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15 octobre 2013

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Voici les sites qui parlent de La vie d'Adèle : un long fleuve trouble :

Commentaires

oursivi@Savo

"Quelles dames de ce blog se seraient retournées dans la rue sur un Al Pacino ou un Dustin Hoffman et encore moins sur l'accablant Yvan Attal, avant qu'ils ne deviennent des stars ?"
Rédigé par : Savonarole | 20 octobre 2013 à 19:57

Il a bien fallu que quelques se retournent sur eux pour qu'ils le deviennent, quoique Attal ne soit pas plus star que vous et moi, au moins moi. Vous, on sait jamais.

De Descrières, vous oubliez de mentionner le meilleur film qui l'embarqua - ai réussi à la placer celle-là, et sans ballon ni Evra* - un Stanley Donen assez peu connu, où celui-là l'imagina comme potentiel amant d'Audrey Hepburn, excusez du peu.
Le problème est qu'il ne lui donna pas l'occasion d'y être autre chose que cette belle prestance tout en race et un peu creuse, surtout face au raviné des ravinés (et avinés aussi, under the vulcano) qu'est Albert Finney.

Mais j'ai une vraie tendresse pour son Arsène Lupin, même si la version de ce misanthrope empêché de R. Lamoureux avait là encore plus de matière.

A être trop beau, on en chope vite le tropisme de s'en laisser rouler dans le creux du contentement, celui-là qui n'incite guère à la production neuronale.

Mais, Descrières comme Lamoureux nous manquent, ils font chier à tous mourir.*

Est-ce qu'on meurt nous ?

AO

* m'en tombent

Camille @ Buridan

@ Buridan, réponse tardive.

Très aimable de votre part de me prêter du cœur et de la bonté, et, rassurez-vous, je pense comme vous que l'argent des impôts des Français doit revenir à nos concitoyens ponctionnés, écrasés par une rigueur galopante, qui s'emballe car personne ne maîtrise plus rien.
Certes, comme vous le soulignez, ensuite chacun est libre de s'investir dans des actions pour essayer de soulager la misère du monde, vaste programme.
Je me suis juste mise à la place de l'enseignante, j'aurais très mal vécu le fait de me voir subitement arracher l'une de mes élèves par des policiers impatients. Souci de protection excessif de ma part, peut-être.
Après, cette sorte de sauce infâme qu'ont cuisinée politiques et médias autour de cette affaire fut des plus répugnantes.
Bien loin de la vie d'Adèle, où, pourtant, un plat de pâtes fait parler de lui.

scoubab00

@ Savonarole

En effet, un simple admirateur. Ah, ces peaux mates et salées des Catalanes et bien sûr le prestigieux FC Barcelone. La dernière fois que je suis venu en Catalogne, Sitges fut mon point de chute, c'est un peu le Cannes du coin. Je suis originaire du rougier de Camarès, une contrée occitane rêche et retirée où par bonheur l'on ne se presse pas, donc vraiment rien à voir avec le pays sang et or.

Si ce n'est peut-être l'accent rocailleux ?

fugace

@ Mary Preud'homme

Il est fort probable que des chocs dans la mémoire reptilienne du réalisateur soient entrés en résonance dans cette œuvre.
Quoi d'étonnant ?

Savonarole@scoubab00

"sang et or"...
Rédigé par : scoubab00 | 20 octobre 2013 à 21:20

Merci. Vous êtes catalan ? Ou peut-être comme moi un simple admirateur de cette curieuse contrée ?

scoubab00

@ Savonarole

Je ne suis hélas pas une dame mais je veux bien me risquer à répondre.

Al Pacino et son magnétisme aurait plu, plairait à Lucile, esprit raisonnable et balancé, jamais rassasiée de rationnel. Dustin Hoffman pour Catherine d'Austrasie, une dame savante éprise d'oriental. Dustin, bien que bien moins instruit, me paraît doté du grain de folie capable d'enflammer durablement notre Lorraine, "Le lauréat". Yvan Attal, cas difficile, un terrain inculte comme ces terres rouges d'où je viens. A qui aurait-on pu le destiner ? Difficile, bien difficile... peut-être Michelle qui aime bien les petits nerveux qui savent se vendre, comme son chéri Nicolas. C'est sûr Attal il sait aussi se vendre, qualité irréfutable, comment il fait demeure un mystère pour moi comme pour vous cher sang et or.

Georges Descrières, toujours selon le principe des contraires qui s'attirent, je l'aurais bien vu avec notre Xavier, d'une élégance lui toute égrillarde. Bien sûr il eût fallu que les deux soient partisans du mariage pour tous. Loin d'être gagné pour Xavier, un trad trash intégral. De toute façon, la mort de Georges vient de clore le débat, snif. Pour le sieur Nebout premium, eh bien on verra plus tard.

Savonarole

Georges Descrières est mort.
Alors qu'on nous sert de l'Adèle en mortadelle (n'y voyez aucun jeu de mot), ce brillant comédien est à ranger dans la cinémathèque des ringards, toutefois il aura incarné une classe française proche des meilleurs comédiens british, comme son contemporain Jean-Claude Pascal.
Le tournant des années 80 les a tués.
La classe, un certain dandysme, l'élégance, n'étaient plus "bankable". Le nouveau comédien devait ressembler à un pizzaiolo, petit et moche et si possible cheveux gras.
Quelles dames de ce blog se seraient retournées dans la rue sur un Al Pacino ou un Dustin Hoffman et encore moins sur l'accablant Yvan Attal, avant qu'ils ne deviennent des stars ?

