Dans quelques mois, dans quelques années, le président de la République se souviendra de cette fin de semaine, du 11 au 13 janvier 2013.
Et les Français aussi.
Il y a des moments dans la vie d'un pays où le hasard qui sait mêler comme un génial stratège les desseins de la politique à l'imprévisibilité terrible de la guerre met à l'épreuve celui qui le dirige. Comme pour tester sa solidité, la force de ses résolutions et sa résistance aux oppositions.
Il me semble clair en tout cas que les citoyens - et je regrette de devoir compter parmi ceux-ci Nicolas Sarkozy qui paraît-il en privé ne cesse de répéter que François Hollande est nul - s'obstinant à mettre en cause la personnalité du président, à douter de sa détermination et de son aptitude à trancher seront sinon rassurés du moins plus mesurés et objectifs dans leurs appréciations au regard de ces derniers événements en France, au Mali et au Somalie.
L'accord sur l'emploi entre les partenaires sociaux, certes inférieur aux espérances et non validé par la CGT et FO, représente cependant une remarquable réussite autant due au souci de concertation du président qu'à la peur inspirée par le groupe PS au Medef craignant de voir l'Assemblée nationale voter un projet de loi d'un insupportable gauchisme.
François Hollande a décidé d'engager les forces françaises au Mali pour empêcher les islamistes forcenés du Nord de conquérir le Sud et Bamako. Je ne suis pas un spécialiste de la politique internationale mais l'adhésion à cette démarche de l'ensemble de la classe politique à l'exception de Jean-Luc Mélenchon et de quelques écologistes de guingois consacre le fait qu'il n'y avait pas d'autre choix honorable sauf à considérer que la France, par frilosité autarcique, doive se condamner à ne plus intervenir nulle part.
Certes un officier français a déjà été tué, il y a pour l'instant onze morts dans l'armée malienne et malheureusement une dizaine de civils ont été victimes des affrontements à Kona (lemonde.fr).
Mais il serait hypocrite de se réfugier, en un tel contexte, derrière ces inévitables tragédies et souffrances, pour dénier la légitimité de cette action militaire qui vise seulement à mettre un frein à l'expansion du terrorisme djihadiste. Les menaces de celui-ci qui ont entraîné un renforcement du Plan Vigipirate ne sont pas non plus, pour un Etat digne de ce nom, un obstacle décisif dès lors qu'il y va, au-delà de la France, de l'équilibre, des libertés et de l'humanisme africains.
Je regrette que Dominique de Villepin qui a fait récemment l'objet d'un portrait fouillé dans le magazine du Monde - entre clair et obscur, entre secrets, trafics et apparences - ait éprouvé le besoin de se distinguer à nouveau en refusant une solidarité au nom de son obsession de demeurer l'homme du Non, quelles que soient les circonstances internationales (Journal du Dimanche).
La France a tenté de libérer l'un de ses ressortissants, Denis Allex, détenu depuis trois ans et demi en Somalie par des islamistes "shebab" dans des conditions épouvantables. Il semble qu'il ait été exécuté par ses geôliers alors que, durant l'opération menée par la DGSE, deux de nos soldats ont été tués.
On devine ce qu'un esprit partisan absurde pourrait susciter comme polémiques à la suite de ces drames dus indirectement à la volonté présidentielle de ne pas céder d'un pouce face à la barbarie, où qu'elle se manifeste et dès lors que nous avons toute légitimité pour intervenir. On peut espérer que le consensus national, aussi fragile qu'il soit, demeurera et qu'on ne fera pas l'affront d'opposer, à ceux qui se battent pour l'essentiel là-bas et en notre nom, de misérables joutes politiciennes.
Ce n'est pas fini.
Dimanche, contre le mariage homosexuel - le mariage pour tous laisse croire, et c'est de bonne guerre, que cette institution peut s'appliquer indifféremment, artificiellement, à n'importe quelle structure familiale et sociale -, à l'évidence, d'énormes et massifs rassemblements dans la France entière, surtout à Paris. Je n'y serai pas, je n'en serai pas mais je suis persuadé que nulle hostilité, encore moins de haine, ne s'exprimera à l'encontre des homosexuels, nos frères humains, mais seulement pour dénoncer un décalque arbitraire et dangereux que certains dans la communauté homosexuelle aspirent à voir imposer par la loi.
Qu'on ne se leurre pas : le mariage homosexuel est la source de tout et si ce verrou venait à sauter, je ne vois pas au nom de quoi on refuserait de faire bénéficier les couples législativement et amoureusement consacrés, des conséquences inévitables et obligatoires de tout mariage : l'adoption et la procréation médicalement assistée. L'opinion ne semble pas le percevoir qui est majoritairement favorable au mariage gay mais de plus en plus réservée face à l'adoption et à la PMA (nouvelobs.com).
