Je n'ai pas encore lu le dernier livre de Philippe Djian, "Oh..." mais cet écrivain, dans les entretiens que sa discrétion accepte, offre souvent de manière provocatrice mais stimulante son point de vue sur la littérature, le style, le langage et la modernité en art. Il n'y a pas manqué dans un article de Marianne où certains de ses propos sont repris, sous la signature d'Isabelle Curtet-Poulner.
Je crois nécessaire de citer l'essentiel : "En France, on a toute une clique de gens qui ont du talent, qui savent écrire. Mais c'est de la merde. Leur écriture n'amène rien. Rien, rien, rien. Sinon qu'on leur offre d'être dans toutes les émissions, de jouer les petits marquis, de se hausser du col et de parler de choses dont on n'a rien à foutre, en prenant une place qu'ils n'ont pas à occuper. Je ne leur en veux pas mais si tout le monde écrivait comme ça, je ne lirais plus". Et il précise : "Quand une phrase arrive trop belle, trop bien faite, une phrase à la Lambron ou à la Dantzig, il la salit".
Ces lignes m'ont tellement touché parce qu'elles renvoient à des interrogations ou à des dénonciations que je me suis plu à formuler. Elles me concernent d'ailleurs au premier chef sans qu'il y ait évidemment la moindre commune mesure entre ceux célèbres auxquels PD songe ou qu'il nomme ou moi-même inconnu de lui. Mais ce qu'il dévoile avec brutalité dans sa colère fait partie des problématiques sur lesquelles ma volonté de lucidité a toujours désiré s'exercer, y compris à mes dépens.
Je perçois en effet si bien ce que PD veut d'abord signifier avec son sarcasme sur "le talent". Combien de fois me suis-je laissé aller à une surestimation de cette qualité, de cet attribut quand, affichant mon désaccord ou mon hostilité à l'égard de quelqu'un, j'ajoutais : "Mais il a du talent!". Comme si admettre la réalité de cette brillante superficialité, faire cette concession à l'équité permettait instantanément à la personne gratifiée de combler toutes les lacunes de son être et de son intelligence. Comme si le talent était une disposition d'une telle densité qu'elle occupait toute la place alors que, pour PD, elle est à l'évidence lumière facile, éclat sans fond, poudre aux yeux et à l'esprit. Dorénavant, sur ce plan, je vais mesurer mes mots.
L'exposition médiatique de ces personnages "qui savent écrire, qui ont du talent, mais c'est de la merde..." est clairement un scandale mais, pour ma part, je suis enclin à généraliser l'indignation en reprochant à la télévision et à certains magazines - que ce soit pour la culture ou d'autres matières - de porter aux nues le, les médiocres et d'ajouter aux usurpations dont les médias ont été les instigateurs. Ils peaufinent le toc qu'ils ont révélé.
PD, dénonçant la vacuité littéraire promue à cause de son insignifiance même, pourfend le travers médiatique capital qui, dans l'arbitrage à opérer entre l'intelligence non vulgaire et la vulgarité rentable, opte sans l'ombre d'une hésitation pour la seconde. Avec, en plus, les rires et la dérision satisfaits d'eux-mêmes!
Enfin, PD nous contraint à une remise en cause de nos habitudes, de nos préjugés en dénigrant ce qu'on pourrait appeler le "beau style, les "phrases trop belles, trop bien faites". Il mentionne deux écrivains mais je vois bien qu'il pourrait en citer beaucoup d'autres tant notre conception du style, notre maniement du langage nous enferment dans une sorte d'esthétique du convenable, nourrie des humanités, de culture classique ou tout simplement de notre tempérament. Ce qu'on définit comme le fait "d'écrire bien" représente, pour PD, au contraire une dénaturation de la véritable expression écrite qui devrait être étrangeté, inattendu, provocation et défi à l'ordinaire des mots. Au fond, il s'agit de ressusciter le langage et de faire sortir les livres non pas du néant mais du lit confortable et ronronnant de l'habitude. Il ne faut plus écrire comme on s'ensommeille.
Je vois, à mon niveau modeste, comme il est presque impossible de s'arracher de ce qui depuis longtemps a structuré votre esprit et nourri votre manière de penser, de parler et d'écrire.
Il est aisé aussi de deviner les risques de cette conception de PD dans la mesure où elle serait de nature, mal appréhendée, à justifier toutes les dérives, toutes les incorrections.
Peu sont capables, comme Henry de Montherlant dans ses carnets et ses romans, de mêler à un style somptueux des expressions parfois délibérément familières, relâchées, comme le grand seigneur condescendant à se pencher sur le peuple.
