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02 mai 2013

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Voici les sites qui parlent de Derrick, l'idole des vieux, a-t-il été un salaud ? :

Commentaires

Trekker

@ Boris

Je suis du même avis que vous au sujet du putsch de 1961, il est heureux que celui-ci ait échoué. Avec Susini et autres individus du même genre, on imagine facilement sa suite s'il avait réussi. Ils en auraient très vite pris le contrôle, les militaires comme Hélie de Saint-Marc et même Challe auraient été rapidement marginalisés.

Même si Jean Lartéguy a toujours dit que le personnage de Boisfeuras était de pure fiction, il est manifeste que c'est une version romanesque de Aussaresses. Quoique ce dernier soit une personnalité plus complexe que celle ressortant de ses écrits et interviews.

A ceux qui disent et pensent que la pratique de la torture était inéluctable lors de la "bataille d'Alger", je rappelle deux faits :

Le colonel Godart (qui ultérieurement basculera dans l'OAS) alors adjoint de Massu y était fermement opposé, et dès qu'il le put fera muter Aussaresses en métropole et dissoudra ses équipes. Le capitaine Léger obtint bien plus de résultats contre le FLN, en recourant à l'infiltration et la manipulation : un des fondamentaux du combat contre le terrorisme. Certes on peut reprocher à Léger d'avoir déclenché par ricochet une mécanique effroyable, mais qui, même lui, pouvait prévoir qu'Amirouche était un paranoïaque sanguinaire ?

Xavier NEBOUT

Boris,

"Il est cependant préférable que le putsch des généraux ait échoué."
Comment résister au plaisir de cette digression.

Il bien difficile de deviner ce qui se serait passé en France. Par contre, en Algérie, nous nous serions tournés vers une indépendance autrement plus réfléchie car ça été un fiasco total et une honte tous azimuts.
Il ne s'agit pas tant de pleurer sur le sort des pieds noirs et petits fonctionnaires qui se prenaient pour la race des seigneurs avec une bonne à leurs pieds, mais des algériens eux-mêmes à commencer par le massacre des harkis, la mafia communiste, le GIA, etc.

Bref, juste quelques centaines de milliers de morts en moins, et dans des conditions atroces, alors que nous étions sur le point d'aboutir à une Algérie heureuse avant l'arrivée du dindon (le sobriquet attribué à de Gaulle dans l’entourage du Maréchal).

Boris

@ Trekker

Juste un mot concernant Hélie de Saint-Marc, dont j'ai lu ses mémoires, publiées en 1996 : "J'ai préféré le crime de l'illégalité au crime de l'inhumanité. Avec le recul, je ne renie pas ce choix douloureux".
Les motifs sont estimables. Il est cependant préférable que le Putsch des généraux ait échoué. Susini y était, entre autres, et je n'ose imaginer ce qu'il aurait pu en faire en quelques semaines.

Je ne parlerais pas d'Aussaresses, ce cher Nebout me reprocherait de trancher d'une tragédie dans un fauteuil. Quand même, pour ceux qui connaissent leur Lartéguy, le personnage me semble avoir les mauvais côtés de Boisfeuras sans les bons...

Trekker

Xavier Nebout
"C’est plus facile de jouer les imbéciles en m’attribuant une apologie de la division Charlemagne..."

Désolé non seulement j'ai approuvé vos propos sur la "Charlemagne", mais été bien plus "apologiste" que vous à son sujet. Même si je suis bien loin de partager le choix politique qu'ont fait ces Français en s'engageant dans cette division Waffen-SS, il me semblait honnête de reconnaître leur héroïsme et non participation à des crimes de guerre pendant la période où ils ont servi en son sein.

Quant au manichéisme, il me semble que vous n'en êtes pas exempt. Car citer comme seul cas où des Français ont fusillé d'autres Français pendant la guerre les douze de la "Charlemagne" est plus que réducteur et partisan. Sur ce point je vous renvoie à ce que j'ai écrit sur les exécutions, plus exactement assassinats et atrocités, commises par la Milice et auxiliaires Français de la Gestapo.

