Il ne faut pas se leurrer : nous ne sommes pas confrontés à des agitations ordinaires.
On a le droit, sans tomber dans la grandiloquence (ce serait pléonastique par rapport au réel en question), de se considérer à la croisée des chemins, de la peur ou du courage, de la démocratie qui se bat ou de la nation qui s'affaisse. De la victoire ou de la défaite.
Comment ne pas percevoir que depuis la diffusion de ce film offensant pour l'islam (lequel ?), quelque chose se joue qui n'est pas loin de pousser jusqu'à la caricature cette contradiction moderne visant à la fois à se moquer des religions et à se soumettre peu ou prou aux intimidations pressantes, violentes voire criminelles de l'intégrisme islamiste, qui serait radicalement autre que l'islam modéré muet ou inaudible ?
Je n'ai jamais plus senti les signes honteux de notre capitulation que devant les réactions tièdes, frileuses, même angoissées devant le désir de Charlie Hebdo, concrétisé le 19 septembre, de publier de nouvelles caricatures de Mahomet. Après ces journées déstabilisantes et furieuses ici ou là dans le monde, avec une contagion ayant offensé Paris et susceptible d'y revenir, les politiciens, pouvoir et opposition pour une fois réunis, d'une seule bouche, d'un seul coeur, n'ont eu, qu'un mot d'ordre, qu'une unique consigne : il ne faut pas les exciter!
Comme si la colère des islamistes était légitime, leur exaltation traduite sur ce mode admissible et leur chantage acceptable. Car il s'agit bien d'un chantage qui consiste à nous questionner avec force et intolérance : "Jusqu'où aurons-nous le droit d'aller trop loin ?". Qu'on n'ait pas envie d'évoquer "le choc des civilisations" parce que le concept serait trop cru et la notion trop guerrière, soit, mais pourtant, absolument antagonistes, deux visions de la vie collective, de la transcendance, de l'Etat, de l'égalité, de la liberté et de la paix civile ne viennent-elles pas nous solliciter et attendre de nous de la fermeté ou de l'abandon ?
Ce n'est pas aux autres religions, aux incroyants ou aux indifférents d'assumer la charge de la preuve. Aucune contradiction, aucune dispute ne doit se résoudre par cette forme de terrorisme, mais par le recours à la justice qui offre l'avantage de civiliser haine et ressentiments.
C'est à l'islam dévoyé d'entendre raison, s'il le peut, de la part de ses modérés, s'il en existe qui osent parler et contredire ou, à défaut, grâce à la vigueur et à l'affirmation entêtée de nos principes qui ne sont pas négociables. Tous les compromis concevables sur ce plan capital seront des démissions, des retraites. Ce n'est pas Charlie Hebdo - à l'égard duquel je n'éprouve aucune sympathie particulière - qui "crée la polémique" (Le Monde), c'est l'orage islamiste insensé qui quotidiennement brandit la foudre, menace, brûle et détruit qui mérite d'être dénoncé, apaisé si le sens commun retrouvé le permet, sanctionné gravement s'il le faut. Il y a quelque chose de pervers dans notre République qui ne cesse de se repentir des fautes et des crimes commis par ceux qui la détestent.
On tremble, on courbe le dos, on cache nos libertés dans nos poches et on est paniqué à l'idée de ne pas faire preuve d'assez de compréhension. On s'abrite lâchement. Dans vingt pays les ambassades et les écoles françaises seront fermées. Une telle précaution, pourquoi pas, puisqu'à l'évidence les pires exactions sont à craindre des Fous de Mahomet ou de ces terroristes incendiant le monde non musulman mais est-on contraint pour cela, en plus, de baisser notre pavillon et de nous défendre d'être des démocrates et des exemples ? Il est probable que sont à redouter, peut-être, des événements aux terribles retombées, des représailles, des tragédies mais, outre que notre souplesse collective ne les réduira pas mais au contraire les multipliera, on ne saurait, avec cette diplomatie du compromis entre l'inacceptable imposé et l'inacceptable consenti, rendre rétrospectivement légitimes des atteintes scandaleuses à notre être profond et, derrière les affrontements politiques, malgré tout à notre civilité.
On doit leur faire la leçon, pas l'inverse. Je parle d'aujourd'hui et il ne servirait à rien de s'abriter derrière l'histoire des religions pour ressasser que la chrétienté il y a des siècles a commis aussi des horreurs.
