Il y a des chocs bienfaisants.
Je m'apprêtais benoîtement à analyser Mots Croisés du 28 janvier sur France 2 après avoir d'ailleurs déjà tweeté comme un malade durant l'émission. Quatre intervenants sur l'Europe : le ministre raisonnable, l'ancien ministre sage et un peu ennuyeux, l'intellectuel profond et un tantinet condescendant, la populiste déchaînée et semblant savourer le pire qu'elle annonçait avec une volupté dévastatrice.
J'avais envie aussi de répertorier plusieurs profils psychologiques sur Twitter : les lucides,les modérés, les tolérants, les brutes, les grossiers ou les délicats. Je me persuadais qu'un billet sur ce thème entraînerait une multitude de réactions qui démontrerait précisément la justesse de mon inventaire.
Puis j'ai lu, dans Le Monde du 27-28 janvier, "La chute", un texte formidable de Marion Van Renterghem (MVR), et j'ai su que je n'avais plus le choix.
D'abord parce que, pour quelqu'un qui cultive la liberté d'expression et donc la triste obligation, parfois, de critiquer, de dénoncer, le bonheur, en de rares occasions, de pouvoir admirer est exaltant et met du baume, de la douceur dans une aigreur à la longue dure à supporter même si elle est légitime.
Surtout, dans mes tréfonds, aussi bien ceux de l'homme que du professionnel, les déclins, les dérives, les crépuscules de l'existence, les délitements ont toujours tenu une place privilégiée et la cour d'assises, durant vingt ans, m'a évidemment permis, de manière honorable, de satisfaire cette passion d'une humanité confrontée aux glissements souvent inexorables du destin.
C'est peu dire qu'en une page MVR nous offre, avec un infini talent, une vie entière et que celle d'Isabelle K, qu'elle raconte, est glaçante. Le fond de l'article aussi riche, intense et contrasté qu'un roman nous renvoie surtout à ce que notre condition a de fragile, de précaire et de provisoire. Notre réussite ne tient qu'à un fil et nous sommes au bord du gouffre même quand la quotidienneté semble nous en éloigner.
Avec quelle maestria - en si peu de lignes, tant de péripéties, toute une histoire qui passe de la lumière à l'ombre puis à une forme d'aurore - MVR décrit l'aisance de cette femme, de sa famille, le couple et les trois enfants heureux, la crise, le grave aléa professionnel, la descente insensible, l'élimination du somptuaire, du superflu, la raréfaction, le calcul et l'arbitrage pour tout, la nourriture réduite à l'essentiel pour tenir, finis les restaurants, les cinémas, les cafés, supprimées les petites joies qui sont devenues hors de prix, la commission de vols dérisoires pour rester belle et faire plaisir à sa fille, une pauvreté digne qui est juste avant la misère, mais la faim au point qu'un jour, Isabelle K, toute honte bue, n'en peut plus, craque et sollicite le secours de sa soeur.
Il y a pire, il y a des dérélictions totales, absolues qui s'arrêtent à la pointe ultime de l'existence séparée seulement par un souffle de la mort, de l'envie de disparaître. Mais chacun de nous peut subir ces déclassements, qui peuvent se rapporter banalement à des voyages qui ne se font plus ou concerner des sacrifices bien plus considérables. D'où, quelquefois, la frustration face à l'étalage de la richesse, presque la haine devant la gabegie, le sentiment déprimant qu'on n'a rien ou presque rien quand d'autres possèdent tout, trop.
Mais aussi, en retour, la corruption des âmes et des esprits qui, à force de jalouser, de se plaindre et de réclamer, tombent dans une médiocrité morale et humaine. La surabondance ne détruit pas seulement ceux qui en jouissent mais souvent ceux qui en sont privés et, adultes, la regardent éblouis et amers. Cela donne des révolutionnaires ou des tétanisés.
Il n'y a pas, la plupart du temps, de récit réellement exemplaire qui ne soit d'une façon ou d'une autre porteur d'espérance. La fatalité apparente des malheurs, parce que la volonté résiste et que l'action aide, est battue en brèche et, d'un coup, l'inéluctable se défait et quelque chose surgit qui ressemble aux matins chantés par Jean-Jacques Goldman : des moments qui ouvrent au lieu de demeurer des instants qui étouffent.
