Tout naturellement, les défaillances, voire l'impuissance de l'Etat, les carences de certaines gestions municipales, l'inaction de la police ou, pire, l'impossibilité de ses interventions ont conduit des citoyens plus responsables, plus déterminés que d'autres à prendre en main leur destin quotidien et à sauvegarder leur cadre de vie.
Ce qui est nouveau tient à la multiplication de ces démarches collectives qui constituent autant de condamnations des incuries en amont qu'une volonté positive de faire front et de répondre aux défis de cités gangrenées par des minorités dévoyées en aval.
Certes, l'essentiel de ces révoltes citoyennes se rapporte à la lutte contre les dealers qui pourrissent littéralement l'existence de la majorité des familles confrontées à ce fléau d'une délinquance tellement évidente, familière, banale qu'elle en deviendrait quasiment irrésistible, comme une anomalie à ce point intégrée qu'à la longue elle ne serait plus remarquée et détruirait l'environnement humain et matériel sans que quiconque songe même à esquisser le moindre geste de refus.
Mais, au-delà des rondes de nuit et d'une politique de présence destinée, de la part des habitants concernés, à opposer leur légitimité honnête à la domination désordonnée et dangereuse de mineurs et de jeunes gens laissés à l'abandon, ce sont les conditions même de la vie commune qui sont préservées ou réparées. Tout ce qui, hier, était accepté, la dégradation au jour le jour des immeubles, des ascenseurs et des espaces communs, la privatisation de ceux-ci au bénéfice d'une minorité assurée de son pouvoir et de sa capacité d'intimidation - tout est ressaisi, contre les bandes et le délitement, par des groupes qui en ont eu assez d'attendre une aide, une action ou la manifestation d'une solidarité.
Ainsi, des riverains se sont organisés et mobilisés dans la cité des Marguerites à Sevran, dans le quartier du Colombier à Bezons et au Valibout à Plaisir.
A Ris-Orangis, rue Henri-Sellier, des locataires exaspérés interpellent la municipalité, dénoncent des nuisances contre lesquelles personne ne fait rien et mettent en cause l'absence de la police. On leur répond que "le travail de police et de justice est en cours avec la préfecture, le commissaire et le parquet. Il y a déjà eu des interpellations" (Le Parisien).
On sait ce que cela veut dire. A l'écoute de telles explications, je devine le désabusement.
Que le civisme conduise à se substituer - sans tomber dans des abus qui seraient immédiatement dénoncés par ceux-là même qui remplissent si mal leur mission face aux fauteurs de troubles - aux autorités incompétentes ou indifférentes semble de prime abord une conquête et un sursaut qu'il convient de saluer. Ces citoyens n'ont plus le choix.
Pour qu'ils ne soient plus tenus d'administrer, de contrôler et de prévenir à la place des services leur offrant de "bonnes paroles" mais guère de concret, encore faudrait-il que ceux-ci soient profondément conscients de ces quotidiennetés gâchées et de la nécessité, devant les inévitables conflits qu'une lutte acharnée contre les dealers et les saccageurs ne manquerait pas de susciter, de ne pas se tromper de coupables : ce ne sont pas les victimes ni les forces de l'ordre, mais les créateurs de désordre, les délinquants, les trafiquants.
Ce droit de cités n'a pour ambition à la fois modeste mais si indispensable en de tels lieux et pour tant d'honnêtes gens que de rendre la vie de tous un peu plus "vivable".
Ce pourrait être l'objectif de la politique.
Des citoyens ont décidé d'en faire leur cause. Une démocratie du ras-le-bol, de l'impatience et de l'empirisme.
Mais ce nœud me tiendrait en esclave enchaînée,
S'il m'empêchait de voir en quels lieux je suis née
Julie dans Horace de Corneille
Dans n'importe quel lieu que nous soyons né, nous méritons tous de n'être pas les esclaves enchaînés, à un moment donné, d'un ou plusieurs nœuds qui nous enserreraient et entraveraient notre liberté (ici représentés sous la forme de nuiseurs que l'on sait).
