Au Palais des Congrès, mille sept cent cinquante élèves avocats ont prêté le "petit" serment avant de commencer une formation qui durera dix-huit mois.
Au cours de la matinée de cette journée qui, à cet endroit et avec ces modalités, est une première, plusieurs intervenants ont prononcé des discours dont la tonalité générale a été remarquable.
La directrice de l'école de formation du barreau, Elizabeth Ménesguen, a été fidèle à sa réputation qui est de premier plan.
Le bâtonnier Christiane Féral-Schuhl a donné avec enthousiasme et conviction sa vision de la profession et je ne doute pas qu'elle ait su enflammer tous ces jeunes esprits déjà tout prêts à s'embraser.
Je voudrais faire un sort particulier à deux allocutions.
Celle du ministre de la Justice a surpris, tant les auditeurs ne sont plus habitués, de la part des personnalités politiques, à une oralité, une éloquence inventives et structurées. Un grand moment d'intelligence et de parole.
Enfin, Robert Badinter.
Il est inutile d'insister sur son talent et sa force de persuasion qui, dans cette enceinte, alors qu'il avait prêté serment comme avocat il y a soixante-deux ans, se sont manifestés avec une fraîcheur et une plénitude qui n'avaient pas une ride.
Ce qui m'importe est de scruter le lien passionné, inconditionnel, délirant entre Badinter et le barreau en devenir et en activité, le futur et l'actuel.
Pas un applaudissement ne lui a manqué. Avant de commencer à parler, après sa présentation dithyrambique, il a eu droit à une "standing ovation". A l'issue de son propos un peu long, une seconde encore plus nourrie lui a été offerte qu'il a accueillie, comme la première, avec une modestie ravie, une simplicité heureuse, avec la conscience claire qu'il les méritait - on l'avait évoqué comme une icône - et en même temps l'élégance de sembler les trouver excessives. J'étais tellement agacé par cette surenchère admirative que, mal embouché, je ne me suis pas levé quand pratiquement toute la vaste salle était debout.
Le ministre de la Justice qu'il a été a bénéficié d'une aura sans nuance - sauf de la part de la police -, alors que techniquement et éthiquement il aurait été loisible et pas honteux de critiquer certains aspects de sa politique.
Le sénateur Badinter m'a aussi semblé jouer parfois sur un registre commode, alternant entre le partisan et l'humaniste, faisant appel à la "grande conscience" quand le socialiste était discuté, voire dénoncé, et devenant pugnace et combatif quand au contraire le Badinter éthéré était mis en cause. En quelque sorte, un double jeu.
Mais Robert Badinter, c'est aussi et surtout celui qui, sous l'égide politique de François Mitterrand, a fait abolir la peine de mort, l'Européen déterminé, le défenseur inlassable des libertés et, enfin, ce qui n'était pas mince pour un socialiste, un adepte constant et courageux de la social-démocratie en France. Sur ce plan, il n'a jamais varié, toujours tenu le cap, même quand la joute devenait difficile et qu'une gauche intelligente et modérée était mal appréciée.
Je me demandais, considérant cette relation éperdue entre Badinter et les avocats, tous les avocats, les jeunes et les moins jeunes, les pensées de droite et de gauche, les médiocres comme les meilleurs, pourquoi celle-ci était possible dans cet univers de manière aussi universelle, alors qu'en revanche le drame fondamental de la magistrature était de n'avoir jamais eu la moindre personnalité emblématique, à la fois indiscutée et indiscutable, à se mettre sur le corps si j'ose dire. Comme lien, comme ciment, comme formidable trait d'union.
On comprend aisément la nature du ressort fondamental ayant suscité entre le barreau et son modèle cette ferveur intellectuelle et judiciaire. En effet, l'humanisme tel que Badinter l'a toujours conçu, pratiqué et espéré, sous toutes les facettes que ses fonctions prestigieuses lui ont permis d'appréhender, était naturellement, de manière vague, diffuse ou éclatante, au coeur du choix professionnel de ceux pour qui conseiller et défendre représentaient la démarche la plus belle, la plus noble du monde. L'accord était immédiat entre la conception du maître et l'aspiration de ceux qui au cours des années n'ont pas cessé de s'en inspirer, même s'ils étaient à mille lieues de son excellence. Bien au-delà des clivages politiques et des inimitiés partisanes, cette complicité de bon aloi n'a pas cessé de produire ses effets. Badinter était et est demeuré le dénominateur commun à tous les visages, même les plus contrastés, du barreau.
La magistrature, au contraire, n'a jamais eu la chance, dans le cours de son destin collectif, de pouvoir se choisir une personnalité acceptée et admirée par tous, suscitant le consensus par le haut, ne dégradant pas par le bas, courageuse, exemplaire, parfaite représentation d'une métier, d'une vocation que son nom seul aurait suffi à évoquer.
Il y a eu et il y a d'exceptionnels magistrats mais peu ou prou engagés, parfois à leur insu, dans les jugements qu'on porte sur eux, dans des camps, des clans et des factions. Aucun, parmi les rares qui me viennent à l'esprit, ne pourrait échapper au soupçon d'une politisation réelle, ou prétendue telle, qui pèserait plus lourd que toutes ses qualités professionnelles. Même un Pierre Truche ou un Guy Canivet - un tout autre style et registre - n'auraient pas trouvé grâce aux yeux de tous.
Sans doute la recherche désespérée d'un Badinter dans la magistrature, au moins comme symbole d'une appartenance solidaire et fière d'elle-même, est-elle devenue cette quête impossible à partir du moment où le politique a perçu que la justice faisait partie intégrante d'une stratégie de pouvoir. A mon sens depuis la première cohabitation de notre vie publique.
