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03 octobre 2013

Commentaires

Savonarole

"moi par exemple, je suis allé voir le film avec ma mère, ces scènes m'embarrassaient un peu"
Rédigé par : Buridan | 09 octobre 2013 à 18:37

Il emmène sa mère voir des films porno... C'est bien la peine de nous dauber sur Kant et le le Pape François... Dès que le singe monte dans l'arbre on voit son derrière...

Buridan

Je viens de voir "La vie d'Adèle".
Il y a quatre scènes de fornication. La première est hétérosexuelle, les trois autres sont lesbiennes. Elles sont longues et pas mal explicites. Aucune musique, me semble-t-il. Des bruits de ventouses.
Le sujet étant l'initiation sexuelle et le premier amour, ça n'a rien de déplacé. Ce n'est pas non plus superflu, parce que ça a été assez peu montré jusqu'à présent. De toutes façons, c'est important de savoir comment ça se passe entre eux charnellement parlant. J'ai vu par exemple un Hitchcock il y a quelques jours. Il s'agit de la rencontre amoureuse de deux personnages et des premières semaines de leur mariage. Pas une scène évoquant le fait qu'ils couchent ensemble - alors même que l'héroïne est censée être vierge. C'en est ridicule...

Ca m'étonnerait que ces scènes de fornication excitent beaucoup de spectateurs, même si les deux filles sont bien faites. Et il y a certainement des spectateurs que ces scènes gênent (moi par exemple, je suis allé voir le film avec ma mère, ces scènes m'embarrassaient un peu).

Bref, quel progrès par rapport à la ridicule et superficielle chasteté des films de jadis !

oursivi

"à cause de ces réalisateurs qui se croient scénaristes alors qu'ils sont si peu les premiers et pas du tout les seconds mais surtout parce que l'intrusion permanente de la salacité et de la crudité finit par lasser le spectateur même le plus complaisant."
PB

Ah, ça, depuis le temps qu'on le dit qu'on ne s'autoproclame pas scénariste parce qu'on sait crier "moteur"...!

Je ne voudrais pas transposer au 7ème art (ou ochon, de l'art ou du choquons), la rance et lucide querelle de ce que les phases révolutionnaires charrient à tort (la critique des ex soixante-huitards en est un bel exemple), mais tout de même...

Les intellos (réels eux, de la Nouvelle Vague) savaient écrire en sus de filmer, ils l'ont d'ailleurs abondamment montré.

Nos récents filmeurs ne le savent pas, ils le démontrent chaque mercredi.

C'est leur droit, comme le nôtre de ne plus mettre les pieds au cinéma.

Hormis la Cinémathèque et quelques salles revival des environs de la rue des Écoles, peu me chaud le reste.

Ai découvert une auteur fort connue en son temps mais point démodable en sa quête de vérité.

Erica Jong et son "Complexe d'Icare" m'avait filé entre les mailles, ne suis point mécontent de les avoir un peu resserrées.

AO

Boris

@ Savonarole

Merci de l'info. Pierre Brasseur en Buridan, ça doit être une merveille...

Buridan

@Boris

...........................la roine
Qui commanda que Buridan
Fut jeté en un sac en Seine

Aux Limbes, éternellement se fait envahir par divers trous dont des plaies, sans que elle - ni le spectateur à ses cris - ne sache si c'est châtiment cruel ou prémices sensuels des félicités célestes.

Mais où est-elle, où, Vierge souveraine ?

Elle se fait baratter, en gros plan, par un cuistre et rustre dont le vit compte.

Savonarole

@ Boris

"Il n'y a pas de films sur le sujet"...

Mais si, mais si : La Tour de Nesle (1955), long-métrage d'Abel Gance (d'après Alexandre Dumas), avec Silvana Pampanini (Marguerite de Bourgogne), Pierre Brasseur (Buridan)…

Pour ceux qui croient que l'expression "monter dans les tours" vient de là ce serait une erreur, cette expression nous vient des Croisades, lors de nos "génocides" en Terre Sainte, comme dirait Mary...

Boris

@ Buridan
"Mieux vaut un bon film sans cul qu'un mauvais film avec cul".

Foutre ! Et qu'en dirait Benjamin Rathery, qui embrassa jadis Bernard Blier "à tel endroit qu'il lui plairait de désigner" ? Et la Grande bouffe ! Et la buraliste d'Amarcord ! Ces mauvais films sont meilleurs que bien des bons...

