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12 février 2013

Commentaires

Patrick Haume

M. Bilger connaît bien les trames sombres des coulisses de la justice en France pour savoir que ce genre d'affaire ne peut être qu'entachée d'irrégularités à savoir : faux témoignages sous serment, disparition pour destruction et manipulation de preuves, rapports bidonnés, menaces circonstanciées, népotisme de l'administration judiciaire, etc., etc.

Si l'on regarde bien le dossier sans parti pris aucun, on peut s'apercevoir in fine qu'il a existé des évidences qui semblent ne pas avoir été suffisamment citées. La première évidence est que Boulin tout comme d'autres a usé de son pouvoir de ministre pour obtenir des conditions plus que préférentielles pour l'achat du terrain de Ramatuelle. Bien sûr, on peut agiter aux yeux de tous la "bonne relation" avec Henri Tournet l'escroc. Le problème est que la justice de notre pays ne s'est pas penchée sur un phénomène qui a généré beaucoup d'argent et suscité des convoitises dans le Var en particulier : la spéculation immobilière. Je m'étonne aussi que la presse n'ait jamais parlé ni évoqué le fait que la famille D... possédait de vastes terrains à quelques encablures de celui de Boulin. En effet, et en compulsant les archives de la préfecture de Draguignan (qui l'était à cette époque) on peut vérifier le prix au mètre carré bien plus élevé (trois fois) pour de la garrigue que celui payé par Boulin et ce moins de trois ans d'écart entre les deux acquisitions. De même, entre 1975 et 1978, plus de 74 transactions ont eu lieu via des sociétés écran basées dans des paradis fiscaux. Qui se cachaient derrière ces paravents ? Enfin, et toujours en cherchant bien, on trouve des correspondances prouvant que Boulin a fait pression pour que des terrains soient cédés pour des opérations immobilières. Alors est-il possible que Boulin ait été pris dans une machinerie suspecte de blanchiment en acceptant d'acheter un terrain pour lequel il pouvait demander au préalable à la chambre des hypothèques en cas de doute soit sur le prix ou les conditions contractuelles. Si cela avait été le cas, on lui aurait dit que ces terrains étaient partiellement grevés d'hypothèques (la preuve existe toujours). C'est un peu comme si on vous propose une belle voiture sans carte grise et vous l'acceptez contre un vil prix.
Nous sommes loin de la théorie d'un complot politique ce qui n'exclut pas néanmoins la main de certaines pointures politiques qui ont trouvé un moyen d'écarter le ministre qui de toutes les façons n'était absolument pas premier ministrable dans la mesure où Giscard avait un autre plan en tête.
Que des bizarreries aient été relevées ne me semble pas aberrant compte tenu du barnum pour ce genre d'affaires. Il y a en revanche une très nette odeur d'égout dans l'enceinte du ministère de la Justice qui ne peut que pulvériser l'air ambiant avec de plates considérations philosophiques du style "Ce qui a été, c'est ce qui sera, et ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera, il n'y a rien de nouveau sous le soleil"...

zenblabla

"réalité et vérité ne sont plus acceptables si..."

Voilà qui est absolument ravissant !
L'attaque, le biais pour distinguer entre "réalités et vérités".

Je me suis toujours dit, au moins avec les mots, que les vues allaient dans votre blog entre les tensions d'avec la distinction considérant "réalités et vérités", pour la suite... possible à donner !

C'est principe de justice, peut-être ou ensuite ?

Par exemple :
- Impossible de reprocher en Mathématiques la capacité en matière de "vérités".
- Impossible de reprocher en Justice la capacité en matière de "réalités".

C'est vraiment tout le charme, quand ni mathématiques ni justice ne peuvent, sauf étant à jour, révéler exactement ce qui alterne entre "réalités" et "vérités" !
Les deux mots diffèrent mais sont en reste...

Parce que,
c'est pas plus compliqué de révéler avec l'Islam qu'avec la Réforme, l’orthodoxie et moult vérités, si cela ne passe pas dans une audience bêtement civile, etc.

Le sentiment de la Justice doit précéder, entre réalité et vérité, et c'est comme vous dites et comme j'aime bien...

Véronique Raffeneau

Christian, ce que vous ne voulez pas considérer est le fait qu'un procureur, son substitut et des médecins légistes sont des hommes, et que là aussi il y a des fragilités personnelles.

En 1979, la personnalité de Robert Boulin est telle que oui, il est parfaitement plausible que ces hommes aient hésité à ordonner et à pratiquer une autopsie complète. Pour ne pas ajouter du malheur au malheur.

Robert Barbat, procureur de Versailles en 1979, le 10 février 2011, dans Paris Match :

"Il est exact que le rapport d’autopsie a été rédigé de manière très sommaire et qu’il prête à bien des critiques. " En cause, justifie-t-il dans le mémo, la présence de Marcel Cats, "ami personnel et chef de cabinet du ministre qui tente d’empêcher l’autopsie au nom de la famille. Bouleversé par l’idée de l’autopsie, M. Cats demande que cette opération soit le moins mutilante possible (...). Robert Barbat ajoute : "Avec le recul, c’est sans doute une erreur de s’être arrêté à des considérations de cette nature".

Vous me parlez entres autres des rigidités cadavériques.

Selon le journaliste de L'Express, James Sarazin, dont l'article paru dans L'Express en janvier 1988 entraîne la création d'un groupe de journalistes particulièrement motivés et acharnés à vouloir démonter l'assassinat du ministre, l'élément "rigidités cadavériques" figure en toutes lettres dans le rapport d'autopsie pratiquée en 1979, autopsie commanditée, selon vous, par un procureur marron.

Pourquoi accordez-vous une telle crédibilité à cette constatation de 1979, alors qu’il est admis par l'ensemble des acteurs directs du dossier que l'autopsie était insuffisante et incomplète ?

Et si les constations de l’autopsie pratiquée en 1979 relèvent de la forfaiture, la simple logique devrait alors vous conduire à toutes les rejeter. En bloc.

Christian C

Véronique Raffeneau,

je me félicite de n'avoir jamais eu à dépendre de l'appréciation d'un magistrat disposant de vos immenses qualités de logique.

Je résume votre analyse du dossier sans caricature: Robert Boulin avait de bonnes raisons de mettre fin à ses jours, c'est donc la conclusion logique que le parquet a ratifié à l'issue d'une enquête préliminaire.

Peu vous importe que l'enquête ait été
-volontairement ou non- faussée et bâclée; peu importe que la position du corps ne fût pas compatible avec une noyade; peu importe que le valium trouvé dans le sang n'ait pas été ingéré par RB; peu importe que les lividités cadavériques aient été concentrées dans la partie postérieure du corps alors qu'il était supposé mort "à genoux" (???); peu importe les autres éléments mentionnés dans mes différents commentaires...

Eussé-je été un procureur marron, j'aurais confié à ma substitut Raffeneau tous les dossiers gênants, j'aurais ainsi pu dormir tranquille.

J'ai bien compris que l'enquête demandée par la famille ne serait pas ouverte. Cela ne satisfait pas mon sens logique, il est vrai plus exigeant que le vôtre.

Alors je vous laisse à votre "appétance frénétique", et je n'attends surtout aucune réponse -de votre part au moins- à mes réfutations de la thèse du suicide.

j'oubliais le plus joli: "tout cela est totalement plausible - évident - pour expliquer le suicide de R. Boulin."

Plausible, oui, oui, oui... Bon, ben on peut classer le dossier, alors?

Vous ne vous compliquez pas trop la vie, ça ira?

Véronique Raffeneau

Christian C

Pour répondre à votre question.

"où ai-je écrit, dit, ou même pensé que la daube présentée par FR3 apportait un ou des éléments nouveaux ?"