Quant à la guerre d'Algérie, il est évident que Denoix de Saint-Marc et Aussaresses n'ont eu guère de liberté de choix. Le premier lors du putsch, outre le contexte du moment et ce à quoi il avait assisté en Indochine, fut avant tout abusé par un général qu'il admirait et avait toute confiance. Quant au second enfermé dans une conception rigide du devoir, il fut instrumentalisé par des généraux et politiques qui eux se sont bien gardés d'assumer publiquement les ordres qu'ils avaient donnés... oralement bien évidemment.

Nath

Trekker,

Merci pour votre réponse bien documentée (comme toujours) et qui résume ce que je voulais dire : tout simplement que le terme « Malgré Nous » était, hélas, bien justifié. Empathie et compassion étaient sous-entendues dans mon commentaire.

"Administrations encadrées et noyautées par des fonctionnaires allemands choisis pour leur loyauté aux Nazis. Cela était encore plus prégnant pour la gendarmerie, la police et la justice" (votre citation)
A ce propos, un documentaire, passé récemment sur France Télévisions, relate comment l’Université de Strasbourg, en 1941, fut le théâtre d’expériences "médicales". Voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Reichsuniversit%C3%A4t_Stra%C3%9Fburg
Un certain médecin nazi, August Hirt, y exerça, comme tant d’autres
http://fr.wikipedia.org/wiki/Reichsuniversit%C3%A4t_Stra%C3%9Fburg

On y lit, entre autre : « Dans le cadre de ses études raciales, le professeur Hirt conçoit le projet d’une collection de squelettes juifs et c'est pour cette raison qu'il présente son plan de recherches à Himmler. Ce dernier approuve ce projet et Hirt peut commencer ses "expériences médicales".

Trekker

Nath
"Le cas des « Malgré-nous » est, bien sûr, à étudier avec prudence et bienveillance"

Leur drame est bien connu. Il a déjà fait l'objet de nombreuses recherches historiques qui hélas hors Alsace-Lorraine, n'ont guère suscité l'intérêt du grand public. Les Malgré-nous ce n'est pas de la prudence ou de la bienveillance que nous devons avoir à leur égard, mais beaucoup d'empathie et de compassion. Pendant les décennies de l'après-guerre, leur drame fut en grande partie minoré et occulté dans le reste de la France.

Même pire, un certain parti politique fort influent n'eut de cesse et fort habilement, de faire planer une forte suspicion sur eux : ils avaient obéi servilement aux ordres de mobilisation, n'avaient pas déserté en masse pour rejoindre l'Armée rouge, etc. Cela afin de justifier implicitement le sort ignominieux que l'URSS du "petit père des peuples" réserva à ceux prisonniers : en majorité incarcérés dans des camps, tel le sinistre Tambow jusqu'en 1953 et ceux récalcitrants envoyés au Goulag. Parmi les survivants de ces derniers, certains ne purent regagner la France que courant des années 80 !...

Ce que souvent on veut oublier ou surtout ne pas savoir, ce sont les conditions régnant en Alsace-Lorraine suite à son annexion par le III° Reich :

Frontière la séparant du reste de la France, et très difficilement franchissable car bien plus étanche que la ligne de démarcation.

Administrations encadrées et noyautées par des fonctionnaires allemands choisis pour leur loyauté aux Nazis. Cela était encore plus prégnant pour la gendarmerie, la police et la justice.

En cas d'insoumission ou désertion, les familles des conscrits faisaient systématiquement l'objet de représailles. Quant aux recrues qui avaient tenté de se soustraire, c'était soit l'envoi dans des unités disciplinaires (Waffen-SS à partir de fin 1943) ou au camp de concentration du Struthof.

Lors des premières mobilisations des manifestations de conscrits eurent lieu, elles furent réprimés impitoyablement par l'occupant : déportation au Struthof des manifestants, de certains parents et des ex-élus qui avaient participé ou laissé faire ces manifestations.

Reprocher aux Alsaciens-Lorrains leur peu d'actions de résistance armées relève de l'anachronisme. L'attitude des services spéciaux britanniques démontre bien cela, jusqu'au printemps 1944 seul le Mi 6 est présent aux travers de réseaux uniquement dédiés au renseignement. Ce n'est qu'à partir de l'été 1944 que le SOE implante réellement des missions de sabotages et encadrement de résistants... Cela bien que le SOE chaque fois que c'était possible ou pas trop aléatoire, n'hésitât pas à parachuter ses équipes actions.