Rédigé par : Carl+Larmonier | 24 janvier 2013 à 18:06
Il semblerait que certains invités de ce blog ne veulent pas accepter les recommandations, pourtant simples, de notre hôte, soit les attaques ad hominem, degré zéro de la discussion, de l’échange. Les dernières interventions de 16H26 et du « Soupçonneur » sont… surprenantes. Je soupçonne, tu soupçonnes, ils soupçonnent.
Allez, je risque des LOL LOL LOL… Faut rigoler… (Henri Salvador)
@ Xavier Nebout
Le ridicule tue-t-il encore ?
@ Camille
Cordialement
Rédigé par : Nath | 24 janvier 2013 à 16:59
Xavier Nebout 11.57
Pourquoi "soupçonner" ils sont enseignants, ils le déclarent volontairement, comme si leur syntaxe ne suffisait pas à les identifier... jamais capable de se remettre en cause, si mauvaise interprétation d'une phrase/d'une formule c'est la faute du lecteur jamais du rédacteur, selon la bonne formule obsolète "le prof a toujours raison". Seul un enseignant est capable de continuer à produire du texte d'une longueur infinie sans se poser la question de l'intérêt rencontré et du rapport au sujet proposé, toujours hors du temps !
Ne soupçonnez plus, affirmez, vous aurez raison et ce sont des enseignantes en majorité ! Il est aussi possible de zapper, quelquefois de nombreux clics sont obligatoires LOL LOL
Rédigé par : Pietri S - | 24 janvier 2013 à 16:26
@ Xavier Nebout
A la retraite. C'est le jardin d'Eden après la vie active (si, si, un fonctionnaire bosse quand même !). Halte aux préjugés !
@ Nath
J'ai relu, honte à moi.
Rédigé par : Camille @ Xavier Nebout @ Nath | 24 janvier 2013 à 15:00
@Catherine Jacob
Merci beaucoup Catherine Jacob, de plus pour la vidéo que j'ai écoutée avec beaucoup d'intérêt.
Je répondrai par ces vers magnifiques de Verlaine (que Léo Ferré a chanté en son temps).
(...) Car nous voulons la Nuance encore,
Pas la couleur, rien que la nuance !
Oh ! la nuance seule fiance
le rêve au rêve et la flûte au cor !
Art Poétique - Verlaine
On aimerait comme seule nuance l'harmonie d'être en paix (et je préfère la flûte au cor que la cacophonie pour androïdes qu'est la musique de David Guetta)
Mais comme seule fiance aurions-nous la perspective de ces joueurs d'Aulos/Délinquants ?
toujours Verlaine, toujours Art poétique
(...) De la musique encore et toujours !
Que ton vers soit la chose envolée
Qu'on sent qui fuit d'une âme en allée
Qui sonne creux et faux sous la lime
Le verbe de Socrate était bien ce vers envolé
Maintenant dans les banlieues, ses allées
Plus que la lime c'est le canif
Qui à droit de cité
Rédigé par : Carl+Larmonier | 24 janvier 2013 à 12:53
@certains que je soupçonne d'être des enseignants et autres fonctionnaires plus ou moins payés à faire semblant de travailler.
Ca ne vous dérange pas de vous répandre dans le blog de M. Bilger pendant que vous êtes censés bosser ?
Rédigé par : Xavier Nebout | 24 janvier 2013 à 11:57
@ Catherine JACOB
Je vous remercie de me rappeler la loi, qui, en soi, n'est pas si mal faite. Mais la manière dont les agrégés du secondaire sont choisis pour enseigner en fac, sous quelque statut que ce soit et si l'on va au fond des choses, n'a pas grand-chose à voir avec le droit. La souplesse de l'échine est une condition nécessaire - pas toujours suffisante, je vous l'accorde.
Bref, ce qui m'intéresse, ce sont les conditions d'application : la façon dont la loi est assouplie par les coutumes locales de l'Alma Mater. Et d'abord en ce qui concerne le recrutement.
Tenez, je vais vous donner un exemple, qui n'est pas spécialement à ma gloire : quand j'étais en Master 2 (à l'époque, ça s'appelait un DEA), il venait d'y avoir une réforme obligeant les étudiants de ce niveau à passer une UV de licence supplémentaire. J'ai choisi une UV assurée par le prof qui dirigeait mon mémoire. Lorsque je me suis présenté pour l'oral, mon prof m'a demandé ce que je faisais là... Il m'avait déjà mis la note, aux alentours de 19 si je me souviens.