C'est vrai, vous ne l'avez pas écrit.

Mon idée était seulement de dire qu'en matière de réouverture d'un dossier, le téléfilm diffusé par France 3, qui reprend à son compte la lecture développée par Benoît Collombat dans son livre - exposée dans le téléfilm comme une certitude - ne peut pas tenir lieu "d'éléments nouveaux" au sens que la justice donne à cette expression.

Par ailleurs, détrompez-vous, l'affaire Boulin m'intéresse beaucoup, au sens où elle est une illustration quasi parfaite de ce qui est développé dans le billet de Philippe:

"... réalité et vérité ne sont plus acceptables si elles ne sont pas grosses d'un scandale possible, occulté ou sulfureux. Il y a une appétence frénétique, au nom de la démocratie et des secrets à lever, pour une multitude de fausses pistes et de débats tronqués."

En 1979, un ministre en proie tout un été durant à une grave dépression qui l'enferme de façon obsessionnelle dans le piège de Ramatuelle, dont il a sous-estimé la gravité et les conséquences, à l'automne, le juge d'instruction qui est sur le point de saisir les comptes bancaires du ministre - ce qui à l'époque marque un véritable tournant, inédit, dans la façon dont la justice traitait alors les dossiers politico-financiers -, cela et bien d'autres éléments, lesquels au regard du fond du billet ne peuvent pas être détaillés ici, oui, tout cela est totalement plausible - évident - pour expliquer le suicide de R. Boulin.

Nath

Concernant Robert Boulin.
A lire les réflexions pleines de bon sens de Christian C, et ayant (un peu) suivi "l’affaire", on ne peut que douter de la version officielle. Trop d’improbabilités, trop de comptes-rendus contradictoires, trop de…
Un suicidé qui se noie dans 30 ou 40 cm d’eau... sans eau dans ses poumons, qui présente un visage terriblement tuméfié… dont on conclut hâtivement qu'il s'est suicidé, et j’en passe… c’est rare, très rare.
Paix à son âme !

Alberto Carioca

"Cette France qui ne veut jamais s'en laisser conter..."
Un peu comme ces remarques que l'on entend des gloseurs, experts, commentateurs divers : "c'est très français".
Mamma mia, mais sur quoi se basent-ils pour dire que ceci ou cela c'est très français, c'est la France ?

Que savent-ils des autres pays ?

En réalité, grosso modo c'est un peu partout pareil pour les grands traits de la médiocritude, de la psychologie humaine comme de la magnitude à peu près également réparties en divers pays.

Non, ce n'est pas "La France" non ce n'est pas "si français".

C'est en général et hélas "humain".

Christian C

Véronique Raffeneau bis,

où ai-je écrit, dit, ou même pensé que la daube présentée par FR3 apportait un ou des éléments nouveaux ?

Vous persistez à vous en tenir à une thèse présentée dans un docu que je n'ai pas vu, et vous empressez de vous rallier à la thèse défendue par le parquet.

Les éléments nouveaux apparus lors de l'autopsie de 1983, les témoignages non relevés par la justice depuis trente-quatre ans, et les invraisemblances ne vous convaincront pas.

Dormez tranquille ; vous ne vous êtes pas intéressée au dossier, mais vous avez une opinion très tranchée.

Dans la justice, vous auriez fait carrière à la Chancellerie, je pense.

Christian C

Véronique Raffeneau,

Si votre dernier commentaire m'est destiné, ce qui n'est pas clairement exprimé : je me fiche du ou des noms des personnes qui ont assassiné Robert Boulin ; je ne pense pas que la famille demande à ce qu'on lui présente un coupable.

Reconnaître que personne ne sait d'où proviennent les traces de valium décelées dans le sang de RB alors qu'on n'a trouvé aucune trace du produit dans son estomac ; admettre qu'à deux reprises, les viscères de RB ont été dérobés à l'IML ; reconnaître que plusieurs hauts personnages ont été avertis de la découverte du corps noyé de RB entre deux heures et huit heures du matin, alors que la découverte dans l'étang rompu a été faite à 8h40 ; admettre que la position dans laquelle le cadavre a été trouvé ne correspond en rien à une mort par noyade ; admettre que des fractures au visage de RB n'ont pas été recherchées, sur ordre exprès du procureur, lors de l'autopsie officielle ; admettre que la détermination de la cause de la mort de RB n'a jamais été faite, j'en reste là, serait déjà aux yeux du public et de la famille suffisant.

Il est vrai que ces aveux entraîneraient d'autres conséquences.

Les requins, dit-on, répugnent à se manger entre eux.

Véronique Raffeneau

@ oursivi

"...est l'évidence, n'y manque juste que demain."

Oui, vous avez eu raison de compléter ma phrase...

@ Christian C, Jabiru

Juste un mot en forme de conclusion :

"L'ex-ministre qui se tient à la disposition du garde des Sceaux a lui-même évolué dans ce qu'il pensait à l'époque et dit pouvoir donner des noms." (Jabiru)

Le procureur général de Paris a répondu en 2010 - indirectement - à cet ex-ministre :

Extrait du communiqué du parquet général.

"...Par ailleurs, les témoignages qualifiés de nouveaux soit ne le sont pas soit sont constitués de relations
indirectes de propos très généraux tenus par des personnes décédées depuis longtemps et relatifs à leur
propre opinion sur l’affaire.
Plus généralement, la requête, ainsi que l’ouvrage intitulé “Un homme à abattre” qui y est une
nouvelle fois annexé et qui a également donné lieu à une nouvelle lecture attentive, constituent davantage
une relecture personnelle du contexte politique de l’époque des faits, qui remontent désormais à plus de
trente ans, qu’une analyse objective de faits qui auraient été négligés par l’enquête."

Je sais... procureur général est égal à pouvoir exécutif du moment.

Il n'empêche que de façon constante depuis trente ans, quels que soient les exécutifs en place, la justice n'a pas estimé les éléments présentés par la famille Boulin, probants et susceptibles d'entraîner une réouverture sur charges nouvelles.

Je ne veux pas être ridiculement, très pessimiste au regard de votre thèse, mais je ne pense pas que... le téléfilm "Crime d'Etat" puisse constituer une seconde le début d'un commencement d'élément nouveau.

oursivi

Rédigé par : Alex paulista | 13 février 2013 à 23:33

Marrant votre "hasard conservé", puisque le hasard est ce qui échappe aux lois, au moins à l'échelle d'observation donnée et que conserver est faire loi... masse, quantité de mouvement, énergie, moment cinétique et autre aide à la compréhension de ce qui fait tenir debout un vélo pour peu qu'on y mouline.

Pour rester Pauli, je n'en dirai pas davantage par principe.

Incompétent en mécanique quantique, je suggère quand même pour la bonne marche de sa maîtrise en devenir, de familiariser sinon les bambins du moins les jeunes enfants avec quelques de ses principes déjà bien compris et éprouvés, de sorte que cet absolu manque d'intuition que la machine raisonnante qu'est l'homme, coincée à une échelle bien éloignée de celle des phénomènes quantiques et donc dépourvus de toute intuition comme celles des phénomènes macroscopiques dont nos jeux enfantins nous parent utilement, pourrait bénéficier des mêmes pouvoirs d'inférence précoce "sentant" ces "objets" qui jusqu'ici n'ont jamais été nôtres. En effet, les objets macroscopiques (ce qui signifie à notre échelle, ou encore pilotés par la même statistique de grand nombre que nous, celle qui annule les "bizarreries" locales et individuelles - quantiques - qui elles surprennent tant que de n'avoir plus rien en commun avec nous, c'est-à-dire nos intuitions et ressentis permanents de cette situation simplifiée* qu'est notre rapport au monde sensible) ne se projettent en rien par division d'eux-mêmes ; une balle est une balle, une particule n'en est en rien une simple plus petite, fût-elle elle aussi sphérique.

