On me pardonnera, pour une fois, d'écrire un billet pour plaider ma cause et soutenir un projet.
Depuis longtemps - on peut me reconnaître sur ce plan une certaine constance -, je suis déçu par les entretiens, les interviews médiatiques, dans la presse écrite mais surtout à la radio ou à la télévision. En vrac, il n'y a pas assez de place ou on accepte trop aisément la superficialité des réponses ou on n'ose pas aller d'emblée au coeur du sujet - dans les sens humain et intellectuel de ce terme - ou on tombe dans le promotionnel et l'hagiographie ou, faute de bien connaître la politique, l'économie, la finance, le film ou le livre, celui qui questionne laisse l'autre mener à sa guise l'échange sans opposer aux absurdités la moindre contradiction. Sans avoir forcément une Claire Chazal à dénigrer, combien de professionnels sont décevants par rapport à ce qu'un citoyen espère, attend d'eux !
D'où, trop souvent, l'impression qu'il manque l'essentiel, qu'on a abusé de la complaisance et que si on a dilaté le banal, on n'a pratiquement jamais touché la cible.
C'est à cause de la conscience de cet inachèvement structurel et du fait qu'à chaque coup, l'interrogation centrale, capitale était éludée, oubliée, occultée par lâcheté ou par connivence, par faiblesse ou par ignorance, que j'ai songé à un processus, à un questionnement qui, médiatiquement, seraient d'une simplicité évidente et redoutable.
Aux personnalités de notre monde politique, intellectuel, judiciaire, médiatique, culturel, artistique, sportif, habituées à n'être vraiment jamais rudoyées, je ne poserais qu'une seule question et elles auraient le droit d'y répondre sans être interrompues. Il ne s'agirait pas de n'importe quelle interrogation mais de celle qui, parce qu'elle est susceptible de faire vraiment mal, n'est jamais formulée. Il y a la plupart du temps, en tout être exposé publiquement et s'offrant par ses propos, ses oeuvres ou ses positions à l'opinion de ses concitoyens, une capacité de résistance, une aptitude à la tolérance mais je suis persuadé que chez chacun pourtant, la faille existe, la fragilité, le tremblement ou la peur. Ce je ne sais quoi qui révèle, qui dépouille, qui authentifie, qui désarme ou affermit. Qui fait que "je" devient un autre.
Cette unique question serait posée et autoriserait une réplique d'autant plus argumentée qu'il n'est personne dans l'espace public qui ne connaisse intimement ce dont on l'accable, ce qui est sa croix ou sa plaie profonde.
Imaginons BHL, Alain Finkielkraut, Jacques Attali, Alain Minc, Denis Olivennes, DSK, Nicolas Sarkozy, Jean-Luc Mélenchon, des cinéastes, des écrivains, des comédiens, Noah, Catherine Deneuve, Gérard Depardieu, des sportifs, une multitude de gens dans la lumière... Imaginons-les n'avoir à relever que cet unique défi : résister à l'accusation qui vient profondément les troubler, les irriter parce qu'elle est trop vraie peut-être, les offenser parce qu'elle est trop injuste...
Je n'ai pas envie de dévoiler, au sujet de chacun, la phrase, ma phrase qui viserait juste, qui ferait mouche. Surtout ne pas se tromper : serrer au plus près, au plus dur. Puis attendre, puis écouter.
Juste un exemple pour bien faire percevoir l'originalité de cette démarche. Au lieu de devoir m'appesantir sur ma prétendue vanité, mes positions politiques, mon tempérament compliqué, ma passion de la parole, je serais déstabilisé si j'étais confronté à mon désir forcené d'être aimé, à mon angoisse de l'abandon. On quitterait enfin la périphérie pour atteindre le centre.
Je rêverais d'entretiens où l'interrogation interdirait toute fuite. Cinq minutes de vérité. Tout entier dans sa réponse. Le salut ou la chute. La nudité de l'être contre l'artifice des conventions médiatiques.
Pour être franc, ce projet a été proposé et il a été refusé. En tout cas par quelques télévisions.
Cependant, je persiste. Dans ces cinq minutes de vérité ou "cette minute de Philippe Bilger", il y aurait quelque chose de neuf, d'abrupt, de sincère. On ne se dirait pas comme après tant d'interviews : pourquoi n'a-t-on pas posé LA question ?
Rien de plus passionnant, de plus fascinant que de voir, d'entendre une personnalité piquée au vif se défendre, protester parce qu'il s'agirait de son existence même. Une image de soi mise en cause dans, par une seule question.
J'espère qu'il y a encore des audacieux. Pour le tenter, le faire, pour s'y risquer.
