Je me suis longtemps demandé si je n'étais pas anormal.
Le nombre de gens qui se battent et s'invectivent à cause des idées, qui se séparent pour la vie parce qu'un jour, selon eux, la parole de l'autre a franchi la ligne jaune et que ce qui était difficilement supporté hier est devenu franchement insupportable.
Mais s'insulter, se foudroyer de l'esprit, rompre une amitié parce qu'une opinion a été émise ou un jugement formulé, quel comportement incompréhensible !
Sur ce blog, il m'arrive de percevoir, chez quelques rares commentateurs,l'envie non seulement de convaincre, ce qui est normal, mais de terroriser, de réduire en miettes le contradicteur parce qu'il n'aurait pas été concevable, convenable de lire puis de réagir tranquillement, sereinement.
Les idées contraires aux nôtres sont-elles donc si dangereuses pour justifier violence, acrimonie, mauvaise foi et effacement de la carte du dialogue ?
Sur Twitter, il arrive aussi qu'au milieu de la courtoisie des signes éclatent soudain une grossièreté imprévue, une vulgarité insigne comme un monument de mauvais goût dans une esthétique qui y est peu préparée.
Mais qui a raison, qui a tort ?
Serais-je donc anormal pour attacher si peu d'importance aux idées et tant aux hommes, aux personnalités? Pour ne même pas sentir en moi la tentation de me colleter avec quelqu'un s'il ne pense pas comme moi mais s'il m'apparaît chaleureux et sympathique ? Convient-il qu'à l'avenir je devienne plus sérieux, plus grave, un doctrinaire et un dogmatique au quotidien pour susciter le respect et être qualifié d'individu responsable ?
A dire vrai, rarement les idées m'ont fait apprécier les hommes mais le plus souvent des hommes sont parvenus à me faire apprécier leurs idées, quoi que j'en aie. Cette guerre civile intellectuelle si éclatante dans notre paysage apparemment démocratique, si ostensible parfois dans nos cercles, nos familles et nos communautés me semble non seulement détestable mais absurde. Sur un mode moins ironiquement cynique, je ne serais pas loin d'adhérer à ce que le relativiste Brassens a chanté. Au fond, depuis la chute du communisme et de ses ravages, peut-on encore s'empoigner ?
Qu'ils sont exaspérants les totalitaires de l'esprit, les dictateurs du familier, les despotes du café du commerce ! Comme si on n'avait pas le droit d'être grave sans être impitoyable et qu'il fallait chasser de notre vie les maladroits de la réflexion !
J'ai craint d'être anormal parce que je me souciais si peu de la cohérence interne de mes positions que j'étais même effrayé devant le risque d'être enfermé à perpétuité en elles.
Passant de sympathies en antipathies, d'adhésions instinctives à des hostilités du même type, privilégiant les natures contre les structures et, au détriment des donneurs de leçons, un prochain stimulant, j'ai bénéficié sans cesse du désordre créatif d'affinités sans frontières.
Des exemples récents m'ont démontré comme j'étais un hôte accueillant des contraires. Lionnel Luca, de la Droite populaire, assez systématiquement vilipendé - moqué même parce qu'il a su être tendre avec son épouse - m'a beaucoup plu grâce à une parole, une sincérité, un courage qui l'ont conduit à dénoncer que "si on veut faire carrière dans cette société moralisatrice, il faut être bien vu de ceux qui écrivent, ces curés laïcs qui donnent l'absolution au nom de ce qu'il faut penser" (Libération).
Un ami cher, Thierry Lévy, formidable avocat, s'est déclaré il y a des années - mais je suis sûr qu'il n'a pas changé - hostile à tout pouvoir, toute loi, tout juge. Si une personne exceptionnelle n'était pas à la source de ce négativisme radical, je ne lui aurais pas prêté une seconde attention.