Avoir peur, réprimander Charlie Hebdo (nouvelobs.com), c'est clairement aggraver chez les islamistes ce sentiment renouvelé d'arrogance, cette conscience exacerbée de la supériorité de l'Islam sur les autres confessions, de celle de leur totalitarisme sur les démocraties classiques qui à leurs yeux n'ont pour seule vertu que de se plier peu ou prou à leurs exigences. Un mot, un dessin de trop, et c'est le feu et le sang
Devant ces exemples de l'irrécusable singularité de cette religion portée si rapidement, si naturellement, aujourd'hui, au comble de la frénésie, qu'on arrête aussi de se gorger de mots et de pensées douces en se persuadant qu'à la longue tout cela deviendra irénique! C'est un remède fictif pour un avenir risquant d'être fait de la même pâte que le présent : beaucoup de tensions pour peu de fraternité, un univers condamné à demeurer bouche cousue ou à exploser.
Le 15, première démonstration de force en violant l'interdiction de manifester à Paris. Le Figaro alarmiste nous en annonce une seconde le 22. Je ne doute pas une seconde que Manuel Valls, un Nicolas Sarkozy qui sur le plan de la sécurité aurait réfléchi, un Guéant qui réussirait, a pris et prendra la terrible mesure de ce qui va s'amplifier. Le site de Charlie Hebdo a été piraté, d'autres mouvements vont continuer à semer le désordre, propager la haine et faire passer les fauteurs de troubles pour d'innocentes personnes seulement guidées par la sauvegarde de leur foi religieuse.
Si on cède, si on ne choisit pas de s'échapper de cet étau fatal par le haut, par la réitération obstinée, répressive s'il n'y a pas d'autre issue, de nos principes, si on murmure quand ils crient, proclament et défient, si on prend Charlie Hebdo pour le coupable et non pas ceux qui nous obligent vaille que vaille à le soutenir, on est mort. Symboliquement mort. Si on ne triomphe pas grâce à la résistance demain, on sera écrasé et on l'aura mérité.
Non, Charlie Hebdo n'est pas à vitupérer pour son imprudence ou sa provocation. La liberté s'use et disparaît si on ne s'en sert pas. On ne la sort pas de sa boîte quand tout va bien pour la remiser quand cela va mal alors que précisément, dans l'épreuve, elle est plus que jamais un viatique de sauvegarde.
Pas plus que Véronique Genest n'est à décrier. Délibérément je mets en parallèle cet épisode apparemment dérisoire la concernant avec la publication de Charlie Hebdo contre lequel plainte a été déposée.
Avec quelle condescendance cette femme célèbre grâce à la télévision a été traitée, avec quel mépris elle a été soumise à la question et, contrairement à ce qu'espéraient les élites qui préfèrent le réalisme dans les dîners en ville mais l'humanisme confortable dans les médias, non seulement elle a assumé mais avec les exemples qu'elle a donnés, avec tout ce que je viens d'énoncer, si l'islam n'est pas l'islamisme, force est tout de même de reconnaître à l'actrice le droit d'être plus encline, au regard de ce qu'elle voit et entend, à l'islamophobie qu'à une islamophilie éperdue (Le Parisien). Comme à coeur joie beaucoup qui l'approuvent se sont évertués, belles âmes, à la déchiqueter officiellement, se parant d'angélisme pour la façade !
Charlie Hebdo va trouver ma comparaison indécente mais j'ose. Il a eu des imprudences nécessaires. Véronique Genest a eu les siennes sur un mode plus familier, banal. Le combat est le même. On doit dire ce qu'on pense, faire ce qu'on veut et tenir bon.
Nous sommes en France. Que cela soit retenu.
Aymeric Caron n’est qu’un petit roquet prétentieux, sectaire, hargneux et pour couronner le tout, sans aucun humour. La façon dont il s’est acharné sur Véronique Genest lors de la dernière émission ONPC, soutenu par sa voisine aux cheveux raides et encouragé par les ricanements de hyène de Ruquier, quelle honte !
