J'ai toujours su que je ne voulais pas devenir avocat, et pourquoi. Magistrat en activité ou non, je n'ai pas changé d'avis.
En dehors du rapport à la vérité qui me semble un clivage essentiel entre le métier de défendre et le profane qui aspire à une vision moins tolérante et relativiste des choses et des êtres, autre chose de fondamental m'aurait détourné du barreau. C'est le sentiment que des personnalités emblématiques y existent, rares, et que la parole, dans la justice pénale, a déjà trouvé à qui parler si j'ose dire. A quoi rimerait de venir ajouter sa voix à un univers qui n'en manque pas sans avoir la certitude du caractère nécessaire de sa contribution ? Inutile de se présenter pour seulement faire nombre, en dépit de l'humanisme généreux qui inspire beaucoup d'avocats mais qui évidemment ne garantit ni le talent ni cette singularité brillante, intelligente et puissante, inoubliable quand on l'a côtoyée.
C'est à cause de cette conscience vive de ce qui mérite d'être entendu et de ce dont on peut se passer que j'ai particulièrement apprécié l'intervention du bâtonnier de Paris Christiane Féral-Schuhl qui a été résumée par ce titre provocateur : "Il faut limiter l'arrivée de nouveaux avocats" (Le Figaro).
La mise en place d'un examen national plus sélectif qu'elle souhaite à juste titre n'aurait rien de révolutionnaire si son affirmation précédente ne représentait pas, en dépit des prudences de langage qu'un bâtonnier a pour art de savoir manier, une nouveauté pour un monde tellement persuadé de sa valeur intrinsèque qu'aucune entrave à son expansion ne lui semblait jusqu'alors légitime.
Le bâtonnier avec force et un courage intellectuel auquel je rends hommage et qui contredit beaucoup de lâchetés ordinales vient signifier au fond que n'importe qui ne peut pas devenir avocat, qu'il convient d'être plus exigeant pour distinguer le bon grain de l'ivraie. Peut-on voir davantage dans cette volonté de rigueur ? L'idée que ce n'est pas la peine de prétendre exercer cette mission capitale pour la démocratie - en favorisant une justice pleinement contradictoire et équilibrée - si non seulement on n'est pas certain d'avoir le feu sacré avec ce qu'il implique, au-delà de la morale abstraite, d'engagement et de conviction mais si le regard et l'écoute d'autrui ne vous confirment pas que vous êtes unique et donc irremplaçable. Une telle approche n'a rien de vaniteux mais est seule de nature à ne pas emplir l'espace pénal avec des apparences d'avocats et des simulacres de défenseurs. On n'est pas avocat parce qu'on se qualifie tel. On l'est quand plus personne ne peut dénier que vous l'êtes. Il y a une consécration par l'audience et le conseil, une dégradation, souvent, pour beaucoup, à cause des mêmes.
C'est forcer le trait mais il n'y aurait rien d'anormal à ce que le bâtonnier de Paris, répudiant le corporatisme obligatoire de la masse, ait désiré manifester, aussi clairement qu'elle pouvait se le permettre, un culte bienfaisant de l'élitisme. En effet, à quoi bon se parer avec ostentation des plumes de l'avocat - la médiocrité se distingue précisément en ceci qu'elle ignore, pour son plus grand désavantage, ce qu'elle vaut vraiment - si sa bouche, son style, son abattage, son aura, son argumentation et son éthique ne sont pas ceux, entre autres, d'Henri Leclerc, Thierry Lévy, Hervé Témime, Jean Veil, Thierry Herzog, Jean-Louis Pelletier, Eric Dupond-Moretti ou Georges Kiejman ?
Si on est lucide sur soi, on fait autre chose.
Il faut reconnaître que le nombre d'avocat actuellement est élevé mais grâce à cette situation, on a largement le choix de choisir celui qu'on croit être le meilleur. Il en est de même pour ce qui concerne le droit des expatriés dans des pays étrangers.
Rédigé par : Droits des étrangers | 11 juin 2013 à 16:08
Bonsoir,
"Avocat, notaire, huissier"... même combat !
Ce sont des castes fermées.
Très peu de chance pour un jeune issu d'un milieu modeste d'accéder à ces professions.
Toutefois le métier d'avocat est encore le moins verrouillé.
