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06 octobre 2013

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Voici les sites qui parlent de Un François qui réussit :

Commentaires

Buridan

@Alex paulista

J'ai entendu parler de la théorie de la Relativité, mais je ne parviens pas à y croire.
Je me demande jusqu'à quel point ceux qui ont étudié la physique parviennent à y croire.
Par exemple, je n'ai jamais entendu un instruit en physique dire :
"J'espère passionnément qu'on découvrira une importante masse cachée, car cela aura pour conséquence une rétraction de l'Univers jusqu'à une Grande Contraction symétrique du Big Bang, dans x milliards d'années.
Donc (version athée), je serai mort pendant x milliards d'années, pas indéfiniment, ou (version théiste, style traditionaliste), je serai mort pendant x milliards d'années, pas plus, après quoi viendra, je pense, le Jugement dernier."

Buridan

AO a écrit : "Pour moi Dieu est bien moins dans un Big Bang technique il y a des milliards d'années que dans le mystère de la vie chaque jour renouvelé".
Rédigé par : Alex paulista | 10 octobre 2013 à 05:28

Cela me plaît."

Cela ne me convainc pas : la vie, ce n'est rien d'autre que du physico-chimique. Aucun mystère propre là-dedans.
Et le physico-chimique, la matière, on le sait depuis qu'on a compris que "le livre de la nature est écrit en langage mathématique" - depuis le XVIIe siècle - ce n'est rien de mystérieux, d'admirable.
La nature a été radicalement désenchantée par la science.
Il n'y a pas plus lieu d'admirer la vie qu'il n'y a lieu de vénérer une fontaine ou un rocher.

Soit un Dieu, radicalement hors du monde parce qu'il ne s'y manifeste pas, soit rien.

oursivi

"Pour moi Dieu est bien moins dans un Big Bang technique il y a des milliards d'années que dans le mystère de la vie chaque jour renouvelé".
Rédigé par : Alex paulista | 10 octobre 2013 à 05:28

Cela me plaît.

Buridan a écrit des choses intéressantes à n'y pas enterrer Kant.

Marc, vos phrases confessent la grâce qui semble vous avoir saisi.

Heureux homme.

AO

MS

@ Axel

Les théories du multivers sont plausibles mais on ne pourra en effet jamais les vérifier expérimentalement, parce que la physique de ces univers n'est par définition pas la nôtre.
On remarquera quand même que ces théories visent à sortir d'un ajustement trop parfait pour exclure un ajusteur. L'imprégnation déiste n'est pas toujours où l'on croit.

@ Alex

"Donc la "probabilité" est de 0 ou de 1 suivant la foi qu'on a."

Je ne vois pas pourquoi. La foi n'a rien à redouter de la science. Inversement, croyant ou pas, un scientifique véritable devrait pouvoir objectivement tout envisager.

@ Buridan

D'athée à chrétien en un coup de foudre. Rien de grave.

Alex paulista

@ Buridan | 10 octobre 2013 à 01:22

La mesure du temps est liée (on le sait depuis la relativité restreinte et encore plus depuis la générale) au référentiel choisi et à la densité de masse ou d'énergie. Le Big Bang étant une singularité en un peu tout ça, la mesure du temps ne se trouve plus clairement définie, ni le "avant", ni le "commencement". Un peu comme la probabilité de MS sur des espaces qui n'existent pas donc à métrique complexe à établir.

J'ai donc du mal à vous suivre. Ça me rappelle quand je faisais un stage avec une équipe qui avait créé un condensat de Bose-Einstein, et qu'un physicien de passage me demandait la température du condensat. J'étais embêté : par définition, un condensat de Bose-Einstein n'a pas de température au sens de la physique statistique, ou s'il en a une c'est zéro. C'est même à ça qu'on le reconnaît, grâce à l'équation de Shrödinger non-linéaire décrivant son expansion hors du nuage thermique.
Pour autant il a une vitesse.