Un Badinter pour tous au barreau : chaque jour démontre la validité de cette adhésion. Un Badinter à la carte dans la magistrature : chacun a le sien, donc personne ne rassemble. Il y a là du relatif dont la contagion sur les pratiques peut être dévastatrice.
Ce billet inspiré par la jeunesse m'a été soufflé grâce à Robert Badinter, à cause d'un soulagement et d'un constat.
Une promotion de la magistrature à Bordeaux a failli se nommer "Fabrice Burgaud".
Je serais jeune étudiant, le discours dominant sur la Justice ne me donnerait pas envie d'embrasser ce magnifique métier de magistrat. Trop peu d'élan, d'enthousiasme pour trop de doléances, de récriminations.
La magistrature n'aura jamais "son" Badinter.
Je me méfierai toujours d'une justice de gauche. Je me méfierai toujours de la bien-pensance bourgeoise de gauche qui habite tous ces jeunes c...
Et encore plus de notre ministre de la Justice et de ce cher Badinter, si précieux comme point de repère à tous ces écervelés imbus d'eux-mêmes et pleins d'assurance dans leur future tâche. Que de désenchantement ne les attend !
On ne devrait pas enseigner dans les facs de droit le droit de l'hommisme, l'humanisme outrancier, l'humanisme primaire, toutes ces merveilleuses idées qui font passer nos gentils délinquants et criminels pour ce qu'ils ne sont pas.
Badinter prononce son discours contre la peine de mort, mon petit frère de dix ans peut faire un plus beau discours. Discours qui fait encore frémir certains dans ce bas monde. Triste vie qui n'est qu'un éternel recommencement de nos échecs passés et à venir.
N'est-ce pas un autre idiot utile de gauche, Sartre, qui disait "toute existence est un échec" ?
Cher Philippe Bilger, Badinter est un très mauvais exemple de notre "justice intellectuelle" dominée par des masturbateurs universels des droits de l'homme.
Avoir un autre Badinter dans la magistrature serait commettre une erreur monumentale. Badinter est une icône, une image d'Epinal pour tous ces jeunes sans foi ni loi, alors comme si cela ne suffisait pas, on aurait davantage de magistrats rouges imbus d'eux-mêmes et poussés par une soudaine envie idéologique d'appliquer la justice selon leur idéologie. Ce que certains font déjà.
Non vraiment cher Philippe, laissons la magistrature sans dieu ni maître, laissons-la avec tous ses défauts et ses quelques qualités. N'encombrons pas ces esprits si fragiles avec une Marianne de gauche porteuse d'universalisme primaire.
Badinter serait capable de se faire applaudir d'avoir réussi à faire acquitter un meurtrier, et je ne crois pas que ce soit cette société que les Français veulent.
A l'abri dans leurs beaux immeubles, les esprits de gauche ne sont libres qu'en se prostituant de la plus effrontée des manières, non pas en vivant avec cette populace qu'ils croient représenter, mais en partageant ses convictions qu'ils abhorrent.
Les idiots attirent les idiots, c'est ainsi depuis la nuit des temps.
Cher Philippe, permettez-moi un jugement très personnel, vous valez mieux que ce monsieur.
Rédigé par : Phasme | 18 janvier 2013 à 17:26
Oursivi,
Bien compris votre raisonnement. Mais, même si la détention à perpète semble une vengeance, elle est moindre, à mon sens qu’un autre meurtre, l’exécution du meurtrier, sain d’esprit ou pas. Quant aux agents de la pénitentiaire chargés de leur surveillance, leur tâche est certes rude, épuisante et parfois dangereuse, on l’a vu. Mais ce me semble bien mineur à côté de cette lancinante question, à mon sens : décider de l’élimination d’un homme.
A mon sens, la détention à vie n’est pas un « supplice dont la société (ou moi) l’affligerait PAR VENGEANCE » comme l’écrivez. C’est plutôt un rétablissement d’équilibre, une forme de justice qui peut sembler cruelle, mais, après tout, un autre crime, plus grave (celui d’ôter la vie) a été commis.
En mon for intérieur, je ne me sentirais pas capable, dans un jury d’assises, de décider de la mort d’un individu. C’est, vous le voyez, tout simple, voire simpliste pour certains.
Alors on en vient à McVeigh, Ben Laden ou Saddam. J’ignorais que le premier (Oklahoma City) avait demandé à être exécuté.
N’ai pas de réponse sensée à votre question qui elle, l’est. Quant aux deux suivants, leur cas est plus grave car leurs meurtres sont planifiés, en bande organisée, qualifiables de crime contre l’humanité, répétitifs, etc. Mais même pour ces pires crapules, je ne voterais pas l’exécution.
Voilà !...
Rédigé par : Nath | 10 janvier 2013 à 00:29
@ Valérie
En ce qui concerne l'affaire Ranucci, tout ce qu'il était possible de dire l'a été, je pense...
Rédigé par : Boris | 09 janvier 2013 à 20:27
De plus, pourquoi exclure pour certains la possibilité d’une certaine forme de rachat, de pardon, de retour sur ses actes… en prison. Ces cas ont existé.
Le choix est vaste et l’humanité diverse.
Rédigé par : Nath | 09 janvier 2013 à 17:17
C'est justement ce que je disais, ne visant que quelques cas très rares (quoique pas loin de mille homicides par an quand même, et sommes loin d'être ici les pires...) et en rien tous les fautifs de crimes.
