Qu'on ne se méprenne pas : l'ordre n'est pas celui espéré dans le chaos de l'UMP ou la cohérence souhaitée dans les fluctuations du Pouvoir.
On va quitter le monde médiocre du contingent et du discutable pour prendre une gorgée d'éternité.
Cela fait du bien au coeur, à l'esprit, à l'être, au regard comme aux tréfonds.
Encore et toujours Soutine, mort d'angoisse le 9 août 1943, parce qu'il était juif, et de génie.
Courez pour voir cette splendide exposition au Musée de l'Orangerie qui est présentée sous ce très beau titre : L'ordre du chaos, qui me touche d'autant plus qu'il définit avec une profonde justesse le fragile mais pourtant indéniable équilibre de certaines vies intimes.
Portraits, Paysages, Natures mortes et Figures : tout est à observer dans le détail et à embrasser dans la globalité. Parce que tout embrase.
Même pour le profane que je suis, on ne peut se laisser envahir par cette puissance torturée, cette vision désespérée mais revigorante, comme par tout grand artiste, de l'existence et de notre condition humaine, sans rattacher Soutine à ceux qui l'ont précédé ou suivi. Par exemple, il y a chez lui du Van Gogh mais revisité, réinventé. En d'autres moments, devant des apparences presque réduites à leur essence nue, comment s'empêcher de percevoir déjà du Francis Bacon mais qui aurait su s'arrêter à la porte du difforme et de l'explosé ?
Mais, surtout, Soutine dans une irréductible singularité, tant le génie est précisément ce qui intègre et devance, ce qui constitue son formidable singulier comme un pluriel à la fois métamorphosé et pressenti.
Modigliani, qui n'était pas le plus mauvais pour appréhender les oeuvres de son ami, était d'une extrême lucidité quand il décrivait "Soutine voyant l'invisible derrière l'apparence... peignant la Commedia".
Les Portraits, en effet, sortant des catégories classiques du beau et du laid, bouleversant les âges, offrent une représentation humaine où la jeunesse triste, sérieuse, sans complaisance aucune dans sa figuration, est imprégnée de la sagesse pessimiste et de la mélancolie sombre de ceux qui ont déjà beaucoup vécu. Les petites filles sont effrayantes de maturité et rien ne nous signifie plus et mieux la fatalité de la mort et la finitude de cette coulée indistincte qu'est notre destin que cette obsession de Soutine de ne pas nous laisser croire, un seul instant, qu'un âge serait plus béni qu'un autre. Le temps est un bateau qui sans cesse nous met, se trouve au bord du naufrage.
Encore et toujours Soutine, pour nous nettoyer des miasmes et, paradoxalement, susciter une allégresse, une joie qui naissent de la vérité sans fard sur nous, avec la peur et l'espérance emmêlées au fil des jours.
L'ordre du chaos.
J'aime que Soutine, parvenant superbement à concilier l'improvisation et la fulgurance du chaos avec la discipline, le sens et la rectitude de l'ordre, nous adresse un message fraternel, à nous qui sommes composés de nuit et de jour, de terre informe et de riche matière, de rien et de tout.
D'ordre et de chaos.
Un bel article qui semble etre passe inapercu puisque sans le moindre commentaire dans Le Figaro : Soutine l'incompris
http://www.lefigaro.fr/arts-expositions/2013/01/04/03015-20130104ARTFIG00522-soutine-l-incompris.php
Rédigé par : Valerie | 06 janvier 2013 à 20:39
Bonjour,
Je me permets de vous contacter pour vous informer de la publication d'un DVD sur le peintre Chaïm Soutine.
Après trois ans de recherches à travers toute l'Europe, auprès de personnes l'ayant connu et de collectionneurs... j'ai produit un film documentaire qui relate son parcours et son oeuvre.
Il s'agit du seul film à l'heure actuelle traitant de cet artiste fascinant.
Pour plus d'informations, visitez notre site internet
Vous y trouverez un bon de commande à télécharger si vous souhaitez acheter ce DVD.
http://www.lesproductionsdugolem.com/soutine_golem.html
Rédigé par : Murielle Levy | 20 décembre 2012 à 15:39
@zenblabla
"Savonarole fait son coming out !
Ben oui...!, Savonarole est un artiste :
Il exprime !"