Bref, il faudrait revenir sur chaque mot. Et au final, quelle différence ? Pour moi Dieu est bien moins dans un Big Bang technique il y a des milliards d'années que dans le mystère de la vie chaque jour renouvelé.

Buridan

@Alex paulista
"on peut quand même remarquer que c'est drôlement bien foutu, mais en même temps ça ne pourrait pas être autrement sinon on n'en parlerait pas. "

Tout à fait d'accord.

A part ça, je suis étonné que la succession des expansions et rétractions ne soit pas davantage évoquée par les cosmologues - quoi qu'elle le soit de temps en temps - parce que penser qu'avant le Big Bang il y a eu un "vide quantique", et jamais rien avant, ça paraît vraiment difficile à admettre.
Evidemment, ils ne peuvent rien en dire, scientifiquement parlant, mais il y a aussi que manifestement certains croient au Big Bang comme à un commencement absolu - c'est par exemple le cas de S. Weinberg dans "Les trois premières minutes de l'univers".

Ca paraît vraiment difficile à admettre, écrivais-je.
Pour un athée, évidemment.
Pour un théiste, ça m'a longtemps paru difficile aussi ("Dieu est resté seul, puis, il y a quatorze milliards d'années, il s'est trouvé seul et il a créé le monde"), tandis que la thèse de l'éternité du monde convient mieux ("Dieu a toujours créé le monde, au sens de : a toujours soutenu le monde dans l'être").
Cela dit, voilà comment je comprends maintenant la thèse de la limitation du monde dans le temps pour un théiste (sans avoir lu ce qu'en dit Thomas d'Aquin) :
Dieu crée un contingent fini. Un des aspects de cette finitude est la limitation dans le temps. Et avant cette création, il n'y a pas de temps, c'est-à-dire qu'il n'y a pas d'avant.
Bref, la création il y a quatorze milliards d'années et non pas la création sans limitation dans le temps, cela exprime la finitude du créé sans être incompatible avec l'immutabilité divine.

Sur la difficulté pour un athée de croire au Big Bang comme à un commencement absolu, il y a un livre qui jadis m'avait beaucoup plu : "Comment se pose aujourd'hui le problème de l'existence de Dieu", de Tresmontant. Les deux critiques qu'on pouvait lui faire, en ce qui concerne le Big Bang, me semblait-il : 1° a) Il n'évoquait pas la possibilité qu'il y ait eu quelque chose avant. b) Il n'évoquait pas la possibilité que le "vide quantique" ne soit pas rien. Cela lui permettait de rejeter le matérialisme. 2° Il ne voyait même pas le problème posé par la nécessité de concilier immutabilité divine et création il y a quatorze milliards d'années. Quant à la partie de l'ouvrage consacrée à l'Evolution de la vie, elle m'était restée inintelligible. Il niait toute intervention divine par violation des lois naturelles, ou dans le cadre de l'indétermination quantique, et en même temps il condamnait le matérialisme. Enfin, sur la vie, Tresmontant était intelligible, je crois, si on admettait qu'il y a d'autres causes que les causes efficientes, ce que la science n'admet plus.

Alex paulista

@ oursivi

Je suis d'accord avec vous sur toute la ligne, mais je soulignais juste mon désaccord avec la phrase de Buridan:
"Je crois qu'on peut dire que parler de la probabilité de la valeur d'une constante physique est dépourvu de sens."
Spécialement parce que c'est une question qui est posée par les deux Prix Nobel récemment décernés sur le Boson scalaire.

Parler de probabilité sans connaître l'espace de mesure est un non-sens, je suis bien d'accord.
Mais la généralisation de Buridan n'est pas juste non plus, c'est ce que je voulais dire.

Sinon, pour résumer Kant, Buridan, oursivi et MS "à grands traits", comme dirait Savo, on peut quand même remarquer que c'est drôlement bien foutu, mais en même temps ça ne pourrait pas être autrement sinon on n'en parlerait pas.
Donc la "probabilité" est de 0 ou de 1 suivant la foi qu'on a.