Mais on sait que quelques-uns ne sont pas récupérables - ne pas en douter - et qu'ils représentent une menace à laquelle ils nous obligent à faire face. Il n'y a aucune intention de vengeance dans ce que suggèrent mes mots, bien au contraire, je constate plutôt que ceux qui veulent leur infliger une sanction de prison à vie sont eux dans ce désir de vengeance, de supplice lent.
Un mort est un mort, la mort d'un autre ne le ressuscite en rien.
Par contre, si elle peut prévenir d'autres morts innocentes, elle devient plus "argumentable".
Ainsi, je persiste à penser qu'un homme qui se sait mauvais et prêt à itérer ses horreurs et qui veut en finir préventivement, se place justement dans la voie du salut dans notre considération. Je ne vois alors pourquoi lui refuser ce choix que d'en finir, sachant qu'il règle ainsi le problème qu'il pose tant aux autres qu'à lui-même...
C'est pure cruauté que de lui refuser cela, et ce n'est pas mon propos.
Mon propos est juste de peser les issues de l'existant.
Imaginez que deviez résoudre le cas de Timothy McVeigh qui demandait la mort à son procès, par détestation du genre humain, je crois.
Que faites-vous alors, vous la lui autorisez au sens le laissez se suicider quand bon lui semblera, la lui déniez en le maintenant en vie en prison le plus longtemps possible comme un supplice dont l'affligez par vengeance, ou le condamnez à mort* ?
Such a quizz !
Et Ben Laden, la décision de sa mise à mort est un assassinat ou une mesure de prophylaxie ?
AO
* comme l'a décidé l'Etat qui avait à statuer
Rédigé par : oursivi | 09 janvier 2013 à 18:54
@Boris
Je n’ai pas fait, en son temps, le trajet de la Cité à La Pomme (Ranucci) mais me suis rendu au lieu supposé de découverte du cadavre. Cette affaire m’avait déjà ému.
@Valérie
Eh oui, je suis un « coriace de l'innocence à tout prix :-), prêt(e)s a toutes les élucubrations intellectuelles inimaginables pour ne pas remettre en question un dogme auquel ils ont cru dur comme fer ! »… sauf que ce ne sont pas des élucubrations mais une intime conviction et une réflexion… mais j’y crois, vous avez raison, dur comme fer.
Antoine (le chanteur) eut, en son temps, des Elucubrations :-). Il nous mène maintenant en (beau) bateau, sur les sept Mers ou océans.
Peut-être que Ranucci était coupable, peut-être que non, qui le saura vraiment ? Rappelez-vous les zones d’ombre de l’enquête, les témoignages douteux, les rétractations. Bref, de l’humain, quoi.
Rédigé par : Nath | 09 janvier 2013 à 18:11
Nath@oursivi, en réponse d’oursivi@Nath | 08 janvier 2013 à 19:54
Merci pour votre échange.
Vous posez à la fois la question des "droits du condamné à mort" (si j’ose dire), de sa "liberté de choix", de son "droit au suicide" même, en tant que solution à ses propres tourments… et vous avez raison (d’un point de vue strictement philosophique).
Mais vous posez aussi, très justement, les contingences pratiques de cette détention à perpète.
Que faire de cette détention, solution un peu bâtarde et dont je reconnais qu’on puisse s’en soucier ?
Encore une fois, je crois que ce n’est pas parce qu’un individu est le pire monstre, avec du sang sur les mains, qu’il a « le droit », finalement, de mourir, et même de se suicider (ce que vous envisagez aussi) et comme je l’ai dit, qu’ON a le droit ou le devoir de l’exécuter.
Une mort ne vengera, ne rachètera, jamais une autre. Bien sûr, dans ce cas, ce sera un nettoyage par le vide. Mais le problème ne sera, finalement, jamais résolu, philosophiquement et même, j’allais dire tout bêtement… numériquement, hélas. Car je crois que ces « monstres » existent et existeront toujours.
Vous mettez aussi en parallèle :
« une femme qui n'a en rien fait le mal et se suicide pourtant car croyant avoir été indigne de sa position d'humain » et ces mêmes monstres « des individus qui se savent être le mal incarné, et pourtant revendiquent d'être libres aussi avec le droit de tuer ».
La liberté de se suicider est certes digne de respect (et je la respecte, mieux même je la comprends et même la partage à 200%). La femme que vous citez n’a, dans bien des cas, pas failli envers la société (sauf cas particulier). Mais le condamné à mort lui, a une vraie dette envers cette société (il a commis un meurtre, interdit par toutes les religions, sociétés, Décalogue, etc.). Il ne devrait pas avoir ce « droit » (et ce sera LA sanction, car il en faudra bien une), outre la détention à vie. De plus, pourquoi exclure pour certains la possibilité d’une certaine forme de rachat, de pardon, de retour sur ses actes… en prison. Ces cas ont existé.
Le choix est vaste et l’humanité diverse.
Rédigé par : Nath | 09 janvier 2013 à 17:17
@ l'attention du Sieur Boris le 08 janvier 2013 à 22:08
Effectivement, on peut dire que vous etes "tombe" sur des coriaces de l'innocence a tout prix :-), pret(e)s a toutes les elucubrations intellectuelles inimaginables pour ne pas remettre en question un dogme auquel ils ont cru dur comme fer !
Contemporaine de cette effroyable affaire, a mi-chemin (en raison de mon age a cette epoque) du bourreau et de la victime, je n'ai pu qu'etre passionnee par le livre + le film qui ont suivi et auxquels j'ai "cru" encore plus qu'aux Evangiles...
Aujourd'hui, je pense que l'on peut dater l'assurance d'une "innocence mediatique" a partir de la mediatisation qui a ete faite de cette supposee "erreur judiciaire" qui n'en etait sans doute pas une !
