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Commentaires

Savonarole

"moi par exemple, je suis allé voir le film avec ma mère, ces scènes m'embarrassaient un peu"
Rédigé par : Buridan | 09 octobre 2013 à 18:37

Il emmène sa mère voir des films porno... C'est bien la peine de nous dauber sur Kant et le le Pape François... Dès que le singe monte dans l'arbre on voit son derrière...

Buridan

Je viens de voir "La vie d'Adèle".
Il y a quatre scènes de fornication. La première est hétérosexuelle, les trois autres sont lesbiennes. Elles sont longues et pas mal explicites. Aucune musique, me semble-t-il. Des bruits de ventouses.
Le sujet étant l'initiation sexuelle et le premier amour, ça n'a rien de déplacé. Ce n'est pas non plus superflu, parce que ça a été assez peu montré jusqu'à présent. De toutes façons, c'est important de savoir comment ça se passe entre eux charnellement parlant. J'ai vu par exemple un Hitchcock il y a quelques jours. Il s'agit de la rencontre amoureuse de deux personnages et des premières semaines de leur mariage. Pas une scène évoquant le fait qu'ils couchent ensemble - alors même que l'héroïne est censée être vierge. C'en est ridicule...

Ca m'étonnerait que ces scènes de fornication excitent beaucoup de spectateurs, même si les deux filles sont bien faites. Et il y a certainement des spectateurs que ces scènes gênent (moi par exemple, je suis allé voir le film avec ma mère, ces scènes m'embarrassaient un peu).

Bref, quel progrès par rapport à la ridicule et superficielle chasteté des films de jadis !

oursivi

"à cause de ces réalisateurs qui se croient scénaristes alors qu'ils sont si peu les premiers et pas du tout les seconds mais surtout parce que l'intrusion permanente de la salacité et de la crudité finit par lasser le spectateur même le plus complaisant."
PB

Ah, ça, depuis le temps qu'on le dit qu'on ne s'autoproclame pas scénariste parce qu'on sait crier "moteur"...!

Je ne voudrais pas transposer au 7ème art (ou ochon, de l'art ou du choquons), la rance et lucide querelle de ce que les phases révolutionnaires charrient à tort (la critique des ex soixante-huitards en est un bel exemple), mais tout de même...

Les intellos (réels eux, de la Nouvelle Vague) savaient écrire en sus de filmer, ils l'ont d'ailleurs abondamment montré.

Nos récents filmeurs ne le savent pas, ils le démontrent chaque mercredi.

C'est leur droit, comme le nôtre de ne plus mettre les pieds au cinéma.

Hormis la Cinémathèque et quelques salles revival des environs de la rue des Écoles, peu me chaud le reste.

Ai découvert une auteur fort connue en son temps mais point démodable en sa quête de vérité.

Erica Jong et son "Complexe d'Icare" m'avait filé entre les mailles, ne suis point mécontent de les avoir un peu resserrées.

AO

Boris

@ Savonarole

Merci de l'info. Pierre Brasseur en Buridan, ça doit être une merveille...

Buridan

@Boris

...........................la roine
Qui commanda que Buridan
Fut jeté en un sac en Seine

Aux Limbes, éternellement se fait envahir par divers trous dont des plaies, sans que elle - ni le spectateur à ses cris - ne sache si c'est châtiment cruel ou prémices sensuels des félicités célestes.

Mais où est-elle, où, Vierge souveraine ?

Elle se fait baratter, en gros plan, par un cuistre et rustre dont le vit compte.

Savonarole

@ Boris

"Il n'y a pas de films sur le sujet"...

Mais si, mais si : La Tour de Nesle (1955), long-métrage d'Abel Gance (d'après Alexandre Dumas), avec Silvana Pampanini (Marguerite de Bourgogne), Pierre Brasseur (Buridan)…

Pour ceux qui croient que l'expression "monter dans les tours" vient de là ce serait une erreur, cette expression nous vient des Croisades, lors de nos "génocides" en Terre Sainte, comme dirait Mary...

Boris

@ Buridan
"Mieux vaut un bon film sans cul qu'un mauvais film avec cul".

Foutre ! Et qu'en dirait Benjamin Rathery, qui embrassa jadis Bernard Blier "à tel endroit qu'il lui plairait de désigner" ? Et la Grande bouffe ! Et la buraliste d'Amarcord ! Ces mauvais films sont meilleurs que bien des bons...

