Il y a dans l'admiration vraie une richesse, une douceur, une chance qui font infiniment de bien à ceux qui l'éprouvent.
Bien plus qu'à ceux qui l'inspirent quand ils sont encore des nôtres.
Mais l'admiration vraie, pour être acceptée par tous, ne doit pas s'éloigner de la mesure et de la plausibilité. Ni tomber dans une sorte de frénésie qui la disqualifierait et la rendrait ridicule aux yeux de beaucoup. L'excès détourne de l'adhésion au lieu de la favoriser.
Comment ne pas songer à ce beau sentiment et à ses possibles dérives quand la mort de Stéphane Hessel - Un juste, titre Libération - met en évidence la distance qui devrait distinguer l'hommage de l'idolâtrie ? La révérence à l'égard d'une personnalité respectée mais discutée du consensus de tout un peuple autour d'une figure incontestable ? Victor Hugo de Stéphane Hessel ?
A l'initiative d'Eva Joly, d'Etienne Pinte, de Pouria Amirashi et de deux historiens, une pétition réclame l'entrée au Panthéon de Stéphane Hessel. Elle sera, elle est déjà signée par de nombreux soutiens. "Nous souhaitons que le sens du combat perdure et soit reconnu". Le Panthéon au service d'une cause politique.
En effet, d'un combat qui n'a tout de même pas été mené par un pur esprit et sans rapport aucun avec les enjeux d'aujourd'hui. "La vie de Stéphane Hessel se confond avec son inlassable combat pour les droits de l'homme, de la Résistance aux sans-papiers" (Libération). Se soucier des droits de l'homme - ce qui en dehors de malades, de tueurs et de dictateurs - est tout de même une préoccupation commune.
Pour sa part, Stéphane Hessel a volontiers ciblé son action et orienté sa compassion vers ceux qui, sur le plan international ou en France, avaient besoin d'être défendus parce que leur violence, leur terrorisme ou leurs transgressions les mettaient légitimement en accusation. Ce n'est pas parce qu'on s'est penché avec tolérance, voire complaisance sur certains qu'on doit être sur-le-champ encensé pour l'éternité.
Je me souviendrai toujours dans "Indignez-vous" de ce passage où Stéphane Hessel appelait amour des enfants le comportement de certains Palestiniens qui les tenaient pour s'en servir comme boucliers lors du blocus de Gaza.
Souligner que Stéphane Hessel, en dépit de l'effort contraire de thuriféraires prompts à l'embaumer, n'a pas sa place au Panthéon n'est pas porter atteinte à sa mémoire ni diminuer ses mérites ni offenser son aura qui, quoi qu'on pense de son humanisme à mon sens pas aussi universel qu'on le dit, n'est évidemment pas injustifiée. Il fait partie de ces rares êtres non pas à l'abri de tout mais en tout cas d'une mauvaise réputation. Il a été plus fort que les contradictions et les désaccords, que son immixtion généreuse et superficielle dans tout ce qui regarde le progressisme et le sectarisme du coeur, n'a pas cessé de susciter.
Au fond, le formidable succès de son petit libelle - Indignez-vous - avec son injonction démagogique suivie dans tant de pays par des révoltes et des désespoirs collectifs a constitué Stéphane Hessel comme un maître - ce qu'il aurait détesté être - n'offrant rien d'opératoire à des jeunesses déboussolées et les éloignant au contraire, par ce conseil extrémiste et vain, du recours intelligent, modeste, patient et pragmatique à la politique. Il a amplifié une indifférence, un populisme que sa sagesse aurait dû tenter de réduire.
Quel bonheur, aussi, pour ceux que l'âge avait attiédis de se relancer symboliquement dans la lutte en proposant des slogans et des incitations à l'insurrection ! Rien de plus drôle à ce titre que de lire, sous l'égide de Stéphane Hessel et de Jean Daniel, "Insurgez-vous !" La révolution mise à la portée de tous et conseillée par des aînés nostalgiques !
Jean-Luc Mélenchon ne s'opposerait pas à sa panthéonisation si elle était décidée.