Pour mieux comprendre, on doit se replonger dans le contexte historique (deux chaines tele, pas encore de radio libres, journaux bien controles, etc.) et chez les gens de peu d'education/instruction (et je m'y compte) si un journaliste/ecrivain l'a dit, si un film a ete tourne ; c'est que "c'est vrai"... on ne cherche pas plus loin... a savoir d'ou parle l'auteur, le realisateur de film, etc.
A l'age auquel je suis parvenue et avec trop d'experience de la vie, je pense meme que c'etait un livre + film de "commande" afin de faire pleurer Margot et de mieux faire passer l'abolition en France aupres de la populace...
Pour conclure, je dirai que je ne me pardonnerai jamais la credulite qui me caracterisait jadis... tant sur ce sujet que dans ma vie personnelle !!!
Rédigé par Sieur Oursivi le 09 janvier 2013 à 14:38
Completement d'accord et sans reserve... Merci !
Rédigé par : Valerie | 09 janvier 2013 à 15:42
Plutôt que d'encenser le Robert en un volume, je voudrais dire mon admiration et surtout tenter de vous la faire partager, pour au moins trois personnes. Elles bien peu célèbres et dont la société eût gagné à les faire tellement davantage les symboles de son unité nécessaire.
D'abord, la gamine qui s'est extirpée des liens par lesquelles Fourniret l'avait entravée, cette même héroïne qui loin d'avoir sauver sa seule vie a certainement sauvé celle de beaucoup d'autres suppliciées à venir, sautant de la camionnette et saisie d'un assez grand sang-froid pour convaincre une automobiliste - deuxième que j'aimerais saluer - de la recueillir et de noter le numéro de la camionnette quand elles l'ont aperçue.
Quelques petits trois fois rien qui épargnent des vies et des vies, et tous les tourments que ces pertes charrient. Sans robe ni effet de manche, pas plus que de verbe, une absence de passivité comme d'indifférence qui sauve pour de vrai d'innocentes vies...
Tout le contraire des envolées factices des EDM et RB de tout poil.
Et pour conclure ce panégyrique, n'y pas oublier les flics, surtout celui ou ceux qui se sont entêtés à interroger la compagne de la bête autant de fois qu'il l'a été nécessaire pour qu'elle fasse enfin émerger une partie de leur sordide iceberg.
Quand on s'est intéressé d'assez près à quelques enquêtes inabouties et qu'on a senti à quel point les investigateurs sont passés à côté que de ne vouloir se donner le temps et de consentir les récurrents efforts indispensables, on se dit que ces derniers-là, que je salue très bas, sont décidément de la trempe dont on les aimerait tous faits.
Pour en revenir à votre petite sauterie, moi aussi je serais resté assis, ce qui est toujours plus digne que de voir tous ces gens couchés ; mais, plus probablement, je n'y serais même venu.
AO
Rédigé par : oursivi | 09 janvier 2013 à 14:38
Catherine JACOB @ Achille
« Mais est-ce que le juge n'est pas là aussi pour défendre le citoyen innocent injustement attrait par un avocat ? »
Brassens l’a bien développé dans sa chanson L’Auvergnat et aussi dans bien d’autres de ses magnifiques textes. Le Français a plutôt tendance à prendre la défense du gredin contre la maréchaussée.
Cela peut sembler ingrat pour nos juges et nos forces de police qui ont un rôle indispensable dans notre société, mais c’est ainsi. :-)
Rédigé par : Achille | 09 janvier 2013 à 09:11
hameau dans les nuages 20.18
Ce que vous exprimez est parfaitement audible, cependant les situations sont-elles comparables ?, l'élimination d'un dictateur sanguinaire au cours d'une lutte armée et le fait d'être abolitionniste ?
Même chose pour Ben Laden ! éliminé lui, par traîtrise diraient sûrement certains.
Votre propos aurait été plus percutant/pertinent si vous aviez peut-être tenté de comparer l'exécution de Saddam Hussein, cet autre monstre sanguinaire, dont j'ai détesté que certaines télés aient osé montrer les tous derniers instants, la corde au cou : image tellement inutile.
Si je suis abolitionniste c'est parce que je refuse qu'en mon nom, au nom du peuple, un être humain vivant soit exécuté, la mise à mort institutionnalisée, son cérémonial froid, me révoltent ; cependant les lois de la guerre, celles d'un conflit armé sont tout autre chose, une guerre propre sans mort est malheureusement impossible, il y a toujours des victimes innocentes collatérales.
La loi du talion est un principe archaïque et barbare ; on peut cependant admettre et comprendre que certains pensent que "certains" assassins doivent être éliminés : la peine de mort est indivisible, on est pour ou contre, entre les deux il n'y a rien !
Rédigé par : Pietri S | 09 janvier 2013 à 08:37
@Tipaza, votre dernier commentaire
Merci de m’avoir expliqué ce qu’est un blog… dérisoire. M. Bilger et d’autres seront heureux d’apprendre que ce blog est dérisoire.
Venons-en au sujet même. Je ne prétends pas, et ne me permettrai pas, comme vous, de juger l’homme. Il ne prétend pas « changer la société » : vaste programme ! Mais « changer une certaine justice » ! Vous caricaturez son « morceau de bravoure » qui ne vise qu’à diminuer le caractère bestial de cette forme de justice : la loi du talion.
Oui, vous avez atteint votre objectif... et en êtes fier. Cela ne regarde que vous et votre libre arbitre.
