Le 28 octobre, dans le Journal du Dimanche, l'Association française des entreprises privées (AFEP), puissant mouvement de lobbying patronal, a lancé un appel alarmiste au président de la République comme s'il y avait un péril imminent en la demeure France (Le Monde, Libération).
Derrière l'argumentation technique et le discours faussement neutre, ces grands patrons - 98 - se croient autorisés à donner des leçons au pouvoir de gauche, aux socialistes, parce qu'ils seraient naturellement sinon incompétents du moins à conseiller. A guider. Des élèves en formation. Qu'il y ait quelques personnalités de gauche parmi ces conseilleurs, je n'en doute pas et c'est une évidence. Mais, de droite ou de gauche, un certain patronat ne se laisse pas distraire de la ligne de ses intérêts.
Toujours ce soupçon d'illégitimité, ce reproche implicite d'une intrusion démocratique. Il faudrait que le savoir, la compétence et le réalisme fussent reconnus ! Le suffrage universel est bien étrange qui porte à la tête du pays des gens auxquels nous ne sommes pas habitués!
Pourtant, lors du précédent quinquennat, l'AFEP n'est intervenue sur rien. Aucune injonction, aucune suggestion. A croire que sur le plan économique et financier tout se déroulait le mieux du monde. Mais silence dans les rangs patronaux. Quand on espère profiter d'un pouvoir, on n'a pas le temps de le sermonner : on attend patiemment qu'il ne vous oublie pas. On le cultive, on pactise, on ne fait plus qu'un. On s'enrichit.
L'AFEP s'est réveillée. C'est normal puisque la gauche est là, maintenant. Elle a battu - par quelle méprise ? - la droite qui n'avait pas besoin, elle, d'être stimulée : elle parlait la même langue que les grands patrons.
Il faut apprendre aux nouveaux occupants de la France - Jean-François Copé appelait récemment à la résistance - à calculer, à compter et à savoir bien doser les sacrifices. Pas toujours pour les puissants.
J'en ai assez de cette droite - heureusement, elle n'est pas la seule dans l'espace politique - qui rime exclusivement avec argent, profit, diminution des charges, soutien au patronat, capital. J'aimerais aussi une droite du mérite, de l'effort, de l'équité, de la solidarité, du partage et de la justice. De la considération pour tous.
Sans doute que ces exigences ne sont pas prioritairement celles de l'AFEP ?
Je ne sais pas pourquoi, j'ai dans la tête une phrase du bateleur, du saltimbanque, du chanteur, de l'artiste Francis Cabrel qui dans le cours d'un face-à-face avec des lecteurs du Parisien, déclarait en substance que "quel que soit le montant de ses impôts il ne quitterait jamais la France".
Cela n'a pas de rapport, c'est modeste face au lobbying massif, c'est singulier, Francis Cabrel ne donne pas de leçons, mais sa petite musique fait du bien quand la grosse caisse de l'AFEP sonne faux et creux.
Entre le saltimbanque et les grands patrons, je n'hésite pas.
@Sbriglia
...qui dénonce l’abscons, etc. !!!
Figurez-vous que je n'ai jamais été salarié, et ai toujours été entrepreneur, mais bon...
Le parcours de Véronique n'importe pas..., pas plus que le mien, c'est certain, puisqu'il s'agit de réagir à des propos !
Ainsi je crois.
Ce que dit Véronique est bien sensé.
Une fois elle m'a paru insensée, m'objectant qu'il s'agirait pour vivre d'y aller pour preuve à la sueur de son front, celle qui suintant alors démontrerait quelconque révélation à dire "vitale".
Là, j'ai eu un peu de mal à la suivre, sur le plan bien organisé et tout à fait conventionnel du rachat de sa propre vie entre chacun, cette dette par avance comme s'il s'agissait d'une histoire indéniable, prouvée (*mais à rebours) par une avancée inéluctable.
Non !
S'agirait-il de croire à "l'entreprise qui marche", tout cela en suivant l'imagination souvent stérile du financier, nous ne sommes pas sur terre pour acheter des voitures allemandes, et pas plus pour les fabriquer.
C'est pourtant pas abscons, et c'est vraiment pas difficile à comprendre !!!
*
Suent les algorithmes?
70% des transactions financières...
Le propos me paraît tout simplement obscène, celui d'avoir à racheter sa vie !
Je me demande si l’orthodoxie de la pensée de Véronique est toujours de mise.
Voilà bien une pensée révélée, puis admise, puis reconduite, puis remisée à l'infini comme l'administration comptable persiste être enorgueillie, en sa magnifique orthodoxie (puisque les maths c'est magique et que la comptabilité c'est très suffisant en face de la magie) et simplement comptable de l'écriture en colonne qui comptent.
Ai-je été assez abscons?
Je peux traduire:
1-Ce n'est pas notre vie qui est introduite à racheter, mais celle de nos enfants et nos petits-enfants...
2- Fabriquant et vendant des voitures allemandes, allons-nous persister à croire que nos enfants et nos petits-enfants faisant de même rachèteront notre vie déjà évanouie ?
3-Nous n'avons jamais été potentiellement aussi riches, et rarement la revendication d'être à son compte cette extraordinaire richesse n'a été aussi forte..., au point de négliger tout vivant négligeable car il ne saurait "racheter sa vie".
J'ai quand même honte !
Rédigé par : zenblabla | 16 novembre 2012 à 00:05
Bonsoir Nath,
Merci pour vos remarques. Juste pour vous répondre sur quelques points, pêle-mêle :
Je crois que la suppression du service national par Chirac était une erreur. Pourquoi ?
Comme son nom l'indique, le service national donne corps au sentiment national. Il permet de nous rappeler notre appartenance à une même communauté de destin, la patrie. Qui aujourd'hui serait prêt à donner sa vie pour la France, en dehors des militaires ?
Nous traversons une crise d'identité et de valeurs, et je suis intimement convaincu que le délitement de la société s'est accéléré suite à cette mesure. Dommage. Mais quand je propose de le rétablir, je sais bien que c'est une chimère. D'abord ce n'est pas à l'ordre du jour, ensuite il faut de l'encadrement et des infrastructures, ce qui va à contresens des impératifs économiques.