Le hasard de l'actualité médiatique fait qu'un très long entretien de Marcelle Padovani avec le juge Falcone assassiné en 1992 va être publié (nouvelobs.com) et qu'il n'est pas de magistrat qui ait porté au plus haut l'exigence de l'Etat de droit, l'honneur et le courage du juge et le respect de la loi. Pourtant, l'admiration que j'éprouve pour cet homme hors du commun, ayant continué à assumer sa mission avec la certitude absolue de son inéluctable et brutale disparition, est compatible avec l'extrémisme anti-institutionnel développé par d'autres.
Combien ainsi dans nos existences, si nous voulions bien nous laisser guider plus par nos affinités que par nos préjugés, de nombreuses opportunités nous seraient offertes! J'avoue même un plaisir indicible à suivre des chemins que l'imprévisibilité inspire et que le poids des idées ne domine pas.
Des idées et des hommes ? Qu'on laisse les seconds faire la loi!
Véronique, vous n'étiez en aucune façon visée par mon observation, aussi n'est-il pas juste, comme vous le faites, de ranger dans la même catégorie tous les commentaires concernant l'évolution antiSarkozy de Philippe.
Vous ne vous en êtes jamais pris à l'homme Bilger mais à des opinions énoncées qui ne vous semblent pas exactes. Et cette discussion est parfaitement fondée.
Moins justifiables sont les prises à partie fort nombreuses qui, sous couvert de contester l'idée émise, attaquait directement l'homme, tentant de lui dénicher des intentions troubles, le soupçonnant de travers inédits, lui intimant l'ordre de cesser. Combien a-t-on lu de commentaires du genre "Vous êtes très décevant" comme si Philippe était soudainement devenu crétin en n'étant plus sarkozyste. C'est cela qui est contestable dans la forme. Et vous n'y avez jamais prêté votre concours.
Rédigé par : Jean-Dominique @ Véronique | 24 août 2012 à 14:28
@ Jean-Dominique
"Votre personne étant réduite à ce blog, vous n'êtes pas autorisé à vivre de façon autonome, vous vendiez du sarkozysme, pas question de changer de boutique sauf à perdre toute estime."
Les lecteurs de ce blog qui s'expriment à travers leurs commentaires, et qui ne partagent pas mécaniquement le coup de cœur de Philippe pour F. Hollande, ne lui ont pas reproché son coming out genre plus détestant N. Sarkozy que moi tu meurs, mais lui ont contesté le fait d'avoir axé et structuré toute sa campagne pro Hollande sur une supposée détestation universelle de N. Sarkozy, que Philippe croyait - du domaine de la foi - omniprésente et inexpugnable dans l'ensemble de la société française.
Non.
Ce qui afflige très prioritairement le corps social, en tous cas tel que je le perçois, est la France sans ses usines, sa dette invraisemblable, les démissions et les impuissances de l'Etat et une Haute Fonction Politique en-dessous, fabriquée à l'image et dans la banalité des affligeants qui par exemple entourent le candidat Hollande, et que décrit Laurent Binet dans son livre.
Philippe a surestimé la détestation vis-à-vis de N. Sarkozy. Dans sa campagne présidentielle, à travers le journal intime de son blog, il n'a perçu, pour une fois, une seule fois, le général que sous le prisme redoutable du particulier.
Personne ne le lui reproche: son blog est naturellement l'expression de ce qu'il est, croit et défend avec cette rareté que sont la sincérité et le caractère entier de l’homme Philippe Bilger.
Mais bon, sur ce coup - la détestation supposée universelle de Sarkozy -, il s'est trompé.
Ce qui saute à l'esprit comme sentiment général à propos des élites politiques de TOUS bords, qu'elles se nomment Sarkozy ou Hollande, Mélenchon ou Duflot, Copé ou Fillon, etc., sont les puits d'indifférence et de défiance qu'elles inspirent.
Voilà le dénominateur commun grave et essentiel.
Sur le billet.
Pour la grande majorité des lecteurs et commentateurs de ce blog, Philippe Bilger est une réalité somme toute virtuelle (blog, télé, radio, livres).
Philippe est apprécié et aimé pour sa façon personnelle et humaine d'exprimer ses convictions et de les défendre.