Enfin, pour les attaques personnelles, « archéo-macho » est certes peu flatteur, mais je n’ai trouvé que ce terme, vu le sujet (rappelez-vous, c’était les femmes entrant dans un restaurant, etc.). J’ai trouvé vos propos… d’un autre âge ou issus d’un autre type (ou système) de population, de société. Pour moi, ce n’était que critique et non « attaque personnelle » au sens juridique.
Pour couronner le tout, vous me traitez de marxiste, ce qui me fait doucement rire. Vous me rappelez presque Mac Carthy… mais vous allez dire encore que c’est une attaque perso.
Quant aux frères Marx, vous me faites un plaisir immense car j’adore leur comique loufoque et un peu anar. Si si ! Une tirade célèbre dans Duck Soup ou Une Nuit à Casablanca : Groucho est au resto avec une dame assez plantureuse. L’addition arrive, Groucho saisit la note, se lève indigné et déclame : « Madame, c’est scandaleux, si j’étais vous, jamais je ne payerais !".
Allez, bonne journée !
Rédigé par : Nath | 09 janvier 2013 à 08:10
Ah le politiquement correct !
Hormis l'excellent commentaire de poil à gratter qui aurait gagné à parler sous son nom, nous avons les sbriglia et "le juste qui n'a pas voté les pleins pouvoirs".
Sauf qu'à quatre ou cinq exceptions près, ceux qui ne les avaient pas votés l'avaient fait parce qu'ils jugeaient insultant à l'égard du Maréchal de ne pas lui donner encore plus de pouvoir.
Pour en revenir à Badinter.
Nous avons là l'exemple parfait de l'imposture du faux sage, de l'expert en démagogie, du philosophe de l'évidence - autrement dit de nullité en philosophie et plus particulièrement en philosophie du droit - ce en quoi il forme un excellent couple avec son épouse -, un exemple de connivence avec l'archange Mitterrand et d'amitié avec saint DSK qu'il conviendrait de contempler.
On signalera au passage que François Mitterrand n'était pas contre la peine de mort par principe contrairement à ce qu'on voudrait nous faire croire, mais seulement en raison de l'incertitude de la justice, et qu'il ne l'aurait donc peut-être pas été en présence de preuves tirées de l'ADN.
La magistrature aura son chef charismatique lorsqu'elle aura son anti Jacques Ellul - en ce qu'il devra être au-dessus de lui pour pouvoir dénoncer la vie d'errance à laquelle conduit l'autodidactie en matière théologique. Il devrait être un Saint Augustin disant simplement que le juge efface sa conscience devant la loi que l'Esprit a inspirée aux hommes, et que là est le sens de la robe de deuil du christ qu'il porte.
Ceci fait dans l'exercice de sa fonction, le citoyen de la cité céleste peut dire ce qu'il pense de la loi.
Rédigé par : Xavier Nebout | 09 janvier 2013 à 07:13
"Il est préférable de construire des ponts entre les gens plutôt que des clôtures", ainsi s'exprimait Cicéron, premier grand avocat.
Les avocats il en est de toute nature : c'est une fonction tout à fait hétérogène depuis François Denis Tronchet, Isorni, Floriot et tant d'autres oubliés, puis ceux dans le vent et non cités les Olivier Pardo, Lev Forster, Thierry Herzog, Patrick Maisonneuve, Pierre-Olivier Sur, Alexandre Varaut et Jean Veil, tous ont été en charge d'affaires très médiatisées, mais il y a aussi les nouveaux LOL, comme R.Dati, F.Lefebvre, N.Mamère, D.de Villepin etc. qui eux aussi sont des avocats LOL LOL
Un avocat c'est le Verbe et la Robe, un avocat doit obéir à sa vocation qui est de veiller à ce que nul, quel que soit le crime ou délit commis, ne demeure sans défense.
Assas est souvent le refuge de ceux/celles qui ne peuvent pas intégrer autre chose, Assas intègre souvent les moins bons, mais aussi ceux qui mènent en parallèle un double cursus et qui ne seront pas avocat.
J.Veil assume le fait d'avoir été un mauvais élève, il serait devenu l'un parmi les meilleurs ; en tout cas le carnet d'adresses de Simone et Antoine Veil aura été un facilitateur qui lui aura permis de côtoyer plus facilement/rapidement que d'autres les plus grands clients potentiels.
Un avocat se bonifie tout au long de sa pratique, c'est une fonction dans laquelle l'expérience est primordiale, essentielle.
Malgré la féminisation de cette filière, pourquoi n'y a-t-il pas de femme "grande avocate" (il y a eu Gisèle Halimi bien connue pour son combat pour la cause des femmes et son célèbre procès de Bobigny) est-ce uniquement un problème de tessiture ? ou autre chose comme certains le disent : une fonction qui se féminise se dévalorise ?
Un bon avocat doit-il être une "grande gueule" ?? comme l'est Eric Dupond-Moretti, qui en plus est compétent !
L'avocat doit défendre coûte que coûte un client au mieux de ses intérêts, obtenir la plus faible condamnation, ou la plus forte indemnité alors que le magistrat doit apprécier des faits, les faits sont têtus, et s'en tenir à l'application stricte des lois.
L'un défend, l'autre sanctionne.
Un bon avocat qui "réussit" une affaire viendra chanter ses louanges, s'il "perd" il viendra vitupérer contre la magistrature devant micros et caméras. L'avocat est une fonction de lumière, publique, le magistrat lui, agit dans l'ombre, il est toujours le méchant, celui qui sanctionne, puisqu'un procès ou une affaire opposent toujours deux parties dont l'une est plus ou moins satisfaite, l'autre ne l'est pas.
Le magistrat est un peu comme le patient qui reprocherait à son médecin sa maladie, le magistrat incarne la sanction, la punition, difficile de l'applaudir LOL
L'un a peu d'obligation de réserve, l'autre a une obligation de réserve qu'il doit respecter sous peine de sanctions !