Mais cela nous éloigne de Boulin et consorts et des vrais mystères de l'univers.

AO

* par la moyenne que l'objet subit de lui-même, qui d'ailleurs n'existe pas, n'étant qu'une somme d'effets considérée à une échelle donnée...

Alex paulista

Vouloir que tout ait un sens, c'est le début de la folie.

Folie qui touche les plus raisonnables. Jusqu'aux physiciens quantiques qui devraient pourtant être vaccinés. Je donne à méditer la question suivante aux férus de physique: le "principe" de Pauli est-il un vrai principe ou un simple hasard du big-bang conservé lors des différentes interactions entre particules ? Y a-t-il une raison physique de ne pas trouver des solutions invariantes par permutation, autres que symétrique et antisymétrique, quand il y a plus de deux particules ?
La question fut judicieusement posée par Messiah.

Moi, dans le doute et jusqu'à preuve du contraire, j'ai tendance à éviter le mot "principe".

Boris

"elle s'invente, spontanément ou sous influence médiatique, des scandales". D'accord. Mais mieux vaut des scandales que des guerres. Surtout auto-justifiées...

Voyez par exemple http://laregledujeu.org/bhl/2013/01/15/guerre-au-mali-bravo-hollande/
"ou devons-nous nous attendre à devoir pleurer, un jour, des Daniel Pearl français ? l’idée fait frémir".

An nesciebas Bernardum hodie locuturum esse de Bernardo ? Enfin, comme d'habitude, à tous les dîners en ville, depuis un bon bout de temps...

oursivi

"il n'y a pas de fumée sans feu"
PB

Qu'on remplacera avantageusement par

il n'y a pas de fumeux sans fée,

que les tenants du grand "on nous cache tout" reformuleront en "sans faits" si l'esprit venait les visiter.

On ne sait jamais.

AO

Boris

Les gens voulaient voir César et le cardinal de Rohan coupables. Aujourd'hui, c'est Mitterrand, Giscard ou la CIA... voire Yalta pour la Flat Earth Society : à côté d'elle, Meyssan, c'est Maigret et Poirot réunis. Lorsque le doute hyperbolique est à ce point changé en dogme, il ressort directement à la psychiatrie.

Ceci étant, si la réalité est à ce point décevante qu'il faut la détourner, c'est moins la faute du Réseau Voltaire que celle de la rue de Solférino.

Enfin, la vérité sur l'affaire Boulin me semble moins cristalline que celle du 11 septembre. Pas aussi opaque que le mystère de la Piazza Fontana. Mais quand même...

Jabiru

@Christian C

Laissons les sceptiques se gausser ! Quand on a lu le livre très documenté écrit par sa fille, le soi-disant suicide du "Dormeur du val" reste une énigme pour l'histoire, sachant que certains enquêteurs (dont un colonel de gendarmerie) et médecins légistes qui ont eu à connaître de cette affaire ne semblent plus adhérer à cette thèse du suicide.
L'ex-ministre qui se tient à la disposition du garde des Sceaux a lui-même évolué dans ce qu'il pensait à l'époque et dit pouvoir donner des noms. Dans ces conditions la Justice doit oeuvrer, il n'est jamais trop tard.

oursivi

Son intégrisme religieux lui sert de béquilles.
La réalité, elle lévite.
Rédigé par : hameau dans les nuages | 13 février 2013 à 08:38

Écrivez-le "l'évite" et aurez donné poids à ma thèse...

Le plus grand et seul con peloteur étant bien évidemment DSK.

Là est la seule collusion, entre sa libido et ses organes. Mais comme elle saute aux yeux (mais pas que..), on regarde ailleurs.

AO

semtob

Cher Philippe,

Il faudra bien que les historiens sortent le nez de leurs archives et interrogent les pêcheurs de la douce vallée de l'Essonne.
Des étangs verts dans lesquels l'Etat français ne peut laisser reposer Monsieur Ben Barka. Certes de nombreuses villes lui accordent un souvenir sur des noms de rue.
Nous restons persuadées que des hôpitaux où certains témoins se sont réfugiés peuvent conduire à la vérité. Des étangs, des pierres, des étangs verts. L'eau ne saurait être impunément le premier navigateur de la mort.
françoise et karell semtob

Carl+Larmonier

Bonjour Monsieur Bilger

Bruno Bettelheim nous avait appris pas le biais de son essai "Psychanalyse des contes de fées" que tous les contes pour enfants, justement, ne sont pas forcément innocents (et que s'ils finissent mal dans l'imaginaire, il peut en être de même, sur un autre plan, dans le réel).
Pour faire un parallèle avec les médias, je dirais que le conte de fées se termine mal (souvent quand c'est du direct) quand il y a un clash.
La société du spectacle est maintenant intimement liée au clash.
Personnellement je ne suis pas très friand de musique rap, et si je ne m'abuse c'est un terme, le terme clash, qui vient de confrontations entre groupes de rappeurs quand ils s'interpellent à base de joutes (oui bon, on est quand même loin du temps des chevaliers, quand j'utilise le terme "joute") oratoires.
Joutes oratoires qui finissent souvent, il faut le dire, mal, tout au moins rarement sur un terme d'entente parfaite et de début de réconciliation, de ralliement des deux parties, en conclusion (conclusion qu'on peut attendre souvent, en vain, dans ce genre de joutes ad libitum, qui n'ont pas de fin).

J'y reviendrai plus profondément et plus longuement demain.

Bonne fin de journée.

oursivi

"Un billet qui suscite à peine une vingtaine de commentaires et vous qualifiez ces post de déluge et d'ivresse complotistes !
Vraiment, c'est perdre le sens de la mesure et de la proportion !"
VR

Eh non Miss Véro, c'est au contraire une superbe mesure de la gêne et de l'autocensure ressenties...

Par contre

"...et comment les inquiétudes les plus évidentes de la société ne comptent pour rien dans les obsessions de conquête. Hier comme aujourd'hui."
Rédigé par : Véronique Raffeneau | 13 février 2013 à 06:12

est l'évidence, n'y manque juste que demain.

"Boulin, Grossouvre, Bérégovoy il est très difficile de comprendre pourquoi ces hommes brillants se suicident."
Perplexe-gb

Boulin, suite à un lynchage médiatique et un lâchage de son "camp", Groussouvre avait fait de sa vie un outil aux mains du prince, quand le prince lâcha l'outil celui-ci voulut retourner à la terre que de n'avoir plus d'usage, quant à Béré, il y a fort à parier que cet homme était sincèrement mû par de hauts sentiments qu'il pensa avoir trahis ou mal servis, et que sa noblesse d'âme ne lui laissa pas d'alternative.
Si pleinement Japonais sans le savoir, le Béré si bien et peu français...
Catherine serait inspirée de nous écrire son nom nippon.

J'ai lu ici ou là que la quête de sens, effectivement au coeur des hommes, expliquerait cette appétence pour la lecture complotiste du monde - qui est une façon de comploter contre ceux qu'on croit complotant - ce qui n'est pas exactement juste puisque cette quête en ses vertus tente d'expliquer les mécanismes cachés de la nature*, et pas d'inventer des causalités fantasmatiques qui ne sont sans doute guère plus que ce que chacun aimerait faire ; à savoir contrôler, diriger, et finalement être le grand marionnettiste dont on fantasme l'existence.

