeurs de la France : Delors n'a-t-il pas déclaré en 1999 : "L’ Europe est une construction à allure technocratique et progressant sous l’égide d’une sorte de despotisme doux et éclairé" ?
On ne peut pas trouver meilleure confirmation de la formidable clairvoyance politique de Pierre Mendès France qui déclarait 42 ans plus tôt à l’Assemblée :
"Le projet du marché commun tel qu’il nous est présenté est basé sur le libéralisme classique du XXe siècle selon lequel la concurrence pure et simple règle tous les problèmes. L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, soit elle recourt à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit à la délégation de ses pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle au nom de la technique exercera en réalité la puissance politique, car au nom d’une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement une politique au sens le plus large du mot, nationale et internationale".
Rédigé par : Charlemagne | 17 juillet 2012 à 19:24
Amusant le post de Pierre T du 16 juillet à 20 heures parlant de Hollande superman :
"Cet homme est une renaissance de Pierre Mendès-France, de Jacques Delors, de Michel Rocard et de Lionel Jospin. De vrais serviteurs de l'Etat."
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Hollande récapitulant rien moins que quatre créatures d’importance en son auguste personnage, c'est du très lourd... La Sainte Trinité est battue !
Cependant le radical Mendès-France dont on connaissait le désaccord avec Guy Mollet, réincarné en mimolette, avouons que ça laisse perplexe ? Mais bon, Pierre T a sans doute quelques lacune en histoire contemporaine. Quant aux trois autres sacralisés, Delors, Rocard et Jospin, Pierre T aurait dû au moins attendre leur belle mort avant de nous les proposer pour une résurrection en majesté socialiste pluricéphale !
Rédigé par : Mary Preud'homme | 17 juillet 2012 à 13:17
Sbriglia, le caillou dans ma chaussure, telle fut mon expérience de l'anormalité à ce moment. Car ce n'est pas sa place au caillou, vous en conviendrez. Après le baiser présidentiel à toute ma famille présente, j'aurais pu espérer un traitement minéral privilégié, il n'en fut rien. Ajoutez à cela que cinq minutes plus tard, je me vis éjecter d'une table de restaurant au prétexte que je n'avais pas réservé, moi, l'oint du président, et je n'ai pas même été tenté de présenter l'ADN hollandais répandu à foison sur les joues de mes chérubins pour contraindre la taulière à plus de considération.
Plus sérieusement, j'ai observé deux choses significatives du style présidentiel. La première, c'est que la solennité présidentielle n'est nullement altérée par la simplicité du comportement. Le cordon de police, très léger, séparait clairement cravates et bermudas. Aucune nécessité de bloquer le passage, d'interdire les accès, de sélectionner le public. Mieux, j'entendais derrière moi des commentaires hostiles au président, mais ces personnes n'ont pas éprouvé le besoin de le manifester bruyamment parce que c'était inutilement facile. Il n'y avait aucun challenge à se planter devant le président pour refuser de le saluer, aucune sécurité à braver. La normalité renvoie chacun à son choix libre, de s'approcher ou de se mettre en retrait. Pas de "Casse-toi pauv'con" parce que l'occasion ne se présente pas d'en arriver là.
Ma deuxième remarque, plus politique, concerne le choix de Brest et de cette manifestation populaire des Tonnerres. Dans un climat de morosité économique renforcé par les annonces de PSA, j'ai considéré très judicieux le choix d'une fête internationale où le dynamisme économique français était on ne peut plus visible. Car les Tonnerres ne sont pas qu'un simple rendez-vous festif, les carrés VIP des entreprises emplissent le port, ça bosse et ça se voit. Ce choix signait le refus d'un déclin fatal et la mise en avant d'un effort économique efficace dans cette région. C'était bien vu d'être là.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 17 juillet 2012 à 12:56
Rédigé par : sylvain | 17 juillet 2012 à 08:44
Malgré vos âneries monophoniques, je n'arrive pas à vous trouver antipathique, les gens sincères même quand sectaires voire primaires, me plaisent toujours un peu...
Toutefois...
Sur la grandeur et le sens des responsabilités du privé
http://www.lemonde.fr/jeux-olympiques/article/2012/07/16/g4s-le-scandale-qui-enflamme-l-angleterre-avant-les-jeux_1734407_1616891.html
...