Isabelle K a retrouvé du travail et, ce qui est admirable, la famille a tenu, a duré, a gagné.
Il faut rendre hommage à cette Chute qui a été vaincue et à ce journalisme de haut niveau qui constitue la réponse la plus éclatante à ceux qui ont pris le pli de pourfendre les médias par une sorte de réflexe négatif.
Il y a des chocs bienheureux.
Il y a moins d'un an PB découvrait le métropolitain parisien et son ambiance, aujourd'hui il découvre les affres du secteur privé. On en apprend à tout âge.
Rédigé par : Savonarole | 31 janvier 2013 à 18:30
Rédigé par : Alex paulista | 31 janvier 2013 à 15:26
Excellent !
Tout en voulant bien comprendre la tristesse de la dame, déchoir est toujours déchoir.
Mais que les faiseurs de malodorants vents que sont les guignols de la com puissent gagner autant à si bien parasiter le monde est déjà en soi un scandale.
Et elle n'est certainement pas la pire.
C'est dire.
AO
Rédigé par : oursivi | 31 janvier 2013 à 16:39
"Je regrette que la plupart des commentateurs soient passés à côté de cette description du rétrécissement des choses de la vie, de l'isolement qu'il induit"
Véronique Raffeneau | 31 janvier 2013 à 06:13
Avant tout, cette femme est rétrécie dans sa vision du monde ou tout est relié à un statut.
Elle subit l'isolement qu'elle a pratiqué quand elle faisait tout pour ne pas se mélanger.
Comme on dit au Mali, c'est le retour de chicote.
Rédigé par : Alex paulista | 31 janvier 2013 à 15:26
@ Carl+Larmonier
"en laissant ses Mémoires d'outre-tombe à la postérité". Sûr. Si on ajoute la Vie de Rancé, c'est pas mal.
Seulement, voilà, Chateaubriand aurait voulu être Cicéron ou le cardinal de Retz : diriger l'Etat tout en ayant l'air de mépriser la babiole. Vu de cet angle, c'est un Jean-Edern Hallier qui aurait réussi.
Pour en revenir au sujet de l'article, la différence entre le vicomte et ses flambants épigones, c'est qu'il a connu la réalité des choses : oublions les sauvages des Florides, qui dans le genre valent Malraux chef du Komintern. Il reste la Révolution, une blessure aux armées de Condé, un exil à Londres où il a mangé de la vache enragée - à peu près la même que celle d'Isabelle K, semble t-il, mais moins longtemps ; et enfin quinze jours dans une cellule VIP en 1832.
Pas de quoi fouetter un chat, même le jaune de l'abbé Seguin. Mais assez pour assimiler certaines réalités, qu'on n'aperçoit pas forcément du bar du Georges V - ni même de la piscine du Marriott Karachi...
Rédigé par : Boris | 31 janvier 2013 à 12:40
@Boris
Chateaubriand plus que se réincarner, a encore mieux fait en laissant ses Mémoires d'outre-tombe à la postérité.
Je trouve qu'il y a pire comme legs.
Bonne journée
Rédigé par : Carl+Larmonier@Boris | 31 janvier 2013 à 10:44
Ventre à vendre lit-on, provocation bien évidemment, mais est-ce si sûr !
Womb for rent...
Le seul véritable argument du PS pour "crédibiliser" avant de "légitimiter" le mariage gay est "ça se fait ailleurs, d'autres pays l'autorisent comme la très catholique Espagne, etc."
Aucune confiance, ils étendront cet argument qui va si bien leur réussir !
Aucune confiance vs Christiane Taubira ; pour faire passer le Pacs, Elisabeth Guigou alors garde des Sceaux avait dit à l'Assemblée nationale que "jamais le PS n'autoriserait le mariage gay".
L'Ukraine et d'autres autorisent la GPA rémunérée €15 000/enfant, jackpot pour des jumeaux !
La Belgique, l'Allemagne, Andorre et d'autres autorisent la prostitution que Najat Vallaud-Belkacem veut éradiquer en France au nom de la protection des femmes ! Pourquoi éradiquer la prostitution ?