Pour devenir avocat il faut certes un BAC+4/+5 ainsi que le CAPA mais également un bon carnet d'adresses, un réseau, un zeste de piston... Sinon c'est sept ans d'études pour pas grand-chose.
Certains rétorqueront qu'à défaut de trouver un emploi dans un cabinet existant, il est tout à fait possible de créer son propre cabinet... Pouquoi pas ! Mais se lancer dans l'aventure tout juste sorti de l'école, peu expérimenté et sans clientèle, est un pari osé.
Lorsqu'on envisage ce métier, il faut se poser une question essentielle :
Suis-je bien né ?
Est-ce que je fais parti d'un milieu aisé, bon chic bon genre ? Fils ou fille de notaire, huissier, avocat mais encore pharmacien, médecin, chef d'entreprise, cadre sup etc.
En cas contraire, je conseillerai à un jeune de s'orienter vers une formation professionnelle (du CAP au BTS/IUT).
L'ascenseur social en France, ça n'existe pas !
Evidemment il y a toujours des exceptions. Je répondrais... comme au Loto ! 10 millions de perdants, une poignée de chanceux.
Cordialement
Rédigé par : christophe | 27 novembre 2012 à 00:20
"De parfaits coupables", un documentaire de Jean-Michel Décugis, le 3 septembre à 22h40 dans "Spécial Investigation" sur Canal +.
Peut-être trop d'avocats... mais pas moins d'errances judiciaires dramatiques...
A vos postes ce soir-là !
Rédigé par : sbriglia | 29 août 2012 à 10:30
L'avantage du numerus clausus, en réduisant le nombre de collaborateurs disponibles, est qu'il laisse davantage de place aux anciens magistrats qui souhaitent occuper leur retraite dans ces repaires de médiocrité que sont les cabinets d'avocats.
Trêve de mauvais esprit, le débat ouvert par madame Féral-Schuhl est digne de l'être. Pour ma part, j'ai plutôt tendance à penser que la sélection telle qu'elle existe actuellement, qui est principalement celle du marché (les avocats mauvais finissant par disparaître), est plus efficace que celle qui résulterait de la correction - même sévère - d'une copie de droit des obligations.
D'autant que les copies de droit ne disent pas tout. Elles ne permettent pas, par exemple, de sélectionner un bon spécialiste des produits financiers dérivés ou du contrôle des concentrations.
Je ne souhaite pas pour le Barreau le système qui est celui de la haute fonction publique, dans lequel la carrière est déterminée par la seule réussite d'un concours à 25 ans, même sélectif.
Par ailleurs, tout un équilibre dépend du système tel qu'il existe actuellement. A Paris, on ouvre les vannes en grand, car de nombreux cabinets ont un besoin continu de renouveler leur main d'oeuvre. Rotation rendue possible, notamment, par le statut de collaborateur libéral qui permet au patron de "se tromper" dans son recrutement (comprendre : virer celui qui ne satisfait pas).
En province, les vannes sont bien moins ouvertes. Les taux de réussite à l'examen d'entrée sont beaucoup plus faibles que ce qu'ils peuvent être à Paris. Ca tombe drôlement bien, il y a beaucoup moins de besoins en collaborateurs...
C'est donc une question compliquée, qui mérite d'être débattue avec prudence.
Ce dont je suis certain, en revanche, c'est qu'elle ne mérite pas d'être maltraitée par des prises de positions telles que celle de ce billet où la mauvaise foi (ah, le "rapport à la vérité" des magistrats...) le dispute à la superficialité.
Quant aux commentaires... Mention spéciale à la suggestion de faire défendre les prévenus par des fonctionnaires d'Etat. Toutes mes condoléances, vous avez dû avoir du mal à vous remettre de la chute du Mur.
Merci tout de même à Koz pour son questionnement existentiel que je partage entièrement : "Mais Henri Leclerc, Thierry Lévy, Hervé Témime, Jean Veil, Thierry Herzog, Jean-Louis Pelletier, Eric Dupond-Moretti ou Georges Kiejman pouvaient-ils savoir qu'ils étaient Henri Leclerc, Thierry Lévy, Hervé Témime, Jean Veil, Thierry Herzog, Jean-Louis Pelletier, Eric Dupond-Moretti ou Georges Kiejman avant de devenir avocats ?"
