Une étude sur le management et le stress au travail dans la police fait apparaître des résultats préoccupants mais guère étonnants. Ils sont d'autant plus à prendre au sérieux qu'ils résultent de la consultation de 6000 gardiens de la paix et gradés (Le Figaro).
Je voudrais mettre en exergue trois enseignements qui, sans battre en brèche la passion du service public chez la plupart des fonctionnaires de police, révèlent les limites et les obstacles auxquels ils doivent se confronter au quotidien.
D'abord, pas de véritable respect ni considération pour la hiérarchie policière. Ce n'est pas pour me surprendre, tant, dans des institutions de pouvoir et d'autorité, la responsabilité essentielle de la médiocrité et des dérives qui peuvent être constatées tient au manque de fiabilité, de courage et d'enthousiasme des chefs. Ceux-ci pensent généralement à leur carrière avant de veiller à l'excellence de ce qu'ils ont la charge de diriger. L'exemple ne venant pas d'eux sauf exceptions, leur légitimité ne pèse pas lourd.
Ensuite, la dénonciation des lourdeurs bureaucratiques qui, de fait, au cours des années, n'ont cessé de s'aggraver. On a confondu l'Etat de droit et les garanties procédurales avec l'amas de papier. La police est tellement empêtrée dans un formalisme qui ne protège pas mais entrave et retarde, qu'elle ne se consacre plus à l'essentiel qui est la recherche, l'enquête, l'établissement des preuves. L'action est peu ou prou étouffée par la précaution.
Enfin, comme il est naturel pour un corps qui attaqué de toutes parts s'est replié sur lui-même, il se sent assiégé, incompris et humilié. Il cible dans l'ordre les médias, la justice et les citoyens. Ce constat amer n'est pas faux même si l'opinion publique est probablement souvent égarée dans son appréciation de la police à cause de l'antagonisme entre cette dernière et un certain nombre de magistrats et de la représentation partiale, par les journalistes, des affaires où des fonctionnaires de police ont été impliqués.
Pour les juges et les procureurs, la police a forcément les mains sales quand eux, n'ayant pas de mains pour paraphraser Sartre à propos de Camus, auraient toujours l'esprit propre.
Pour les médias, systématiquement, une présomption de culpabilité pèse sur les policiers dont le concours est requis quand cela va mal et qui pour le reste sont vilipendés par principe : on leur donne trop rarement raison dans les gazettes prétendument informées. Ils interviennent trop tôt, trop tard, maladroitement, violemment : une catastrophe permanente!
La parole n'est donnée qu'à ceux qui détestent la police. Il est chic de la salir, vulgaire de la défendre. Personne ne se demande si aux qualités qu'on réclame d'un policier, beaucoup de citoyens seraient capables d'exercer ce beau métier de sauvegarde de la tranquillité publique.
Gardiens de la paix, pourtant, quelle splendide mission prise à la lettre !
Pour guérir ce flic blues, il faudra bien plus qu'un grand ministre de l'Intérieur.
Et l'on parlait de blues...
Alors que les budgets baissent terriblement, peut-être devrait-on passer au requiem :( .
Rédigé par : Surcouf | 22 février 2013 à 20:47
Encore deux policiers tués et un troisième entre la vie et la mort parce qu'une racaille alcoolisée et sans permis qui conduisait à toute allure pour tenter d'échapper à un contrôle a percuté volontairement la voiture de la bac 75 qui s'était interposée en roulant au ralenti. Un individu bien connu des services de police qui n'en doutons pas va s'en tirer avec tout au plus dix ans ferme et sera relâché au bout de cinq.
Ce qui fait deux familles en deuil, trois enfants qui n'ont plus de papa et peut-être d'autres si le policier blessé, dont l'état est jugé très alarmant, succombe à ses blessures.
Rédigé par : Mary Preud'homme | 21 février 2013 à 18:43
Du réchauffé, mais le blues existe aussi dans ce genre de service qui attend de la part de sa hiérarchie et des autorités une forme de reconnaissance professionnelle et pas seulement de façon financière mais plutôt en tant que perspectives de carrière.