Six députés socialistes plus raisonnables que nos pétitionnaires se contenteraient d'un hommage national et le réclament au président de la République qui n'a sans doute pas assez de sujets importants à traiter pour qu'on y ajoute celui-ci caractéristique de cette tendance française régressive qui s'attache obsessionnellement à ce qui retarde, immobilise et pétrifie - au passé, à la mémoire, aux célébrations, aux commémorations, aux repentances et aux glorifications. L'avenir fait apparemment mal à la France.
Le Premier ministre qui n'est pas dénué de bon sens - ce qui est utile pour chasser les faux problèmes - déclare "qu'il faut laisser un peu le temps des choses. Je ne suis pas sûr d'ailleurs qu'il aurait souhaité ça, c'était un homme simple". Jean-Marc Ayrault a une manière élégante de sortir de cette nasse : il a totalement raison.
Du fils de la femme ayant hésité entre Jules et Jim au vieillard alerte et admiré, une vie, un parcours, une histoire exceptionnels. Faut-il les tuer une seconde fois en les solennisant au-delà du nécessaire, contre toute vraisemblance ?
Une conclusion par l'absurde qui mettra à bas, je l'espère, cette invocation au Panthéon.
Le même jour que Stéphane Hessel est morte, à 93 ans, l'ancienne sénatrice Françoise Seligmann, grande résistante, figure du socialisme et collaboratrice de Pierre Mendès France. Politique exemplaire, féministe emblématique, militante des droits de l'homme, qualifiée de "vieille dame indignée de la gauche française", au nom de quoi faudrait-il refuser, dans cette course au Panthéon, à cette femme unique ce à quoi cet homme sublimé aurait droit ?
La frénésie de l'admiration est une passion dangereuse : elle conduit à un trop-plein.
Curieuse coïncidence : la Grande Faucheuse aura décidé de nous enlever dans la même semaine Stéphane Hessel et Hugo Chavez.
Le premier aura intellectualisé à outrance et le second aura vérolé son pays "Hessel en main" (comme on dit "Missel en main")...
Il n'en restera rien.
Rédigé par : Savonarole | 06 mars 2013 à 11:48
Rédigé par le Sieur oursivi le 2 mars 2013 à 12:39
Mais alors... plus serieusement : comment marquer la distance, non pas hautaine, mais respectueuse avec les un(e)s, les autres ?
Pourquoi, en France, faut-il desormais "singer" nos ami(e)s Anglo-Saxons et leur fausse proximite (puante) copiee sur le comportement americain alors qu'il est evident que nous ne sommes pas toutes/tous issu(e)s du meme milieu et n'avons donc pas les memes vocations, les memes interets, etc.
Donner a croire le contraire est ridicule et dangereux ; chacun/e a sa place a assumer sa position sociale et le monde ne s'en portera que mieux et peut-etre avec moins de violence...
Au plaisir de continuer a vous lire ainsi que certain(e)s !
Excellente semaine a toutes/tous.
Rédigé par : Valerie | 04 mars 2013 à 15:50
"Indignez-vous (...) a constitué Stéphane Hessel comme un maître - ce qu'il aurait détesté être"
Voire... Il y avait dans cette parole moulinée et dégustée par celui qui la proférait quelque chose que je trouvais profondément irritant.
Je ne suis pas de votre avis : il me semble que ce "sage" a au contraire joui avec délectation de sa gloire quasi posthume et du rôle de gourou que les médias lui avaient assigné.
Rédigé par : Frank THOMAS | 03 mars 2013 à 20:00
@ Pietri S
"notre culture occidentale est judéo-chrétienne, et le reste n'est que confusion, donc vide de sens !"
Celse et Hypatie n'en étaient pas persuadés... Pour le coup, tout le reste est littérature !
Rédigé par : Boris | 03 mars 2013 à 10:38
Quelle que soit sa religion, que l'on se reconnaisse de l'une ou d'aucune, que l'on soit athée, agnostique, hédoniste, adhérent ou non d'un parti politique... notre culture occidentale est judéo-chrétienne, et le reste n'est que confusion, donc vide de sens !
