Ces derniers temps, les rapports de la politique avec la liberté d'expression ont été mis en évidence d'une manière qui peut apparaître futile, dérisoire mais, en réalité, passionnante, stimulante.
Paradoxalement, mon attention a été d'autant plus portée sur ce phénomène qu'Alain Finkielkraut, dans un entretien au Monde donné à l'occasion de ses vingt-cinq ans de cours à Polytechnique, a souligné d'une part que les ingénieurs de Palaiseau, auxquels il s'adressait, "n'avaient pas l'habitude de la parole et qu'il fallait les bousculer un peu" et d'autre part a précisé sa conception de l'enseignement.
Pour lui, enseigner, "c'est poser les questions qui méritent d'être formulées" et au fond "une chose très simple : la dissymétrie entre le maître et l'élève en fait un acte de transmission et non de communication. Vous apprenez quelque chose à quelqu'un. Mais, en cheminant avec vos élèves, vous apprenez vous-même".
Quel contraste est plus éclatant que celui existant entre le maître et les vulgarités, grossièretés de la vie civique et artistique au quotidien !
Carla Sarkozy a écrit une chanson, "Le Pingouin", dénonçant selon elle tous les comportements impolis et indélicats mais qui à l'évidence constitue une charge suave contre François Hollande qui n'aurait pas raccompagné le couple Sarkozy à sa voiture lors de son installation à l'Elysée. Cette attitude, d'ailleurs, a été mal comprise par beaucoup de citoyens même si, paraît-il, elle s'expliquerait par le fait que Nicolas Sarkozy avait fait délibérément de la présidence de la République "une terre brûlée".
Sur un autre plan, la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a condamné la France pour "ingérence" dans le droit à la liberté d'expression à propos de l'expression "Casse-toi pov'con".
Le 23 février 2008, le président Sarkozy, lors du Salon de l'agriculture, traite ainsi un agriculteur qui avait refusé de lui serrer la main.
Le 28 août 2008, à Laval, un militant altermondialiste, Hervé Eon, brandit une pancarte au passage du président, portant l'inscription "Casse-toi pov'con", pour manifester une opposition politique.
Hervé Eon a été condamné à 30 euros avec sursis pour offense au chef de l'Etat, sanction confirmée en appel avec un pourvoi en cassation rejeté et la CEDH saisie par Dominique Noguères, son avocate.
Le coeur de l'argumentation de la CEDH, pour donner tort à la France, tient au fait que "la critique formulée par M.Eon était de nature politique et ne constituait pas une attaque personnelle gratuite" et qu'il convient de "rappeler qu'un homme politique s'expose inévitablement et consciemment à un contrôle attentif de ses faits et gestes par les citoyens".
Si cette démarche intellectuelle ne peut qu'être approuvée et rejoint d'ailleurs ce que la CEDH n'a cessé de mettre en exergue - à savoir que la liberté d'expression doit être respectée d'abord pour les opinions dangereuses, déplaisantes et minoritaires -, je me demande tout de même si elle n'a pas pris un risque, peut-être calculé, en donnant ses lettres de noblesse démocratique à un propos grossier et en n'attachant aucune importance à la forme de la revendication politique, l'essentiel étant que le fond en relève.
Il me semble qu'il n'aurait pas été absurde d'amender la priorité démocratique privilégiée par la CEDH par la nécessité de ne pas la dispenser, pour être valablement retenue, d'un habillage verbal décent.
Ce qui est sûr, c'est le glissement quasiment inéluctable vers un monde où les maîtres laissent de plus en plus la place aux malappris.
@Carl+Larmonier
Rédigé par : Carl+Larmonier | 19 mars 2013 à 10:25
Ah bon, je vous croyais en couple.
Rédigé par : Savonarole | 21 mars 2013 à 19:39
Elle est la reprise du fameux "celui qui n'est pas avec moi est contre moi".