Que PD ait raison ou tort dans sa diatribe rageuse qui est la rançon de son amour immodéré pour la langue et l'infinie surprise dont elle doit être porteuse, peu importe au fond. Ce qui compte tient à son exigence, à sa vérité.
Qui peut dire, habité par la passion d'écrire, que PD l'a laissé insensible ?
"Sans technique, le don n'est qu'une sale manie" (Brassens)
Rédigé par : Bulle | 11 septembre 2012 à 05:47
On fait parfois de mauvaises rencontres en littérature.
Le livre de, posé sur la table de, au chevet du lecteur éclectique agonisant. Pourtant il en croisa des fameux, des brillants, des chefs-d'oeuvre qu'il dévora passionnément, qui l'invitaient à lire toujours plus, qu'il s'empressait de terminer pour passer au suivant ; au suivant ! au suivant ! le temps semblait manquer...
Le lecteur éclectique rend son dernier souffle ; il balbutie, c'est inaudible, penchons-nous pour l'entendre : "c'est de la merde, tout est de la merde."
Le lecteur éclectique vient de rendre l'âme, cédant la place à un lecteur élitiste qui a connu l'excellence, et qui contemple les rayons des bibliothèques d'un oeil morne : "Pourquoi avoir écrit tout ça alors que tout est là ?"
Ce livre, dit "de chevet", j'ai sa petite musique dans la tête, une partition unique, mais je ne le nommerai pas, je lui en veux, "il m'a tuer".
Rédigé par : Yves BRUNO | 04 septembre 2012 à 12:58
Etre prisonnier de la beauté du style ? L'important n'est pas là, mais dans la déliquescence de la littérature, ou plutôt dans la mainmise d'un groupe de bobos parisiens (éditeurs, journalistes et écrivains) sur l'un des éléments essentiels de notre culture. J'ai hésité avant de publier ce petit commentaire, car l'honnêteté me conduit à inclure dans cette critique la politique suivie par ma propre maison d'édition... et ce n'est pas facile. Mais enfin, le constat est là, évident depuis de nombreuses années déjà. Une élite sans talent achève de tuer la littérature dans ce pays, mettant en avant des oeuvres sans intérêt, sans style, sans histoire, délires existentiels d'écrivains psychotiques, récits ennuyeux de bellâtres et autres poseurs sans relief ni profondeur... La littérature, la vraie, est morte, ou plus exactement elle est enfouie sous des piles de déjections scripturales.... Voilà la triste réalité.
Rédigé par : Laurent Dingli | 03 septembre 2012 à 12:34
" Grâce au soutien de la planète judéo-médiatico-bobo-gauche-caviar unanime, je rajoute française..."
Tiens, je me disais bien aussi que l'idée du complot "de la planète judéo-médiatico-bobo-gauche-caviar" allait s'inviter dans les commentaires.
Il ne faut quand même pas oublier ces images saisissantes de DSK menotté et livré par le bureau du procureur de NY aux chasseurs de la planète entière !
Drôle de soutien, en vérité.
Quant à l'abandon des charges par ce même procureur, elles sont en autres la conséquence de la précipitation et de l'absence de maîtrise du bureau du procureur face à la situation.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 02 septembre 2012 à 11:48
@Achille,
Vous êtes peut-être passé à côté du "suer-dois...nord vais-je" auquel cas z'êtes pardonné, sinon, on va tirer les oreilles !!!
Rédigé par : Herman | 01 septembre 2012 à 13:32
Il me semble que Michel Polac aimait bien P.Djian, paix à son âme...
Rédigé par : Herman | 01 septembre 2012 à 13:28
@oursivi@sbriglia
« Tous les grands esprits qu'ai eu la chance de côtoyer (écrivains, mathématiciens...) raffolent de tout ce qui fait sens, et les jeux de mot bien pensés n'en sont pas la triste fiente mais un riant nectar. »
Hélas n’est pas Boby Lapointe qui veut. Il en est un ici qui s’efforce de l’imiter dans cet art difficile du jeu de mots, mais sans vraiment convaincre.
Il y a encore loin de la coupe aux lèvres. Qui sait à force d’obtination y parviendra-t-il un jour… On le lui souhaite, car on sent bien que cela lui ferait tellement plaisir. :-)
Rédigé par : Achille | 01 septembre 2012 à 08:22
Marie 9.22
Ce genre de bouquins n'encombre jamais ma bibliothèque il fait partie de la race des bouquins que j'ai plaisir à donner à ceux qui ne peuvent pas les acheter... "Oh..." est déjà ailleurs pour le plaisir d'autres qui les passeront à d'autres, ainsi de suite !