Mary Preud'homme

Retour sur la vie d'Adèle :

Il y a toutes sortes de violences et de maltraitances faites aux jeunes au chapitre duquel figure ce genre de production cinématographique. Pas seulement des violences ou maltraitances physiques mais aussi morales, n’en déplaise à ceux qui continuent à glorifier ce film décadent et à trouver normal et sain que des enfants de 12 à 16 ans puissent être autorisés à visionner des scènes aussi bestiales sans en ressortir gravement traumatisés. En vérité, ce spectacle est d’une violence morale extrême en ce qu’il fait l’impasse sur les véritables émois de l’adolescence, montrant une fillette à peine pubère prise dans les rets d’une prédatrice lesbienne adulte qui va non pas l’apprivoiser mais la réduire à n’être que l’objet de ses fantasmes et de son désir dépravé. Avec pour corollaire des scènes de sexualité crues qui révulsent même un adulte averti et qui pour un jeune inexpérimenté peuvent être assimilées à un véritable viol de sa conscience innocente. C’est donc un assassinat en règle de l’enfance qui nous est imposé ici. Comme si l’amour tel qu’il est conçu durant l’adolescence devait être à jamais abîmé, piétiné et jeté en pâture aux disciples de Lesbos où la femme-enfant retrouverait son rôle antique et bestial de proie virginale élevée sur un altar monstrueux parmi les encensements. Romantisme, pureté, tendresse et pudeur bannis au profit d’une pornographie sacralisée, bavante et triomphante exhibant ses femmes artificielles, aux croupes et seins vulgaires, bouches libidineuses, béance des sexes dépravés, sueur, morve et transes offertes à un voyeurisme perverti.
Or d’où vient ce désir de déflorer l’enfance, de corrompre irrémédiablement (par l’esprit) ce qu’il y a de plus beau et de plus pur en l’être humain, de jeter en pâture comme une vulgaire marchandise cette rencontre si belle des amants qui se doit de rester dans l’ombre et le mystère de crainte de perdre toute sa part de découverte, d’émerveillement et s’anéantir à jamais ? D’où vient cet attrait pour le mal et l’abêtissement du sentiment le plus noble qui soit, sinon d’une volonté maligne de détruire (en commençant par les plus vulnérables) tout repère de vie, tout idéal, toute passion élevée, en un mot tout amour authentique. Et au final saper les fondements d’une civilisation qui s’est construite et maintenue durant des siècles de lumière grâce à une morale et à des valeurs judéo-chrétiennes où l’amour, la dignité et le respect de soi et des autres occupaient les premières places.

Buridan

Dans la famille Dibrani, ils sont cinq enfants d'âge scolaire. Hollande propose que seulement une enfant parmi les six - Leonarda - puisse rentrer en France. Pourquoi elle et pas ses frères et soeurs ? En quoi son cas est-il différent ?
En rien, sinon en ceci que ses condisciples l'ont vue partir.
La "politique de la sensiblerie" atteint là un point incroyable et bouffon.

Buridan

Leonarda Dibrani.
1° Rapport du ministère de l'intérieur (extraits) :
". M. DIBRANI n’a jamais donné suite aux propositions d’embauche qui lui étaient faites, et il ne cachait pas attendre le versement des prestations familiales qui suivraient sa régularisation pour assurer un revenu à sa famille ;
. les absences de Léonarda au collège sont de 66 demi-journées en 6e, 31 en 5e, 78 en 4e et 21 ½ depuis le début de l’année scolaire actuelle.
. [la famille réside dans un "centre d'accueil"] défaut d’entretien du logement mis à disposition de la famille et des problèmes de voisinage qui en ont résulté. La famille a d’ailleurs laissé ce logement dans un état de dégradation avancée. D’importants travaux seront nécessaires avant que ce logement puisse de nouveau accueillir une famille de demandeurs d’asile
. M.DIBRANI n’a pas hésité à user de menaces afin d’éviter d’être expulsé de cet appartement. Il a indiqué qu’il ferait exploser une bouteille de gaz devant l’ancien maire de Levier et un membre du réseau de défense des sans-papiers. Aux agents de l’office français d’immigration et d’intégration, qui lui proposaient une aide au retour (8500 €, la première fois ; 10 000 € une deuxième), il a annoncé qu’il tuerait sa famille s’il était expulsé.
. M.DIBRANI a également été placé en garde à vue pour un cambriolage par la communauté de brigade de Saint-Vit le 14 octobre 2010. Il a aussi été mis en cause comme auteur dans un vol commis dans une déchetterie à Levier (communauté de brigade de Pontarlier).

2° Le maire de Fano (Italie) : "Les enfants ne fréquentaient que très peu l'école, même s'il les avait inscrits. Il les envoyait mendier. Ils vivaient dans la rue". [à noter qu'aucun des Dibrani n'est Italien : en Italie, il n'y a pas de droit du sol]

Et il fallu cinq ans pour les expulser... Et, apparemment (à lire le rapport), s'ils s'étaient bien conduits, ils auraient été régularisés, tout faux réfugiés qu'ils aient été...
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Dernières nouvelles :
Elle exige de revenir en France avec sa famille, ses cousins, les cousins des cousins et leurs cousins. Les logements sociaux seront situés dans le palais de l'Elysée.
Valérie leur appportera les croissants.
Le Président négocie.

Buridan

Un qui n'a pas aimé le film, c'est le critique de "Valeurs actuelles" : "une histoire d’amour sans relief et filmée avec un plat naturalisme (il y a quelques beaux plans du visage d’Adèle, mais c’est bien le moins [...]), aux dialogues atterrants de médiocrité [...], qui ne doit son retentissement qu’au fait que ses protagonistes sont deux femmes et à d’interminables scènes de sexe [...]. Kechiche a pour seuls principes esthétiques l’accumulation (il ne soupçonne même pas le sens du mot ellipse) et le gros plan, filmant tout de la même façon, qu’il s’agisse d’un plat de pâtes ou d’un sexe de femme."
A vrai dire, je ne me souviens pas d'avoir vu le sexe de femme, quant à la scène du plat de pâtes, je l'ai trouvé excellente dans le genre plutôt pénible. On pourrait inverser la critique et dire que Kechiche montre les paroles pauvres, les repas pénibles, les amours banales, et (peut-être aussi parce que ce sont deux femmes, peut-être parce qu'il y a des scènes de sexe, certainement parce qu'il y a une grande actrice) qu'il parvient à rendre ça intéressant. Evidemment, pour qui attend une réédition des amours d'Antoine Doinel, ou de ceux d'André Bolkonski, c'est décevant, mais (toutes proportions gardées) Madame Bovary décevait et choquait pour immoralité ceux qui attendaient une réédition de "Manon Lescaut".

A part ça, j'ai enfin compris le titre : c'est une allusion à "La vie de Marianne", de Marivaux, évoquée au début du film, et c'est "chapitres 1 et 2" parce que Kechiche envisage de continuer à raconter la vie d'Adèle.

