Depuis le 16 mai, le président Hollande et sa normalité réjouissent ou attristent la France, c'est selon.
Pour ma part, je continue à ne voir que des avantages à une pratique de l'Etat plus sereine, moins exacerbée, moins agitée. Moins narcissique, plus démocratique.
En même temps, comment ne pas prêter attention aux limites de cette normalité précisément dans le domaine où on aurait cru ses effets indiscutablement positifs : celui de la vie privée, de la vie amoureuse ?
Quand Ségolène Royal, dans le dernier livre de Michèle Cotta, s'épanche non seulement sur le plan politique mais sur celui de son intimité d'hier et de son infortune d'aujourd'hui, elle agite infiniment ce qui aurait vocation à demeurer à l'abri, tranquille et même ignoré. Elle nous fait écouter à sa, leur porte.
Expliquant le comportement et la jalousie de la compagne du président par le "complexe de Rebecca", elle n'hésite pas, avec François Hollande, à se qualifier de "couple mythique" et constate - si on l'entendait, il y aurait dans sa voix plus qu'une pointe de triomphe - qu'il est impossible de l'effacer, "elle et ses enfants" (lepoint.fr).
Ce qui me semble évident, mais était-il nécessaire de le souligner alors que la responsabilité politique qu'elle fait peser sur François Hollande mais surtout Lionel Jospin pour ses échecs, notamment à La Rochelle, est autrement plus importante ?
Dans la manifestation d'hier, un slogan, considéré par beaucoup comme le plus drôle, en tout cas le plus caustique et plus personnel, conseillait à François Hollande : "François, marie-toi, après on en reparlera" (Le Figaro).
Cette facétie doit-elle seulement faire rire ou, derrière son apparente légèreté, justifie-t-elle qu'on se penche vite sur elle ?
Au risque de me voir taxer d'esprit "cherchant la petite bête" ou ennuyeux à force de dégrader le futile en y mettant de la gravité, j'avoue tout de même que ce président est étonnant qui va permettre, par la voie parlementaire, le mariage à ceux pour lesquels naturellement il n'est pas fait et se le refuse à lui qui y serait accordé grâce à l'alliance que l'amour pourrait nouer avec le rituel républicain.
Ce paradoxe ne laisse pas de me surprendre même si sans ironie j'admire une telle capacité pour l'humanisme abstrait et généreux qu'on puisse désirer pour tant d'autres qui n'en ont pas besoin ce qui serait utile et bienfaisant pour soi.
Mais derrière ces plaisanteries et ces ressentiments il y a quelque chose de grave qui touche le pouvoir de la normalité à la mode de François Hollande.
On a beaucoup reproché à l'ancien président la vulgarité et l'indélicatesse de certaines de ses péripéties amoureuses, encore plus grotesquement rapportées par un Séguéla dont je trouve lamentable que les médias l'invitent d'autant plus qu'il est, au fil du temps, de plus en plus ridicule, pourtant, dans ses avis branchés.
Mais force est de reconnaître qu'ayant atteint un pic, ces errements se sont rapidement "normalisés" et qu'on a par la suite moins évoqué l'histoire privée de Nicolas Sarkozy et de son épouse (à l'exception de l'inévitable curiosité pour la naissance de la petite Giulia) que les actions bonnes ou mauvaises du président.
François Hollande, aussi normal qu'il soit, ne cesse pas d'être victime ou responsable d'un processus qui pratiquement chaque jour met en évidence les méandres et les malaises d'un jeu de pouvoir et d'amour qui nous fait au moins considérer qu'il s'agit d'une normalité bien compliquée. Avec Nicolas Sarkozy, il y a eu deux ou trois paroxysmes vite étouffés, avec François Hollande c'est une histoire qui dure.
Le pouvoir de la normalité est très relatif et François Hollande, en tout cas, n'est pas simple.
"Quelle condescendance et quel mépris dans le dernier message d'oursivi qui me gratifie au passage, sur l’air de la calomnie, de ses habituels sarcasmes."
Mary
Pour une fois qu'y voyez clair, je ne peux qu'opiner du chef de classe que ne cesserez d'être.
Sacrée Mary.
Rangez ce rouleau à pâtisserie, ma tête est trop dure pour cet instrument tribal version Troisième République.
Pas trop le temps de bloguer en ce moment et rien d'intéressant à y lire ; reviendrai vous choquer d'ici quelques semaines, sauf actualité par trop tentante pour ne pas venir ici secouer nos vieillissants cocotiers des fois qu'il en tomberait quelques burlesques sarcasmes dont la lecture me met toujours en joie.