A.P. (passablement énervé)
Rédigé par : A.P. | 23 août 2012 à 17:40
Monsieur Bilger,
Comme vous, je pense qu'il y a effectivement trop d'avocats en France.
Sur ce blog, j'avais un jour suggéré le remplacement de nos avocats actuels par des magistrats spécialisés dont la fonction serait de défendre les particuliers. Des avocats de Paris très attachés au fric me prirent ici à partie et me reprochèrent un libéralisme "étriqué".
Je suis heureux de constater que la patronne des avocats de Paris, les plus nombreux en France (plus de 20 000 têtes sur les 40 000 que compte la France) me rejoint aujourd'hui sur l'idée qu'il faut maintenant s'engager dans une politique assumée de réduction du nombre des avocats.
Je vous rappelle que dans ma vie de chef d'entreprise et de responsable d'association, j'ai souvent recouru aux services d'avocat et à ce titre j''ai à ce jour utilisé une bonne quantité d'avocats (une dizaine); ma première fille est avocate au barreau de Paris; je suis moi-même licencié de l'ancienne faculté de droit de Paris. Pas mal de mes anciens camarades de fac sont devenus d'importants professeurs d'université, des consultants ou même des avocats. Je connais donc un peu le sujet par vous abordé.
Voici mes avis.
1 - Il y a trop d'avocats en France effectivement. Nécessairement, parmi eux, les incompétents sont les plus nombreux;
2 - Généralement les avocates sont plus professionnelles et plus respectueuses des règles déontologiques que les avocats mais moins compétentes;
3 - Les avocats dont les clients sont des particuliers simples, c'est-à-dire les personnes physiques ordinaires, sont moins qualifiés et moins honnêtes que les avocats d'affaires;
4 – Généralement, pris dans leur domaine de spécialisation professionnelle, les avocats spécialistes en droit public sont largement supérieurs intellectuellement et techniquement aux avocats spécialistes en droit privé pris dans leur domaine de spécialisation professionnelle;
5 - Les avocats spécialisés en droit des étrangers sont moins honnêtes et moins compétents que tous les autres;
6 - La nouvelle race des avocats venus des milieux politiques n'est pas faite pour exercer la profession d'avocat; ces nouveaux avocats sont souvent de piètres juristes et les cabinets qui les recrutent cherchent seulement à tirer avantage de leurs carnets d'adresses;
7 - Les avocats pénalistes sont plus brillants que forts techniquement. Les bons pénalistes sont ceux qui font le droit pénal des affaires. Ainsi, un type comme Thierry Dal Farra, qu'on ne verra jamais dans des assises, est techniquement bien au-dessus des fameux ténors parisiens dont la célébrité vient de leur médiatisation, appelée par le caractère crapuleux des affaires dans lesquelles ils interviennent.
Monsieur Bilger, si vous avez un peu de temps, allez assister aux plaidoiries de Thierry Dal Farra devant le tribunal correctionnel en matière de droit pénal des affaires publiques, ou lisez les études publiées par ce type, c'est tout simplement du haut niveau, du béton !
Vous êtes trop attaché à la parole, alors que la profession d'avocat a changé.
L'avocat d'aujourd'hui délivre le conseil, écrit des consultations, c'est-à-dire fait de l'aide juridique à la prise de décision : dans un environnement juridique complexe et marqué par la prégnance de la pénalisation, l'avocat conseil est sommé par son client, chef d'entreprise, de lui trouver la solution la moins risquée juridiquement et pénalement : croyez-moi, Monsieur Bilger, c'est autrement plus difficile que plaider dans une affaire criminelle, c'est-à-dire au fond élaborer une argumentation prédéterminée - puisque l'avocat pénaliste doit toujours se positionner par rapport au ministère public.
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L’ex-président Sarkozy a cherché à banaliser la profession d'avocat en voulant y envoyer n'importe qui. Cela a suscité une opposition de la part du Conseil national des Barreaux.
Je me demande si les avocats n'ont pas eux-mêmes contribué à rendre leur profession trop ordinaire en ne se montrant comme rigoureux.
Ma fille qui est avocate m'a toujours dit que la formation continue chez les avocats n'est qu'un mot qu'on met à la bouche.
Oui, trop d'avocats ne sont pas contrôlés quant au niveau et l'actualisation de leurs connaissances juridiques.