A quand un commando de fou-rire pour casser ce genre d'émission convenue et mesquine et donner ainsi l'occasion à tous les participants et spectateurs de se défouler sans méchanceté. Un tribunal des flagrants délires remis au goût du jour ! Ce que manifestement le trio Ruquier Caron Polony ne sait pas faire...
Rédigé par : Mary Preud'homme | 11 mars 2013 à 13:20
Rédigé par : Nath | 10 mars 2013 à 18:21
Rédigé par : zefir | 10 mars 2013 à 15:21
Ces deux interventions sont bien pertinentes, autant que contradictoires...
L'intérêt du sujet est là.
On peut à la fois se désespèrer de ces apories et se réjouir que le monde reste ce grand livre des inconciliables, ce quai d'embarquement pour l'ailleurs et l'autre, qui résistent et résistent encore.
AO
Rédigé par : oursivi | 11 mars 2013 à 08:44
Se rappeler du contexte, lors de cette affaire : un film, grotesque certes, et maladroit, posté sur Internet mais aussi des massacres constants, depuis des années, de chrétiens en Afrique (Nigeria), en Asie, en Egypte... La liste est longue. On n’est pas dans des guerres « militaires » mais bien dans des guerres « de religion ». Il faut bien les appeler par leur nom.
Et Mohamed Merah? Et les manifs anti-juives en Islam, en Tunisie, en Egypte, où l’on appelle au meurtre ? Je ne parle même pas de l’Iran.
Il faut bien convenir que l’Islam (isme) fait peur et qu’il est en Afrique, à quelques encablures de l’Europe.
Bien sûr, les « vrais » musulmans sont d’honnêtes gens et respectent les religions du Livre et les hommes en général. Mais les autres, les manipulateurs... et les dirigeants, en premier ?
Rédigé par : Nath | 10 mars 2013 à 18:21
Votre protégée Madame Genest s’est ridiculisée hier soir chez Ruquier. Depuis plusieurs jours, elle faisait sa chialeuse dans les médias en prétendant qu’elle était tombée dans un traquenard, qu’elle avait eu l’impression d’une mise à mort, etc. Moi j’ai trouvé que les chroniqueurs étaient très polis et surtout très patients avec elle.
Cette femme refuse tout net de s’expliquer sur son engagement politique.
- D’abord, elle est incapable d’expliquer le positionnement politique de Jonathan-Simon dont elle veut être la suppléante. Pourtant, il suffit de la moindre petite recherche sur internet pour savoir que cet homme est le directeur de la rédaction du site JSSNews, un site qui fait la propagande de l’extrême droite israélienne. Etrange pour une femme qui se positionne au centre-droit.
- Ensuite, elle n’explique pas sa présence au côté de la LDJ (mouvement considéré par le FBI comme un mouvement juif terroriste, violent et extrémiste) à l’occasion d’un rassemblement de commémoration de la mort d’Ilan Halimi. Ce mouvement qui est interdit aux EU et en Israël est invité à s’exprimer sur l’antisémitisme au Parlement français. Bravo la France.
- Pour finir, elle refuse tout net qu’on rappelle l’islamophobie militante de son mari, son aversion pour l’islam et les musulmans. Pourtant, il suffit de consulter son profil facebook pour se faire une idée du personnage.
Cette femme ose condamner ceux qui selon elle veulent créer d'autres nations au sein de la nation française mais son entourage personnel et politique est constitué de communautaristes juifs qui mettent en avant leur appartenance à Israël et à la communauté juive.
Je me demande Monsieur Bilger ce qui vous pousse à défendre cette femme. Elle est incompétente, elle défend le communautarisme juif, son engagement politique souffre de son attitude de dilettante et donc fait du tort à toute la classe politique. Monsieur Bilger, vous dites que vous êtes centriste. Alors je me demande vraiment ce qui vous pousse à soutenir tous les islamophobes que ce pays compte. Peut-on être centriste est islamophobe ? Est-ce votre cas ?
Rédigé par : zefir | 10 mars 2013 à 15:21
Charlie Hebdo : 2,50 euros en kiosque. C'est la liberté de la presse, la liberté de caricaturer, y compris les religions. Jusque-là, pas de problème.
Cela étant, pour le prix, on attend une qualité supérieure. Certains dessins sont artistiquement nuls. La provoc oui, le caniveau sans subtilité, non. Le n° 1057 du 19 septembre 2012, c'est principalement du business surfant sur la vague porteuse du scandale 'the innocence of muslims'.