D'autres autorisent l'euthanasie !
Pour crédibiliser la fameuse circulaire, pour régulariser la situation des enfants nés de mères porteuses, Audrey Pulvar, pas à un excès médiatique près, a simplement hurlé que plus ils seront nombreux plus le rappel à cette disposition sera nécessaire et obligatoire, autrement dit le nombre justifie le fait. Moralité douteuse !
Cette disposition qui est un rappel, peut être aussi lue comme un moyen à peine voilé donné à ceux qui peuvent se permettre de dépenser, tous frais compris, entre €50 et €100 000 pour acheter, pour se faire faire un enfant en Inde, aux USA, en Ukraine ou ailleurs !
Alors que la ministre des droits de la femme devrait être en première ligne, elle est curieusement absente et muette.
Notre société occidentale est en train de glisser doucement, avec régularité, vers une société du discount, cette société qui appauvrit les plus pauvres de plus en plus pauvres qui doivent trouver des moyens de survivre et ceux que la société du discount enrichit.
Ils sont devenus fous, incapables de donner des chiffres sur la réalité de ces nouveaux phénomènes, dont les fourchettes peuvent s'étendre de 1 à 100, ils ne savent pas... ils sont dans l'excès le plus abject !
Ce ne sont pas Mesdames Pulvar, Vallaud-Belkacem, Taubira, Bertinotti qui loueront leur ventre !
Rédigé par : Pietri S | 31 janvier 2013 à 07:15
"...la descente insensible, l'élimination du somptuaire, du superflu, la raréfaction, le calcul et l'arbitrage pour tout, la nourriture réduite à l'essentiel pour tenir, finis les restaurants, les cinémas, les cafés, supprimées les petites joies qui sont devenues hors de prix..."
Je regrette que la plupart des commentateurs soient passés à côté de cette description du rétrécissement des choses de la vie, de l'isolement qu'il induit, et qui constitue la trame du récit de Marion Van Renterghem.
Il est reproché à Isabelle d'être une bourgeoise parisienne.
Mais partout, quand la précarité survient et s'installe, la conséquence invariablement est toujours la solitude où l'énergie est d'abord mobilisée par le calcul et l'arbitrage pour tout.
On sourit avec ironie, considérant que renoncer aux produits de maquillage Dior ou Chanel n'est rien.
Néanmoins, dans les situations plus modestes, voire bien plus modestes que celle d'Isabelle, renoncer à des maquillages moyenne gamme pour des produits bas de gamme est la même morsure à l'âme.
Le récit de Marion Van Renterghem parle à tous et pour tous.
Pour finir, de façon générale, est-ce possible de prier les commentateurs de se caler dans le sujet du billet de Philippe ?
C'est la manière de le considérer lui et de se respecter soi.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 31 janvier 2013 à 06:13
@ Catherine JACOB
Désolé mais je ne suis pas ce Président de Club Vosgien.
Rédigé par : GERARD LALLEMANT | 31 janvier 2013 à 05:30
@ Carl+Larmonier
"Chateaubriand aurait certainement jugé moins sauvages..."
A mon avis, Chateaubriand se fichait de la morale et distinguait deux sortes d'hommes : ceux qui désiraient le nommer ministre ; ceux qui pouvaient mais ne le voulaient pas. Les autres - Madame de Beaumont ou vos sauvages - ne comptaient que s'ils pensaient à lui, si possible en faisant une mort édifiante.
Je ne sais en quoi s'est réincarné cet éternel déçu... En sénateur de Belfort ? En chat jaune ?
Rédigé par : Boris | 31 janvier 2013 à 02:35
Cher Philippe,
Ventre à vendre...
Jusqu'où ira la laideur de ce gouvernement !!
françoise et karell semtob
Rédigé par : semtob | 30 janvier 2013 à 23:31
Bonsoir Monsieur Bilger
en répondant à Catherine Jacob
Oui les extrêmes cela peut se repousser comme les plus grands répulsifs dans un premier temps, comme les aimants, et dans un deuxième temps ne plus pouvoir se séparer. Et réciproquement.
Ce que peut faire encore méditer cet article c'est qu'au-delà d'une société que je qualifierai d'individualiste, les individus fonctionnent plus comme des aimants (les substances qui attirent le fer) que comme tout simplement de véritables aimants de leur prochain.