Trop d'avocats aussi ne respectent pas la déontologie et volent leurs clients. Quand les bâtonniers sont saisis de litiges d'honoraires, ils donnent systématiquement raison aux avocats. Leurs décisions reposent sur une fiction que j'ai toujours combattue, à savoir que le seul fait que l'avocat ait été présent à l'audience est le signe qu'il a travaillé.
Pour punir les avocats de leur manque de sérieux et de leur complaisance entre eux, Sarkozy, avant la fin de son mandat, a décidé d'ouvrir la profession d'avocat à n'importe qui, même aux non-juristes.
Les avocats récoltent ce qu'ils ont semé.
Rédigé par : LABOCA | 22 août 2012 à 19:59
Mais Henri Leclerc, Thierry Lévy, Hervé Témime, Jean Veil, Thierry Herzog, Jean-Louis Pelletier, Eric Dupond-Moretti ou Georges Kiejman pouvaient-ils savoir qu'ils étaient Henri Leclerc, Thierry Lévy, Hervé Témime, Jean Veil, Thierry Herzog, Jean-Louis Pelletier, Eric Dupond-Moretti ou Georges Kiejman avant de devenir avocats ?
Rédigé par : Koz | 22 août 2012 à 10:54
Certes, l'examen actuel relève plus de la loterie que de la sélection.
Certes, à voir la qualité de l'enseignement à l'EFB, on croit parfois que le seul objectif des intervenants avocats est de former des confrères incompétents qui ne leur feront surtout pas de concurrence.
Pour autant la médiocrité n'est pas l'apanage de la jeunesse...
On pourrait presque croire qu'il s'agit d'un discours visant à améliorer la qualité de la justice et à conseiller au mieux le client; mais l'important n'est pas la qualité mais la quantité ou son synonyme la facturation.
Madame la bâtonnier dénoncera dans un prochain article ces avocats crève-la-faim qui cassent les prix et lui font une concurrence déloyale.
Rédigé par : Cloud | 20 août 2012 à 14:35
Certains commentaires me confortent dans le sentiment qu'il faut se tenir éloigné de la justice... elle est nécessaire mais elle est une broyeuse. Si tout individu doit être défendu quel que soit son méfait, les propos tenus devant micros et caméras par certains avocats font peur. Même un Jean Veil défendant la Société Générale vs Kerviel a tenu des propos un peu "tirés par les cheveux", qui ont fait rire tous ceux qui connaissent par le menu le fonctionnement de cette banque, ou ce Dupond-Moretti sûrement talentueux mais qui porte une haine à la droite toute entière et aussi à tous ceux qui osent faire procès à ces accusés qui sont tous a priori innocents, et ne sont donc que de pauvres victimes... ce qui est un comble. Bien sûr avec Berton et Dupond-Moretti plane toujours Outreau, infamie et honte de la justice et de la République et il faut donc toujours aller sur la pointe des pieds, cependant cette abominable affaire est bien le résultat de la décadence de la justice tout entière et donc aussi des avocats qui aiment tant parader sur les plateaux télé ou devant micros et caméras et de son mode de fonctionnement.
En fait le problème de l'avocat est dans sa raison d'être, dans sa mission qui est de défendre tout individu quel que soit l'acte commis d'où découle "la fin justifie les moyens" ; sera qualifié de bon avocat celui qui fera acquitter ou réduire la peine d'un accusé quel que soit l'acte reproché ; non-lieu ou acquittement ou réduction de peine d'un assassin grâce au bagout d'un avocat, à la théâtralisation de sa plaidoirie ou au miracle du procès, comme décrit par cet infect Lesigne du procès d'Outreau... est-ce encore la justice ?
Rédigé par : Pietri S | 19 août 2012 à 06:58
@ Xavier Nebout
Le cas que vous citez n'est certes et heureusement pas des plus fréquents, mais la non application de l’article 700 n’est hélas pas rare. Les magistrats des TI et TGI qui font cela savent très bien que la victime ne se pourvoira pas en appel afin de tenter d’être indemnisée de ses frais d’avocats.
Bien sûr que l’on peut tout tenter au civil, mais cela n’a rien de nouveau. La principale différence avec le passé (au sens remontant à une trentaine d’années) : le nombre d’avocats a crû bien autrement plus vite que celui de la population adulte. Conjointement les contentieux rémunérateurs qui proviennent principalement des entreprises n’ont pas augmenté dans la même proportion que le nombre d’avocats. Au sein de ceux-ci et surtout parmi les nouveaux venus, une partie a des difficultés à s’assurer un revenu tout juste décent. Résultat toute cause au civil est bonne à prendre, et même si les chances de gagner sont infimes.