En ce qui concerne la baisse des effectifs de la fonction publique d'Etat, je visais surtout les administrations centrales qui m'ont l'air bien charnues. En aucun cas je ne vise les fonctionnaires de terrain des ministères régaliens qui remplissent la fonction première de leur ministère (tels que les enseignants, les policiers, les magistrats, les militaires...).
Quand je parle de responsabiliser les parents, mon propos est de dire que nous assistons à une démission généralisée des parents et je me demande en effet dans quelle mesure il ne faudrait pas donner quelques cours pour devenir parent ou carrément passer un permis d'éduquer (lire mon coup de tonnerre deux billets plus loin => "La France ses gares"). Par exemple les parents devraient connaître les mécanismes élémentaires de la psyché (à commencer par le complexe d'Oedipe) et devraient travailler leur autorité. J'ai l'impression qu'aujourd'hui on fait des gosses comme on va au cinéma. On ne s'engage pas plus que cela. Un jour on se marie, le lendemain on procrée, le surlendemain on divorce. Mais c'est quoi cette vie ? Et les enfants là-dedans, quelqu'un y pense, quelqu'un les aime ?
Rédigé par : RF à Nath | 06 novembre 2012 à 01:35
@RF
J’ai lu vos propositions précédentes du 31 octobre :
- « Augmenter la TVA pour baisser les charges salariales et augmenter les droits à l'importation ». Le gouvernement a je crois adopté cette mesure. Bravo à vous deux donc !
- « Dévaluer l'Euro pour booster les exportations européennes, mais le pendant d'une dévaluation est un risque d'inflation ». Là, je crois que le règlement européen l’interdit (quoique révisable si l’on s’en donne la peine) et l’usine à gaz qu’est l’Europe à 27, je vous dis pas !
- « Enterrer les 35 heures ». Tout à fait d’accord : c’était une utopie bien-pensante qui a eu bien des effets pervers. Dont acte !
- « Réduire le niveau du SMIC ». Non ! vu le coût de la vie, des loyers, etc. à moins de revoir ces derniers… mission impossible !
- « Augmenter le prix de l'essence en milieu urbain pour inciter au covoiturage. Développer un réseau de covoiturage ». Oui mais les Français sont tellement individualistes que… Mais pourquoi pas !
- « Cibler les industries qu'on veut reconquérir et y investir massivement »… Avec quel argent puisque Fillon a dit que…
- Engager un vaste plan de formation et d'orientation vers les métiers porteurs ???? Je n’ai pas de réponse. Proposez !
- « Ramener l'Etat à sa plus simple expression (i.e régalienne) et supprimer les doublons dans les collectivités territoriales afin de réduire d'une bonne moitié le nombre de fonctionnaires (qu'on ne me fasse pas croire qu'une France qui compte 65 millions d'âmes a besoin de 6 millions de fonctionnaires) » OK (je le mentionnais dans mon intervention)
- « Et qu'on ne me fasse pas croire qu’un fonctionnaire n'est pas capable de se reclasser dans le privé ». Alors là : les activités et finalités ne sont pas les mêmes. Et les salaires dans le privé : constamment à négocier pied à pied, pérennité de l’emploi, licenciement possible ? Des arguments nettement en faveur du secteur public… pour un salarié « moyen » ou « peu qualifié »
- « Restaurer le service national »? Pourquoi faire ?
- « Responsabiliser les parents, et en particulier les pères » A ces derniers de le faire… à moins de créer des Ecoles pour cela… (hum !)
- « Faire le ménage dans les comités Théodule et dans les agences de l’Etat ». OK
- « Prolonger encore de 3 à 5 ans l'âge du départ à la retraite et aligner les régimes spéciaux sur le régime du privé ». OK pour la première proposition. Pas trop d’accord sur les régimes spéciaux qui ont des spécificités bien précises.
-" Responsabiliser les Français vis-à-vis de leur santé". Oui, certes.
Vous voyez, des passerelles existent chez les citoyens mais les gouvernements opèrent souvent dans des stratosphères fort différentes de celles du Français moyen.
Rédigé par : Nath | 05 novembre 2012 à 08:04
@RF
Mon commentaire visait la « razzia » sur les fonctionnaires opérée par le gouvernement précédent, plutôt qu’une critique aveugle du secteur privé. Vous visez une partie plutôt restreinte de mon commentaire. Cette razzia n’a pas remplacé les postes de fonctionnaires partis en retraite : professeurs, policiers, personnels de la justice, et d’autres…
Vos points 1) et 2) : On en voit les résultats dans les écoles, lycées, où les classes à 35 élèves sont maintenant la « norme ». Ceux d’un certain âge diront « mais c’était déjà notre cas, étant élèves, il y a 50 ans »… sauf que la massification de l‘enseignement, le nombre global national d’élèves, la situation économique actuelle de beaucoup de parents, les difficultés psycho-sociales de ces derniers et de leurs enfants, entraînent des difficultés inconnues lors des 30 glorieuses. Inutile de mentionner aussi les difficultés du secteur de la justice, dont les lenteurs et les restrictions de crédits sont connues. Je ne parle même pas des carences de la police, de ses moyens inadaptés aux réalités actuelles ou encore de l’hôpital, des infirmières aux horaires et activités « en flux tendu ». Comme les Français le savent, ce sont des secteurs qui les concernent au premier chef car tous y ont intérêt, et désirent obtenir le meilleur résultat dans un pays dit développé.
3) Les 7% de ces réductions sont peut-être « admissibles »… quoique Wikipédia ne soit pas absolument la Bible en la matière (l’OCDE ou l’INSEE seraient préférables)... mais il était temps d’y mettre un frein, au vu des difficultés précitées.
4) Là, je suis d’accord. Le nucléaire est un secteur à encourager, technologie qui a fait ses preuves. Elle est la moins chère, plus performante, et éternellement renouvelable. Les autres « écologico-compatibles » font illusion mais s’avèrent, soit peu rentables, soit disgracieuses (éoliennes), et le photovoltaïque trouve ses limites en Europe, vu le « climat » (sauf dans les DOM-TOM ou pays fortement ensoleillés).