Buridan

@MS
"J'ai déjà indiqué à Buridan que la foi n'avait absolument rien à voir avec ces considérations astrophysiques."

Sans vouloir être indiscret, elle a à voir avec quoi dans votre cas (si foi il y a) ?

Boris

@ hameau dans les nuages.
"Je trouve au contraire que le Vatican a toujours été circonspect"

Certes. Les multinationales sont généralement prudentes. Ou elles le deviennent avec le temps.

"Sinon l'autre miracle serait que monsieur Hollande finisse son mandat. Je ne parierai pas un sesterce"

Hélas, la religion socialiste est en perte de vitesse. Après les municipales, nous allons assister à quelques bonnes apostasies...

oursivi

Sinon, pour en revenir au sujet principal, il est en effet très bien ce François.

Comme quoi la foi n'abrutit pas, contrairement à ce que les rationalistes de Damart* ont toujours voulu promouvoir :

Foi, moi, jamais !

AO

* les voilà habillés pour l'hiver

oursivi@Marc

Marc,

"Des théories dites du multivers expriment l'idée que notre univers est la combinaison gagnante parmi une infinité d'autres."

Mais celles-ci ne sont que spéculatives, en concurrence elles-mêmes avec d'autres, et si on peut constater qu'elles le sont bien dans le champ de l'extrapolation humaine ou plutôt scientifique, à ma connaissance rien d'expérimental ne peut prouver qu'un tout autre univers peut être possible et je ne crois pas qu'une seule expérience ait pu être proposée pour confirmer cela, contrairement à l'existence du Boson nobelisé, par exemple, qui n'était qu'un concept dont la vérification de l'existence demandait de grandes énergies (et de géniaux savoir-faire) pour affirmer ou infirmer les supputations théoriques visiblement d'une superbe intuition.

Je ne crois pas qu'un physicien ait jamais proposé moyen expérimental de donner corps à cela.

Il est quand même une façon plus ou moins déiste de présenter tout cela, et comme vous le savez je suis agnostique.

Maintenant, l'histoire est ou serait plus belle avec de profondes intentions, moi aussi j'aime à rêver, mais à comprendre aussi et peut-être surtout.

AO

MS

Axel,

1. J'ai déjà indiqué à Buridan que la foi n'avait absolument rien à voir avec ces considérations astrophysiques. "Fumisterie religieuse" était inutile.

2. Le consensus de la communauté scientifique vis-à-vis d'un réglage fin de l'univers ne fait aucun doute.
Des théories dites du multivers expriment l'idée que notre univers est la combinaison gagnante parmi une infinité d'autres. Ainsi le hasard est sauf.
Un corollaire est qu'il n'existe qu'une seule bonne combinaison, les mauvaises conduisant à des univers vides et stériles.

Ce consensus ne s'avérera erroné que si l'on découvre l'existence de ces autres univers. Avec quelle physique ?

Buridan

Je crois que la discussion de l'argument ontologique se poursuit après Kant.
Kant dit : dans le concept de cent thalers, il n'y a pas l'existence de ces thalers, c'est-à-dire que cent thalers inexistants (= possibles) et cent thalers réels ont même concept.
Donc l'existence n'est pas une qualité conceptuelle.
Donc l'existence ne peut pas être une propriété du concept de Dieu (un attribut de Dieu).

A quoi il lui a été répondu que, quant à l'existence, il n'en est pas de celle de Dieu comme il en est de celle de cent thalers.

Personnellement, sous forme vague, je sens la force de l'argument ontologique. Quand je me dis : "Tout n'est pas accidentel". "Le monde n'est pas perdu". Bref, quand je pense qu'il y a un être qui est sa propre cause, qui est raison de lui-même et raison de tout.

Buridan

@MS
Kant s'exprime de façon tellement concise qu'on a quelquefois de la peine à le suivre.

