Jacques Julliard a publié une somme sur "Les Gauches françaises", que je n'ai pas encore lue.
Ce n'est pas trop grave dans la mesure où l'auteur a bénéficié pour son livre d'une couverture exceptionnelle et apparemment méritée, tant les éloges sont nombreux et les critiques rares et jamais acerbes. Je n'ose penser que ce quasi unanimisme puisse être dû au corporatisme des journalistes et à la solidarité agissante des médias pour l'un des leurs au demeurant respecté.
Donc, comme Jacques Julliard s'est beaucoup exprimé sur son ouvrage, il n'est pas impudent de se servir de ses réflexions et de ses commentaires pour modestement se glisser dans le débat entre la droite et la gauche. Sans prétendre apporter autre chose qu'une mince pierre à l'édifice historique et politique élaboré par Julliard.
La gauche existe. Et la droite. Il n'est pas vain de le rappeler puisqu'il a été de bon ton, durant quelques années, en même temps que la politique perdait du crédit, de soutenir que ces deux visions n'en faisaient qu'une et qu'un vaste champ indifférencié s'ouvrait devant les responsables publics de tous bords.
La droite et la gauche ont chacune leurs symboles, leurs convictions, leurs préjugés, leur intolérance.
Alain n'avait pas tort de dire de droite, forcément, un citoyen niant leurs différences. Comme si le refus de donner sa place à l'idéologie et à la conception sociale vous qualifiait immédiatement de conservateur. Peut-être, en effet, le pragmatisme, avec un refus obstiné de théoriser, est-il une caractéristique de la droite ? Celle-ci manifeste assez volontiers une répugnance devant le concept et préfère s'en tenir à l'opératoire. Elle serait efficace quand la gauche serait rêveuse, en quelque sorte lunaire. Là où l'une empoignerait le réel, l'autre l'observerait en se demandant quoi faire. De lui et sur lui.
Une telle approche est caricaturale. Pourtant, le lien avec la réalité est un marqueur fort pour l'identité de la droite et de la gauche. Il semble qu'à force d'avoir lu ou entendu ces banalités, on a fini par oublier qu'elles étaient pertinentes pour chercher, ailleurs, d'improbables antagonismes.
La droite écoute tellement le réel, elle a tellement l'esprit et l'énergie sur lui qu'elle est quasiment absorbée par sa puissance, sa plénitude, la force inerte de son existence. Ne sachant mettre aucune distance entre lui et elle, si fière d'un réalisme qui se dégrade trop souvent en aveuglement, elle avance dans le maquis des choses et de la société sans voir. Elle ne cesse de se cogner quand il conviendrait certes de tenir, de soupeser mais aussi de prendre de la hauteur. Pour la droite, la réalité est une prison. Elle s'y enferme avec bonheur car sa démarche toute d'empirisme trouve, dans cette autarcie murée, mille justifications pour ne pas s'encombrer de valeurs, de principes et de lumières.
Pour la gauche au contraire, le réel est un repoussoir. Ce sur quoi se brisent les illusions, les rêves et les espérances. Elle préfère garder au chaud celles-ci plutôt qu'accueillir la dure loi de l'étant, de l'existant. La réalité, dont elle traite si volontiers, parce que misérable, elle nourrit les discours et attendrit les coeurs, n'est jamais la bienvenue. L'humanisme de la gauche mérite moins alors d'être félicité que blâmé puisqu'il se fonde sur un oubli: le monde est passé à la trappe.
Droite et gauche, conscientes de leur faiblesse, s'agitent et tentent de donner le change : la première s'essaie à la vertu et à l'idéal et la seconde aux responsabilités et à la lucidité. Mais le hiatus demeure énorme entre la fatalité de leur être et leurs efforts pour se muer en d'inconcevables entités. Profondément, elles s'aiment comme elles sont, pétrie de glaise pour l'une et d'imagination pour l'autre, et elles n'ignorent pas que les citoyens, presque également partagés, aspirent à une droite encore plus entêtée dans le réalisme et à une gauche de plus en plus ancrée dans les songes.