Bonnes semaines chère Mary si bien marrie.
AO
Rédigé par : oursivi@Mary | 29 janvier 2013 à 15:25
Bonjour Monsieur Bilger,
Sur le pouvoir de la normalité, ma pensée :
Quand Jack Nicholson interprète un détenu (McMurphy), qui pour échapper à une peine de détention carcérale simule (joue) la "folie" pour commuer cette peine en temps d'évaluation psychiatrique dans un centre du même nom, le jeu se retourne contre lui (je fais mention du film Vol au-dessus d'un nid de coucou de Milos Forman d'après le roman de Ken Kesey).
Pour revenir à François Hollande, cette hyper-normalité constante n'a-t-elle pas, au bout du compte, quelque chose d'anormal ?
Serait-ce de la simulation ?
Rédigé par : Carl+Larmonier | 28 janvier 2013 à 10:13
Rectificatif :
"...la première, fille de diplomate a beaucoup plus vécu à l’étranger que dans son pays natal et qui plus est, venait d’un milieu très protégé sinon de l’élite ; quant à la seconde, elle a quitté le Mali à 17 ans, puis est venue en France où elle a galéré 12 ans sans papiers avant d’obtenir le précieux sésame..."
En me relisant je m'aperçois que j'ai fait une erreur en inversant les rôles : il fallait lire la seconde, fille de diplomate (c'est-à-dire Rokia Traoré) etc./... quant à la première (soit Mamani Keita...) etc.
Rédigé par : Mary Preud'homme | 25 janvier 2013 à 21:43
Quelle condescendance et quel mépris dans le dernier message d'oursivi qui me gratifie au passage, sur l’air de la calomnie, de ses habituels sarcasmes. A quel moment aurais-je parlé en termes critiques (ou antipathiques) des deux Maliennes présentes sur le plateau de Frédéric Taddéï lors de l’émission CSOJ du 22 janvier dernier ? Ces deux femmes que lui seul qualifie avec la beaufardise coutumière, qui lui tient lieu d’esprit, de « braves » maliennes ? Comme si ces artistes de grand talent, à savoir, Mamani Keita et Rokia Traoré ne méritaient pas, à défaut d’être nommées par leurs noms, d'être citées sans qualificatifs ironiques et réducteurs. A vrai dire, si je n’ai pas mentionné ces personnes (contrairement aux allégations mensongères d'oursivi) c’était à dessein, sachant que la première, fille de diplomate a beaucoup plus vécu à l’étranger que dans son pays natal et qui plus est, venait d’un milieu très protégé sinon de l’élite ; quant à la seconde, elle a quitté le Mali à 17 ans, puis est venue en France où elle a galéré 12 ans sans papiers avant d’obtenir le précieux sésame. Ce qui ne retire rien à leur sincérité mais la relativise dès lors que leur expérience date quelque peu et que nombre d‘émigrés maliens sont loin de partager cet avis comme en attestait d’ailleurs un journaliste de l’hebdomadaire Jeune Afrique présent sur le plateau. J’ai cependant noté que Rokia a fait un commentaire lourd de sens concernant l’armée malienne, (parlant de façon énigmatique d‘armée divisée), sous-entendant qu’une partie de cette institution serait non seulement inefficace mais aussi corrompue, ce qui commence à se savoir un peu partout en dépit de l‘écran de fumée qui nous est imposé depuis le début du conflit et qui ne peut plus cacher les exactions et les règlements de compte dont ladite armée est accusée. C’est ainsi que des dizaines de suspects auraient d’ores et déjà été exécutés et jetés dans des fosses communes. Comme quoi la propagande a ses limites et il faudra bien en venir à parler des véritables raisons de notre intervention au Mali, ainsi que des dommages collatéraux de part et d‘autre, en croisant les doigts pour que cela n’aille pas trop loin, car dès que l’on réveille si peu que ce soit des rivalités ethniques pluriséculaires le pire est à redouter(1).
Pour finir, les propos et l’argumentation de Michel Collon m’ont semblé beaucoup plus proches de la réalité actuelle du Mali. D’autant que sa vision des choses est non seulement le fruit de son expérience de terrain, mais se trouve en outre corroborée par les dires de nombreux observateurs africains ou européens qui eux ne lisent pas - que - le Nouvel Observateur pour se faire une opinion. Mais encore faut-il se donner la peine d’aller chercher l’information en dehors des médias nationaux de gauche et de la presse "pipée" et/ou pipolisée.