Le fait de "partir" à l'informatique vous décorrèle du terrain d'une certaine manière et c'est préjudiciable pour la montée en grade par exemple.
Rédigé par : Surcouf @ Mary Preud'homme | 18 février 2013 à 19:00
Rédigé par : Mary Preud'homme @ Surcouf qui nous sert du réchauffé ! | 17 février 2013 à 20:49
Je prefere encore consommer un mets rechauffe plutot que de la soupe a la grimace !
Rédigé par : Valerie | 18 février 2013 à 17:13
Je ne m’intéresse pas particulièrement aux systèmes informatiques de la police ou de la gendarmerie. Et encore moins de la maintenance opérée par des sociétés privées. Quel rapport avec le sujet du billet ?
Tout ce que je sais c’est que le StSI2 que vous évoquez a pour principal objectif la coordination des systèmes d’information de la police et de la gendarmerie. Ce qui est plutôt une bonne chose.
Rédigé par : Mary Preud'homme @ Surcouf qui nous sert du réchauffé ! | 17 février 2013 à 20:49
Certes, j'entends bien mais combien de développeurs, de chefs de projet, de spécialistes réseaux ?
Pas tant que ça si on compare avec les gendarmes.
A ma connaissance le gros pôle informatique se trouve à Issy-les-Moulineaux au ST(SI)² (service des technologies et des systèmes d'information de la sécurité intérieure).
Il y a là 450 personnes mais seulement une centaine de policiers.
Rédigé par : Surcouf @ Mary Preud'homme | 17 février 2013 à 16:12
Vos amis gendarmes ou policiers vous ont manifestement mal renseigné.
Je vous signale en effet qu'il existe au sein de la Police nationale un service hautement spécialisé en cybercriminalité, l'OCLCTIC, lequel service est placé sous la dépendance de la Police judiciaire (voir décret n° 200-405 du 15 mai 2000). Service auquel sont rattachées les unités spécialisées en la matière de la gendarmerie nationale et des douanes et qui peut même travailler dans certains en association avec d'autres ministères comme ceux de la Justice ou de l'Economie et des Finances.
Rédigé par : Mary Preud'homme @ Surcouf | 16 février 2013 à 16:30
@Mary Preud'homme
Je vois que vous connaissez bien la théorie.
Cependant, pour être positif et rebondir sur vos propos je voudrais apporter une précision qui a une certaine importance.
Pour avoir des amis dans la profession, il manque le côté spécialisation qu'ont les gendarmes. Je pense notamment à l'informatique qui prend de plus en plus d'importance dans cette profession et qui n'est pas une spécialité reconnue.
Il y a des dizaines de policiers chargés au quotidien de faire fonctionner et évoluer les systèmes informatiques de la police.
L'Etat ne reconnait pas cette spécialisation bien que recrutant des bac+4 et bac+5 informaticiens dans la police.
Au bout d'un certain temps tous ces policiers sont désabusés, écœurés et quittent la profession pour certains.
Dommage.
Rédigé par : Surcouf | 16 février 2013 à 14:43
"que les policiers interrogés dans le cadre de cette enquête jugent défaillantes et désolidarisées de leurs difficultés quotidiennes dans leurs travaux et leurs jours."
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 12 février 2013 à 05:53
Tout à fait cela.
Si vous lisez le bouquin que le Cmdt de police qui instruisit l'affaire Treiber a écrit et qui lui valut de bien stupides tracas, vous verrez, notamment lors des semaines de la fameuse cavale, comment le pouvoir politique non sous-jacent mais sur-jactant s'est contre-fiché de cette dignité de terrain et comment il sembla instrumenter de cela (l'appareil policier tout entier en fait) au gré des sentiments et agacements nés du suivi des journaux de 20h et de l'image gouvernementale d'alors...
C'est terrifiant de bêtise et d'irrespect pour les seuls éléments utiles au fonctionnement de l'ensemble, à savoir les soutiers que sont ces flics-enquêteurs.
Et, pour faire le lien avec le billet suivant traitant des complots et plus particulièrement avec ma conceptualisation de ceux-ci comme de simples conjurations des imbéciles, on y lira aussi toutes les approximations, oublis comme omissions délibérées dont les flics font guéguerre entre eux, comme tous les humains, certes, mais là sur un objet criminel, objet qui partit dans le décor que d'être si mal servi et là je ne vise pas le flic enquêteur mais ceux qui lui savonnèrent la planche de leur négligence et de leur nullité.