Il y a cependant de grands magistrats, Renaud van Ruymbeke, mais on se souvient plus facilement du fiasco de ceux qui ont été en charge des affaires de Bruay-en-Artois, Villemin, etc. ou de Philippe Courroye, de Jean-Claude Marin... adeptes du mélange des genres.
Rédigé par : Pietri S | 09 janvier 2013 à 06:45
@ oursivi
« Si je crois en la culpabilité de C. Ranucci, je n'aurais probablement pas choisi cette issue pour celui dont le jugement me paraît assuré à 99%... mais pas à 100%. ».
Oui, c’est aussi ma proportion… encore que je ne me sois pas amusé à faire en voiture et avec une montre le trajet entre la cité Sainte-Agnès et le carrefour de la pomme, comme d’aucuns sur certains forums. Mais rien n’interdit aux jurys d’assises d’être stupides de temps à autre, aux procureurs de demander la peine ad hoc, aux présidents de la République de ne plus se souvenir de l’affaire… ni même aux pull-overs rouges de traîner dans les champignonnières provençales.
« Vouloir regrouper des individus aussi peu semblables qu'un crocodile et qu'une girafe sous le même vocable "d'homme" est la première des hérésies ». Et si, c'est tout le problème : c'est ce que faisait Pascal, à une époque où personne ne remettait en question le bien-fondé de la peine de mort. Figurez-vous que depuis 1741, on ne juge plus les autres espèces en France... Dont acte.
Tout ceci pour dire que j'ai de l'admiration pour Robert Badinter... et que le choix de Mitterrand rachète, à mes yeux, quelques-uns de ses nombreux péchés.
Rédigé par : Boris | 08 janvier 2013 à 22:08
On me reproche de donner des liens, je n'en donnerai donc pas .
Monsieur Badinter grand avocat = abolition de la peine de mort.
C'est factuel et dans tous les livres scolaires.
J'aurais aimé savoir ce qu'il pense de l’exécution programmée de Monsieur Kadhafi lui qui sur France inter souhaitait que l’Égypte armât les combattants de Misrata afin que le combat soit égal face aux loyalistes, en se gaussant des propos du "guide suprême se présentant comme le chevalier blanc barrant la route d'Al Qaïda au Maghreb".
"Monsieur Kadhafi a le dos au mur" déclarait-il dans la même interview.
Belle périphrase pour un abolitionniste.
Rédigé par : hameau dans les nuages | 08 janvier 2013 à 20:18
@Achille | 08 janvier 2013 à 08:35
"Alors Philippe Bilger, cela ressemble fort à une petite crise de jalousie, non ?
C’est vrai que les avocats ont toujours été préférés aux magistrats. C’est un peu normal. L’avocat défend le citoyen qui a « fauté » alors que le juge le punit.
Mais est-ce que le juge n'est pas là aussi pour défendre le citoyen innocent injustement attrait par un avocat ?
Rédigé par : Catherine JACOB @ Achille | 08 janvier 2013 à 20:12
"ils ne représentent plus (théoriquement) aucun danger pour la société."
Rédigé par : Nath | 08 janvier 2013 à 18:38
Est-ce bien cela dont on peut faire l'observation ?
J'ai pensé tel le faites pendant vingt ans, puis peu à peu j'ai fini par douter et suis redevenu un brin abolitionniste, mais... de l'abolition cette fois.
Qu'il ne faille jamais jouer avec l'irréversibilité de la mort quand on n'est pas totalement certain de son jugement, est l'évidence.
Si je crois en la culpabilité de C. Ranucci, je n'aurais probablement pas choisi cette issue pour celui dont le jugement me paraît assuré à 99%... mais pas à 100%.
Par contre concernant des monstres dont la nature est dite et assumée sans le moindre doute - très peu de cas, certes et tant mieux -, là, franchement, je ne sais pas ce qui nous retient de ne pas régler ce problème pour le compte, et dans le même temps, d'avoir la cruauté de ne pas leur autoriser un suicide qu'on autorise bien à des gens pourtant déjà heureux que d'être libres...?
Je pense de plus en plus fermement, que toute notre conceptualisation est là entièrement fausse.
Dès qu'un être est dangereux et l'a prouvé, on doit en protéger la société. C'est une chose comprise et justement admise par tous ; mais... qu'en est-il du reste, de ce qu'on lui laisse encore à lui, à cet être, de son choix pour lui-même puisque il nous interdit de lui laisser quelque liberté que ce soit nous concernant ?
Que lui reste-t-il, s'il n'a même le doit de vivre ni de mourir comme l'entend ?
Le spectre humain est fort large qui voit d'un côté une femme qui n'a en rien fait le mal et se suicide pourtant car croyant avoir été indigne de sa position d'humain, croyant avoir failli en son humanité pour des broutilles mal interprétées comme ce fut le cas de cette infirmière anglaise, et, en l'autre de ses bords, des individus qui se savent être le mal incarné, et pourtant revendiquent d'être libre aussi le droit de tuer autant que le pourraient si on ne les arrêtait pas...
Vouloir regrouper des individus aussi peu semblables qu'un crocodile et qu'une girafe sous le même vocable "d'homme" est la première des hérésies.
"ils ne représentent plus (théoriquement) aucun danger pour la société."
(anaphorons le sujet) disiez-vous ?
Mais que faites-vous des gens qui au quotidien doivent se coltiner de les garder, de ne pas leur laisser la moindre béance, la plus infime brèche dont certains auront le talent de faire exutoire ?