Rédigé par : jack | 25 septembre 2012 à 11:37
Que de discussions sans fin.
Moi, j'aime les caricatures surtout quand elles concernent les religions mais alors toutes les religions, qu'elles soient monothéistes ou non. Juifs, musulmans, chrétiens de toutes branches, bouddhistes et autres hindouistes sont à mettre dans le même sac.
Religions qui depuis des centaines d'années, et même plus, pourrissent la vie des gens avec leur morale à sens unique.
Je suis athée et le blasphème dont il est question dans la caricature de Mahomet n'est même pas une construction sémantique pour moi. C'est un non-sens, un vide, un néant.
Charlie Hebdo a eu bien raison, c'est du moins mon avis et je ne vous oblige en rien à l'accepter. C'est ça la liberté d'expression.
Je veux bien supporter vos croyances mais vous devez vous aussi supporter ma non-croyance. Et je refuse que l'on parle d'incroyance car ce n'est pas la même chose.
Le terme incroyant s'oppose à croyant, les adeptes des religions s'opposent entre eux.
C'est un incroyant, un roumi, un mécréant, un goy...
Le non-croyant nie le réalité même de la religion et des divinités s'y référant. Pour lui c'est du vide, une non existence.
A mon avis, les religions sont des contes à dormir debout tout juste bons pour des enfants.
Se moquer des travers de nos contemporains qui se repaissent de ce genre de bêtises est une source d'amusement sans fin.
D'ailleurs je soutiens l'idée que le service public de l'audiovisuel devrait, au même titre et dans le même moment, diffuser des émissions de la libre pensée. Puisque les religions se posent en philosophes faisons une place à la pensée athée. Après tout elle est aussi légitime que la pensée religieuse.
Rédigé par : Jacques l'athée | 24 septembre 2012 à 21:07
"Où se trouve le peuple musulman ?"
Erreur en effet. Mon français décline...
Ici nous parlons toujours du "muslimische Welt" (le monde musulman) et non pas du peuple musulman.
Mea culpa.
Rédigé par : Jean-Paul Ledun @ Robert | 23 septembre 2012 à 23:14
@ Jean-Paul Ledun | 23 septembre 2012 à 12:32
"C'est le bon droit du peuple musulman de s'indigner sur des insultes et des provocations à l'endroit de leur croyance."
Ôtez-moi d'un doute : où se trouve le peuple musulman ?
En France, me semble-t-il, il n'y a juridiquement qu'un peuple, dont des Français de confession musulmane...
Si c'est le monde, alors il s'agit de communautés musulmanes très diverses, autant que les chrétiennes, ces deux revendiquant souvent leur universalité.
Cordialement quand même
Rédigé par : Robert | 23 septembre 2012 à 19:16
Si les caricaturistes avaient du talent, ils nous dessineraient de jolies caricatures pour se moquer de tous ceux qui ont participé à cette gigantesque phobie de l’islam (les commentateurs, les journalistes, les responsables politiques et bien sûr les opportunistes de Charlie Hebdo).
Ils tourneraient en dérision l’islamophobie de ceux qui psalmodient "jai peur, j’ai tellement peur", vous savez, comme les enfants qui ont peur de l’obscurité, sous prétexte que 0,1 % (d’aucuns disent 0,01 %) de musulmans ont manifesté contre un film qu’ils n’ont même pas vu. Et pour être équitable, ils pourraient aussi ridiculiser ces musulmans (manipulés nous dit-on) qui manifestent sans savoir contre quoi.
Rédigé par : zefir | 23 septembre 2012 à 15:10
Charlie Hebdo bouffe du curé, casse de l’islamiste mais curieusement ne touche pas aux Juifs. C’est normal docteur ?
Rédigé par : Achille | 23 septembre 2012 à 13:21
Un truc très drôle tout de même dans cette affaire, c'est de voir les "journalistes" de C.H faire appel à une protection policière alors qu'ils passent les trois quarts de leur temps à cracher sur cette même police...
Tout le monde a ses contradictions, certes...
Rédigé par : Herman | 23 septembre 2012 à 13:15
C'est le bon droit du monde musulman de s'indigner sur les insultes et les provocations à l'endroit de leur croyance.