Je crois que les Français se rendent maintenant compte que des « efforts » sont nécessaires… mais pas tous (suivez mon regard et relisez mon commentaire) : « Les riches font la gueule et pleurent sur leur avenir menacé. Ils ont tort car les cinq ans passés (et les autres) leur ont été bien profitables ». Mais il est certain que nous entrons dans une zone de fortes turbulences et que les économies à faire sont d’une urgente actualité...
Alors, aux gouvernements actuels et à venir de montrer l’exemple (pas toujours le cas, même actuellement).
Rédigé par : Nath | 05 novembre 2012 à 06:36
"Sarkozy s’est empressé de réduire de manière drastique les postes de fonctionnaires d'ETAT, obéissant à une logique hyper libérale, primaire et irréfléchie, qui a plongé le pays dans le chaos. Les fonctionnaires sont des gens au service de l’Etat, qui font leur boulot, n’en déplaise à leurs détracteurs !"
Quelques remarques si vous le permettez :
1- Quel est le rapport entre la baisse du nombre de fonctionnaires d'Etat et le chaos dans le pays ?
2- Personne ne conteste que les fonctionnaires font leur travail. Mais combien font un travail utile au regard de l'intérêt général ? Ou combien font un travail qui ne se chevauche pas avec celui d'un autre fonctionnaire ? C'est là qu'est le problème. Du travail, on peut toujours s'en créer. Mais du travail utile et unique, c'est plus rare. Dans le privé, la sanction est rapide lorsqu'une entreprise fait un travail inutile : elle se condamne à une mort prochaine puisque son offre ne rencontrera aucune demande.
3- J'ai en tête une réduction de 150 000 postes sur une population à fin 2007 de 2 151 000 fonctionnaires d'Etat (source Wikipédia/Insee), ce qui représente une baisse de 7% sur cet ensemble. Globalement, c'est un pourcentage admissible. Mais après, il est vrai que c'est dans la mise en oeuvre que tout se joue. La mise en oeuvre réclame de la réflexion pour ne pas casser ce qui marche et ce qui est utile. L'effort est à porter certainement au sein des administrations centrales de chaque ministère et aussi sur le périmètre des ministères.
4- « Gouverner, c'est prévoir. », comme disait Emile de Girardin. Depuis un paquet d'années nous ne regardons pas au-delà du bout de notre nez. Pourtant un gros gros problème pointe devant nous : celui de l'avenir de nos centrales nucléaires. 5 réacteurs ont été mis en service à la fin des années 70, 43 dans les années 80, 6 dans les années 90 et 4 dans les années 2000. La dernière mise en service date de 2002 à Civaux. On décrie le nucléaire, à tort ou à raison. Pour l'heure c'est le seul moyen de production d'électricité de masse. Bien sûr l'intelligence réside aussi dans une distribution optimisée de l'énergie, et les "smart grids" chers à Laurent Dingli sont une voie d'avenir. Mais en parallèle il faut beaucoup d'argent pour renouveler le parc nucléaire, pour prolonger sa durée de vie ou pour le démanteler. Cet argent a-t-il été provisionné quelque part ? Je n'en suis pas certain. Alors, il est temps d'être prévoyant. Il est temps de se projeter dans les 10 ans, 20 ans, 30 ans devant nous. Et de commencer à faire des économies. Pas seulement pour l'année qui suit ou pour le temps d'un quinquennat, mais pour une échéance beaucoup plus lointaine. Si le pouvoir en place arrive à parler vrai et à faire passer des messages en parlant de l'avenir à plus ou moins long terme et des grands enjeux qui nous attendent, alors les Français pourraient commencer à prendre conscience de certaines réalités, et alors ils comprendraient pourquoi il faut faire des efforts considérables. Et lorsqu'on comprend, on admet, on accepte et on y va, et on ne descend pas dans la rue.
Rédigé par : RF à Nath | 04 novembre 2012 à 23:23
@ oursivi, zenblabla
"Selon l'Ifrap, la France compte ainsi 153 taxes et prélèvements pesant directement ou indirectement sur l'entreprise, lorsque l'Allemagne n'en compte que 55. Hors IS, ce sont 72,7 milliards d'euros de taxes diverses qui frappent la production - dont 25,5 milliards d'euros de "petites taxes" (4,6% du PIB)- et qui, mises bout à bout, représentent 2,45% de PIB de plus en France qu'en Allemagne. de l'Ifrap." (L'Expansion).
Je sais, l'Ifrap, d'inspiration (très) libérale, est dédié à l'analyse des politiques publiques.
Après, oui les entreprises dirigées par exemple par les grands patrons disposent d'une foule de super conseillers fiscaux qui leur font bénéficier des dix mille niches fiscales que les politiques au pouvoir successifs ont bricolé dans le brouillard le plus total si nous considérons qu'une gestion saine et équitable de l'Etat reste un voeu illusoire quand elle devrait être une obligation et un impératif qui devraient lier tous ceux qui se piquent de vouloir diriger le pays :
un coup je privilégie l'intérêt particulier de tel ou tel groupe de pression, un coup j'en privilégie un autre, bref, les lobbying massifs des intérêts privés et militants des uns ET des autres, un coup je bricole des emplois dits aidés, un coup je recrute à tort et à travers par exemple dans les dix mille agences publiques, histoire de gratifier et remercier, en utilisant le bien collectif et public, les copains, etc. etc.
Mon seul propos est de dire que sans une activité économique saine et une richesse qui est essentiellement produite par les entreprises, Philippe peut dans la seconde dire adieu aux valeurs intemporelles et humanistes - qui ne sont ni de droite, ni de gauche - qu'il défend dans ce billet.
Oui, zenblabla, j'ai dix mille fois plus d'estime pour un entrepreneur qui investit son argent dans son entreprise, l'entreprise est également une aventure collective et humaine, que pour les pléthores de politiques dont le seul investissement à titre privé consiste à rémunérer des experts comptables ou des conseils financiers et fiscaux pour, par exemple, échapper à l'ISF et/ou aux cent mille taxes et impositions en cascade qu'ils s’emploient à bricoler, mais pour les autres, histoire de pallier leurs graves carences gestionnaires.