Xavier NEBOUT

Boris, Trekker,

C’est plus facile de jouer les imbéciles en m’attribuant une apologie de la division Charlemagne, que de quitter le confortable manichéisme permettant de ne rien comprendre de ce qui pourrait être politiquement incorrect.

Certains ont été tentés par les défilés allemands, d'autres par l'appel de de Gaulle, et d'autres par la milice.
Les uns et les autres s'y sont engagés en y voyant leur sens du devoir selon l'éducation qu'ils avaient reçue et les circonstances.
Ensuite les uns ont eu le beau rôle, d'autres pas. Le beau boulot et le sale boulot.
En Algérie, il y a eu Denoix de Saint-Marc, et Aussaresses. Ont-ils vraiment choisi ?


Nath

Lu dans Wikipédia:
"...à la Bataille de Berlin, la défense du centre-ville est confiée au Gruppenführer Wilhelm Mohnke, des éléments de la division Nordland, des SS français et lettons font partie du dernier carré des défenseurs..."
(Article sur la Waffen-SS)

Nath

Certains semblent regretter cette belle époque du Marais sale ou Maréchal. D'autres relativisent ou semblent "excuser"... :
« Qui n’aurait pas fait de même », etc. Or, les historiens, les simples français ou étrangers, les "Batignoles", les "Justes", les rescapés de ce cauchemar donnent d'autres versions.
Le comble de l’ironie, c’est que la France a bel et bien connu, en son sein, ses "collabos"… ses « Charlemagne », ses LVF, et autres super héros. Le cas des « Malgré-nous » est, bien sûr, à étudier avec prudence et bienveillance, je crois.
Derrick a peut-être été Waffen-SS ou Totenkopf ou simple Wehrmacht, on ne sait plus. Il est vrai qu’on ne devait pas demander leur avis aux « mobilisables » des deux côtés. Mais le bourrage de crâne de l’appareil nazi a bien rempli son rôle chez la majorité des Allemands... à l’exception des Allemands antinazis, envoyés dans les camps les années suivant l’accession d’Hitler au pouvoir, et même et surtout au sein même de l’appareil militaire. Voir l’Amiral Canaris, le complot de Von Stauffenberg, de ses amis et d’autres militaires allemands.
Ceci dit, comment en vouloir à ce brave Derrick qui n’a apparemment pas de sang sur les mains… D’ailleurs, dans la série éponyme, il n’est jamais armé (hi hi !). Mais ne sourit aussi jamais. Alors… laissons-le dormir en paix.

Simon

Une petite chose m'interpelle.

L'acteur principal a dissimulé une partie de son passé militaire et lorsque ce passé est découvert, c'est le scandale et la série est retirée des programmes un peu partout.

Que le scénariste de cette même série (Herbet Reinecker) aie été correspondant de guerre SS et soit l'auteur d'articles vantant par exemple Michael Wittmann et ait été publié dans le magazine de la SS (Der Schwarze Korps), ce fait étant connu depuis longtemps, n'a jamais gêné personne.

Il y a là deux poids, deux mesures.

Va-t-on aussi interdire la diffusion des films avec Hardy Krüger (incorporé dans la division Nibelungen à l'âge de 17 ans) et en cherchant un peu, on en trouverait certainement d'autres.

De plus je me demande vraiment quel est l'intérêt de déterrer ainsi le passé d'un mort, surtout en révélant aussi peu d'informations.

Trekker

@ Xavier Nebout

Exact, la LVF et la division Charlemagne (en réalité elle n'a jamais dépassé en effectif la taille d'une brigade allemande) ne se sont battues que contre les Soviétiques : Armée rouge, partisans en URSS, et unités composées d'hommes provenant de pays limitrophes et rattachées à l'Armée rouge.