Seulement l'indignation ne doit pas se transformer en violence. Il serait de bon ton que le monde musulman fasse bloc (pas seulement en France) pour mettre ce genre d'humour blasphématoire là où il le mérite : à la poubelle.
J'ai beaucoup aimé les déclarations à "C dans l'air" de l'avocat de la mosquée de Paris. Compréhensibles et didactiques. Il est temps !
Rédigé par : Jean-Paul Ledun | 23 septembre 2012 à 12:32
@ Achille
Parfaitement d'accord avec vous. Et je pense que Valls aurait dû prendre le risque d'autoriser la manifestation devant l'ambassade américaine.
Maintenant, sur la bêtise des uns et l'intelligence des autres, il me semble que le principe de réciprocité pourrait jouer - un peu.
Ibn Al-Rawandi pourrait-il publier aujourd'hui le Kitāb al-Zumurrud dans tous les pays musulmans ? Si non, dans lesquels ? Et si oui, avec quelles répercussions ?
De même, le quatrain suivant serait-il reçu avec intelligence et dignité ?
Je bois du vin, et ceux qui y sont contraires viennent, de gauche et de droite,
M'engager à m'en abstenir : ils disent que le vin est l'ennemi de la religion.
Mais pour cela même, maintenant que je me tiens pour un adversaire de la foi,
Je veux, par Dieu, en boire, car il est permis de boire le sang de son ennemi.
Comme vous le savez sans doute, les réactions éventuelles n'empêcheraient pas l'auteur réel de dormir, à Nishapur ou ailleurs.
Que les Français musulmans se comportent avec dignité et détachement, c'est bien. Vraiment ! Mais on pourrait aussi rêver d'un monde où les athées auraient la liberté d'expression en terre d'Islam.
Enfin, ce que j'en dis...
Rédigé par : Boris | 23 septembre 2012 à 11:42
Pas d’incidents majeurs suite à « l’affaire des caricatures ». Finalement, à l’humour lourdingue et à la bêtise, les musulmans ont répliqué par l’intelligence et la dignité.
Une leçon à méditer.
Rédigé par : Achille | 23 septembre 2012 à 07:09
Rédigé par : Jean-Dominique | 22 septembre 2012 à 19:47
Oui, moi aussi j'aime beaucoup l'endroit qui fut en outre construit, adossé au jardin des Plantes, dans un des plus beaux quartiers de Paris.
Y ai bu beaucoup de thé à la menthe quand étais étudiant à PVI, y vais souvent dîner avec un ami pour y parler littérature, l'endroit nous inspire.
Joliment réalisé, conçu et placé, un des lieux qui font Paris encore plus ville-monde, comme y sont beaucoup d'autres, chacun avec une forte identité et content d'être illuminé, rehaussé, aussi, par la beauté de ses voisins.
Des identités fortes et fières, qui ne s'énervent pas à la première caricature venue, sûres d'elles et de la noblesse que confère la sérénité.
@zefir
Ok, dont acte, donc tact.
AO
Rédigé par : oursivi | 22 septembre 2012 à 22:39
Le directeur de Charlie Hebdo menacé de mort.
On ne va quand même pas en faire un martyr !
Rédigé par : Achille | 22 septembre 2012 à 22:24
@Laurent Dingli et oursivi
Désolé de ne "répondre" que maintenant mais pas beaucoup de temps en ce moment...
Je prends toujours plaisir à échanger et merci de vos remarques qui m'aident (un peu...) à avoir un avis posé sur ces affaires-là...
Ce n'est simple que pour ceux qui savent...
et qui sont sûrs d'avoir raison...
Mary Preud'homme,
Ne m'en veuillez pas de l'avoir quand même dit...
Rédigé par : Herman | 22 septembre 2012 à 21:30
J'étais ce matin, avec mon fils, à la mosquée de Paris pour la visiter avant d'aller à la ménagerie du Jardin des Plantes. Accueil chaleureux : "Entrez, entrez, la visite est sur la droite", visite bien agréable tant le lieu est calme et doux. Des moineaux se lavent dans les fontaines glougloutantes. Dehors c'est la cohue, les chaînes de télé et les cars de police. Plus bas, le salon de thé de la mosquée est ouvert, c'est un de mes endroits favoris à Paris. Ils voudraient nous faire oublier ces sales cons de salafistes, ils ont honte. On n'en a pas vu la queue d'un.