Le président de la République va être évidemment attentif à ce déferlement et à cette immense protestation collective qui, angoissés par un bouleversement radical, prétendent tout de même transmettre un message digne d'être écouté sinon compris. Que fera François Hollande ? Pour être pacifique, ce débat - dont les Français commencent à se lasser - va mettre à l'épreuve la finesse, l'intuition, l'intelligence et la tolérance du président sur un autre registre que les expéditions guerrières.
Cent quinze parlementaires de l'opposition souhaitent une consultation des Français par référendum. A l'initiative d'Henri Guaino qui fait valoir à juste titre que seul le président est habilité à se prononcer ou non sur la validité d'un tel processus (lepoint.fr).
François Hollande ne va évidemment pas "caler" sur le mariage homo en dépit d'une question racoleuse cherchant à laisser croire que le contraire est envisageable (L'Express). Le mariage homosexuel aura à la fin du mois de janvier la bénédiction politique de la représentation nationale.
Reste, pour le président, à réaliser un engagement et à tenir une promesse de campagne sans donner l'impression de mépriser ou de tenir pour rien l'impressionnante sollicitation humaine et démocratique qui lui est adressée. Faire voter mais avec scrupule et délicatesse : y parviendra-t-il ?
Quelle fin de semaine pour le président de la République !
Décidément, la gauche et le pouvoir font fort, dans le domaine du cynisme. Non seulement ils balaient d'un revers de la main la manifestation de grande ampleur de dimanche dernier mais aussi ils emploient tous les moyens pour faire interdire les futures manifestations.
Dernière trouvaille de Delanoë : demander réparation à la préfecture de police parce qu'elle a autorisé cette manifestation. Ainsi, la PP réfléchira à deux fois avant de donner son feu vert pour une prochaine manifestation.
http://www.lexpress.fr/actualite/politique/bertrand-delanoe-reclame-100-000-euros-pour-des-degats-lors-de-la-manif-pour-tous_1210132.html
Mon témoignage : parti de Denfert vers 13h, le cortège avançait lentement et nous avons marché plusieurs heures, dans une ambiance très joyeuse et festive, mais aussi très déterminée. Quelques habitants à leur fenêtre nous saluaient et nous encourageaient. Un monde fou, nous avons été plusieurs fois immobilisés. Nous étions mêlés à un important groupe de chrétiens d'Orient qui venaient de Sarcelles et qui brandissaient leur beau drapeau.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:FlagofAssyria.svg
Heureusement qu'ils étaient là, car eux au moins ils sont intouchables en France (la bien-pensance gauchiste s'autorise à caricaturer et à torpiller les catholiques mais s'interdit de toucher aux orientaux, qu'ils soient ou non de confession chrétienne).
Nous sommes passés devant le comptage de l'avenue de Suffren vers les 16h30-17h. Arrivé au bas de la rue Pasteur, je me suis retourné et j'ai pu constater que toute la rue Pasteur était couverte de monde.
Il est impossible d'affirmer et de nous faire croire que nous n'étions que 340 000 manifestants. Nous étions bien plus nombreux. Des photos satellites de la capitale ont probablement été prises dimanche dernier mais si c'est le cas on peut être certain que le gouvernement les gardera pour lui car il a tout intérêt à minorer les chiffres.
Face à l'autisme du gouvernement et au cynisme de Bruno Le Roux, nous devrons très certainement nous remobiliser. Qu'à cela ne tienne, nous le ferons, et cette fois il faudra prévoir plusieurs départs et plusieurs points de rassemblement. Le Champ-de-Mars n'est pas assez grand pour accueillir toute cette foule dont la colère monte au fur et à mesure qu'on la méprise et qu'on la prive de parole.
Rédigé par : RF | 16 janvier 2013 à 12:03
"Quel début de semaine pour François Hollande !"
- Susan Rice ambassadrice US à l'ONU : "le plan français au Mali est foireux ("crap")"
- Renault annonce 5700 suppressions de postes pour 2016
- Même les journaux économiques n'ont rien compris à "l'accord historique social" du Medef avec cette brave CFDT et la CFTC...
- 180.000 chômeurs de plus prévus en 2013
- 800.000 personnes dans la rue
Hollande doit envahir la Transylvanie de toute urgence s'il veut remonter dans les sondages. L'apnée peut s'avérer mortelle.
Rédigé par : Savonarole | 15 janvier 2013 à 21:52
Sbriglia,
"A l’évidence, vous prêchez le faux pour savoir le vrai."
Mary
Non !
Nous savions déjà tout ce qu'avez rappelé à l'instant, simplement parce que... nous vous lisons. Étonnant, non ?