La tension nécessaire et mortifère que doivent endurer ceux en charge, l'avez-vous pesée ?
L'avocat de Roberto Zucco disait que même sous le contrôle de gardes d'une carrure impressionnante, même en sa position d'avocat qui le faisait loin des ires de son client, cet homme lui faisait peur...
S'ils sont fort rares et heureusement, ces assassins-là existent et certains doivent s'en occuper au quotidien, pensez-y.
Vous aurez peut-être moins bonne conscience à songer à ceux qui se coltinent de cela.
A vie, eux aussi.
AO
Rédigé par : oursivi@Nath | 08 janvier 2013 à 19:54
@ Nath
« Tipaza : votre commentaire savant (comme les Femmes du même nom) aussi sur le « relativisme idéologique » est dérisoire et injuste. Il ne vise qu’à ridiculiser l’homme, son action et ses idées. Un peu « cheap » non ?
Rédigé par : Nath | 08 janvier 2013 à 16:39
Dérisoire certainement. Toute expression sur un blog a un caractère dérisoire comme peut l’être une discussion dans un bistrot de village, entre habitués. Les blogs ont remplacé les bistrots dans leur fonction de convivialité, à la différence de l’anonymat.
Alors dérisoire sur l’expression, mais puisque vous le trouvez injuste, c’est donc que vous lui attribuez une valeur, peu importe laquelle.
Je vous fais remarquer que vous jugez mon post, mais que vous ne défendez pas l’action de R. Badinter, qui n’est pas défendable, dans sa volonté de changer la société, pas pour moi en tout cas.
Je fais partie, mais vous l’aviez deviné, de ceux qui disent à propos de la suppression de la peine de mort : « que messieurs les assassins commencent ».
Quant à ridiculiser l’action de R. Badinter, vous me flattez. Mais enfin si j’y suis arrivé, alors j’ai atteint mon objectif. La citation des « Femmes savantes » avait pour objectif de transformer le trop sérieux de son discours, et le caractère emphatique de son expression, en farce.
Par contre, ridiculiser l’homme, vous me surprenez. Je me suis contraint à ne pas attaquer l’homme. J’aurais pu citer A. Camus : "Nous finissons toujours par avoir le visage de nos vérités", et épiloguer. Je ne l’ai pas fait, à quoi bon ?
En ce qui concerne les attaques personnelles, vous êtes bien placé (e). Je me souviens que m’aviez traité d’ « archéo-macho », ce qui m’a bien fait rire.
Je n’ai pas répondu, j’ai bien deviné que vous étiez marxiste, tendance Groucho, parce que, Harpo, lui au moins, était silencieux.
« Cheap », ben oui, je ne prépare pas un mémoire.
Rédigé par : Tipaza | 08 janvier 2013 à 19:45
Quels dithyrambes, quel encensoir… Finalement vous avez tout pour bien vous entendre avec les puissances régnantes du jour. L’économie du pays est dans un coma profond, nous sommes confrontés à une crise morale comme on n’en a pas vue depuis plusieurs décennies, nous ne savons plus que faire d’une jeunesse désoeuvrée dans un pays sans travail, mais nous avons aux commandes des dirigeants heureux. Et nous avons une justice en ruine, mais vous trouvez matière à extase devant une ministre totalement incompétente dans la fonction, et un auditoire d’étudiants avocats au comportement plutôt grégaire. Elle vient de découvrir (et son directeur de cabinet) que les maisons d’arrêt sont des fosses à purin ? Les options de Badinter sont d’un humanisme classique dont on comprend qu’il séduise des jeunes générations ignares, mais il ne va pas jusqu’à réagir comme on l’attendrait contre la peine de mort aux États-Unis. On ne touche pas aux États-Unis !
Les avocats sont un rouage de ce qui est devenu un cirque judiciaire ayant perdu toute crédibilité. Elle sera rétablie quand des acteurs ayant commis des erreurs graves ou des fautes en répondront et seront sanctionnés, avocats ou magistrats. Le premier souci des avocats est purement alimentaire. Vous citez vous-même le nom qu’a failli porter une promotion de l’ENM. Ces immatures n’avaient pas trouvé provocation plus insultante ? Non seulement nous en sommes loin, mais nous nous en éloignons. Sans s’engouffrer dans des dissertations très élaborées, les justiciables retrouveront confiance quand cessera la dérive consistant à condamner sans preuve. Il n’y a pas de justice à plusieurs vitesses. Pour ne pas parler de cour d’assises, deux affaires médiatisées : le procès Kerviel et le procès AZF. Pour le premier quiconque connaît le fonctionnement d’une salle de trading sait très bien que Kerviel, qui au passage n’a jamais mis un euro dans sa poche, n’a pas pu engager la banque à des niveaux délirants (50 milliards d’euro) sans que personne n’ait rien vu. Mais toute la chaîne de la justice, bien qu’incompétente, s’est embarquée à juger au sein d’une mécanique d’une extrême complexité, pour ne retenir qu’un coupable derrière son écran ! Il faut lui donner un prix Nobel.
Quant à AZF, l’arrêt de la cour d’appel étant publié sur le web, je l’ai parcouru (600 pages) pour découvrir que des condamnations ont été prononcées sans preuve et sans que l’on ait pu trouver l’origine de l’explosion. C’est tout simplement irrationnel. Le justiciable peut-il exiger qu’un minimum de rationnel retrouve le chemin des prétoires ?
Rédigé par : Jean-Louis | 08 janvier 2013 à 19:44
Statufier Robert Badinter me semble pour le moins abusif, certes ce fut un avocat talentueux. Mais en tant que ministre son bilan est fort mitigé : une réforme en trompe l'oeil des tribunaux de commerce et de leurs auxiliaires (tout change pour que rien de change), quasi rien pour remédier au surpeuplement des prisons et améliorer les conditions de détention, etc.