Comme la droite ne peut pas vraiment considérer le réel puisqu'elle est plongée dedans, ce dernier dispose forcément d'une légitimité, d'une validité et d'une opacité qui ne permettent pas autre chose qu'une politique sans états d'âme et sans émotion. Le réel n'est pas injuste, il est. Le bouleverser serait, dans le même mouvement, ruiner le monde de la droite qui a partie liée avec lui. Pas seulement avec ses privilèges mais avec l'évidence de sa pesanteur qui bouche toutes les issues d'air.
Jacques Julliard, déclarant que "si la gauche renonce au social, elle court au suicide" (Le Figaro), met l'accent sur le fait qu'éloignée de la réalité parce que celle-ci est un brise-coeur, la gauche est naturellement, inéluctablement portée à prétendre non pas régir ce qui est mais à le subvertir par principe. Certes nous n'en sommes plus, avec les socialistes français, à une volonté acharnée de rupture et de révolution mais aussi peu compatibles que soient François Hollande et Jean-Luc Mélenchon, il y a tout de même, chez les deux, la certitude que le monde comme il se montre ne va pas.
La gauche a des fourmis dans l'esprit quand la droite, dans l'action, en a dans les jambes. On a admis longtemps que les larmes étaient à gauche et la lucidité à droite. La gauche, aussi, a été perçue comme la mauvaise conscience de la droite, elle venait mettre dans la tête de cette dernière des remords, des regrets suspects, des compassions gênantes.
Aujourd'hui, ces clichés ont vécu. Le paradoxe est que le réel contraint à des similitudes, qu'à force, même la gauche est lentement condamnée à pactiser avec lui, que le pragmatisme devient quasiment un processus obligatoire mais que pourtant droite et gauche se campent comme elles peuvent dans leur singularité. Elles s'y accrochent d'autant plus que ces lambeaux d'identité et de particularisme, pour chacune, risquent d'être les derniers devant l'implacable rouleau compresseur d'un monde qui semble n'avoir pour but que de persuader les idées de leur inanité devant les irrésistibles et insoutenables réalités de toutes sortes qu'il charrie.
Peut-être qu'aujourd'hui, les larmes et l'impuissance sont partout ?
@ Jean-Dominique
Entre bosser pour une banque qui achète d'un côté pour vendre de l'autre ou fabriquer une voiture qui rend le même service que l'ancienne mise artificiellement à pourrir à la décharge...
Une martingale qui pond de l'or en dépouillant une autre banque, c'est plus sexy que l'obsolescence programmée de votre imprimante, non ?
Rédigé par : Alex paulista | 20 octobre 2012 à 01:49
@JDR
Excusez moi si j'interviens, entre @vous et @M.Nebout, s'agissant de l'appréciation que vous instiguez, s'agissant de Mme Merkel (@ !).
Je crois que vous faites ainsi grand cas de la vertu qui serait en les investisseurs d'Allemagne, savoir par eux être complet d'investir, ensuite étant justifiés de manifester leur probante intention capitalistique, suivant le minimum de vertu qui s'entraînerait par la stricte obédience du capitalisme rhénan.
Ainsi recevoir quelques îles grecques en retour ne serait que simple observance.
Il faut quand même se pincer !
L'intention probante ne prouve malheureusement pas plus que pas grand-chose, à moins que fasse preuve la réalisation de l'intention.
Je ne crois pas avoir connu plus stricte nécessité, sinon depuis les vendeurs d'Allemagne, d'avoir à s'asservir pour preuve d'asservissement mutuel, par leurs propositions grâce aux produits d'Allemagne.
Il y a quand même un biais qui prouve que tout cela ne tient pas..., si tenait le capitalisme rhénan...
Par exemple, depuis huit mois je ne fais plus mes courses en Allemagne, étant frontalier et quand bien même faire mes courses là-bas me reviendrait bien moins cher !
L'ambiance en Allemagne, c'est plus ce que c'était...
Qu'y a-t-il sur l'os ?
Du côté de la régulation, il faut faire plutôt confiance à la France, c'est une Nation très apaisée, bien plus que je l'imagine, on l'imagine seulement vaguement...
C'est cette affaire, très politique, qui ici renvoie, et c'est attente, l'affaire économique en simples dogmatises.
Rédigé par : zenblabla | 19 octobre 2012 à 22:23
Herman,
Lisez ma réponse à Jean-Dominique.
Sur ce, bonne nuit à vous deux.