AO

* "cachés" juste en ce que sis en un point temporel où l'univers - cad la matière - ne s'est pas encore assez enroulé sur lui-même pour comprendre des causalités plus fines que ce dont la matière vivante sait prendre conscience à travers ses "simples" sens. "Raison" - Ah, les mots se font ambigus - actuelle ultime de notre existence et de l'évolution telle que l'avons comprise en 2013.

Jabiru

@Perplexe-gb

Bonne question, pourquoi ces hommes brillants se suicident-ils ?
Moi-même j'en reste perplexe au vu des zones d'ombre incontestables.

sylvain

Le mal français c'est de regarder l'assiette de son voisin pour voir si elle est un peu plus remplie que la sienne, sans jamais se poser la question : POURQUOI MON ASSIETTE EST-ELLE MOINS REMPLIE QUE CELLE DE MON VOISIN (travail, mobilité, effort, étude, disponibilité) ????? On va entendre avec la récession tout et n'importe quoi et faciliter ainsi l'opposition des classes et des professions et ce sera mis à profit par la gauche caviar pour rafler encore de l'argent à ceux qui travaillent, à ceux qui font travailler, pour le redistribuer à leurs électeurs, à des réformes et investissements pourris !
Ce qui me choque le plus actuellement c'est cette volonté absolue de dresser les gens les uns contre les autres.
Unissons-nous pour le départ des "khmers roses" ce sera plus utile et c'est dès aujourd'hui une question de survie.

Robert

@ Jean-Dominique Reffait | 12 février 2013 à 23:44

Puisque vous évoquez la Trilatérale ("Tout le monde n'aborde pas aux rivages de la Trilatérale et du complot mondial, mais combien sont ceux qui, déboutés dans une affaire judiciaire, se persuadent qu'il existe une collusion secrète contre eux dont leur propre avocat, ce salaud, est partie prenante."), je me permets de fournir un lien qui en évoque un rapport :

http://www.lecanardrépublicain.net/spip.php?article634

Sauf à considérer que ce rapport dont le lien est fourni dans la page Internet du site concerné est un faux manifeste (à ma connaissance personne, pas même les signataires allégués, ne semble avoir mis en doute ce document ni traduit en justice le responsable de ce site), peut-être, sans être complotiste dans l'âme ni adhérer à nombre de théories échafaudées, est-il possible de lire le document en anglais pour en penser ensuite ce que l'on en voudra.

Internet est, comme la langue d’Ésope, la meilleure et la pire des choses. Néanmoins la navigation sur de multiples sites, certes plus ou moins sérieux ou crédibles, permet de trouver un certain nombre d'informations dont la synthèse critique peut conduire à tirer des conclusions, sans doute partiales et partielles, sur un certain nombre de pratiques ou de décisions qui ne se révèlent guère démocratiques ni ouvertes en discussions sur l'agora. Mais qui parfois peuvent expliquer des politiques dont on ne comprend pas nécessairement la logique dans l'immédiat et qui peuvent s'éclairer ainsi de manière rétrospective.

Christian C

Véronique Raffeneau,

Vous êtes bien évidemment libre d’être « convaincue de la désespérance et de l’infinie solitude de Robert Boulin le conduisant inéluctablement à se donner la mort ». Philippe Bilger est lui aussi libre de rejoindre vos certitudes.

Votre commentaire recommande à Jean-Dominique de s’en prendre à FR3 et à l’ensemble des médias ayant soutenu la daube télévisuelle baptisée fiction.

Pardon, mais votre lecture me paraît un tantinet simpliste.

Lors de l’annonce, le 30 octobre 1979, de la mort par noyade du ministre, suicidé par immersion dans un étang vaseux profond de 50 cm, j’étais au volant de ma voiture ; le « suicide » de Robert Boulin n’a pas été loin de provoquer un deuxième décès, le mien. Sans doute va-t-il de soi pour vous que, confrontée à une mise en cause de votre probité et de votre honorabilité, vous envisagiez le pire. Dans ce contexte, quel moyen de mettre fin à vos jours pourrait vous sembler radical, indolore, rapide, simple ? Selon les analyses propres à chacun, des esprits faibles penseraient à un empoisonnement par un produit à action rapide, une pendaison, une balle dans la tête ou dans la bouche, ou le grand saut dans la Seine ou toute autre eau agitée et profonde, voire un plongeon du haut d’une falaise ou d’un immeuble. Quelle faiblesse ! Quel manque d’imagination ! Parlez-moi d’un bon petit séjour nocturne, à genoux, la tête hors de l’eau, dans un étang boueux au cœur de la nature si jolie l’automne. Rien de tel pour mourir par noyade !

Alors oui, je le reconnais, j’ai rejoint ce 30 octobre 1979, la cohorte des méfiants médiatiques, des suspicieux péremptoires fustigés par notre hôte.

Alors, j’ai suivi parce que cela m’intéressait, le déroulement de l’enquête, puis les demandes de la famille, l’exhumation en 1983, les résultats de la deuxième autopsie, j’ai vu les photos du visage de Robert Boulin publiées dans la presse. Ni Le Figaro, ni Paris-Match n’étaient de la « fête ». La famille demandait l’impossible : l’ouverture d’une enquête. Celle-ci n’a jamais été ordonnée.

Depuis, Benoît Collombat a publié un excellent livre, « Un homme à abattre, Contre-enquête sur la mort de Robert Boulin » Fayard, avril 2007, et Fabienne Boulin Burgeat a publié en 2011 « Le dormeur du val ». Ces deux livres plaident l’impossibilité du suicide et vont évidemment plus loin dans la probabilité du meurtre.

Au contraire des affaires Grossouvre et Bérégovoy, dans lesquelles rien de déterminant ne permet de mettre en doute les conclusions officielles, l’affaire Boulin est entachée d’un grand nombre de bizarreries, contradictions, impossibilités, qui plaident contre la thèse du suicide. Que Robert Boulin ait eu des raisons de mettre fin à ses jours, soit. Mais la réalité des constats effectués, y compris par des représentants de la gendarmerie, de la police et certains magistrats, ne colle pas du tout à cette thèse.

Alors, il vous est loisible de vous gausser, de concert avec Philippe Bilger, des esprits perméables. Il vous est aussi loisible de vous informer, au-delà d’une daube écrite plus de trente ans après les faits, sur les circonstances et le constat du décès de Robert Boulin ; peut-être en sortiriez-vous, vous aussi, avec quelques questions.

Jean-Louis

Salutaire mise au point monsieur Bilger. En forme d’auto-absolution ? Où en êtes-vous avec Mediapart ? Je rappelle votre opinion, rien de plus que votre opinion, dans votre billet du 11 janvier dernier « Pour la Justice ou contre Mediapart ».
« Je tiens pour rien, dans ce débat, ceux qui éprouvent une telle hostilité intellectuelle et politique à l'encontre d'Edwy Plenel que tout ce qui pourrait sortir de sa bouche, être écrit par lui ou sous son égide serait frappé de caducité ou de mauvaise foi. »
Et moi je tiens Plenel pour un sordide voyou. Si l’on était dans un pays où l’honneur de chacun était normalement respecté, l’étape suivante serait de casser les reins à ce genre de support de diffamation. Je crains que Cahuzac n’aille pas au bout et ne présente pas la note.
La diffamation a encore de beaux jours.