Sans parler de Buridan, qui fust gecté en ung sac en Seine, et il n'était pas trop habillé, me suis-je laissé dire, vu qu'il venait de s'envoyer en l'air avec Marguerite de Bourgogne dans la tour de Nesle. Il n'y a malheureusement pas de films sur le sujet.

Notez que je ne suis pas sans pudeur. Je m'abstiendrai d'évoquer l'essoine de Pierre Esbaillart...

Mais où sont les neiges d'antan ?

 Buridan

Vous dites :
"Mieux vaut un bon film sans cul qu'un mauvais film avec cul".
Certes ! (si l'on est amateur de cinéma et non de cul, ce qui n'est pas le cas de tout le monde).

Vous dites aussi :
"Il ne peut y avoir de bon film avec cul".
Et là vous avez évidemment tort (à la réserve qu'un spectateur élevé dans de certaines moeurs ne peut pas apprécier certains films, tellement il est choqué. Mais les moeurs changent avec les temps).
Ce qui est vrai c'est qu'un film qui fait bander ne peut pas être apprécié esthétiquement parlant (en effet, il faut, en art, une certaine distance avec le plaisir), mais personne ne bande à voir ces scènes cul.

Les mêmes réflexions pourraient être faites sur la violence :
"Pour un cinéphile, mieux vaut un bon film sans hémoglobine qu'un mauvais film où elle abonde".
"Il peut y avoir un bon film ruisselant de sang (à ceci près que nombre de spectateurs, en particulier parmi ceux élevés dans d'ancienne moeurs, ne pourront pas l'apprécier)".

vamonos

Le cinéma est le lieu de tous les paradoxes, de toutes les contradictions. De magnifiques créatures aux corps envoûtants s'ébattent tandis que des frustrés grignotent dans le noir.

Le cinéma est le lieu de toutes les dérives, de tous les mensonges romantiques. La Beauté s'oppose à la Vertu, La Belle à la Bête.

Pour sa santé, attention à l'abus d'alcool.
Pour sa santé, elle a bu de l'alcool.

La plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu'elle a.

semtob

Cher Philippe,

Pour faire court, l'homme restera un éternel chasseur ou Diane en personne.
Il est bien fini le temps "des beaux petits culs américains" et le vrai pygophile ne peut que s'attendrir à la découverte de douces rondeurs.
Cette tendance a toute chance de réussite parce que l'intérêt pour le développement du cerveau est à ce jour sérieusement concurrencé par le développement d'autres courbes.
françoise et karell semtob

MS

Rédigé par : Savonarole | 03 octobre 2013 à 17:02
___
Savon et douche, mieux que bain et mousse.

Patrice Merville

PB en petite forme.
Billet long et plat comme les plaidoiries de son avocat préféré (je veux dire F.S...).
Il aurait fallu, si j'ose dire, illustrer la démonstration par des exemples précis apportant la preuve qu'un film où la représentation de la nudité est évitée serait meilleur. Il fallait le génie de Hitchcok pour suggérer le désir.

Alex paulista

Le débat est le même entre Sinead O'Connor and Myley Cyrus :

http://music-mix.ew.com/2013/10/02/sinead-oconnor-miley-cyrus-open-letter/

Elle pouvait bien se raser la tête, j'avais craqué pour Sinead O'Connor dès The Lion and the Cobra.
http://www.youtube.com/watch?v=JeIHZvZTJTg

Michelle D-LEROY

Le cinéma français est le reflet de la société : malade. Il ne sait plus quoi inventer, alors il propose des dérivatifs en montrant du "nu". Commercialement, c'est plus vendeur même si cela n'apporte rien au film. Certains de nos artistes ont envie de choquer, par provocation, c'est leur façon d'être. La gloire leur monte à la tête.

Au passage, je dirais que je ne trouve rien de plus énervant que de voir certains de ces artistes faire la promotion de leur film. Ils se comportent en héros, comme s'ils avaient sauvé le monde. Sexe et vulgarité, insolence et provocation, cela ressemble à la décadence d'une fin de civilisation.

En comparaison, je regarde depuis le début la série (téléfilm) sur France 3 "Un village français", c'est excellent.