Tout ce que rappelez ici vous l'avez déjà écrit par bribes, témoignage personnel et donc intéressant de ceux qui éclairent beaucoup, tout à la fois celui qui l'écrit et, s'il a du talent - en avez même si ne comprenez pas les écrits des autres qui comprennent parfaitement les vôtres - la situation que le témoin de sa propre vie entend rendre ainsi davantage sensible.
Nulle raillerie, nulle médisance ou malveillance de notre part, vous êtes paranoïaque parfois, comme tant... hélas.
Je savais tout cela, d'où mon "à vouloir défendre ceux dont la vie vous a fait proche", d'une précision toute choisie, tout ce que redites le confirme.
Allez, Mary, rangez ce rouleau à pâtisserie et essuyez cette mauvaise humeur sans objet*, au Mali, on n'est jamais privé de désert.
AO
* sublime tirade que Billy Wilder avait mise en bouche de Sherlock Holmes, dans son chef-d'oeuvre de 1970.
Rédigé par : oursivi@Mary | 15 janvier 2013 à 19:40
Rédigé par : sbriglia@Mary | 15 janvier 2013 à 09:10
Sbriglia, nous allons finir par faire jaser (je préfèrerais jazzer, pas vrai Savo ?) à nous défendre avec cette belle et amicale constance.
Eh oui, Mary, sbriglia a dit, et avec quelle simplicité et quelle bienveillance, ce qu'il fallait retenir.
C'est fou ce que les gens ne comprennent rien à rien parfois et comment d'autres en viennent pourtant à devoir les apprécier même malgré eux...
Si vous saviez le plaisir que j'ai à savoir être lu par quelques oiseaux rares et précieux comme celui-là et à les lire avec délectation, vous me - nous - feriez un procès en sorcellerie et m' -nous- accableriez d'impôts (non, Alex, je plaisante).
Jabiru,
Oui, souhaitons que ce CDD-là n'ait point à oublier ce qui l'a initié.
Mais les Africains vont finir par se ressaisir et par gérer ce qui relève de leur propre autorité.
Il n'est que temps.
Cordialement à vous.
AO
Rédigé par : oursivi@sbriglia-Mary-Jabiru | 15 janvier 2013 à 18:26
Sbriglia,
A l’évidence, vous prêchez le faux pour savoir le vrai. Et persistez dans l’allusion plutôt qu’aller droit au but et me questionner franchement. Auquel cas je vous aurais précisé que (bien que préférant les escarpins aux sabots) je suis d’origine lorraine. Et comme la Lorraine ne saurait être assimilée à une communauté, la question serait close.
Je vous rappelle que le sujet qui a provoqué la réaction d’oursivi concernait mon commentaire sur le Mali et la Françafrique (**) où il semblait que, pour me contrer et retirer tout crédit à mes propos, il me faisait passer pour une africaine… mignonne (sic) - comprendre un peu nunuche - qui parlait pour sa chapelle (et donc sa communauté). Ce que je ne pouvais laisser passer, dès lors que je suis française de souche et que mes ancêtres, tant du côté paternel que maternel, le sont également, du moins depuis le 15ème siècle avec preuves irréfutables.
Et je ne crois pas que le fait d’avoir été la femme d’un Haïtien (métis d’origine amérindienne et franco-africaine) persécuté et chassé de son pays par François Duvalier, ce que j’avais mentionné uniquement pour éclairer un sujet précis, fasse de moi pour autant une personne en diaspora «issue d’une communauté quelconque». Pas plus que le fait d’être catholique ne m’apparente à une secte !
Et si je connais mieux que d’autres l’histoire et la géopolitique de la zone Caraïbe ou encore de l’ex AEF et AOF, c’est tout simplement parce que je fus un temps stagiaire dans un institut qui recevait des élèves de l’ex Union française et que j’ai étudié par la suite, durant de longues années, soit plus que la moyenne des gens, cette partie souvent fort méconnue de l’histoire mondiale… et lu les œuvres des principaux auteurs francophones d‘Afrique, des grandes et petites Antilles, ainsi que la littérature d'expression anglaise et espagnole.
J’ajoute et j’en termine, qu’il ne me semble pas interdit de parler sur ce blog sur un mode plus intime, par exemple de mon défunt compagnon, de mes enfants, parents, relations, ou encore de mes activités professionnelles, culturelles, associatives et sportives, dès lors qu’il s’agit d‘évoquer une expérience vécue pour illustrer un sujet précis. Mais aussi des sujets sur lesquels nous avons des connaissances spécifiques. Et de réagir plus que d'autres à certains propos racistes ou racialistes. Ce que j’ai toujours fait par souci d’authenticité, afin de réagir au contenu des billets de Philippe Bilger qui laissent parfois filtrer - à dessein ou non - en contrepoint de sujets précis et/ou très techniques quelques notes intimistes qu’il ne me viendrait pas à l’idée (par respect et souci d’objectivité) de travestir, d'utiliser à contresens, de dénaturer, caricaturer perfidement ou sortir de leur contexte.