Rédigé par : RF | 18 octobre 2012 à 02:09
Xavier Nebout, les entreprises dont ne veulent pas les financiers rapportent mais pas assez pour eux. Et c'est intéressant de s'interroger : pourquoi ?
Avant la financiarisation de l'économie, le capital allait à la production, on escomptait 4% et on était content. Les plus chanceux tombaient dans le pétrole à 10% mais il n'y avait pas de place pour tout le monde. La révolution industrielle, les Trente Glorieuses se sont construites sur ces bases saines du capitalisme.
Puis vint la déréglementation reaganienne. Le marché financier a vu ses capacités d'autoproduction croître sans limite. Zéro risque industriel, pas d'investissement lourd, pas d'amortissement long, effet de levier des profits.
Une industrie financière s'est mise en place, distincte de l'industrie réelle. On a ainsi lancé des produits financiers comme on lance une nouvelle voiture sur le marché. On a titrisé tout et n'importe quoi : le risque du risque, la spéculation sur la spéculation, du vent, des sentiments, rien de rationnel. Tout cela ficelé par des mathématiciens heureux qu'enfin leur discipline abstraite puisse trouver à s'appliquer dans le réel.
Mais cette industrie est elle-même gourmande. Il faut des traders, des analystes, des intermédiaires et il faut les payer cher, très cher. Des dizaines de milliers de salaires ou de commissions énormes ajoutés aux structures des organisations. Au final, il y a le porteur, l'épargnant qui veut ses 4%. On rajoute donc au pot le train de vie de l'industrie financière pour parvenir à dégager ce rendement. Voilà pourquoi il faut désormais tabler sur 10%. Je passe sur le rôle schizophrène des fonds de pensions américains dans ce mécanisme : pour payer les retraites de vieux ouvriers, il fallait investir dans les entreprises qui fichaient dehors les ouvriers actifs.
Vous serez d'accord avec moi que c'est une trahison du capitalisme dans son essence-même. L'industrie n'est plus considérée comme le moteur principal du profit mais comme l'aspirateur de base pour alimenter en matière première - l'argent - l'industrie financière qui génère ses propres profits plus juteux.
L'Allemagne de Mme Merkel a choisi en 2010, temporairement, d'interdire certains produits financiers sur ses places boursières. C'est une première. Obama s'y essaye. Rien en France, nous ne sommes pas leader en la matière. Londres refusera toujours. Il faut souhaiter que ce mouvement se poursuive, d'interdire progressivement tous les produits dérivés comme on interdit un produit toxique. Seule la disparition de ces produits dérivés contraindra les investisseurs à revenir vers ce qui n'aurait jamais dû cesser d'être la destination de l'investissement : l'industrie.
Ceci est le propos d'un homme de gauche. Est-ce pour autant une ignominie ?
Rédigé par : Jean-Dominique @ Xavier Nebout | 18 octobre 2012 à 00:11
Mais enfin!
Qui donc, de droite ou de gauche peut-il "réellement" comprendre le réel ?
La droite, de tous temps mais bien plus aujourd'hui, souffre du manque d'intelligence du réel.
Cela fait bien trop longtemps qu'elle l'envisage... histoire de le dire comme s'il valait en vérité, voire en vérités.
C'est un petit peu comme le paysage : on le décrit comme naturel..., mais on oublie qu'on l'a fabriqué..., et qu'on ne pourra plus le fabriquer semblable !
Un minimum d'idéologie s'impose, même si, des "idées", il y en a plein les caniveaux !
Que la droite, si elle est du côté des investisseurs, sachent investir dans n'importe quoi qui "à la limite", la dépasserait !
Rédigé par : zenblabla | 17 octobre 2012 à 23:16
"RF, coupez-vous la main gauche, malheureux !" JDR
Excellent... et très juste !
Rédigé par : Herman | 17 octobre 2012 à 17:12
scoubab00,
Bah oui ! A chacun sa préférence. La mienne, c'est l'idéal de droite... Que voulez-vous nul n'est pas parfait.
Du reste, ai-je dit que Chirac avait conduit une politique de droite ?
Sarkozy a été bien plus droitier, mais il a été entravé par tous ces frondeurs* éternels qui se nourrissent de ce que leur apporte la collectivité.
Ah oui, elle est belle la France.
150 000 fonctionnaires en moins en 5 ans, et tout le monde descend dans la rue.