Mais pour autant la LVF * ne fut pas qu'une unité se battant "à la loyale" contre une autre armée. Cela ne s'est produit que dans ses premiers mois d'existence, lorsqu'elle fut affectée au front de Moscou. Mais alors le commandement allemand constatant la médiocrité de sa valeur militaire la retira du front et l'affecta sur l'arrière à la lutte contre les partisans. Là elle pratiqua les méthodes usuelles de l'armée allemande (Waffen-SS et Wehrmacht) dans ce type de combat : exécutions sommaires, représailles sanglantes contre les civils et pillages.

* La vision mythifiée qu'en donne Saint Loup dans "Les Volontaires" est assez éloignée de la réalité.

La 33ème division Waffen-SS dite "Charlemagne" a été formée en juillet 1944 par agrégation de l'ex-LVF, rescapée de la Brigade SS française, ex-miliciens ayant fui la France et autres Français venant de la Kriegsmarine. Contrairement à la LVF elle n'a toujours combattu que des unités régulières de l'Armée rouge et n'a pas été mêlée à des opérations de répression. En toute honnêteté il faut reconnaître que contrairement à la LVF, la "Charlemagne" s'est battue avec un grand courage et dans des conditions désespérées : combats pour protéger l'évacuation des civils de Poméranie, dernier carré des défenseurs de Berlin.

Désolé mais vous omettez de préciser que des Français en ayant fusillé d'autres pendant la guerre, cela ne se limite pas qu'aux douze de la "Charlemagne". Il faut aussi prendre en compte tous les Français fusillés et exécutés sommairement par les miliciens de Darnan, les auxiliaires français de la Gestapo (bande à Bonny et Lafont, "Brigade nord-africaine"), et les exécutions sommaires pratiquées par certains groupements GMR (unités de répression constituées dès début 1941 par le gouvernement de Vichy).

Quant à la douzaine de prisonniers de la "Charlemagne" fusillés sur ordre de Leclerc à la fin de la guerre, dont certains veulent faire un crime de guerre, il convient de bien replacer dans son contexte ces exécutions : toute armée en campagne a toujours fusillé ses nationaux qui servent sous l'uniforme de l'ennemi, la seule erreur ou faute de Leclerc est de ne pas avoir déféré ces prisonniers devant un conseil de guerre mais ce dernier dans le contexte de l'époque les aurait immédiatement condamnés à mort et fait exécuter de suite. Certes en 2013 cela peut paraître horrible, mais hélas dans une guerre de haute intensité les règles de la justice en temps de paix ne sont pas de mise et d'ailleurs inapplicables : se rappeler seulement les ~500 soldats français fusillés pendant 14-18.

A ces considérations " juridiques", il faut également ajouter d'autres faits. A toutes les unités de l'Armée française combattant sur le front de l'Est, l'état-major français avait diffusé une consigne non écrite : "Fusillez sur-le-champ tout Français appartenant à la "Charlemagne" et à la Milice *. Dans la semaine précédant son ordre d'exécution le général Leclerc et ses principaux adjoints avaient visité le camp de Dachau qui venait juste d'être libéré. La découverte in situ de ce que pouvait donner la barbarie nazie ne les inclinait pas à trouver des circonstances atténuantes à ceux qui en avaient seulement été les complices. Peu après cette visite, interrogés par Leclerc en personne, aucun de ces ex-SS n'eut la moindre parole de regret sur leur engagement et le nazisme. Lors de la "campagne de France" (juillet 44 à février 45) le général Leclerc, ses officiers, sous-officiers et hommes de troupe avaient découvert les crimes et exactions de la Milice en France, dont une partie de cette dernière avait juste après rejoint la "Charlemagne".

* Lisez entre autre "La Guerre nue" de Jean Lartéguy.

Boris

@ Xavier Nebout

Je suis un érudit stérile, c’est une affaire entendue. Un dernier mot toutefois, en réaction à votre appréciation esthétique : "Il faut savoir ce que c’était pour les Français, de voir passer une troupe de soldats allemands au début de l’occupation, lorsqu'ils cherchaient à les séduire".