Ceci est votre pratique, Monsieur Thomas, et elle va plus loin. En ne répondant pas directement à votre interlocuteur, votre souveraine ignorance porte moins la contradiction d'une opinion qu'une forme de négation de qui l'exprime.
Rédigé par : MS | 19 mars 2013 à 18:58
Cher Philippe, je réclame toute votre indulgence et celle de vos lecteurs, pour ce hors-sujet qui n'est justifié que par une certaine analyse de texte singulièrement indigente parue dans ces commentaires.
Je reprendrai donc la phrase de Léon Bloy citée par François 1er qui représente à mes yeux une violence bien plus terrible que toutes les grossièretés du monde.
« Celui qui ne prie pas Dieu, prie le Diable. »
C'est une idée d'une grande bêtise, et qui plus est dangereuse, je vais essayer de le montrer.
Cette idée est bête parce que, destinée à convaincre les non pratiquants voire les incroyants, elle commence par affirmer ce qu'elle devrait démontrer, à savoir qu'il y a un Dieu et un Diable.
Il est clair que la menace d'un dieu bon ou méchant ne saurait faire grand peur à celui qui n'y croit pas, et qu'elle ne peut fonctionner que sur un croyant qui se fait à lui-même le reproche d'être tiède et négligent. Premier point.
Deuxième point, et on entrevoit là en quoi elle est dangereuse, ce qui fera l'objet de la seconde partie de ce trop long commentaire, cette phrase est idiote par son caractère manichéen, digne d'un mauvais élève de CM2.
Elle est la reprise du fameux "celui qui n'est pas avec moi est contre moi".
Comme si la nuance, le compromis, le juste milieu, qui signent les idées et les actes des personnes intelligentes, n'existaient plus, balayées par une pensée duale et primaire.
Les médias se sont focalisés sur le rôle trouble joué par l'archevêque de Buenos-Aires durant les années sombres de la dictature militaire ; le sujet est intéressant, certes, et si le soufflet ne retombe pas en quelques jours comme on peut le craindre, il serait pertinent qu'on creuse et qu'on nous en dise un peu plus.
Mais comme toujours, par paresse, par médiocrité intellectuelle, ou pire, par la préoccupation bassement commerciale de nous "vendre" du bon sentiment jusqu'à la nausée, aucun média de masse, comme les grandes chaînes généralistes de télévision ou les chaînes d'information en continu n'effleurent ce que je suis en train d'analyser ici, à savoir l'effarante brutalité des affirmations du nouveau pape.
Pourtant c'est là que réside à n'en pas douter la compréhension de la direction que cet homme veut faire prendre à l'Eglise catholique.
L'idée de Léon Bloy est dangereuse, l'histoire, hélas, le démontre plus qu'abondamment.
D'où viennent les massacres, les guerres civiles, les conflits régionaux et mondiaux ?
On répondra habituellement à cette question, que la cause en est des intérêts stratégiques, territoriaux ou économiques divergents qui ne peuvent être réglés que par la force.
Certes, mais de quoi habille-t-on ordinairement ces appétits brutaux sinon du voile pudique de la religion ou de la morale, ou des deux à la fois, c'est-à-dire de la lutte du Bien contre le Mal ?
L'histoire des violences et des guerres recouvre celle des intolérances et de la pensée manichéenne, religieuse le plus souvent, parfois pas.
On a froid dans le dos, dans cette période où les fanatismes religieux et politiques s'exacerbent, trouvant dans la crise économique mondiale et dans la misère un aliment inépuisable, d'entendre un haut responsable religieux prononcer ces mots qui sont des brandons jetés sur de l'essence :
« Celui qui ne prie pas Dieu, prie le Diable » !
Rédigé par : Frank THOMAS | 19 mars 2013 à 15:25
Bonjour Monsieur Bilger
Les maîtres de la bien-pensance ne sont plus dans le prisme de la conscience éveillée, ce sont devenus des malapprismes.