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Je me suis demandé comment les journaux conservateurs étrangers avaient jugé le film, me disant qu'ils avaient des chances d'être plus impartiaux et moins conformistes que les critiques français, et des chances d'être réservés sur les scènes d'amour physique... The Daily Telegraph, grand journal réac anglais, est extraordinairement élogieux. Il justifie les scènes charnelles. Die Welt, idem pour l'Allemagne, a l'air très élogieux mais je ne suis pas parvenu à lire l'article. Excellente critique du Guardian (mais ce n'est pas un journal conservateur) (le critique dit que le spectateur peut supposer que le "chapitre deux" du titre fait référence au moment où la liaison tourne mal (c'est ce qui m'avait semblé aussi) ; il signale que l'opposition entre les deux milieux familiaux est marquée par la différence des plats : huîtres dans la famille d'Emma, pâtes dans celle d'Adèle). Bref, ça fait encore peu de réactions de journaux conservateurs étrangers, mais ça fait un commencement très favorable auprès d'eux pour le film.

cellier

Buridan
Vulpem pilum mutare non mores, Le renard change de poil pas de moeurs.

Alex paulista

"Le gars en charge de la famille Dibrani pour le réseau RESF, lequel réseau est partisan de la régularisation de tous les clandestins sans exception, lui, approuvait l'expulsion"
Buridan | 18 octobre 2013 à 20:42

Au sein des associations qui viennent en aide aux étrangers, beaucoup de personnes sont d'accord avec le contrôle des flux migratoires. Certains sont des avocats qui aident les gens à faire valoir leurs droits (comme au GISTI). Ils s'inscrivent donc dans le cadre de la loi.

En l'occurrence, sur cette affaire, c'est moins l'expulsion qui est contestée que la forme de celle-ci.
L'école, ses environs ainsi que les sorties scolaires devraient être des lieux sanctuarisés. Les soupes populaires aussi.

Après, c'est objectivement un problème compliqué, des amalgames sont faits des deux côtés.

Buridan

0,35% des lycées "bloqués" - c'est un progrès dans la franchise, on ne dit plus "en grève", on dit "bloqué". Pour "bloquer" un lycée il suffit apparemment d'une dizaine de poubelles, ou bien d'une ou deux dizaines d'activistes - 1% de la population du lycée ?
Que peut faire la République contre ces dictateurs en herbe ?
Les exclure de l'établissement, ou même de tout établissement : qu'ils finissent alors leurs études secondaires dans l'enseignement par correspondance.
Si on les condamne pénalement, leur infliger quelques semaines de Tig auprès de Roms... Je gage que ça les dégrisera vite...
(Selon "Le Figaro", le gars en charge de la famille Dibrani pour le réseau RESF, lequel réseau est partisan de la régularisation de tous les clandestins sans exception, lui, approuvait l'expulsion : c'est dire comme cette famille doit être composée de marrants... (un an de plus au contact de ces Roms et il votait Ps, deux ans et il votait Ump, trois ans et il votait Fn, quatre ans et il émigrait en Islande))

@cellier
"Vulpem pilum mutat non mores".
J'ai lu la traduction, mais je comprends mal le mot à mot, pouvez-vous me l'expliquer ?
Le verbe est impersonnel, et construit avec deux accusatifs ? "Il est indifférent le poil, pas les moeurs, le renard [accusatif]" = "chez le renard, est indifférent le poil, mais pas les moeurs." ?

Savonarole

"comment justifiez-vous qu'il faille cinq ans pour expulser des clandestins ?"

Un ingénu s'interroge ici, tempête sous un crâne...
C'est simple, il suffit d'opposer des "recours" à n'en plus finir. Mais la loi française prévoit une limite.
Jean-François Revel dans son livre sur "l'anti-américanisme", nous relatait déjà l'hypocrisie de la presse française qui nous daubait sur le fait que des condamnés à la chaise électrique pouvaient rester 17 ans dans "le couloir de la mort", comme si le cynisme et la cruauté de la justice américaine imposaient une torture avant exécution. En fait il s'agissait simplement d'une multiplication sans fin de recours qu'introduisait le condamné pour retarder son sort.

cellier

Buridan

Ayant vecu a Cannes j'ai constate le triplement, au minimum, de l'effectif des peripateticiennes arpentant les trottoirs de la rue d'Antibes et de la Croisette est pendant le festival. Ce fait laisse planer un doute sur le caractere seraphique des festivaliers. In situ egalement j'ai pu observer le public du Palais des Festivals dont le comportement m'a paru relever plus du gregaire emotionnel que de l'analyse des films (Gustave Le Bon a bien decrit ces mecanismes dans la psychologie des foules). Enfin les etudes scientifiques ont montre que l'homme est, au contraire de la femme, tres sensible aux stimulus visuels, d'ailleurs les films pornographiques sont faits pour les hommes et une part de marge de 50/100 de la population pour un film est loin d'etre negligeable.
Il va de soi que je ne porte aucun jugement moral sur ce film, a quel titre d' ailleurs le ferais-je, mais cela m'amuse de voir le nouvel habitus des intemporels tartuffes : "Vulpem pilum mutare non mores".

anne-marie marson

Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation.

Je ne comprends pas cette phrase, ce n'est pas du français. Si c'est une traduction littérale, je préférais les anciennes versions.

Valerie... un tantinet parano...

Rédigé par Madame Spam Natalia Rocon le 17 octobre 2013 à 04:08... probablement installee en Bielorussie et qui passe par la Grande-Bretagne pour nous spammer ?!?!

Avis au blog de Monsieur Bilger et aux commentatrices/teurs

J'ai parfois beau aimer me lire comme d'autres prennent plaisir a s'ecouter parler :-) Mais, non, a 4 heures du matin malgre des insomnies passageres... je ne suis pas en ligne !

scoubab00

@ Mary

Quel manque de charité criant à l'égard de Buridan, un de nos camarades les plus industrieux de ce blog !

Je ne saurais trop vous conseiller par repentance l'égrenage deux chapelets entiers, en commençant par le signe de croix, un Notre Père nouvelle mouture, plus trois Je vous salue, Marie (tout rapport avec une personne existant ou ayant existé n'est que pure coïncidence) et ainsi de suite.