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(1) lire à ce sujet l’article de Bertrand Badie paru dans Le Monde du 24/01/13 : L'opération au Mali marque un périlleux retour aux conflits d'antan.
Rédigé par : Mary Preud'homme | 25 janvier 2013 à 14:12
"ce sujet aurait dû donner matière à réfléchir à tous..."
Rédigé par : Mary Preud'homme | 23 janvier 2013 à 12:24
En particulier pour la personne qui sait mieux que les premiers concernés ce qui est bon pour eux...
Ce "débat" fut d'une médiocrité insigne, Dumas en post-VRP de son action en mitterrandie (qui ne consentit à rencontrer le Grand Démocrate cher à LABOCA que sur le terrain neutre de Chypre, preuve qu'il avait plus de discernement que l'excité auquel succède Hollande, qui lui le reçut en grande pompe, me collant une nausée dont j'ai encore des relents) un brave black anticolonialiste venant coloniser le plateau de sa sottise de trente-deuxième d'intellectuel, l'usuel tenant du grand complot qui mélange tout sans ambages pour tenter de faire mousser par l'émotion ce que les faits refusent, un seizième d'intellectuel enseignant à science pot et aussi confus que le plus médiocre de ses étudiants (merci Richard D. il est payé combien celui-là ?), deux braves Maliennes que Mary n'a pas trouvé sympathiques du tout à se faire les porte-voix de la raison concrète, et Guaino qui est enfin sorti du bois avec plus de vista que lors du premier débat où il manqua un peu de tout, hauteur, charisme, pugnacité, et pour finir autorité, à même s'en faire piquer la vedette par un musculeux opiniâtre maniant le français comme moi le peul*...
Taddéï, elle prend l'eau sévère, ton ex-superbe émission.
AO
* avant l'arrivée française, c'était sauve qui peul, après celle de nos officiers ce fut Whaou l'off
Rédigé par : oursivi | 23 janvier 2013 à 16:15
@ Mary
Qualifier l’opération Serval de néocoloniale obéit en fait à un réflexe néocolonial. C’est parler au nom des Maliens sans leur demander leur avis.
Pascal Boniface
Directeur de l'IRIS
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/766636-mali-qualifier-l-operation-serval-de-neocoloniale-obeit-a-un-reflexe-neocolonial.html
Rédigé par : Alex paulista | 23 janvier 2013 à 15:17
« BHL n'aime pas faire la queue, il fait très bien la roue, d'autant mieux qu'il sait se parer de plumes imaginaires... »
In cauda botulus !"
(commentaire de Mary P du 8 avril 2011 à 16:01 cf billet intitulé : BHL n’aime pas faire la queue)
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Si Laurent Dingli a pu voir dans la boutade rapportée ci-dessus une approbation quelconque à la guerre en Libye, la seule fois à ma connaissance où je sois intervenue sur le sujet, en réaction à un billet de PB datant de mars 2011, il faut vraiment qu'en guise de lunettes il ait des prismes ultra déformants... Dommage pour un historien de cette importance !
Et si à l'époque j'ai donné mon avis (sans ambiguïté) sur l'intervention française ce fut uniquement en tant que sympathisante de l'UMP. J'ajoute qu'à ce titre il m'est arrivé plus d'une fois de marquer mon désaccord et de le faire savoir, y compris en écrivant directement à Nicolas Sarkozy dont je n'ai jamais été une groupie.
Néanmoins, il est fort possible que la mémoire me fasse défaut, auquel cas il conviendrait de me mettre les preuves de ma mauvaise foi sous le nez, qui en l’occurrence serait davantage un égarement passager dès lors que depuis la première guerre du Golfe (et quels que soient les gouvernements en place) j’ai toujours été opposée à ce genre de conflit. Pour la principale raison que l’on ne peut prétendre aller combattre le terrorisme ou l’islamisme radical chez nos voisins avant de le faire chez nous. D’autant que non seulement nous le tolérons ou le ménageons à l'intérieur de nos frontières, qui de ce fait sert souvent de base arrière, mais en outre nous chouchoutons par intérêt des pays comme le Qatar ou l’Arabie saoudite dont l’implication sournoise dans ces guerres sporadiques est connue de tous. Car d’un côté ils pactisent et font des commerces juteux avec les pays occidentaux et de l’autre, ils alimentent et entretiennent des combattants fanatiques - parfois nouvelles recrues fraîchement converties venues de tous les horizons -, lesquels sont chargés de fomenter des guérillas subversives contre des gouvernements "de rencontre" (comme aurait dit le général de Gaulle).