Rédigé par : Carl+Larmonier | 19 mars 2013 à 11:43
Une culture meurt quand l'âme a réalisé la somme entière des possibilités, sous forme de peuples, de langues, de doctrines religieuses, d'arts, d'Etats, de sciences, et qu'elle retourne à son état psychique - Oswald Spengler.
Peut-on encore parler de culture ou plutôt d'un culte certain et omnipotent de la déculturation. Les langues mortes finiront par réellement devenir langues mortes et bien dans les deux sens du terme. L'art contemporain est souvent content pour rien. Pour cultiver toujours un bon état psychique, je ne dirais pas Indignez-vous mais Cultivez-vous.
Carl Larmonier
Rédigé par : Carl+Larmonier | 19 mars 2013 à 10:25
Bonjour Monsieur Bilger
Comme disait Alain Finkielkraut, une fois, au détour d'une émission, sur un plateau télé, phrase qui m'a marqué :
"Si la culture meurt un jour nous ne pourrons nous en réjouir."
Eh bien si la liberté d'expression meurt un jour nous ne pourrons nous en réjouir de même. Sauf que.
Le profond problème c'est que face à la liberté d'expression, l'expression du peuple en général est mise à mal quand les médias ne retiennent que ce qui est matière à blaguer de tout, matière de blaguer sur rien et quand les mêmes médias nous parasitent en retenant le tout et le n'importe quoi dans les informations avant les principales.
C'est ainsi qu'en même temps que l'annonce du nouveau pape, une bimbo de téléréalité arrive à faire plus le buzz, en parlant de son shampooing jaune fluo et en mimant un portable invisible.
Rédigé par : Carl+Larmonier | 19 mars 2013 à 08:58
"Celui qui ne prie pas Dieu, prie le Diable".
Les médias, préoccupés par le sourire du pape jésuite ou par ses antécédents argentins dont on ne parlera plus dans une semaine, ont omis de souligner la stupidité et la violence dangereuse de cette phrase manichéenne.
Très étrange, Monsieur Thomas.
- par ses antécédents argentins dont on ne parlera plus dans une semaine
Que voulez-vous dire, que vrais témoins et fausse photo de l'époque ont dégonflé déjà la rumeur, ou est-ce une queue de comète de votre propension à salir sans savoir ?
- de souligner la stupidité
Pour la stupidité, de votre point de vue sans Dieu ni diable, je comprends.
- la violence dangereuse
Là, je saisis moins, ne vous imaginant pas - pour la raison sus-mentionnée - dangereusement violenté.
Quant aux âmes malheureusement souvent entre deux eaux, dont je suis, votre sollicitude à leur égard me surprendrait mais, rassurez-vous, Dieu s'en charge.
- cette phrase manichéenne
Ici le pompon. Dans l'ordre de l'absolu, il n'y a évidemment, sinon comme une crainte, aucune zone possible d'intersection.
Rédigé par : MS | 18 mars 2013 à 20:45
Hameau dans les nuages 17.08
C'est votre parabole LOL le texte que j'ai transmis n'est pas le mien, c'est l'original, celui de Mike Godwin, himself... LOL. Je n'ai donc rien à ajouter LOL
Rédigé par : Pietri S | 18 mars 2013 à 18:11
Pietri S
""Plus une discussion dure longtemps, plus la probabilité de trouver une comparaison impliquant les nazis et Hitler de rapproche de 1"
Celle que vous présentez, ou celle que vous avez lue, est une sorte de fake, une bien pâle copie LOL LOL""
C'est étonnant.
Je ne suis pas féru de mathématiques mais j'aurais pensé que la discussion perdurant et, in fine, se prolongeant par le bras et la main tendue par un inconnu x faisait que la discussion dérivait vers l'infini.
C'était ma parabole.