Buridan a fait ce que vous n'avez pas daigné faire, aller voir ce film. S'il a aimé, il ne l'a même pas fait exprès, alors louons le Très Haut d'avoir apporté par son improbable truchement une brassée de joie et d'enthousiasme dans cet espace passablement amer.

Mary Preud'homme (suite au commentaire d'Achille)

La formule du Pater Noster « Et ne nos inducas in tentationem » traduite initialement par « ne nous laisse pas succomber à la tentation » et depuis 1966 par "ne nous soumets pas à la tentation", ce qui était dans les deux cas une interprétation très libre et prêtant à confusion du verbe latin induco, vient d’être (enfin) revue par l'Eglise.
Le texte à paraître (en novembre) dans la Nouvelle Bible liturgique destinée aux francophones sera désormais : « Et ne nous laisse pas entrer en tentation »
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Buridan est "Pathé tics" grave, mais il se soigne ce brave garçon chaperonné par maman ! Jusqu'à se faire accompagner par elle pour mater la vie d’Adèle de fond en comble. De quoi mettre la libido en berne pour tout autre normalement constitué. Sacrée maman condamnée à se farcir des scènes de culs interminables suivies des élucu-vibrations de son grand fils... (quel âge au juste ce garnement ?). Pauvre femme !

Buridan

@cellier
"cacher la marchandise sous un voile artistique assez transparent pour permettre aux philistins de tout poil de se rendre au cinéma la tête haute voir un film pornographique qu'ils reprouveraient sans cet alibi".

Lisez la façon dont le film a d'emblée conquis le public du festival de Cannes. Ce public a certainement des défauts mais je doute que la pornographie l'intéresse beaucoup, d'autant plus qu'il doit être composé, je suppose, pour moitié de femmes, et que plus de dix-neuf femmes sur vingt n'inclinent pas du côté de Lesbos et de son "bétail pensif sur le sable couché" comme disait tel poète mort en 1867.

Buridan

@Camille a écrit : "Je me soucie bien davantage de Leonarda [...] qui dort maintenant sous les ponts dans son pays".

Ce souci fait honneur à votre coeur et à sa bonté.
Pourquoi ne constitueriez-vous pas une association qui par les dons reçus et transmis permettra à Leonarda et à sa famille d'être logée, nourrie, soignée, et en général prise en charge "dans son pays" comme vous le dites si justement ?
Car, enfin, vous ne pouvez pas exiger que les impôts des Français servent à entretenir tous les étrangers qui commettent l'infraction de résider illégalement sur le territoire national - cela reviendrait à distinguer deux types d'étrangers : ceux qui n'ont pas enfreint la loi française, lesquels ont droit à notre sympathie émue, et ceux qui ont enfreint la loi sur la résidence, qui ont droit d'être entretenus des années jusqu'à ce qu'ils reçoivent, en plus, le droit de travailler.
Mais aucune loi de France ni de Navarre ne vous interdit de pourvoir volontairement aux besoins de telle ou telle famille, quand bien même celle-ci aurait commis une infraction caractérisée dans le passé : vous êtes libre d'exercer en sa faveur votre générosité avec ceux qui ont le même sentiment que vous.
Et ce serait un spectacle émouvant pour l'Univers que celui de cette générosité et de cette philanthropie associatives.

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Vincent Peillon souhaite que l'école soit sanctuarisée. Et dans la zone dispensée de droit que l'école sera devenue, on dispensera des cours renforcés d'éducation civique...

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Les différents partis composant le Front de gauche, entre désespérer le Boboland radical chic et tenter de ne pas perdre leurs derniers électeurs plébéiens, n'ont pas hésité longtemps : il est vrai qu'ils ont dû penser que, pour ce qui est des plébéiens, c'est fichu de toute manière...

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Rachida Dati juge que "Manuel Valls fissure le pacte républicain". Ce n'est pas la République qui a à voir avec les pactes, c'est la mafia (http://nouvellelanguefrancaise.hautetfort.com/dictionnaire_critique_de_la_nlf/). Dans le passif du mandat de N. S., cette femme n'en finit pas de peser.

Achille

Buridan, grand puritain devant l’Eternel qui nous pond huit commentaires dithyrambiques sur le film La vie d’Adèle.

Une vision d’esthète totalement dépouillée de cette pitoyable pulsion charnelle qui envahit tout homme un peu fruste tenté de s'ébaudir devant le spectacle de deux créatures de rêve nous exposant les moindres détails de leur corps dénudé.

C’est beau ! C’est grand !

Il est vrai que le Vatican lui-même s’est penché sur le problème de la tentation au point de modifier le passage incriminé dans le Pater Noster.

Eh oui, Jésus lui-même l'a dit : Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation : "l'esprit est ardent mais la chair est faible".

cellier

@Buridan

Que l'instinct de violence comme l'instinct sexuel soient des faits averes c'est une evidence, comme d'ailleurs que de tres bons films puissent etre faits sur les memes sujets. Ce qui me semble plus douteux c'est de cacher la marchandise sous un voile artistique assez transparent pour permettre aux philistins de tout poil de se rendre au cinema la tete haute voir un film pornographique qu'ils reprouveraient sans cet alibi.

Buridan

Sur la jeune Leonarda, Philippe, comment justifiez-vous qu'il faille cinq ans pour expulser des clandestins ? Vous trouvez ça normal ? Et même, vous qui rejetez la brutalité de la droite et ne cessez de vous dire absolument étranger au Fn, je suppose que vous trouvez ça trop court, trop brutal, c'est dix ans qu'il faudrait à un Etat véritablement humaniste pour expulser des parents clandestins et leurs enfants ? Expliquez-nous ça (expliquez-nous, au lieu de vous contenter de distribuer des notes aux ministres, comme d'habitude). Vous êtes juriste, vous avez été magistrat, expliquez-nous pourquoi il est bon, il est juste, que le circuit de la justice tourne cinq ans avant d'ordonner l'expulsion de clandestins et comment donc il faut être un homme absolument étranger à votre culture politique - un suppôt du Fn - pour penser que trois jours ou une semaine devraient suffire.