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** ce que j’ai écrit concernant le Mali ne faisait d’ailleurs que reprendre à quelques nuances près (et avec quelques ajouts fruit de l'expérience d'une personne dont je ne peux douter du patriotisme) le commentaire d’Hervé Toutain, grand reporter au service monde de France Info, qui parlait lui (juste avant la décision d’intervention de Hollande) d’un millier de vrais combattants…
Je le cite :
"Sur ce territoire grand comme la France, ces quelque 4.000 hommes — dont un millier de véritables combattants — imposent par la violence la charia, la loi de Dieu, qu'ils veulent étendre à tout le pays. Le trafic de drogue, d'armes et d'otages leur sert à financer leurs activités terroristes…" Un peu plus loin, il ajoutait : "une armée de 3.000 hommes pourrait être constituée par les 14 pays voisins du Mali. Une armée qui recevrait l'aide (en matériel, en renseignements) des pays occidentaux... Mais une intervention militaire, même avec le feu vert de l'ONU, coûterait des milliards de dollars et personne, pour l'instant, ne s'est engagé à la financer. Le risque est également de lancer un conflit qui durerait des années, contre un adversaire insaisissable, très mobile et très difficile à débusquer."
Fin de citation.
Rédigé par : Mary Preud'homme (réponse à sbriglia et dernier point sur les i) | 15 janvier 2013 à 17:12
Les propos de Noël Mamère contre François Hollande démontrent l'inanité de ces centres de formation des journalistes. La nullité crasse de cet ex-présentateur, lecteur de prompteur de télévision, nous laisse imaginer le bonhomme devant le bouton du feu nucléaire. A l'entendre il faudrait au préalable convoquer une réunion de quartier, puis une assemblée générale de section d'arrondissement, et en envoyer la synthèse a l'Assemblée nationale pour que celle-ci décide si oui ou non on doit appuyer sur le bouton du feu nucléaire.
"Démaquereautie", c'est le célèbre lapsus d'un présentateur envoye spécial dans une "démocratie" tropicale il y a quelques années. Le lapsus demeure et Mamère l'incarne.
Rédigé par : Savonarole | 15 janvier 2013 à 11:21
@oursivi et Savonarole
Merci pour vos appréciations, je n'en abuserai pas ! Bien sûr que le contexte du Mali n'est pas celui de l'Algérie d'il y a 50 ans. Mon message c'était essentiellement "ne jamais sous-estimer l'adversaire et surtout s'agissant de terroristes rompus aux actions ponctuelles sur un terrain qui ne nous est pas favorable". Il est à espérer que notre CDD malien ne se transforme pas en CDI et que très vite interviennent à nos côtés ceux qui aujourd'hui se bornent à nous encourager dans les tribunes. A espérer également qu'une force africaine prenne rapidement en main le destin d'une partie de ce continent. Il ne faudrait surtout pas que l'enlisement soit pour maintenant, selon la formule consacrée.
Cordialement
Rédigé par : Jabiru | 15 janvier 2013 à 09:16
"Connaissez-vous si peu que ce soit ma vie et mon parcours ?"
Mais oui, Mary, il suffit de vous lire depuis que vous intervenez ici pour tout savoir ou presque de vos ancêtres, de vos origines : oursivi n'a fait qu'être à votre écoute et l'outrecuidance (!...) dont vous l'affublez fort mal à propos n'est que la lecture attentive et amicale de vos commentaires... Quant à l'expression "ceux dont la vie vous à fait proche" elle concerne à n'en pas douter la communauté dont vous nous avez dit ici, à plusieurs reprises, la fierté d' être issue...
Oursivi a un mérite : il a une mémoire affectueuse pour ceux qu'il apprécie...
Rédigé par : sbriglia@Mary | 15 janvier 2013 à 09:10
Il faudra bien un jour qu'on nous explique ces sauts de carpe.
Le Qatar qui investit en France arme par notre intermédiaire les rebelles syriens qui de gentils sont devenus méchants.
Le Qatar toujours lui et avec nous arme les salafistes libyens pour combattre Kadhafi et ouvrir les entrepôts de matériel militaire, lequel matériel sert aux mouvements djihadistes à combattre nos troupes au Mali.
Lesquelles troupes démoralisées par la baisse du budget aux armées et le louvoiement des feuilles de paye voit notre président les passer en revue après s’être assuré que les armes n'avaient plus leurs percuteurs. Chef des armées mais pas téméraire.
Enfin deux bonnes nouvelles sans lien que seul le souci de faire court rapprochent.