Rédigé par : Pietri S | 31 août 2012 à 21:18
@Véronique Raffeneau,
Chère Véronique, vous m'avez fait plaisir aujourd'hui, et quand on connaît la virulence de vos blâmes lorsque vous en émettez, on n'en est que plus ravi lorsque vous flattez.
"Sans la liberté de blâmer il n'est point d'éloge flatteur"...
Rédigé par : Herman | 31 août 2012 à 20:07
Bruno Le Maire à la radio, surprenant à entendre et qui redonne foi en la possibilité de faire de la politique honnêtement, disait combien les Français aiment les phrases alors que les Allemands aiment la musique.
Les uns tournent le dos à la nostalgie, les autres se laissent habiter par elle. Les romans sont français, le romantisme est allemand.
Tant on se prend à rêver en lisant l'histoire, lire ensuite un roman semble dérisoire. Le roman ne serait-il pas lié à l'ignorance de l'histoire, ignorance chère aux Français tant ils en ont honte ?
Rédigé par : Xavier NEBOUT | 31 août 2012 à 10:07
Voilà un genre de littérature qui n'encombre pas mes étagères !
Pour reprendre Savonarole, idem cas Binet, Jacob Delafon !
Rédigé par : Marie | 31 août 2012 à 09:22
A force d'être un jeune auteur... depuis 1985, il a ses 63 ans, le look ne correspond plus au personnage, mais il est un homme de plume.
Oh !! Reste qu'en mêlant tous les genres, tout cela est fort artificiel. Le meilleur parti à tirer du livre est de le dévorer d'une traite. Un voyage en train. Un dimanche de pluie. Une soirée d'ennui. La tête ne se fatigue pas, mais il ne restera pas grand-chose d'"Oh...".
Mais ce n'est que mon avis !
Rédigé par : Pietri S | 31 août 2012 à 08:49
Suite à mon premier post.
...parmi cent mille, un million d'autres façons, ceci :
"Il arriva chez nous un dimanche de novembre 189...
Je continue à dire "chez nous", bien que la maison ne nous appartienne plus. Nous avons quitté le pays depuis bientôt quinze ans et nous n'y reviendrons certainement jamais..."
(Première page "Le Grand Meaulnes" - Alain-Fournier)
Ou ceci (à l'attention de sbriglia) :
"Descendu de cheval, il allait le long des noisetiers et des églantiers, suivi des deux chevaux que le valet d’écurie tenait par les rênes, allait dans les craquements du silence, torse nu sous le soleil de midi, allait et souriait, étrange et princier, sûr d’une victoire. À deux reprises, hier et avant-hier, il avait été lâche et il n’avait pas osé. Aujourd’hui, en ce premier jour de mai, il oserait et elle l’aimerait."
(Première page "Belle du Seigneur" - Albert Cohen)
Ou encore ceci :
"Nous étions à l’étude, quand le Proviseur entra, suivi d’un nouveau habillé en bourgeois et d’un garçon de classe qui portait un grand pupitre. Ceux qui dormaient se réveillèrent, et chacun se leva comme surpris dans son travail.
Le Proviseur nous fit signe de nous rasseoir ; puis, se tournant vers le maître d’études :
— Monsieur Roger, lui dit-il à demi-voix, voici un élève que je vous recommande, il entre en cinquième. Si son travail et sa conduite sont méritoires, il passera dans les grands, où l’appelle son âge..."
(Première page "Madame Bovary" - Gustave Flaubert)
...Bref, je pourrais y passer la journée pour donner entièrement raison à Herman.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 31 août 2012 à 07:36
Philippe Djian a-t-il raison ?
Non.
C'est Herman qui a raison :
"Ce n'est pas l'écrivain qui décide de ces choses-là, c'est le lecteur !"
Entre un lecteur et un écrivain, quels que soient le lecteur et l'écrivain, tout est une question de moment et de rencontre.
Quelqu'un, un jour, exprime pour moi le plus essentiel, le plus heureux ou le plus douloureux, le plus confus en moi.
Par exemple ceci, de cette façon, parmi cent mille autres façons :
"Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu un télégramme de l’asile : « Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués. » Cela ne veut rien dire. C’était peut-être hier..."
(Premiers mots de "L'Etranger" d'Albert Camus)
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 31 août 2012 à 07:01
"Savonarole
« Mourir pour Dantzig », c’est ce qu'ont fait les Polonais en revenant sur leur intention de l’abandonner aux Allemands tant sa possession était illégitime.