Ce ne serait pas possible en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis. Les deux pisseurs de copies qui ont accusé Gaudin et Léotard d’avoir commandité l’assassinat de Yann Piat sont toujours en fonction…

Perplexe-gb

La France qui ne s'en laisse pas conter. Est-ce bien la France ? C'est faire trop d'honneur à la presse des chiens écrasés.
Ce billet analyse des faits qui n 'ont pas de liens entre eux. Le besoin de judiciariser et de pénaliser des affaires remonte à très longtemps, j'avais lu une étude mettant en évidence que les rois pardonnaient plus facilement à leurs ennemis que les républiques. L'analyse se faisait au travers des carrières d'hommes célèbres. Le peuple tel un moloch demande du sang.
Les comportements de groupe amplifient les défauts et la méchanceté. La laïcité a mon avis amplifie ce phénomène, les discours politiques entendus ici ou là, sont autrement plus violents que ceux de nos prélats chrétiens. Pourtant cette laïcité permet de contrer les errements dus au fanatisme religieux, mais elle ne parle pas de l'homme et de l'amour désintéressé.
L'affaire Findus tombe bien à propos pour évaluer ce qui va relever de l'organisation de la filière alimentaire, de l'utilisation des outils de marché modernes, de la fiabilité des contrôles et du grain de sable représenté par le fraudeur. La manière dont tout cela sera géré et rapporté montrera le degré de fantasme ou d'aptitude à appréhender les risques de nos sociétés.
Boulin, Grossouvre, Bérégovoy il est très difficile de comprendre pourquoi ces hommes brillants se suicident. Cela ne va pas avec les responsabilités qu'ils ont assumées et la confiance qui leur était accordée. Ces morts sans signe précurseur, sans lettres aux proches, deux balles tirées dans le cas de Bérégovoy tout cela ouvre des portes au questionnement. Et voyez-vous quand je vois l'utilisation des drones et l'exécution de Ben Laden je me dis que les politiques ont un droit de vie et de mort sidérant, car les dignitaires nazis furent bien jugés. Je sais au nom de la raison d'Etat il valait mieux faire disparaître Ben Laden qu'en faire un martyr soulevant la passion des foules, mais il n'en reste pas moins que la démocratie moderne peut faire froid dans le dos par ses secrets.

hameau dans les nuages

@Jean-Dominique Reffait de la Béatitude


Voilà le commentaire type qui fait réponse à toutes les questions que beaucoup de personnes se posent sur des événements d'actualité ou pas.

Montrer le doigt qui montre la lune.

Pas un pet de mouche de pragmatisme.

Le pur jus de l’intégrisme forcené : "j'ai pas besoin de preuve car chercher des preuves c'est déjà douter et douter c'est ne pas croire et ne pas croire ouvre les portes de l'enfer".

Ne vous vexez pas, mais j'ai l'impression d'entendre ma soeur.

Son intégrisme religieux lui sert de béquilles.

La réalité, elle lévite.

Comme le WTC, plus dure sera la chute.

1/2 gt2.

calamity jane

Les types et les typesses "à qui on n'en remontre pas" qui entrèrent en résistance pendant le IIème bain de sang du siècle dernier ont-ils eu raison ou pas ? Et même les autres ? Pas simple !

Véronique Raffeneau

Jean-Dominique

Un billet qui suscite à peine une vingtaine de commentaires et vous qualifiez ces post de déluge et d'ivresse complotistes !

Vraiment, c'est perdre le sens de la mesure et de la proportion !

"Sortant de l'obsession, mon souci est de m'interroger sur les discours familiers, d'apparent bon sens, les méfiances médiatiques, les découvertes prétendues, les suspicions péremptoires..."

Qu'est-ce que vous croyez à la fin ?

Robert Boulin. Je prends cet exemple car il s'agit du plus cité dans les commentaires.

Un documentaire - remarquable - est diffusé dans l'indifférence générale sur France 3.

Le lendemain, la même chaîne de service public diffuse à grand fracas médiatique un téléfilm ni fait ni à faire, dont les ficelles de narration sont on ne peut plus grossières et caricaturales. Par-dessus le marché, F. Taddéï consacre à ce téléfilm une émission.

Et vous cognez sur des commentateurs, qui modestement et dans la mesure, expriment leurs interrogations au sujet par exemple de la mort de Robert Boulin.

Alors, si je suis bien convaincue de la désespérance et de l’infinie solitude de Robert Boulin le conduisant inéluctablement à se donner la mort, il est trop facile de fustiger des commentateurs qui ne sont pas responsables des daubes télévisuelles qu'une chaîne de service public diffuse avec le soutien criard de l'ensemble des médias.

Prenez-en vous d'abord à tous ceux-là !

Plus gravement, sur un plan général, il y aurait seulement une once de langage de vérité et de sincérité dans les paroles officielles et les institutions, quelles qu'elles soient, vous n'auriez pas la France du soupçon, du ressentiment et de la méfiance qui est fustigée dans le billet.

Pour finir, le documentaire "Vie et mort de Robert Boulin" a également le grand mérite de décrire en creux comment la politique n'est qu'une entreprise de conquête du pouvoir, et comment les inquiétudes les plus évidentes de la société ne comptent pour rien dans les obsessions de conquête. Hier comme aujourd'hui.

simple citoyen

Cher Philippe Bilger,

Votre humanité ou votre intelligence vous perdent parfois. Un peu.
Ceux que vous décrivez sont les enfants du chaos.
Quand le politique se veut tout et qu'il insinue ses jugements dans la moindre des activités des citoyens qu'il est supposé représenter ou mener, la moindre des choses que ces derniers attendent de lui est qu'il explicite clairement ses intentions et dévoile ses plans.
Quand trop souvent l'annonce et les faits se contredisent, que l'excuse d'incompétence devient transparente, que reste-t-il ? Le doute.
Que cette crise de confiance se traduise naturellement par la recherche d'un ordre caché ne devrait pas vous surprendre.
Il n'est que trop de décisions dont les Français ne comprennent pas la portée. De débats dont ils ne comprennent pas pourquoi ils ne sont pas tenus. De paroles données qui leur ont été reprises. De débats partisans dont la conclusion ignore les partis.
Le politique, et son appareil, revendique (et détient ?) tous les pouvoirs ou presque. Mais en démocratie, en République, ce pouvoir n'a de sens qu'en l'adhésion de ceux dont on prétend le tenir. Sans quoi on quitte et la démocratie et la République pour d'autres rives. Cette adhésion ne peut trouver sa source qu'en la confiance et la transparence.
Quand le simple citoyen ne s'en laisse pas conter, qu'il échafaude une théorie, ce qu'il scrute est son propre avenir. Il interroge la transparence d'un glace sans tain et le reflet de sa propre confiance. Il interroge le pouvoir sur le chaos qu'il perçoit. A moins que ce ne soit l'inverse.
Très chaleureusement

oursivi

Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 12 février 2013 à 23:44

A l'évidence.

Une chose toutefois.

Il existe un complot réel dans son irréalité, celui des inconsciences, votre message le suggère sans aller au bout de sa dénonciation.

N'est nulle - ou presque - volonté consciente faisant et défaisant le monde. Mais, bien que vaporeuse, elle n'en est pas moins, en effet, convoquée ici comme partout par pas mal de sympathiques nigauds qui opineront ici à leur propre négation dans un même élan cependant moutonnier qui justifie quelques de nos vocations pastorales.

Alors rameutons les égarés.

Le vrai complot, s'il en est un, parfois, est l'envers de ce qu'on (sic) le croit être.

-Il n'est pas caché, il est publique.
-Il n'est pas le fait d'un petit nombre mais de la large masse.
-Il n'est pas concentration de quelques consciences polarisées sur leur intérêt, mais diffusion d'une inconscience collective prête à converger vers sa perte ou son aveuglement maximal.
-Il n'est pas concentré et rationnel, il est aussi diffus qu'irrationnel.
-Il est du même ordre que ce qui fait croire aux fantômes, aux petits hommes verts, ou à toutes ces vierges* qu'un acte de kamikaze offrirait.
-Il est tout ce qui n'a aucun sens mais que maintenons comme un grigri puéril qui nous offre une porte de sortie du réel.