Madame Simone Veil était là présente à la manifestation contre le mariage pour tous. Aussitôt vue, aussitôt décriée par ceux qui l'encensaient pour la loi sur l'avortement. Sans réfléchir sur la portée d'une telle présence. Quand le sexe tient lieu de cerveau...
Monsieur Hollande dans ce grand cirque d'hiver médiatique a accordé un délai de grâce aux deux éléphants... Ministère de la Défense oblige.
Allez, tous en piste, jongleurs, clowns et trapézistes !
Vous êtes admis en deuxième semaine !
Rédigé par : hameau dans les nuages | 15 janvier 2013 à 00:10
"...ceux dont la vie vous a fait proche"
Quelle outrecuidance oursivi ! Connaissez-vous si peu que ce soit ma vie et mon parcours ? Vous aurais-je fait des confidences en mp sur ceux dont la vie m'a fait proche ?
Rédigé par : Mary Preud'homme | 15 janvier 2013 à 00:06
Commentons, vitupérons, discutaillons, justifions, et même pleurons, le président alibi a reçu sa feuille de route signée par les lobbys et la commandature des mines, du pétrole et du gaz : les instructions ne sont pas discutables.
Notre armée va remettre du bon et bel ordre dans des pays ingouvernables pillés par des oligarques du cru. Tous les stratèges experts d'opérettes spéculent, nous expliquent et justifient, jusque par la lutte contre la drogue (là, c'est imparable), les manoeuvres interventionnistes.
Les journaleux de service habillent FH du costume de généralissime en chef de la guerre du désert.
Heureusement pour tout ce monde que notre armée est bien structurée et connaît très bien la Françafrique ; heureusement...
Cet entracte/diversion ne pouvait mieux tomber pour faire oublier quelque temps nos turpitudes, nos insuffisances, nos lâchetés intra-muros.
Notre gauche bobo peut respirer et se refaire une santé à bon compte sur le dos des droits de l'homme.
Rédigé par : Poil à gratter | 14 janvier 2013 à 23:28
Le décalage entre la querelle du mariage gay et ce qui se passe au Mali ou en Somalie est évidemment considérable. Je ne me résous pas à placer sur un même plan ce qui relève de la légèreté, et l'essentiel de la vie et de la liberté des peuples.
J'en avais déjà marre de cette histoire de mariage, la crise malienne sonne, pour ce qui me concerne, ma retraite de ce débat de foutaises.
J'ai lu, comme je l'ai pu, les papiers de la presse africaine mieux à même de me renseigner sur l'état d'esprit dans cette région. Toute comparaison avec une situation antérieure en Afrique est dénuée de fondement. Au Mali, les islamistes ne bénéficient d'aucun soutien populaire, ils sont vécus depuis neuf mois comme des envahisseurs sanguinaires, leur départ est une libération sans mélange.
La presse africaine salue la surprise de l'intervention française : alors que les islamistes s'attendaient à une confrontation avec les armées africaines de la CEDEAO, souvent désorganisées sous un commandement hétérogène, les Africains s'aperçoivent que F. Hollande, qui avait écarté publiquement cette hypothèse, avait prévu l'intervention directe. Et il n'a pas hésité, sitôt connue la chute de Konna. C'est ici qu'il faut sans doute comprendre la ridicule critique de JL Mélenchon, il n'en revient pas de l'esprit de décision du capitaine de pédalo. En quelques jours, F. Hollande a montré que, sans s'exciter, sans tapage, il prenait vite la décision nécessaire. Désormais la stratégie militaire est fixée à Paris, n'en déplaise aux attentistes de la CEDEAO qui devront se caler dans les objectifs français. Même l'Algérie, consciente de la popularité de l'intervention française, est amenée à soutenir une présence militaire française sur le sol africain, c'est une première historique et ça n'est pas la plus mince évolution politique de cette situation.
En Somalie, encore une fois le drame. Les Américains ont déjà expérimenté ce terrain à leurs dépens. Je ne suis pas juge des stratégies choisies, je n'y connais rien. Je constate seulement que dans cette région, il paraît impossible aux Occidentaux d'obtenir un succès militaire. Une décision là encore prise discrètement, accompagnée du soutien matériel des Américains. Connaissant les risques, fallait-il tenter ce coup ? C'est un signal, certes cynique, mais un signal clair : la France préfère risquer la mort de ses otages plutôt que les laisser aux mains de leurs ravisseurs. Désormais, c'est à la fois triste et efficace, les ravisseurs du Sahel savent qu'un otage français n'est pas un bouclier mais une cible. J'ai conscience, en disant cela, que je m'exprime depuis mon fauteuil devant mon ordinateur et que je n'éprouve aucune des angoisses des otages et de leurs familles. Mais c'est cela aussi la bonne politique : de la froideur devant les choix.
Ce qu'il y a de rageant pour tous ceux qui avaient si mal jugé Hollande, sur la foi d'impressions, c'est que Hollande n'a pas changé en cette fin de semaine. Pas d'un pouce.