La médiocrité commune comme comploteuse en chef ; simple, inconsciente et implacable conjuration des sots.
AO
Rédigé par : oursivi@VR | 13 février 2013 à 20:02
"Gardiens de la paix, pourtant, quelle splendide mission prise à la lettre !"
Ouais... tout est dit !
Rédigé par : Felix | 13 février 2013 à 19:09
@ scoubab00
Ne voyez là aucune nostalgie particulière de ma part et sachez qu'il y a bien longtemps que la police ne me fait plus rêver... Je suis comme les autres, désabusé !
@ Mary
Je préfère nettement votre dernier commentaire au précédent, que j'avais trouvé particulièrement arrogant.
Il y a évidemment des vérités dans ce que vous dites mais on voit bien que vous ne vivez pas les choses de l'intérieur. Je crois savoir que vous avez des proches qui sont commissaires de police. Vous avez donc un regard extérieur et bienveillant sur l'ensemble des corps. Je ne peux que vous en féliciter. En revanche, je ne suis toujours pas d'accord quant à votre point de vue sur les externes. Un jeune adjoint prend des décisions (il est là aussi pour ça) et n'a pas le recul nécessaire. Je n'ai jamais parlé de fermer l'ENSP ou l'ENSOP, j'ai juste dit qu'un recrutement à 100% interne pour les commissaires et à 70% pour les officiers améliorerait les relations entre la base et la hiérarchie.
Je dois reconnaître que la notion de "management" s'améliore petit à petit (est-ce dû à l'augmentation du pourcentage des recrutements internes ? nous n'avons pas encore assez de recul pour le dire...). La police a une grosse mutation à faire et faire bouger les lignes ne sera pas facile, mais espérons qu'un jour nous y arriverons. Pour finir, j'apporterai un commentaire sur le fait que, comme vous le dites, il y a beaucoup de corps de l'Etat et d'entreprises où des jeunes à peine sortis de la fac se retrouvent avec des postes à responsabilité. A ceci, j'ai envie de vous répondre : "N'est-ce pas le mal français ?"...
Rédigé par : Olivier | 12 février 2013 à 18:23
@ Olivier
L’exemple que vous citez et qui date un peu est loin d’être la norme. D’autant que la commissaire dont il était question en 2009 avait dû passer le concours en 2007, soit à une époque où (sauf erreur) la maîtrise (ou master 1) était suffisante pour concourir, les élèves commissaires étant ensuite tenus de passer un DESS (ou master 2) en politique de la sécurité à l’issue de leur première année de formation à l‘ENSP, ce qui leur faisait gagner un an. En réalité, l’âge moyen des commissaires issus du concours externe est aujourd’hui de 27 ans et de 35 ans pour ceux issus du concours interne. Alors que celui des officiers est respectivement de 23 et 32 ans. Ceci étant, dans chaque promotion, il y a forcément un (ou une) plus jeune, mais ce n’est pas une raison pour en faire une généralité. Mon propos n’avait d’autre objectif que de rétablir les faits, c’est-à-dire d’informer en rappelant le parcours d’étude du postulant commissaire. Dès lors qu’être cp à 23 ans en 2012/13, comme il avait été écrit initialement, ne pouvait être que l’exception et supposait un candidat qui aurait obtenu le bac à 16 ans, le master 2 à 21 ans, et qui aurait en outre fait l’impasse sur l’année de prépa à l’IEJ ou autre, sachant qu'il reste ensuite deux ans de formation à l'ENSP.