Peut-on revenir sur un billet ancien malgré votre quota demandé ? Votre veto ne permettrait pas alors un échange éventuel, en toute courtoisie !
Si vous l'autorisez, pour revenir à Gérard Depardieu, entre autres informations, à travers ce lien, l'analyse de la TV russe, assez truculente !
http://www.youtube.com/watch?v=pnDquUFj0Ho
Rédigé par : Marie | 14 janvier 2013 à 10:13
On nous tue trois Kurdes en plein Paris, un pilote d'hélicoptère au Mali, un agent de la DGSE et pas une voix ne s'élève chez les journalistes français pour demander "cinq minutes de vérité" ?...
On voit bien que Sarkozy n'est plus au pouvoir, il y aurait eu Barnum et Bouglione sur toutes les chaînes de TV...
Rédigé par : Savonarole | 12 janvier 2013 à 20:21
"C'est à cause de la conscience de cet inachèvement structurel et du fait qu'à chaque coup, l'interrogation centrale, capitale était éludée, oubliée, occultée par lâcheté ou par connivence, par faiblesse ou par ignorance, que j'ai songé à un processus, à un questionnement qui, médiatiquement, seraient d'une simplicité évidente et redoutable.
....
Je n'ai pas envie de dévoiler, au sujet de chacun, la phrase, ma phrase qui viserait juste, qui ferait mouche. Surtout ne pas se tromper : serrer au plus près, au plus dur. Puis attendre, puis écouter."
Pourquoi pas en effet?
Je me rappelle, et je m'en souviens, quand au cinéma jouèrent quelques grands artistes-acteurs pour dire leur CV à Saint-Pierre...
Ils jouaient le moins possible, et plus jouaient-ils, moins bons étaient-ils à l'écran!
Pas cinq minutes, une heure trente au moins...
J'aimerais un procès, mené en manière médiatique, qui convoquerait tels ou tels reclus en médias, alors raconterait.
Vous sauriez rendre la chose intelligente, par delà l'intelligence journalistique, et l'audience serait à coup sûr au rendez-vous pour constater ou se repaître d'une presse suffisamment engluée!
Rédigé par : zenblabla | 12 janvier 2013 à 02:12
claggart - Gilbert Martinet dit GM
Un peu de bienveillance réconforte toujours ; tous et toutes y sommes sensibles, merci !
"Pitoyable comme toujours" vous avez raison claggart et effrayant quand ce malotru vulgaire et grossier se prétend enseignant... il y a tout à craindre pour ces enfants qui sont en danger LOL
Aucun parent n'oserait confier ses enfants à de tels ostrogoths ? ! L'Education nationale s'affirme de plus en plus comme un repère d'individus peu recommandables !
Pour ma part :
- Ces échanges me donnent envie de vomir !
J'en ai assez lu, le caniveau très peu pour moi, merci !
Rédigé par : Pietri S | 11 janvier 2013 à 17:06
@claggart | 11 janvier 2013 à 12:11
Monsieur oursivi applique avec un peu d'avance le mariage pour tous !!
@oursivi !
"Je me suis attardé devant la grille
Pour revoir le vieil ours faire le beau
Pour lui, nous étions un peu la famille
Vivant du meilleur côté des barreaux..."
http://www.youtube.com/watch?v=xyU6IHCfCRQ
Rédigé par : Marie | 11 janvier 2013 à 17:00
Juge et partie également sur le blog de Justice au singulier en l'écriture de Pietri S !
Je me demandais : faut-il prononcer le pseudo avec un "e" à la fin ? ou bien avec un "a" (de pietra) cad pierre !
A moins que le S majuscule suffise pour la phonétique de "esse" !
aol, bol, col, dol, eol, fol, gol, hol, iol, jol, kol, lol, loL, lOL, LOL mais c'est bien sûr !
Rédigé par : calamity jane | 11 janvier 2013 à 14:27
Oursivi veut me coller dans le lit de Pietri S ; il veut aussi y coller Alex ; sans préciser dans quel ordre, ou ensemble, et sans l'avis de Pietri S.
PS : oursivi a dit "Je suis impitoyable, ce soir".
J'imagine que c'est un lapsus, et qu'il voulait dire : "Je suis pitoyable, comme toujours".
Rédigé par : claggart | 11 janvier 2013 à 12:11
Rédigé par : Pietri S | 11 janvier 2013 à 07:36
Ah enfin du bien tordu, du bien rance, du bien glaviotant.
Pietri, ce ne pouvait être que vous !
Je vous retrouve là comme à nulle autre pareille, enfin de la haine comme on l'aime.