Je dirais qu'on entend facilement un profane effectuer la réfutation de l'argument cosmologique en disant :
"Je ne vois pas pourquoi l'Univers devrait avoir une cause." [c'est-à-dire : la notion de cause ne s'applique pas à l'Univers dans son ensemble (qui est ce que dit Kant)]. Ta position consiste à poser le néant comme naturel, et à réclamer une cause pour qu'il y ait quelque chose. Mais pourquoi ?"

Autre façon de formuler l'argument kantien : une cause, c'est ce qui était avant et qui détermine. En ce sens, l'univers est causé. Vous donnez au mot cause un autre sens, en réclamant qu'il y ait un être nécessaire. Rien ne justifie cette exigence.


hameau dans les nuages

@ Boris

Comme la montre, j’utilise avec parcimonie l’objet dont vous faites état.

Je comprends bien à vous lire que le blaireau que je suis précède le rasoir qui fera place nette.
Mais voilà le poil repousse encore et encore, même après la mort.

Je trouve au contraire que le Vatican a toujours été circonspect sur cette histoire de suaire, laissant divers experts faire des recherches contradictoires. L’Eglise ne doutant pas n’a pas besoin de preuves et ainsi les renvoyant dos à dos.

Je trouve suspect cet acharnement à vouloir désacraliser ce linceul « moyenâgeux » au point même d’en être ridicule dans leurs conclusions démenties par les faits comme la présence de pollen de plantes poussant dans la région de Jérusalem et Jéricho et sur le fait que cette empreinte puisse être reproduite en laboratoire. La belle affaire.

Si rêve il y a, pourquoi vouloir le détruire ?

J’arrête là, je vois bien que je vous rase.

Moi aussi, gratis pro Deo.

Sinon l'autre miracle serait que monsieur Hollande finisse son mandat. Je ne parierai pas un sesterce.

oursivi@MS_AP_BUR

Rédigé par : MS | 08 octobre 2013 à 22:06 Rédigé par : Buridan | 09 octobre 2013 à 10:06
Rédigé par : Alex paulista | 08 octobre 2013 à 19:02

Marc, Alex et Buridan,

Dire que les astrophysiciens soient d'accord quant à déclarer que la vie n'était possible que selon des constantes bien précises relève de la fumisterie religieuse.

Quant à dire que l'univers lui-même, qu'on qualifiera sans méprise d'existant, eut été impossible avec d'autres lois, cela devient drolatique.

C'est à peu près aussi tarte - et pourtant Dieu (s'il existe ?) sait si les philosophes se sont égarés dans ses anthropomorphismes d'enfants de cinq ans - que de se demander pourquoi il y a au lieu de ne rien avoir, opérant en cela une projection globale sur ce dont ils sont capables localement, faire passer la bille d'une main l'autre.

Puissamment conditionnés par nos expériences enfantines, nous transposons à toute échelle ce qui n'existe qu'à une de manière constatable.

C'est un peu comme si au lieu de bâtir une théorie des cordes, les physiciens cherchaient le coefficient d'élasticité normal de ces petites billes que l'enfant croit être les atomes...

Se poser la question de la probabilité que les constantes universelles aient les valeurs qu'elles ont, conditionnant la forme de l'univers constaté, est une tartufferie puisque qui dit probabilité dit ensemble des possibles, or nous ne sommes que dans un seul tout fortement possible que d'être.
Et probablement même incontournable, puisqu'on aurait du mal à introduire un élément extérieur qui l'aurait fait dévier, puisque nous ne connaissons pas d'extérieur au tout.

Quant à l'apparition de la vie (certainement présente en grand nombre dans l'univers), elle s'exprime certes dans une bande étroite, mais rien ne dit que des tas d'autres chemins de complexification matérielle, puisqu'elle n'est que cela, n'existent pas et encore moins qu'ils n'auraient pas existé si d'autres constantes s'étaient imposées (expliquez-moi plutôt selon quoi, voire qui, eut pu perturber le développement du grand tout où et dont nous sommes qui s'est développé d'une seule pièce...) quantifiant les lois que nous découvrons, "nous", retournements de la matière sur elle-même en ce processus qui s'appelle conscience puis raison.
"On" est très loin de savoir en dire beaucoup plus. Si avez des arguments lisibles en des revues sérieuses, transmettez-les nous, nous essayerons de les lire.