Eh bien, figurez-vous que je ne me suis pas conformé à l'impératif kantien. Je n'ai pas non plus dit : "Quitte à avoir 2, je vous rappelle qu'il est préférable de subir l'injustice que de la commettre !".
J'ai banalement empoché ma note...
Evidemment, il y a des cas plus célèbres et plus importants que le mien. Pour ma prochaine réincarnation, je choisirais bien "Petite souris dans la salle de la commission de recrutement des maîtres de conférences de Paris IV"...
Rédigé par : Boris | 24 janvier 2013 à 11:12
On sait très bien que la mission de chargé de TD est une passerelle pour accéder tranquillement à maître de conférence, terminer en un temps record son mémoire, pour accéder sans examens CRFPA à l'EFB, pour devenir avocat. Tout est fait pour ménager un étudiant laborieux mais soucieux d'embrasser la même profession que son papa, il sera avocat sans avoir à fournir d'efforts particuliers. Comme Rachida Dati en son temps est devenue juge avec un Bac +2, le système des passerelles permet à des médiocres de gouverner en donnant des leçons de méritocratie.
Rédigé par : SR | 24 janvier 2013 à 10:49
On voudrait tout quitter
Se dire que ça va changer
Mais on reste là
Et on bouge pas
Il faut s'en aller, s'en aller, s'en aller, s'en aller (ad libitum)
C'est la fin d'une chanson de CharlElie Couture, "Rien à l'horizon", qui date, je crois, des années soixante-dix ou quatre-vingt, et qui pourrait quasiment être utilisée en musique de fond de cet article (même si CharlElie Couture pouvait y donner un autre sens à ce moment-là).
Rédigé par : Carl+Larmonier | 24 janvier 2013 à 09:39
@Carl+Larmonier | 23 janvier 2013 à 09:34
"dans quelle famille, donc, lorsqu'il faisait ses excellentes comparaisons pour étayer ses discours, aurait-il classé les délinquants ?"
Dans celle des buveurs de cigüe probablement : Voir http://www.buddhachannel.tv/portail/local/cache-vignettes/L500xH326/socrate_mort-372d0.png (= David. La mort de Socrate (1787) - Metropolitan Museum of Art)
A Criton, qui lui propose d’organiser son évasion, Socrate répond en imaginant un dialogue avec les Lois : « Si, enfreignant les lois de ta Cité, tu te rends dans une ville voisine, ses habitants te regarderont comme un rebelle aux lois… Alors, auras-tu encore le front de leur répéter ce que tu nous disais ici ? Que la Vertu et la Justice sont ce qu’il y a de plus estimable en ce monde, de même que la Légalité et les Lois ?»
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Voir encore : http://www.franceculture.fr/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-lectures-de-la-republique-de-platon-44-le-bannissem : Lectures de la République de Platon 4/4 : le bannissement de la poésie et le mythe d'Er
"Dans la République, Platon propose de bannir de la Cité idéale les joueurs d'aulos (instrument du satyre Marsyas, jugé orgiaque et dionysiaque), au profit de la cithare, de la lyre, instrument d'Apollon, et de la flûte accompagnant le chant (mais les « aulètes » sont admis à nouveau dans l'autre utopie de Platon, les Lois, ouvrage de vieillesse). Enfin, la simplicité est requise dans l'accompagnement du chant à l'unisson (pas trop d'ornementation et d'hétérophonie).
On tiendra compte de la différence des sexes pour concevoir une musique « qui a de la grandeur et entraîne au courage » (pour les hommes), et « qui entraîne à la modestie et à la sagesse » (pour les femmes). Les concours musicaux seront jugés sous la présidence d'hommes âgés et avisés. Ainsi la musique, traitée en « affaire d'État », peut-elle, selon Platon, restaurer l'ordre et l'entente chez l'homme, ce qui est sa vocation primitive (Timée, dialogue faisant état des théories pythagoriciennes du nombre), et honorer les divinités." - Extrait de l'article de l'Encyclopédie -
Si les joueurs de flûte sont des délinquants dans une Cité qui traite la musique en affaire d’État, imaginez un peu ce qu'il en serait du remixeur David Guetta et de ses soirées !