@ sbriglia
Merci pour votre intervention. J’aime bien l’histoire de votre patron.
Allez, pour vous, souvenir, souvenir d’un super dimanche d'octobre:
http://www.youtube.com/watch?v=SzvC1OWCBL4
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 03 novembre 2012 à 03:56
Rédigé par : Laurent Dingli | 01 novembre 2012 à 20:11
Laurent,
Jean Cau n'avait certes pas sa plume dans sa poche et sa vivacité peut réjouir, certes, certes. Qu'il ait pourfendu le communisme et ses laudateurs bien chaudement installés à l'Ouest et ce souvent avec talent, n'est pas pour me déplaire. Mais au vu de ses propres errements et de l'admiration intéressée qu'il a longtemps témoignée à Sartre, était-il si bien placé pour donner des leçons, pour ricaner ainsi à si haute voix ?
AO
Rédigé par : oursivi@LD | 03 novembre 2012 à 00:27
Rédigé par : sbriglia @ zenblabla | 02 novembre 2012 à 18:48
Sbrig,
Je ne voudrais pas répondre à la place de notre abscons de service, mais il est quand même temps qu'un se donne à rappeler que dans la gueguerre de tranchée qui nous oppose faussement, aucun d'entre nous (si je me permets de regrouper sous une même couleur Philippe, JDR, Achille, Zenblabla et moi-même) et tous les pro patronat-parce-que, nous n'accablons pas tous les patrons loin de là. L'ai dit et le redis, en sont plein qui ont toute ma - et certainement notre - sympathie. J'ai même dirigé une TPME et je connais nombre des chausse-trappes par lesquelles l'administration ou pire, les chambres de commerce tentent de renverser ou dégoûter qui essaie pourtant de créer, d'innover, d'oeuvrer pour lui comme - du moins était ce je le crois mon cas - pour l'ensemble du jeu social comme intellectuel où il tente de peser et de se rendre utile.
Maintenant, de votre côté, ne faites ni l'enfant ni le sot, ce ne serait pas vous.
Vous savez que sont bien des affreux chez quelques grands patrons, comme j'ai constaté lors de quelques de mes années d'ingénieur que sont des prolétaires parfaitement viciés par une idéologie des plus néfastes à la bonne marche de l'ensemble, où tout ce qui est encadrement est bon à abattre, qu'il soit bienveillant ou cynique.
Je n'ai aucune peine à le déclarer l'ayant hélas vérifié, pourquoi faut-il "qu'en face" on ne voie pas un seul esprit capable de faire la part des choses.
Savoir "penser contre soi-même" comme aime à le rappeler notre hôte.
Virtuelles amitiés
AO
Rédigé par : oursivi@sbrigi | 02 novembre 2012 à 21:48
L'ENTREPRENEUR, Le FONCTIONNAIRE ET LE SALE TIMBANQUE
L’entrepreneur privé est nécessaire à la bonne marche d’une économie libre. De même, l’entreprise publique est aussi nécessaire (hôpital, éducation, justice, police…). Les deux ont leurs logique et fonctionnement propres. Imaginez une société où l’une des deux manquerait ou serait nettement défaillante... Mais, mais…
Les patrons voyous, ça existe, les aides à l’installation gouvernementales détournées, empochées... pour ne pas s’établir ou s’enfuir avec la galette, ça existe aussi. Défendre le secteur privé en alléguant qu’il crée des emplois, fait vivre le péquin, en oubliant de payer correctement ses employés... pour s’en mettre plein les poches, ça existe aussi. Feindre de ne pas voir ce côté malsain de l’entrepreneur « voyou » c’est ne pas participer au bien public et donc à la saine évolution d’un pays.
Je comprends la logique de l’entreprise privée qui doit penser en coûts de production, masse salariale, concurrence féroce, impondérables économiques ou internationaux, etc. Mais un pays a besoin des fonctionnaires « d’Etat », précités… et en nombre suffisant ! Il y a sûrement à restreindre la masse salariale des administrations régionales qui a grandi de manière exponentielle ces dix dernières années pour plaire à l’électorat local. Or, Sarkozy s’est empressé de réduire de manière drastique les postes de fonctionnaires d'ETAT, obéissant à une logique hyper libérale, primaire et irréfléchie, qui a plongé le pays dans le chaos. Les fonctionnaires sont des gens au service de l’Etat, qui font leur boulot, n’en déplaise à leurs détracteurs ! Et F.Hollande a eu raison de revenir sur la politique partisane, et donc injuste, mais aussi désastreuse de son prédécesseur. La France a voté contre lui, pour Hollande, n’en déplaise aussi aux grincheux « libéraux » de ce blog. Les riches font la gueule et pleurent sur leur avenir menacé. Ils ont tort car les 5 ans passés (et les autres) leur ont été bien profitables.
Quant aux saltimbanques de l’art ou de la chanson (pour ne citer qu’eux), ils sont aussi nécessaires à la saine éducation d’un pays, en évitant, bien sûr, les « canards boiteux » qui, de toute façon, s’élimineront tout seuls, par manque de succès, de public... Cabrel, enfin, est un bon créateur, peut-être pas bon "chanteur", mais c'est un vrai poète et un pays a besoin de poètes. Il a d'ailleurs créé une école de chanteurs, musiciens. C'est méritoire, non?, n'en déplaise à ceux qui critiquent son portefeuille et son succès financier, à leurs yeux injustement mérité.
« Un monde parfait » n’existe pas ! Mais il faudrait tout faire pour s’en approcher.
Rédigé par : Nath | 02 novembre 2012 à 20:01
Zenblabla, que savez-vous de la vie d'une entreprise ?