Pour qui ? Pourquoi ? A cet égard l'émission d'hier "Ce soir ou jamais" qui aborda entre autre ce sujet aurait dû donner matière à réfléchir à tous ceux qui se bornent à soutenir béatement le gouvernement.
Et j'ai envie de dire au passage à Henri Guaino que l'on peut aussi être patriote en s'opposant, comme le fit d'ailleurs le général déjà nommé.
Rédigé par : Mary Preud'homme | 23 janvier 2013 à 12:24
"Ah ! je ris de me voir
Si belle en ces miroirs !
Est-ce toi,"... Sybarite ?
Rédigé par : Mary Preud'homme | 22 janvier 2013 à 18:43
"n'ai pas le souvenir que vous faisiez tant d'histoire sur le néocolonialisme du temps de l'intervention en Libye"
Laurent
Mais... c'est qu'elle est parfaitement capable de s'égarer là-bas aussi. Vous lui donneriez un bac à sable, qu'elle y verrait un désert et y viderait le réservoir de sa Jeep à en chercher la sortie.
Là, ce n'est point chercher à quémander la sympathie des rieurs car en moyenne ici, mon esprit fait peu rire à en croire certaines.
La beauté est dans l'oeil de celui qui regarde, disais-je, loin d'être le premier à l'avoir compris, et hélas un peu seul à le comprendre encore.
AO
Rédigé par : oursivi@LD | 22 janvier 2013 à 17:27
@Mary Preud'homme
"N'omettez pas en outre de nous rappeler le nombre de victimes civiles "collatérales" après seulement quelques jours de frappes françaises"
Hélas toute guerre, et entre autres les bombardements aériens, font des victimes civiles. Votre propos sous-entend que les frappes françaises auraient déjà fait de nombreuses victimes civiles, mais pourquoi ne pas être plus précise question chiffres et citer vos sources ?
"une invasion néocolonialiste au Mali, tôt suivie d’une prise d’otages par représailles en Algérie qui s’est terminée par une tuerie dont on n‘a pas fini de compter les victimes"
S'emparer aussi vite d'un site d'une telle surface et qui était fortement sécurisé, cela ne s'improvise pas en une huitaine ou quinzaine de jours. De plus par un commando qui ne résidait pas à proximité, et a dû parcourir a minima quelques centaines de km dans le désert en échappant à toute détection. En conséquence cette opération était programmée bien avant l'intervention militaire française contre les colonnes islamistes. Alors reprendre à votre compte l'argumentation des preneurs d'otages est pour le moins spécieux.
Cette tuerie a été le fait de fanatiques qui se sont emparés de ce site gazier, je vous rappelle que la majorité des 37 otages morts l'ont été par le fait de leurs geôliers et cela avant l'assaut des forces algériennes : relisez les témoignages des survivants. En outre une bonne partie a été assassinée d'une balle dans la tête.
Certes l'assaut algérien a certainement fait des morts parmi les otages, mais au regard du nombre qui était détenu (~ 500) et de la configuration des lieux c'était hélas quasi inévitable. Je vous signale que deux ex-patrons de notre GIGN se sont bien gardés de critiquer les Algériens, et ont précisé que dans un tel contexte le zéro mort chez les otages était quasi utopique.
Vous condamnez l'intervention militaire française, mais semblez ne pas trop vous émouvoir des conséquences de l'application de la charia à l'échelle de tout un pays dont près de la moitié de la population n'est pas musulmane. Même pour celle qui l'est comme dans la partie nord, amputations, lapidations et autres n'ont quand même pas été accueillies avec enthousiasme par l'immense majorité des habitants. Pour une personne qui dit combattre depuis toujours la torture et la tyrannie, c'est contradictoire. Mais peut-être que pour vous il y a deux catégories de tortionnaires : ceux contre lesquels vous pétitionnez et manifestez à Paris, et les autres qui ne font qu'appliquer des coutumes certes condamnables, mais s'expliquant par l'oppression coloniale qu'ils ont subie.
Rédigé par : Trekker | 22 janvier 2013 à 16:47
Mais vous, M. Dingli, de quoi avez-vous peur ?
Rédigé par : Mary Preud'homme @ L. Dingli | 21 janvier 2013 à 19:48
A en croire son silence retentissant, de perdre son temps, déjà.
Sur l'appréciation à porter quant aux deux cas d'intervention française qu'ai soutenues, il appert à l'oeil nu que la stratégie des tenants du quatrième califat est la même depuis les années quatre-vingt-dix.