Rédigé par : hameau dans les nuages | 18 mars 2013 à 17:08
J'ai écouté JL Mélenchon dans "C Politique" sur la 5. Il a dit que le militant qui demandait où en était les réformes était un militant du Front de Gauche. Cela devait être évident, soit Front de Gauche, soit CGT.
Rédigé par : anne-marie marson | 18 mars 2013 à 14:02
Vous évoquez, cher Philippe, la fameuse séquence du Salon de l'agriculture et l'injure de Sarkozy à un paysan "qui avait refusé de lui serrer la main".
Votre argumentation aurait plus de poids et serait par conséquent plus convaincante si vous complétiez le dialogue en n'omettant pas de dire que, retirant sa main avec une moue de dégoût, le dit paysan avait d'abord lancé "ne me touche pas, tu vas me salir".
Cette précision est intéressante, me semble-t-il, même si elle n'excuse rien.
Les violences verbales ne sont pas toujours grossières, témoin la citation de Léon Bloy faite par le pape François 1er devant les cardinaux il y a trois jours:
"Celui qui ne prie pas Dieu, prie le Diable".
Les médias, préoccupés par le sourire du pape jésuite ou par ses antécédents argentins dont on ne parlera plus dans une semaine, ont omis de souligner la stupidité et la violence dangereuse de cette phrase manichéenne.
Rédigé par : Frank THOMAS | 18 mars 2013 à 12:26
Hameau dans les nuages 9.42
La loi Godwin, celle de son 'auteur' Mike Godwin apparue dans les années 90 sur le réseau internet est la suivante !
"Plus une discussion dure longtemps, plus la probabilité de trouver une comparaison impliquant les nazis et Hitler de rapproche de 1"
Celle que vous présentez, ou celle que vous avez lue, est une sorte de fake, une bien pâle copie LOL LOL
Rédigé par : Pietri S | 18 mars 2013 à 12:01
@xc
Je reprends les termes de la définition du "point Godwin" de votre lien :
"Pour que le point Godwin soit pertinent, il faut donc deux conditions cumulatives : une discussion n’ayant AUCUN rapport avec la période de la Seconde Guerre mondiale ET une discussion qui dure trop longtemps avec des esprits qui s’échauffent"
Je pense être dans les clous. Seule la durée de la discussion pourrait être contestable encore que ce point est très relatif dans la mesure où notre hôte est très prolixe en sujets de discussion.
Disons que j'ai une âme de pompier volontaire flairant instinctivement les départs de feu, volontaires eux aussi.
Et les avocats ne sont pas les derniers pour craquer une allumette d'une main, souffler sur les braises et tenir la fourchette à escargots de l'autre.
Rédigé par : hameau dans les nuages | 18 mars 2013 à 09:42
"La dissymétrie entre le maître et l'élève en fait un acte de transmission et non de communication. Vous apprenez quelque chose à quelqu'un. Mais, en cheminant avec vos élèves, vous apprenez vous-même". Quel contraste est plus éclatant que celui existant entre le maître et les vulgarités, grossièretés de la vie civique et artistique au quotidien !
Laissons la vulgarité de côté, Philippe, même si je sais que c'est dur pour vous. La meilleure façon de court-circuiter l'injure, il s'agit plutôt de ça, est de l'ignorer. A Laval, les accompagnateurs nombreux, surnuméraires de l'ancien président auraient pu feindre de ne pas voir cette pancarte. Non contents de boucler quasiment une ville lorsqu'ils se déplaçaient, fallait-il encore surveiller le contenu des slogans hargneux, l'absence de poésie des banderoles ? Quelle immodestie, la meilleure solution eût consisté à laisser oeuvrer les Renseignements généraux avec discrétion. Une posture meilleure encore face à la pancarte acide est de lui sourire mais peu de personnes sont capables d'une telle riposte doucereuse. Surtout pas un Sarko vindicatif ou carrément gueulard. Drôle de maître en vérité, un briseur de petit bois badigeonné en guise de rassembleur.