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 14 janvier 2013 à 23:07
@Mary Preud'homme
"Et à qui fera-t-on croire que pour faire échec à une bande de moins d’un millier d’Islamo trafiquants et criminels (...)"
Non. Plus de 10 000 en tout. Et les meilleurs éléments de l'armée malienne (entraînés par les Américains) ont fait défection et sont même passés pour certains à l'ennemi (les Touaregs).
Jugez tant que vous voulez, y compris avec des œillères idéologiques ou haineuses mais ne tordez pas les faits. Merci.
Rédigé par : Gavot | 14 janvier 2013 à 23:04
@Jabiru
Je me suis trompé mais de peu.
Voir "Ho chi Minh the missing years" de Sophie Quinn- Judge, y figure la liste des dignitaires indochinois qui se sont battus contre la France et qui avait fait leurs études en France (Sorbonne, Montpellier, Clermont-Ferrand, etc.).
Et pour les Algériens, on en a eu deux ici même sur ce blog qui avaient fait... Centrale... à Fleury-Mérogis.
Rédigé par : Savonarole | 14 janvier 2013 à 22:33
Rédigé par : Savonarole | 14 janvier 2013 à 21:26
Oui, Savo, Jabiru qui est en général (trois étoiles) un des bons baromètres de ce blog - propos mesurés et tentant de faire la part des choses - s'est un peu égaré dans le désert malien. En Algérie, la France n'a pas été vaincue dans la guerre des armes mais a perdu celle des coeurs.
Alex, on n'y arrivera pas, mais sachez que n'ai rien contre certaines fortunes, en méprise d'autres, tout étant longuement et solidement argumenté, ce dont je vous épargnerai le détail, ou une autre fois quand cela sera le centre du billet bilgérien.
Mary, êtes mignonne à vouloir défendre ceux dont la vie vous a fait proche, mais, dans le même temps, involontairement, vous nous faites l'article des quelques vertus du colonialisme à souligner tous les manquements endo-générés dont s'accablent eux-mêmes les Africains.
Je ne suis pas sûr qu'ayez conscience que vos propos doivent réjouir des thèses complètement orthogonales aux vôtres.
Enfin...
"Pour le Mali il aurait dû attendre une demande d'intervention des communautés..."
Rédigé par : Perplexe-gb | 14 janvier 2013 à 20:36
et de Depardieu et de Poutine aussi, Bachar est trop pris en ce moment.
AO
Rédigé par : oursivi | 14 janvier 2013 à 22:32
Vous m'agacez Philippe et apparemment cela vous amuse.
Je ne reviens pas sur la semaine géniale de votre nouveau champion, je m'arrête juste sur un point qui justement m’agace.
Quand M. Hollande décide d'une opération au Mali, il est très intelligent. Par contre quand Sarko décide d'une opération en Libye il est très bête... Faut dire qu'il a un ami qui s'appelle BHL et que vous ne l'aimez pas. Faut dire que Maître Szpiner milite à l'UMP et que cela n'est pas bien.
Bref vous m'agacez et c'est bien mon droit.
En même temps je ne suis pas obligé de venir ici. Mais j’aime bien. Alors cela m’agace.
Rédigé par : Jean-Paul Ledun | 14 janvier 2013 à 22:21
Cher Philippe,
Silence de mort, silence des morts, silence pour les morts. La France n'est pas un petit cheval blanc, tous derrière et lui devant.
françoise et karell semtob
Rédigé par : semtob | 14 janvier 2013 à 22:08
Un simple lien vers une émission de France Culture ce matin qui situe bien les enjeux :
http://www.dailymotion.com/video/xwqr6g_les-matins-le-mali_news#.UPRxnGd845g
Rédigé par : Robert | 14 janvier 2013 à 22:03
"S'agissant du Mali, j'ai bien peur que nos élites aient mal évalué la puissance de feu des talibans locaux. J'ai connu la guerre d'Algérie, les rebelles avaient compensé leurs faibles effectifs et leur armement modeste par une ruse redoutable. On sait ce qu'il en est advenu."
Rédigé par : Jabiru | 14 janvier 2013 à 20:46
Nombre d'Algériens du FLN avaient servi la France de 40 à 45 et en Indochine, nombre de Vietnamiens avaient fait de charmantes études à la Sorbonne, comme Ho Chi Minh ou le général Giap, et Bokassa était Maréchal des Logis dans l'armée française avant de devenir empereur.
Au Mali on en est loin, ce sont des bédouins égarés, il est peu probable de voir un jour une conférence à Evian pour négocier avec cette engeance.
Rédigé par : Savonarole | 14 janvier 2013 à 21:26
@ oursivi
Je maintiens, cher Alex, qu'un résidu* d'un milliard suffirait à motiver son homme.