Infiltrer progressivement un territoire qui soit à la fois une terre d'islam historique (Afghanistan, Soudan, Mali en sa proximité à Tombouctou..) et une terre à l'Etat que qualifierions ici d'inexistant ou de déliquescent et qu'ils perçoivent comme à la fois propice et pure de l'essentiel des influences structurantes occidentales qu'ils vomissent. Leur rêve est d'y installer ce qu'ils surent faire en Afghanistan jusqu'à ce que leur hybris ne les perde fin 2001, un territoire d'islam radical où leurs fantasmes insanes avaient même installé là de quoi entraîner et téléguider ceux prêts à tenter d'exporter de cela. L'Occident s'en moqua le temps que l'on sait - revoir les films de de Ponfilly autant lucides que désespérés, aussi professionnellement célébrés que politiquement sans écho - avec les dégâts que l'on sait. Bush et ses sbires ont-ils songé le jour fatidique à envoyer deux ou trois bombinettes depuis leur flotte sise entre le golfe arabo-persique et l'océan Indien, on peut le penser. Toute la région où Al-Qaïda s'entrainait sans vergogne eût été rasée, et les sympathisants durablement abasourdis.
Quel cheminement historique cette réaction eût créé, il est bien difficile de le dire... Les réactions secondaires à la façon dont l’Occident a réagi, d'abord raisonnablement en Afghanistan puis sottement en Irak, ayant déjà illustré (Bali, puis Madrid, puis Londres...) la capacité de groupes autorevendiqués comme solidaires au djihad à nuire à leur échelle. L'eussent-ils fait davantage, ardu que de le dire. Il n'est du reste pas moins que la méthode choisie, aller occuper terrain et esprits, y former armée et police, structurer mieux la société - avec tous les biais dont on se doute, la corruption et la perversion de ceux voyant couler ces mannes de circonstances étant incontournables mais moindre que ce qui s'y produisait avant, à tout prendre... - et ainsi fût probablement la moins mauvaise des réactions.
Le Mali relève un peu de cela pour ce que j'en crois comprendre. Le fait que tant de ses habitants cherchent à venir en France ou en Occident pour améliorer un quotidien des plus modestes doit quand même donner à espérer quant à la sincérité de l'estime qu'ils portent envers ceux dont ils cherchent la proximité. Les troupes françaises devraient être bien accueillies pour peu qu'elles ne s'y installent dix ans mais juste les quelques mois nécessaires à la désorganisation complète de ce qui avait réussi à s'y fédérer au point de submerger l'autorité branlante de cet État.
Comme en Afghanistan, notre présence au sol était impérieuse, attendue même, quoi qu'en dise Mary qui fustige les ex-colonisateurs mais utilise semblable procédé que les pires d'entre eux à savoir mieux que les populations enthousiastes ce qui serait bon pour elles...
Concernant l'intervention en Libye, il semble autant aujourd'hui qu'hier raisonnable de penser qu'il ne fallait surtout pas envoyer au sol autre chose que quelques avisés conseillers.
Le contexte était tout autre.
A bien observer l'Occident, enfin, le Maghreb se soulevait seul et sortait de cette torpeur fataliste qui l'avait vu ne saisir aucun des trains de la modernité qu'il avait associés aux moyens et intentions hégémoniques occidentales.
Là même que l'Amérique ramenait enfin ses troupes d'Irak, en renvoyer d'autres dans un contexte si similaire eût été perçu par la plupart des autochtones et de leurs frères de religion, au pire comme une provocation pure et simple qui eût aspiré des candidats au martyre et au djihad comme celle d'Irak en avait démontré le pouvoir d'attraction, au mieux cela eût été ressenti comme un paternalisme un peu méprisant que de ne faire confiance à qui prenait enfin son destin en main.
Ceux-là voulaient probablement juste pouvoir lutter à armes égales avec les sbires de leur dictateur. L'Occident a satisfait l'essentiel des contraintes même si les effets de bord prévisibles étaient probablement inévitables.
Gouverner est autant mesurer que prévoir.
Soupeser face comme revers est un art subtile.
On peut penser que nous ne sommes pas si mal administrés que cela.
Mais... si vous voulez vous attirer la sympathie d'autrui, gagnez à votre soutien les rieurs, critiquez tout et tous, toujours, tout le temps.
Votre pire ennemi a probablement les mêmes dégoûts que votre meilleur ami - à vous près, peut-être - et même s'il déteste une entité pour des raisons orthogonales aux vôtres et que préconisez des évolutions à l'inverse des siennes, il vous fera moins d'histoire dans la destruction que dans la construction.