Rédigé par : Pietri S | 03 mars 2013 à 07:39
Xavier Nebout
"On ne peut pas à la fois être athée et comprendre la joie de la prière, donc prétendre comprendre les mystiques de toutes époques autrement qu'en les prenant pour des dingues, autrement dit enfin, comprendre le fait religieux qui anime l'humanité depuis ses origines"
Vous prêtez à ceux qui ne partagent pas votre foi ardente, croyance et tout ce qui en découle (choses fort respectables et estimables), les mêmes ignorance et mépris que vous professez à leur encontre.
On peut fort bien être agnostique, athée et laïc, et pour autant comprendre et respecter les croyances religieuses ainsi que leurs fidèles. Cela ainsi que mesurer l'ancienneté et importance du fait religieux, ceci entre autre dans la construction de notre civilisation européenne. Quoi que veuillent en dire certains athées viscéralement anticatholiques, nos valeurs républicaines doivent beaucoup au message christique. Elles n'en sont souvent qu'une laïcisation.
Rédigé par : Trekker | 02 mars 2013 à 19:04
C’est pourquoi un enseignant en histoire qui n’a pas compris le fait religieux en son mystère qui a fait l’homme et l’humanité est nécessairement un charlatan malgré lui.
Bien vu Xavier ! Un prof d'histoire au collège m'a assuré que si je ne travaillais pas, j'aurai de bonnes notes à la Saint-Glinglin. Il avait parfaitement raison, cela s'est bien vérifié.
Rédigé par : scoubab00 tout à fait Xavier | 02 mars 2013 à 15:04
@ Savonarole et Archibald
Ce que vous rapportez est vrai, et il aurait fallu que cela soit dit du vivant de Malraux... bien qu'à mon avis l'"ami génial" de de Gaulle ne soit pas un charlatan, plutôt un farfelu de talent qui valait bien son Hemingway - et cent BHL. Il a eu un vrai prix Goncourt, pas un Interallié de complaisance. Il a écrit les premières pages de L'Espoir et les Antimémoires (bon, beaucoup de verbiage à côté, mais Hugo aussi). Il a fait un vrai film sur l'Espagne, pas un montage bâclé sur la Bosnie. Et il a pris quelques risques : infiniment moins qu'il ne l'a dit et beaucoup moins qu'Hessel. Mais quand même...
@ Xavier Nebout
"C’est pourquoi un enseignant en histoire qui n’a pas compris le fait religieux...". Si c'est une pique, je crains qu'elle n'ait raté son but.
"La lune était obscure,
Quand on me transborda
Dans une préfecture,
Où l'on me demanda :
Etes-vous journaliste,
Peintre, sculpteur, rentier,
Poète ou pianiste ? ...
Quel est votre métier ?
Je cherche fortune,
Autour du Chat Noir,
Au clair de la lune,
A Montmartre !
Je cherche fortune ;
Autour du Chat Noir,
Au clair de la lune,
A Montmartre, le soir".
Hélas, le chat est semblable au dollar : rigoureusement inconvertible...
Rédigé par : Boris | 02 mars 2013 à 14:02
"Si on voulait faire de moi un grand homme, ça me répugnerait, je suis un homme modeste"... ainsi s'exprimait Stéphane Hessel il y a encore à peine un an... il faut donc respecter ce qu'il a dit, ce qu'il est et ignorer la sensiblerie de l'immédiateté de ceux et celles qui veulent exister un peu, en surfant sur tout !
Rédigé par : Pietri S | 02 mars 2013 à 12:44
@ Savonarole
Je m'associe bien volontiers à ce que vous publiez sur Malraux. Pierre Ryckmans, dans le compte rendu qu'il fit en 1997 de la biograhie de Curtis Cate, "André Malraux, a Biography", rappelle qu'à la mort de Malraux, un hebdomadaire parisien lui demanda d'écrire une page sur le thème : qu'a représenté Malraux pour vous ? Il crut qu'on voulait la vérité. Il la livra, mais la rédaction horrifiée la mit aux oubliettes. Il répétait une banalité connue des critiques étrangers qui, de Koestler à Nabokov, avaient passé un demi-siècle à traiter Malraux de "phoney" (charlatan). Mais la vérité n'a jamais eu d'importance. Vous mentionnez Revel, son ouvrage "La connaissance inutile" débute par un diagnostic sans appel : "La première de toutes les forces qui mène le monde est le mensonge."