Une chose est sûre, en raison du numerus clausus, tous les concours sont difficiles dans la police nationale, y compris celui de GPX, c’est pourquoi l’on voit de plus en plus de candidats gardiens (catégorie B) se présenter au premier concours à bac + 2, voire avec une licence après un échec au concours d’officier ; ce qui engendre parfois frustrations et réactions de rejet à l’autorité hiérarchique ressentie alors comme abusive, sinon injuste. Il est donc faux de prétendre que les policiers titulaires sont sous-formés au départ alors que c’est l’inverse dans les trois corps, de commissaires, officiers et gardiens de la paix. N'en déplaise à ceux (ou celles) qui nous ressortent un énième article sur le sujet. En revanche, ce qui devrait être pointé, ce sont les difficultés grandissantes du métier de policier, sa dangerosité avec un taux de blessés annuels qui a quasiment triplé en 30 ans, plus le manque d’opportunités et de suivi dans certaines disciplines et le mauvais déploiement des effectifs, de plus en plus de fonctionnaires étant affectés à des tâches purement administratives ou statiques, alors que beaucoup ont choisi de faire ce métier par goût de l'action. Manque de temps et d’argent aussi pour les remises à niveau (séances de tir, etc.) concernant le personnel de terrain, conjugué au problème récurrent des ADS (adjoints de sécurité) et autres cadets, qui bien que comptés parmi les effectifs (actifs) de la PN n’ont ni le niveau, ni la formation, ni les compétences, ni les pouvoirs des policiers titulaires. Alors que ce sont ces auxiliaires de police (non fonctionnaires) que le public rencontre en premier lieu à l’accueil des commissariats par exemple, ou en soutien dans les tâches banales de sécurité publique où ils sont cantonnés. Ces adjoints de sécurité, souvent confondus d'ailleurs par le citoyen lambda, avec les gardiens sont en fait des précaires en CDD qui seront certes encouragés à préparer le concours interne de gardien que seule une infime minorité aura cependant la chance de réussir. Alors qu’il aurait été plus judicieux de les recruter avec le brevet des collèges, puis de leur faire passer un concours de catégorie C, suivi d’une formation de 8 à 10 mois. Ce qui leur permettrait d’être titularisés avec la qualification d’APJ (agent de police judiciaire) et de venir réellement en appui pour renforcer les effectifs de gardiens de la paix.
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Nota : votre remarque sur la suppression des concours externes, à laquelle Scoubab00 a déjà fort justement répondu appelle de ma part ces réflexions : outre qu’elle serait anti-démocratique, cette réforme serait en outre un non-sens dans des métiers comme ceux de la police et de la gendarmerie, etc. A ce compte-là, pourquoi ne pas supprimer les écoles d’officiers et dans la foulée toutes les grandes écoles ?
Contrairement à vous je pense au contraire que la valeur n’attend pas le nombre des années et que la graine de chef, cela se remarque de suite. D’autant que dans la police, les candidats sont soumis à des tests rigoureux qui éliminent systématiquement (nonobstant leur niveau ou leurs diplômes) les postulants déclarés inaptes physiquement et psychologiquement. Sans oublier que les meilleurs des promotions postulent souvent dans des unités prestigieuses où la jeunesse et les aptitudes physiques, nonobstant le niveau intellectuel, sont de précieux atouts. Et sans perdre de vue que dans la police, il existe une multitude de métiers avec à la clé la tenue d’uniforme ou banalisée qui va avec et qui permettra au policier, le cas échéant, d’être bien visible, ou au contraire de se noyer dans la masse populaire ou plus chic (SPHP, brigade financière) en s’adaptant aux circonstances.
Rédigé par : Mary Preud'homme | 12 février 2013 à 15:05
@ Olivier
Vous ne devriez pas critiquer Mary ainsi. Son commentaire est bien meilleur que les vôtres. Et que les miens. Plus documenté, mieux argumenté. Vous partez de l'idée que les concours externes sont néfastes et amènent à la responsabilité des jeunes gens qui ne connaissent rien à la vie.
Ce type de concours existe dans d'autres administrations. Avec des résultats plutôt bons dans l'ensemble. L'âge ne nuit en rien à la qualité. D'ailleurs, de quoi vous plaignez-vous, dans l'article de presse que vous signalez, la jeune fonctionnaire débutante est adjointe, elle ne dirige pas, du moins pour l'instant. J'ai l'impression que vous êtes nostalgique d'une police que votre affect a enjolivé avec le temps qui passe. Donc qui n'a pas vraiment existé. Qu'il est bon de se trouver des rêves et des repoussoirs.