-Il est notre peur collective du réel, ce cheminement parallèle des inconsciences.

Et comme il est partout donc trop visible que de l'être tant, on ne le voit pas.

AO

* et pourquoi des vierges d'ailleurs ? Ces inconscients-ci ont-ils si peur de leurs semblables barbus et couillus qu'ils craignent que leurs conquêtes puissent les comparer ? Ou serait-ce plutôt la certitude elle aussi inconsciente que ce qu'ils pourraient leur faire, à ces conquêtes, eux comme tous les autres, ne soit finalement rien de mieux qu'une vilaine souillure dont les femmes ne pourraient être ainsi, vierges, le miroir ?

Jean-Dominique Reffait

Mon pauvre Philippe, c'est que vous en avez une sacrée brochette ici de commentateurs qui en savent plus long que n'importe qui et pour qui la vérité est toujours ailleurs ! Ca pleut ! On prend un air entendu, "tout le monde sait que..." et en avant, le déluge des lieux communs de ceux pour qui "on nous cache tout, on nous dit rien" s'abat sur ce blog et partout ailleurs. Je ne les compte plus et ne les relève évidemment pas.

Le plus amusant, c'est que ce sont les mêmes qui vont vous donner raison sur ce billet ! Parce que leur complot à eux, il est incontestable, "tout le monde sait que...", mais le complot du voisin n'est qu'un fantasme ! Ils ne sont pas complotistes, quelle horreur, ils savent que la Version Officielle est un mensonge. Tout le monde n'aborde pas aux rivages de la Trilatérale et du complot mondial, mais combien sont ceux qui, déboutés dans une affaire judiciaire, se persuadent qu'il existe une collusion secrète contre eux dont leur propre avocat, ce salaud, est partie prenante.

Et pourtant, combien de secrets cachés sont bêtes à mourir ! Combien les traficotages d'affaires apparemment complexes révèlent l'amateurisme et l'improvisation de leurs auteurs ! Combien les raisons qui poussent un individu à agir sont immédiates, impulsives sans répondre à une manoeuvre savamment orchestrée. Enfin combien sont maladroites et finalement peu puissantes toutes ces forces occultes qui ratent immanquablement leurs coups !

Cette attitude, j'en suis convaincu, ressort d'une dystrophie stomacale. Trop d'acide, un sommeil dérangé par des gaz ou des remontées conduisent certains à s'aigrir, à ne plus discerner le rêve de leur somnolence d'une réalité plus simple, ils perdent l'équilibre, leur capacité d'amour et de bienveillance s'altère, ils sont en rogne contre tout, notamment tous ces puissants, ces beaux gars, ces belles filles qu'une saleté d'aigreur chronique n'a pas interdit l’ascension des sommets de la gloire. Le complotisme est un merveilleux alibi à sa propre médiocrité.

Robert

Votre billet, Monsieur Bilger, est fort instructif d'une attitude d'esprit qui se contente des faits, rien que des faits. En ce sens, le factuel est effectivement et parfaitement nécessaire à établir et à comprendre.

Cependant, le monde tel qu'il est ne correspond pas toujours aux faits et à l'interprétation immédiate qu'on voudrait leur donner.
La "communication" dans laquelle nous baignons reste une vaste entreprise de décérébration et de destruction de la démocratie, à laquelle se prêtent les médias avec leur boulimique même manière de penser, pour ne pas dire de pensée unique.
A titre d'exemple ce soir Arte a passé une excellente émission sur le lobbyisme à Bruxelles et le fonctionnement opaque du système de l'UE.

Vous évoquez Thierry Meyssan. Il tient un site qui se nomme "Réseau voltaire" qu'il est intéressant de fréquenter de temps à autre. A lire avec beaucoup de recul et maintes pincettes. Cependant, pour les curieux, il suffit de taper "Davignon" et sortira le "groupe de Bilderberg" ou l'European Round Table of Industrialists" évoqué longuement dans l'émission d'Arte ce soir... dont peu ont connaissance.
Par ailleurs, on peut supposer que TM soit en réalité agent d'influence d'une capitale majeure à l'Est, donc opposée à la stratégie d'influence de Washington sur l'Europe vassalisée...
Un petit lien sur ce site pour un article qui ne manque pas d'intérêt :
http://www.voltairenet.org/article177379.html

La communication est donc un miroir qu'on nous tend pour faire admettre à la masse une certaine vérité. Mais il est souvent très intéressant et utile de savoir ce qui se cache derrière le miroir.
Vous évoquez l'affaire Boulin en reprochant que puisse être mise en doute la conclusion judiciaire qui en a été tirée. Au-delà de ce que certains ont évoqué ici, il convient aussi de se rappeler que sous le septennat de Monsieur Giscard d’Estaing, plusieurs assassinats politiques ont été commis (de Broglie, Fontanet notamment) et que ce contexte a nécessairement donné à la mort de Monsieur Boulin un environnement de suspicion.

Quant au décès de Monsieur de Grossouvre, le doute vient sans doute (comme il l'avait été pour Jean-Edern Hallier) de ce que ses écrits et archives ont disparu, semant la suspicion sur les conditions de sa mort.

Si je rejoins votre conclusion dans ses grandes lignes ("Ils sont une plaie républicaine parce que, faux et jetés à foison dans l'espace public, ils détournent des vrais qui leur ressemblent comme deux gouttes de malheur, à la réalité près"), il n'en reste pas moins que tout citoyen un tant soit peu éclairé se doit de conserver un esprit critique en éveil et de ne pas croire systématiquement "la soupe" qu'on lui sert à longueur de journaux télévisés ou radio.

semtob

Cher Philippe,

Hypertrophie ou atrophie du domaine public ?
Plus personne ne peut plus prendre sérieusement quoi que ce soit émanant du domaine public.
Et nous attendons le départ de la tarentule pour ne pas tourner en rond plus longtemps.
Ce n'est pas le vertige de l'amour, mais le comble de la nausée qui envahit notre pays.
Des mensonges, des mensonges, encore des mensonges, ce sera la signature de ce gouvernement médiatisé par une presse de mensonge. Les outils internet permettent des comparaisons, des informations plus précises.
Les journaux télévisés ne sont plus objectifs dans la présentation des faits et des événements et perdent le peu de crédit dont ils disposaient. C'est en théorie le journaliste qui devait croiser ses sources et maintenant ce sont les citoyens qui commencent à le faire. Nous allons vers une démocratie participative numérique et il est bientôt terminé le roucoulement médiatico-politique qui est dépassé. Les députés vont disparaître, les sénateurs aussi, puisqu'ils n'ont défendu généralement que leurs intérêts personnels et ne représentent plus les valeurs des Français, ni leurs préoccupations. L'Assemblée nationale et le Sénat seront demain aux citoyens grâce au numérique. Nous ne serons plus obligés de supplier pour un débat ou un référendum.
françoise et karell semtob

Polochon

On vous dit que c'est du boeuf, alors que c'est du cheval.
Les hommes politiques passent leur temps à vous dire blanc alors que c'est gris.
Les Verts disent n'importe quoi (là au moins c'est clair).
L'environnement immédiat est devenu très complexe et comme les médias préfèrent surfer sur les points d'ombre, ne vous étonnez pas que beaucoup renoncent à comprendre et se rassurent avec de petits scénarios frelatés.

Camille

Les controverses sur les disparitions suspectes de personnalités font le bonheur financier de quelques médias, journalistes-chercheurs-écrivains,mais si l'intérêt du public ne faiblit pas, c'est que la police et la justice n'ont pas toujours été exemplaires, ce qui est assez grave en soi mais alimente aussi une certaine paranoïa concernant les conclusions d'une enquête.