Certes il y a l'abolition de la peine de mort, mais dans le contexte du moment cela n'avait rien d'un exploit : le président de la République voulant cela, le gouvernement à l'unisson et ayant une large majorité à l'Assemblée, dont près de 90 % des membres étaient pour cette mesure. Situation autrement plus confortable et à l'issue bien moins aléatoire que celle de Simone Veil en 1974.
Quant à la suite de son parcours après 1986, hors quelques beaux discours et tribunes de belle facture dans la presse, rien de bien marquant. Ah si, un grand moment d'éloquence télévisuelle en juin 2011, quand il fit "la leçon" à cet impertinent Joffrin : soutien sans faille à son ami satyre compulsif, et infini mépris pour cette femme de ménage black.
Rédigé par : Trekker | 08 janvier 2013 à 19:11
Personnellement les humanistes autoproclamés m'indisposent, qu'ils soient connus ou inconnus. Car en voyant ces gens-là dans la vie de tous les jours mépriser leurs collègues, leur personnel, leur famille, j'ai un tout autre regard et je m'aperçois que faute d'aimer les autres, ils s'aiment déjà beaucoup eux-mêmes. Entre se dire humaniste et l'être, il y a une marge énorme. Les beaux discours c'est magnifique, les actes hélas sont ceux du commun des mortels.
Mais pour en revenir à la justice nous savons tous que l'Ecole de la magistrature est avant tout une école de gauche, formant à la bien-pensance. Mme Taubira quant à elle ne dégage aucune crédibilité tant elle me paraît plus prompte à défendre les coupables que les victimes : l'archétype de l'idéologie de gauche. Insupportable pour le citoyen lambda.
Rédigé par : Michelle D-Leroy | 08 janvier 2013 à 19:05
Eh quoi, c'est le moment de se démarquer pour qui veut sortir du lot parmi les magistrats (honoraires ou non) : une grande voix, forte, claire, inspirée, experte et de bon sens, pourrait s'exprimer un sujet sociétal par exemple.
Et ça tombe bien, il y a justement un sujet qui ne peut pas laisser indifférents les hommes de loi : le mariage pour tous.
A plus d'un titre :
- Comment accepter de bouleverser une institution républicaine et de modifier plusieurs centaines d'articles du Code civil pour les beaux yeux d'une minorité lobbyiste et capricieuse ?
- Que faire du PACS ?
- Comment tolérer que la République française, transformée en république socialiste, soit sourde aux oppositions et affiche un tel mépris à l'égard des opposants ?
- Comment tolérer qu'un Peillon ou une Vallaud-Belkacem fassent de la propagande et du prosélytisme dans les collèges ?
(elle qui a la double-nationalité et qui a des liens avec le pouvoir marocain, serait-elle prête à faire de même dans son Maroc natal ?)
- Le verrouillage médiatico-législatif, qui précède l'entérinement du projet de loi par une majorité impatiente d'en découdre, est-il équitable et digne d'une République qui se veut exemplaire et irréprochable ?
On voit bien que le combat est inégal.
Il manque quelques magistrats pour équilibrer la balance et lutter contre l'absolutisme progressiste.
Rédigé par : RF | 08 janvier 2013 à 18:44
Commentaire d’oursivi, ci-dessous :
Certes… Cependant : « En 1994, sous le gouvernement Balladur, Pierre Méhaignerie permit la perpétuité incompressible en France pour ces cas, à la suite du meurtre de Karine (8 ans) par le récidiviste Patrick Tissier ».
Mais est-il préférable de raccourcir… à bras raccourcis ? La France a été parmi les derniers pays dits « civilisés » à abolir la peine de mort. Je crois que les pays scandinaves, le Royaume-Uni, l’Allemagne, et… Israël (eh oui !) nous ont précédés.
« En 2009, 140 pays sur les 192 de l'ONU ont aboli ou n'appliquent plus la peine de mort. Mais plus de 60 % de la population humaine vit dans un pays où des exécutions ont lieu dans la mesure où les quatre pays les plus peuplés du monde appliquent la peine de mort (ceux-ci étant la Chine, l'Inde, les États-Unis et l'Indonésie). » (Wikipédia).
La loi du talion n’est pas la bonne solution, même pour les crimes les plus horribles. Si, comme vous le dites,
« des monstres absolus respirent le même oxygène que nous même après qu'on a déterminé qu'ils le sont, et sans un début de rémission possible pour la plupart », ils ne représentent plus (théoriquement) aucun danger pour la société. Comme dit l’expression populaire, ils paient leur dette. Le châtiment qu’on leur inflige alors est peut-être plus terrible que la mort.
Mais ce n’est que mon avis…
Rédigé par : Nath | 08 janvier 2013 à 18:38
L'école des avocats de l'Ouest a trouvé cet homme rare...!!!
Elle a choisi "Renaud Van Ruymbeke".
Rédigé par : MASSART | 08 janvier 2013 à 18:35
C'est champagne par ici !
Sbrigi qui nous fait un triple salto arrière vrillé avec moult expressions avant d'impacter l'eau comme dans un souffle au point qu'il n'en soulève même une goutte !
Et pas-taire-n'ose-taire LABOCA qui, disert après un long désert, revient nous visiter, la tête claire, le texte sain et le poil soyeux...!
Euh, Philippe, les canapés les cahouêtes et les olives, vous les sortez quand ?
Bah tiens !
AO
Rédigé par : oursivi | 08 janvier 2013 à 18:27