Quand j'écris humaine, je pense à ce parti pris de la sincérité intellectuelle, de la sincérité tout court.
C'est au fond ce qui en fait, de manière incomparable, quelqu'un de très réel.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 24 août 2012 à 07:06
Merci pour ce beau billet,
singulièrement dans l'air du temps,
mais dans une tonalité qui importe de tout temps.
(virgule)
S'il fallait faire digression, je pense à Michel Onfray dégommant Sartre au nom de Camus, comme s'il était encore temps...
Je n'ai pas lu chez Onfray quelconques apparitions transcrites par lui, autant que comme avec Sartre avançait avec son écriture la gueule à considérer humaine d'un homme soudainement apparu et, par Sartre benoîtement et magnifiquement, décrit d'avance...
Sartre-1/ Onfray-0...!
Comme vous avez raison, rappeler l'inanité des idéologies, tandis qu'inanimées, cela hurle et cela réclame qu'idéologies restent à vendre!
Oui, un bien beau billet.
Difficilement contournable aujourd'hui est l'interrogation de l'engagement sur "quelques soient des valeurs"...
Quelles sont-elles, si en parler pour les juger, cela allait de soi?
Rédigé par : zenblabla | 23 août 2012 à 23:57
@ Nath, Clafoutis, Savonarole
Pour vous mettre d'accord, la chanson de Brassens:
http://www.dailymotion.com/video/xbu1xb_la-guerre-de-guerre-de-14-18_news
Rédigé par : Alex paulista | 23 août 2012 à 23:39
Peut-être la résolution de votre dilemme passe-t-elle par la question du pourquoi du comment ? Qu'est-ce qui a conduit Thierry Lévy a être "hostile à tout pouvoir, toute loi, tout juge" ?
Sur quoi se fonde-t-il, sur quelle expérience a-t-il forgé sa philosophie, et donc, la délibère-t-il avec des mots justes, des arguments puissants ? Vous a-t-il séduit par son éloquence ?...
Rien n'est simple, encore moins les relations humaines...
Rédigé par : Herman | 23 août 2012 à 22:59
Oui Clafoutis !
Votre dernier post Rédigé par : Clafoutis | 23 août 2012 à 16:01 remet un peu les pendules à l'heure (sombre), n'en déplaise à certains. Comment oublier cette peu glorieuse page française !
Mais le génie français a heureusement connu des moments plus glorieux (même à cette période, et je le disais en parlant du Vel d'Hiv et autres occases).
Que les grincheux du coin ne tirent pas sur mon ambulance... les premiers !
Quant aux idées et aux hommes, il en est comme au supermarché : ya des produits de marque, renommés et fiables… et ya les autres… qu’il vaut mieux reposer sur les gondoles… comme à Venise (souriez !)
Evitons de généraliser, regardons les actes, les hommes (et femmes)... et un peu moins les idées.
Rédigé par : Nath | 23 août 2012 à 18:57
@ Zefir
Le respect des idées et des opinions doit se faire dans les deux sens.
A titre indicatif, un lien vers un article déjà ancien mais très instructif sur la tolérance de certains islamistes "de combat" :
http://www.marianne2.fr/martinegozlan/La-deshumanisation-guette-la-revolution-tunisienne_a44.html
Rédigé par : Robert | 23 août 2012 à 17:37
"Et quand on cherche des exemples contraires on doit remonter à la Saint-Barthélemy, les horreurs de Vendée, mais rien depuis la boucherie de 14.
Certes, un petit Sétif par ci, par là, bon... Mais quand même on a traversé le siècle précédent pas trop mal...