AO

Boris

@ hameau dans les nuages

Allons, soyons sérieux ! Les spectomètres de masse ne sont pas donnés, les experts ne font rien sans rien, et les fidèles, crise oblige, sont devenus pingres : le Vatican ne pourra pas se payer éternellement des analyses… Certes, aux dernières nouvelles, la banque locale est aussi grasse qu’un abbé de Cluny, mais l’Ambrosiano aussi semblait rouler sur l’or… Par égard pour les finances pontificales, je propose donc au Saint Siège, pour une somme modique – sinon gratis pro Deo ! – le produit suivant : il a fait ses preuves et permet d’évaluer toutes les entités métaphysiques et autres curiosités achéropoiètes… Entia non sunt multiplicanda praeter necessitatem ! Guilelmus Occam fecit, Boris revocat ! Et sans être excommunié, en plus.

http://www.artdubarbier.com/rasoirs-de-securite/150-rasoir-merkur-47c-4045284012895.html

Ceci étant, comme il faut que tout le monde vive, je présente aussi sur ce blog un docte ouvrage écrit sur le sujet par un de mes bons amis, membre éminent de l’Opus Dei… (si, si !). Le jour où j’aurai compris la querelle des universaux, j’envoie direct mon CV à la Curie…

http://books.google.fr/books?ei=ckRVUt_WDNSc0wWrtoHIBQ&hl=fr&id=nBsFAQAAIAAJ&dq=cyrille+michon+occam&q=rasoir#search_anchor

PS. S’agissant de ma petite commission, je ne suis pas gourmand. Si le Vatican est à court de liquidités, je me contenterai d’un petit bibelot… tiens, un petit doge du Titien, tout ce qu'il y a de plus laïc...

Buridan

@MS

J'avais dit que votre argument était une variante de l'argument cosmologique de Kant. Grosse bourde : c'est une variante de l'argument physico-théologique.
Comment passe-t-on du premier argument au second (qui est l'argument cosmologique), puis du second au troisième (qui est l'argument dit ontologique) ?
1° Vous dite que ce monde est trop bien ordonné pour n'avoir pas de créateur.
2° Mais ce créateur lui-même, si bien ordonné lui-même, il lui faut un créateur... Et ce créateur lui-même...
3° Il y a donc un être qui existe sans avoir besoin de créateur, ni de cause : l'être nécessaire.
4° Cet être nécessaire, il existe par soi seul. Il existe parce qu'il est dans sa nature d'exister : il ne pourrait pas ne pas exister.
[le croyant ajoute :
. Etre nécessaire, c'est être infiniment puissant, parfait.
. Celui qui est infiniment puissant, parfait, doit être bon.
. Il est bon, donc il nous sauve.]

Quelle est la relation entre les trois arguments ?[là, je suis hésitant, car je ne suis pas très sûr d'avoir compris Kant sur ce point].

1° Le premier argument est le plus naturel, le plus évident. La façon dont nous nous rendons compte qu'il est mauvais - il pointe vers un créateur pour lequel il faut un créateur - nous amène à l'argument cosmologique : un monde (ou un créateur), quel qu'il soit, ne peut exister que du fait d'un être nécessaire.

2° Mais on ne peut pas dire :
a) un être contingent ne peut exister que du fait d'un être nécessaire.
b) Il y a un monde contingent.
c) Donc il y a un être nécessaire.