Sans parler de Buridan, qui fust gecté en ung sac en Seine, et il n'était pas trop habillé, me suis-je laissé dire, vu qu'il venait de s'envoyer en l'air avec Marguerite de Bourgogne dans la tour de Nesle. Il n'y a malheureusement pas de films sur le sujet.

Notez que je ne suis pas sans pudeur. Je m'abstiendrai d'évoquer l'essoine de Pierre Esbaillart...

Mais où sont les neiges d'antan ?

 Buridan

Vous dites :
"Mieux vaut un bon film sans cul qu'un mauvais film avec cul".
Certes ! (si l'on est amateur de cinéma et non de cul, ce qui n'est pas le cas de tout le monde).

Vous dites aussi :
"Il ne peut y avoir de bon film avec cul".
Et là vous avez évidemment tort (à la réserve qu'un spectateur élevé dans de certaines moeurs ne peut pas apprécier certains films, tellement il est choqué. Mais les moeurs changent avec les temps).
Ce qui est vrai c'est qu'un film qui fait bander ne peut pas être apprécié esthétiquement parlant (en effet, il faut, en art, une certaine distance avec le plaisir), mais personne ne bande à voir ces scènes cul.

Les mêmes réflexions pourraient être faites sur la violence :
"Pour un cinéphile, mieux vaut un bon film sans hémoglobine qu'un mauvais film où elle abonde".
"Il peut y avoir un bon film ruisselant de sang (à ceci près que nombre de spectateurs, en particulier parmi ceux élevés dans d'ancienne moeurs, ne pourront pas l'apprécier)".

vamonos

Le cinéma est le lieu de tous les paradoxes, de toutes les contradictions. De magnifiques créatures aux corps envoûtants s'ébattent tandis que des frustrés grignotent dans le noir.

Le cinéma est le lieu de toutes les dérives, de tous les mensonges romantiques. La Beauté s'oppose à la Vertu, La Belle à la Bête.

Pour sa santé, attention à l'abus d'alcool.
Pour sa santé, elle a bu de l'alcool.

La plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu'elle a.

semtob

Cher Philippe,

Pour faire court, l'homme restera un éternel chasseur ou Diane en personne.
Il est bien fini le temps "des beaux petits culs américains" et le vrai pygophile ne peut que s'attendrir à la découverte de douces rondeurs.
Cette tendance a toute chance de réussite parce que l'intérêt pour le développement du cerveau est à ce jour sérieusement concurrencé par le développement d'autres courbes.
françoise et karell semtob

MS

Rédigé par : Savonarole | 03 octobre 2013 à 17:02
___
Savon et douche, mieux que bain et mousse.

Patrice Merville

PB en petite forme.
Billet long et plat comme les plaidoiries de son avocat préféré (je veux dire F.S...).
Il aurait fallu, si j'ose dire, illustrer la démonstration par des exemples précis apportant la preuve qu'un film où la représentation de la nudité est évitée serait meilleur. Il fallait le génie de Hitchcok pour suggérer le désir.

Alex paulista

Le débat est le même entre Sinead O'Connor and Myley Cyrus :

http://music-mix.ew.com/2013/10/02/sinead-oconnor-miley-cyrus-open-letter/

Elle pouvait bien se raser la tête, j'avais craqué pour Sinead O'Connor dès The Lion and the Cobra.
http://www.youtube.com/watch?v=JeIHZvZTJTg

Michelle D-LEROY

Le cinéma français est le reflet de la société : malade. Il ne sait plus quoi inventer, alors il propose des dérivatifs en montrant du "nu". Commercialement, c'est plus vendeur même si cela n'apporte rien au film. Certains de nos artistes ont envie de choquer, par provocation, c'est leur façon d'être. La gloire leur monte à la tête.

Au passage, je dirais que je ne trouve rien de plus énervant que de voir certains de ces artistes faire la promotion de leur film. Ils se comportent en héros, comme s'ils avaient sauvé le monde. Sexe et vulgarité, insolence et provocation, cela ressemble à la décadence d'une fin de civilisation.

En comparaison, je regarde depuis le début la série (téléfilm) sur France 3 "Un village français", c'est excellent.

Je n'ai rien à ajouter à la fine analyse de Dominique Jamet sur bvoltaire.fr. C'est du grand téléfilm qui vaut de loin du mauvais cinéma. Et je me réjouis de suivre les futurs épisodes. Les acteurs dont Robin Renucci sont plus vrais que nature et... habillés.