Après les possédés de Dostoïevski, nous pourrions être les démagnétisés.
C'est un chut général devant les chutes loin d'être aussi belles que celles du Niagara malheureusement (comme l'aurait dit Chateaubriand). Peut-être que Chateaubriand aurait certainement jugé moins sauvages ceux d'Amérique que l'homme d'aujourd'hui.
PS : J'ai fait pas mal de références, je m'excuse, mais en restant dans le contexte de l'article ! (J'essaye de ne pas en faire, mais c'est plus fort que moi pour l'instant, je déliterai avec le temps ce défaut)
Bonne soirée Monsieur Bilger
Carl Larmonier
Rédigé par : Carl+Larmonier@Catherine Jacob | 30 janvier 2013 à 21:10
Alex paulista 19.09
Non, vous avez sans doute raison c'est comme dans la vie, et c'est bien dommage !
Internet est une illusion de partage, il n'est pas un outil de communication puisque la communication implique l'action, sans action la communication est bavardage.
Internet permet la création d'espaces qui sont autant de e.cafés du commerce, plus ou moins bien tenus, celui de Monsieur Bilger est un ***** qui plusieurs fois par semaine propose un billet de grande qualité.
Ces blogs sont des lieux de bavardages souvent cacophoniques, comme le sont devenus tous les talk shows télévisés dans lesquels tout le monde parle over le voisin, pour un résultat inaudible !
Chacun vient déposer sa bonne parole ! LOL
C'était peut-être le destin d'Internet LOL ce que certains et certaines en ont fait, le prolongement de leur vie, ce besoin de parler de soi, soi comme exemple !
Ce n'est que mon avis, aucune obligation d'adhésion.
Rédigé par : Pietri S | 30 janvier 2013 à 21:01
@ SR | 30 janvier 2013 à 12:41
""elle répond sans états d'âmes aux ordres en moulinant les bras et sudation prononcée, ,""
Je condamne totalement et sans appel, cette façon de parler de qui que ce soit.
Ceci étant, vous pouvez par ex. commenter le fait que lors de sa dernière prise de parole dans l'hémicycle, Mme le garde des Sceaux a qualifié le mariage d'"institution d'exclusion" que son texte "ouvrait enfin à l'universalité" et condamner Ubu en jupon !
Rédigé par : Catherine JACOB@ SR | 30 janvier 2013 à 20:30
CJ 17.22 - 17.49 - 18.22
Vos trois commentaires fleuves du jour sont un parfait exemple de ce que vous dénoncez chez les autres, utilisant des termes outranciers et malodorants LOL reprochant (votre commentaire de 9.39) de disperser les poubelles du voisin pour avancer une opinion argumentée ou élucubrée, argumentée pour vous, élucubrée pour les autres.
Descendez de votre estrade !
Rédigé par : Pietri S | 30 janvier 2013 à 19:10
"En fait Internet qui devait permettre des échanges multi-tout isole de plus en plus la plupart de ceux ou celles qui s'y adonnent".
Rédigé par : Pietri S | 30 janvier 2013 à 10:36
Parce que dans la vie normale ce serait différent ?
Rédigé par : Alex paulista | 30 janvier 2013 à 19:09
@Carl+Larmonier | 30 janvier 2013 à 15:18
"(Der Untergang) /pas de 's'/ - 2004, La Chute, en français) qui montre la montée flamboyante que fut cette ignominieuse dictature qu'était le nazisme (ex aequo pour moi avec le communisme car les extrêmes s'opposent et s'interpellent et parfois ce sont les mêmes, mais c'est un autre débat) et, à la suite, sa chute, tout aussi spectaculaire."