Sorry, PB, j'ai fait un peu long. Mais, ne liront que ceux qui le voudront bien.
AO
Rédigé par : oursivi@Mary | 22 janvier 2013 à 16:42
Mary Preudhomme, vos commentaires sont toujours pleins de vous-mêmes et de vos hauts faits dont l'énumération régulière est pour le moins ridicule. Cette façon que vous avez d'arborer les blessures et les décorations que vous vous êtes vous-même attribuées amuse un moment mais finit par lasser. Allons, un peu plus d'humilité et un peu moins d'arrogance, s'il vous plaît.
Dommage que vos amis maliens, dont vous êtes certainement la pasionaria et l'héroïque égérie, ne s'expriment pas plus souvent en public, car, pour l'heure, et malheureusement pour vos clichés sur le néocolonialisme, c'est l'opinion inverse qui prévaut au sein de la population.
François Hollande a eu raison d'intervenir.
Vous me corrigerez certainement si je me trompe, mais je n'ai pas le souvenir que vous faisiez tant d'histoire sur le néocolonialisme du temps de l'intervention en Libye et je n'ose penser que vos indignations théâtrales et salonnières sur les conflits armés dépendent de celui qui y engage notre pays.
Quand on pose le pied sur un nid de serpents, il faut l'écraser.
Rédigé par : Laurent Dingli | 22 janvier 2013 à 11:23
On a ici des experts en guerre tous azimuts, peut-être gradés, qui ont peut-être connu des théâtres d’opérations divers (et d’été). La guerre, la vraie, n’est pas toujours… prévisible dans son déroulement et on découvre aussi qu’elle peut tuer ! (sic).
Dire qu’elle permet de détourner l’attention des Français concernant leurs problèmes n’est pas vrai. Enfin, vouloir presque souhaiter un bourbier au Mali, c’est du « wishful thinking » (en français, presque une « prophétie auto-réalisatrice »). Imputer à la Présidence ce détournement volontaire d’attention, soit une guerre qui coûtera certes bonbon en millions d’Euro, c’est trop « cheap », trop facile, trop… Fallait-il attendre Godot... et ses troupes ?
Rédigé par : Nath | 21 janvier 2013 à 23:15
Nombre de Maliens ne pensent pas comme vous, dont certains que j'ai l'heur de connaître de longue date, voire même des proches qui ont travaillé dans des ONG et connaissent bien ce pays.
La prochaine fois, essayez donc une critique un peu plus argumentée et épargnez-nous votre propagande et vos poncifs de salon. N'omettez pas en outre de nous rappeler le nombre de victimes civiles "collatérales" après seulement quelques jours de frappes françaises. Plus les milliers de réfugiés qui affluent de partout pour fuir la guerre.
Par ailleurs, si vous croyez que le gouvernement actuel a donné l'ordre d'intervenir au Mali par bonté d'âme ou pour se donner bonne conscience, vous êtes bien naïf. A cet égard, je suis beaucoup plus proche de l'analyse de Dominique de Villepin que de celle de Fabius qui a joué dans cette affaire le rôle de grand Mamamouchi auprès de FH. Par ailleurs, Monsieur le persifleur, avez-vous jamais été menacé, sanctionné en raison de vos idées ou de vos prises de position ? Moi oui bien des fois.
Quant aux hommes, femmes et enfants mutilés et maltraités, c'est bien beau de s'en inquiéter, mais que faites-vous pour que les choses changent à part sermonner ceux (ou celles) qui sont engagés, comme moi, dans des combats contre la torture et la tyrannie depuis leur prime jeunesse et y ont laissé bien des plumes (à défaut de mains ou de pieds).
Evidemment, Laurent Louis par sa vision des choses annonce des massacres et des horreurs. Comme pour l'affaire Dutroux où il s'est fait beaucoup d'ennemis. Tout d'abord parmi ceux qui ne craignaient rien tant que la vérité éclate... Et je comprends que ce genre de révélation effraie ceux qui ont tout intérêt à dissimuler certains faits déshonorants pour eux s'ils venaient à être jetés sur la place publique.
Mais vous, M. Dingli, de quoi avez-vous peur ?
Rédigé par : Mary Preud'homme @ L. Dingli | 21 janvier 2013 à 19:48
Rédigé par : Laurent Dingli @ Mary Preudhomme | 21 janvier 2013 à 13:46
Ça, c'est le moins qu'on puisse dire.
On va la marier à une djihadiste, histoire de rétablir la double peine.