Je tenais simplement à vous rapporter ce qu’un élève-officier de dix-neuf ans écrivait en juillet 1940, en songeant aux défilés que vous placez si haut : « Jours atroces. L’Allemand foule en maître le sol de la France. Le cœur se serre. L’imagination se perd dans de noirs abîmes »… Et en décembre 42, après un court séjour à Saint-Cyr : « Nous sommes sur la pente. L’Allemagne peut exiger chaque jour davantage. Rien n’est sûr par ici. Partir ! »

Il se trouve que le jeune homme en question n’est pas parti pour le front de l’Est, mais qu’il a intégré le réseau de Résistance du lieutenant de Montagon, avant de s’engager dans les FFL du général de Gaulle. C’est l’arrière-arrière-arrière-petit-fils du général vendéen représenté dans votre bureau.

Amfortas

Nous avons, en Allemagne, des pudeurs différentes, pas meilleures, mais, dans les conversations privées, les gens abordent la question des anciens nazis sous un autre angle : à un bout, Fürtwangler et son plaidoyer pour le maintien de l'art, quoi qu'il arrive, à l'autre bout, le silence, i.e. le mensonge, et cela, on ne le pardonne pas. La dénazification a joué à plein, avec des sanctions, mais loin de la saleté d'épuration que vous avez connue. Le risque étant minime, la punition juste, et la clémence acquise aux jeunes, ne pas reconnaître ou dissimuler est LA faute. J'ai dîné, voici quelques années, avec un ancien sous-marinier, très abîmé au visage, qui avait été tenté par l'entrée dans la SS et qui n'avait dû d'intégrer la Kriegsmarine qu'à l'influence de son père, lucide. Il mesurait alors l'immense espace entre les hommes de la guerre et la guerre elle-même, jusqu'à se demander s'il s'agissait des mêmes protagonistes.
Celui qui n'a jamais côtoyé ses camarades dans une action de guerre, pas une opération, la guerre, ne peut pas savoir ce qu'est l'entraînement collectif.

Xavier NEBOUT

Boris,

Darnand n'était pas le Maréchal.

Pour les tenues, j'ai dit "style" par opposition à notre accoutrement de la guerre de 14.

Pour les chants, c'est si vrai que le chant du 2ème REP est celui de la division Charlemagne.

Pour le reste, comme à votre habitude, vous tentez de construire une démonstration avec des exceptions tirées d'une érudition stérile.

Enfin, sur les atrocités de la guerre. Ceux qui font une cérémonie pour chaque mort au Mali, et ceux qui ont vécu la Première Guerre mondiale ou la campagne de Russie pendant la Seconde - souvent les deux pour les officiers et sous-officiers - ne sont pas nés sur la même planète.
Lorsqu'on a vu la plupart de ses copains morts dans les tranchées ou sur le front russe - souvent des suites du gel du sexe ou de l'anus le temps d'une défécation -, hurler de douleur pendant des heures et des jours en appelant leur maman, on a pas la même vision de la mort.

Aussi, le culte de l'anachronisme à la mode de l'intello de gauche ne sert qu'à cultiver la haine de tout ce qui a fait les "valeurs" de nos pères, et ils sont en cela les jouets du diable (celui qui divise).

Boris

@ Trekker

Merci pour ces infos précises sur la question !

@ Xavier Nebout

Allez ! Un chouïa d'exégèse, si vous permettez... Un peu long, mais vous l'êtes aussi.

"Collaboration que n'a d'ailleurs pas encouragée le Maréchal".

Moi je veux bien, mais Darnand n'était pas de cet avis, dans sa fameuse lettre d'août 44. "J'entre aujourd'hui dans la voie de la collaboration" et la LVF qui détient "une part de notre honneur militaire", ça vous dit quelque chose ?

"Les seuls français à avoir fusillé d'autres français dans le cadre de la guerre, sont à ma connaissance..."

Sans commentaire. Pas la peine de vous parler des cours martiales de la Milice, je pense.

"J’ai connu l’un des rescapés de la division Charlemagne"

Certes. Mais avez-vous connu ceux qui ont échappé aux rescapés de la LVF ? Disons en 42 dans le secteur de Briansk…

« Il faut savoir ce que c’était pour les Français, de voir passer une troupe de soldats allemands au début de l’occupation, lorsqu'ils cherchaient à les séduire »

Ja, immer sehr korrekt, faites confiance au soldat allemand : pour le coup, on connaît la chanson !