Je n'ai rien à ajouter à la fine analyse de Dominique Jamet sur bvoltaire.fr. C'est du grand téléfilm qui vaut de loin du mauvais cinéma. Et je me réjouis de suivre les futurs épisodes. Les acteurs dont Robin Renucci sont plus vrais que nature et... habillés.

Dans un autre registre la série "Engrenages" était aussi excellente.

scoubab00

On retrouve sur nos écrans ce qu'il y a derrière la porte éclairée du four : de la viande débitée par les industries : X, cinéma conventionnel et agro-alimentaire. Du porc dans l'assiette et même au-dessus. Avant était l'artisanat, incertain : fesse reliée glissée sous le manteau, films prudes quelquefois beaux où telle phrase, telles attitudes se chargeaient de stimuler l'éros des cinéphiles ; bêtes élevées et souvent respectées à la ferme.

Puis le néon et le béton de l'industrie ont déferlé. Le poulet aux hormones il y a une quarantaine d'années a remplacé le champêtre "en voiture Simone". Une simple secousse était suffisante alors pour désolidariser l'os de la viande. C'est pareil pour nos acteurs et actrices actuels, qui ont l'effeuillage marketé peu farouche en effet. J'avancerais deux explications prudentes pour ma part :

- Le réchauffement de la planète qui peut rendre le port du vêtement laïc pénible, il n'y a plus de saisonn chantait déjà Carlos, le visionnaire, pas le terroriste.

- Le taux de naissance étrangement élevé dans notre pays si on le compare à ceux de nos voisins italien, allemand, britannique... ces derniers doivent comprendre bien des choses lorsqu'ils visionnent nos films : un Parisien bien mis amoureux de sa psy gironde qui vit seule avec son chien tout en ayant un amant pas loin qui n'est autre que le conseiller d'éducation de son premier fils lequel est amoureux de son ancienne copine de fac qui s'habille comme une lolita tout en ayant trente ans de moins que son futur mari lequel a une liaison parallèle plutôt platonique mais pas totalement.

Epatés qu'ils sont, les horsains : sacrés Français, sexualité reproductive, sexualité récréative, rien ne leur fait peur à part leur ombre et leur anglais.

Jabiru

L'érotisme oui, le vulgaire aucun intérêt !

Alex paulista

Au moins le sexe est pacifique. Le phénomène est encore pire avec les armes, la violence.
Dans beaucoup de films ou de séries, impossible d’insuffler de l'intensité dramatique sans bagarre, flingue ou autre massacre à la machette.
C'est lourd à force, et ça pénètre dans les esprits faibles. Au Brésil pas mal d'armes circulent et l'autre jour j'entendais un gars de trente ans menacer sa mère (veuve depuis cinq ans) de tuer l'homme avec qui elle voulait refaire sa vie. Elle disait qu'elle allait s'enfuir.
C'était drôle, on se croyait à la télé ou au début d'un road movie.
Ce qui est moins drôle c'est de savoir que le fils a une arme et le cerveau d'une huître.

Tipaza

"Le cinéma français se perd non seulement à cause de ces réalisateurs qui se croient scénaristes alors qu'ils sont si peu les premiers et pas du tout les seconds"

Je suis d’accord avec vous !
Il y a tellement de sujets passionnants qui pourraient être soutenus par notre ministre de la Culture pour l’édification des jeunes pour lesquels le gouvernement met en place une sorte de RSA jeunes...
Par exemple, un sujet d’actualité :
« Des yeux verts au printemps deviennent-ils marrons à l’automne ? »
Avec comme actrice… au hasard Adriana Lima, ou Kristen Stewart.

Une question me taraude cependant. Croyez-vous vraiment que les spectateurs ne regarderaient que leurs yeux ??

Savonarole

Bilger/Reffait :

Dès qu'il y a dans un commentaire plus de dix "Je", "Moi", "Je Me Moi", "Je Je Je", ça devient insupportable, il devient urgent d'instaurer sur ce blog une Charte de la branlette narcissique.

sbriglia, du vice, oui, mais de la tenue...

"Les vicelards distingués" : on dirait un film de Max Pecas !

Jean-Paul Ledun

Hier pour tourner il fallait coucher, aujourd'hui il faut accepter de tomber la culotte.

Evitons quand même de trop cracher dans la soupe. Ces dames vont nous traiter de piètres menteurs. Nous aimons nous rincer l'œil.
De là en faire une banalité ou une figure imposée pour sauver un film médiocre, je vous rejoins Philippe.