Petit épisode méconnu."
Rédigé par : Xavier NEBOUT | 30 août 2012 à 22:20
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Exact, j'ai voulu tester un message subliminal sur un sujet anodin, je vois que ça marche...
Rédigé par : Savonarole | 31 août 2012 à 06:00
@ Marie
Excellente idée, mais au vu des tarifs actuels, je ne peux me payer qu'une dizaine de lignes.
Rédigé par : Boris | 31 août 2012 à 00:37
"C’est pourquoi je remets la question de mon engagement à l’ascension de quelque sommet moins exigeant, comme le Mont Ventoux ou une nouvelle."
Boris, j'ai plus de plaisir à vous lire qu'à gravir le Ventoux... quoique le mont pelé me fasse quand même transpirer de bonheur avec mon 41x28.
Chère Marie, merci pour la référence ; je commande le livre : le mystère de Hess m'a toujours passionné.
Claggart : je m'attèle au pensum que vous m'infligez, ô cruel !
Oursivi : c'est toujours un grand bonheur que de vous lire, ainsi que ceux que vous citez.
Jeanne : vous faites partie de ces commentatrices pour lesquelles j'ai grande admiration, tant votre modestie, la douceur de vos phrases et votre compétence sont un bonheur renouvelé... Nous avons par ailleurs un parcours commun qui nous rapproche et nous avons dû nous croiser sans doute dans quelques couloirs judiciaires. Mes taquineries sont l'hommage que mon ignorance rend à votre sagesse.
Xavier Nebout : j'ai essayé la brosse à dents... face à l'incompréhension du bambin, demain j'essaye Heidegger.
Rédigé par : sbriglia@certains et certaines | 31 août 2012 à 00:30
Ah que... la littérature visible est jobardisée sans vergogne entre de perverses mains sales, par ces vilains temps troublés, à la merci des escrocs de l'âme, du coeur, aux dépens des quémandeurs de rêve et de vérité simple et belle.
Eh oui ! Nous sommes submergés par une modernité à deux balles qui nous inonde de buzz, de tweet, de sms, de postures, de mails, de messages, d'alertes, de y-a-qu'à, de faut-qu'on, d'impostures...
C'est sûr que le fuyard Philippe C.ian(t) avec sa prose à trois balles (qui n'a jamais dépassé les 37,2 sur l'échelle des lettres), pompeusement appelée roman par ses potes bobos, ne trouve qu'un seul mot de cinq lettres, m..., pour crier sa fureur et son dépit au bon endroit et envers les larrons de sa planète qui comme lui appellent leurs gribouillis laborieux, littérature.
Qu'il se rassure P. C.hian(t), dans une charrette affrétée et bien bondée par un Antoine Quentin Fouquier de Tinville enfin lucide, il ne serait pas seul.
En place et sur l'heure il pourrait leur dire leur fait à tous ces usurpateurs plagieurs, avant d'entrer dans un silence bienheureux et profitable aux gourmets des belles lettres et de bons romans.
J'ai bien peur d'avoir fait un rêve. Je m'en retourne me perdre dans les bons et beaux mots, les pleurs et les rires des chers disparus.
Rédigé par : Poil à gratter chez Pic de la Mirandole | 31 août 2012 à 00:26
Savonarole
« Mourir pour Dantzig », c’est ce qu'ont fait les Polonais en revenant sur leur intention de l’abandonner aux Allemands tant sa possession était illégitime.
Petit épisode méconnu.
Rédigé par : Xavier NEBOUT | 30 août 2012 à 22:20
sbriglia
Ne vous méprenez pas sur mon essence !
Je faisais allusion aux philosophes ardus à lire tels Heidegger qui, faute d’utiliser suffisamment de mots pour expliciter leurs propos, en laissent l’essence inaccessible à l’esprit peu exercé.
L’essence étant le fond du propos – l’intelligibilité de l’être -, on peut le lire, croire le comprendre, mais sans saisir celle-ci.
Rédigé par : Xavier NEBOUT | 30 août 2012 à 22:12
Oui, sbrig, rassurez-vous, Clébard comme tous, moi le premier, est parfaitement capable de laisser, je n'en doute, des erreurs dans son sillage. D'ailleurs, vous pourriez m'indiquer un texte où ce Mr nous ait bluffé ?
Des textes où vous comme moi, ou bien sûr JDR, Dingli ou Savonarole ont régalé la galerie, on en trouve par pelletés par ici, les siens... aurais-je raté un wagon...?