Je suis assez d'accord avec la décision de la CEDH, bien que la forme puisse également refléter la faiblesse du fond. La traduction qui a été faite de l'incident lavallois a peut-être été édulcorée au passage par l'interprète de service : Get out you prat... c'est OK ?
Rédigé par : scoubab00 | 18 mars 2013 à 09:36
Cher Philippe Bilger,
Un débat assez exemplaire a récemment opposé Patrick Cohen à Frédéric Taddéï dans l’émission « C à vous » ; exemplaire de mon point de vue en ce que l’un, Patrick Cohen, juge que certains personnages ne devraient pas être invités sur les plateaux de télévision pour y défendre des thèses considérées comme dangereuses (négationnisme, antisémitisme, complotisme…), tandis que Frédéric Taddéï y défend l’idée qu’il n’a pas à sélectionner ses invités sur un critère d’adhésion personnelle à leurs idées.
Plus fidèle à l’écoute du premier qu’à la vision du second, je penche néanmoins pour le point de vue de ce dernier. Il considère avant tout que l’essentiel dans de telles circonstances tient à la possibilité d’y être contredit, de l’existence du débat.
Le débat est très souvent de qualité sur « Ce soir (ou jamais !) » ; ce qui n’est pas le cas des « Grandes gueules ».
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/799145-clash-dans-c-a-vous-taddei-peut-il-inviter-tout-le-monde-dans-ce-soir-ou-jamais.html
Rédigé par : Christian C | 18 mars 2013 à 09:13
Boris | 17 mars 2013 à 21:38
«Sur le fond : à Polytechnique, à Centrale, à l'EHESS, à l'Ecole du patrimoine et dans un certain nombre d'autres niches écologiques, la liberté d'enseignement peut encore exister. »
Of corse, puisque dans certains domaines - certains seulement, fort heureusement - celui qui est en poste a déjà fait le vide idéologique autour de lui avant d'être 'éjecté(e) par le haut' vers ces prestigieuses institutions.
Rédigé par : Catherine JACOB@Boris | 18 mars 2013 à 08:59
Nous n'avions pas également entendu dire "qu'un bon nettoyage au Kärcher serait efficace" dans certains endroits ?
Et pas de condamnation à régler une somme quelconque dans les caisses de l'Etat à l'intention des plus démunis par exemple...
Rédigé par : calamity jane | 18 mars 2013 à 07:14
Une fois de plus notre Cour de Cass, repaire et cimetière des hauts grades et des traîtres tabellions dans ses ultimes arrêts (je pense à Burgaud), vieillotte, engluée et encrassée dans ses pauvres et vaines certitudes de l'intime conviction, ringarde intouchable élevée au paroxysme de religion... s'est fait toiser par les motivations du bon sens d'une pensée libre et d'abord humaine dans son évidente simplicité... ouf.
Au moins l'Europe sert à quelque chose de concret.
Rédigé par : L | 18 mars 2013 à 05:27
@Boris | 17 mars 2013 à 21:38
Vous dites que Carla Bruni, "c'est mieux" que Dorothée.
Eh bien, toute proportion gardée (ou toutes choses égales par ailleurs - je ne sais plus), je pense que ça n'a pas de sens de comparer les Beatles aux Rolling Stones.
Rédigé par : gigi oh gigiiiii | 18 mars 2013 à 00:29
On a les pingouins, les "casse-toi pôv con" et autres guitares à chanteuses (ou l'inverse) qu'on mérite. La société médiatique est destructrice. Elle avale tout et ce qu'il en ressort est cet immonde étron de vulgarité et de médiocrité généralisées. Aucun homme politique ou femme politique ne peut inverser la tendance, le titan a pris des proportions bien trop grandes.