Rédigé par : Jean-Dominique | 22 septembre 2012 à 19:47
Tant de charlots ; un Charlie fait du bien là où ça fait mal, non ? sissi !
Rédigé par : Cactus | 22 septembre 2012 à 19:24
@ RF
Je viens de regarder le débat entre T. Ramadan et P. de Villiers et effectivement vous avez raison. Avant de demander à P. de Villiers « Dans votre vie, qu’est-ce qui est le plus important : Jésus ou Chirac ?», il avait été question d’un sondage dans lequel 46 % des musulmans de France déclaraient que l’islam était pour eux plus important que la République. L’objectif de T. Ramadan était de démontrer que P. de Villiers n’était pas si différent de ces musulmans. Ma mémoire a dû faire un raccourci. Mea culpa. Mais nous savons tous que P. de Villiers n’a jamais été un grand défenseur du principe de laïcité dont il a une conception toute personnelle. Ca ne l’a pas empêché de faire une longue carrière politique.
@ oursivi
Je trouve que vous extrapolez vraiment sur les « musulmans modérés ». Même si les catégorisations sont souvent trompeuses, j’ai pensé à ma propre famille en décrivant ces musulmans lambda : la maman voilée sans profession qui élève ses enfants, le papa qui va à la mosquée tous les vendredis, les enfants qui étudient pour avoir un métier (y compris les filles). Une famille immigrée musulmane comme il y en a tant.
Rédigé par : zefir | 22 septembre 2012 à 16:33
Rédigé par : catherine A oursivi, je ne suis qu'une femme et une blonde en plus... | 22 septembre 2012 à 09:57
Les blondes sont fort aimables, comme les autres, et point sottes quoi qu'en disent les sots.
N'est-ce point la tragique Jayne Mansfield dont le QI avoisinait - paraît-il - les 160 et dont les talents linguistiques tenaient surtout en ce qu'elle en maîtrisait cinq, de langues...
Elle perdit sottement la tête, mais non de son propre fait, de celui d'un de ceux tapissant couramment leur cabine de ses photos, sa voiture s'encastra (avec une femme pareille, c'eût été du gâchis) sous un poids-lourd chargé d'insecticide, en l'occurrence, de bombicide aussi.
AO
Rédigé par : oursivi@CathApassiCataqueça | 22 septembre 2012 à 16:21
@ zefir
J’extrais ces éléments de votre dernière intervention.
"Ce sont des démocrates qui préfèrent la démocratie à la République et qui pensent que la laïcité n’est pas la panacée. Je les qualifie « d’intégristes musulmans » parce qu’ils sont très conservateurs et refusent la sécularisation. Ils rejoignent les chrétiens pratiquants sur tout ce qui concerne le droit de la famille (divorce, avortement, mariage homosexuel)...
Personnellement, je n’ai toujours pas compris quel niveau de pratique religieuse était considéré comme incompatible avec la République."
Être démocrate est une chose, être républicain français en est une autre. Pour qui pratique les principes qui régissent notre Nation, il convient (ce que beaucoup de Français "de souche" ignorent souvent) de rappeler que le système constitutionnel majeur est la "République", la démocratie n'en étant qu'un moyen d'expression de la volonté du Peuple. Entre principes et moyens, la différence est grande !
Là où je vous comprends, c'est que notre classe politique de droite comme de gauche, sur l'autel de l'Europe et de l'axe transatlantique, a sacrifié nos principes républicains - qui font la singularité de la France - à la notion de démocratie anglo-saxonne.
Et pour qui veut vivre en France, il suffit de les faire siens. A défaut, si on les refuse (et c'est un droit absolu) il n'y a pas lieu de venir y élire domicile pour ensuite se plaindre de leur exigence ou de leur excessive rigueur.
Quant au droit de la famille, notre code civil, les musulmans intégristes se refusent à le reconnaître, se marient devant leur "cadi" et ne se marient pas à la mairie. Or le droit français impose le mariage civil avant le religieux. C'est notamment cette acceptation de la primauté du civil sur le religieux qui a permis l'assimilation "républicaine" de la communauté juive il y a deux siècles.
La République c'est la communauté des citoyens, individus libres et pensants qui en acceptent les principes et la hiérarchie des normes qu'ils imposent.