Et sur la famille de Leonarda, ne nous parlez pas de Valls, de son courage et de sa constance, de sa vigueur mesurée et cependant frémissante, de sa souffrance cachée et de son humanisme vibrant, etc.
Si vous voulez à tout prix faire de la psychologie, expliquez-nous celle d'un député ou ministre Umps ou centriste coresponsable d'une loi qui fait que cinq ans sont nécessaires pour expulser un clandestin.
Ou faites plus direct : expliquez-nous la psychologie d'un électeur Umps à inclination centriste, juge d'instruction puis avocat général, à la retraite maintenant, qui considère que cinq ans pour que l'Etat expulse tel clandestin, ce n'est pas une durée excessive : cette psychologie m'échappe complètement.

Natalia Rocon

Quand je pense qu'en raison du titre j'ai cru, un moment, qu'il s'agissait d'une nouvelle adaptation de la vie de la fille de Monsieur Hugo...

Quand on songe au pathetique destin des actrices ayant figure en tete d'affiche sur une derniere danse dans notre belle capitale, un joli et simple prenom... sans oublier un autre titre plus evocateur qu'il est preferable de ne pas mentionner... je me demande si ces deux jeunes femmes ont bien ete averties de ce a quoi elles s'engagaient ?!?!

Triste traquenard.

Buridan

Celui qui soutiendrait le point de vue de Philippe pourrait évoquer Pialat : celui-ci aurait pu faire un film sur ce sujet - simplement, me semble-t-il, il se serait centré sur l'infidélité d'Emma, sa noirceur, son incapacité à aimer, mystérieuse et essentielle, et son ultime vérité. Emma, sa définition : celle qui ne peut pas répondre à l'amour (qu'est Adéle).
Le film n'aurait contenu aucune des singularités formelles du film de Kechiche, notamment celle que Philippe a pointé comme fautive (la longueur des scènes), et pas non plus les scènes d'amour physique.
C'aurait été un grand film et Philippe aurait dit : "grand film, et meilleur que celui de Kechiche".
Et moi, aurais-je dit : "Grand film, comme celui de Kechiche" ?
Je ne sais pas : mais peut-être qu'en effet la comparaison aurait pour moi fait pâlir le film de Kechiche.

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Un autre argument en faveur des scènes longues m'est venu à l'esprit.
Pas mal de spectateurs doivent commencer à être accoutumés à la durée des scènes qu'on voit dans les séries télévisées : très brève.
Il s'agit de leur rappeler qu'ils voient un film - un objet autrement plus ambitieux qu'une série télévisée même si celle-ci peut être captivante - il s'agit de les faire échapper à la tyrannie de la diégèse (= de l'histoire, du récit, de l'action) et de leur faire voir des scènes pour elles-mêmes (alors que dans une série chaque scène fait avancer la diégèse, et finalement n'est là que pour ça - épuise sa vertu dans sa fonction diégétique).

Et pour apprécier ce film il faut que le spectateur soit éduqué à voir une scène assez indépendamment de la diégèse, de même que, pour apprécier un tableau impressionniste, il a fallu que l'oeil soit éduqué à chercher d'autres intérêts et satisfactions que ceux qu'on trouvait dans les tableaux des maîtres antérieurs.
En d'autres termes, Philippe a raison : pour "raconter l'histoire", Kechiche avait besoin de moins de temps, mais justement Kechiche veut faire autre chose que "raconter l'histoire".

Buridan

@cellier
"la vision de scènes sexuelles lesbiennes constitue un puissant stimulateur de la libido masculine"

Je n'avais pas pensé à ça et vous me convainquez.

Vous en concluez : "M. Kechiche dans cette optique serait donc un commerçant avisé quoique un peu "faux-cul"

Ce qui est inane : l'instinct pour la violence est chez l'homme masculin à peu près aussi fort que l'instinct sexuel, cela ne fait pas de Kubrick par exemple un commerçant faux-cul : ce n'est pas parce qu'un film s'enracine dans une passion humaine primitive et animale qu'il n'est pas bon et que tout ce qu'il a d'élaboré n'est qu'un paravent.
(Une preuve : ça ne m'étonnerait pas qu'apprécient le film nombre de femmes hétérosexuelles - en général peu excitées par Lesbos, je présume).

Buridan

Allez, Philippe, on vous attend sur l'expulsion de Leonarda... Et n'hésitez pas à argumenter, quoique vous n'aimiez pas ça. Et des faits : est-elle Rom ("Le Monde" n'en dit rien, mais ça ne prouve pas absolument qu'elle le soit : l'interprétation des omissions du "Monde" est plus un art qu'elle n'est une science) ? Est-elle musulmane (idem) ? De quoi a vécu cette famille de huit personnes pendant toutes ces années ? Aides sociales ? Travail légal ? Travail au noir ou autres revenus illégaux ? Comment était-elle logée ? A combien peut-on estimer que cette famille a coûté à l'Etat ?
Pourquoi faut-il autant d'années avant une expulsion ? Est-ce que ce serait choquant que la police vienne chercher un enfant à la sortie d'une école ou dans une école, et si oui, pourquoi ? Dans les autres pays européens, comment est-ce que ça se passe ?
Instruisez-nous (au lieu de vous contenter de juger Valls ou tel de ses contempteurs), motivez vos jugements, on vous attend avec impatience.

Alex paulista

@ jcr | 16 octobre 2013 à 14:35

Vous osez tenter de dire du mal de Bertrand Tavernier ? Avec lui, même Torreton sonne juste !

Attention !
Si vous continuez, coup de torchon !

Buridan

A noter que ce film ne donne pas de l'homosexualité féminine une image particulièrement bien-pensante.
Quand Emma pense qu'Adèle a couché avec un homme elle lui dit quelque chose comme : Tu as osé m'embrasser avec ces lèvres qui ont sucé un homme !
Et là elle ne lui reproche évidemment pas d'avoir la bouche sale, mais d'avoir la bouche souillée moralement par le contact sexuel avec un homme. Bref : Emma est hétérophobe (à moins qu'elle ne soit misandre, tout en pouvant être l'un et l'autre, et l'un par l'autre ou plutôt l'autre par l'un), comme, dit-on, est homophobe le participant de base à la manif pour tous.