Rédigé par : Archibald | 02 mars 2013 à 12:40
Rédigé par : Valerie | 01 mars 2013 à 20:47
Chère Madame Valérie,
Vos interventions me citant me font toujours plaisir*, mais si vous pouviez arrêter de me donner du "Monsieur oursivi", celui-ci n'en serait que meilleur.
Depuis le livre de Marcela Iacub, nous savons qu'il faut nous défier des phrases pompeusement écrites - n'y voyez aucune allusion à notre courte et sympathique relation épistolairo-bilgérienne - si on ne veut point aller vers l'encart, le rencard, le trois ou le quatre-quart et autre qui ne mène nulle part.
Bref, fuyez la pompe même modeste du "Monsieur".
Donnez-moi du Maitre, du Monseigneur - si en pincez - du votre Majesté, du Votre Saleté ou Votre Sainteté - les premiers seront les derniers - du Votre Excellence, du Votre Quintessence, du Votre ...
Mais pas du "Monsieur", s'il vous plaît, Valérie, non.
AO
* les autres aussi d'ailleurs, mais moins.
Rédigé par : oursivi@Val | 02 mars 2013 à 12:39
Le trop-plein de dénigrement est tout aussi regrettable et malencontreux que l'excès d'admiration !
Rédigé par : Keizer Soze | 02 mars 2013 à 12:13
Boris 1er mars-14h12
J'en conviens, j'aurais dû être plus précis, hélas je ne retrouve pas la savoureuse anecdote de Malraux sur son vélo, une grande vadrouille à lui tout seul, je crois me souvenir qu'elle vient de Jean-François Revel, qui avait un humour vachard sur les "Résistants". Il avait surnommé Aubrac '"Aubracadabrant"... suite aux innombrables versions de sa Résistance.
Pour Malraux en Espagne, l'historien anglais Anthony Beevor l'a habillé pour l'éternité : "Malraux stands out, not just because he was a mythomaniac in his claims of martial heroism – in Spain and later in the French Resistance – but because he cynically exploited the opportunity for intellectual heroism in the legend of the Spanish war"...
Rédigé par : Savonarole@Boris | 02 mars 2013 à 11:01
Boris
Le droit canon, on n'y est pas encombré par l'inflation des textes, mais c'est dommage de connaître tant de choses et de pas comprendre ce qui les sous-tend.
Cependant, vous n'êtes pas à l'abri d'une grâce. Vous faites d'ailleurs preuve d'une belle réserve à certains égards, la prudence du "au cas où"..., prudence même suspecte. Et si on y ajoute une boulimie démesurée de lecture, et au surplus un gros besoin de le faire savoir, ça devient très suspect.
On ne doit pas confondre prêtres et Eglise, parce que si beaucoup de prêtres sont des saints, il y a aussi beaucoup d’homos qui se sont crus obligés en plus d’être soixante-huitards - les curés et de m… comme disent certains bénédictins, pour ne pas dire aussi évêques de m… . A tel point qu'il fut un temps où ceux qui avaient la vocation ne faisaient pas long feu au séminaire. Bon nombre d’entre eux sont partis faire leur prêtrise dans les monastères, mais pour d’autres, ça a été un gros choc psychologique. Sans doute parmi ces derniers, on doit trouver des athées dans votre style…
Enfin, le problème, c’est le charisme de ceux qui sont dans l’erreur, car ils y entraînent d’autres. C’est pourquoi un enseignant en histoire qui n’a pas compris le fait religieux en son mystère qui a fait l’homme et l’humanité est nécessairement un charlatan malgré lui.