Rédigé par : Savonarole | 23 août 2012 à 11:05 "
Oh, on peut ajouter depuis la Saint-Barthélémy quelques sorcières inflammables, quelques libertins peu respectueux, quelques protestants toulousains écartelés entre leur foi, leur honneur et leur vie, quelques rues Transnonain mal famées, quelques Chevaliers mal barrés, quelques Fourmies rouge sang, quelques 20 000 Communards - ou pas, d'ailleurs - (et en une semaine, svp ! Assad fait petit-bras à côté : il lui faut plus d'un an pour atteindre le chiffre !) étourdis qui ont eu un peu de plomb dans la tête, quelques "pour l'exemple" (rien de bien grave : c'est pour le moral) ; puis plus tard quelques Questions (sans doute des problème mathématiques très ardus, restés sans réponse à ce jour).
Broutilles selon vous, bientôt perdues dans les brumes du quai qui s'éloigne.
Mais « T’as de beaux Yeu », quand même, qui a commencé le 22 juillet 40, pour rebondir de plus en plus haut, de plus en plus fort, de plus en plus profond, et de plus en plus loin, très loin (c'est beau, non : on dirait presque du Coubertin) au fil des mois, des ans... n'est-ce pas une turpitude que nous avons dû traverser - donc pas si bien, le siècle ?
P*tain !
Rédigé par : Clafoutis | 23 août 2012 à 16:01
Comme nous pouvons le constater, personne ici ne se reconnaît dans le portrait de l'acariâtre qui s'en prend à tous ceux qui lui défrisent les neurones. Point d'acrimonieux ici et, s'en remettant à son propre miroir, chacun est un modèle de tolérance et d'aménité dont tous les immondes salopards devraient s'inspirer. Je suis exemplaire mais bon Dieu que le voisin est insupportable.
Merci, Philippe, de nous avoir permis de communier dans le constat de nos perfections partagées.
Je me permets d'ajouter à cet excellent billet l'idée que je discute d'autant plus âprement avec quelqu'un que je l'apprécie. Celui qui me ressemble m'ennuie. Le con, le vrai, celui ou celle qui ne comprend rien, itou. J'aime les jolies femmes, je les crois donc toutes très intelligentes quoi qu'elles pensent. Marion Cotillard ne saurait dire une bêtise, c'est exclu. Et les gens que j'apprécie pensent nécessairement juste, ce qui m'impose d'entrer dans une logique qui m'est étrangère pour appréhender une opinion qui n'est pas la mienne. Parce que j'ai immédiatement confiance dans la probité intellectuelle de celui que j'estime, je pars du postulat que nous pouvons dialoguer, ferrailler sans altérer cette estime.
J'ajoute qu'il ne me déplaît pas du tout de constater mes erreurs, je m'en sens soulagé, je n'ai pas vocation à m'arc-bouter sur des opinions qu'un autre parvient à démonter. Je change donc d'avis avec reconnaissance, ravi d'avoir renouvelé un coin de ma cervelle.
Je l'ai souvent dit ici à certains trop acrimonieux : levons le pied, il n'y a pas mort d'homme à être d'opinions opposées, boire un coup ensemble sous la tonnelle est infiniment plus important, le vent dans les feuillages et une jolie robe d'été qui passe sont des socles plus solides de la nature humaine que les excommunications réciproques. Je suis toujours heurté par les propos blessants, les attaques personnelles qui, pour démolir une expression, couvrent la personne de goudron et de plumes. Que ne lit-on pas ici depuis que vous avez fait votre coming out antiSarkozy ! Vous ne seriez plus digne de vous exprimer : ce que certains appréciaient chez vous n'était pas l'homme mais les idées qu'il vous est donc interdit de changer. Votre personne étant réduite à ce blog, vous n'êtes pas autorisé à vivre de façon autonome, vous vendiez du sarkozysme, pas question de changer de boutique sauf à perdre toute estime. Vous étiez un esprit fin, vous voilà devenu un lourdaud revanchard avec de sombres arrière-pensées. Vous étiez crédible, vous ne l'êtes plus. Pardonnez-moi, mais c'est quand même très con !
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 23 août 2012 à 12:49
Que penser de ceux qui s'approprient l'idée de Dieu pour sévir, imposer un pouvoir, dominer, punir, kidnapper, tuer, perpétrer des attentats... des fondamentalistes imbéciles, aveugles et impitoyables qui agissent, persuadés que Dieu les a mandatés. Je ne peux pas dissocier ces hommes de leurs idées. Ils sont abominables.