Si une police ordinaire peut se comporter selon moi comme dans l'affaire Allègre, comment ne pas imaginer l'étendue des possibilités des services dits "spéciaux" ? La théorie du complot étant souvent déclenchée ou renforcée par une enquête bâclée, il ne me semble pas indigne d'y adhérer pour certaines affaires.

Yann

Il incombe à tout un chacun de ne pas sombrer dans la fuite en avant initiée par la technologie : les médias sont aujourd'hui à la botte de l'"info en temps réel", qui n'est pas une machine diabolique ourdie par quelques fanatiques, mais repose sur un réseau mondial d'individus de plus en plus en demande pour ces non-informations qui en chassent d'autres.

La tête dans les étoiles mais le nez dans le guidon, le citoyen ultra connecté se noie dans la réaction à chaud.

Las passeurs de données sont des filtres, tous faillibles. L'esprit critique fluctue au cours de notre existence : nous ne sommes pas (encore) des machines.

scoubab00

Précisément Philippe, la vie n'est souvent qu'intuition. Il est passionnant que de vouloir l'exercer. Que sait-on au juste ? Presque rien, que du vertical, identités, âge, au moins le sien, adresses, goûts, profession, cadeaux de Noël reçus, on est en février... des articles de loi pour vous, je suppose. Et à partir de ça, on fonctionne au radar, plus au visuel qu'aux instruments. Des scandales portés en épingle ? On peut avoir un avis, ou s'en moquer totalement. Notre existence nous oblige à adopter constamment l'attitude d'un enquêteur. Cette région est-elle mieux pour les vacances ? ce bahut est-il mieux pour ma fille ? va-t-elle aimer le cheval ? mon mari si distrait et rêveur me trompe-t-il ? Les médias s'agitent et l'oeil est naturellement attiré par le mouvement. Mais les gens - nous - s'intéressent surtout à eux-mêmes. Les polémiques et soupçons divers et variés ne sont que le prolongement de leur être ou de leur (in)satisfaction. Tout peut n'être que complot ou rêve. Ou les deux, aucun des deux. Comme le film très troublant de la décennie précédente, celui de David Lynch : "Mulholland Drive". Où est la réalité et jusqu'où diffusent songe et cauchemar, à partir d'un simple fait, d'un lieu donné ??

"Il n'y a pas de fumée sans feu" est le proverbe le plus haïssable que je connaisse. Une brassée de courants d'air à l'usage de toutes les médiocrités recuites. Ici comme ailleurs, au boulot l'intuition. Victor Hugo faisait d'elle une vigie. Celle de la raison, la nôtre.

Mary Preud'homme

Sophie Fendt a écrit :
"S'il n'y avait pas eu le courage et la ténacité d'une juge d'instruction, la version officielle serait toujours celle du suicide !"
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Très juste sauf que le juge qui connaît le dossier reste bien dans son rôle. Ce qui pourrait être aussi le cas d'un procureur pugnace, d'un officier de gendarmerie ou d'un commissaire de police qui auraient mené l'enquête et refuseraient de capituler. Et de ce fait mériteraient d'être salués en raison de leur courage et ténacité.
Mais il n'en va pas de même des journalistes qui ne travaillent, dans le cas d'une procédure en cours, qu'à partir de rumeurs et de présupposés. Et font du sensationnel en donnant à penser à leurs lecteurs avides et ignares qu'ils tiendraient à eux tout seuls une vérité soigneusement dissimulée au commun des mortels. Pathétiques aussi ces citoyen lambda qui, faute de vrais centres d'intérêt, voient des complots, des machinations, de la laideur et de la bassesse partout et n'aiment rien tant que se repaître à longueur de pages ou d'antennes de croustillants scandales. Et quelle aubaine que ces gobeurs de mouches pour des journalistes peu scrupuleux qui trouvent là un moyen facile et sans risque (à cause de la confidentialité des sources) de booster leur fond de commerce, sinon de renflouer un canard boiteux ou en chute vertigineuse.

Chatte Anna

@Sophie Fendt
Plusieurs instructions sont en cours concernant cette très malheureuse affaire. La version officielle est qu'il n'y a pas encore de version officielle.
Cordialement.

Carl+Larmonier

Bonjour Monsieur Bilger,

Cela me fait penser à un passage de Vol au-dessus d'un nid de coucou (le film de Milos Forman, pas le roman de Ken Kesey ; car j'ai lu ce dernier... en passant, on dirait que Milos Forman n'a gardé que le titre pour en faire l'adaptation cinématographique, tant sont dissemblables ces deux oeuvres, quoique toutes deux excellentes, pour des raisons différentes).

Le grand chef Indien se remémorant son père s'étant fait tuer par ses chiens (comme dans la Curée d'Emile Zola) dit à Mc Murphy.

- Ne dis pas qu'ils l'ont tué, seulement ils l'ont travaillé, comme ils te travaillent, toi.

C'est-à-dire que les médias télévisés que je regardais comme tout un chacun, encore il y a peu, à force de me travailler pour employer une forme imagée, j'ai dit à un moment donné : bon c'est bon. Stop.
C'est pour cela que pour rebondir sur un des derniers et précédents articles de Monsieur Bilger, qui demandait qu'on sauve son kiosquier, j'espère, premièrement encore de beaux jours florissants pour la presse papier et de forcément moins bons (ce n'est qu'une espérance mais qui ne se concrétisera certainement jamais) pour la presse que j'intitulerais ici de presse à scandale, qui même si elle ne me tue pas encore, me fatigue beaucoup sous toutes ses formes (télévisuelles, clash, la recherche du sensationnel à tout prix, etc.).

zefir

Je pense qu’il y a suspicion car les Etats sont capables de tous les mensonges pour justifier leur action.

Exemple : il y a une vidéo qui circule sur internet où Hillary Clinton dit publiquement qu’Al Qaïda a été créé par les Etats-Unis pour combattre les Russes en Afghanistan.

Je vous pose une question : pourquoi croirais-je aujourd’hui les Etats-Unis lorsqu'ils prétendent combattre les terroristes islamistes ?

Christian C

Cher Philippe Bilger,

sans rechercher à tout prix une théâtralisation hors de propos, je ne peux m’empêcher d’éprouver, à rebours, une appréhension en réfléchissant à votre dernière responsabilité : avocat général près la cour d’assises de Paris.

Ce constat donne en effet un relief particulier à votre introduction : « Cette France qui ne s'en laisse pas conter, à qui on ne la fait pas, n'est pas celle que je préfère. »

Sincèrement, je ne peux accorder le moindre crédit à une telle profession de foi venant de vous ; j’aurais dû me tromper à un point tel sur les exigences de votre conscience que j’en suis, réellement, incapable.

Et partant, comment imaginer que le Philippe Bilger qui a requis contre Youssouf Fofana et ses complices ne se serait posé aucune question sur la qualification d’antisémite quant au meurtre d’Ilan Halimi?

La tradition de la justice française voudrait que l’accusation, comme la défense, se montre inflexible, le front imperturbablement marmoréen, laissant à ces pauvres magistrats assis l’exclusivité du doute.

Votre balayage d’un revers de main des doutes que pourraient susciter des affaires comme l’affaire Omar Raddad, l’affaire Boulin, l’affaire Grossouvre et d’autres, vous place à votre corps défendant au rang de « cette France qui ne veut jamais s'en laisser conter, à force de craindre d'être dupe pour tout et n'importe quoi ».

Vous n’êtes peut-être pas celui que vous croyez, Philippe Bilger.