Certes ceux qui partent de rien ne seront pas trop démotivés.
Mais si l'homme (ou la femme) a déjà le milliard (en l'occurrence il s'agit plus de millions), le gain marginal sera nul. Or le capitalisme c'est comme le poker, celui qui part avec un milliard a plus de chances de réussir et donc de créer des emplois que celui qui part en short.
Je sais c'est injuste mais c'est comme ça et la tranche à 75% n'est pas susceptible de changer cet état de fait.
Alors qu'il faut reconstruire du lien national, mobiliser les capitaux et les talents et faire que tous tirent dans le même sens, on désigne à la vindicte populaire des gens dont les revenus sont considérés "anormaux".
Notez bien que c'est moins la rente qui est visée que l’ascension fulgurante de certains: pour que l'ISF soit douloureux il faut être parmi les petits riches, avoir un pavillon coquet. Pour les milliardaires, l'assiette de l'ISF c'est peanuts.
En France, on accepte les riches de famille, mais beaucoup moins ceux qui réussissent en peu de temps: ceux-là doivent payer l'impudence de ne pas raser les murs.
Culture très différente de la culture des USA. Le Brésil est entre les deux: ici l'argent est tabou comme en France mais la réussite n'est pas méprisée.
Rédigé par : Alex paulista | 14 janvier 2013 à 21:20
S'agissant du Mali, j'ai bien peur que nos élites aient mal évalué la puissance de feu des talibans locaux. J'ai connu la guerre d'Algérie, les rebelles avaient compensé leurs faibles effectifs et leur armement modeste par une ruse redoutable. On sait ce qu'il en est advenu.
Rédigé par : Jabiru | 14 janvier 2013 à 20:46
Hollande est un poissard. Deux opérations militaires avec des morts.
Zéro mort en Libye.
Nos commandos insuffisamment équipés pour ramener leurs morts, qui a donné l'ordre d'arrêter l'opération en laissant un otage de plus ?
Au Mali, on n'a pas de drones pour faire les opérations.
La manif pour tous. Les voies de Dieu sont impénétrables. Frigide Bardot n'est pas une militante catho ordinaire. Une petite équipe va mettre un million de gens dans la rue.
Beaucoup de gens sont venus à cette manif, pas tant à cause du mariage gay, mais parce que Peillon a parlé d'utiliser la jeunesse pour faire changer la société, ce sont des méthodes de régime totalitaire. L'accueil fait au clergé au Parlement fut inacceptable. Laurent Fabius prétend qu'une fois la loi votée elle passera dans les mœurs, quel mépris sur les motivations des gens.
En fait c'est une réflexion sur la famille recomposée, les pièces rapportées qui s'attachent aux enfants et des améliorations du pacs qui auraient dû être envisagées.
On voit bien que Hollande c'est au final 30% des Français. il a du souci à se faire, il a mis dans la rue une France travailleuse et exigeante.
Pour le Mali il aurait dû attendre une demande d'intervention des communautés noires et maghrébines de France, ajoutée à une demande algérienne, on nous reproche trop notre passé colonial.
Rédigé par : Perplexe-gb | 14 janvier 2013 à 20:36
"Nulle hostilité, encore moins de haine, ne s'exprimera à l'encontre des homosexuels, nos frères humains"... Une comparaison entre Hollande et Hitler quand même, heureusement mal dite et mal assumée...
Franchement, mon quota de sympathie hollandaise s'épuise de jour en jour, et parfois d'heure en heure. Mais lorsque je vois des évêques entrer en résistance (sic), j'ai envie de leur dire, au choix :
1. En tant que citoyens, c'est votre droit le plus strict. Vous en profiterez pour remercier Saint-Just...
2. 1300 ans, c'est assez !
3. Dieu préserve l'athéisme et Frigide Barjot...
Rédigé par : Boris | 14 janvier 2013 à 20:32
L’envoi de nos troupes au Mali ? Une intervention opportuniste et affairiste de plus et qui va nous coûter bonbon… Mais qu’est allé faire la France dans cette galère avec un chef de guerre digne du roi Pétaud ?
Et à qui fera-t-on croire que pour faire échec à une bande de moins d’un millier d’Islamo trafiquants et criminels, il était urgent de constituer une armada avec renfort de la fine fleur de l’armée de l’ancienne nation colonisatrice. Et à supposer que l’armée malienne, forte d’un effectif de 7500 soldats en activité (et d’autant de réservistes) en serait incapable, l’on se demande quel est le rôle de l’UA en dehors de celui de faire des réunions bidon, dès lors que seul le Bénin aurait répondu présent pour aider un pays frère !