Rédigé par : Xavier NEBOUT | 02 mars 2013 à 10:41
Vous avez bien raison, cher Philippe.
Cet emballement pour cet homme chéri des médias qui n'est quand même pas un saint laïque est très exagéré.
"Tout ce qui est excessif est insignifiant" disait Talleyrand qui n'était certes pas un homme vertueux mais qui savait la vanité des choses de ce monde.
Gardons tact et mesure.
Rédigé par : Christian Dulcy | 02 mars 2013 à 08:29
Hessel, icône de la bien-pensance, des bobos et du politiquement correct s'en est allé. Il avait l'indignation très sélective : à quoi cela rime-t-il de s'indigner de la pauvreté - qui existe de toute éternité et en tout lieu (sauf à Monaco, peut-être) - sans d'abord s'émerveiller des progrès formidables de nos sociétés en quelques générations. Il s'agissait d'abord d'exploiter politiquement la générosité et la solidarité naturelles des Français contre la droite et quand il n'y en a plus assez de pauvres, d'encourager leur importation massive.
Rédigé par : NewParadigm | 02 mars 2013 à 07:04
Tipaza 23.07
"En voilà une mesure qu'elle est intéressante" LOL (premier cf.) le constat s'il est peut-être nécessaire à quoi servira-t-il ? quelles mesures envisagent-elles de prendre puisqu'elle semble déjà en connaître le résultat, peut-être juste avoir un nouveau chiffre pour le 8 mai... Quand on ne sait pas quoi faire on s'agite, c'est une nouvelle fois le genre de truc qui ne sert à rien, juste à placer/justifier quelques amiEs !
Un tel truc aurait été plus approprié si la ministre des Droits de la Femme s'était emparée du sujet...
Rédigé par : Pietri S | 02 mars 2013 à 06:57
Et vous, Boris, que pensez-vous de la parabole du figuier ?
Rédigé par : Alex paulista | 02 mars 2013 à 02:34
"Un juste, titre Libération", lit-on dans le billet proposé... alors qu'il est juste... "indigné". De la dévaluation des mots. Eh oui, on est en plein délire !... Bescherelle, Larousse et les autres, venez vite libérer Libé !
Rédigé par : Nath | 02 mars 2013 à 01:24
La ministre de la Culture et de la Communication Aurélie Filippetti a installé aujourd'hui un comité chargé, face à "un constat très amer", de "suivre l'évolution de la place des femmes dans le champ culturel et médiatique".
Projet original parmi les pistes de réflexion évoquées par la ministre, la possibilité de calculer le nombre "de femmes assassinées chaque semaine à la télévision dans les scénarios" de fiction, car cela donne des "représentations parfois inquiétantes".….’(source Le Figaro)
S’indigner est le message que nous a laissé Stéphane Hessel. Outre qu’il est plus facile de s’indigner que de se révolter, il arrive parfois que l’on ne puisse s’indigner parce que l’on éclate de rire à en perdre la respiration !!
L’égalité portée à son sublime ridicule.
Molière, même le grand Molière n’aurait jamais osé pareille farce. Mais ils s’arrêteront où nos braves ministres, savent-ils qu’il y a le feu dans la Maison France ?
PS : On appelle brave dans le Sud, un débile léger.
Rédigé par : Tipaza | 01 mars 2013 à 23:07
@ Xavier Nebout
« un charlatan, ou plus simplement un charlot ».
A vrai dire, j’espérais mieux du flambeau de l’église militante, de l’incarnation de l’agapè dans cette portion de la blogosphère, de l’athleta Christi.
Il est donc dommage que vous ne fassiez pas davantage fructifier cette parabole en votre coeur : « Un créancier avait deux débiteurs ; l’un lui devait 500 pièces d’argent, l’autre 50. Comme ils n’avaient pas de quoi rembourser il fit grâce de leur dette à tous les deux. Lequel des deux l’aimera le plus ? ». Simon répondit : « Je pense que c’est celui auquel il a fait grâce de la plus grande dette ». Jésus lui dit : « Tu as bien jugé ».