Rédigé par : Catherine JACOB@ Carl+Larmonier | 24 janvier 2013 à 09:18
@Boris | 23 janvier 2013 à 20:29
"Enfin, sachez qu'il y a une différence notable entre chargée de TD et PRAG. Les PRAG donnent des cours magistraux.
Et que les non-dégourdis représentent 99 % des agrégés et un bon pourcentage des normaliens. Je ne doute pas que Jean Sarkozy soit dégourdi. Il a de qui tenir. Le vélociraptor aussi était salement dégourdi..."
" Les professeurs agrégés dans l'enseignement supérieur:
-Professeurs agrégés affectés dans les Universités et les Instituts Universitaires de Technologie
Depuis 1972, les professeurs agrégés, comme les professeurs certifiés, les professeurs des lycées professionnels et les professeurs d'EPS, peuvent être affectés dans un établissement d'enseignement supérieur, leurs obligations de services sont régies par le décret 93-461 à hauteur de 384 heures par an et peuvent être aménagé selon le décret 2000-552.
Lorsqu'il est affecté dans une université ou un IUT, le professeur agrégé n'est pas un enseignant-chercheur, et effectue de ce fait le double d'un service d'enseignement d'un enseignant-chercheur.
Bien que ce ne soit pas sa mission, il peut être amené à s'intégrer aux équipes de recherches de l'établissement. (Quand c'est le cas, et que l'enseignant n'effectue cependant aucune recherche ce dont peut attester une absence de publications durant un temps déterminé comme c'est arrivé à Metz, l'université peut demander le remboursement des heures passées à bâiller aux corneilles.)
Les professeurs agrégés affectés dans un IUT ou une Université sont généralement désignés dans le jargon de l'enseignement supérieur par le pseudo acronyme « PRAG » construit à partir des deux premières lettres des mots « PRofesseurs » et « AGrégés ».
Les conditions d'affectation des enseignants du second degré dans les établissements d'enseignement supérieur sont détaillées dans le Bulletin Officiel: http://www.education.gouv.fr/bo/2007/43/ESRH0700215N.htm
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"Les Travaux dirigés ou TD sont une forme d'enseignement qui permet d'appliquer les connaissances apprises pendant les cours théoriques ( fait par des enseignements de diverses catégories: Chargé d'enseignement, PRAG, MC, Professeur des Universités ) ou d'introduire des notions nouvelles. Les élèves ou les étudiants travaillent individuellement sur des exercices d'application ou de découverte, en présence du professeur, qui intervient pour aider et pour corriger les exercices. Les travaux dirigés se font dans un groupe d'effectif réduit, pour que le professeur puisse aider plus facilement les élèves ou étudiants et adapter ses interventions à leurs difficultés." - Définitions Wikipédia complétées -
La première différence entre un PRAG et un Chargé de TD c'est que le PRAG est un enseignant titulaire et que le chargé de TD, généralement vacataire, peut être un étudiant de l'Université ou un professeur agrégé de l'enseignement secondaire effectuant ainsi un complément de service à titre de vacataire, selon les ressources humaines dont dispose l'enseignement supérieur concerné.
Quand les étudiants sont chanceux, par ex. à Strasbourg à Faculté des lettres, leurs TD sont effectués par un tel agrégé.
Rédigé par : Catherine JACOB@Boris | 24 janvier 2013 à 08:56
@Camille
Restez zen ! Je ne m’adressais pas à vous mais à la réponse de Pietri S. Relisez bien mon post... Je ne me « complais pas dans des accusations imaginaires ». Je donne un (et mon) avis.
J'ajoute que même en ZEP, on a d'heureuses surprises en voyant des élèves progresser.
Cependant, de nos jours, l'enseignement n'est pas toujours de tout repos... et beaucoup font porter le chapeau aux profs, aux policiers, à la Justice, aux laveurs de carreaux et aux éleveurs de lapin à rayures.
Ah mon bon monsieur !
Rédigé par : Nath | 24 janvier 2013 à 06:30
@ Boris
On est d'accord en fait: PRAG est un bien meilleur statut que vacataire. J'avais compris que votre amie voulait être chargée de TD...
Mais JS ne prend aucun poste, il est juste vacataire ce qui n'a rien de choquant au vu de son CV.