Que connaissez-vous du parcours de Véronique Raffeneau pour caricaturer ainsi ses propos on ne peut plus sensés ? A vous lire - j'allais écrire "à vous décrypter", tant votre écriture est absconse -, tous les entrepreneurs sont de misérables exploiteurs du peuple... Outre le ridicule et le piètre raisonnement (?...) que sustend votre logorrhée inepte, je me demande si vous connaissez vraiment le monde de l'entreprise ? Je crois le connaître assez (j'y travaille encore à 64 ans) pour vous dire qu'il y a encore, dans ce pays, des chefs d'entreprise en tous points remarquables et qui ont le souci, dans une conjoncture difficile, de donner du travail à des salariés et d'assurer le rayonnement de la France à l'export ; la manufacture où je travaille, centenaire, est le leader mondial dans son domaine, son patron investit chaque année des sommes considérables pour être encore et toujours le meilleur... Je n'ai pas l'impression qu'il soit un vampire assoiffé du sang de ses employés, dont j'ai l'honneur d'être un des - modestes - rouages.
Répondant à l'un de mes commentaires qui n'évoquait pourtant pas ce sujet (relisez-le !) vous avez écrit que vous ne souhaitiez pas que vos enfants achètent des voitures allemandes ! Belle conception du marché commun européen ! Je me réjouis, quant à moi, que des Allemands achètent des voitures françaises et que la réciproque soit possible : sortez de votre cocon et de vos frontières !
Rédigé par : sbriglia @ zenblabla | 02 novembre 2012 à 18:48
"Et heureusement qu'une entreprise qui est amenée à se séparer d'une activité non rentable fasse par ailleurs de gros profits, de manière ainsi à bien traiter les travailleurs qu'elle est amenée à licencier."
l'inénarrable Claggart
Oui, c'est vrai... mais que n'y a-t-on pensé seul, M. Mittal va sûrement faire des ponts d'or que dis-je, d'acier, à ses ouvriers licenciés...
La vérité est qu'il a racheté cela - ce concurrent, en l'occurrence français - pour se défaire de lui, pour le pourrir de l'intérieur, c'est tout.
Et les neuneus de s'extasier devant une si réaliste pratique. Le pragmatisme érigé en grand art de la destruction.
"Leur" argent nous dit Véro - que j'estime bien et l'ai assez dit ici mais que là Zenblabla pour une fois clair et concis fesse à tour de phrase - sans penser que cet argent - le leur, si si le leurre - ils se le sont plus souvent inventé que n'ont créé les vraies richesses qu'il est censé représenter et dont eux profitent bien et grassement...
Oui, ce n'est triste ni gai, c'est ainsi, il faut intéresser les gens pour les utiliser au mieux, à part quelques staliniens attardés, tous l'avons compris et admis.
Mais nul n'est besoin de laisser la société récompenser les vilains d'entre eux d'avoir globalement plus détruit que créé, et se lamenter que l'intérêt local, personnel, souvent immense, puisse n'avoir aucune ou qu'une piètre contrepartie globale.
Ne surtout pas s'arrêter au bilan comptable, mais considérer les actions menées dans toute leur complexité. Cela s'appelle penser un système et pas compter son tas de pièces en prétendant être utile au plus grand nombre, le cul posé dessus.
Je n'ai pas de problème avec les fortunes de Bill Gates, de Dassault père, d'Eiffel Gustave, de quelques encore, qui les ont vraiment créées.
Beaucoup d'autres très parvenus ne valent pas la corde qui les pendrait. Ils sont souvent les premiers à en être persuadés, mais comme les assassins impunis, ils continuent car des claggart de tout poil battent des mains à leur arrivée...
Qu'un Bill Gates dise qu'il faudra bien qu'il restitue 90 ou 99% de ce qu'il a amassé car cela n'a pas le commencement d'un sens, ne trouble en rien les sots qui idolâtrent tous les autres, ceux au cou desquels une corde donnerait tout à coup une valeur à ce que soutient le tabouret.
Toute époque a ses ânes*, les nôtres se tiennent droit dans leurs bottes, surtout quand elles sont crottées.
AO
* comme dirait Paul
Rédigé par : oursivi | 02 novembre 2012 à 18:37
Ce qui est dommageable ici, ce sont les réponses quasiment pavloviennes de certains dès lors qu'on attaque ou "la" droite ou "le" patronat.
D'une part, la bonne vieille scie sur "la gauche donneuse de leçons quand elle n'est pas en situation de le faire", comme si ce travers n'était pas - hélas - la chose la mieux partagée, et pas qu'en France. La droite ne donne pas de leçons ? Elle ne se pose pas en garante de la morale ?
D'autre part, le lamento unanime pour défendre "les" patrons comme si on avait affaire à une communauté uniforme soucieuse du bien exclusif de l'entreprise et de ses salariés.
La bonne vieille scie qu'on peut résumer par "les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain et les emplois d'après-demain" a été développée dans les commentaires, mais en niant le fait que dans certains cas, on s'arrête à la seconde étape : "les profits d'aujourd'hui sont les dividendes de demain".
Et que dire du comportement des dirigeants du secteur bancaire qui nous ont tous plongés dans une mouise épouvantable, et qui n'ont rien appris, ne se sont en aucune manière remis en cause ?
Toutes les entreprises ne sont pas à mettre dans le même panier évidemment, mais il est significatif que les frais de R&D soient nettement moins élevés en France que dans des pays comparables et cela, ce sont bien des dirigeants qui en sont responsables !
M. Bilger n'a nullement attaqué "la droite" ou "le patronat" : il a stigmatisé une certaine droite et un certain patronat, tout comme on peut sans équivoque le faire pour "une certaine gauche".
Rédigé par : benjamin borghésio | 02 novembre 2012 à 11:10
@ Tipaza qui m'interpelle...
"Puisque vous êtes de gauche, de la vraie gauche, celle qui donne des leçons de morale urbi et orbi, savez-vous ce qui me réconforterait avec la nature humaine, de gauche of course ? ce serait que cette gauche qui donne des leçons de morale soit capable de donner l'exemple ."
Qu'est-ce qui vous permet de me classer parmi "la gauche qui donne des leçons de morale"? Qu'est-ce qui vous permet de décréter que sans être un modèle capable de donner l'exemple en toute circonstance, je ne peux pas, de manière évidemment parcellaire, être un exemple pour quelques-uns ?