« Tous grands, minces, blonds pour la plupart »

Vos penchants secrets ne regardent que vous.

« Un équipement style paras de Bigeard »

Les casquettes du cirque Bigeard venaient des surplus de l’Afrika Korps, pas des divisions du front de l’ouest. Révisez vos classiques ! Et ne confondez pas l’effet et la cause.

« Des chants fabuleux »

Mais bien sûr ! « Kam’raden, die Rotfront und Reaktion erschossen, Marschier’n im Geist » : je vous rassure, la réaction est totalement innocente. Demandez à Thyssen et à quelques autres. Les militants du SPD par contre, ne trouvaient pas la chose si fabuleuse. Lisez Seul dans Berlin, de Fallada.

« Là, je vous parle d’un jeune français en mal d’aventure qui ne songeait pas à la politique »

Mouais. Et le chant des cohortes, c’était apolitique ? Et Henri Fenet, il était neutre ?

« Sortis vaincus, humiliés et ruinés de la grande guerre avec le sentiment d’avoir été trahis »

Je veux bien, vous parlerez de ces innocentes victimes aux Wallons… aux Dinantais, par exemple. Ils s’en souviennent encore.

« avec des manifestations faites à la perfection pour soulever un enthousiasme patriotique remontant à des origines fabuleuses »

Le Tibet, je suppose ? Ou la Terre creuse ?

« Qui imagine aujourd’hui l’enthousiasme qu’a pu soulever le nazisme »

Ian Kershaw, qui l’a analysé. Et c’est effectivement très difficile à comprendre.

« Combien même beaucoup de français en ont-ils été admiratifs ? »

Pas beaucoup, figurez-vous. Même pas un Camelot du Roi comme Pierre de Bénouville.

« Churchill lui-même l’était ouvertement »

Vos sources ? Pour Mussolini, je veux bien. Pour Hitler, beaucoup, beaucoup moins. J’imagine qu’on peut relever une ou deux ambiguïtés vers 1930.

« Les ex-soixante-huitards qui se sont fait des « CRS SS » en cassant des vitrines et en brûlant les voitures de pauvres gens ? »

Je suis né après 68 ! Ich bin unschuldig ! Nicht schießen, bitte !

Bon, j’arrête : comme disait l’autre, certains ont des oreilles et n’entendent pas…

Carl+Larmonier@Xavier NEBOUT

Juste avant de me coucher (car je dois me lever aux aurores), j'ai trouvé subrepticement ce petit lien que je glisse ici en passant.

http://www.slate.fr/story/71855/horst-tappert-ss-waffen-ss

Xavier NEBOUT

Benjamin, Carl

A quelques exceptions près, la LVF et la division Charlemagne ne se sont battues que contre les Russes.
Ceci dit, il ne s'agit pas de faire l'apologie de la collaboration militaire avec les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale, collaboration que n'a d'ailleurs pas encouragée le Maréchal, mais d'expliquer comment des jeunes français et à plus forte raison allemands ont pu être exaltés par le triomphe de l'Allemagne en n'y voyant que gloire et aventure.

Les seuls français à avoir fusillé d'autres français dans le cadre de la guerre, sont à ma connaissance ceux qui, sous les ordres de Leclerc, ont honteusement fusillé des prisonniers rescapés de la division Charlemagne en Bavière.

Phil37

Comme il est risible de jouer à Super Résistant, soixante-dix ans après les faits, bien au chaud, bien nourri, bien soigné, derrière son petit écran.
Fort heureusement soixante-dix ans après, l'Histoire commence son œuvre, et loin d'un manichéisme méchants contre gentils, les faits nous montrent une période même pas grise, mais noire de tous côtés.
Derrick fut-il coupable de crime de guerre ou servit-il dans l'honneur et la fidélité sa patrie ?
S'il eut été Américain à bord de bombardiers qui tuèrent délibérément des civils, des femmes et des enfants français, aurait-il été viré de la même manière de France 3 ?