Pire encore sont les contenus des pubs qui elles passent en boucle à la télé. Quelle image ! Je roule en... alors la Bella Donna accepte de monter à bord. Belles valeurs que l'on transmet à notre jeunesse.
Il n'y a plus une pub qui ne mette pas en scène l'Avoir et le Pouvoir avec ses chapelets d'images de c...

Je ne supporte pas (et depuis très longtemps).

Jean-Dominique Reffait

Ce qui est vrai dans un certain cinéma est vrai aussi dans la littérature et ce n'est pas tant le sexe en lui-même qui est pénible mais bien plutôt l'exposition crue de l'organique : on baise, on urine, on vomit, on crache, on saigne en direct et on ne nous épargne pas l'aiguille du toxico qui rentre dans la peau. Houellebecq, Angot, Breillat, Kechiche et consorts, le trash vulgaire.

Je ne suis pas prude, pas plus que vous je pense, et vous serez d'accord avec moi que la nudité ou le sexe peuvent avoir une place dans un film. Je pense aux "Valseuses", je pense aussi à "L'Empire des sens", grand film. Mais, pour travailler de tels sujets, il faut sans doute plus de talent que n'en ont ceux qui s'y adonnent ordinairement. Je ne peux cependant guère en parler savamment, je fuis ces films comme la peste. J'aime bien la photo de Léa Seydoux en couverture de Lui mais je n'irai jamais voir "La vie d'Adèle" de Kechiche car, pour me rincer l'oeil, j'aime que cela se fasse dans la joie et non dans la morbidité crasseuse de ce genre de cinéma.

D'autant plus que les scénarios portent souvent le même message : sexe et mort, sexe et maladie, sexe et torture. On ne rigole jamais dans le sexe cinématographique, il faut en baver, être coupable, s'humilier, très peu pour moi ! C'est l'assurance d'une surenchère infinie dans l'exhibition organique, à qui produira un film plus scandaleux que les précédents pour dépasser des limites qui n'existent même plus.

calamity jane

Ben quoi ? Vous n'allez pas faire le difficile ?
Vous ne voulez pas qu'on vous montre tout ce que l'humain sait faire en partage ?
Aujourd'hui, on ne dit pas j'ai soulagé mon transit, on dit j'ai fait un gros kk ! quand les deux sont inutiles à proposer comme échange.
Beaucoup d'émissions de télévision (trop) sont des vitrines de pub pour des œuvres dont le commun des habitants du pays a déjà vécu mieux ou plus hilarant. Et c'est avec un plaisir non dissimulé qu'on vous plaque un adjectif défini et définitif pour se passer de votre éventuelle critique ou remarque, pour le moins. Le monde des demi-dieux vicelards distingués et pathétiques.
Le voisin m'a fait remarquer que tous les animateurs à talk-show (ça m'écorche les doigts ce vocable) commençaient sérieusement à lasser ! qui font leur numéro avant une émission au lieu de se produire sur scène.
"La confusion des mots finit, toujours, par entraîner celles des choses." M. Maffesoli.

Boris

Rectificatif : Après un coup d'oeil sur les infos du jour, je dois avouer que le cinéma comique français a encore de beaux jours devant lui, si l'on pose les caméras à l'Elysée ou à Matignon.

Remarquez, on en revient toujours à Lino Ventura : après cinq années à subir un Ruffian, on en est arrivé à l'Armée des Ombres... et en mars prochain, la Gifle !

Boris

@ Tipaza

Oui, un poème admirable, surtout lorsqu'il est chanté par la Balasko dans un nanar suprême…

http://www.youtube.com/watch?v=juH0dxA02w8

Dans le genre, vous avez aussi Grécourt :

Un papillon, sur son retour,
Racontait à deux tourterelles,
Combien dans l'âge de l'amour
Il avait caressé de belles…

Et bien d’autres morceaux plus ou moins lestes et explicites. Evidemment, le libertinage est mort, au moins dans sa variante créative…

Un autre genre un peu moribond, c’est le cinéma. Je ne sais s’il est mort en 1983, comme le disait Godard. Bon, le cinéma de JLG aussi est décédé depuis longtemps, d’une indigestion massive d’auto-citations, ou d'un maoïsme dissous dans le lac Léman. Mais lorsque l'ermite de Rolle traumatisait des acteurs, c’était Mireille Darc et Jean Yanne dans Week-end, un tandem nettement plus dangereux que Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos. Surtout Jean Yanne...