La mise en oeuvre d'une réforme des retraites pourtant vitale ?
Tout le monde descend dans la rue.
*pour rester poli. Je voulais écrire gu..lards
-----------
Jean-Dominique,
Vous êtes intelligent et vous aviez compris mon allégorie. Je vous répondrai donc au sens propre comme au figuré : votre suggestion, très peu pour moi. Je ne suis pas un bourreau et pour garder mon équilibre j'ai besoin de tout mon corps, même si je suis droitier.
Rédigé par : RF | 17 octobre 2012 à 12:20
Pietri S,
Je crois que le vrai problème de ce gouvernement est l'état d'esprit. Chacun veut se démarquer. Pour montrer qu'il est le meilleur ?
Pas forcément, je vois plutôt en toile de fond de ce comportement l'esprit sans cesse frondeur de gauche. L'esprit de la révolution permanente souffle sur nos têtes exécutives. Cet esprit selon lequel on remet sans cesse tout en cause. D'où la capacité de se contredire soi-même tous les quatre matins, et l'impression de cacophonie et de surplace.
La solidarité gouvernementale, la parole du président et celle du Premier ministre sont des choses sacrées lorsqu'on est ministre.
Un ministre digne de ce nom ne devrait s'exprimer que sur son portefeuille. Et rien d'autre.
Il y a un ministre qui a réalisé un sans faute jusqu'à maintenant, c'est Manuel Valls. Parce qu'il est intelligent. Parce qu'il est responsable et consciencieux. Il a pleinement conscience de sa charge et ça, c'est vraiment appréciable et rassurant. Rassurant parce que gage de stabilité.
Les autres ne me rassurent pas du tout, mais alors pas du tout.
Rédigé par : RF | 16 octobre 2012 à 23:12
RF, coupez-vous la main gauche, malheureux !
Rédigé par : Jean-Dominique @ RF | 16 octobre 2012 à 22:39
Quand je regarde ma main gauche, je vois qu'elle est le symétrique inverse de ma main droite.
Elle peut vous sauter à la gorge à tout moment. Un conseil, RF : coupez-la !
La droite, c'est un Etat réduit qui laisse s'exprimer la liberté d'entreprendre.
Où ça ? En France ??? La droite sous Chirac puis Sarkozy et l'organisation de son Etat a été aussi pachydermique que les socialistes dans les années 80 et 90. La Droite telle que vous l'appelez de vos voeux est plus qu'estimable mais avouez qu'il y a loin de la coupe aux lèvres. Qu'il est bon de se gargariser au lexical. Et c'est même moins cher qu'un médicament générique.
Rédigé par : scoubab00 à RF | 16 octobre 2012 à 20:46
@ Solange
Madame, quand on est citoyenne d'un pays comme le vôtre où l'ombre de la sécession rôde, un pays qui n'est pas fichu de parler la même langue, on doit, à mon avis, s'abstenir de critiquer les hommes politiques d'autres pays et être désobligeante comme vous l'avez été à l'endroit du Président Sarkozy. Vous respecterez ainsi, sinon l'homme, au moins la moitié des Français. Le cousinage ne permet pas tout ! En résumé, occupez-vous de vos salades !
Cordialement
Rédigé par : adamastor | 16 octobre 2012 à 20:09
@JD Reffait
Christian Saint Etienne, et autres économistes dont Pascal Lamy, ne sont même pas fichus de nous faire votre brillante démonstration. Comme des benêts, ils attendent que les entreprises soient déchargées des charges sociales en n’osant plus que ce soit sur la TVA, et que le droit du licenciement soit libéré. Vite ! Ecrivez-leur, ils ne comprennent rien, les pauvres.
Quant à ces salauds de financiers qui ne veulent pas investir dans des entreprises qui ne rapportent pas, mais qu’on parachute donc le 2ème REP sur Genève et qu’on passe ses banquiers à la gégène !
Moins drôle, un client me disait hier que le dernier site de postproduction allait fermer en France. Deux ou trois cents emplois qui dégagent. La postproduction, maintenant, c’est à Londres. Effectivement, ce n’est pas essentiellement à cause du coût du travail, tant les salaires sont de loin plus élevés en Angleterre, c’est une question d’état d’esprit.