Suis malheureusement fort occupé à accueillir des étudiants ce jour mais je reviendrai vous remercier plus avant.
AO
Rédigé par : oursivi | 11 janvier 2013 à 11:52
Rien à rajouter aux propos de Catherine A que j'aurais pu écrire à la virgule près. Si ceci (pour M. Bilger qui chanta les louanges du sieur Badinter) : la valeur d'un homme ne se mesure pas à ses actes ou prises de position sur un sujet si démagogiquement et faussement humaniste. Sa non valeur se juge à l'aune de son incapacité à la vérité, de son mépris des humbles face à la collusion de caste ou d'amitié. Aimer un ami est-ce savoir le défendre de lui-même ou faire l'apologie de son "Indéfendable" ? Badinter n'a jamais été grand, il s'est servi d'une grande cause pour son aura. Avec l'affaire DSK il est redevenu ce qu'il est, "un petit monsieur" cynique et méprisant puisque niant ce que tous savaient et lui plus que les autres...
Rédigé par : une fan | 11 janvier 2013 à 08:58
Hors sujet, mais si peu !
A sa sortie j'avais osé 'dire/écrire' que 'Les Intouchables' était un film éminemment raciste, puisqu'il maintenait l'homme de couleur dans un rôle de dépendance à l'homme blanc, de feudataire, aux champs de coton on avait substitué des appartements confortables. Insultes et autres sarcasmes n'ont pas tardé...
Omar Sy était le fou du roi qui avait droit à la parole comme amuseur, Omar Sy se prêtait à ce jeu, mais le garçon semble assez intelligent pour ne pas avoir été dupe... Il donnait bonne conscience au cinéma français et à certains germanopratins pas seulement : mais le cinéma est culturel, et les Américains n'ont pas nominé ce film considéré comme raciste et provocateur, selon la culture américaine.
La culture universelle n'existe pas, les Français ne l'ont manifestement pas encore compris !
Rédigé par : Pietri S | 11 janvier 2013 à 08:20
oursivi
Vous êtes célébre et reconnu, vous faites l'unanimité contre vous, vous n'êtes qu'un misérable, minable et médiocre personnage.
Continuez à vous gaver de votre fange et à patauger dans vos immondices ; vous n'y entraînerez personne, vous êtes unique !
Rédigé par : Pietri S | 11 janvier 2013 à 07:36
"Et puis, des ennemis, c'est bien aussi, cela distrait."
Quoique, on les aime éblouissants ses ennemis, là, vos insultes... quel plan-plan.
Je ne sais pas moi, innovez, inventez quelque insulte de personnelle facture... je ne vous inspire pas mieux ?
Vous vous insultez à m'insulter si mal.
Allez, un effort, un peu de talent que diable !
AO
Rédigé par : oursivi | 11 janvier 2013 à 00:23
"... demander à Deneuve de quel shampoing elle use pour se laver la tête depuis la mort tragique de sa soeur,..."
Rédigé par : oursivi | 10 janvier 2013 à 15:58
Votre prose si prétentieuse méritait bien d'engluer un jour un commentaire aussi minable. Quelle suffisance. Quel médiocre.
Rédigé par : Chatte Anna | 10 janvier 2013 à 23:34
Cher Philippe,
Une autorité administrative indépendante et marquée politiquement 100% à gauche avec la nomination au Conseil Supérieur de l'Audiovisuel du très politique Olivier Schrameck, c'est une institution apolitique en moins. C'est la mort de l'indépendance du CSA.
Jusqu'où peut-on aller avec la dictature et la censure militante socialiste ?
Vive la liberté et que revive la France.
Et que dégage ce gouvernement illégitime !
françoise et karell semtob
Rédigé par : semtob | 10 janvier 2013 à 22:59
Christian C 19.42
J'ai oublié le principal, ce qui est votre marque de fabrique, qui méritait un commentaire supplémentaire, et à part : l'apport essentiel et renversant de votre commentaire au sujet proposé par Monsieur Bilger ! LOL LOL
Dommage que vous n'ayez rien trouvé de plus à ajouter à tout ce qui a déjà été écrit, peut-être que le niveau est trop élevé pour vous LOL LOL Vous l'avez cherché LOL LOL
C'est du second degré... il me semble important de vous le préciser, on ne sait jamais LOL
Rédigé par : Pietri S | 10 janvier 2013 à 20:50
Christian C 19.42
Excellent début, votre commentaire prouve que vous savez compter jusqu'à 14...