Pourquoi ne peut-on pas le dire (et pourquoi donc l'argument cosmologique échoue-t-il) ?
. Pas parce que un être nécessaire existe par soi seul et non du fait qu'il y a un monde : dans l'argument, on prouve l'être nécessaire par le fait qu'il y a un monde, mais son existence ne dépend pas de celle du monde.
. Mais parce que "Tout ce qui existe a une cause" est une loi des phénomènes du monde et ne peut pas être extrapolé au monde dans son ensemble : il se pourrait que le monde soit sans cause. [ici Kant s'appuie (sans le citer à cet endroit) sur la critique de la notion de cause effectuée par Hume, et s'écarte du rationalisme : il se trouve que les phénomènes sont réguliers (Hume), et que je ne peux pas ne pas croire qu'ils ont une cause (Kant), mais la notion d'un monde sans cause n'a rien de contradictoire].

3° Ce deuxième argument m'a amené à la notion d'être nécessaire. L'échec du deuxième argument me laisse avec cette notion.
Je dis alors :
L'être qui ne peut pas ne pas exister existe.
Autre formulation : Il ne se peut pas qu'il n'existe pas, l'être qui ne peut pas ne pas exister.
Autre formulation : L'être qui est infinie puissance d'exister ne peut pas ne pas exister.
Autre formulation : celle d'Anselme.
Autre : celle de Descartes.
Autre : celle de Kant lui-même.

Pourquoi ces variations dans la formulation (on peut même prendre la phrase de Parménide - "l'être est, le non-être n'est pas" - comme une autre variante de cet argument) ?
Parce que l'argument est très très loin de l'expérience commune.
Kant juge l'argument faux.
Le juge-t-il faux et creux, purement verbal ?
Ou bien le juge-t-il juste dans le cadre d'une philosophie fausse (l'idéalisme dogmatique), le juge-t-il même le dernier mot de cette philosophie ?
Il me semble en effet que c'est ça : cet argument passe du concept à l'existence, il est la quintessence de l'idéalisme.
Kant le réfute donc en niant l'idéalisme de la façon la plus générale possible : car dire que l''existence de la chose n'ajoute rien au concept de la chose, c'est dire que l'existence n'est pas un concept, que l'idée n'est pas l'essence de l'être.

hameau dans les nuages
Buridan

MS a écrit : "un certain nombre de constantes physiques hors la valeur combinée desquelles l'univers et la vie n'auraient pu exister sont d'une précision inouïe [...] Autrement dit, le hasard (ou pas) a bien fait les choses parmi des milliards de milliards de possibles."

Que la pluie tombe, ou pas, est un possible dans le cadre du monde tel qu'il est, avec ses constantes physiques. Et, sachant qu'en automne, devant chez moi, il pleut un jour sur deux, je peux dire qu'il y a une chance sur deux pour qu'il pleuve aujourd'hui. Je peux même en principe évaluer cette probabilité sans expérience, si je connais très bien les lois physiques qui font qu'il pleut.
Mais les constantes physiques sont un possible dans quel cadre ? Notre monde est un monde possible parmi combien ? Vous dites : "parmi des milliards de milliards de possibles".
Ce nombre est absolument arbitraire.
Et la probabilité que telle constante qui a la valeur 1,12345678901 ait la valeur 1,2345678902 n'est ni plus grande ni plus petite que celle qu'elle ait, par exemple, la valeur 2 ou la valeur 100.

Mon argument contre votre position et celle d'Alex paulista est donc :
Vous ne pouvez absolument pas évaluer la probabilité qu'une constante physique ait la valeur qui est la sienne.
Ceci parce qu'elle ne pouvait pas avoir une autre valeur que celle qu'elle a.

A quoi vous pouvez me répondre :
1° Dans le cadre de la théorie du Big Bang, les constantes physiques elles-mêmes dépendent de l'histoire du monde.
2° De très petites différences juste après le Big Bang auraient pu avoir de grandes conséquences quant au monde subséquent et à la valeur des constantes physiques.
3° Le caractère indéterministe de la théorie quantique fait que plusieurs devenirs très différents auraient été possibles à partir du Big Bang, même si les variations quantiques sont, de nos jours, à peu près sans effet au niveau macroscopique.