Rédigé par : jack | 23 août 2012 à 12:10
Même si elles ne sont pas fréquentes, on trouve quand même plusieurs amitiés qui dépassent les clivages politiques les plus aigus. Je ne vais pas citer celles de Mitterrand. Mais en dépit de tout, Malraux offrit à Drieu un engagement dans la brigade Alsace-Lorraine. Et le grand propriétaire réactionnaire Pepe Rodriguez fit sortir Pablo Neruda du Chili, lui disant : « Je suis un capitaliste, avec tous les défauts d’un capitaliste, mais je sais comment agir avec mes amis, et je suis fier de vous avoir comme ami… ».
Rédigé par : Boris | 23 août 2012 à 11:41
Si l'on ne devait accepter dans notre cercle relationnel que les personnes qui épousent notre façon de penser et nos idées, on se retrouverait assez vite isolé...
La plupart des gens sont à multiples facettes et il faut beaucoup d'humilité, de générosité et de tolérance pour savoir faire la part des choses, entre des aspects d'une personnalité qu'on apprécie, et d'autres qui peuvent nous heurter.
Si on s'écarte de tous ceux qui ne pensent pas comme nous ou dont les conceptions nous semblent erronées, on ne se donne pas la possibilité de débattre, et de s'ouvrir mutuellement des horizons.
Cela vaut la peine d'essayer, même si on se heurte majoritairement à la PENSEE UNIQUE, si bien peinte par Edgar Morin (Une politique de civilisation) : "On nomme pensée unique la pensée néolibérale ; elle opère ses ravages dans la connaissance, la science, la politique. Ces élites vivent dans un monde raréfié, clos, où seul est réel le quantifiable. Ces élites autosatisfaites sont persuadées de détenir la vérité, etc."
Pour en savoir plus et travailler à "bien-penser", lire ETHIQUE, la Méthode 6, d'Edgar Morin.
On gagnerait à s'inspirer de ces quelques paroles de bon sens :
"Sur ce dont je ne peux parler, j'ai l'obligation de me taire." L. Wittgenstein
"Le préjugé est une opinion sans fondement,
il faut savoir de quoi on parle. Les hommes ont le tort de juger d'un tout dont ils ne connaissent que la plus petite partie."
Voltaire
"Informe les gens une fois. S'ils ne t'écoutent pas, ça n'est plus ton problème, continue ton chemin" Proverbe indien
"C'est ce que nous croyons savoir qui nous empêche souvent d'apprendre. Quand le fait que l'on rencontre ne s'accorde pas avec la théorie dominante, il faut accepter le fait et abandonner la théorie." Dr Cl.Bernard
"Nous baignons dans l'ignorance. Un autre type d'ignorance nous donne plus de fil à retordre : c'est l'ignorance socialement construite, un "non-savoir" qui se met au service de puissants intérêts."
Bernadette Bensaude-Vincent, historienne et philosophe
"Il y a des gens comme nous, les classes éduquées, qui ont été dans de bonnes écoles, qui ont reçu un bon enseignement, qui ont été endoctrinés à ne pas voir certaines choses ; c'est ce qu'on peut appeler l'auto-refoulement ; parfois consciemment, parfois inconsciemment, nous filtrons ce que nous ne voulons pas voir parce que cela nous met trop mal à l'aise."
Noam Chomsky, linguiste et intellectuel américain
Si on en est là, c'est que la plupart des gens font preuve d'étroitesse d'esprit et s'arc-boutent sur leurs certitudes :
"Toute notre sociologie ne connaît pas d'autre instinct que celui du troupeau, c'est-à-dire de zéros additionnés."
F. Nietzsche
Pourtant,
"On ne peut résoudre un problème avec les modes de pensée qui l'ont engendré."
A. Einstein
Mais la tâche est difficile...