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Non, cher zenblabla, je ne suis qu'un sacripant.
Enfant j'adorais en sortant de l'école tirer les sonnettes dans tout le quartier, plus tard j'adorais tirer des coups de revolver à bouchon dans les cathédrales, ça m'amusait. Aujourd'hui ça m'amuse de vexer les vicaires de ce blog.
Rédigé par : Savonarole | 26 novembre 2012 à 11:04
MS
Je déteste les gens qui ne peuvent s’empêcher de nous abreuver de citations et références pour écraser les autres d'une culture trop fraîche pour avoir été oubliée, mais là, je ne résiste pas à la tentation de vous dire une note qui devrait vous intéresser :
En grec, le beau se dit kallos alors que le bien se dit kalos, et le verbe appeler kalo. Le beau est ainsi la forme que se donne le bien pour attirer à lui, et les muses en sont les formes humaines. « On nomme aussi le bien suressentiel "beauté", parce qu’il appelle toutes choses à lui » : cette citation de Denys l’Aréopagite sera reprise par saint Albert le Grand, Me Eckhart et le Cardinal de Cues.
Rédigé par : Xavier NEBOUT@MS | 25 novembre 2012 à 21:50
Savonarole fait son coming out !
Ben oui...!, Savonarole est un artiste :
Il exprime !
Sans doute redoute-t-il que son expression puisse s'approprier ?
Alors il redoute l'art..., et pour autant les artistes.
Les dézinguer, ce doit être pour lui pénible, et à la fois jouissif..., si l'artiste est un peu obligé, quand même jubilatoire par seulement lui-même.
L'artiste ne sert vraiment à rien !
Rédigé par : zenblabla | 25 novembre 2012 à 19:19
Hors sujet : Mon blog chez l'OBS (Internautes)
http://negavesque.blogs.nouvelobs.com/archive/2012/11/25/au-sujet-d-un-article-de-me-bilger-sur-l-affaire-bettencourt.html?c
(3minutes de lecture) Avec l'expression de mes meilleurs sentiments.
Rédigé par : marius NEGAVESQUE | 25 novembre 2012 à 18:44
Savonarole,
Je vous conseille de lire, entre autres, de Kandinsky, Du spirituel dans l'art et dans la peinture en particulier, Paris, Gallimard, coll. Folio Essais, 1989, et de Matisse, Ecrits et propos sur l'art, présenté par D. Fourcade, Hermann, 1972.
Rédigé par : Laurent Dingli | 25 novembre 2012 à 17:41
@calamity jane
"digna est intrare calamity jane, savonarola filia" (bon, c'est du latin de cuisine, je sais !)
Rédigé par : sbriglia | 25 novembre 2012 à 16:19
@ Savonarole
Concernant le rapport entre l’œuvre d’art et son créateur, voici ce que C.G Jung écrit :
La causalité personnelle a autant, et aussi peu, de rapport avec l’œuvre d’art que le sol avec la plante qui croît sur lui. Certes nous pourrons comprendre certaines particularités de la plante si nous connaissons les caractéristiques du lieu où elle se tient. Mais personne ne voudra prétendre que l’on connaisse ainsi ce qu’il y a d’essentiel dans la plante (…) L’authentique œuvre d’art tire son sens particulier de ce qu’elle réussit à se libérer de l’étreinte et de l’impasse du personnel, laissant loin derrière elle tout ce qu’il y a en lui de caduc et d’essoufflé.
Rédigé par : Tipaza | 25 novembre 2012 à 16:00
@ Savonarole
"J'évoquais les artistes, pas les écrivains".
Amusant. Je ne savais pas que Michel Ange était un esprit simple, que les Lettres à Théo étaient creuses, que Giorgione était inculte, que les écrits critiques de Kandinsky étaient à jeter, etc., etc. Notez qu’on en apprend tous les jours.
Concernant Caravage, à supposer qu’il ait été un crétin avant son séjour à Rome, il n’a pas dû le rester longtemps. Je me permets de vous conseiller le bouquin d’Hochmann sur Venise et Rome. Ut pictura poiesis.