Pour ce qui est de ces associations dites souvent « d’accès au droit et justice «, émanation des collectivités territoriales et financées par elles, je partage totalement votre analyse. Primo elles ne font qu’encombrer les tribunaux et notamment civils, avec une multitude d’affaires dont les plaignants sont mus uniquement par l’espoir d’un gain financier facile. Certes d’un montant généralement peu élevé, mais qui ne leur générera aucune dépense.
Vous savez bien que ces associations sont un quasi viager pour certains avocats, il leur suffit d’être proche politiquement des élus qui chapeautent ces associations. Ou moyen encore plus efficace et vous le sous-entendez, c’est d’être en « fraternité «.
@ Savonarole
"Mais qu'est-ce donc que ce soviétisme de kolkhoze ?"
J’ose espérer que conjointement à cette réponse que vous me faites, vous avez adressé par écrit la même remarque indignée aux Présidents de l’ordre des pharmaciens et de la Chambre nationale du notariat.
En matière de théorie économique, je vous signale qu’il n'y a pas que Adam Smith et les actuels ultra-libéraux qui s’en réclament. D’ailleurs depuis le début de la crise financière, ces derniers sont bien moins prolixes et péremptoires que dans les deux dernières décennies.
Quant à ce que j’ai fait dans ma vie et mon actuelle situation professionnelle, à ce que je sache le blog de notre hôte n’est pas un remake en version virtuelle d’un tribunal de l’inquisition. Pour ce qui est de votre tutoiement, désolé je n’ai pas souvenir d’avoir partagé la même auge que vous.
Rédigé par : Trekker | 18 août 2012 à 22:07
"Savonarole mon 12.54 vous était courtoisement destiné, mais vous l'aurez compris !"
Rédigé par : Pietri S | 18 août 2012 à 16:24
Oui, je me suis tout de suite reconnu !
Rédigé par : Savonarole | 18 août 2012 à 17:28
Savonarole mon 12.54 vous était courtoisement destiné, mais vous l'aurez compris !
Rédigé par : Pietri S | 18 août 2012 à 16:24
Mais Jaribu, vous n'y êtes pas du tout.
Exemple:
Il y a des juges qui se fichent de la plaidoirie et ne regardent que le dossier. Avec ceux-là, le mieux est de ne pas les indisposer avec une plaidoirie inutile.
Il y a en d'autres - des jean-foutre - qui ne regardent pas le dossier et se contentent de prendre des notes lors de la plaidoirie.
Alors, le bon avocat, c'est celui qui sait ce que vaut le juge.
Rédigé par : Xavier NEBOUT | 18 août 2012 à 15:53
Mais non, Trekker. Si les tribunaux civils sont encombrés, c'est qu'on peut tout y tenter.
Un exemple récent : un juge d'appel de Bordeaux a trouvé le moyen de donner raison à l'émetteur d'un chèque sans provision qui reprochait au tireur de l'avoir présenté "précipitamment" et cela après qu'il a été été vertement éconduit en première instance (et je vous passe les circonstance on ne peut plus aggravantes).
Décision cassée, mais pas d'article 700. Le tireur s'appuie les honoraires d'avocat en cassation.
Pourquoi se gêner ? Il suffit de s'adresser à l'une de ces associations bidon de rabattage subventionnées par les collectivités locales (la plupart du temps émanations de FM), et non seulement l'avocat qui est derrière plaidera absolument n'importe quoi, mais le juge fera n'importe quoi lui aussi.
Alors "empruntez" une voiture et assignez le propriétaire parce qu'elle marche mal, on sait jamais... S'il est riche et que vous l'avez volée par "nécessité", vous pouvez gagner !
Rédigé par : Xavier NEBOUT | 18 août 2012 à 15:34
C'est toute la récolte d'Espelette qui vient d'être 'vaporisée' LOL
Adam Smith, spermatozoïde, numerus clausus, débouché, dans le quasiment même paragraphe, c'est chaud !