Alex paulista

95 % d’entre vous seraient nazis, et avec le panache en moins
Rédigé par : Xavier NEBOUT | 03 mai 2013 à 14:40

Vous savez, le panache des nazis, de ce qu'on m'a raconté, était tout relatif.
Quand ils alignaient les passants "suspects" pour qu'ils montrent leur sexe à la recherche de membres circoncis, ils ne brillaient pas par la classe ni le courage. Un jour ils ont couru après mon oncle qui, à cinq ans, imitait l'allemand en vociférant des proverbes catalans avec un accent guttural. Ils voulaient lui tirer dessus.

Et ceux-là n'étaient pas des SS. Juste des imbéciles amateurs de mauvais vin rempli de saccharine.

Il y a prescription. Mais pas de quoi évoquer un panache exceptionnel quand on parle de lâches qui ont persécuté des millions de civils.

Trekker

@ Boris

Entre 40 et 43, puis 43 et 44, les critères d'engagements dans la Waffen certes varient. Mais cela concernait avant tout les ressortissants des régions-pays annexés (Alsace-Lorraine, Luxembourg, etc.) par le III° Reich et considérés comme Aryens, ainsi que ceux des pays conquis et peuplés de non Aryens (Ukraine, Bosnie, etc.). Dans les premiers et dès courant 43, les engagés volontaires étant peu nombreux et les pertes à combler conséquentes, la grande majorité des nouveaux l'étaient par mesure disciplinaire : a minima 90 % des Alsaciens-Lorrains et Luxembourgeois qui servent dans la "Das Reich" en 1944.

A contrario dans les pays conquis et dont les populations étaient considérées comme non aryennes (Ukraine, Bosnie, etc.), il n'y eut pas ou alors très marginalement des affectés d'office dans la Waffen-SS. Compte tenu de leur non "aryennité", ces populations n'étaient pas mobilisables au sein de l'armée allemande. Seul les volontaires étaient acceptés et avant tout dans la Waffen-SS, et en majorité affectés dans des divisions ou brigades à caractère ethnico-national. Cas type : les Français de la LVF puis milice qui intégrèrent la division Charlemagne, et qui durent individuellement et sur la base du volontariat prêter serment à la Waffen-SS.

En Allemagne ainsi qu'en Autriche, et jusqu'à la capitulation du III° Reich, la Waffen-SS et ses satellites (corps des gardiens des camps de concentration et extermination) ne recruta que des volontaires. La Wehrmacht ayant ses propres unités disciplinaires pour ses "mauvais" soldats. Mais ce volontariat et surtout au niveau hommes de troupe est à relativiser, il avait bien souvent un caractère plus formel que relevant d'un réel libre arbitre : embrigadement et conditionnement idéologique des jeunes dès l'âge de dix ans.

Pour ce qui est de la division Waffen SS "Totenkopf", il n'y eut pas que Eckert qui s'illustra à sa tête. On omet souvent de parler de Priess et Simon qui lui succédèrent, et firent commettre les mêmes atrocités sur le front de l'Est. Quant à Lammerding il ne la commanda que trois semaines, mais il donna toute la mesure de son talent criminel quand après il commanda la "Das Reich". Cette dernière, avant son repli en France début 1994 où elle commit les massacres de Tulle et Oradour, avait fait bien pire sur les arrières du front de l'Est. Dans ses missions de lutte contre les partisans, elle avait pour le moins égalé en atrocités la "Totenkopf".

Vous faites bien de rappeler le cas de Kurt Waldheim, car crimes de guerres et autres atrocités à l'encontre des populations civiles ne furent pas l'apanage de la seule Waffen-SS. Des unités de la Wehrmacht firent "aussi bien" que cette dernière, notamment en Yougoslavie, Grèce et sur le front de l'Est. Après guerre en Allemagne, les officiers de la Wehrmacht qui avaient eu les mêmes pratiques que leurs collègues de la Waffen-SS n'eurent aucun scrupule à charger ces derniers de tous les crimes et atrocités. Ce qui leur permit de se "blanchir" et de tenter d'accréditer la thèse d'une Wehrmacht quasi toujours respectueuse des conventions de Genève et du code d'honneur des junkers. Exemple : Model quand il évacue en 1943 la poche de Rjev, se comporte tel un Eicke ou Lammerding.

zenblabla

Arghh !
Ce qui m'a toujours rendu perplexe en regardant Derrick, c'est que l'inspecteur attache dans tous les cas sa ceinture avant d'engager une course poursuite effrénée derrière un bandit au volant, et tout ça quelles que soient les voitures...
Faut auditer !