Ma "vraie gauche", c'est celle du jeune qui a commencé à travailler à 16 ans dans une usine, qui a passé son bac en cours du soir, qui a intégré par vocation l'école normale d'instituteurs sur concours à une époque où les salaires d'enseignants faisaient pouffer de rire, qui ensuite est devenu professeur, sans jamais un coup de pouce de quiconque, qui a toujours travaillé dans des zones "pas faciles" voire "très difficiles", qui n'a jamais pactisé avec la gauche caviar et ses délires sociétaux, se battant de manière collective (en essayant de faire son métier à fond) et individuelle (en aidant du mieux qu'il pouvait tel ou tel élève pénalisé par son milieu, qui en voulait, et qui avait ses chances) mais qui, en accompagnant par la force des choses les milieux populaires croit sans doute avec outrecuidance (à vos yeux) qu'il les comprend un peu mieux que la droite odieuse décrite par M. Bilger, ou que la fausse gauche que vous stigmatisez avec raison, mais en pratiquant des amalgames inacceptables.
En plus, si la droite ne donnait pas non plus de leçons de morale, ça se saurait. Et quand elles viennent de gens qui barbotent dans la piscine de M. Takieddine ou de patrons qui s'augmentent de 60% tout en organisant des plans sociaux "pour faire des économies", c'est tout simplement insupportable. D'autant plus que pas mal de patrons n'agissent pas ainsi.
Il n'est pas question de stigmatiser toute la droite, tout le patronat. Idem, mettre toute la gauche aux ordures est une infamie : penser le contraire, c'est attaquer le pluralisme et la démocratie.
C'est pourquoi vos amalgames et vos préjugés me paraissent inacceptables : vous instruisez, jugez et condamnez sans éléments et... ça ferait peur si c'était ailleurs que dans les commentaires d'un blog.
Rédigé par : benjamin borghésio | 02 novembre 2012 à 10:55
Je m'attriste de sentir dans les propos de notre hôte une animosité envers "le profit", attitude basique du gauchiste de service.
Pas la peine d'avoir un MBA pour savoir que sans profit pas d'intéressement pour les travailleurs, pas de participation, pas d'investissements, et à la fin plus d'emploi.
J'imagine mal un salarié de TOTAL se plaindre que sa boîte gagne des milliards, entre parenthèses pas terribles par rapport au chiffre d'affaires.
Et heureusement qu'une entreprise qui est amenée à se séparer d'une activité non rentable fasse par ailleurs de gros profits, de manière ainsi à bien traiter les travailleurs qu'elle est amenée à licencier.
J'ose espérer que PB ait pris une posture et non affirmé une conviction.
Il n'y a pas de méchants patrons de droite obsédés par leur intérêt personnel, il n'y a que des entrepreneurs obsédés par leur compte d'exploitation et la vie de leur entreprise.
Rédigé par : Claggart | 02 novembre 2012 à 02:38
@ racine15
Vous remarquerez que j'ai écrit "découvre" avec des guillemets pour signaler l'hypocrisie de l'hyperprésident. Ministre des Finances avant 2007, il ne pouvait ignorer cette scandaleuse absence de fiscalité épargnant les sociétés du CAC40, à laquelle il s'est bien gardé de remédier pendant ses cinq années de présidence, tout à son souci de ménager la frange la plus riche de la population qui l'a porté au pouvoir en échange d'un renvoi d'ascenseur, comme le bouclier fiscal par exemple.
Que Total paie des impôts dans le monde, pourquoi pas, après tout, le Qatar est son troisième actionnaire, mais cela n'aide pas la France doublement ponctionnée par le prix surélevé du baril de pétrole et le montant excessif des taxes de l'Etat sur les produits pétroliers.
"Si Total ne participe pas à la solidarité nationale, il participe à la solidarité mondiale. Fini le colonialisme ! Les belles âmes devraient s'en réjouir."
Votre vision du monde montre une belle âme en effet, et je ne voudrais pas vous chagriner, mais Total et les autres sont impliqués dans le colonialisme actuel : l'invasion de l'Irak par les Américains a été décidée à partir de faux arguments pour une mainmise sur les richesses pétrolières du pays, et provoquée par Donald Rumsfeld et George Bush Junior, propriétaires de gros intérêts financiers dans des compagnies pétrolières américaines.
Rédigé par : Camille@racine15 | 02 novembre 2012 à 00:40
@Véronique
...entrepreneurs désireux d'investir de l'argent - "leur argent" -..."!!!"
Mais de quoi parlez-vous ?
Votre invective me rappelle celle d'un important entrepreneur considérant "son argent" considérable, alors que son commerce consistait à livrer à l'Etat moyennant d'importantes finances les liasses cerfa autocopiables pour fourbir l'administration en paperasses.
Sinon, je n'ai pas beaucoup entendu des entrepreneurs dignes de ce nom raconter à propos de leur argent....
En effet, tout entrepreneur cohérent en entreprise considère que l'argent, il ne l'a pas encore !
C'est quoi "son argent" ?
Vous m'avez l'air d'une sacrée entrepreneuse !!!
Revenez sur terre !
Rédigé par : zenblabla | 01 novembre 2012 à 23:52
Mais que représentent Tesson et Giesbert ?
Eux-mêmes.
Et encore.
Rédigé par : Jean-Paul Ledun @Jean-Dominique Reffait | 01 novembre 2012 à 21:39
La suite (Jean Cau, Croquis de Mémoire) :
"Et toujours je me souviendrai, lorsque M. Mitterrand fut élu, de ce chef-d'oeuvre absolu de grotesque que fut la cérémonie du Panthéon. Et de cet homme qui, à pas comptés et raides, une rose à la main, déambulait dans la crypte sinistre devant des blocs de pierre contenant, saintes reliques, des ossements ; et invoquait les morts ; et demandait une légitimité sacrée à la poussière. Et je regardais ce masque - pokerface - du joueur qui enfin ramasse le banco. Qui traîne depuis plus d'un quart de siècle dans le casino politique. Qui sait tricher. Qui n'hésite pas à aller chercher des jetons sous la table. Qui, à force de se faire décaver, a appris à filer les cartes, l'oeil mort, à relancer à gauche, à bluffer à droite, à accepter dans son gros pot des mises de petits joueurs et même à leur jeter, en cadeau, une plaque. Le flambeur a la peau blanchie par les veilles (...) Il parle très peu aux autres joueurs. Il a un mince cheveu sur la langue. Il zozotte très légèrement et j'ai - personnellement - des poussées d'allergie lorsque j'entends cette voix qui, toujours, sonne musicalement menteuse (...)