Rédigé par : scoubab00 | 12 février 2013 à 09:03
@ Mary
"Une étude sur le management et le stress au travail dans la police..."
Ainsi débute le billet de Philippe.
Or, il se trouve que l'article du Figaro auquel font référence les différentes observations du billet, mentionne - entre autres - que le manque de formation et d'apprentissage de la hiérarchie policière est pointé à 83%.
Personne ici ne conteste le fait que réussir par exemple un concours de commissaire exige la maîtrise de grandes qualités personnelles, intellectuelles et de travail.
Cependant - cela vaut pour l'ensemble des services publics et des administrations - le management des hommes et des femmes, qui constitue le coeur de l'enquête, demande plus que la seule réussite d'un concours.
"...tant, dans des institutions de pouvoir et d'autorité, la responsabilité essentielle de la médiocrité et des dérives qui peuvent être constatées tient au manque de fiabilité, de courage et d'enthousiasme des chefs."
Ce qui à mon sens n'est pas souligné dans le billet est le fait que l'insécurité n'est devenue au fil des années qu'un enjeu politique - au sens bas - et électoral, bien avant de constituer - à des années lumière - un enjeu tout court de sécurité publique, basique, "normale", dont la facture, là aussi, est réglée par les plus vulnérables.
Il me semble que la prégnance du politicien, sur le mode médiocre, délétère et malsain, peut également expliquer non seulement le blues des policiers interrogés, mais que la pression et l’indigence politiciennes, donc médiatiques - ce qui revient au même - est pour une bonne part à l'origine des défaillances des hiérarchies, que les policiers interrogés dans le cadre de cette enquête jugent défaillantes et désolidarisées de leurs difficultés quotidiennes dans leurs travaux et leurs jours.
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 12 février 2013 à 05:53
Les profs, les kiosquiers, les flics, Malouda, même le pape a le blues !
C'est bon, à un moment faut arrêter de s'écouter, se poser et voir que malgré tout la vie est belle.
Marre de ces Français qui font toujours la gueule.
Rédigé par : Alex paulista | 12 février 2013 à 02:34
Cher Philippe,
Petite devinette : quelle est la profession où l'on s'amuse, l'on s'encanaille et on jubile de tout ?
"Mon petit bout" ah, ah, ah... le jour où une jeune femme de 20 ans à été retrouvée découpée en petit bouts à Lyon.
Plus de trois cents meurtres en France et essentiellement des femmes et des enfants.
Des policiers sur le terrain qui se font caillasser, rouler dessus, renverser pour assurer l'ordre public, qui ne sentent plus leur propre famille en sécurité dans de nombreux cas.
Des heures ou des années d'enquête pour rien puisque la divine Taubira relâche les récidivistes.
Ce n'est pas la même poésie dans les trains, dans la rue, dans le sentier de jogging pour les femmes. Cela devient périlleux pour un jeune d'aller boire un verre dans un café dans la ville voisine.
Difficile pour un enfant de rentrer seul de son école ou d'aller chez son voisin.
Nous en avons marre de nous cacher sous trois pulls même en plein été et de porter des vieilles baskets pour pouvoir courir à certaines heures et nous remercions le travail consciencieux des policiers qui nous permettent de respirer un peu mieux.
Mais quelle profession ne sera pas foulée au pied par ces ministres qui se prendraient presque pour des génies dotés de l'omniscience. Les bonnes idées ne sont ni de droite ni de gauche et le détricotage systématique de ce que la France a mis en place nous contraint à la paralysie, à l'inertie. Casser l'élan d'un pays, c'est grave et fou.
françoise et karell semtob
Rédigé par : semtob | 12 février 2013 à 01:55
@Mary Preud'homme
"...en butte à l'arrogance des magistrats, lesquels n'hésitent pas à démolir d'un trait de plume une patiente enquête. Trop souvent hélas au nom d'une idéologie politicienne aux relents gauchistes ou pour ménager leur propre carrière et sans considération aucune, non seulement pour les enquêteurs qui se sont investis dans un travail de longue haleine, mais plus encore au mépris de l'intérêt général, voire de la sécurité publique"
Vous avez fort bien résumé le comportement d'une partie de la magistrature à l'encontre des policiers. Après cela certaines belles âmes crient au corporatisme et à la démagogie face aux propos souvent abrupts des responsables et des délégués syndicaux de la police.