Là-bas, on met une pièce dans une boîte et on prend un journal. En France, il ne faudrait pas une demi-journée pour que tout disparaisse sous le ricanement des passants bien politiquement corrects. Votre France de gauche, le monde des affaires ne la supporte plus. On se barre si l'on peut en lui faisant un bras d'honneur.
Rédigé par : Xavier NEBOUT@JDR | 16 octobre 2012 à 18:00
Que de lyrisme sur ce sujet endémique, lyrisme dont je suis bien incapable, mais que je prends un réel plaisir à lire. Mille mercis à Philippe Bilger et à tous ces rédacteurs talentueux.
Différence entre la Droite et la Gauche, l'une qui amasse avidement et l'autre qui distribue, concept bien court je vous l'accorde bien volontiers.... :
mais le Gouvernement de Gauche, celui du Président Hollande nous avons pu le voir, l'entendre et l'apprécier LOL, à midi sur Canal :
- Sur les matinales de ce mardi, cinq ministres étaient invités sur toutes les radios, à des horaires identiques !
- Aucun ne disait rigoureusement la même chose sur le même sujet ; sous le gouvernement Ayrault tout élément de langage cher à l'équipe Sarkozy a été abandonné ce qui pourrait être reposant, à condition qu'il ne laisse pas place à des contradictions... inédites.
La solidarité gouvernementale est peut-être dans la forme, le comportement, pas dans le fond, les propos tenus. A ce rythme ils adopteront bientôt un uniforme...
- La pire contradiction entre toutes, a été celle de Harlem Désir, le futur secrétaire général du PS ni élu mais désigné, qui quasiment en même temps, sur deux radios différentes, disaient l'opposé de ce que rappelait le Premier ministre.
Alors que le Premier ministre affirmait que le Gouvernement tout entier était pour la non dépénalisation du cannabis, H. Désir sur une autre radio affirmait que le cannabis devait être dépénalisé.
... j'ai sans doute oublié que H. Désir ne faisait pas partie du Gouvernement Ayrault... et qu'il n'était pas soumis à la solidarité gouvernementale.
Y a-t-il encore un pilote dans l'avion France, le temps ne serait-il pas venu pour le Président Hollande de remanier son Gouvernement en profondeur, de changer de Premier ministre dont l'autorité et le charisme ne semblent atteindre les ministres, de former un Gouvernement restreint de 15 ministères avec des ministres des personnalités compétentes au lieu des 38 actuelles, de former un Gouvernement de combat pour tenter de juguler la crise, on ne part pas au combat avec des bleus, tout plein mignons, qui ont du lait qui leur sort des narines quand on leur appuie sur le nez (traduction libre d'un dicton allemand) ou qui sont
encore verts derrière les oreilles.
Rédigé par : Pietri S | 16 octobre 2012 à 15:06
Cet article comporte un contresens sur la notion de "droite", assimilée au pragmatisme et limitée à la gestion du réel; alors que le libéralisme est bien une théorie , ayant eu ses concepteurs et ses penseurs (Adam Smith, Hayek, etc.) qui luttent contre les tendances monopolistiques et protectionnistes spontanées du capitalisme en combattant tout ce qui peut entraver la loi du marché et la concurrence libre et non faussée, érigée en idéal à atteindre : ententes, protectionnisme, monopoles, interventionnisme étatique, réseaux d’influence, etc. ; il impose donc des règles et des interdictions au capitalisme, c’est un système théorisé et dont l'application comporte une forte base juridique (lois antitrusts, etc.)
Rédigé par : Elie Arié | 16 octobre 2012 à 14:42
Jean-Dominique Reffait,
"La gauche, je ne sais pas ce que c'est politiquement parlant."
Je vais vous aider à répondre à cette question en vous parlant de la droite.
La droite, c'est des valeurs intangibles, c'est le respect de la loi et des traditions qui ont un sens historique (mariage par exemple).
La droite, c'est la promotion de l'excellence. La droite cherche à faire grandir l'humain, elle cherche à épanouir les talents de chaque être suivant son potentiel.
La droite, c'est un Etat réduit qui laisse s'exprimer la liberté d'entreprendre.
La droite, c'est un ensemble de bipèdes les pieds sur Terre et la tête sur les épaules. On appelle cela le bon sens.
Quand je regarde ma main gauche, je vois qu'elle est le symétrique inverse de ma main droite.