AO
Rédigé par : oursivi@LD | 21 janvier 2013 à 19:41
Mary Preudhomme, vous êtes assez cocasse de qualifier l'opération franco-malienne de néocolonialisme depuis votre salon quand la population, elle, est ravie d'être débarrassée des dégénérés coupeurs de mains et de pieds.
Rédigé par : Laurent Dingli @ Mary Preudhomme | 21 janvier 2013 à 13:46
Mary,
Vous avez raison. Notre intervention au Mali soulève en effet des tas de questions.
Quant au référendum, on ne rappellera jamais assez le lien vers le site où il faut s'incrire (pour moi c'est fait) :
http://www.referendum-officiel.fr/
Rédigé par : RF | 21 janvier 2013 à 10:16
On parle effectivement du Mali et de l'Algérie mais hélas, essentiellement en termes de propagande en délivrant des « satisfecit » alors que la situation est dramatique. Quand le président actuel ne pousse pas l'outrecuidance et le déshonneur jusqu'à cautionner et justifier une invasion néocolonialiste au Mali, tôt suivie d’une prise d’otages par représailles en Algérie qui s’est terminée par une tuerie dont on n‘a pas fini de compter les victimes. Simples dommages collatéraux diront certains… Mais bon sang, quand la France va-t-elle se réveiller de ce cauchemar, comprendre les véritables enjeux et sommer le gouvernement actuel de rendre des comptes au peuple sans continuer à nous abuser et nous prendre pour des demeurés ?
Alors qu’il suffirait d’ouvrir les yeux et les oreilles. Comme ce parlementaire populiste belge (seul contre tous) qui ne s’est pas gêné le 18 janvier dernier pour faire (devant le Parlement de son pays) l’exposé de cette chienlit va-t-en-guerre mise en scène par la France, patrie des droits de l‘homme. Et pour ceux que ça intéresserait, allez sur le lien suivant : "Laurent Louis s’oppose à la guerre au Mali et dénonce la manipulation internationale" etc. (alterinfo.net/Belgique-Laurent Louis). Bien que je sois loin de cautionner certaines des idées sectaires de ce Laurent Louis, notamment dans le domaine sociétal, force est de reconnaître que sur ce coup-là, il a vu juste et que son exposé du 18 janvier était criant de vérité !
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Concernant l’opposition au « mariage pour tous », bien d’accord avec vous, il ne faut pas laisser un problème occulter l’autre. Nous étions un million et quelques à Paris dimanche dernier, ce qui n’est pas rien. Et dix fois plus nombreux prêts à continuer le combat et ne pas baisser les bras, nonobstant les atermoiements ou les dissimulations du gouvernement actuel qui a choisi de faire le dos rond et de falsifier les chiffres des manifestants. Pour cela, commencer par signer et faire signer massivement la pétition qui circule sur Internet réclamant un référendum populaire sur le sujet. Avec un minimum de 5 millions de signatures à obtenir pour faire céder le gouvernement. Alors au boulot ! La France le veult !
Rédigé par : Mary Preud'homme @ RF | 20 janvier 2013 à 22:45
Xavier Nebout - 18 Janvier - 10h 44
" les Gazelle étaient me semble-t-il initialement destinées à l'attaque des chars et non à aller se faire tirer comme des pigeons "
Oui et non : dès sa mise en service dans l'ALAT la Gazelle était destinée tant à l'attaque des chars (missiles Hot) qu'à l'appui feu au sol avec un pod canon de 20 mm. Elle pouvait et peut toujours être équipée avec l'un de ces deux types d'armement.
Le problème de fond réside lors de son choix par l'armée au début des années 70, il lui fut de fait imposé pour des raisons industrielles. Les militaires voulaient et avaient besoin d'un d'hélicoptère de nouvelle génération, cela pour remplacer leurs Alouette III dans les missions antichars.
A cette époque toutes les armées occidentales développaient ou commençaient à fabriquer les premiers hélicoptères spécifiquement militaires, et donc avec des protections contre les tirs adverses, destinées à la lutte antichars et appuie feu. Les militaires français voulaient une machine de ce type, mais... mais...
En France l'Aérospatiale venait de lancer la fabrication de la Gazelle, conçu pour un usage civil et pour diverses raisons peinait à la vendre. Vu qu'il était aisé de lui rajouter des kits d'armement, le gouvernement d'alors imposa à l'ALAT d'acheter plusieurs centaines de Gazelles "militarisées". Cela permettait d'assurer un plan de charge à l'Aérospatiale qui à l'époque était en difficulté : échec commercial du Concorde, Airbus qui n'en était qu'au stade des essais, hélicoptères Alouette II et III qui dataient.