Non seulement les extrêmes parfois sont les mêmes, mais ils s'entendent, qui plus est, comme larrons en foire si l'on en croit le pacte germano-soviétique de 1939 qui définissait dans un protocole secret une répartition des territoires « tampons » entre l'Allemagne et l'URSS, à savoir la Pologne, les pays baltes, la Bessarabie, etc. et qui fut signé dans la foulée du Pacte d'Acier, pacte militaire offensif qui définissait les forces de l'Axe; Autrement dit l'Axe Rome-Berlin-Tokyo (japonais 枢軸国[Sûjikukoku]、anglais: Axis Powers、allemand: Achsenmächte、italien: Potenze dell'Asse) qui concerne les territoires en bleu ici: http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c0/WWII.png
Le 11 février 1945, il y eût la conférence de Yalta (Crimée) qui réunit dans un non moins grand secret, non des généraux mais des chefs de gouvernements : pour l'Union soviétique (Joseph Staline), le Royaume-Uni (Winston Churchill), les États-Unis (Franklin D. Roosevelt) pour confirmer le plan de partage de l'Europe du Sud-Est d'octobre 44 en le transformant en « zones d'influence » pour l'après-guerre.
On constate que l'OURS russe est de tous les festins...
Rédigé par : Catherine JACOB@Carl+Larmonier | 30 janvier 2013 à 17:49
@GERARD LALLEMANT | 30 janvier 2013 à 10:22
"Cette journaliste aurait trouvé des histoires de vie bien plus intéressantes à la porte des Resto du Coeur ou du Secours Populaire. "
La question ne me paraît pas être celle de l'histoire de vie plus ou moins intéressante ou touchante que celles qui sont susceptibles d'être recueillies à l'entrée des 'Resto du Cœur' ou à celle du 'Secours Populaire', elle est surtout celle de l'invraisemblance, dans le contexte actuel, de certains détails. Je n'ai relevé que celui de l'accès à une mutuelle, mais il y en a d'autres.
Je ne comprends pas pourquoi il faut toujours enjoliver ou carrément inventer quand la réalité nue est le plus souvent si émouvante en soi.
Ceci étant, il doit y avoir un Gérard Lallemant président d'une section locale du Club Vosgien, cela a à voir quelque chose avec vous?
Rédigé par : Catherine JACOB@GERARD LALLEMANT | 30 janvier 2013 à 17:22
"mais elle répond sans états d'âmes aux ordres en moulinant les bras et sudation prononcée, elle tient là le poste de sa vie, avec climatisation et gratifications. Elle dénonçait il y a peu le sort fait à ses congénères sous le joug des tyrans esclavagistes, mais fait la sourde oreille sur le sort des femmes aux ventres loués dans des cliniques mafieuses à des esclavagistes homos français...."
Je fais partie de celles et ceux qui pensaient que Christiane Taubira en raison de ses prises de position antérieures et de sa répugnance maintes fois rappelée pour la servilité pouvait apporter un plus à ce gouvernement pour lequel je n'avais d'ailleurs pas voté. Or, je me suis trompée. Comme quoi le pouvoir peut corrompre même les plus farouches "passionaria" qui dans le cas de CT n'ont même pas l'excuse de l'amour fou. Car on ne peut pas dire qu'un Hollande puisse déchaîner des passions féminines de cet ordre !
---
A tous : continuons à défendre nos enfants et à combattre par tous les moyens (pétitions, manif du 2 février en région, courrier aux parlementaires) les tenants du mariage caricatural afin que cette loi inique ne passe pas.
Rédigé par : Mary Preud'homme @ SR | 30 janvier 2013 à 17:02
Achille 14.42 (et Archibald)
J'ai eu envie de rédiger un commentaire dans le style du vôtre, mais un élément essentiel et déterminant manquait : la définition du poste à pourvoir vs le CV détaillé...
Tout ce que décrit Archibald sont des éléments pertinents de sa personnalité riche et sans doute attachante, de ses engagements humanitaires, ce sont malgré tout des éléments secondaires.
Ce commentaire complète mon précédent du 29.1.2013 - 19.14 aucune contradiction : il a été reçu par un mufle !
Rédigé par : Pietri S | 30 janvier 2013 à 16:35
Oui, Monsieur Bilger, c'est du beau journalisme. Et voilà qu'en une phrase tout devient moins pathétique : l'emploi retrouvé à 4000 euros mensuels. Tant mieux pour cette femme. Mais combien de petits, d'obscurs, de sans-grade, qui passent inaperçus et qui, perdant leur emploi, vivent avec moins de 900 euros par mois ? Le journalisme serait-il moins grand s'il jetait un regard de ce côté-là ?