Après, le manque criant de postes au CNRS est un problème réel mais indépendant.
Rédigé par : Alex paulista | 24 janvier 2013 à 02:15
@Camille
Vous m'avez fait penser à une chose d'importance, soudainement primordiale (en rebondissant sur mon commentaire par rapport à Socrate).
Cela m'est apparu comme une illumination.
Du temps des Grecs ils avaient l'agora pour se retrouver.
Dans les cités, dans les banlieues quel(s) endroit(s) serai(en)t susceptible(s) de représenter la même chose pour les pauvres gens qui voudraient parler ?
Les cafés, à part chez eux, entre eux ? De plus, on est de plus en plus dans une époque "individualiste", où le "entre eux" est, et sera, dès à présent, de moins en moins de mise.
Du temps du Moyen Age, ils avaient la place publique.
De plus, du temps des Grecs, ils étaient en majorité ; c'est même curieux de voir qu'il ait pu y avoir en un seul endroit, au même moment, tant de brillants penseurs et tant de brillants philosophes, d'un coup.
Ca devait fuser en permanence.
Maintenant, comment fuser, que par protestation ?
Rédigé par : Carl+Larmonier | 23 janvier 2013 à 20:35
@ Alex paulista
Quel bonheur si vous aviez raison ! Par malheur, nous ne vivons pas dans la République des Bisounours, mais dans celle de l'UMPS. D'ailleurs, dans pas mal de disciplines, il y a un poste tous les dix ans, et il est déjà réservé depuis quinze...
J'imagine aussi que certains présidents de fac ont envie de devenir recteur en 2017 - et certains profs présidents de fac. Figurez-vous que ça s'est déjà vu...
Enfin, sachez qu'il y a une différence notable entre chargée de TD et PRAG. Les PRAG donnent des cours magistraux.
Et que les non-dégourdis représentent 99 % des agrégés et un bon pourcentage des normaliens. Je ne doute pas que Jean Sarkozy soit dégourdi. Il a de qui tenir. Le vélociraptor aussi était salement dégourdi...
PS. Je m'en fous, je ne suis pas Z... qui, contrairement au miracle génétique présidentiel, a passé un certain temps dans une des cités dont le présent post parle...
Rédigé par : Boris | 23 janvier 2013 à 20:29
@Nath
Je suis d'accord avec vous, Nath.
Ne serait-ce qu'un semeur qui se meurt, un enseignant aujourd'hui ? On pourrait se poser la question... Je prendrai pour image les prémices.
Prémices : (mi-se) (du latin primitiae; de primus, premier). Premiers produits de la terre ou du bétail : les prémices des champs, de la ferme.
Fig : Premières productions de l'esprit. Début.
Alors, si des les débuts de mauvaises graines, ne veulent pas des premières productions de l'esprit, de cette chance qu'est l'éducation nationale, ils continueront à être de mauvaises graines... mais en cités ou en banlieue(s), on voit ce que cela peut donner.
Ces mêmes mauvaises graines croissent en très vilaines mutations génétiques.
Rédigé par : Carl+Larmonier | 23 janvier 2013 à 19:17
@ Nath
N'en jetez plus ! J'ai vécu dans une cité de l'âge de 9 à 14 ans, plus tard ma carrière d'enseignante m'a menée en centre ville, en banlieue, en Afrique et Dieu sait où encore.
Mon commentaire s'adressait au billet de Philippe Bilger et à l'intervention de Carl+Larmonier sur Socrate.
Si vous l'aviez bien lu, vous verriez que je parle de jeter la pierre aux PERSONNES responsables de leur éducation, ce qui englobe les enseignants, les parents, tous les adultes qui interviennent dans leur vie.
Vous conseillez de ne pas parler sans savoir, tout à fait de votre avis.
Ne vous complaisez pas dans des accusations imaginaires de mépris que vous avez lu dans un autre commentaire, contentez-vous de commenter (ou pas) mes écrits seuls.
Rédigé par : Camille @ Nath | 23 janvier 2013 à 18:58
@ Boris | 23 janvier 2013 à 14:57
J'ai la réponse:
Z n'est pas très dégourdi(e) parce que c'est à la portée de n'importe qui d'être chargé(e) de TD.