"Je dévorais ce visage. Et le bon peuple applaudissait ; et les intellectuels séminaristes, les diacres parlementaires, les cardinaux mangeurs d'autres curés et piétineurs d'autres tombes, affichaient des mines en dévotion confites. Et l'envie me prenait de souffler dans des trompettes en bois, de lancer des boules puantes à travers les pattes des processionnaires et, horrible gamin, de jeter des grenouilles dans les bénitiers du Panthéon. Hélas, je restai sage et ce scandale n'arriva pas. La componction fut de règle et le socialisme en lévitation put accomplir en paix ses déambulations circulatoires.
"Accordons à M. Mitterrand qu'il brave héroïquement le ridicule puisqu'il en est arrivé à se fabriquer un pèlerinage rien que pour lui. Et le voilà qui, chaque année, casquette de loup de mer sur la tête, chemise à carreaux, canne à la main, escalade à pas comptés une caillasse pour aller méditer devant un caillou (c'est "Le pèlerinage à la Roche de Solutré") suivi de quelques « fidèles » (sic). Et tous, dociles moutons, de suivre le pâtre au front lourd de pensées, qui, devant le caillou, invoque en silence les divinités à la fois chtoniennes et socialistes.
"Il médite. Il redescend ensuite, tel Moïse, de son Sinaï personnel, et, dans la vallée, bénit le paysan qui lui offre le vin. J'aimerais qu'il égorgeât un bouc sur la place du hameau. Il lèverait le couteau du sacrifice que lèverait Attali, sur un coussin, et prononcerait ces mots : "Que périsse la Droite comme va mourir cet animal !" Le commentateur de la télévision dirait que le président de la République, une fois de plus, a affirmé sa confiance dans l'issue victorieuse du combat mené par le socialisme contre son adversaire de toujours, le bouc éternel de la réaction"
Rédigé par : Laurent Dingli | 01 novembre 2012 à 20:11
Et que l'on soit gentil de ne pas confondre l'aversion contre Sarkozy à un déni de légitimité de la droite en général : j'ai immédiatement détesté le style et les bassesses de N. Sarkozy et, si l'on veut bien m'en créditer, j'ai toujours souligné la présence à droite de gens très estimables. J'ai souvent appelé à la restauration d'une droite bourgeoise humaniste, qui existe et qui a été occultée par le sarkozysme.
L'arrogance de 1981 (Peuple de gauche, passage des ténèbres à la lumière, des têtes vont tomber) répondait à une ambiance générale de l'époque, une guerre froide intérieure, avec un ambassadeur américain inquiet de la présence de ministres communistes, avec ce général de Satory qui avait positionné deux chars sur la route, avec les fadaises sur l'entrée des rouges dans Paris.
Jean-Paul, que la droite critique le gouvernement, je n'y vois aucun inconvénient. J'ai d'abord Mme Parisot dans mon collimateur, vous le noterez, qui mise sur l'effondrement, la menace, le chaos, qui semble aspirer à l'échec de la France pour ne laisser aucune chance à un gouvernement de gauche de réussir là où un gouvernement de droite a échoué. Je sais votre sentiment : vous n'aimez pas ce gouvernement mais vous ne souhaitez pas qu'il échoue pour autant. C'est estimable. Mais tout le monde à droite n'est pas sur cette ligne. Il suffit de lire Tesson ou Giesbert pour comprendre qu'ils ne supportent pas de voir la gauche gouverner, quoi qu'elle fasse.
Rédigé par : Jean-Dominique @ JP Ledun | 01 novembre 2012 à 17:46
Cher Camille,
"Il a fallu attendre début 2012 pour que Sarkozy "découvre" que les sociétés du CAC40 ne paient pas d'impôt sur les sociétés"
Les insuffisances de N. Sarkozy en économie, équivalentes à celles de F. Hollande, ni l'inclination que l'on porte à l'un ou à l'autre ne doivent nous empêcher de raisonner. Total ne paye pas, ou si peu d'impôts sur les sociétés en France, mais il en paye 49% dans le monde. Un Président sait cela, puisque c'est publié par Mediapart. Si Total ne participe pas à la solidarité nationale, il participe à la solidarité mondiale. Fini le colonialisme ! Les belles âmes devraient s'en réjouir.
Rédigé par : racine15@Camille | 01 novembre 2012 à 11:58
Lorsque je lis, en me retenant de rire, la prose de Jean-Dominique, je ne peux m'empêcher de citer ce qu'avait écrit à ce sujet, avec tant de brio, Jean Cau, fils d'ouvrier et ancien secrétaire de Jean-Paul Sartre :
« La Gauche ? Le Bien. Et je regardais (croquons ici des souvenirs tout frais.) M. Mauroy, Premier ministre, prononcer le mot de "Droite". La joue s'enfle, le regard se durcit, la poitrine se gonfle d'un air mauvais qu'expulse une bouche dégoûtée. Il dit, en vérité, Satan, le Diable, le Mal, l'Informe, Léviathan, Belzébuth, Melmoth, Baal, il dit l'Inhumain et l'Incompréhensible. C'est exactement cela : l'incompréhensible. Comment la Droite ose-t-elle et peut-elle exister ? Il a beau heurter ce mystère de son frontal de boeuf, il ne le perce pas et contemple, l'oeil rond, cette cuillère maudite pondue par la poule noire de la société française. Hors de l'Eglise de Gauche, l'infidèle, le Sarrazin, le pestiféré contagieux qu'il est à crime de "fréquenter". "Untel ? Mais il fréquentait des gens de Droite !" Ou bien :"Ce groupe, ce mouvement - ces "gens-là" ? Mais ils avaient des liens avec la Droite !" Comme l'on disait, naguère, que X fréquentait des prostituées ou comme on dit, aujourd'hui que Y a des liens avec le Milieu.