No comment, comme on dit là-bas.
AO
Rédigé par : oursivi@sylvain | 17 juillet 2012 à 12:04
"Jospin, 75 ans, président de la commission pour la moralisation de la politique."
Mary,
Vous auriez préféré Chirac - pour lequel avez sûrement, j'en ferais le pari, voté... - qui rime avec "main dans le sac" ?
Jospin n'a pas la moindre casserole, cela vous fait bizarre, on sait...
Quant aux gloussements, vous devriez y mettre la pédale douce, à vous trop bien gausser, allez vous engoitrer.
Enfin, ce que j'en dis... c'est pour vous.
AO
Rédigé par : oursivi@Mary | 17 juillet 2012 à 11:55
Comme disent certains ici à propos de notre Captain pédalo : "c'est un serviteur de l'Etat" ; LOL !
OK mais de l'Etat socialiste seulement ! son électorat privilégié génétiquement et viscéralement de gauche : profs, fonctionnaires, etc.
Ce qui serait rigolo, ce serait que la France du privé tout entière démissionne et s'inscrive au Pôle emploi, demande toute sorte d'aides et devienne la cible électorale du PS (si on exclut les fonctionnaires et syndicalistes de tous poil).
Ca me ferait bien marrer de voir le PS avec un si grand nombre de personnes à satisfaire et plus aucune de ces "cibles" traditionnelles à ponctionner jusqu'à la moelle pour contenter les autres.
Hollande et sa clique prônent l'apaisement post Sarkozy mais en vérité c'est lui qui rend haineux et monte les sectarismes et corporatismes à un niveau rarement atteint.
A virer d'urgence en 2017 !
Rédigé par : sylvain | 17 juillet 2012 à 08:44
@Pierre T : Merci
Rédigé par : Josiane Lacombe Minguell | 17 juillet 2012 à 07:04
Notre Hermine a la rancune tenace, l'angélisme aveugle et même s'installe dans un acharnement partisan (allez , osons-le) digne "d'Outreau".
Sarko n'a pas tout réussi pour plaire aux jouisseurs de la pensée unique et de la bonne bien-pensance.
Il n'a pas biberonné dans la douillette couveuse de l'énarchie, nouvelle caste aristocratique puissante, arrogante, bordée de privilège et très soudée côté jardin et coulisses.
Il a innové en partageant avec l'opposition.
Il a aussi trop cédé aux mauvais conseillers et aux bons sentiments avec des erreurs de casting (Rama, Fadela, Rachida, Kouchner etc.) ce qui est mortel en politique comme en affaires.
Il aurait dû se couler dans cette belle image définition du bon français "normal" vu de l'étranger... il pense une chose, en clame et dit une autre et puis... en fait encore une autre...
Et puis il a dit et surtout cru que le travail était une valeur, que gagner de l'argent par le travail était le bon et seul moyen de s'enrichir, pendant que Aubry, le PS et ses sbires (la nomenklatura d'Etat syndicaliste et les journaleux), pour justifier la valeur non-travail martelaient en continu les 4 P : productivité - pauvreté - précarité et pénibilité, le dernier-né.
FH a bénéficié des circonstances alors qu'il cantinait et pionçait entre PS, Parlement, Corrèze et Conseil d'Etat (comme son pote rad-soc Chirac).
Va-t-il faire de la peine au peuple PS de la fonction publique ?
Fort heureusement la France est un pays riche qui peut encore vivre quelque temps à crédit. D'ailleurs beaucoup viennent chez nous et on leur donne tout sans contreparties ni obligations ni devoirs.
Observons que les chefs d'entreprise (surtout les petites), les artisans, tout le tissu productif, ne bénéficient pas des mêmes bonnes considérations.
Alors est-ce que la forme flatteuse vaincra le fond impitoyable... le superficiel le dur ?
Mimait Mythe errant a ses limites.