J'en sais quelque chose ! En revanche, comme vacataire on n'est pas payé tout de suite, je conseille donc à Z de ne pas s'acharner et de viser plus haut.
En outre, l'expérience d'élu de J apporte un plus indéniable en ce qui concerne le droit public.
En bref, président de l'Epad, non, chargé de TD, oui.
J a réussi ses examens avec brio. Ça mérite quelques encouragements au contraire.
Rédigé par : Alex paulista | 23 janvier 2013 à 18:46
"Ignorance, inculture, esprits en friche, à qui jeter la pierre si ce n'est aux responsables de leur éducation".
Merci à la personne qui me cite de ne pas tronquer et détourner mes phrases.
Rédigé par : Camille@ Pietri S | 23 janvier 2013 à 16:16
"Quel mépris pour ces "jeunes des cités" - formulation humiliante pour une population hétérogène - qui auront eu la malchance de devoir subir des enseignants incapables de les intéresser et leur transmettre leur enseignement !"
Rédigé par : Pietri S - Droit des cités 6 /2 | 23 janvier 2013 à 12:01
Je prétends un tout petit peu connaître ces « jeunes des cités » que j’ai côtoyés pendant toute ma carrière de prof (40 ans). Vous parlez de formulation humiliante ? Mais, à votre tour, que savez-vous du travail, de l’enseignement de ces« enseignants incapables d’intéresser » ? Jugement bien hâtif… que le vôtre ! Vous savez bien que l’enseignement ne règlera pas TOUS les problèmes. Vous avez été élève ? Souvenez-vous-en ! Et TOUS les (ou ces) élèves ne pourront ou voudront s’intéresser à cet enseignement ne pourront progresser à l’école et donc dans la vie… pour des raisons toutes simples (dévalorisation de soi, situations familiales difficiles, primo-délinquance parfois, etc.). Ne jamais juger sans connaître, sans savoir. Il y aura toujours de bons et moins bons professeurs, maçons, économistes, juges, automobilistes, Présidents… Mais, les boucs émissaires, c’est bon, on a donné !
Rédigé par : Nath | 23 janvier 2013 à 15:56
@ SR
Tout à fait d’accord avec vous ! J’en profite pour soumettre aux blogueurs ce problème de mathématiques universitaires élémentaires, qui concerne l’étudiant J, mais aussi Z, une amie de longue date.
Lisez les deux équations suivantes puis répondez aux questions :
Z = 5ème à l’ENS + 8ème à l’agrégation + thèse de doctorat publiée + plusieurs colloques + un peu de chance (si, si) = PRAG.
J = Echec en hypokhâgne + Echec en prépa Cachan + Licence en 5 ans + Master 2 en cours + VAE = Chargé de TD.
1. Démontrez que la VAE (Validation des acquis de l’expérience) est égale au produit du mandat de Conseiller général de Neuilly par le Coefficient de Papamadit.
2. Calculez la baisse du Coefficient de Papamadit depuis l’affaire de l’EPAD. Montrez qu’il tend vers la limite I (Influence ordinaire du président sortant). Démontrez que I ne dépend pas de la couleur politique du successeur – bien au contraire !
3. Devinez laquelle des deux inconnues Z et J refusera en premier le poste de maître de conférences pour aller rejoindre un cabinet d’avocats d’affaires…
Monsieur Bilger, je suis d'accord avec ce que vous dites sur les cités. Mais comment avoir un Etat puissant quand la soupe est si bonne... et si facile à goûter pour ceux qui n'ont eu que la peine de naître ?
Rédigé par : Boris | 23 janvier 2013 à 14:57
@Catherine Jacob
L'enseignement pourrait être une représentation imagée du soma car on y retrouve plante, racine, suc... Les jeunes d'aujourd'hui qui veulent passer au-dessus de l'éventail infini des connaissances que pourrait fournir ce savoir, l'enseignement, sont quelque part coupés de leurs racines, car, pour qu'une plante croisse, il lui faut les sucs d'une terre fertile.
C'est pour ça que ceux parmi les jeunes qui sont plus pour l'école de la rue que l'Ecole de l'Education, manquent tout simplement leur rendez-vous avec l'école de la vie.