"La Gauche : une union, un choeur et une communion. La Droite : une maladie et il suffit d'une minuscule égratignure pour que l'infection, si l'on n'y prend garde, gagne le corps tout entier. Alors, Gauche toujours en alerte, toujours "vigilante", tant il faut se méfier des "symptômes", des "résurgences" et des "réveils" de la Droite qui "relève la tête". Et de ses "avancées" bien que sa principale vertu soit "l'immobilisme". La Gauche, elle, on l'a remarqué, est toujours en marche. N'importe comment, sur un tapis roulant ou comme un toutou tournant la broche (une broche sans gigot), mais elle marche. Vers plus de liberté, vers le socialisme ou le communisme, les trente-cinq heures, le loisir, le bonheur, la reconnaissance de l'homme par l'homme et vers son avenir qui est la femme - disait sans broncher Aragon ! - vers le dialogue, la table ronde et la Terre promise. Elle adore marcher, la Gauche, tant son inconscient, lui rappelant ses origines d'omelette chrétienne retournée, l'oblige à la procession. Sauf que "le peuple chrétien" allait de l'église à la chapelle de la Vierge, de Notre-Dame de Paris à Chartres, de Vézelay à Jérusalem, d'un sanctuaire (à) l'autre, alors que le « peuple de Gauche » piétine sourdement de la Bastille à la Nation, du Panthéon au Père-Lachaise et de la Gare du Nord à celle de l'Est (...)
Magnifique ! La suite si vous êtes sages...
Rédigé par : Laurent Dingli | 01 novembre 2012 à 11:06
Rédigé par : Jean-Dominique | 31 octobre 2012 à 22:55
Vous dites :
Vous-même :
""Comme si l'homme de gauche était un pervers, un demeuré ou un vendu, voire les trois à la fois plus quelques autres tares.""....
....
Moi-même :
Merci cher Jean-Dominique de confirmer tout haut et en couleur ce que je hurle depuis longtemps.
Vous dites aussi :
Vous-même :
""Je ne me souviens pas avoir lu, sous des plumes socialistes ou sympathisantes, de tels déferlements de haine à l'égard des courants de pensée de la droite républicaine.""
......................
réponse du moi-même :
Vous étiez sur quelle planète depuis 2007 date du début de l'inquisition merdiatico-politique de gauche antisarko ???
Rédigé par : sylvain à Jean-Dominique | 01 novembre 2012 à 10:55
Cher Jean-Dominique,
"Personne à gauche ne conteste l'intelligence générale de la droite classique."
Mais tout le monde à gauche reprend à son compte la formule du Premier ministre du week-end dernier "le pays ne veut plus de cette vieille droite bourgeoise".
"Le pays ne veut plus de..." : comment, dans notre pays qui a vaincu la dictature nazie, peut-on désigner du doigt tel ou tel parce qu'il ne pense pas comme le pouvoir en place ?
Je ne suis qu'un simple citoyen, profondément attaché à mes valeurs de droite. Ni bourgeois ni patron et pas encore décati, pourtant la formule du Premier ministre résonne en moi à chaque instant.
Je n'ai pas envie qu'on me discrimine.
Mitterrand n'était pas ignoble, non, c'était un être abject. Sur tous les plans (vie privée comme vie publique).
Ne connaissant pas les grands patrons, je me garderai bien de porter sur eux un jugement de valeur.
Et, bien que salement de droite, je me sens infiniment plus humain que la plupart des personnalités politiques de gauche qui se proclament humanistes mais qui, en réalité ne pensent qu'à une chose : quel sera leur prochain poste ?
Ainsi de Madame Aubry qui songe à prendre la tête de la Commission européenne.
Rédigé par : RF | 01 novembre 2012 à 09:49
L'ignorance crasse des faits économiques reste le fonds de commerce des électeurs de gauche... et constitue leur catéchisme...
Un exemple (parmi des milliers) :
Total qui est sans cesse diabolisé par la gauche a eu un résultat positif de 12 milliards en 2011... mais dont il a réinvesti 22 milliards la même année dans la recherche de gisements offshore pour assurer une tentative d'indépendance énergétique du pays...
L'idée imbécile que les résultats vont dans la poche des "patrons qui s'en mettent plein les poches" est bien le leitmotiv de l’idéologie de gauche !
Ce sont bel et bien les saltimbanques du monde politique !
Rédigé par : sylvain | 01 novembre 2012 à 09:23
Jean-Dominique, Cac 40 ou pas, AFEP qui ne regroupe que 98 grands patrons ou pas, Philippe a tort dans son raisonnement qui n'est que politique, pas suffisamment lucide sur la réalité économique du pays.
Oui, les grands patrons ont raison de dire que la priorité des priorités est la compétitivité des entreprises, et que c'est à l'Etat qu'il revient de diminuer enfin et de façon drastique ses dépenses.
"J'en ai assez de cette droite - heureusement, elle n'est pas la seule dans l'espace politique - qui rime exclusivement avec argent, profit, diminution des charges, soutien au patronat, capital."
Que Philippe imagine une seconde un pays sans entrepreneurs désireux d'investir de l'argent - leur argent -, et dont l'Etat taxe à ne plus en finir les profits pour sans cesse pallier les graves insuffisances et carences gestionnaires de la classe politique dans son ensemble, et c'est la société la plus inéquitable qui apparaît, celle où les valeurs que Philippe défend - mérite, effort, équité, solidarité, partage, justice et considération - explosent les unes après les autres.
Par ailleurs, connaissez-vous un produit commercial comme la chanson de variété qui tous les jours que Dieu fait bénéficie d'une publicité, d'une promotion et d'un service après-vente gratuits dans presque, par exemple, tous les médias dépendant du Service public avec les pléthores d'animateurs-vendeurs ?
Moi pas.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 01 novembre 2012 à 08:48