Rédigé par : Pietri S | 18 août 2012 à 12:54
"Au risque de provoquer des hurlements d’indignation, je me demande si la solution ne serait pas l’instauration d’un numerus clausus pour les avocats"
Trekker
--------------
Mais qu'as-tu donc fait de ta vie, Trekker, pour vouloir imposer des limites à une jeunesse qui souffre de ne pouvoir trouver des débouchés ?
Mais qu'est-ce donc que ce soviétisme de kolkhoze ?
Faut-il que tu sois aujourd'hui tranquille, peinard et retraité, pour décider qu'il faut mettre des obstacles supplémentaires à la course des spermatozoïdes ?
"Laissez faire, laissez passer" disait Adam Smith.
Rédigé par : Savonarole@Trekker | 18 août 2012 à 11:11
Savonarole 10.48
Merci de cette précision, ce com ne m'avait pas semblé digne de vous LOL, de vos autres coms, et le piment m'avait totalement échappé LOL LOL
Ces "LOL" tellement détestés, honnis de certains permettent quelquefois de remplacer le piment LOL LOL A consommer donc à lire avec rires, sourires, rien de très sérieux... LOL
Rédigé par : Pietri S | 18 août 2012 à 11:09
" 15.31
Ce que vous affirmez et assénez n'est en rien contradictoire avec mes propos 19.42 - 16.8.12, les vôtres sont polémiques et péremptoires."
Pietri S
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C'est vrai, vous avez raison, je voulais mettre un peu de piment à un blog où les commentaires débordent de conformisme et qui me rappelle les déjeuners dominicaux de ma jeunesse.
Rédigé par : Savonarole@Pietri S | 18 août 2012 à 10:48
Jean 21.14
Ovation absolue pour votre commentaire, avocat et médecin sont des fonctions socialement visibles de plus en plus dénigrées mais qui sont encore pleines du lustre d'antan, les deux avec son titre affiché et l'un avec sa robe... mais surtout votre com peut aisément être étendu à toute notre société, tout confondu, qui valorise 'au nom de la liberté' (des plus braillards) le débraillé en tout ; le laisser-aller, l'absence de professionnalisme, de rigueur et de discipline, étant vus comme 'liberticide'.. La preuve la plus visible est bien la façon dont le français et sa culture sont massacrés à l'oral, comme à l'écrit pour le premier, et à la télé pour le second quand certains osent faire des émissions qui mettent en scène la médiocrité de certains, pire certains en font des pièces de théâtre, de caniveau, dans lesquelles les dialogues sont une succession de grossièretés et de vulgarités, sous les applaudissements.
Il ne convient pas d'être défaitiste, il convient tout simplement de regarder la réalité en face, sans attendre, comme dans le concept original de la Tolérance Zéro, on n'attend pas que la maison soit en ruines pour remplacer les vitres, c'est à l'instant où la première vitre est brisée qu'il faut la remplacer. Il en est ainsi tout au long de la vie, mais certains l'ont oublié et n'en ont cure !
Quand un peuple n'ose plus défendre sa langue, il est prêt pour l'esclavage, écrivait déjà Remy de Gourmont !
Rédigé par : Pietri S. | 18 août 2012 à 07:47
Savonarole 15.31
Ce que vous affirmez et assénez n'est en rien contradictoire avec mes propos 19.42 - 16.8.12, les vôtres sont polémiques et péremptoires.
Vos propos donnent trop d'importance à un personnage peu recommandable qui doit être jugé, pour les faits commis et tous les d'autres : mais surtout, Assange met en évidence le fait que tout désormais peut être piraté, avec ces petits e.pirates de plus en plus nombreux, ce qui est largement plus important que la critique que vous en faites et du personnage et des USA... Bien court !
J.Assange est l'os à ronger lancé à tous ceux qui par facilité se précipitent/se contentent d'agir sur le symptôme. Nul doute les Assange sont nombreux, s'il faut les identifier il faut surtout veiller à rendre tous ces systèmes inviolables... et là c'est du travail pour des années !
Rédigé par : Pietri S. | 18 août 2012 à 07:22
Au risque de provoquer des hurlements d’indignation, je me demande si la solution ne serait pas l’instauration d’un numerus clausus pour les avocats. Celui-ci pas en terme national comme pour les médecins, mais à l’échelon géographique-population comme c’est le cas pour les notaires et pharmaciens.