"Il est plus facile de faire sauter les atomes que de changer les croyances des gens." A. Einstein
A ceux qui sont prisonniers de leur étroitesse d'esprit :
"Vous êtes prisonniers de vos souffrances et vos plaisirs en sont le sceau."
Léonard Cohen
Rédigé par : Jocelyne | 23 août 2012 à 11:10
"J'ai la mémoire qui flanche, j'me souviens plus très bien..."
Mon oeil !
Rédigé par : Clafoutis | 23 août 2012 à 08:30
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Non, franchement, cher Clafoutis, voyez qui j'ai cité.
La France n'a jamais vécu les horreurs d'une guerre civile espagnole, jamais nous n'avons exterminé en masse, et nos braves espions sont devenus des sujets de plaisanterie, on songe au brave attaché d'ambassade à Pékin, Boursicot, tombé amoureux d'une chanteuse d'opéra chinois et qui s'est avérée être un homme...
Et quand on cherche des exemples contraires on doit remonter à la Saint-Barthélemy, les horreurs de Vendée, mais rien depuis la boucherie de 14.
Certes, un petit Sétif par ci, par là, bon... Mais quand même on a traversé le siècle précédent pas trop mal...
Rédigé par : Savonarole | 23 août 2012 à 11:05
@PascalK
Vous préférez donc laisser cette personne ruminer ses idées intolérantes ad vitam (jusqu'à ce qu'éventuellement elle les mette en pratique) plutôt que d'échanger avec elle pour essayer de remettre en question ces idées ? Une personne ne peut-elle donc pas changer d'idée(s) ?
Quid de la remise en question, du cheminement de la pensée, de la philosophie, des expériences vécues qui changent notre vision du monde ?
Rédigé par : Kirawea | 23 août 2012 à 09:02
@ Mary Preud'homme
"Idées fixes, idées noires, idées préconçues, idées neuves, idées fausses, idées nouvelles, idées reçues, idées claires, idées géniales, idées simples, idées folles, idées courtes…"
Vous avez oublié... "Des souris et des hommes".
Rédigé par : Tipaza | 23 août 2012 à 08:42
Permettez-moi une toute petite digression en rebondissant sur une phrase de Laurent Dingli "la protection de l'environnement, un sujet auquel je suis très sensible".
Hier, jour funeste : avec 131 jours d'avance, l'humanité a dépassé son crédit de ressources naturelles pour l'année 2012.
La situation est même pire que l'année dernière car le "jour du dépassement global" avait été atteint le 27 septembre.
Ca, c'est LE problème.
Pas déjà, pas encore, plus jamais !
Rédigé par : RF | 23 août 2012 à 08:33
"Il ne nous reste plus que l'Ile d'Yeu pour pleurer."
"Eh bien nous, en France, qui n'avons vécu aucune de ces turpitudes,..."
Rédigé par : Savonarole | 22 août 2012 à 15:14
"J'ai la mémoire qui flanche, j'me souviens plus très bien..."
Mon oeil !
Rédigé par : Clafoutis | 23 août 2012 à 08:30
@Mary Preud'homme | 23 août 2012 à 00:28
Elle est à toi, cette chanson...
Rédigé par : Clafoutis | 23 août 2012 à 08:20
"Un gros pourri, même sympathique, ne sera pas plus excusable ou fréquentable..."
Rédigé par : PascalK | 22 août 2012 à 18:14
On jurerait du Pascale Clark... Mimétisme ?