Quant au niveau de pratique religieuse compatible avec la République c'est très simple : il n'y en a pas car c'est affaire individuelle. Mais ce choix personnel ne doit pas avoir de prétention à s'imposer au reste de la société.
Ainsi, chez les catholiques existe-t-il des communautés religieuses (monastères et couvents) qui n'interfèrent aucunement avec le fonctionnement de notre société. Les religieuses portent librement le voile, mais cela n'est pas signe de soumission à la seule volonté ou primauté masculine, ce que n'est aucunement au plan symbolique le voile islamique, surtout quand il prend la dimension d'une prison comme la burqa ! Et elles acceptent que leurs photographies d'identité soient faites sans voile...
Rédigé par : Robert | 22 septembre 2012 à 16:08
Rédigé par : Mary Preud'homme | 21 septembre 2012 à 23:54
Mary, êtes-vous vraiment une femme ?
Sont des commentaires qui nous interrogent.
Bon, allez, sur cet il supposé, un peu "de cul mais ni isthme" salvateur - j'en ris - dans ce monde de mono brutes intégristes.
N'avez pas dû vous faire embrasser souvent vous, c'est dommage, et même bien triste.
Eh bien moi je vous embrasse, tiens, dussé-je aller en enfer pour avoir embrassé son dragon.
ArOïque
Rédigé par : oursivi | 22 septembre 2012 à 16:01
"...leur discours puisse être entendu en France"
zefir
Si vous parlez de ceux qui sont l'équivalent de Chrétiens rigoristes, alors oui, nous pouvons parfaitement les écouter comme écoutons de Villiers et consorts.
Toutefois je réitère la distinction que j'entends rendre claire concernant ces deux aspects d'un rigorisme incomplètement commun.
L'un s'enracine dans l'Histoire de la France, ses origines judéo-chrétiennes qui se sont montrées - même au prix de chaudes luttes parfois fratricides - compatibles avec une évolution de la perception globale du religieux, l'autre dans une religion qui n'est en rien celle de la nation où elle désire se faire entendre, d'une religion qui a tenté par la force de conquérir ce pays et le continent qui l'abrite et qui a là failli dans sa volonté hégémonique et violemment dominatrice et ce non du fait d'un repentir (ou d'un doute) moral qui l'eût saisie - celui qui poussa la France à quitter l'Algérie alors qu'elle n'avait en rien perdu la bataille militaire, bien au contraire - mais du fait du refus musclé que lui opposèrent mes ancêtres, puis ceux de l'Espagne et du Portugal, entre autres.
La nuance est grande, même si des convergences peuvent être identifiées entre un rigorisme bourgeois et pacifique qu'il soit chrétien ou musulman, rigorisme dont il est fort aisé de parier que s'il n'était encadré par la laïcité celui-là ne les pousserait pas à une convergence mais à un affrontement rude voire cruel comme il y en eut tant par le passé...
L'un des deux s'appuie sur une croyance non en régression mais remisée dans la sphère privée où elle a su trouver sa place, l'autre sur une religion qui n'a jamais réussi à accoucher de cela et qui a des visées religieuses "expansionnistes" qui vont clairement bousculer des équilibres finement et longuement élaborés loin d'elle, produisant très probablement un rejet brutal à court ou moyen terme, la vivacité du débat ouvert ici en est un exemple.
"Personnellement, je n’ai toujours pas compris quel niveau de pratique religieuse était considéré comme incompatible avec la République."
zefir
Bonne question.
J'y répondrai très partiellement en notant d'abord pour clarifier les ressentis réciproques que ce que vous appelez "modérés".
"Les musulmans modérés sont ceux qui essayent de remplir les cinq piliers de l’islam et qui portent les signes distinctifs de leur religion (les maris vont à la mosquée les vendredis, les femmes sont sans profession et portent le voile)."
zefir
n'est déjà pas perçu comme modéré pour la majorité des laïques dont je suis, pas pour le respect de cinq piliers qui n'est en rien incompatible avec la laïcité dans la mesure où c'est un engagement personnel dont le croyant s'impose à lui-même le respect et qui, donc, ne concerne que lui. Est déjà beaucoup plus délicat à mes yeux d'Occidental pur sucre de lire que la femme "n'a pas de profession et porte le voile", parce que là ce n'est plus une ascèse personnelle dont il s'agit, c'est une imposition sociale autant patriarcale que religieuse. Cela ne vient pas naturellement à une femme de se dire qu'elle ne pourra pas exercer ses talents ni laisser ses cheveux prendre le vent, mais que c'est écrit et que certains hommes lui imposent le contraire de ses intuitions...