De mon côté, mes parents étaient communistes, bien que cela fût surtout à cause de la guerre d'Algérie... and so on.

Je ne pense pas savoir encore leur en tenir rigueur, même si la situation semble écrasante par l'Histoire lue actuellement observant les éléments du passé mais..., est-ce le dire qui entraîne que n'étant pas communiste, je ne suis pas non plus artiste du petit écran ?

En tout cas, chacun se battant en suivant l'évidence d'une lecture bizarre de l'explication de Darwin qui dirait le milieu sans nature criminogène considérable dans lequel s'exerce une juste compétition, alors le jugement ne pourrait se dire qu'envers les espèces et individus plongés dans ce milieu...?

Parfois, la poussée est verticale !!!
Bien sûr, tout cela est fort subjectif.

Carl+Larmonier@Xavier NEBOUT

@Xavier NEBOUT
La vache, nom d'une pipe en bois comme dirait l'inspecteur Maigret. Je trouve que vous avez une drôle de conception du politiquement correct. Je pense que je n'aurais pas aimé vous rencontrer dans une vie antérieure du temps de la seconde guerre ; face à vous j'aurais été sûrement du mauvais côté de la barrière.
Ceci dit, je ne critique absolument pas, on est en démocratie. Moi j'ai bien été traité d'homophobe à toutes les sauces dernièrement. Comme vous dites, c'est le politiquement correct qui nous cerne.
Par contre quand je pense qu'un certain Diogène qui sortait de je ne sais quel tonneau me prenait pour le sosie de Jean-Marie Le Pen quand j'avais eu le grand et fatal malheur de faire quelques blagounettes autour de la garde des Sceaux, je serais bien heureux qu'il soit dans le coin pour faire une étude comparative.
Bonne soirée.

benjamin borghésio

@ Xavier Nebout

Dois-je demander pardon au nom de mon père, Alsacien évadé à 16 ans (sa province était annexée), engagé dans les FFL en trichant sur son âge après un périple incroyable qui le mena à Barcelone, qui pourtant vit lui aussi de beaux Allemands défiler à Strasbourg et n'en fut pas émerveillé pour ça ?
Votre "Charlemagne" l'aurait fusillé voire plus probablement pendu en cas de mauvaise rencontre. J'ai du mal à éprouver de la considération pour lui...

marcfaguer@hotmail.fr

De ma villégiature tunisienne, je reste attaché à votre blog ! Derrick est un bon acteur et je continuerai à voir ses vidéos (malgré la faute de ses 19 ans) ! Je n'ai pas de sympathie, pour les barbares du troisième Reich... Que penser aujourd'hui de cette minorité de juifs qui endossa l'uniforme à tête de mort ?

Carl+Larmonier

Le gros problème c'est que c'est un vaste débat, car, au même moment où je visionnais au cinéma le film sur Hannah Arendt de Margarethe Von Trotta, qui démontre que par ses prises de positions et son concept de la banalisation du mal, celle-ci avait causé un gros chambard (elle avait perdu tous ses amis les uns après les autres à la suite de cette affaire), je parcourais un livre assez récent d'un historien spécialiste de l'Allemagne, Edouard Husson, et en particulier spécialiste de ces périodes sombres et troubles qui a clairement des avis contraires - pour lui c'est plutôt tous coupables.
Enfin on pourra lire dix mille essais sur la question, le problème est que nous n'y étions pas.
Moi je couperais la poire en deux en disant que la plupart savaient tout à fait ce qu'ils faisaient mais qu'ils ne pouvaient pas faire autrement que le faire car il y avait un couperet au-dessus de la tête pour les réticents.
Difficile de départager, par la suite, les réticents possibles des fanatiques convertis pour les historiens, je trouve.

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