Rédigé par : JM | 30 janvier 2013 à 16:33
@ Archibald
Évacuons le problème du patron qui vous a reçu sans vous regarder. Il y a des tordus partout, il leur suffit d’avoir un peu de pouvoir pour être odieux. L’incapacité d’empathie s’exprime souvent par l’absence de courtoisie. Ça c’est leur problème, pas le vôtre.
Le CV que vous présentez est celui d’un free-lance, ou en français d’un marginal, ce n’est pas péjoratif. C’est celui d’un homme libre qui fait ce qu’il veut, prêt à aider les autres, sans mesurer ses efforts et sa peine, mais sans entrer dans le cadre bien normé de la société. Vous avez été au service des autres, mais pas à celui d’une société de plus en plus normée et réglementée.
C’est un choix de vie, un choix certainement aussi utile que fait celui qui reste dans les bornes imposées par les textes et l’organisation des institutions, mais un choix extérieur à la société.
Vous découvrez une vérité, qui est de plus en plus réelle, une fois sorti de la société, pour de bonnes raisons, le service d’autrui par le dévouement, ou de mauvaises raisons, par la déviance, il est difficile d’y rentrer.
C’est une expérience difficile, c’est le prix de la liberté totale, un prix élevé, la solitude.
Rédigé par : Tipaza | 30 janvier 2013 à 16:18
@ Archibald
Pour commencer, la seule façon pour un employeur de respecter a minima un chômeur serait d'envoyer un accusé de réception façon lettre-type suite à sa candidature, même agrémenté d'un refus. Avec le net c'est si facile. Combien le font en France ? Peut-être 10% ? Ou moins... ils comprendront, ressentiront plutôt lorsqu'ils seront sans emploi à leur tour. Comme Isabelle.
Rédigé par : scoubab00 | 30 janvier 2013 à 15:51
@ Pietri S
D'accord.
Mais puisqu'on parle d'aléas de la vie, vous m'autoriserez, monsieur Bilger, à évoquer un habitant malchanceux d'un village cher à mon coeur... un cas qui pose aussi la question du logement et de l'intervention publique.
http://www.lunion.presse.fr/article/ardennes/sous-curatelle-il-vit-11-ans-dans-un-taudis?xtcr=4&xtmc=Aubrives
Je précise, pour l'avoir rencontré récemment avec sa compagne, qu'il ne pleure pas sur son sort. Il sait, comme moi, que certains habitants du coin sont dans une situation encore pire...
Rédigé par : Boris | 30 janvier 2013 à 15:39
Bonjour Monsieur Bilger,
Votre article n'est pas sans me faire penser à un film allemand d'Oliver Hirschbiegel (Der unstergang - 2004, La Chute, en français) qui montre la montée flamboyante que fut cette ignominieuse dictature qu'était le nazisme (ex aequo pour moi avec le communisme car les extrêmes s'opposent et s'interpellent et parfois ce sont les mêmes, mais c'est un autre débat) et, à la suite, sa chute, tout aussi spectaculaire.
Heureusement que cet aigle-là à défaut d'être un phénix, n'a pas connu une renaissance, celle-ci, de ses cendres.
Pour dire que certaines chutes ont été quand même positives et pour conclure et donner une nuance finale à mon commentaire d'hier.
Bonne fin de journée.
Rédigé par : Carl+Larmonier | 30 janvier 2013 à 15:18
@ Archibald
Bonjour,
Quand on vous lit on a du mal à comprendre pourquoi votre candidature n’a pas été retenue.
Vous me semblez avoir un bon CV et une expérience d’humanitaire est toujours très enrichissante car elle permet d’aborder des situations que l’on rencontre rarement dans notre pays.
Peut-être finalement est-ce votre « look » qui ne plaît pas aux recruteurs de la DRH.
Le mieux serait d’éviter de venir aux entretiens avec queue de cheval et bandana, jean délavé, T-shirt de la CGT et tatouages sur les bras. Bon je sais, ce sont des petits détails, mais bien souvent ces gens-là y attachent beaucoup d’importance.
Bon je plaisantais… enfin pensez-y quand même ! :-)
Rédigé par : Achille | 30 janvier 2013 à 14:42