Jabiru

@Christian C

Tout à fait en phase avec vos propos. Il existe bel et bien d'étranges zones d'ombre dans les affaires que vous évoquez et qui n'ont pas été approfondies pour des raisons inconnues ou supposées encore que quelques-unes fassent heureusement l'objet d'investigations complémentaires.
S'agissant de l'affaire Boulin, un ex-ministre déclare se tenir à la disposition de la justice pour fournir les éléments nouveaux qu'il détient. Qu'attend-on pour y donner suite ? La raison d'Etat ça existe, rappelons-nous le complot fomenté contre le Général Salan pendant la guerre d'Algérie et qui a finalement coûté la vie au pauvre Commandant Rodier tué par une charge de bazooka alors qu'il traversait le bureau de Salan, lui-même en réunion dans un autre lieu. Deux "exécutants" ont payé, sauf le commanditaire qui est passé entre les gouttes !
Alors on peut douter de tout mais il n'empêche que quand il y a soupçons, la justice se doit d'exercer la mission de sa raison d'être. C'est la raison pour laquelle des juges indépendants doivent aujourd'hui être saisis afin que toute la lumière soit faite sur ces dossiers qui empoisonnent l'atmosphère et que l'on ne peut classer comme s'il s'agissait d'affabulations de l'homme de la rue.

hameau dans les nuages

Ouh la jolie boîte de Pandore !

On l'ouvre ? ou pas ?

Vous nous demandez de ne pas dépasser deux commentaires et qu'ils soient courts et concis.

Mission impossible.

Les médias officiels nous demandent de manger cinq fruits par jour les yeux bandés.

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Mais comme pour un aveugle cela développe aussi les autres sens. Je vous parle bien sûr des gens qui ont un minimum de curiosité et d'esprit critique.

Quant aux autres...

Véronique Raffeneau

"Ils exploitent, contre la platitude de la vérité, le goût malsain de la contradiction."

Je suis en partie d'accord avec votre billet.

Néanmoins, en ce qui concerne l’essentiel de votre billet consacré à des affaires qui ont troublé l’opinion, une confiance démesurée dans les mécanismes judiciaires et administratifs est tout autant préjudiciable pour constituer, selon votre expression, une communauté de citoyens éclairés.

Cela ne se passe pas en France, mais si parmi vos lecteurs, quelques-uns ont eu possibilité de regarder "Soupçons - la dernière chance" de Jean-Xavier de Lestrade, récemment diffusé sur Canal +, qui fait suite à son très remarquable documentaire The Staircase (Soupçons), il reste absolument nécessaire que le doute, qui n'est pas la suspicion mécanique, soit la pierre angulaire de toute enquête et procès criminels.

Qui aurait pu imaginer une seconde la surpuissance du crédit accordé par le bureau d'un procureur de Caroline du Nord à de pseudo-expériences labellisées police scientifique, qui depuis l’ADN, est carrément devenue un dogme dans la recherche de la vérité ?

Concernant Robert Boulin, le téléfilm récemment diffusé sur France 3 n’était franchement pas regardable.

En revanche, le documentaire consacré à cette affaire était nettement plus fin, subtil et équilibré.

PS : pour les passionnés par la justice criminelle les films de JX de Lestrade sont de vraies références.

Savonarole

En somme, si on résume, un bon conspirationniste qui se respecte et qui veut avoir pignon sur rue ne doit s'en prendre qu'à Sarkozy, Woerth, Tapie, Lagarde, Karachi, le terrain de courses de Chantilly, dès lors vous êtes peinard : tout le monde vous croit et on vous lance des fleurs.

Frank THOMAS

Globalement, je suis en accord avec votre billet, Philippe, et ce syndrome du doute m'agace et m'inquiète autant que vous.
Le Canard Enchaîné, qui a soulevé tant de vrais scandales et d'affaires qu'on cherchait à étouffer, entretient par exemple cet esprit de doute et de critique systématique et pour ainsi dire mécanique.
Il est plagié par une horde de faux investigateurs dont le principal souci est de créer la sensation et de vendre du papier ou autre chose.
Cependant, parmi les affaires que vous donnez en exemple pour être de celles qui auraient été artificiellement montées en épingle, la mort de Robert Boulin ne paraît pas aussi claire que vous le prétendez, et des éléments matériels plus que troublants peuvent entretenir ce doute que vous stigmatisez.

Christian C

Cher Philippe Bilger,

chacun d’entre nous entretient amoureusement ses propres fantasmes dans la sphère judiciaire; aussi bien n’en êtes-vous pas exempt, vous qui écriviez dans votre billet « le civisme est-il sadique ? » du 4 février, au sujet de l’affaire de l’arbitrage Tapie : « A plusieurs reprises, sur Twitter ou ailleurs, j'avais déploré l'impression désastreuse d'un enlisement procédural destiné à laisser mourir, exsangue, une procédure que l'initiative courageuse de quelques-uns avait eu tant de mal à faire advenir au niveau de la Cour de justice de la République en vertu de cet adage français si souvent vérifié que plus une affaire est grave, moins elle sollicite et plus on la tue avec une sage lenteur. On n'a même pas besoin de coup de grâce, il suffit de bien gérer l'agonie. »

A propos d’impression désastreuse, l’affaire Boulin que vous évoquez en est émaillée, sous les accumulations de bizarreries, d’invraisemblances et d’impossibilités :
- la position de Robert Boulin retrouvé dans l’étang en « prieur musulman », à genoux, alors que les lividités cadavériques sont situées dans le dos et à l’arrière des jambes.
- L’absence de vase sur les chaussures et le bas de pantalon de Robert Boulin, supposé avoir effectué plusieurs mètres de marche sur le fond de l’ « étang rompu », qui comportait une couche de vase de 40 cm.
- L’absence de recherche de preuves d’une mort par noyade lors de l’autopsie ; pourquoi pratiquer l’autopsie d’un homme déjà déclaré mort par noyade par le procureur de la république si ce n’est pour en confirmer les symptômes : absence d’analyse des poumons -lesquels disparaîtront par la suite- absence de recherche des diatomées, absence d’examen du pharynx et du larynx, non-constatation des coups au visage de Robert Boulin (2 fractures), qui ne seront révélées que lors de la deuxième autopsie réalisée à la demande de la famille.
- Les disparitions de documents, destructions d’archives, dépositions non sollicitées, témoignages consécutifs à la deuxième autopsie et autres curiosités alimentent la liste des 76 anomalies relevées par Fabienne Boulin-Prat que chacun peut retrouver sur le site internet ouvert par l’association Robert Boulin.

Il est paradoxal -de mon point de vue- de soulever le 4 février les faiblesses du dossier d’arbitrage du dossier Tapie mené par Christine Lagarde, pour moquer le 12 la méfiance des Français face aux invraisemblances d’autres dossiers dans lesquels la curiosité des enquêteurs n’a été que peu éprouvée.

C’est un hasard, Arte rediffusait hier soir « L’affaire Dominici » ; à la toute fin du film, Émile Pollak, le défunt avocat de Gaston Dominici en présentait l’épilogue : après sa condamnation à mort en novembre 1954, sa peine avait été commuée par René Coty en réclusion à perpétuité en 1957, avant que le Général de Gaulle ne le gracie et le libère en 1960. Entre-temps, le commissaire Sébeille, qui avait mené l’enquête « à sa main » sera désavoué et déclassé.

Ce ne fut pas le cas pour le magistrat et les policiers en charge de l’affaire Boulin.

Où placez-vous, cher Philippe Bilger, la frontière entre la méfiance pathologique et le refus d’une naïveté béate ?

Sophie Fendt

Il existe quand même bien des "suicidés" qui ont été assassinés... par exemple le juge Borrel... S'il n'y avait pas eu le courage et la ténacité d'une juge d'instruction, la version officielle serait toujours celle du suicide !

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