PS : Pour le reste, votre pseudo mettait les écrivains et les artistes sur le même bûcher…
Rédigé par : Boris | 25 novembre 2012 à 15:32
La beauté, l'art, la musique me rendent muette, faisant place à une émotion qui n'a pas besoin de mot pour s'exprimer, de peur de gâcher ces instants de douce communion avec l'artiste, sinon peut-être "j'aime" comme une parole de tendresse murmurée à l'oreille de l'être cher.
En passant, respect à Soutine, artiste majeur parmi les grands de l'école de Paris, mais pas l'unique.
Mais aussi, honneur et respect à Préfète Duffaut (rien à voir me direz-vous avec le précédent à part la recherche coloriste) et pourtant l'un des plus grands peintres du panthéon haïtien décédé sept semaines plus tôt.
Rédigé par : Mary Preud'homme | 25 novembre 2012 à 14:37
Laissons les artistes à leur création, inutile de leur adresser la parole, ils ne disent que des bêtises.
...j'évoquais les artistes, pas les écrivains.
Faudrait s'entendre sur la définition du mot artiste, Savonarole, comme d'ailleurs sur celui d'écrivain.
Il est sûr au moins que ces termes ne sont en rien nominalistes ; ce n'est pas l'artiste qui fait l'œuvre mais bien l'inverse.
La question conséquente est : qu'est-ce qu'une œuvre d'art et qui peut en juger ? Le temps est souvent le meilleur ouvrier qui renvoie des Quinault et autre Chapelain à leur baril d'encre, ratifiant ainsi les jugements d'un Boileau plus enclin à promouvoir La Fontaine et Molière.
Ça ne ne nous dit encore rien sur la définition d'une œuvre d'art.
Camus, écrivain s'il en est, se disait artiste et ajoutait : "L’art n’est pas à mes yeux une réjouissance solitaire. Il est un moyen d’émouvoir le plus grand nombre d’hommes en leur offrant une image privilégiée des souffrances et des joies communes. Il oblige donc l’artiste à ne pas se séparer ; il le soumet à la vérité la plus humble et la plus universelle. Et celui qui, souvent, a choisi son destin d’artiste parce qu’il se sentait différent apprend bien vite qu’il ne nourrira son art, et sa différence, qu’en avouant sa ressemblance avec tous. L’artiste se forge dans cet aller-retour perpétuel de lui aux autres, à mi-chemin de la beauté dont il ne peut se passer et de la communauté à laquelle il ne peut s’arracher. C’est pourquoi les vrais artistes ne méprisent rien ; ils s’obligent à comprendre au lieu de juger."
"De la beauté... et de la communauté".
Les Grecs avaient un mot, "kalokagathia", signifiant à la fois beauté et bonté, exprimant ainsi que le beau est comme l'expression visible du bien. Evidemment, ce n'est pas un bien qui assène, il ne peut que suggérer et laisser chacun libre de voir. La beauté de la création quoi.
Rédigé par : MS | 25 novembre 2012 à 14:09
"Et Stefan et Lotte Zweig suicidés au Brésil ?""
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 25 novembre 2012 à 12:18
Véronique, j'évoquais les artistes, pas les écrivains.
Pour Zweig, je vous recommande "Le monde d'hier", formidable journal d'avant-guerre, aussi magnifique que "Notre avant-guerre" de Brasillach.
Pourtant, un monde les séparait.
Rédigé par : Savonarole@Véronique Raffeneau | 25 novembre 2012 à 13:07
C'est une grande erreur de croire qu'il y a chez l'artiste une pensée profonde.
F. Nietzsche prétendait qu'un tragédien est incapable d'éprouver ce qu'il interprète, car sinon, il deviendrait fou...
Pour s'en convaincre, il suffit d'écouter les interviews de Gérard Depardieu, Charles Berling ou Catherine Deneuve... ou de Marion Cotillard... un tombereau de crétineries.
Voyez ce brave Elvis Presley, incapable d'aligner deux mots, ou bien ce merveilleux Le Caravage, sombre salopard, meurtrier et homosexuel dépravé, qui nous a donné les plus magnifiques flagellations du Christ. Xavier Nebout sait-il que ce Caravage était homo ? Il va en tomber de sa chaire.
Pourtant, ces esprits simples ont un jour eu un momentum de génie.
L'affligeant Paul McCartney a écrit "Penny Lane".
Le sinistre Ravel a écrit "Le Boléro".
Et qui aurait voulu prendre un café avec ce crétin de Basquiat, qui vaut aujourd'hui des millions ?