Rédigé par : RF | 16 octobre 2012 à 10:08
Oh Sbriglia, s'il y a bien quelqu'un qui ne s'est pas intoxiqué à Marx, c'est bien moi ! J'aime le Marx de la Philosophie Allemande, un vrai penseur allemand dans la lignée de Kant et de Hegel. Le Marx politique est insupportable de mauvaise foi. Il a anéanti les autres courants socialistes au point de réduire le socialisme au marxisme. Je revendique le socialisme français, celui de Saint-Simon, de Proudhon et de Fourier.
Ma formule est raccourcie, elle répond à l'inénarrable Nebout qui mérite bien qu'on outrepasse un brin les limites de l'honnêteté intellectuelle, non ? Mais elle me paraît juste : il y a une insupportable injustice dans la répartition des richesses entre travail et financiarisation. Des millions d'asiatiques ou de sud-américains bossent jour et nuit pour produire au profit des seuls dividendes exorbitants exigés par le marché financier. Lorsque Madame Parisot exige un choc de compétitivité, je ne l'entends pas réclamer une baisse des exigences de rentabilité des financiers. Aujourd'hui, une entreprise qui investit ses fonds propres - de plus en plus rares - table sur une rendement de 4%. Pour une entreprise détenue par des institutions financières, l'exigence passe à 10%. Si on se demande pourquoi la France se désindustrialise, on peut accuser le coût du travail. Mais c'est illusoire : pour attirer un investisseur dans l'industrie et passer d'un rendement normal de 4% à 10%, le coût du travail doit baisser au niveau chinois, c'est impensable. Le vrai problème est que rien ne freine la goinfrerie financière qui refuse d'investir dans l'industrie moyenne en Europe quel que soit le coût du travail. Vous pourrez le baisser autant que vous le voulez, le rendement industriel sera toujours moins intéressant que le rendement financier ou, à défaut, des activités de services. Il y a là un frein considérable à la compétitivité industrielle.
Ce qui me permet de rebondir sur Scoubab00, en tout bien tout honneur ! Ce que vous exprimez a du sens et je ne m'enferme pas dans un modèle de redistribution. Le rôle de la gauche, vous avez raison, est de construire un nouveau modèle de redistribution qui soit cohérent avec les réalités économiques actuelles. Mais il y a une arithmétique dont on ne peut faire abstraction : quand vous donnez plus aux uns, vous donnez moins aux autres. De quelque façon que vous le fassiez, et il faut de l'imagination pour créer du neuf, on en reviendra toujours là. J'ai justement dit, dans mon premier commentaire, que la gauche post-marxiste était à inventer, qu'elle n'existait pas encore.
Je termine par mon Xavier Nebout qui m'inspire toujours !
"Chercher à discréditer la personne au lieu de répondre à ses idées, c'est l’indéfectible tare de l'intello de gauche"
Ah, parce que vous développez des idées ? Elles sont bien planquées derrière vos torrents d'injures ! Vous insultez en permanence, vous êtes dans le discrédit continuel, c'en est comique ! Vous êtes un intello de gauche redoutable !
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 16 octobre 2012 à 02:34
"Ah JDR, les "fourmis dans l'esprit" que notre hôte croit devoir déceler à gauche (j'aurais plutôt évoqué les cigales, mais bon)" sbriglia
Ne confondriez-vous pas l'esprit et les jambes cher sbriglia ?
Rédigé par : Herman Kerhost | 16 octobre 2012 à 01:48
Vous avez un bien curieux prisme pour décoder le rapport au réel de nos politiques. Il est naturel que ce prisme ne donne pas une image fidèle de ce que vous regardez, mais vous devriez vous en apercevoir.
C'est cependant sans aucune gravité, puisque quelle que soit la réalité, il se trouvera toujours deux (au moins) points de vue qui la décriront de façon divergente.
Non, ce qui est grave, c'est lorsque les points de vue se confondent dans la pratique au nom du "réalisme". Le renoncement de la volonté et de l'esprit se drapera toujours dans le manteau de la "raison". Une "raison" à la A. Minc, cela va sans dire, qui n'est rien d'autre qu'une croyance.