Rédigé par : Savonarole | 23 août 2012 à 08:19
@RF
Dites-en plus SVP... "cougar pin up" dites-vous, on se demandait ce qu'elle avait bien pu faire/ne pas faire pour être dans un gouvernement, c'est peut-être dans votre formule que se trouve la réponse ?? Je me languis de votre info... LOL LOL
Rédigé par : Pietri S | 23 août 2012 à 07:50
Idées fixes, idées noires, idées préconçues, idées neuves, idées fausses, idées nouvelles, idées reçues, idées claires, idées géniales, idées simples, idées folles, idées courtes…
L’homme est un tout et vouloir le considérer en faisant abstraction de ses idées, ou en tenant ses opinions pour dérisoires n’est-ce pas une forme d’intolérance doublée d’un manque de respect élémentaire ? L’humanisme vrai ne consiste-t-il pas au contraire à accepter l’autre dans son jus, idées comprises ? Et si ses idées sont manifestement pernicieuses, devons-nous faire l’autruche afin de préserver une paix factice ? N’est-il pas au contraire plus courageux et fraternel de dire les choses franchement, d’autant plus si nous estimons la personne ? Et n’est-il pas démontré que deux personnes que presque tout oppose peuvent dialoguer sereinement sur tous les sujets pour peu que leur champ de conscience soit suffisamment ouvert. Alors que si l’un des deux est fanatique ou intolérant c’est mission impossible.
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Quant à mourir pour des idées, l’expression n’est-elle pas erronée dès lors que cette forme de mort est essentiellement une condamnation infligée par autrui et mis à part quelques cas sectaires, par exemple les kamikazes, rarement un choix délibéré. Condamnation à mort à cause des idées que vous défendez. Qu’il s’agisse de la liberté, de la justice, du racisme, de la patrie, de la religion, etc. Des idées qui vous font vivre, vous élèvent et vous donnent un idéal.
Et même le Christ a eu la tentation d’écarter la coupe du sacrifice suprême à l’heure ultime. C’est dire s’il refusait le martyr tel que le conçoivent certains fondamentalistes.
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Concernant la personnalité de Brassens, c’était un libertaire comme Léo Ferré, anar de gauche, ou Léautaud anar réac de droite et quelques autres qui cachaient en fait sous une gouaille anarchiste et un faux cynisme un véritable amour pour le genre humain qu’ils se complaisaient à mettre à nu ou à travestir. D’où la hargne de Brassens vis-à-vis de tous ceux qui portaient un uniforme : gendarmes, curés, magistrats, policiers, militaires, etc.
Mais quand il chantait le Petit cheval dans le mauvais temps (texte de Paul Fort) ou la Prière, c'était tout l'homme qui s'exprimait avec une sensibilité pleine de délicatesse et de nuances.
Rédigé par : Mary Preud'homme | 23 août 2012 à 00:28
@ Jacques | 22 août 2012 à 16:48
"On ne doit pas, par postulat, juger d'une idée mais seulement de l'action réalisée à partir de cette idée."
Appliquée par exemple à la conduite automobile, votre proposition me paraît dangereuse. Je fais à mon idée... et l'on va au résultat !
De fait, comme le dit Pietri S, il convient en effet "que les idées soient triées, rationalisées, organisées". Au plan de l'organisation politique, c'est bien le principe de la Constitution qui repose sur une rationalisation du système.
Si chacun s'efforce d'appliquer ses propres idées en société, la vie sociale n'est plus possible. Il est donc bien nécessaire qu'un certain nombre de normes acceptées par la majorité s'appliquent de préférence aux essais personnels...
Rédigé par : Robert | 22 août 2012 à 21:32
@ zefir
Non, zef, pas d'amis islamistes pour l'instant, mais bon, je peux en dégoter un pour soigner mon image d'ouverture sur le monde et mon étiquette de bien-pensant-qui-aime-les-gens-parce-qu'on-est-tous-des-frères. Un Noir djihadiste, ça pourrait faire d'une pierre deux coups, non ? ou alors c'est pas de jeu ? Répondez-moi vite, je bous d'impatience...
Rédigé par : Laurent Dingli | 22 août 2012 à 18:49
@ zefir
J'ai déjà échangé avec un franc-maçon, mais de loin.
Rédigé par : Alex paulista | 22 août 2012 à 18:36
Un homme, normal, choisit Claire Chazal pour faire sa rentrée télévisée : Philippe n'aime pas l'idée, même s'il aime l'homme... Philippe est-il anormal pour autant ?
Vous avez deux heures.
Rédigé par : sbriglia | 22 août 2012 à 18:34