Par ailleurs, à peine quelques mois après avoir clamé à tout vent la mort de la Françafrique, voilà que Hollande nous y reconduit en fanfare et FAMAS en bandoulière pour une énième reconquête. Exit donc le dernier discours de Dakar destiné uniquement à faire la nique à Sarko et nous remettre dans les petits papiers des roitelets africains dont la souveraineté demeure proportionnelle à la valeur sonnante et trébuchante du Franc CFA… Et que l’on s’embourbe après avoir bien du mal à s’être "désembarbouzer" nul ne semble s'en inquiéter ! Pas sans cause que la droite, ravie de voir ses adversaires politiques se précipiter dans un nouveau marigot, applaudit à grands cris. Quelle aubaine pour eux que ce bourbier encore pire que les précédents dont les socialistes auront bien du mal à se dépêtrer. Ce qui n'a pas échappé à Mélenchon ! Voilà ce que c’est que de vouloir jouer les apprentis sorciers à l’intérieur, doublé d’un fier à bras à l’international quand on n’en a pas les moyens et que l’on s’était juré de rester un président popotte et proche des vrais gens.
A noter que l’aide du Rwanda de Paul Kagame en bonne logique aurait dû être requise, bien avant celle de la France ou de l’Allemagne (qui au passage aurait collaboré avec nos troupes, mais dont curieusement les médias nationaux ne font pas mention). Kagame donc (nonobstant les excès dont il est accusé par ses opposants mais dont force est de reconnaître la redoutable efficacité et les résultats probants) n’aurait pas mieux demandé d’intervenir, le cas échéant, afin d'aider son homologue à restaurer l‘ordre, y compris sous l’égide de la susnommée UA, et mettre en fuite les pilleurs, violeurs et autres suppôts d’un Islam dévoyé et fanatique.
Je me demande ce qu’en pense l’écrivain malien Yambo Ouologuem, ce sage aujourd’hui retiré, dont deux livres firent scandale lors de leur parution au milieu des années soixante (à savoir "Le Devoir de violence" et "Lettre à la France nègre"). Textes fondateurs pour une nouvelle Afrique où l’auteur avait eu l’audace de dire quelques vérités qui nourrirent jadis ma réflexion concernant les malheurs de ce continent méconnu et si plein de ressources dont l’une des plaies demeure toujours (52 ans après leur indépendance) la subordination aux anciennes puissances coloniales.
Rédigé par : Mary Preud'homme | 14 janvier 2013 à 19:58
Rédigé par : Alex paulista | 14 janvier 2013 à 19:11
Je maintiens, cher Alex, qu'un résidu* d'un milliard suffirait à motiver son homme.
Les effets collatéraux des aides sociales sont bien connus, et... mal évitables.
Interrogez-vous sur la notion de "plumer" quand on en arrive à ce niveau de rémunérations...? Qui plume qui ? Quel est l'artifice qui permet de convaincre les autres de vous confier tant d'argent puisque tout n'est jamais consenti que sous l'apparente conciliation d'un contrat réalisé dans nos sociétés dont la vertu cardinale (et réelle quand elle est effective) est la concurrence...?
Pour ne prendre qu'un exemple, comment expliquer que les sportifs actuels de quelques sports gagnent cent fois, mille fois (?) ce que leurs homologues du passé, tout en haut de l'affiche eux aussi, gagnaient ?
La réponse est simple, ils ne font rien de mieux, leurs agents et le système a monté et optimisé des artifices qui pressent d'inconscients citrons.
L'apport intrinsèque de leurs célébrissimes et richissimes clients n'est en rien supérieur à ceux de leur prédécesseurs.
Kopa ou Platini ont gagné le centième et le dixième (pour le dire vite) de Zidane, tout en étant les meilleurs joueurs de leur temps eux aussi.
Le salaire versé - surtout les plus hauts - est un pur artifice, issu d'un jeu social aux règles aussi pipées que les résultats démocratiques des nouveaux amis de Gérard Depardieu.
Je vous avais parlé de cette réflexion de Bill Gates appelant à se "débarrasser" de 90% de sa richesse quand elle prend des proportions telles que la sienne. Il a tort lui aussi ?
Intéresser le travail et l'innovation pour que les gens s'y réalisent et y créent, oui, oui, bien sûr, mais en gardant en tête tous les mécanismes opérants, même ou surtout quand le spectacle au sens le plus large, distribue les cartes.
Sont aussi des gens qui préfèrent ne pas privilégier le gain à la qualité de vie, cela se tient autant que de rêver posséder une grosse voiture pour épater son voisin...
Il n'en demeure pas moins tristement stupide qu'on ne puisse trouver là où le dites un médecin passé 18h.
Mais sont-ce des raisons fiscales ou de pur égoïsme qui conditionnent cela ?
AO
* post imposition
Rédigé par : oursivi | 14 janvier 2013 à 19:52