Depuis toujours l'armée française est bien consciente de la vulnérabilité de la Gazelle aux tirs d'infanterie. Illustration de cela:
Dans le début des années 80 fut créée la DAM (division aéromobile) qui regroupait quasi toutes les Gazelles, et une grande partie des Puma. Cette DAM était destinée à faire une série de frappes massives se succédant rapidement, sur les vagues de chars soviétiques, en cas d'attaque de l'URSS à travers la RFA. Il était prévu que ces frappes dureraient au plus quelques jours, car à chaque sortie le taux de pertes des Gazelle vu leur vulnérabilité était estimé à 30 - 40% !...
Pietri S - 18 Janvier - 13h 20
"à bord d'une autre machine une balle qui l'aurait touché à l'artère fémorale l'aurait tué, aussi"
Oui mais à la condition qu'une telle balle d'infanterie ait pu traverser les parois ou vitrages du cockpit !... Ce qui n'est pas le cas de ceux du Tigre ou Caracal qui résistent à toutes les balles d'infanterie et même aux éclats des obus de 20 mm.
Conclusion : si le Lt Boiteux avait opéré aux commandes d'un Tigre, il n'aurait pas été touché à l'artère fémorale par une balle d'infanterie. Au pire blessé très superficiellement par des éclats du cockpit générés par l'impact de cette balle, et encore il aurait fallu qu'elle soit d'un calibre supérieure à celui d'une Kalachnikov ou SVD Dragonov (fusil de précision russe équivalent à notre FR-F2).
Rédigé par : Trekker | 18 janvier 2013 à 19:38
Xavier,
En tout cas, c'est une formidable aubaine pour Normal Ier car les médias ne parlent plus que du Mali et de l'Algérie.
Et gageons que les Français girouettes lui remontent sa cote de popularité. Finalement c'est cool d'être un président normal : on fait prendre des risques inconsidérés à nos otages et à nos troupes, et on capitalise sur les tragédies.
Je ne veux pas jouer les oiseaux de mauvais augure, mais j'ai le sentiment que le Mali va devenir un bourbier.
Rédigé par : RF | 18 janvier 2013 à 19:32
Cet homme est mort d'un arrêt du coeur.
Rédigé par : Alex paulista | 18 janvier 2013 à 16:49
Alex, faudrait aussi expliquer à la délicieuse ce que c'est, à quoi cela sert, comment ça marche... allez y passer un temps fou, mon vieux !
Il fait beau à sAO Paulo ?
Ici on attend la neige, mais bernique, les flocons ont dû être interdits de survol, encore un coup des islamistes.
AO
Rédigé par : oursivi@AP | 18 janvier 2013 à 17:59
Alex paulista 16.49
Allons, allons.... un peu morbide... certaines formules passent mieux à l'oral qu'à l'écrit, et sans aucune surenchère juste pour rester exact, son coeur s'est arrêté, parce qu'il se vidait de son sang...
C'est vendredi, fin d'une semaine qui a été pleine de rebondissements difficiles, vous serez donc pardonné, c'est une manière inattendue sans doute d'avoir une pensée respectueuse pour la mémoire de Damien Boiteux !
Rédigé par : Pietri S - Le pouvoir de la normalité | 18 janvier 2013 à 17:32
@ Pietri S
C'est la balle qui a tué cet homme... un peu de bon sens
Pas du tout. C'est le coeur. Cet homme est mort d'un arrêt du coeur.
Rédigé par : Alex paulista | 18 janvier 2013 à 16:49
Trekker 19.06
C'est la balle qui a tué cet homme... un peu de bon sens... à bord d'une autre machine une balle qui l'aurait touché à l'artère fémorale l'aurait tué, aussi.
Cessez de confondre symptômes de premier et second niveaux, un symptôme de premier niveau n'est pas la cause !
Rédigé par : Pietri S - Le pouvoir de la normalité | 18 janvier 2013 à 13:20
Trekker | 17 janvier 2013 à 19:06
Oui la Gazelle est un hélicoptère prévu pour le théâtre européen. Très agile, léger, mécanique très fiable, c'est un hélicoptère antichar ou antivéhicule...
Mais aucune protection contre "la boule de feu" d'armes d'infanterie. Un ventilateur sur un aquarium.
Et le tigre lui est blindé, très sophistiqué, demandant plus d'heures de maintenance que de vol.
Bref cette histoire va nous coûter un bras dans tous les sens du terme.
Savez-vous où est notre renard du désert BHL ?
Rédigé par : hameau dans les nuages | 18 janvier 2013 à 12:56