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De la diégèse il n'y a qu'un moment qui m'a été obscur : la rupture pour un motif si innocent - Adèle aurait couché deux ou trois fois avec un homme. Rupture d'ailleurs très violente. Pas très libérée, la môme Emma ! Deux interprétations : 1° Elle est comme ça. Et, puisque elle n'a évidemment pas le système de valeurs d'un homme traditionnel, c'est qu'elle est une fanatique de la fidélité, un être violent et absolu (mais elle ne donne pas tellement cette impression dans le reste de ses comportements). 2° Elle a envie de rompre (pour Lise ?) et elle saisit un prétexte. Et, probablement : elle s'est dit que ce sera difficile, et pénible pour elle, alors elle préfère y aller violemment. Elle cogne et, en dix minutes, c'est fait. Je dirais que le film laisse ouvert le choix entre les deux interprétations. Peut-être parce qu'Adèle elle-même doit hésiter longuement entre les deux...

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En ce qui concerne les scènes d'amour physique, personnellement m'a frappé ceci : elles ne se parlent pas, et ne se regardent pas dans les yeux non plus.
Je ne sais pas jusqu'à quel point ces comportements sont fréquents (entre humains en général).
Supposons qu'ils le sont.
Deux interprétations :
1° L'amour physique, c'est en général une sorte de masturbation à deux, dans laquelle on ne pense pas à l'autre.
2° Du tout : on pense à l'autre, on vise l'autre et on s'adresse à l'autre, mais par son corps : on communique par le toucher, par les muqueuses et le plaisir qu'elles donnent : le regard polluerait cette communication : il faut "fermer les yeux sur l'autre" pour pouvoir mieux ouvrir ses muqueuses sur celles de l'autre.

(Certains se souviennent peut-être de la scène de "Colonel Redl" où les deux amants au lit se contemplent immobiles en silence - apparemment alors que Katalyn est pénétrée par Redl - scène qui donne le sentiment qu'il y a une remarquable présence mutuelle (au terme de laquelle Redl est percé à jour par Katalyn : "C'est mon frère que tu aimes ?" -"...Je vous aime beaucoup tous les deux") Cela dit cette scène n'est pas une scène d'approche immédiate de la satisfaction).

Buridan

Je trouve à Philippe Bilger bien des défauts (à vrai dire il commence à m'insupporter quoique toujours moins que moi-même - pour combien de temps encore ?), mais il a une qualité bien rare sur internet : il préfère admirer plutôt que démolir (sauf bien entendu quand l'objet de son émotion et de son jugement est son ennemi intime - l'ennemi universel et ubiquitaire - la Bête - j'ai dit N. S. - je n'écrirai plus ces deux lettres fatales de crainte d'être hanté puis stigmatisé, foudroyé ou pétrifié).
A lire les commentaires sur "Adèle" ici-même (j'allais dire ici-bas...) je retrouve ce même trait que je vois si prédominant sur la Toile. Ils sont du type : Je ne l'ai pas vu mais il est certainement à chier (puisqu'il est célébré et honoré). Commentaires d'estropié qui hait les danseurs, à mon estime (je détecte cette maladie avec une perspicacité d'autant plus pénétrante que j'en suis moi-même affecté trois jours sur quatre et en particulier quand sont évoqués - horreur - les Arabes ou - hideur - les Noirs).

Ceci dit, je m'interroge sur ma propre position et dirai ceci.
On ne sait jamais jusqu'à quel point on est mu par le snobisme culturel : le film m'a plu - et je l'ai perçu comme original esthétiquement.
Or, quand un roman ou un film possède ensemble ces deux traits je déclare que c'est une grande oeuvre (je le fais d'ailleurs sincèrement : c'est d'abord à moi-même que je le déclare). Exemples (quasiment au hasard) : les premiers romans de Samuel Beckett, "La marche de Radetzky" de Joseph Roth, tel film de Werner Herzog. Le fait que l'auteur soit illustre ou célébré, d'ailleurs, ne joue même plus (il jouait quand j'étais jeune). Par exemple, j'étais inconscient de l'émoi médiatique autour de ce film quand je me suis déclaré, en sortant de la salle : chef-d'oeuvre.
Ce genre d'oeuvre, d'ailleurs, tend à me marquer plus que d'autres : éventuellement, des décennies après, je m'en souviens... Mais est-ce que je m'en souviens parce qu'ils m'ont ému particulièrement, ou est-ce simplement parce qu'ils étaient particulièrement originaux, ou est-ce parce que j'ai pensé : chef-d'oeuvre ?
Eventuellement (quoique très rarement), longtemps après, je reviens sur la valeur d'une oeuvre. Je me dis : au fond, c'était insignifiant (c'est le cas pour les romans de J.-Ph. Toussaint).

En tout ceci, je ressemble à Mme Verdurin. Et un peu au Maître lui-même (Marcel), qui explique qu'une oeuvre novatrice est une oeuvre qui nous fait hésiter entre "intolérabilité" et plaisir : nous la supportons à peine.
Et je m'oppose peut-être à des gens qui sont tout simplement ravis.

(En peinture et sculpture modernes (par opposition à contemporains), je connais un peu ce genre d'attitude : juger de qualité ce qui me plaît assez tout en étant "difficile" ; cela dit, la situation y est différente : la peinture et la sculpture figuratives "faciles" sont tellement méprisées par l'Institution qu'on ne les trouve pas dans les musées et les expositions - on n'y trouve même pas Bernard Buffet).

Trekker

jcr - 16 octobre 2013 à 14:35
"Deux ont été accusés de viol. L'un a épousé sa fille (adoptive) et l'autre violé une starlette évidemment ingénue de 13 ans, c'est plus jouissif."

Je parlais uniquement de certains films, à mon sens excellents, réalisés par Allen, Polanski et Tavernier. Je ne juge jamais une oeuvre cinématographique, littéraire, picturale, etc. en pensant aux comportements de vie de leurs auteurs.

Si on commençait par sélectionner leurs réalisations sur ce critère, on ne regarderait qu'un nombre restreint de films et tableaux, de même on ne lirait pas une bonne partie des écrivains et philosophes. A titre d'illustration de mon propos : Toulouse-Lautrec, Picasso, Gide, Céline, Simenon, etc.