Dans le cas de ces deux professions, il permet d’assurer sur l’ensemble du pays un maillage satisfaisant en terme d’offre de service et préserve ces professionnels d’une pression concurrentielle néfaste à leurs revenus. Cette dernière est certes souvent profitable aux consommateurs - usagers, mais c’est loin d’être toujours le cas.
Au niveau de la société une offre pléthorique en matière de services juridiques, peut avoir et a souvent des conséquences négatives. Voir les USA ou depuis quelques décennies, les honoraires des avocats représentent une part non anecdotique du PIB. A tel point que certains tel Emmanuel Todd, parlent de dysfonctionnement proche du parasitaire : captation d’une partie de la richesse produite, n’en générant aucune nouvelle et freinant l’activité économique.
On peu d’ailleurs se demander si en France la très forte inflation des procédures civiles ne résulte pas pour partie de la trop forte croissance du nombre d’avocats.
Rédigé par : Trekker | 18 août 2012 à 05:15
@ Alex paulista
Votre propos est fort juste globalement sur l’inflation des diplômés de 3 ème cycle, et notamment ses causes et surtout conséquences. Néanmoins il y a un phénomène préoccupant que vous n’évoquez pas, cette inflation est principalement dans les sciences humaines, filières littéraires, etc. et cela au détriment de celles scientifiques. La recherche-développement, innovation technologique, performance en production, qualité de cette dernière, ce sont le socle de tout développement économique ou a minima celui qui empêche de régresser.
Rédigé par : Trekker | 18 août 2012 à 04:49
Cher Monsieur Bilger,
Comment pouvez-vous déclarer, après avoir cité quelques stars du barreau : « si on est lucide sur soi on fait autre chose » et "ce n'est pas la peine de prétendre exercer cette mission(...)si le regard et l'écoute d'autrui ne vous confirment pas que vous êtes unique et donc irremplaçable" (les cimetières en sont remplis).
Si je n'avais pas la connaissance de votre intelligence, de votre expérience, de votre probité, de votre sens de la mesure et de l'engagement, je penserais que votre billet sur les avocats est motivé par votre dépit de ne pas avoir choisi cette voie après votre décision de quitter la magistrature.
Beaucoup plus vraisemblablement ce jugement me paraît manifester une ignorance d'une grande partie de l'univers juridique : celui du citoyen lambda et de son combat quotidien pour avoir une existence juridique réelle dans la vie sociale.
La première réaction à votre billet, celle de Polochon, est pleine de bon sens en même temps que d'humilité : le quotidien de la justice ce ne sont pas les grandes plaidoiries. Par ailleurs Il est évident que vous méconnaissez l'importance du droit administratif et du droit constitutionnel et la distance qu'il y a entre les principes qu'ils proclament et la réalité de leur application. Comment peut-on parler d'égalité devant la loi quand une consultation juridique est facturée entre 150€ et 300€ de l'heure et un recours au conseil d'Etat ou à la Cour de cassation suppose de débourser au moins 2000€ de frais d'avocat ?
Il est symptomatique que Nicolas Sarkozy ait confié à Jean-Michel Darrois la présidence de la commission chargée de proposer la réforme de la profession d'avocat. Sous le titre : « L'avocat le plus puissant de France » voici quelques extraits de l'article paru dans le journal Le Point le 24 mai 2007 :
"Un très noble immeuble haussmannien, planté dans la très chic et très arborée avenue Victor-Hugo, au coeur du très exclusif 16e arrondissement de Paris. Tout cela est « très, très » nec plus ultra. Le voyage intérieur s'inaugure à bord d'un lourd ascenseur en fer forgé, avec finition à la feuille d'or. Jusqu'au 6e et dernier étage. Dans la vaste salle d'attente, on s'enfonce avec délice dans de gros fauteuils de cuir mous, on feuillette avec maintes précautions de beaux livres et d'épais catalogues d'exposition agencés avec soin sur des tables basses sans prix. (...) Son cabinet, qu'il décrit comme une « maison de haute couture juridique », est puissant mais taille petit : 40 avocats seulement, dont 15 au statut d'associés. Son domaine : fusions-acquisitions, droit boursier, contentieux et arbitrage international. Dans les classements professionnels, il truste la première place - en termes de rentabilité - depuis des années. En 2006, le cabinet Darrois Villey Maillot Brochier a réalisé 42 millions d'euros de chiffre d'affaires. Si on le divise par le nombre d'associés, cela offre un record de 3 millions d'euros de facturation par tête !"