En d'autres termes : de minuscules bifurcations quantiques survenues dans un monde encore minuscule auraient pu engendrer des mondes très différents du nôtre, et ces modifications, on peut même - très approximativement - en évaluer la probabilité.

Bref : ma position serait une position scientifiquement dépassée : la rencontre de la théorie quantique et de la théorie du Big Bang l'aurait périmée.

A ce niveau de science je me perds un peu, et même pas mal, mais, en gros, je vous rends les armes :
1° Dans le cadre des conditions initiales au moment du Big Bang, plusieurs univers étaient possibles.
2° De ces univers possibles, on peut en principe évaluer très approximativement la probabilité d'un univers complexe permettant la vie comme le nôtre.
3° Cette probabilité était faible.

De ces trois assertions, je suppose que la troisième est la plus problématique, la cosmologie quantique étant une science particulièrement balbutiante, je crois - la cosmologie quantique, c'est-à-dire l'union de la théorie de l'extrêmement petit (la théorie quantique) et de la théorie du tout (la cosmologie).

MS

Buridan,

Les astrophysiciens sont d'accord sur ce point : un certain nombre de constantes physiques hors la valeur combinée desquelles l'univers et la vie n'auraient pu exister sont d'une précision inouïe (une variation de l'une d'entre elles dix chiffres après la virgule et c'était le néant). Le terme de "réglage" est à ce titre souvent employé. Autrement dit, le hasard (ou pas) a bien fait les choses parmi des milliards de milliards de possibles. C'est rigoureusement ce que l'on nomme une probabilité (en ce cas infinitésimale).

Alex paulista

"La notion de probabilité mathématique d'une constance physique est dépourvue de sens"
Rédigé par : Buridan | 08 octobre 2013 à 13:20

Pourquoi ?
Je peux me poser la question suivante : quelle est la probabilité que la masse du boson découvert par le CERN soit comprise entre 125,2 et 125,7 GeV(/c^2), non ?

Buridan

MS a écrit : "Il se trouve que les constantes physiques qui régissent l'univers sont ce qu'elles sont avec une probabilité mathématique infinitésimale"

Je me répète ; la notion de probabilité mathématique d'une constance physique est dépourvue de sens.

Mary Preud'homme (sur fond d'orgue)