Rédigé par : Hermione | 16 octobre 2012 à 01:47
Il est assez naturel qu'un ouvrage sur les gauches françaises irrite ou suscite des émotions esthétiques. En effet, il y a une partie de la population qui croit sincèrement que cela existe, la gauche, comme lieu de pensée, d'unité de sentiment. Si on se rapproche de l'histoire courante, on constate que la gauche, en Europe, n'a pas un rôle bien différent de la droite, mais qu'elle le joue avec des personnages différents : jamais personne ne croira que M.Fabius est de gauche, il a choisi un camp et a la fidélité de s'y tenir, ce qui n'est pas le cas de tous. Staline était de gauche ou je me trompe et il a bel et bien incarné en France l'idéal de la gauche communiste et la lâcheté de la gauche socialiste ainsi associés au plus grand criminel de l'histoire contemporaine. Certain grand dirigeant socialiste a une feuille cadastrale bien remplie, et ne parlons pas bien sûr des artistes et autres histrions qui vont à gauche comme des journalistes parce que ce n'est pas dangereux et que ça peut rapporter gros. Quand M. Giscard a fait adopter le rapprochement familial, il n'a pas manifesté une sensibilité de la droite réputée telle. Le rêve et le pragmatisme ne sont pas à opposer puisque les gens de gauche sont très pragmatiques pour les avantages et que les gens de droite rêvent de faire ce que la gauche n'arrive pas à concevoir. La cagnotte des sénateurs, elle est de gauche ou de droite ? Elle est de la mangeoire bien garnie de tous les partis. Quand on pense à un Guérini socialiste, c'est à mourir de rire.
Dans ces conditions, on peut toujours théoriser, mais que font les hommes ? Au quotidien ? Ils sont terrassés par le pouvoir, la gauche engage des guerres, les perd, la gauche fait tirer sur la foule, sur les ouvriers, la droite ne s'en offusque pas tellement, tant les erreurs de l'un engendrent la venue au pouvoir de l'autre.
J'ai une grande admiration pour Poutine, c'est un type abominable, un monstre de cruauté et de manipulation mais il a une pensée unique : la stabilité de l'empire russe. De la même façon, j'admire Colbert, affreux, méchant, vicieux mais n'ayant qu'un but : la grandeur du royaume de France. L'ennui, avec nos dirigeants actuels, c'est que ce sont des foutriquets. Des gens intelligents, mais sans envergure, ou englués dans un consensus tiédasse dont ils n'osent pas sortir et qui leur assure une vie confortable, du style de l'énarchie goguenarde et sans grands risques et la France ne les préoccupe pas tellement ; ils préfèrent la gestion quotidienne du train-train démocratique.
Malheureusement, ceci ne débouche sur aucune solution, aucune alternative, donc est parfaitement inutile, comme la gauche... ou la droite.
Rédigé par : JMT | 16 octobre 2012 à 01:39
La gauche, pleine de rêves ? Ca se saurait, voyons ! En tout cas je remercie mon cher ministre de l'Education nationale de me faire halluciner... sans que je fume !
Voilà-t-y pas qu'il s'exprime en faveur d'un débat sur la dépénalisation du cannabis. Alors que le président avait clos la question il y a quelque temps déjà.
Duflot sort par la porte, et Peillon revient par la fenêtre ?
Mais c'est à mourir de rire ce quinquennat.
Il ne se passe pas un jour sans un sketch.
C'est Benny Hill aux manettes ou quoi ?
Monsieur Bilger, vous avez manqué de dire que la gauche avait aussi une vertu psychotrope.
Allez chiche, dépénalisons le cannabis, taxons-le comme la bière, donnons des cours de fumette dès l'école primaire.
Allez, c'est la fête du slip, tous à poil, fumons et conduisons bourrés ! Au diable la pénalisation !
Le droit, c'est pour la droite !
A gauche on chique le shit.
Abrogeons toutes les lois, plus besoin d'Intérieur ni de Justice. On économisera des milliers de fonctionnaires d'un coup.
Supprimons l'armée aussi. Elle coûte cher et ne sert à rien. Au revoir les champignons atomiques et bonjour les hallucinogènes. Miam !
Oh ?! Je vois des étoiles...
...et un éléphant rose qui vole et qui me dit "bonjour". Je lui réponds "bonjour Jack, tu parles ma Lang ?"
!!!!!! Wahoo kel kif !!!!!!