Laissons les artistes à leur création, inutile de leur adresser la parole, ils ne disent que des bêtises.
Rédigé par : Savonarole | 25 novembre 2012 à 12:21
"Soutine, mort d'angoisse le 9 août 1943, parce qu'il était juif, et de génie" (Philippe)
"Il s'était surtout consciencieusement fabriqué un ulcère à l'estomac en éclusant à la terrasse de La Rotonde et de La Coupole à Montparnasse" (Savonarole)
Et Stefan et Lotte Zweig suicidés au Brésil ?
Stefan Zweig n'était que dépressif, sa jeune épouse qu'asthmatique ?
Si Savonarole !
En 1942 à Petropolis, en 1943 à Paris, on peut mourir de détresse, d'angoisse, de terreur et de chagrin.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 25 novembre 2012 à 12:18
Oui, c'est un bon compromis entre des artistes que je n'apprécie pas autant - les fauves, les expressionistes... J'ai vu ses tableaux récemment à la Pinacothèque, avec des Modigliani et d'autres de l'Ecole de Montparnasse. Sa vision de la réalité n'est pas la plus dérangeante, mais à mon avis la plus originale : dans ses jeux sur la perspective, et dans ses portraits.
Rédigé par : Boris | 25 novembre 2012 à 11:51
Hermann Goering, qui avait un goût très sûr, avait négligé Soutine, lui préférant Manet, Monet et il s'était même risqué sur un Picasso.
Rédigé par : Savonarole | 25 novembre 2012 à 10:59
@sbriglia
Comment, vous n'aviez donc pas lu le billet de Monsieur Bilger "Hopper la magie opère" ?
C'est qu'il fallait aller à Lausanne pour la voir...
Rien à rajouter pour ce billet dans l'ordre du chaos tandis que se prépare une magnifique exposition de Sam Szafran à la Fondation Pierre Gianadda à Martigny, en Suisse.
Rédigé par : calamity jane | 25 novembre 2012 à 10:58
« Encore et toujours Soutine, mort d'angoisse le 9 août 1943, parce qu'il était juif, et de génie. »
Le génie tuerait donc alors que le ridicule fait des robustes vieillards. La nature est vraiment mal faite !
Rédigé par : Achille | 25 novembre 2012 à 10:48
Tipiza
Votre commentaire m'a ravi.
Vous avez bien raison de ne pas aimer le mot "finitude", il réduit le sens du précieux mot "fin" en son double sens de but et de terme.
Rédigé par : Xavier NEBOUT@Tipiza | 25 novembre 2012 à 10:45
"Soutine, mort d'angoisse le 9 août 1943, parce qu'il était juif, et de génie."
Il s'était surtout consciencieusement fabriqué un ulcère à l'estomac en éclusant à la terrasse de La Rotonde et de La Coupole à Montparnasse. En témoigne le nombre de tableaux représentant des garçons de café et portiers en livrée. C'était son univers.
Qu'il soit aujourd'hui porté au pinacle est tout à fait mérité, toutefois la contemplation d'un Soutine donne parfois un sentiment d'absence d'identité propre, on y retrouve trop d'inspirations diverses : du Modigliani, du Chagall et surtout du Egon Schiele.
Rédigé par : Savonarole | 25 novembre 2012 à 10:18
Au Moyen Age, on ignorait la perspective comme on psalmodiait un texte pour ne pas en masquer sa réalité profonde.
Puis est venue la recherche du beau qui élève l’âme, celui des divines proportions, puis celui du charme.
Maintenant, le philosophe se demande si l’artiste doit rechercher le beau, le réel, ou ignorer l’un et l’autre pour rechercher et susciter une relation d’être à être.
Pour l’artiste, c’est autre chose : ne sachant souvent pas bien dessiner ni peindre ni être inspiré, en somme sans grands talents, il boit un grand coup, et l’œuvre reflète les errements de l’âme.
Alors, les découvreurs de génies s’extasient - génie au sens originel du terme - et délaissent l’élévation de l’âme. Les peintres de talents en sont réduits à faire de la reproduction, de même qu’un nouveau Beethoven serait cantonné aux musiques de film.
On peut préférer les rêves aux cauchemars, mais ça fait démodé.