Enfin, c'est vrai, le cadavre ne bouge plus guère. Plus de producteurs mais des gestionnaires, plus d’acteurs denses avec des seconds rôles orbitant autour, plus de réalisateurs prenant un peu de temps pour faire un film. Plus de Lautner, plus de Tanner, plus de salamandres, plus de cloportes : et pas grand-chose entre les deux. Et ne parlons pas d’Audiard, on se fâcherait…

amfortas

Au fond, dans le cinéma français, il y a du bon et du mauvais, la belle blague.
L'obsession du nu et du sexe. Allons, un peu de mémoire: Edwige Feuillère soi-même descendant dans son bain de lait d'ânesse. Deneuve à poil dans la revue de Flynt, le vol du Condor, premier nu féminin intégral de face, c'est déjà ancien, les grafitti de Pompéi, l'equus eroticus, le banquet de Trimalcion, les poésies de Théophile de Viau, les poèmes de Baudelaire sur les femmes damnées, les deux gougnottes de Marest, Gamiani attribué à Musset et tout le tralala du traintrain infini de gravures graveleuses ou canailles du début du siècle, le XXe, relisez Du côté de chez Swann, Mademoiselle Vinteuil choquant Francis Jammes, là, on touche au sublime de l'évocation, mais on n'a pas un Proust tous les cent ans.
Ce qui gêne aujourd'hui, c'est que le nombre accède, par la voie la moins onéreuse; l'image publique. Que la critique en rajoute en ignorant le phénomène et passe sous silence les séquences, pour ne se référer qu'au contenu ou au vide de l'argument.
En outre, l'invasion du porno majoritairement américain et japonais qui dégrade n'est que l'extrapolation des images distribuées sous le manteau augmentées des moyens industriels.
Enfin, la justification de l'omniprésence des scènes explicites est défendue par les meilleures consciences de la Nation, souvent par opposition à l'extrême droite, naturellement fasciste et donc nazie qui détient le secret du puritanisme.
C'est oublier que tous les régimes dictatoriaux sont socialistes ou religieux, au moins en paroles et en doctrine, que la pire saloperie en matière sexuelle était Staline et le plus puritain... Hitler, malgré la légèreté des moeurs en Allemagne de l'époque et le Lebensborn...
Nous partageons donc tous cet excès mais il est très facile de s'en défendre : ne pas aller au cinéma voir ces films, négliger le bavardage peudo-intellectuel et regarder "Un village français" à la télévision, oeuvre rare par son objectivité et ses scrupules, sans autre référence que l'angoisse existentielle.
Même si un législateur voulait taxer la fesse plutôt que le vin comme il s'apprête à le faire parce que ce n'est pas bon pour la santé, il encourrait un hourvari au nom de la liberté, preuve que les hommes ne sont pas encore gavés de sécrétions intimes et que les chaussettes à fleurs de la reine Victoria ne les émeuvent pas encore.

Xavier NEBOUT

L'intellectualisation au cinéma grand public du dérèglement psychique afférent à la pornographie semble avoir commencé avec "Emmanuelle", et là, il faut déjà avoir plus de santé que moi pour se fader le nanard jusqu'au bout.

Content de découvrir la via Appia, j'avais assisté au spectacle de deux types en train d'aider un troisième à se "faire" une prostituée dans une fiat 500 !
Trente ans plus tard, je la faisais découvrir à mon fils, et ça n'avait pas changé.
Là, c'est le fond tel qu'il a toujours été.

A regarder les médias on peut se demander si celui qui ne prendrait pas plaisir à regarder son épouse se faire "tirer" dans un club d'échangistes ne passerait pas dans quelques années pour un attardé mental.

Vivement la charia en France !

Achille

Bonjour Philippe Bilger,

« Les vicelards distingués »

Vous avez raison, Philippe Bilger, cette banalisation de la fesse sur nos écrans devient pénible et ce d’autant plus que maintenant avec Internet, ceux (et celles) qui apprécient ce genre de spectacle peuvent se repaître de ce genre d'images et vidéos jusqu’à satiété.

On en arrive à regretter les films des années 50 où les scènes « osées » qui à l’époque avaient fait scandale, que ce soit avec des stars comme Brigitte Bardot ou Marilyn Monroe, ne soient plus aujourd’hui que des petites scénettes gentillettes et délicieusement érotiques que même un enfant de douze ans peut regarder sans qu'il en soit traumatisé.