Ainsi que vous le soulignez, cette volonté pas rare de démolir et donc de faire annuler des enquêtes policières a également des conséquences non négligeables pour les victimes des délinquants. A croire que dans l'échelle des mépris voire des détestations de certains magistrats, les victimes arrivent quasiment au même niveau que les policiers.
Pour conclure, on est là dans le cas type où le présupposé idéologique prime sur toute autre considération et notamment la lucidité et le pragmatisme. Le droit devient alors un outil pour mener un combat idéologique, et non pour rendre tant que faire se peut une justice équitable.
Rédigé par : Trekker | 12 février 2013 à 00:28
@ Xavier Nebout
"Lorsque les policiers voudront être respectés, ils commenceront par porter costume cravate, et avoir un langage châtié sans tutoiement."
Je ne vois pas en quoi le port de l'uniforme est moins respectable qu'un costume. Pour faire le beau peut-être, pour courir derrière des "djeunes" ça va pas le faire forcément.
La politesse par contre doit être l'usage. Sauf dans certains cas où justement le tutoiement est la règle et je dirais même, nécessaire.
Rédigé par : Surcouf | 11 février 2013 à 21:09
@ Mary Preud'homme
Je vous invite fortement à lire cet article :
http://www.leparisien.fr/nogent-sur-marne-94130/c-est-la-plus-jeune-commissaire-de-france-26-02-2009-423570.php
A un ou deux ans près, ce n'est pas un cas isolé et je vous invite également à étudier votre sujet avant de critiquer les commentaires des autres intervenants d'une manière aussi désobligeante. Le concours externe pour la hiérarchie est un gros problème dans la police comme dans tous les métiers de terrain. Et même si un jeune commissaire ou officier est sous la responsabilité d'un plus ancien en début de carrière (ça c'est surtout la théorie), il n'en reste pas moins un "chef" qui n'a aucune expérience ni de la vie, ni de son métier... A bon entendeur !
Rédigé par : Olivier | 11 février 2013 à 20:48
@ Mary P.
Les commentateurs ne nous servent que des clichés et du radotage de scribouillards et autres journaleux à bac + 2.
Merci Mary de replacer pareillement l'église au centre du village. Votre contribution autant documentée que précise a l'avantage de la clarté, l'impact du savoir. Cela sent le vécu de surcroît. Je m'incline donc humblement.
Rédigé par : scoubab00 | 11 février 2013 à 20:45
"L'action est peu ou prou étouffée par la précaution."
Il arrive aussi que l'action sans précaution étouffe :
http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/02/11/affaire-ajimi-la-condamnation-des-trois-policiers-confirmee-en-appel_1830256_3224.html
"Ils interviennent trop tôt, trop tard, maladroitement, violemment : une catastrophe permanente !"
Non, heureusement, ce n'est pas permanent. Mais ça arrive, à Grasse, à Argenteuil, ailleurs... Et ce sont souvent les mêmes "profils" qui souffrent d'insuffisance cardiaque, qui ont une crise d'asthme fatale - malgré la diligence des cow-boys -, qui, dans une crise de folie furieuse, se fracassent le crâne sur le mur de la cellule pourtant étroite.
Une infime minorité d'accidents par rapport au nombre d'interventions. Mais comment ne pas être choqué que parfois le gardien de la paix devienne l'ange de la mort, tel un motard de Cocteau.
Avec le silence de la hiérarchie et le soutien tapageur, voire indécent, et même révoltant, de syndicats, de syndicats, heu, je ne trouve pas l'adjectif idoine !
Ils souffrent - au point d'utiliser, quand la coupe est pleine, leur matériel de dotation à des fins finalement finales. Sans doute trop de problèmes personnels, comme un vulgaire ingénieur automobile ou un quelconque salarié des télécoms ? Mmmm...
Oui, paix au Gardien de la Paix.
Mais, de grâce, qu'ils nettoient autour d'eux.