Rédigé par : Xavier NEBOUT | 25 novembre 2012 à 08:08
Soutine ne m'inspire que peu, mais Monsieur Bilger et d'autres sur ce blog en parlent si bien - et puis l'Orangerie est pour moi de l'autre côté de la rue de Rivoli, juste un crochet avant d'aller visiter l'exposition Canaletto et Guardi !!
Rédigé par : Pietri S | 25 novembre 2012 à 07:36
Passionnant et curieux billet, en ce qu’il nous parle d’Art, c’est-à-dire de ce qui est éternel ; voilà qui nous change du conjoncturel de la politique.
Vous dire que je n’aime pas Soutine serait faible. Je ne discute pas son génie. Mais c’est un génie dérangeant, qui me met mal à l’aise, un génie enfermé dans sa souffrance intérieure.
Vous l’exprimez très bien : "sagesse pessimiste,…infinie tristesse de jeunes filles effrayantes de maturité,…fatalité de la mort,…finitude de notre destin".
Mais c’est horrible tout ça !!!
« L’ordre du chaos », un oxymore à la puissance deux ou trois. Car cet oxymore n’est pas entre l’ordre et le supposé désordre du chaos, il est entre la mort et la vie. Il y a une erreur d’analyse de la part de ceux qui ont choisi cet intitulé puissant. L’intitulé exact de cette exposition serait plutôt l’ordre de la mort.
Le chaos n’est pas seulement, n’est pas que le désespoir infini que nous offre Soutine, il est aussi le bouillon de culture dans lequel germe le nouveau monde. C’est même ainsi que le décrivent tous les mythes de l’humanité.
La vie naît du chaos et se perpétue dans un désordre apparent… mais apparent seulement, car il y a un ordre qui nous échappe.
Le chaos de Soutine est mortifère, il n’est pas porteur d’un « ordre nouveau ». Il est le chaos de la désespérance, celui de l’ Enfer.
Observez les toiles de Soutine, il n’y a pas de lumière, je veux dire de lumière qui vienne d’en haut, de lumière ouvrant sur l’infini. Ses toiles sont des natures mortes, en ce qu’elles montrent, comme vous le dites si bien, la finitude de notre destin, finitude inexorable.
Un autre peintre dépressif lui aussi, Van Gogh, nous a offert une autre lumière, et d’autres soleils, soleils bizarres, soleils délirants, mais soleils éclatants dans un ciel ouvert sur l’Univers.
Alors Soutine suscitant l’allégresse… hum… sans vous offenser, c’est l’allégresse des damnés, le sourire macabre du squelette.
Humain, trop humain, dans une période difficile historiquement, Soutine est un génie, celui des damnés pour l’éternité. Il n’a pas su voir la lumière au plus profond de l’obscurité. Au point zéro d’Hiroshima, l’herbe a repoussé, et cela Soutine n’a pas su l’anticiper.
C’est la finitude dans la tragédie qui me désole. Et le salut alors ??? Il n’y croit pas, quel homme malheureux il a dû être.
Des trois vertus fondamentales de la chrétienté, la Foi, la Charité et l’Espérance, il lui manque la plus importante, l’Espérance. La mort qu’il décrit de façon si morbide (si je puis dire), n’est pas la finitude (que je déteste ce mot !). Mais c’est un autre sujet… Quoique !
Vous avez « deviné » que je n’aimais pas Soutine, le grand Soutine.
Puis-je vous suggérer de passer de l’ombre à la lumière, en vous précipitant au Musée d’Orsay voir Monet, La femme à l’ombrelle. Une jeune femme à la sérénité apaisante, intemporelle. Vous y découvrirez la lumière, la tendresse, l’ordre, pas celui qui écrase, mais celui par lequel chaque chose est à sa place naturellement.
La paix de l’âme, un chaos de sérénité.
Rédigé par : Tipaza | 25 novembre 2012 à 07:24
La mémoire me fait défaut... qui a déjà dit que Chaïm Soutine était une sorte de soutier de l'âme, toujours prêt à écoper remugles et glaires pour donner un coup de fion à une oeuvre au noir impérieuse, expressionniste ? Ah oui, c'est moi, suis-je idiot. Bon d'accord je sors. Pas à l'Orangerie, c'est trop loin.
Rédigé par : scoubab00 | 25 novembre 2012 à 05:45