Dans un autre registre la série "Engrenages" était aussi excellente.

scoubab00

On retrouve sur nos écrans ce qu'il y a derrière la porte éclairée du four : de la viande débitée par les industries : X, cinéma conventionnel et agro-alimentaire. Du porc dans l'assiette et même au-dessus. Avant était l'artisanat, incertain : fesse reliée glissée sous le manteau, films prudes quelquefois beaux où telle phrase, telles attitudes se chargeaient de stimuler l'éros des cinéphiles ; bêtes élevées et souvent respectées à la ferme.

Puis le néon et le béton de l'industrie ont déferlé. Le poulet aux hormones il y a une quarantaine d'années a remplacé le champêtre "en voiture Simone". Une simple secousse était suffisante alors pour désolidariser l'os de la viande. C'est pareil pour nos acteurs et actrices actuels, qui ont l'effeuillage marketé peu farouche en effet. J'avancerais deux explications prudentes pour ma part :

- Le réchauffement de la planète qui peut rendre le port du vêtement laïc pénible, il n'y a plus de saisonn chantait déjà Carlos, le visionnaire, pas le terroriste.

- Le taux de naissance étrangement élevé dans notre pays si on le compare à ceux de nos voisins italien, allemand, britannique... ces derniers doivent comprendre bien des choses lorsqu'ils visionnent nos films : un Parisien bien mis amoureux de sa psy gironde qui vit seule avec son chien tout en ayant un amant pas loin qui n'est autre que le conseiller d'éducation de son premier fils lequel est amoureux de son ancienne copine de fac qui s'habille comme une lolita tout en ayant trente ans de moins que son futur mari lequel a une liaison parallèle plutôt platonique mais pas totalement.

Epatés qu'ils sont, les horsains : sacrés Français, sexualité reproductive, sexualité récréative, rien ne leur fait peur à part leur ombre et leur anglais.

Jabiru

L'érotisme oui, le vulgaire aucun intérêt !

Alex paulista

Au moins le sexe est pacifique. Le phénomène est encore pire avec les armes, la violence.
Dans beaucoup de films ou de séries, impossible d’insuffler de l'intensité dramatique sans bagarre, flingue ou autre massacre à la machette.
C'est lourd à force, et ça pénètre dans les esprits faibles. Au Brésil pas mal d'armes circulent et l'autre jour j'entendais un gars de trente ans menacer sa mère (veuve depuis cinq ans) de tuer l'homme avec qui elle voulait refaire sa vie. Elle disait qu'elle allait s'enfuir.
C'était drôle, on se croyait à la télé ou au début d'un road movie.
Ce qui est moins drôle c'est de savoir que le fils a une arme et le cerveau d'une huître.

Tipaza

"Le cinéma français se perd non seulement à cause de ces réalisateurs qui se croient scénaristes alors qu'ils sont si peu les premiers et pas du tout les seconds"

Je suis d’accord avec vous !
Il y a tellement de sujets passionnants qui pourraient être soutenus par notre ministre de la Culture pour l’édification des jeunes pour lesquels le gouvernement met en place une sorte de RSA jeunes...
Par exemple, un sujet d’actualité :
« Des yeux verts au printemps deviennent-ils marrons à l’automne ? »
Avec comme actrice… au hasard Adriana Lima, ou Kristen Stewart.

Une question me taraude cependant. Croyez-vous vraiment que les spectateurs ne regarderaient que leurs yeux ??

Savonarole

Bilger/Reffait :

Dès qu'il y a dans un commentaire plus de dix "Je", "Moi", "Je Me Moi", "Je Je Je", ça devient insupportable, il devient urgent d'instaurer sur ce blog une Charte de la branlette narcissique.

sbriglia, du vice, oui, mais de la tenue...

"Les vicelards distingués" : on dirait un film de Max Pecas !

Jean-Paul Ledun

Hier pour tourner il fallait coucher, aujourd'hui il faut accepter de tomber la culotte.

Evitons quand même de trop cracher dans la soupe. Ces dames vont nous traiter de piètres menteurs. Nous aimons nous rincer l'œil.
De là en faire une banalité ou une figure imposée pour sauver un film médiocre, je vous rejoins Philippe.

Pire encore sont les contenus des pubs qui elles passent en boucle à la télé. Quelle image ! Je roule en... alors la Bella Donna accepte de monter à bord. Belles valeurs que l'on transmet à notre jeunesse.
Il n'y a plus une pub qui ne mette pas en scène l'Avoir et le Pouvoir avec ses chapelets d'images de c...

Je ne supporte pas (et depuis très longtemps).