Les sbires sans tendresse pour l'humilité des jeux de langue oublieux d'y voir qu'ils sont souvent cernés - les jeux, point eux - par une rigueur qui leur donne une vraie saveur, sont juste aveuglés par la transgression au point de n'y plus rien voir autour, comme ces vieilles personnes qui sur une jolie femme ne remarquent que le rouge trop rouge où la jupe jugée trop courte.
Tous les grands esprits qu'ai eu la chance de côtoyer (écrivains, mathématiciens...) raffolent de tout ce qui fait sens, et les jeux de mot bien pensés n'en sont pas la triste fiente mais un riant nectar.
La plupart des jeux de mot ne sont guère plus qu'invites au clin d'oeil, et encore, celles-ci ne méritent d'être honorées que si une vraie originalité y a été transmutée. Talent offert à peu, et compréhensible par encore moins...
Les petits censeurs peuvent bien aboyer, ces petits étrons ne méritent même pas notre pied gauche.
Next...
Printemps 88, je révise en la superbe bibliothèque Sainte-Geneviève. Un type plus âgé vient s'asseoir à mes côtés. Il a une Rolex bien ostentatoire, comme les stylos dont il use pour noircir des pages et des pages d'une petite écriture fiévreuse. Il regarde parfois de tout côté comme si quelqu'un allait venir l'embarrasser. Autour de lui sont plein de jeunes dont beaucoup ont dû le choisir pour auteur favori depuis la mode lancée par l'adaptation d'un de ses récents bouquins par Beneix. Pourtant, pas un regard ne s'accroche à sa silhouette, il leur est transparent.
A-t-on les lecteurs qu'on mérite ?
Que valent les bouquins de Djian, aucune idée, n'en ai jamais ouvert un. Vois pas ce qui me ferait évoluer sur ce point.
AO
Rédigé par : oursivi@sbriglia | 30 août 2012 à 22:03
Sbriglia ayant sincèrement confessé ses péchés de calembourdier, je lui donne l'absolution, avec comme pénitence une dissertation en quatre pages sur "Rélexions de Christine Angot devant un champ de carottes". Comme promis, et pour rester sur le cas Montherlant amené par Philippe Bilger, voici l'histoire de la chienne de Colomb-Béchar.
Dans les années trente, au cours d'un séjour en Algérie, Montherlant déjeune dans un restaurant de Colomb-Béchar fréquenté par des militaires; l'un d'eux, un jeune maréchal des logis, lui semble d'une santé délicate, peu adaptée au climat de la région, et notre auguste écrivain se promet d'user de ses relations dans le commandement pour lui trouver une affectation plus clémente.
Et voici qu'apparaît la chienne de l'auberge, vile bâtarde jaunâtre et purulente, mendiant de table en table; pour Montherlant, nourrir cet infect animal reflète une totale absence de grandeur d'âme et de noblesse de caractère; aussi, le maréchal des logis s'étant abaissé à donner quelque reste à la bête, l'imperator n'intervint pas pour le faire changer de garnison.
Rédigé par : Claggart | 30 août 2012 à 20:39
Bien écrit, mal écrit... Philippe Djian est très sympathique (quoique...) mais il se trompe, comme beaucoup ici aussi d'ailleurs.
Ce n'est pas l'écrivain qui décide de ces choses-là, c'est le lecteur ! comme la beauté est dans l'oeil qui regarde...
Boris en sait apparemment quelque chose...
On ne vous lit pas assez souvent Boris, car c'est toujours un régal, sincèrement.
Rédigé par : Herman | 30 août 2012 à 19:53
Rédigé par : Valerie | 30 août 2012 à 15:27
A aucun moment je n'ai indiqué qu'il y avait obligation de se procurer le dernier livre du Pasteur Gabel. Que celui-ci ne vous intéresse pas, c'est votre droit le plus complet. Il y a encore des personnes qui sont passionnées par notre Histoire et qui s’intéressent aux témoins encore vivants, comme l’est Charles Gabel.
Le pasteur Gabel m’avait demandé de faire connaître son dernier livre. Ayant beaucoup d'estime pour monsieur et madame Gabel, qui sont des personnes hors du commun, ce fut avec un immense plaisir que je le fis.
J'en profite pour remercier encore une fois monsieur Bilger de m’avoir permis de le faire sur son blog !
Rédigé par : Marie | 30 août 2012 à 19:51
Boris | 30 août 2012 à 14:50
Ne désespérez pas, vous pouvez prendre "un nègre"... En fait beaucoup le font !
Rédigé par : Marie | 30 août 2012 à 17:59