Vous en conviendrez : vous êtes tenu par la loi divine de témoigner aux libres-penseurs et autres athées la douceur évangélique que méritent leurs péchés contre l’esprit… A la façon du bon abbé Gaultier face à Voltaire, vous devez supporter le chien qui retourne à son vomissement, même lorsqu’il s’appelle Hessel : qui sait si la grâce efficiente ne l'a pas poussé au repentir in articulo mortis ?
Ce faisant, vous acquerrez des mérites étendus, dans ce monde comme dans l’autre… De toute façon, je le crains, votre foi brûlante ne vous laisse pas le choix ! En échange, vous aurez droit à mon indulgence la plus rationaliste, la plus naturelle, la plus immanente – et qui plus est, celle d’un diplômé en droit canonique…
Rédigé par : Boris | 01 mars 2013 à 22:57
Après tout, pourquoi pas !
S'il s'agissait au Panthéon d'accorder au temps présent les bonnes mœurs établies, après la panthéonisation alors pour toujours..., je m'en souviens à moins que je ne me le rappelle, les "modernes" n'ont plus grande importance...
Je suis assez convaincu que Stéphane Hessel était un très singulier personnage, un du genre qui a su reconduire l'esprit moderne (1905/ 1930 en genèse), pour le siècle plus tard.
Il est vrai que ce ne fut que pour la mise en ligne de convictions..., n'empêche.
Ni Le Corbusier, ni Picasso n'ont été passibles du Panthéon.
Il faut dire que si Picasso apparaît dans les raccourcis-claviers de notre "post"-modernité dès tapé "pica", il faut taper "Le Corbusier" en entité pour valider son intime saisie !!!
Quant à Victor Hugo, suffit de 6 lettres..., et il revient !!!
Bon, je vais essayer avec le moine Maendel, un aussi du genre qui a loupé le panthéon, et voir comment taper sur le clavier le ramène, alors me faire une idée de, pour cette fois, votre jugement presque avancé quel que soit le procès!
Rédigé par : zenblabla | 01 mars 2013 à 21:35
"Dans le cas de chefs d'œuvre de ce type, je ne m'occupe aucunement du bord politique de l'auteur, sinon je n'aurais jamais lu une page de Louis-Ferdinand Céline, et c'est quand même quelque peu assez triste."
Rédigé par : Carl+Larmonier | 01 mars 2013 à 16:32
C'est vrai. Vous citiez "La horde sauvage" de Sam Peckinpah, ça ressemble à du Bardamu lors du final : "toutes ces viandes saignaient énormément"...
Rédigé par : Savonarole@Carl+Larmonier | 01 mars 2013 à 21:17
Rédigé par Monsieur oursivi@AP le 01 mars 2013 à 14:34
"...né déjà mort et nous adresser de ses choses si singulièrement à lui, déjà depuis l'autre rive."
Triste et jolie reflexion !
Rédigé par : Valerie | 01 mars 2013 à 20:47
Bonjour Monsieur Bilger
Il y a deux de mes écrivains préférés qui furent "canonisés" au Panthéon.
Victor Hugo mais surtout Emile Zola.
En fait je pourrais parler d'un de mes livres de chevet qui est L'Assommoir, qui au niveau de la lecture est tout sauf un assommoir, plutôt une caverne d'Ali Baba d'une langue constellée de délicieux termes d'argot qui retraçaient toute une époque d'un certain vieux Paris, une langue gouleyante de saveurs, onctueuse qui était le style zolien typiquement inimitable par excellence.
Rien que pour ce livre empli de mille et une saveurs, j'aurais il est vrai "canonisé" Emile Zola au Panthéon, même de son vivant, symboliquement, par anticipation.
Dans le cas de chefs d'œuvre de ce type, je ne m'occupe aucunement du bord politique de l'auteur, sinon je n'aurais jamais lu une page de Louis-Ferdinand Céline, et c'est quand même quelque peu assez triste.
Bonne soirée.
Rédigé par : Carl+Larmonier | 01 mars 2013 à 16:32