On communique à grands coups de slogans vides de sens ("faut voir comme on nous parle"). Dans le film Le nom de la rose, le rire était un sacrilège puni de mort. Mais aujourd'hui on tue en formatant. Même l'humour est devenu un marché rentable dans le grand nombril planétaire.
On préfère employer le verbe communiquer, plutôt que parler de propagande. Cela permet à nos communicants de dormir l'esprit serein.
Rédigé par : Raphael38 | 17 mars 2013 à 22:55
Mutatis mutandis, Finkielkraut est à la philosophie ce que Bruni est à la guitare.
À l'X, le titre de Finkielkraut n'est pas "professeur de philosophie". Son rôle est très libre, c'est celui d'animer un cours d'humanités, et de poser quelques questions qui méritent de l'être. D'ailleurs, si on peut souvent contester ses réponses, il faut le saluer pour ce don d'amener les élèves au débat.
Son cours est très préparé, et comme pour les hommes politiques on remarque si on l'enregistre que certaines phrases reviennent mot pour mot.
Mais c'est aussi un talent d'amener un discours très construit au détour de discussions qui ont l'air spontanées.
Et d'ailleurs, pour débuter à la guitare, des cours particuliers avec Carla Bruni seraient probablement tout sauf désagréables.
Rédigé par : Alex paulista | 17 mars 2013 à 22:38
"Pour lui, enseigner, "c'est poser les questions qui méritent d'être formulées"".
Mutatis mutandis, Finkielkraut est à la philosophie ce que Bruni est à la guitare. Il y a pire, ça ne brise pas les tympans, c'est mieux que BHL ou Dorothée. Mais ça ne vaut pas non plus Bob Dylan ou Alain - je veux dire l'autre.
Sur le fond : à Polytechnique, à Centrale, à l'EHESS, à l'Ecole du patrimoine et dans un certain nombre d'autres niches écologiques, la liberté d'enseignement peut encore exister. Mais dans le cas le plus fréquent, celui des deux premiers degrés, les enseignants sont des fonctionnaires qui fonctionnent et posent seulement les questions qu'on leur demande de poser. De toute façon, l'apprenant n'a guère besoin d'aide : il construit ses connaissances à partir de ce qu’il sait déjà dans une dialectique qui s’établit entre les anciennes et les nouvelles connaissances (Vulgate pédagogique, chapitre I, verset 1). Que d'économies en perspective pour notre gouvernement !
Je laisse à des esprits plus qualifiés le soin de décider si c'est un bien ou un mal. Car ce n'est pas mon affaire. Deo gratias !
Rédigé par : Boris | 17 mars 2013 à 21:38
Boris dévoie la fonction politique par ses blagues parfois bouffonnes et Cameron est bien obligé de rire, sauf à capoter.
Hollande fait des blagues, pas mauvaises d'ailleurs et encaisse des propos bien plus meurtriers qu'une grossièreté, comme la dame qui a conseillé au président de ne pas se marier "parce que, Valérie, on l'aime pas". Ceci n'a rien de politique, puisque cette Valérie n'est rien, la citoyenne a commis une intrusion dans la vie privée du Président. Il est vrai que le refuge dans le "on" du désamour propulse Mme Trierweiler née Massonneau au rang de l'exécration populaire. Elle s'en moque sans doute.
Pour la différence entre communication et transmission, je me permets de recommander George Steiner, "Maître et disciples", c'est mon livre de chevet depuis vingt ans, et il reste un guide moral.
Rédigé par : JMT | 17 mars 2013 à 19:57
A l'attention de hameau dans les nuages, une information sur le "point Godwin".
http://www.maitre-eolas.fr/?q=godwin
Rédigé par : xc | 17 mars 2013 à 19:46
Lorsque François Hollande est venu à Dijon, une personne l’interpellant pour lui demander où sont ses promesses, s'est fait embarquer par des policiers en civil ; où est la liberté d'expression dans ce cas-là ?
Rédigé par : EG | 17 mars 2013 à 18:56