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Et moi qui fais mon sérieux avec ma méthode syllabique (cf billet précédent). Serais-je un extraterrestre ?
Pincez-moi, je rêve (et pourtant je ne suis pas de gauche).
Rédigé par : RF | 16 octobre 2012 à 00:35
Gauche-droite, quelle importance !
La volonté populaire, fondement de la démocratie peut-elle encore s’exprimer librement ?
Librement cela veut dire sans la contrainte sournoise d’une bureaucratie non élue, je veux dire la bureaucratie de l’U.E.
La vice-présidente de la Commission Viviane Reding participait lundi à un débat sur les orientations budgétaires européennes à l'Assemblée nationale. Une première, symbole du rôle croissant de l'Europe dans les discussions françaises.
Et voilà que le budget français est contrôlé par une technocrate non élue par le peuple français. Cette femme n’a aucun mandat électif. De quel droit participe-t-elle à cette préparation du budget ?
En démocratie, l’impôt relève du peuple. Que le budget sorte du contrôle populaire et c’est la démocratie qui recule. C’est même la définition de la démocratie, le budget et l’impôt relèvent de la seule volonté populaire au travers de ses représentants.
Nous sommes devenus pas même un land de l'U.E., puisque dans un Land, l’impôt relève de la volonté populaire, moins que ça, un protectorat soumis à une autorité extérieure sans légitimité populaire.
Alors gauche ou droite, quelle importance !!!
Rédigé par : Tipaza | 15 octobre 2012 à 23:13
Scoubab00
Louis XVI n'a eu cesse de se soucier de la misère du peuple et de se battre contre la grande noblesse. Il n'y a pas été habile, et c'est finalement la gauche caviar qui a eu sa peau.
Jacques Cathelineau n'était qu'un modeste colporteur, et Henri de La Rochejaquelein était de petite noblesse.
Le Maréchal, l'histoire rendra hommage un jour à celui qui était trop grand pour les Français ainsi que le laissera un jour échapper de Gaulle.
Oui, l'histoire rendra un jour hommage à cet homme.
Rédigé par : Xavier NEBOUT@Scoubab | 15 octobre 2012 à 18:53
@Jean-Dominique Reffait
Chercher à discréditer la personne au lieu de répondre à ses idées, c'est l’indéfectible tare de l'intello de gauche : j'ai posé la question de savoir si l'on devait, dans le souhait de répartir les richesses, le faire selon les mérites et les nécessités.
Votre réponse : je ferais partie du monde de la spéculation boursière qui vit sur la misère du peuple ! Mais ai-je dit un jour un mot qui laisse entendre cela ? Vous devriez d'ailleurs vous douter qu'avec mon sens du compromis, il me serait difficile de faire fortune.
Pour cela, j'aurais choisi de faire carrière chez les FM.
Quant aux Africains, il est très généreux de de votre part de les recevoir. Combien en hébergez-vous personnellement ?
Rédigé par : Xavier NEBOUT@JDR | 15 octobre 2012 à 18:35
Il s'agit bien pour un Etat d'assurer la prospérité de sa population. Soit en facilitant la création de richesse soit en redistribuant pour aider les plus démunis.
Mais après ce postulat de base, comment dans un pays qui possède une bonne administration pour lever les impôts, empêcher que des minorités agissantes utilisent les structures à leurs profits, via les taxes et redevances spécifiques ou exonérations adéquates, etc.
La gauche, la droite s'invectivent sur le niveau de richesse des gens sans voir que l'Europe s'épuise à payer son énergie à de trop petits Etats pour assurer un fonctionnement économique global acceptable.
Notre génération est vraiment à côté de la plaque.
Rédigé par : Perplexe-gb | 15 octobre 2012 à 18:14
"Le travailleur infatigable est rémunéré une misère tandis que le rentier chanceux roupille sur ses spéculations boursières."
Ah JDR, les "fourmis dans l'esprit" que notre hôte croit devoir déceler à gauche (j'aurais plutôt évoqué les cigales, mais bon) sont plutôt, sous votre plume, des fossiles surannés (redondance voulue) !
Vous croyez vraiment ce que vous écrivez, ou c'est le fruit d'une lente intoxication aux oeuvres de Karl ?
...voire du second degré ?
Rédigé par : sbriglia@JDR | 15 octobre 2012 à 18:00