"Vaut mieux violer dans la sphère cinéma que caqueter au parlement franchouillard"
Désolé, mais je ne pense pas qu'au sein de nos actuels et passés parlementaires, il y ait plus de vertueux question moeurs que dans le cinéma. DSK, feu Le Troquer, etc. vous n'en avez jamais entendu parler ?

hameau dans les nuages

Récapitulons :

C'est de l'art ou du cochon qui va se terminer en eau de boudin ?

Surcouf

Ne nous étonnons pas que les blockbusters américains fassent du succès face à ce genre de trucs, pardon de films.

Les tribulations érotico-métaphysiques de deux nanas en voilà un truc ch...t.

Il en est des films de Cannes comme des livres du Goncourt. On sait ce qu'on ne doit pas aller voir et lire.
Soyons honnête, dans la majorité des cas seulement.

Achille

Perso je préfère encore me prendre neuf mois ferme que de me taper la vie d'Adèle !

jcr

Trekker | 16 octobre 2013 à 01:10

Certes... certes... par leurs positions financières et intuitu personae dans leur communauté et surtout grâce à des scénaristes et des acteurs exceptionnels, Allen, Polanski et accessoirement Tavernier ont produit des films intéressants et divertissants...

Mais curieusement et comme par hasard certains de leurs films révélateurs de leurs tendances intimes libidineuses ont été confirmés dans leurs vies privées...
Deux ont été accusés de viol. L'un a épousé sa fille (adoptive) et l'autre violé une starlette évidemment ingénue de 13 ans, c'est plus jouissif.

Vaut mieux violer dans la sphère cinéma que caqueter au parlement franchouillard.

Mais, bon, quand on est déclaré génie de n'importe quoi par les serveurs de soupe et les copains, tout est permis, ça met du piment chez les attentistes benêts et ceux qui ne veulent rien voir ni entendre... tant qu'ils ne sont pas concernés.

Cher Trekker, laissons au XXL ce qui lui appartient.
Amen

Camille

A lire tous les articles consacrés à la vie d'Adèle, et malgré les réserves de ce billet, il faut donc s'attendre à une œuvre d'art, avec ses défauts, certes, mais une œuvre cinématographique majeure de cette décennie.
Bonne nouvelle pour le cinéma français d'auteur.
Toutefois, faute d'intérêt suffisant pour le sujet du film, je ne me précipiterai pas au cinéma pour en avoir la preuve.

On dit bien que l'art doit l'emporter sur la vie, mais je me soucie bien davantage aujourd'hui de la vie de Leonarda, rom kosovare, intégrée, scolarisée depuis cinq ans, arrêtée par les gendarmes lors d'une sortie scolaire avec sa classe de troisième, pour être expulsée de France, et qui dort maintenant sous les ponts dans son pays.

Parigoth

J'avoue avoir du mal à comprendre pourquoi Philippe Bilger se croit obligé de cautionner par son ticket d'entrée des spectacles que la simple lecture d'une bonne critique lui aurait conseillé d'éviter, mais c'est son affaire.

En revanche, il est un point que l'on passe généralement sous silence qui est le principe des aides publiques diverses attribuées à l'avance à la production de films (avance sur recettes par exemple), ou bien subventions régionales.

Ce système est anormal voire même scandaleux pour deux raisons :

● Sur un strict plan économique, il est une entrave à la concurrence, en favorisant la médiocrité par rapport au talent.
● Et surtout, il force le citoyen-contribuable qui n'aurait jamais eu l'intention d'aller assister à la projection de certains films dont il désapprouve le contenu à s'en rendre un supporteur et complice malgré lui.
Au-delà de certains sujets scabreux, nous pouvons par exemple évoquer certains films à prétention historique qui sont en réalité des films de propagande grossière réécrivant l'histoire à sens généralement unique (film « les Indigènes » par exemple et bien d'autres).
Ces procédés sont dignes de pays totalitaires.

Trekker

Savonarole - 15 octobre 2013 à 17:06
"On attend avec impatience le même film, en version gay, avec deux cheminots de la SNCF, ou deux chauffeurs routiers de Norbert Dentressangle sur une aire de repos. C'est curieux, le prolétariat ne fait pas fantasmer."

Vous avez oubliez "Je t'aime moi non plus" réalisé par Serge Gainsbourg en 1976 : amour entre une serveuse de bar à routiers et un conducteur gay de camion benne, avec scènes de sodomie dans une décharge à ordure.

Jean MORLAND

Félicitations ! Un assassinat en règle, mais dans les formes. Vous m'avez définitivement convaincu - si jamais j'en avais eu la tentation - de ne pas perdre une dizaine d'euros, et surtout trois heures de ma petite vie, pour cette triste illustration de l'air du temps... Merci encore.
Plus cela va, et plus un certain cinéma confirme qu'il est un divertissement d'ilote - se crût-il cultivé et bien-pensant...

Catherine JACOB@semtob

@semtob | 16 octobre 2013 à 02:04
«Qu'il existe beaucoup de voyeurs cela n'est un secret pour personne.»

La scopophilie ou pulsion scopique est définie par Sigmund Freud comme «le désir obsédant de contempler l'activité sexuelle d'autrui, pour une satisfaction érotique »
Le voyeurisme qui en est le terme vulgarisateur, ne désigne donc pas la simple mise en présence, fortuite ou délibérée, d'une scène érotique et d'un regardant, mais d'une pulsion à regarder de telles scènes pour en tirer sa propre jouissance.
Il faut encore des circonstances particulières comme l'observation de la situation à distance, par une ouverture telle un trou de serrure, un interstice etc. ou en recourant à la «longue» vue, par quelque moyen précis que ce soit qui permette au voyeur de voir à l'insu des protagonistes de la scène plus que regardée, capturée.
Autrement dit, je suis pas certaine que tous les touristes noctambules de Bangkok ou d'autres cités de même réputation, qui se font harponner à la sortie des restaurants pour se retrouver devant une scène de c.., aient vraiment tous une idée très précise de ce qui leur arrive, en retirent obligatoirement du plaisir et s'éveillent ainsi par le biais d'une illumination à une sexualité jusque-là ignorée et qui serait leur véritable sexualité, en sorte qu'ils ne pourront qu'en redemander par la suite. L'inverse est en effet tout aussi probable.
Je pense aussi que s'il vaut toujours mieux appeler un chat, un chat, il serait judicieux de cesser de qualifier tout et n'importe quoi par un terme spécialisé dont on ignore la plupart du temps le véritable sens, histoire de jouer avec le mot et retirer une sorte de jouissance également de l'effet qu'il produit.
Enfin, si j'en juge par le sujet d'une thèse de doctorat en psychiatrie qui est «Le voyeur à l’œil de verre», le voyeur n'est pas toujours celui qui est en capacité de pleinement voir...!