Rédigé par : Poil à gratter chez Pic de la Mirandole | 17 juillet 2012 à 03:37
Jospin, 75 ans, président de la commission pour la moralisation de la politique. Cela fait un chômeur de moins, mais ça va coûter bonbon en frais de fonctionnement. Même que Roselyne, grande spécialiste de l’argent jeté par les fenêtres fait partie du lot, sans doute à cause de son goût prononcé pour le rose bonbon. Exit donc la morale sachant que « quand on veut enterrer un problème on crée une commission... », selon une bonne vieille antienne attribuée à Clemenceau. Ce n’est donc qu’un début et gageons que le pouvoir actuel va créer des commissions pour tout et n’importe quoi. Jack Lang qui ronge son frein aura-t-il droit lui aussi à un lot de consolation, du genre commission pour le recyclage des vieux beaux ? Et DSK ? Pourquoi pas une commission des escrocs repentis ?
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Achille, tant qu’à réagir sur mon post, vous auriez dû le faire sur l’essentiel qui avait trait au « Nouveau testament socialiste » et non sur un point mineur en forme de boutade. Mais peut-être n’avez-vous pas écouté l’extrait du texte de Gambetta lu le 14 juillet (par l’actrice Sterren Guirriec) devant le nouveau président et son gouvernement, choix lourd de sens quant à la société étriquée et au formatage de gauche que nous concoctent les socialistes. Le plus inquiétant, c’est que ce terme de Nouveau testament susceptible d’ouvrir une ère révolutionnaire (socialiste) nouvelle est passé quasiment inaperçu.
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Par ailleurs, j’ai beaucoup ri en lisant le message enflammé de JDR. A quand une chanson sur le mode « Maréchal nous voilà » pour célébrer le nouveau sauveur qui fait fureur et embrasse à tout va.
A propos, qui a dit « tant qu’on cherchera un berger on votera comme des moutons » ? Ce serait-y pas Geneviève Tabouis ? Attendez-vous à savoir…
Au fait, le ciel serait-il contre Hollande ? Le jour même de son avènement il prend une saucée mémorable et son avion est foudroyé. Et voilà que le 14 juillet, les paras qui devaient atterrir devant la tribune de cet Antichrist et sa cour sont pris dans une méchante turbulence et que l‘un d‘entre eux se casse la jambe... Quand on connaît l’hymne des paras on comprend mieux la raison de ce soudain tourbillon du Paraclet qui comme chacun sait est symbolisé par le vent : « Ô Michel, patron des paras. Trempe nos cœurs de hardiesse. Conduis nos pas joyeux. Pour le devoir tout près de Dieu ... »
Mais à quoi bon se biler puisque la fin du monde est toute proche.
Au contraire, faut rigoler pour empêcher le ciel de tomber…
Et en conclusion chantons à pleine voix le duo des dindons que je ne cesse de fredonner depuis hier, allez savoir pourquoi :
«- J'aime bien mes dindons
- J'aime bien mes moutons
- Quand ils font leurs doux glou glou glou
- Quand chacun d'eux fait bê ê ê…
- glou glou glou bêêê……….. »
Rédigé par : Mary Preud'homme | 17 juillet 2012 à 00:03
Satisfait d'avoir écouté Alain Juppé sur France Inter ce matin. La hollandemania commence à m'indisposer et c'est une bouffée d'oxygène que d'avoir des avis discordants et intelligents qui émergent dans ce concert de louanges immodérées... un président aussi encensé ne peut être ‘normal’.
Il n’y a pas grand mérite à ce que le président, les députés de la majorité, les sénateurs de la majorité argumentent principalement par le « tout est de la faute de Sarko ». Ephémère explication, puérile et trop facile.
On oublie de dire qu’en raison de la crise, les pouvoirs en place ont été balayés (Sarko n’a pas échappé à cette tornade qui a sévi dans nombre de pays d’Europe). Cela étant, il faut bien admettre qu’il a eu quelques problèmes de comportement qui n’ont pas joué en sa faveur.
Rédigé par : jack | 16 juillet 2012 à 22:40
S'agissant du nouveau Président "normal", sur la forme on sent bien une volonté d'apaisement et de retour à des fondamentaux de fonctionnement d'Etat, notamment en associant tous experts utiles des grands corps de l'Etat avant d'agir, donc pas de critique sur ce point. Sur le fond, il sera jugé sur trois critères qu'il s'est fixé lui-même, à savoir le pouvoir d'achat, le chômage et la dette publique. Réussira-t-il ? Attendons un peu pour voir !