Persévérez en procédant à une analyse plus fine, par exemple : par nbre de consonnes, de voyelles, de ";", de ".", de ":", de "!", de "LOL" bien évidemment... LOL vous devriez peut aussi prendre en compte les espaces !
Vous êtes libre de la précision de votre analyse, je suggère une présentation type analyse abscisse/ordonnée.
... et continuez par une analyse sémiologique, juste pour vous occuper LOL
Rédigé par : Pietri S | 10 janvier 2013 à 20:45
Rédigé par : Alex paulista | 10 janvier 2013 à 16:24
Alex, les soupirs furent produits quand il leur fallut arrêter.
Si vous continuez, je vous colle dans le lit de Pietri.
Je suis impitoyable, ce soir.
AO
Rédigé par : oursivi | 10 janvier 2013 à 20:09
@ Chatte Anna
Les deux sont possibles : Pierre de la Ramée a répandu les lettres - ramistes - j et v dès 1559.
C'est aussi lui qui a introduit les mathématiques au Collège de France. Pour la peine, un de ses collègues envieux a profité de la Saint-Barthélémy pour l'assassiner... Le malheureux étant calviniste.
Rédigé par : Boris | 10 janvier 2013 à 20:07
Pietri, si vous continuez on vous colle dans le lit Claggart.
Je sais, c'est dur.
Très.
Mais qui aime bien, châtie bien.
AO
Rédigé par : oursivi | 10 janvier 2013 à 20:05
Cher Philippe,
Je viens de me livrer à un rapide calcul : un(e) seul(e) fan vous a adressé sur ce seul billet 14 (quatorze) commentaires.
Peut-être pourriez-vous vous fendre d'une demande en mariage ?
Rédigé par : Christian C | 10 janvier 2013 à 19:42
@Boris
Merci pour votre rafraîchissant "hors-sujet".
Vous allez dire que je pinaille, mais n'est-il pas préférable d'écrire "iudicaret" ?
Je ne suis pas sûre que votre orthographe ne soit pas valable, mes souvenirs de latin sont loin maintenant.
Excusez-moi, Monsieur Bilger, pour la reprise du hors-sujet.
Rédigé par : chatte anna | 10 janvier 2013 à 18:47
@sbriglia
Décidément je renonce à faire l'éducation de sbriglia ; non seulement il croit toujours que le "master at arms" donne des leçons d'escrime mais en plus qu'il a des galons, alors que c'est généralement un "petty officer".
Salut les terriens
Rédigé par : claggart | 10 janvier 2013 à 18:04
Rédigé par : sbriglia@claggart | 10 janvier 2013 à 07:09
Billy Budd ! Bravo sbriglia, y a qu'ici que l'on trouve soudain des références que l'on ne voit nulle part ailleurs... Avez-vous vu le film de 1962 avec l'énigmatique acteur british Terence Stamp ?
Avec le salaire de Dany Boon les Anglais pondaient à l'époque dix chefs-d'œuvre...
PS : pour les cinéphiles le nom de Dany Boon figure dans le film "Billy le menteur", avec Tom Courtenay et Julie Christie.
Rédigé par : Savonarole | 10 janvier 2013 à 17:30
Alex paulista 14.24
Merci pour votre commentaire plein de bon sens et apaisant face à la profusion de commentaires orgiaques, à la débauche écrite de certains mâles, ces "old chauvinist pigs" sexistes et détestables !
Rédigé par : Pietri S | 10 janvier 2013 à 17:06
"En plus, vous me faites bien rigoler avec cette nuance entre "soirées libertines" et "partouzes avec des prostituées" : tous les clubs libertins sont remplis de prostituées. Si elles ne sont pas fournies par le club lui-même elles viennent avec les clients."
AP
C'est fort juste, mais ne m'attribuez pas les propos de JDR, même si, globalement, je plussoyais* à ceux-là.
Cela écrit, me revient un soir de 99 où une fille - ma foi, jolie - m'aborda dans Paris et me proposa après deux whiskys de me faire connaître de ces endroits qu'elle semblait connaître fort bien.
Elle était tellement délurée qu'elle m'a fait un brin peur et que me suis dégonflé.
Ce sera pour une autre vie. J'ai appris quelques mois après qu'elle avait été internée... Gentille no-limit-fille complètement paumée, avec, bouée de sauvetage ou ancre à son cou, d'être en plus fort jolie. Elle n'était en rien prostituée, juste totalement larguée de toutes les amarres sociales qui nous recadrent.
AO
* je crois qu'on l'écrit ainsi, mais maître Capello-Claggart me corrigera avec sa règle en bois si je me trompe.
Rédigé par : oursivi | 10 janvier 2013 à 16:38