Si l'idéal de l'avocat c'est de gagner, maître Darrois, ainsi que les ténors que vous citez, sont un bon choix, il suffit d'avoir beaucoup d'argent et, pourquoi pas en prendre plusieurs à la fois ce que ne manquent pas de faire les plaideurs fortunés.
Si l'ambition d'un avocat est de servir le Droit en même temps que son client, il faut que le service de celui-là soit indépendant des moyens de celui-ci. Il y a 55 000 avocats en France et seulement 275 délégués du défenseur des droits or ces derniers ont une tâche immense ; le problème c'est qu'ils ne sont pas rémunérés, de plus, ils n'ont ni l'indépendance nécessaire ni, pour la plupart, la culture juridique suffisante.
Depuis la loi du 31 décembre 1971 il n'est plus possible d'exercer l'activité de conseiller juridique si l'on n'est pas avocat. C'est un monopole de droit qui est consacré dans un domaine qui relève de l'intérêt public sans que ce soit toujours au bénéfice de ce dernier. Il est symptomatique qu'aujourd'hui même un confrère, auquel je signalais mon investissement bénévole dans une affaire de préservation de l'environnement, se soit inquiété de la compatibilité de mon engagement avec les intérêts de la profession, comme si la loi était au service des avocats et non l'inverse.
Article 3 de la loi du 31 décembre 1971 :
«Les avocats sont des auxiliaires de justice.
Ils prêtent serment en ces termes : "Je jure, comme avocat, d'exercer mes fonctions avec dignité, conscience, indépendance, probité et humanité". J'ajouterais bien : « et avec un certain désintéressement ».
Il n'est pas nécessaire qu'ils constituent une élite, il suffit qu'ils soient compétents.
Rédigé par : Yves Abram | 18 août 2012 à 01:53
Lorsqu’on verra les avocats dénoncer les tares de la justice à commencer par les juges de gauche pro-consommateurs antipatrons anti-agents immobiliers, le scandale des revirements de jurisprudence ainsi que celui de l’art 700, ils pourront parler d’honneur.
Ils pourront même alors seulement parler d’honnêteté car la justice étant tellement aléatoire du fait ce ce qui précède, qu’ils auraient du mal à pratiquer sincèrement les honoraires au résultat.
Rédigé par : Xavier NEBOUT | 17 août 2012 à 22:34
ça déborde...
Moi-même avocat de province retraité depuis peu, je peux vous dire que nous ne sommes pas aux USA et que les centres de formation des avocats "pondent" des nouveaux avocats de manière incontrôlée, tant en nombre que sur la qualité. Les formateurs y sont souvent des profs d'université et des avocats en fonction qui trouvent là un titre de fierté et des sources de revenus complémentaires. Je crois également savoir que les centres de formation bouclent leur budget avec l'aide d'aides publiques, et que le niveau de celles-ci est fonction du nombre d'élèves possibles. Enfin, le passage obligatoire des jeunes avocats en stage dans un cabinet étant supprimé, ils peuvent "poser la plaque" sans aucune formation pratique ni début d'expérience, dès l'obtention de leur diplôme. Ainsi, le gage de professionnalisme de ces nouveaux impétrants est aléatoire et beaucoup de confrères s'en inquiètent et s'en plaignent. Bref, il y a trop d'avocats et d'ailleurs un certain nombre renoncent après quelques mois (j'en ai connu) ou quelques années en considération de la difficulté à se faire une clientèle et à vivre de son métier sur un marché encombré (ceux qui disent le contraire vous racontent des balivernes). Enfin, ne souhaitant pas passer pour cruel, je passerai sous silence l'évolution de la déontologie que j'ai pu constater chez nombre de nouveaux impétrants sur les dix dernières années... à l'image de notre société moralement bien errante.
Rédigé par : Jean | 17 août 2012 à 21:14
"En dehors du rapport à la vérité qui me semble un clivage essentiel entre le métier de défendre et le profane qui aspire à une vision moins tolérante et relativiste des choses et des êtres.."
PB
Tout est dit ou presque qui justifie ma sévérité à leur endroit.
AO
Rédigé par : oursivi | 17 août 2012 à 17:16