Pour moi et l'énorme majorité de mes semblables, cela ne relève déjà plus d'une quelconque modération, et voilà qui nous inquiète un peu plus avant quant à ce que peuvent être vos immodérés... votre fin de commentaire infirmant ses propres prolégomènes qui affirmaient un parallèle possible entre Chrétien rigoriste et Musulman rigoriste.
Même notre délicieux Xavier Nebout (ou un équivalent qui en aurait eu si lui n'en a pas) doit avoir laissé ses filles étudier et devenir ce que bon leur semblait.
Encore une sacrée nuance, voire même une nuance à nous sacrée.
D'ailleurs... vous qui semblez à la fois femme instruite et capable d'argumenter dans une bonne langue, êtes-vous de ces femmes qui selon le précepte rigoriste, acceptent d'être sans profession, qui considèrent dans une parfaite soumission que leurs talents ne pourraient être utiles en dehors du rabougri cadre familial ?
Infirmière, médecin, juriste, conductrice ou pilote, enseignante, pompier femme, responsable de magasin (l'écrivant, je réalise que sur les marchés dont celui près de chez moi, tous les étals tenus par des Maghrébins ne le sont que par des hommes... où comment penser chemin ou ligne faisant), gardienne d'immeuble, de prison, d'enfant, de la paix et de tout ce qui se garde, c'est pas une vie pour une femme de musulman rigoriste ?
Pas de quoi s'étonner que vous en soyez où vous en êtes.
AO
Rédigé par : oursivi | 22 septembre 2012 à 15:36
@ oursivi
A ma connaissance les musulmans intégristes et respectueux de la République et de ses lois dont je parlais n’ont pas posé de bombes dans les métros. Ce sont généralement des gens éduqués qui font partie de la classe moyenne (haute et basse), qui ont grandi en France et qui sont très contents d’y vivre. Ils connaissent très bien leur religion et ont un avis sur les différents concepts (démocratie, république, laïcité, sécularisation, etc.) dont on parle dans ce billet. Ce sont des démocrates qui préfèrent la démocratie à la République et qui pensent que la laïcité n’est pas la panacée. Je les qualifie « d’intégristes musulmans » parce qu’ils sont très conservateurs et refusent la sécularisation. Ils rejoignent les chrétiens pratiquants sur tout ce qui concerne le droit de la famille (divorce, avortement, mariage homosexuel). Même s’ils sont parfaitement compatibles avec la République française je ne pense pas que leur discours puisse être entendu en France où pourtant la parole de provocateurs vulgaires comme les dessinateurs de Charlie Hebdo est défendue avec vigueur.
Je voudrais ajouter qu’il y a une confusion en France entre les musulmans modérés et les musulmans culturels. Les musulmans culturels sont soit athées soit croyants mais totalement sécularisés et très peu pratiquants. Je pense qu’ils constituent la majorité des musulmans de France. Les musulmans modérés sont ceux qui essayent de remplir les cinq piliers de l’islam et qui portent les signes distinctifs de leur religion (les maris vont à la mosquée les vendredis, les femmes sont sans profession et portent le voile). Ils font le ramadan, mangent halal, célèbrent toutes les fêtes religieuses). Ils n’ont aucune revendication (horaires aménagés dans les piscines, sexe du médecin, ils sont ok avec la république et la laïcité et se fichent des concepts). Ces gens étaient très heureux de vivre en France avant que les gouvernements successifs décident de séculariser de force les musulmans pratiquants (les lois sur le voile des nounous et des mamans accompagnatrices). A mon avis, c’est bien parce qu’on enquiquine des gens sans problème que la masse des musulmans reste silencieuse quand il s’agit de condamner l’extrémisme religieux. Personnellement, je n’ai toujours pas compris quel niveau de pratique religieuse était considéré comme incompatible avec la République.
Rédigé par : zefir | 22 septembre 2012 à 11:40