Le pire étant, ainsi que vous le soulignez, ces films réalisés par des cinéastes supposés de renom, censés maîtriser le côté artistique des images et qui se vautrent dans le vulgaire au point qu'au final, ce qui est supposé être un film destiné à des amateurs (certes avertis) de la beauté sous toutes ses formes, en est réduit à un navrant film de série X pour petits vicelards coincés.

Le fameux film "La Vie d'Adèle" avec Léa Seydoux en est le parfait exemple.

Tipaza

Ah, l’heureux temps passé, l’audiovisuel n’existait pas et on laissait parler l’imagination sans dire la chose, ni le mot.
Tout le monde connaît l’admirable poème de l’Abbé de Lattaignant, mais je ne résiste pas au plaisir d’en céder quelques vers ici et maintenant :

Le Mot et la Chose

Madame quel est votre mot
Et sur le mot et sur la chose
On vous a dit souvent le mot
On vous a fait souvent la chose
Ainsi de la chose et du mot
Vous pouvez dire quelque chose
Et je gagerais que le mot
Vous plaît beaucoup moins que la chose
Pour moi voici quel est mon mot
Et sur le mot et sur la chose
J'avouerai que j'aime le mot
J'avouerai que j'aime la chose…

Pour la suite, vous la trouverez ici :

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/gabriel_charles_abbe_de_lattaignant/le_mot_et_la_chose.html


sbriglia

Dans "L'Île des Pingouins", Anatole France raconte le désespoir de la pingouine qui, nue, n'arrive pas à attirer l'attention du pingouin...
Elle finit par se coller une feuille de vigne à l'endroit stratégique : le pingouin, en grande excitation, n'a alors de cesse de vouloir l'ôter...
Une des plus belles scènes érotiques se trouve dans "Un été 42" : tout est suggéré, en contre-jour, sans chair offerte... Ceux qui ont vu ce film me comprendront...

Kemener

Même si le problème est plus complexe que cela, comment s'étonner que certaines jeunes filles portent le voile, parfois comme une réponse à cet étalage, inutile, que vous évoquez...

moncreiffe

« Le cinéma français se perd non seulement à cause de ces réalisateurs qui se croient scénaristes alors qu'ils sont si peu les premiers et pas du tout les seconds mais surtout parce que l'intrusion permanente de la salacité et de la crudité finit par lasser le spectateur même le plus complaisant. »

Je partage l’avis de Philippe Bilger. Le cinéma français offre, en gros, deux types de films : le cinéma d’auteur (intello et pénible) et le cinéma populaire (racoleur et facile). Il existe bien quelques exceptions. Je songe à Bertrand Tavernier et à ses films à la fois intelligents et populaires (au bon sens du terme). Je songe aussi à Jean-Jacques Annaud qui tourne peu, mais ce sont toujours des productions ambitieuses.

J’ai toujours préféré le cinéma américain (comme Bertrand Tavernier), en particulier les films de John Ford ou de Clint Eastwood. Je préfère aujourd’hui regarder des séries télévisées américaines (pas toutes). Dans leur cas, il n’y a guère de confusion entre réalisateurs et scénaristes (chacun son rôle). Les réalisateurs se contentent sagement de mettre en forme des histoires écrites par des équipes de scénaristes. Ce qui compte pour eux, c’est de raconter de bonnes histoires. Que demander de plus ?

Jean Morland

Bravo pour cette très délicate dénonciation d'un des traits les plus marquants de la décadence contemporaine de l'art et de la sensibilité : impudeur, indécence, vulgarité, brutalité et violence... S'agissant du sexe, on ne peut que constater que la prétendue libération a fait place à l'obsession. Dans tout cela, évidemment, on ne parle guère d'amour.

H.

Bonjour,

C'est entre autres pour cette raison que j'ai pris beaucoup de plaisir à voir le dernier film de Woody Allen, "Blue Jasmine". Qu'on aime ou pas ce cinéaste, force est de reconnaître qu'il sait encore surprendre le spectateur sans tomber dans les travers que vous dénoncez. La performance des deux actrices principales du film est réelle et ne doit rien à un morceau de chair dévoilé. En France, il y avait Eric Rohmer qui professait une philosophie identique. "The Artist" était également de la même veine. Le reste...

Bonne journée

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