Rédigé par : Clafoutis | 11 février 2013 à 19:30
"la responsabilité essentielle de la médiocrité et des dérives qui peuvent être constatées tient au manque de fiabilité, de courage et d'enthousiasme des chefs. Ceux-ci pensent généralement à leur carrière avant de veiller à l'excellence de ce qu'ils ont la charge de diriger. L'exemple ne venant pas d'eux sauf exceptions, leur légitimité ne pèse pas lourd."
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Quelle charge contre Manuel Valls qui pour l'essentiel fait du Sarkozy et leurs prédécesseurs !
Humour ou réalisme ?
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Par ailleurs, à part Marc Louboutin qui semble parler en connaissance de cause, les commentateurs ne nous servent que des clichés et du radotage de scribouillards et autres journaleux à bac + 2, souvent incapables de distinguer les différents grades des policiers et gendarmes et qui ignorent tout des multiples métiers de la police, la sécurité publique n'étant que la partie visible. Le reste étant à l'avenant, c'est dire le niveau de l'information qu'ils déversent à pleins jets s'agissant de casser du flic, grand sport national !
Pas mal non plus la fable des commissaires de 23 ans. Alors que pour passer le concours et avoir une maigre chance de réussite, eu égard à la sélectivité et au peu de places mises au concours, il faut avoir, outre un master 2 obligatoire, fait une année de prépa en IEJ. Et ensuite deux ans de formation à l'ENSP de Saint Cyr au Mont d'Or. A noter qu'un commissaire sorti d'école et issu tant du concours externe qu'interne, ne peut prétendre être chef de centre que dans un petit commissariat, les autres exerçant dans un premier temps deux ans minimum sous l'autorité d'un commissaire plus expérimenté.
J'ajoute et j'en termine pour préciser que les concours internes de commissaire ou de lieutenant de police sont ouverts à tout postulant pouvant justifier de quatre ans comme titulaire dans le service public et que dans chaque promotion de commissaires l'on trouve, outre des universitaires à bac + 5 à 8 issus du concours externe, des officiers de police et même quelques gardiens de la paix issus du concours interne, plus ou trois ou quatre officiers promus au mérite (soit des Broussard en herbe !).
Un dernier mot pour les GDLP souvent méconnus, qui ont pour certains la qualification d'OPJ et dont le rôle est de plus en plus ingrat placés qu'ils sont en tampon entre la population et leur hiérarchie, elle-même de plus en plus harcelée par le pouvoir et en butte à l'arrogance des magistrats, lesquels n'hésitent pas à démolir d'un trait de plume une patiente enquête. Trop souvent hélas au nom d'une idéologie politicienne aux relents gauchistes ou pour ménager leur propre carrière et sans considération aucune, non seulement pour les enquêteurs qui se sont investis dans un travail de longue haleine, mais plus encore au mépris de l'intérêt général, voire de la sécurité publique.
Rédigé par : Mary Preud'homme | 11 février 2013 à 15:59
Lorsque les policiers voudront être respectés, ils commenceront par porter costume cravate, et avoir un langage châtié sans tutoiement.
On accuse souvent les gendarmes et CRS de faire du chiffre d'affaire à la sortie ou l'entrée des villages sans danger. Mais ce que ne sait pas le citoyen, c'est que c'est le plus souvent à la demande des élus qu'ils y sont - élus et fonctionnaires locaux de second ordre, qui se prennent le pet au casque facsisant.
Rédigé par : Xavier Nebout | 11 février 2013 à 15:37
M. Bilger, si pour une partie de la population le ministre de l’intérieur est «un grand ministre» et que pour une autre partie il est celui qui enterrera avec lui une gauche réactionnaire et raciste, n’est-il pas temps d’entendre les voix discordantes ?
Rédigé par : zefir | 11 février 2013 à 13:40
Les trafiquants de drogue qui ont fait main basse sur des territoires n’aiment pas être dérangés. Il faut beaucoup de courage pour s’exposer à être caillassé lorsque les forces de l’ordre interviennent en zone sensible. Les détracteurs de la police auraient-ils le courage d’intervenir en de telles conditions ?
Rédigé par : jack | 11 février 2013 à 13:36