Rédigé par : Carl+Larmonier | 23 janvier 2013 à 14:00
@Xavier Nebout | 23 janvier 2013 à 10:23
"Pourriez-vous nous dire comment le Soma est passé du Véda où il désigne ce qui fait sortir du corps, au corps chez les Grecs ?"
sêma (σῆμα) ← skr. dhyāma
soma (σῶμα) ← : vieux terme en -μα, de valeur religieuse sans étymologie satisfaisante. Autrement dit aucun rapprochement ne se laisse manifestement effectuer avec ceci qui nomme « le 'foulage rituel' par lequel, dans le rituel védique, les brahmanes officiants expriment le suc des racines phalloïdes d'une plante spécifique. Dans ce pressurage (dans ce soma) se manifestent les puissances agissantes numineuses qui donnent la vie, la fécondité, et la génération par laquelle la lignée des vivants connaît l'immortalité (amrta). Soma est ainsi le deva qui brille du don de la vie, le plus important 'deva' (= divinité) du védisme à côté de Indra et de Agni. Par extension, le mot soma peut désigner une plante, ses racines, ou le suc rituellement extrait de ces racines.» - Source wikipédia d'après ↑ Jan Gonda, Veda e antico induismo, pages 104 à 109 Soma, pages 205 à 221 i riti di soma. -
Donc, ne vous 'foulez' pas trop la cervelle pour trouver des rapprochements où il n'y en a pas et laissez la mandragore où elle est...!
On mentionne cependant un ancien rapprochement avec saos (σάος): 1) intact, bien conservé, sain et sauf 2) sûr, certain - skr tavili ê. fort.
On peut peut-être réfléchir à, pour le sens, un rapprochement avec les signes peints sur le corps des défunts et destinés à empêcher leur esprit de voyager et venir embêter les vivants et qui fait du corps/signe, une sorte d''assignation à résidence'...
Pour rester dans la phonétique de *sem- «un» qui a servi dès l'indo-européen à exprimer l'identité, on a : got. sama, grec: homos (ὁμος)- hómoios (ὅμοιος)- , semblable; skr. sāmah et, pure coïncidence sans doute, japonais : sama (pour le son et grosso modo pour le sens, écriture idéographique : 様) .
Rédigé par : Catherine JACOB@Xavier Nebout | 23 janvier 2013 à 13:34
Dans la "mornitude" présente de l'actualité, Mali, délinquance, difficultés de vivre dans les cités, dépense publique, etc. il faut rester positif. Et c'est la raison pour laquelle je voudrais saluer le travail remarquable et plein de bon sens qu'effectue la Cour des comptes sous l'autorité de Didier Migaud. Des dossiers importants sont passés au crible, comme la politique de l'emploi, la formation professionnelle, l'assurance-chômage. Compte tenu des dérives et des dysfonctionnements constatés, les recommandations qui sont prêtes à être soumises au chef de l'Etat ne sauraient passer au classement vertical. J'ai eu l'occasion pendant plusieurs années de siéger dans une commission de recours dont la mission était de statuer sur le maintien ou non du versement des allocations Assedic à des allocataires peu motivés pour rechercher un emploi. Pour certains dossiers c'était affligeant ! Alors, connaissant les coulisses, je comprends d'autant mieux les pistes proposées par les magistrats de la Cour des comptes, destinées à secouer ceux qui ont tendance à s'endormir et à profiter aux frais des cotisants.
Et si, par extraordinaire, un gouvernement de gauche arrivait à remettre de l'ordre dans des domaines où la droite n'a pas eu le courage d'oeuvrer ?
Rédigé par : Jabiru | 23 janvier 2013 à 13:29
Clafoutis 21 janvier 19.41
Vous brandissez le Littré pour faire bénéficier les lecteurs de ce blog d'un vocabulaire exact.
La semaine dernière, je me disais aussi qu'on ne consultait pas assez ce dictionnaire.
L'oracle de l'Elysée venait de décréter que le rassemblement du 13 janvier, hostile au mariage homosexuel, avait été consistant.
Consistant ??
Littré donne une définition :
"Classe de pénitents qui, chez les premiers chrétiens, assistaient aux mystères sans pouvoir communier"... pénitents... sans pouvoir... quelle piètre opinion !
Rédigé par : Yves | 23 janvier 2013 à 13:13