Jean-Dominique Reffait

Ce qui est vrai dans un certain cinéma est vrai aussi dans la littérature et ce n'est pas tant le sexe en lui-même qui est pénible mais bien plutôt l'exposition crue de l'organique : on baise, on urine, on vomit, on crache, on saigne en direct et on ne nous épargne pas l'aiguille du toxico qui rentre dans la peau. Houellebecq, Angot, Breillat, Kechiche et consorts, le trash vulgaire.

Je ne suis pas prude, pas plus que vous je pense, et vous serez d'accord avec moi que la nudité ou le sexe peuvent avoir une place dans un film. Je pense aux "Valseuses", je pense aussi à "L'Empire des sens", grand film. Mais, pour travailler de tels sujets, il faut sans doute plus de talent que n'en ont ceux qui s'y adonnent ordinairement. Je ne peux cependant guère en parler savamment, je fuis ces films comme la peste. J'aime bien la photo de Léa Seydoux en couverture de Lui mais je n'irai jamais voir "La vie d'Adèle" de Kechiche car, pour me rincer l'oeil, j'aime que cela se fasse dans la joie et non dans la morbidité crasseuse de ce genre de cinéma.

D'autant plus que les scénarios portent souvent le même message : sexe et mort, sexe et maladie, sexe et torture. On ne rigole jamais dans le sexe cinématographique, il faut en baver, être coupable, s'humilier, très peu pour moi ! C'est l'assurance d'une surenchère infinie dans l'exhibition organique, à qui produira un film plus scandaleux que les précédents pour dépasser des limites qui n'existent même plus.

calamity jane

Ben quoi ? Vous n'allez pas faire le difficile ?
Vous ne voulez pas qu'on vous montre tout ce que l'humain sait faire en partage ?
Aujourd'hui, on ne dit pas j'ai soulagé mon transit, on dit j'ai fait un gros kk ! quand les deux sont inutiles à proposer comme échange.
Beaucoup d'émissions de télévision (trop) sont des vitrines de pub pour des œuvres dont le commun des habitants du pays a déjà vécu mieux ou plus hilarant. Et c'est avec un plaisir non dissimulé qu'on vous plaque un adjectif défini et définitif pour se passer de votre éventuelle critique ou remarque, pour le moins. Le monde des demi-dieux vicelards distingués et pathétiques.
Le voisin m'a fait remarquer que tous les animateurs à talk-show (ça m'écorche les doigts ce vocable) commençaient sérieusement à lasser ! qui font leur numéro avant une émission au lieu de se produire sur scène.
"La confusion des mots finit, toujours, par entraîner celles des choses." M. Maffesoli.

Boris

Rectificatif : Après un coup d'oeil sur les infos du jour, je dois avouer que le cinéma comique français a encore de beaux jours devant lui, si l'on pose les caméras à l'Elysée ou à Matignon.

Remarquez, on en revient toujours à Lino Ventura : après cinq années à subir un Ruffian, on en est arrivé à l'Armée des Ombres... et en mars prochain, la Gifle !

Boris

@ Tipaza

Oui, un poème admirable, surtout lorsqu'il est chanté par la Balasko dans un nanar suprême…

http://www.youtube.com/watch?v=juH0dxA02w8

Dans le genre, vous avez aussi Grécourt :

Un papillon, sur son retour,
Racontait à deux tourterelles,
Combien dans l'âge de l'amour
Il avait caressé de belles…

Et bien d’autres morceaux plus ou moins lestes et explicites. Evidemment, le libertinage est mort, au moins dans sa variante créative…

Un autre genre un peu moribond, c’est le cinéma. Je ne sais s’il est mort en 1983, comme le disait Godard. Bon, le cinéma de JLG aussi est décédé depuis longtemps, d’une indigestion massive d’auto-citations, ou d'un maoïsme dissous dans le lac Léman. Mais lorsque l'ermite de Rolle traumatisait des acteurs, c’était Mireille Darc et Jean Yanne dans Week-end, un tandem nettement plus dangereux que Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos. Surtout Jean Yanne...

Enfin, c'est vrai, le cadavre ne bouge plus guère. Plus de producteurs mais des gestionnaires, plus d’acteurs denses avec des seconds rôles orbitant autour, plus de réalisateurs prenant un peu de temps pour faire un film. Plus de Lautner, plus de Tanner, plus de salamandres, plus de cloportes : et pas grand-chose entre les deux. Et ne parlons pas d’Audiard, on se fâcherait…

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