Rédigé par : Jabiru | 16 juillet 2012 à 20:53
Merci M. Bilger. Merci Josiane Lacombe Minguell. Merci AMLF. Merci Jean-Dominique Reffait. Vous exprimez exactement ce que je ressens et ce que j'avais prévu.
Cet homme est une renaissance de Pierre Mendès-France, de Jacques Delors, de Michel Rocard et de Lionel Jospin. De vrais serviteurs de l'Etat.
Rédigé par : Pierre T | 16 juillet 2012 à 20:08
Bravo Hollande !
Tout ce tintouin pour embaucher des fonctionnaires, quel courage politique !!
Vous l'avez voulu, vous l'avez ! la France est finie, avec un amateur pareil, incompétent et lâche.
Le digne fils spirituel de Mitterrand décidément.
Tous ceux qui créent de la richesse, génèrent de l'activité et paient des impôts se cassent déjà ! Ne resteront plus que les "forces vives" de la nation...
Les sociétés sont aussi en train de licencier à tour de bras et de s'exiler à l'étranger.
Vous avez sorti Sarko, lui qui était un vrai Président NORMAL, vous êtes fiers et contents, hein ! Maintenant il va falloir passer à la caisse.
Allez, bye bye !
Rédigé par : sylvain | 16 juillet 2012 à 19:24
C'est à ce genre de billet que l'on voit que notre hôte est foncièrement de droite.
En effet un tel respect du pouvoir, une telle bienveillance a priori (car FH n'a encore rien fait à part promettre d'augmenter les impôts), c'est une qualité bien de droite.
C'est plutôt positif et sympathique, mais moi je préfère rester prudent. C'est mon côté libéral...
Rédigé par : Alex paulista | 16 juillet 2012 à 16:34
Rédigé par : sbriglia | 16 juillet 2012 à 14:25
Ah, ce sbrig, toujours à chercher la petite (mise en) boîte ! Et ce JDR qui finit toujours placé... Je te parachuterai cela place de la Concorde un jour de grand vent moi, tiens, histoire de voir le président de plus près.
AO
Rédigé par : oursivi@sbrigprissurlereffait | 16 juillet 2012 à 16:28
"Pour ma part, je me déchaussai pour ôter des cailloux."
Alors même que François de Brest avait apporté son onction à la Sainte Famille, que femme et enfants avaient eu droit au saint contact, le père s'isola, regarda le ciel et gémit : "Qu'ai-je donc fait, Seigneur, pour souffrir ces scrupules dans mes chaussures ?..."
Rédigé par : sbriglia | 16 juillet 2012 à 14:25
Pour être magistrat, on n'en est pas moins homme... Quelle extraordinaire apologie de la subjectivité ! Très beau billet d'humeur donc. Mais de grâce, quand arrêtera-t-on de se référer à Nicolas Sarkozy ? Ne lui fallait-il donc pas une personnalité hors du commun pour faire autant oublier ses prédécesseurs, et obnubiler encore son successeur ? Mais il est vrai que les Français ont la mémoire courte.
Rédigé par : binoo | 16 juillet 2012 à 14:19
Bonjour, je suis venue sur votre blog car les 20mn me censurent totalement aujourd'hui. Moi, musulmane, je défends des Juifs, censurée, je mets un point à un commentaire, cela saute et revient au début de l'article. J'ai envoyé plusieurs courriels à la rédaction en chef. Rien n'y fait, apparemment, le stage au FSB leur a très bien réussi.
Rédigé par : Naguima | 16 juillet 2012 à 13:46
Perplexe-gb | 16 juillet 2012 à 08:01
"""Peugeot c'est une affaire navrante, mais voilà cette entreprise n'a pas délocalisé"""
Pire elle a dû se plier au diktat de Ford qui détient 7 % de son capital, c'est-à-dire finalement aux Etats-Unis.
PSA vendait les composants pour 450.000 véhicules en Iran. Le baiser de la mort de nos amis américains.
Renault n'est pas concerné. Pour le moment car Monsieur Hollande dans ce domaine de la politique étrangère est dans la continuité de son prédécesseur.
http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/automobile/20120406trib000692316/psa-gele-ses-livraisons-de-pieces-a-l-iran-renault-continue.html
Rédigé par : hameau dans les nuages | 16 juillet 2012 à 12:56