cellier

Les exegetes du film de ce M. Kechiche me semblent oublier un element essentiel. Tout le monde sait ou devrait savoir que la vision de scenes sexuelles lesbiennes constitue un puissant stimulateur de la libido masculine (au contraire les memes scenes entre hommes ont un effet repulsif). Ce fait a ete utilise depuis bien longtemps dans les maisons closes et il n'est que de lire les romans libertins du 18e siecle (Nercia, Mirabeau par ex.) et les relations nombreuses des litterateurs habitues de ces maisons au 19e siecle (Maupassant, Maxime du Camp, les freres Goncourt par ex.). Des les origines du cinema des petits films d'usage tres limite auxdites maisons ont ete tournes puis le cinema pornographique devenu accessible a tous a fait des scenes saphiques un element incontournable des scenarios. Neanmoins la pornographie reste cantonnee dans un ghetto sulfureux qu'il est de bon ton de condamner quand on fait partie de l'intelligentsia. Le cinema s'il est un art est aussi une industrie et de copieuses recettes peuvent provenir de la legitimisation par un alibi cultureux de scenes pornographiques que les moralistes de profession et autres "pisse-froid" de tout bord reprouveraient avec la derniere energie dans un autre contexte.
M. Kechiche dans cette optique serait donc un commerçant avise quoique un peu "faux-cul" et le battage autour des conditions de tournage une astucieuse promotion.

GLW

Bon, finalement, d'après ce qui est dit de ce film, c'est du Marc Dorcel version tristos.

Alex paulista

J'espérais un billet sur "9 mois ferme", le Dupontel.

Arnaud de Songy

@vamonos

Tous ces commentateurs qui parlent, qui parlent sans avoir vu le film, que de bêtises ! Heureusement que Buridan est là, pour une fois !
vamonos, c'est la mineure qui est institutrice !! Sauf qu'elle n'est plus mineure car le film se déroule sur huit ans.
Il faut toujours avoir eu accès au dossier avant de se prononcer.

Tipaza

"Mon avis : il me semble que ce film devrait être interdit aux moins de 16 ans".
Rédigé par : Mary Preud'homme | 15 octobre 2013 à 23:08

Ah Mary, que faut-il faire alors du Ring de Wagner ?
Dans ce film au moins on échappe à l’inceste.
Les deux jeunes femmes ne sont pas jumelles.
Pensez à Siegmund et Sieglinde, frère et soeur, et jumeaux qui plus est.
Nos ancêtres avaient des audaces bien plus fortes que les nôtres. Ils avaient les concepts, il leur manquait simplement la technique.

« Ce qui a été, c'est ce qui sera, et ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera, il n'y a rien de nouveau sous le soleil. »
L’ Écclésiaste 1-9

"On attend avec impatience le même film, en version gay, avec deux cheminots de la SNCF, ou deux chauffeurs routiers…"
Rédigé par : Savonarole | 15 octobre 2013 à 17:06

Il y a bien Laurel et Hardy, mais je ne peux pas en parler, je n’ai pas vu tous leurs films !

vamonos

Sans avoir vu le film dont il est question dans ce billet, je retiens deux faits principaux.

1./ La Palme d'Or de Cannes a été attribuée cette année à un film dans lequel sont détaillés les querelles extra-conjugales d'un couple formé d'une institutrice et d'une mineure.

2./ La sphère médiatique "sociale-libérale" applaudit et se pâme.

Je n'essaie pas de comprendre le raisonnement qui permet de passer du 1 au 2. Cela dépasse mon entendement ; sans doute parce que je ne lis plus les quotidiens "Le Monde" et "Libération" depuis longtemps.

Buridan

Autres traits para-documentaires du film :
. Le fait que le personnage d'Adèle porte le même prénom que l'actrice qui le joue, que ce prénom apparaisse dans le titre, et que ce titre soit "La vie de...".
. Le fait que l'actrice non maquillée joue le même personnage de quinze ans à vingt-trois ans.

Si bien que l'explication donnée par Philippe de la longueur des scènes - le narcissisme de l'auteur - est peu plausible.
Quant à l'incapacité des critiques d'émettre une réserve vu le caractère de "provocation" du film, tout est possible, mais je pense que peu de gens perçoivent l'homosexualité et l'amour physique comme des provocations et se sentent "libérés" et "militants" parce qu'ils soutiennent le film.
On admet tout à fait qu'un roman soit écrit dans un style personnel, pourquoi ne pas percevoir comme une heureuse surprise un film écrit de façon un peu particulière (même si l'écart par rapport au "réalisme" ne peut qu'être moindre qu'en littérature, du fait qu'un film s'écrit avec une caméra et non avec des mots).

------------

Spectateur, je me demandais comment le film allait finir. Eh bien, il ne finit pas vraiment et, dans la mesure où il finit, finit mal. Et c'est tellement ça la vie, pour tellement de gens : rien ne finit jamais vraiment parce qu'à chaque chose en succède une autre, laquelle en général est moins bien que la précédente.
Adèle connaîtra d'autres amours, mais elle restera à jamais amoindrie et celle qui fut vaincue.
Parmi les meilleurs passages du film : la scène à quatre chez les parents d'Adèle, qui craignent les études d'artiste, et à qui on n'a pas pu déclarer l'homosexualité.
Et l'homo à la fête, qui sort l'ode convenue à la jouissance féminine.
Deux scènes si vraies qui ancrent le film dans la banalité.
Et là-dessus, constante, la gravité d'Adèle dans le désir, filmée en gros plan.

BrunoK

Pour M. Bilger (et tous les commentateurs), un peu de lecture.
Pas de rapport avec le film, quoique...

Un peu long à lire.
On y parle aussi de droit.

http://plunkett.hautetfort.com/archive/2013/10/15/le-livre-de-maurice-zundel-croyez-vous-en-l-homme%C2%A0-cerf-2010.html#more

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