C’est Sirice, premier pape législateur, qui serait à l’origine de cette machine infernale que devint au fil des siècles le droit canonique. Véritable usine à gaz qui enserra peu à peu l’Eglise d’un tentaculaire cilice l’empêchant de vivre et de respirer librement et la poussant à des dérives sectaires et à des exactions guerrières honteuses.
Excès et outrances en tous points contraires à l’enseignement du Christ qui eut pour conséquences de faire passer la foi chrétienne reçue des apôtres à l’obscurité et à une survie végétative alliés aux pires excès du monde, dont le pouvoir et l’argent.
Cependant, "Je ne suis pas le Dieu des morts, mais des vivants", est-il écrit dans Lc,20,38
Ou encore, "On n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau", Matthieu 5,15. Sous-entendu, mais pour être vue et éclairer ceux qui entrent dans la maison...
Comme si le sacré ne pouvait s’exhaler autrement que par des postures de pouvoir, des apparences, des tiédeurs et des signes convenus, voire mortuaires. Et les Ecritures Saintes s’encombrer d’un fatras de codifications « canonistes » pointilleuses, établies par des vieillards misogynes, le tout aboutissant à des exclusions, des mises à l’index, des suspicions, culpabilités, exorcismes, excommunications, jusqu’à dresser des murs infranchissables entre des communautés qui ont pourtant le même Dieu et Seigneur. Alors que la lumière, l’harmonie, la jeunesse, la tolérance et la beauté devraient être au cœur de la foi, opérant chez le croyant un rayonnement, une élévation, une espérance, une liberté d’esprit, une fécondation heureuse et une musique de tous les sens tendus vers le divin. Toutes choses qui étaient pourtant la source du christianisme et sa raison d’être et tendent timidement à revenir ici ou là, grâce sans doute à certains témoins dont le pape Jean Paul II, qui amorça un réveil des consciences assoupies et sut donner aux jeunes chrétiens avec les JMJ une formidable espérance. Hélas mise en veilleuse par Benoît XVI manifestement dépassé, voire effrayé par l’audace et le charisme de son prédécesseur qui n’avait peur de rien et en témoigna jusqu’à l’extrême limite de ses forces. Eveil ou réveil salutaire auquel le pape François semble avoir donné un nouvel élan en reprenant le flambeau et la croix du charismatique pape polonais. Mais ira-t-il jusqu’à bousculer la curie, débroussailler les codes, sinon soulever des montagnes ?
Mystère !
-----------
Par ailleurs, il est archifaux de dire que l‘islam serait sur le point de supplanter le christianisme, tant en France que dans le monde (ainsi que le prétend amfortas dans son commentaire du 7 oct. à 00:40). Couplet souvent entendu et sournoisement repris par les médias mais qui est démenti par toutes les statistiques. En réalité, pour 5 à 6 millions de musulmans estimés en France par le ministère de l’Intérieur (dont un tiers se dit pratiquant), il y aurait 38 millions de chrétiens (catholiques, protestants et orthodoxes), dont plus de la moitié se revendiquent comme pratiquants réguliers, irréguliers ou occasionnels, non compris les convertis de la dernière heure pour lesquels la famille demande des obsèques religieuses et qui de ce fait ne figurent pas au chapitre précité. A noter aussi que si le nombre des catholiques a régressé en Europe, il ne cesse de croître dans le reste du monde. Il est donc prématuré d’annoncer la mort d’une religion qui compte tout de même 2 milliards 200 millions de personnes, ce qui place le christianisme très loin devant l’islam (religion autrement prosélyte) dont les membres sont estimés par recoupements avec différentes statistiques à 1 milliard 400 millions.
A noter enfin qu’il convient de considérer comme un progrès et non une régression le fait que les chrétiens d’Europe adhérent, rejettent ou reviennent à la foi - librement, contrairement aux musulmans, et par conséquent davantage par conviction que par tradition ou habitudes, à l'inverse de ce qui se faisait dans le passé. Changement qui est manifestement le signe d’une spiritualité renaissante en Occident et dont il résulte une laïcité mieux comprise, désormais entrée dans les mœurs et susceptible de mettre un terme à l’odieux sectarisme et au prosélytisme (à de rares exceptions près) des clercs de jadis. Certes, l'Eglise n'est pas encore débarrassée de toutes les scories qui l‘étouffaient et ont trop souvent dénaturé son témoignage et perverti sa mission mais une chose est sûre, la voie amorcée ces soixante dernières années par de grands témoins qui sont l‘honneur de notre temps (*) et pas seulement de l’église est désormais ouverte pour un authentique retour aux sources du christianisme. Et c’est plutôt une Bonne Nouvelle !
-----------
(*) Mgr Romero, Martin Luther King, Mère Teresa, Guy Gilbert, Desmond Tutu, Jean Paul II, Jerzy Popielusko, Sœur Emmanuelle, l’abbé Pierre, les moines de Tibbérhine pour ne citer que quelques religieux célèbres.

MS

Je crois qu'on peut dire que parler de la probabilité de la valeur d'une constante physique est dépourvu de sens.
Bref, on peut croire en Dieu, du fait de cet argument, mais ici il est formulé d'une façon approximative au point d'en être fautive.

Rédigé par : Buridan | 07 octobre 2013 à 17:59

Buridan,

Je n'ai en aucune manière parlé de sens, mais de probabilité.
Il se trouve que les constantes physiques qui régissent l'univers sont ce qu'elles sont avec une probabilité mathématique infinitésimale (telle qu'elle confine aux "miracles", et par milliards, quand l'hypothèse Dieu n'en demande qu'un seul : son existence).

Pour autant, la foi n'a absolument rien à voir avec ça.

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